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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 08:45
Bel été : lire à la campagne !

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LA LECTURE EN MILIEU RURAL

Dans le cadre de son programme de recherche, la Bibliothèque Publique d’Information au centre Georges POMPIDOU a lancé, à la demande de la Direction du livre et de la Lecture du Ministère de la Culture, une étude sur la lecture en milieu rural. On lira ci-dessous une présentation de la problématique générale de cette enquête, un "cadrage du champ d’investigation possible" comme la présente son auteur Jean-Claude POMPOUGNAC, responsable du service des Études et de la Recherche de la BPI que nous remercions de son aimable autorisation de la reproduire. Nous ajoutons la liste des publications récentes éditées par ce même service des études de la BPI, non pas qu’elle ait un lien direct avec le texte mais parce qu’elle peut intéresser nos lecteurs.

C'est pas tout jeune ! 1991 !!!
 

 

Votre blog a donné lieu à une création de notice bibliographique dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de France.

Il lui a été attribué un numéro international normalisé

ISSN : 2270-3586

Type : document électronique, publication en série
Auteur(s) : Pompougnac, Jean-Claude (1946-.... ). Auteur du texte
Titre clé : La Cité des sens

Titre(s) : La Cité des sens [Ressource électronique] : le blog de Jean-Claude Pompougnac
Type de ressource électronique : Données textuelles et iconographiques en ligne
Publication : [Fresnes] : [Cité des sens], 2006-

Note(s) : Blogue. - Notice rédigée d'après la consultation de la ressource, 2013-11-14
Titre provenant de l'écran-titre
Périodicité : Mise à jour en continu
Indice(s) Dewey : 020.5 (22e éd.) ; 301.094 4 (22e éd.)
ISSN et titre clé : ISSN 2270-3586 = La Cité des sens
ISSN-L 2270-3586
URL : http://cite.over-blog.com/. - Format(s) de diffusion : HTML. - Accès libre et intégral. - Consulté le 2013-11-14

Notice n° : FRBNF43711075

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 15:42

La carte des alternatives en Ile-de-France

 

Des nouvelles technologies libres et partagées, des trocs de fruits et légumes bio, des zones de gratuité, des ateliers de recyclage, des commerces accessibles aux pauvres, des entreprises d’insertion, des villes lentes, du sport engagé, de l’éducation populaire... Tout cela existe bel et bien en Ile-de-France. Basta !, en partenariat avec l’association Attac, vous invite à découvrir le champ des possibles en région francilienne, à travers la coproduction d’une carte recensant 104 alternatives. Cette carte vous donne accès à des articles et reportages réalisés par des médias indépendants sur ces expérimentations qui dessinent les contours d’une autre société.

Elles aident à ne pas sombrer dans un déprimant pessimisme, à lever le regard et à s’engager pleinement pour reprendre notre avenir en main. Des initiatives, locales ou régionales, portées par une pluralité d’acteurs – individus, collectifs, salariés, élus, associations, coopératives, municipalités – essaiment partout sur le territoire. En partenariat avec l’association Attac, nous publions une carte recensant 104 expérimentations alternatives en Ile-de-France. Cette carte est réalisée en creative commons afin de faciliter son partage et sa diffusion [1]. Certaines sont éphémères, d’autres construisent durablement les contours d’un autre monde possible.

 

http://www.bastamag.net/La-carte-des-alternatives-en-Ile-de-France

 

Création sociale et innovations culturelles.

 

On trouve dans cette rubrique quelques sites, ressources, répertoires sur les expériences que mènent, hélas trop souvent loin des micros et des caméras, ceux qui persistent à croire aux rôles fondateurs de l'action artistique, du partage des savoirs, de la transmission culturelle et de la délibération démocratique en vue de contribuer à l'émancipation des individus et la construction du vivre ensemble.

 

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 21:42
Quand finit-on d'apprendre à lire ?

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Actualités des politiques culturelles.

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Parmi les grandes inquiétudes culturelles du nouveau siècle, celle qui concerne la lecture n’est pas la moindre. Elle mobilise les esprits, elle meuble les conversations, elle surgit au droit de la plupart des analyses de l’époque. Parlera-t-on de crise de la lecture, de désaffection radicale, de mutation ? C’est le parti pris de cet ouvrage, d’un ouvrage sur les ouvrages (lus, à lire) en quelque sorte, d’un appel à la lecture portant sur la lecture, ses modalités, et le nombre de lecteurs.

Un parti pris qui s’ouvre d’ailleurs sur une difficulté, puisque chacun a remarqué depuis longtemps que, dans les débats portant sur un tel thème, on confond allègrement la lecture avec la lecture du livre, et la lecture du livre avec la lecture du livre littéraire. Débats faussés, alors ? C’est à lire.


Sous le beau titre Lire, objet de quel désir ? et sur nonfiction.fr, Christian Ruby rendait compte (il y a déjà un certain temps) de l'ouvrage

LES MUTATIONS DE LA LECTURE

Sous la direction d’Olivier Bessard-Banquy 
Pessac, Presses universitaires de Bordeaux.

 

LIRE LA RECENSION de Christian RUBY

 


Même ouvrage analysé sur le Bulletin des bibliothèques de France sous la plume alerte de Tristan Ermakoff.


À l’âge quasi cacochyme où nous écrivons ces lignes, nous ne sommes pas équipés de toutes ces prothèses techniques, nous nous méfions (un peu) du discours sans recul sur ces prouesses. Mais, proches des travaux des sociologues, pour les avoir (un peu) lus, des universitaires, on ne peut que s’étonner de cette sorte de mépris qui ferait que tout lecteur qui n’a pas lu Proust, Céline, serait une sorte d’handicapé, que Marc Lévy et Guillaume Musso enfonceraient ou maintiendraient leur lecteur dans la fange de la sous-culture. Rejoignons Martine Poulain : « nous sommes pris dans une tension permanente », écrit-elle en faisant allusion à Richard Hoggart, auteur anglais du fameux 33 Newport Street, « car il faut continuer à satisfaire nos publics habituels ou traditionnels, et nous avons l’impérieuse nécessité de promouvoir la lecture sous toutes ses formes ». Rejoignons Olivier Donnat : « N’oublions pas qu’il existe aujourd’hui des esprits raffinés qui encore une fois s’intéressent aux séries télévisées ou à d’autres productions de la culture de masse qu’on aurait tort de considérer comme vulgaires ou sans contenu culturel. C’est assez impressionnant de voir aujourd’hui le nombre de thésards qui se penchent sur les séries télévisées. » Rejoignons enfin Bernard Lahire : « Le sociologue peut aussi considérer qu’il n’y a pas d’étanchéité parfaite entre ces deux univers, sous-culture de divertissement d’un côté, les “grandes œuvres” de l’autre. » Alors, écrire comme Olivier Bessard-Banquy : « N’est-il pas possible de préférer Bach au rap parce que c’est tout simplement plus facile à l’oreille ? », il faut parfois oser.

 

 

LIRE LA RECENSION de THIERRY ERMAKOFF


 

Bien plus récent, sur l'excellent site ActuaLitté, le compte rendu d'une intervention

de l'historien Roger Chartier

Nos rapports avec la culture écrite sont profondément transformés”

 

Mais la plus grande transformation du numérique est liée au fait que « pour la première fois, un support de l’écrit et de l’image n’est plus support d’un texte ou d’une série de textes particuliers. » Le numérique bouleverse les rapports entre la matérialité de l’objet et l’identité du texte, ce qui influe sur la relation entre fragments et totalité. En nous attachant à des fragments successifs qui apparaissent sur l’écran, notre perception de la totalité est rendue plus difficile, alors que dans le domaine imprimé, même si le lecteur ne souhaite pas lire toutes les pages, « la forme matérielle lui impose l’idée d’une totalité et d’une relation entre les éléments qui composent cette totalité. » 

 

« C’est pour ça que pour moi c’est une différence radicale et non une question de valeurs, avec un monde que nous aurions perdu, ou l’utopie extraordinaire de l’ère digitale », estime Roger Chartier. Il faut « reconnaître que les rapports que nous entretenons avec la culture écrite sont profondément transformés. »

 

ACCEDER à L'INTERVENTION de ROGER CHARTIER

 

 


 

Du même auteur, sur La Cité des sens : CE QUE LE NUMERIQUE FAIT A LA CULTURE

 


 

 

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 08:50

 

Trois textes déjà signalés ici (ou sur Scoop'It) pour vos révisions sur la plage, à la montagne, à la campagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VERS LA DÉMOCRATIE CULTURELLE.

Une nouvelle saisine de la section des affaires européennes et internationales du Conseil économique, social et environnemental.

Depuis la création du Ministère de la Culture à la fin des années 1950, la politique culturelle française -initiée par André Malraux- a été fondée sur trois piliers : soutenir la création, préserver le patrimoine, démocratiser la culture. 

La finalité de ce dernier volet était simple : donner à tou.te.s un accès à la culture –et plus tardivement à son sens, à son esthétique, à son histoire–, en mettant l’accent sur la valeur civilisatrice et éducative des arts. Mais cet axe induisait également, dans sa conception, la définition et la mise en application d’une politique publique par un seul type d’acteur – la puissance publique – suivant une logique verticale descendante ainsi qu’un choix a priori des œuvres culturelles qu’il fallait connaître et aimer. Le mérite de cette politique est d’avoir posé les fondations d’un grand programme d’action publique, d’y avoir insufflé une forte ambition de progrès social pour notre pays et d’avoir permis une vraie dynamique de création artistique. Cependant, force est de constater que cette politique a produit des résultats mitigés en matière d’accès de tous à la culture.

Au fil des décennies, cette vision et cette méthode ont été remises en question. Idéologiquement, la critique de la « démocratisation culturelle » a porté sur son parti pris élitiste d’homogénéisation « du haut vers le bas » et sur la minoration voire la négation d’une culture plurielle.

 

Lire la suite.

 

REFONDER LES POLITIQUES CULTURELLES PUBLIQUES

JEAN-LOUIS SAGOT-DUVAUROUX

Une grosse fatigue s’est abattue sur l’appareil culturel public français, si prometteur à ses débuts, si abondant. Par quelle alchimie un système pensé et financé pour répandre les joies de l’esprit dans toutes les classes de la société s’éloigne-t-il si opiniâtrement de son objectif originel ? A moins qu’il soit devenu récif et que l’histoire, les histoires s’en soient allées ailleurs. Des politiques culturelles accordées aux mondes qui naissent ? Des outils propices à la rencontre des imaginaires plutôt qu’à la célébration nostalgique du vieil art ? Les réseaux remplaçant les podiums ? Le bouleversement est souhaitable. Le naufrage est possible.  
 
 
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LES CHEMINS DE LA TRANSITION.

Actions alternatives, changement systémique, raisons de vivre et d’agir : 

trois chemins de la transition nécessaires et complémentaires

 

Au printemps dernier, le Collectif des associations citoyennes a entrepris une réflexion sur les chemins de la transition. Un séminaire a rassemblé le 19 mars 2016 une cinquantaine de participants, parmi lesquels un certain nombre de représentants de réseaux se situant dans la construction d’alternatives la logique dominante : Alternatiba, Cap ou pas Cap, Villes et territoires en transition, Mouvement des communs, mouvements d’éducation populaire, etc.

En effet, face à une situation de plus en plus critique, les prises de conscience et les actions se multiplient. Certains multiplient des alternatives, d’autres misent sur le changement de système, d’autres enfin sur la révolution des consciences et le bien vivre.

Ces 3 dimensions sont nécessaires et complémentaires. Pour mettre en synergie la multiplicité des actions, il faut approfondir leur fondement commun, préciser ce que l’on entend par transition, par alternatives, et organiser la convergence des actions, seule à même de parvenir à un changement de système.

La synthèse de cette réflexion, qu’on trouvera ci-dessous, prend aujourd’hui encore plus d’actualité dans le contexte d’une radicalisation du système néolibéral et de la nécessité de repenser la totalité du cadre politique, économique et éthique de l’action collective.

 

Une situation inacceptable et mortifère

Le monde est aujourd’hui dominé par des puissances économiques et financières pour lesquelles l’obtention d’un profit privé par tous les moyens est devenue l’objectif principal et la mesure de tout succès. L’Europe, la plupart des États et des collectivités publiques se sont progressivement soumis à cette logique et adoptent une construction juridique dans laquelle le droit de la concurrence prime sur les droits fondamentaux. La stimulation de la consommation sans limite est liée à une philosophie qui continue de penser que les ressources sur terre sont illimitées, que le pouvoir de chacun est également sans autre limite que des rapports de forces ou de propriété, que chacun est à lui-même sa propre référence. Tous ces éléments sont aujourd’hui en interaction et se renforcent l’un l’autre. En ce sens, ils constituent bien un système.

L’aggravation de la crise climatique et écologique ajoute cependant une dimension supplémentaire. Elle fait courir à brève échéance un risque mortel à l’ensemble de l’humanité et de la planète. L’absence de décisions réelles conduit un basculement incontrôlable et irréversible, qui peut conduire à la disparition de l’humanité d’ici 2 ou 3 générations. Mais pour rendre la terre, notre maison commune, habitable par tous ses habitants, on ne peut pas préserver l’environnement sans réduire les inégalités, abandonner la logique de croissance et d’accumulation qui domine aujourd’hui le monde, respecter les droits fondamentaux et la diversité des cultures, restaurer une éthique dans la conduite des affaires publiques et plus de démocratie participative, promouvoir d’autres raisons d’agir et de vivre ensemble. Tout est lié.

 

 

Accéder au TEXTE complet EN PDF ICI

 


 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 08:40

 

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Chapitres précédents

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Droits culturels : continuons le débat.

 

Le mérite des contributions évoquées dans cette note est de constituer un appel à la vigilance : la récente inclusion des droits culturels dans l’article 103 de la loi NOTRe, désormais une loi de notre République, ne saurait en aucune manière clore le débat.

 

Droits culturels : une longue histoire

 

Il est peut-être utile de situer le débat récent sur l’inscription ou non dans la législation française du concept de droits culturels dans un horizon historique plus large que celui de la signature par la France, dans les années 2000, de conventions internationales portant sur la nécessité de reconnaître, protéger et promouvoir la diversité culturelle.

 

Des droits culturels (1968) aux droits culturels (2015)

 

Je voudrais continuer le parcours engagé dans ces notes précédentes, de façon à attirer l’attention sur l’histoire des notions successives ou sédimentées qui ont fondé et légitimé l’intervention publique dans les affaires culturelles.Toutefois, je ne suis en aucune manière historien. Il ne s’agit donc que « d’arrêts sur image »...

 

Droits culturels : débat public ou théâtre d'ombres ?

 

"Le défi lancé est tout autre : penser, ensemble, la différence par laquelle toutes les sociétés (en des modalités variables) ont séparé et séparent du quotidien ordinaire, un domaine particulier de l'activité humaine, et les dépendances qui inscrivent (de diverses manières) l'invention esthétique et intellectuelle dans ses conditions de possibilité et d'intelligibilité".

(Roger Chartier, 1991).

 

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Arts de la scène et cinéma au prisme du développement durable

COLLOQUE INTERNATIONAL

Universités Lumière Lyon 2, Sorbonne Nouvelle Paris 3, Bourgogne Franche-Comté - ESC Dijon-CEREN
Paris (Théâtre de la Cité Internationale) - 8 au 10 mars 2017

 

Appel à communication

La transposition, dans le champ des pratiques culturelles et artistiques, des notions de « soutenabilité » et de « développement durable » signale de nouveaux points d’attention et de préoccupation. Elle souligne l’émergence d’un paradigme à la fois économique, politique, esthétique et philosophique, mais prête à discussion, et mérite que l’on s’y arrête.

Cette transposition prend racine dans un processus de sédimentation des discours de justification des dépenses culturelles publiques depuis les années 1950 (Menger 2011). Le paradigme dominant de l’acculturation artistique de la population (y compris des néophytes) au contact de l’excellence de l’offre était encore dominant au tournant des années 1960 (Throsby et Withers, 1979 ; Urfalino, 1996). Le référentiel de la démocratisation culturelle a été ensuite contesté pour son manque d’efficacité dans la réduction des inégalités sociodémographiques des publics (Bourdieu et Darbel, 1966 ; Baumol, Bowen, 1966).

Parallèlement, un deuxième idéal de démocratie culturelle a cherché à mieux légitimer la diversification du soutien des collectivités publiques à des activités culturelles au-delà du périmètre des arts savants, en résonance avec une vision anthropologique de la diversité des cultures. Il s'agissait d'accorder une reconnaissance esthétique à d'autres pratiques artistiques (comme les arts de la rue, le cirque, les danses urbaines, les spectacles des amateurs, etc.). Le paradigme du développement culturel, orienté par les valeurs de la démocratie culturelle, est entré en relation avec l’attention internationale accrue portée aux conditions d’un développement durable, depuis le rapport Brundtland (1987) jusqu’aux Déclarations de l’Unesco sur la diversité culturelle (2001, 2005), la fondation de l’Union des Cités et Gouvernements Locaux pour le développement culturel (Agenda 21 de la culture) et la Déclaration de Fribourg sur les Droits Culturels (2007).

Enfin, la doctrine d’action des « industries créatives », diffusée à partir du milieu des années 1990, a repris le thème du multiculturalisme en l’articulant avec une justification économique : le dynamisme des activités culturelles constitue un terreau de stimulation pour le développement d’innovations productives dans les autres secteurs économiques. Tout ceci, sans vraiment remettre en cause la distribution nationale des subventions publiques, fondée d’abord sur l’appréciation des mérites artistiques.

L’enjeu de ce colloque est de s’interroger sur le degré de pertinence des liens à établir entre arts de la scène, cinéma et développement durable, et sur les spécificités des pratiques se référant au registre du développement culturel durable. Ces liens peuvent être appréhendés selon trois perspectives (COST, 2015).

  • -  Les arts de la scène et le cinéma dans le développement durable. La culture peut être pensée comme un quatrième pilier du développement durable, en complément de ses piliers économique, social et environnemental, notamment par une volonté de reconnaître l’égale dignité des cultures (Hawkes, 2001 ; Lucas, 2010) ou d’accorder une valeur patrimoniale à des objets et pratiques culturelles locaux (Boltanski, Esquerre, 2014).
  • -  Les arts de la scène et le cinéma pour le développement durable. Ces productions artistiques pourraient contribuer aux trois vecteurs du développement durable : réduction de l’empreinte environnementale par toutes les parties prenantes dans la production et la diffusion des spectacles en stimulant des attitudes conformes à la norme ISO 20121 (Herry, 2014) ; renforcement de la cohésion sociale par les formes d’expression en harmonie avec la diversité culturelle de la population (Wallach, 2006 ; Goldbard, 2010 ; Throsby, 2010) ; retombées économiques positives, grâce à leurs effets sur l’attractivité territoriale et les innovations productives selon la perspective des « industries créatives ». Cette contribution peut être également pensée dans une perspective esthétique et/ou philosophique : certains artistes s’emparent de la question du développement durable comme d’un matériau thématique et dramatique, dont la scène est susceptible de devenir l’un des lieux d’élaboration et de réflexion, voire de transmission, dans une posture parfois militante.
  • -  Les arts de la scène et le cinéma par le développement durable. Cette tendance se manifeste par une recherche de liens plus solidaires dans les mondes de l’art, notamment : 1) dans la valorisation d’une mise en relation plus symétrique des artistes avec les non professionnels impliqués dans des créations artistiques (Urrutiaguer, 2014) ; 2) par l’activation des liens de solidarité inter et intra-organisationnelle dans un contexte récurrent de précarité économique, souvent occultée dans les visions œcuméniques d’une démocratie culturelle fédérative (Henry, 2015). Cette deuxième démarche prône la coopération et la mutualisation de ressources.

Plusieurs axes de réflexion peuvent être suggérés.

1. Conventions et doctrines d’action culturelle

Quelles sont les inflexions observées dans les différents pays pour les discours de justification des dépenses culturelles publiques, dans le sens d’une meilleure prise en considération de la diversité culturelle? Quels liens s’y tissent entre soutien à la diversité culturelle et développement durable? Dans quelle mesure les références à ce nouveau paradigme modifient-elles les priorités dans l’évaluation institutionnelle de la production artistique ?

L’analyse sociologique de la domination se fonde notamment sur la «grammaire de justification politique et morale » des différents « mondes » ou « cités » (Boltanski et Thévenot, 1991). Peut-on caractériser la « grammaire de justification politique et morale » d’un « monde du développement culturel durable » ? Quelles en seraient les frictions avec les logiques d’action et d’évaluation d’autres mondes, notamment le monde marchand ou le monde inspiré ?

2. La dynamique des démarches artistiques partagées

La recherche de relations plus symétriques entre artistes et non professionnels s’inscrit dans un idéal de créations partagées. Celles-ci peuvent prendre plusieurs formes, de l’insertion d’amateurs dans une distribution professionnelle à la recherche d’une distribution égalitaire des compétences artistiques et culturelles. En quoi cette dynamique relationnelle participe-t- elle du développement culturel durable ?

Quels sont les apports et les limites du processus d’écriture (ou de création) scénique ou cinématographique sur le développement personnel des participants ? Comment les équipes artistiques impliquées se positionnent-elles, entre la contribution attendue par les collectivités publiques à une meilleure intégration sociale et la contestation politique de l’ordre social ? Quel bilan tirer des résidences d’artistes en milieu scolaire qui se réfèrent à une démarche de co-construction égalitariste ? Quels sont les obstacles à la pérennisation de ces expériences ?

Quelles sont les initiatives prises pour associer les spectateurs à la production ou à la programmation (de spectacles ou de films) dans des cercles favorisant la réflexion collective ?

3. Solidarité et pérennité des équipes artistiques

Les démarches de création tournées vers le partage des compétences entre artistes et participants sont habituellement reconnues pour leur valeur ajoutée sociale et non pas esthétique. Les logiques d’évaluation marchande et institutionnelle sont la source d’une différenciation très inégalitaire des niveaux de réputation et de notoriété, en fonction de l’appréciation des qualités esthétiques des spectacles et des films. Cela constitue un obstacle à la pérennisation des équipes artistiques qui optent pour les idéaux du développement culturel durable. Comment ces équipes construisent-elles des modes de coopération solidaire pour renforcer la viabilité économique de leur démarche ?

Les bureaux de production (ou « d’accompagnement ») se sont développés dans le domaine du spectacle vivant. Une logique d’économie solidaire, mise en avant par certains d’entre eux, peut-elle renforcer la durabilité des équipes artistiques et administratives ?

Quelles sont les motivations instrumentales, idéologiques des acteurs des collaborations inter- organisationnelles telles que partages de ressources, de compétences, des risques entre artistes, équipes et/ou compagnies ? Quelles sont les conditions de leur réussite ? Quels éclairages peut nous apporter l’analyse de nouveaux modèles d’affaires au sein des entreprises culturelles ? (Spence et al., 2007 ; Sinapi, Juno-Delgado, 2015). Les débats sur les enjeux économiques, environnementaux, sociétaux d’un entrepreneuriat culturel durable renvoient à différents paradigmes dans le champ de l’entrepreneuriat (Dean et al., 2007 ; Sheperd et al., 2011).

4. Les festivals en arts de la scène et cinéma

L’Association européenne des festivals (EFA, 2015) attribue aux festivals trois fonctions majeures : la facilitation de la circulation internationale des artistes, le soutien aux innovations et l’entretien de la diversité culturelle sur le territoire d’implantation. Dans quelle mesure la

promotion de la diversité culturelle peut-elle affilier certains festivals au monde du développement culturel durable ?

Plusieurs axes peuvent être :

-  les initiatives prises pour réduire l’empreinte environnementale, courantes dans les festivals

musicaux ;

-  les rapports participatifs instaurés avec la population ;

-  le degré de prise en compte de la diversité culturelle dans la programmation ;

-  les partenariats avec les acteurs culturels du territoire local afin de déconcentrer

l’organisation ;

-  les relations de coopération avec les artistes programmés, notamment les moins réputés.

 

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 08:40
Culture et politique : Péguy, Gramsci, Pasolini

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Comme Péguy, Gramsci, Pasolini, et beaucoup d'autres, constatons aussi que la crise d'aujourd'hui est culturelle et que la culture, ou plutôt, pour éviter trop d'ambiguïtés, la question culturelle en est instrumentalisée.

Péguy distingue les « périodes », qui sont comme un temps de « bonace », dit-il, un temps calme où, en apparence, il ne se passe rien, et les « époques », qui sont les temps de crise pendant lesquels le monde se modifie. Pasolini, au début des années 1970 fait un constat analogue, s'appuyant notamment pour cela sur la lecture de Gramsci. On sait par ailleurs que Gramsci était lecteur de Péguy, notamment de L'Argent, et que Péguy, quant à lui, lisait Bergson. Admettons ces filiations entre des œuvres qui, à des époques certes différentes, s'attachent à analyser, à disséquer les crises, crises définies d'abord comme des crises culturelles. Quant à notre temps, il n'est pas hasardeux de prétendre que nous sommes de nouveau - si nous en sommes jamais sortis - dans une « époque », qu'il y a bien crise, et que, pour paraphraser la citation surexploitée de Gramsci, « l'ancien ne veut pas mourir et le nouveau ne peut pas naître ». Gramsci précise que c'est pendant les crises que naissent des monstres. Et l'on constate, ô combien, que notre époque voit naître et agir des monstres particulièrement violents et sordides. Comme Péguy, Gramsci, Pasolini, et beaucoup d'autres, constatons aussi que la crise d'aujourd'hui est culturelle et que la culture, ou plutôt, pour éviter trop d'ambiguïtés, la question culturelle en est instrumentalisée. Il y a les partisans de cet « ancien qui ne veut pas mourir » qui revendiquent pour eux-mêmes la « culture », mieux, qui revendiquent d'être la « culture », aidés et armés en cela par les clercs de tout acabit. Ce sont eux qui prêchent une sorte d'implosion temporelle où le passé deviendrait l'avenir. Et puis il y a les propagandistes écervelés du « nouveau » qui proclament, au nom de ce « nouveau » qu'ils sont eux aussi la culture, pour aujourd'hui et pour demain, et qui passent par dessus bord toutes les vieilleries culturelles qui n'auraient plus cours. Il suffit pour s'en convaincre d'entendre ou de lire certains chantres des technologies, qui sont d'autant plus acculturés qu'ils ignorent même qu'ils le sont et qui partent la fleur au fusil numérique sur les sentiers des technologies balisés par le grand capital. Les deux camps ont chacun leurs monstres, qui peuvent parfois paradoxalement s'entendre quand il s'agit de se partager les profits.

 

Diégèse  Pierre Oudart.


Si vous savez lire, vous ne pouvez manquer d'entendre qu'il est grand temps pour moi de signaler un travail au long cours, bien antérieur au mien, et dont je n’ai fâcheusement jamais parlé ici ?


 

Ce travail est commencé depuis 6045 jours (863semaines),
et son auteur est en vie depuis
 20498 jours (20498 = 2 x 37 x 277 jours)
Ce travail court ainsi sur une période qui représente 29,4907% de sa vie.


Il s’agit donc de Diégèse dont l’auteur est Pierre Oudart.

 


Qu'est-ce que « diégèse - l'Atelier du texte » ?

 

La diégèse, c'est un rapport de tension entre le réel et la fiction. C'est donc le réel puisque, aussi bien, il n'y a de réel que par interprétation... 

 

Diégèse est un protocole d'écriture quotidienne. Le protocole change chaque année. Diégèse commence en 2000.

Diégèse est une fiction qui joue avec le temps. C'est un seul texte et c'est un hypertexte. 

Diégèse, c'est le rapport entre le temps qui passe, le temps réel, le temps de la vie et le temps du récit, le temps de la fiction. 

De ce rapport naît le texte. Il s'agit donc d'imaginer ce que peut être la diégèse d'un hypertexte. 
Le protocole permet d'écrire tous les jours. 

En 2000, c'est un faux journal intime. Le site s'appelait alors Demain 2000 car les textes quotidiens étaient écrits avec un jour d'avance.  

En 2001, c'est la même chose, mais chaque jour, un mot est lié avec le même mot dans un des deux textes du même jour, un an auparavant. La barre de titre affichait 2001 = 2000 + 1. Le temps de 2001 est un bégaiement. 
Entre 2000 et 2001, des images ont été perdues. Ne subsistent parfois que les textes sous les images. 

En 2002, c'est un faux carnet de voyage, qui reprend chaque jour une phrase de 2000 et une phrase de 2001. L'itinéraire est construit à partir de cartes informatiques sur le Web. Un moteur de recherche fournit les images. Depuis 2002, les sites qui contenaient certaines de ces images ont disparu ou ont changé d'adresse et les liens sont rompus et ont été enlevés. 

En 2003, l'idée était d'abord de reprendre des notes prises à Lisbonne pour écrire un texte de fiction. Mais le temps porte ensuite vers le thème de l'éclipse, qui se déploiera dans un texte qui n'existe que sur papier et dont les fragments sur le site constituent le matériau de construction. A la place du texte qui n'a pas encore été écrit, j'ai mis des photos de Lisbonne. 

En 2004, je recopie phrase par phrase, du début jusqu'à la fin, Les Méditations métaphysiques de Descartes et les commente très librement, sans bien évidemment aucune prétention de faire de la philosophie. 

En 2005, une image, un texte. L'image est d'abord prise avec mon téléphone mobile, jusqu'en juillet, puis par un appareil numérique plus perfectionné. Ce ne sont cependant pas des images "de qualité", des photographies photogéniques. Ce sont des fragments de réel pixelisés. C'est tout. Le texte à côté de l'image est une chronique qui commence par la révolte contre les commentaires médiatiques et politiques après le Tsunami asiatique. C'est Charles Péguy et son pamphlet Notre jeunesse qui reviennent, qui rappellent que tout commence en mystique et tout finit en politique. Je marche en 2005 une main dans celle de Louis Massignon et l'autre dans celle de Charles Péguy. Je râle. 

En 2006, je tente, comme en 2003, mais sous la tutelle littéraire et politique de Monsieur Harold PINTER, d'écrire un texte. Diégèse est l'atelier du texte. Je reprends un mot, une phrase, un bout de phrase des années précédentes, des mêmes dates des années précédentes. Ce sont les matériaux. Puis je fais trois colonnes. La colonne de gauche, c'est avant le texte, c'est ce qu'il y a dans ma tête avant le texte. La colonne du milieu, c'est le texte, qui continue d'un jour sur l'autre. La colonne de droite, c'est après le texte, déjà le commentaire du texte. Chaque semaine, le texte est rétabli sous forme de séquences, notées S01, S02, S03... On peut accéder aux séquences par la page du calendrier 2006. 

En 2007, je reprends le prélèvement d'images. Ce sont ainsi chaque jour une image et une phrase. On peut supposer que les phrases sont prononcées par les personnages de 2006. D'ailleurs, ce sont parfois, exactement, des phrases déjà prononcées en 2006. Cependant, certains jours, les mots ou les phrases viennent de plus loin, et viennent de 2000 ou de 2001 ou de 2002 ou de 2003 ou de 2004 ou encore de 2005... Ce n'est pourtant pas comme si tous les mots avaient été prononcés, si tout avait été dit. C'est juste un parcours, une permanence et aussi une diégèse. 

En 2008, les personnages de 2006, Gustav, Mathieu et Noëmie, reviennent. Avec eux un quatrième personnage nommé D. 
Les quatre partent en voyage en suivant les traces du narrateur de 2002, en accomplissant donc exactement le voyage de 2002. Les personnages répètent en les agençant et parfois en les détournant des phrases déjà prononcées, déjà écrites les années précédentes, reprises en liens labyrinthiques. Gustav est perdu. Mathieu essaye de l'aider. Noëmie cite Descartes et D. est l'auteur d'un texte que l'on ne connaît pas. 

En 2009, en hommage à Monsieur Harold PINTER, décédé le 24 décembre 2008, je prolonge la méthode "Pinter" entreprise en 2006. Chacun des personnages apparus en 2006 et voyageurs en 2008 dispose de 91 jours de textes et de sons et peut reprendre, ou non, les phrases qu'il a prononcées les années précédentes. Ce sera d'abord Noëmie, puis Mathieu, puis Gustav et enfin D.  

En 2010, je tente d'allier la méthode "Pinter" à une nouvelle méthode, qui est en fait pour moi une première méthode, et qui serait la méthode "Barthes". Je reprends les cours de Roland Barthes au Collège de France de 1978-1980 sur La préparation du roman, cours auxquels, pour certains d'entre eux, j'ai assisté. Cette méthode Barthes, qui commence par le constat et la définition de ce qui serait le "milieu de la vie", ou ce que Péguy aurait appelé "le point de non retournement", et qui commence aussi par la nécessité d'accepter sa propre mort et même de prendre conscience que l'on est mortel, pose d'emblée l'écriture comme une salvation. Et, comme Pinter, de ce que cela dit et de ce que cela fait, je ne sais rien. Les cours de Roland Barthes au format mp3, deux CD, sont disponibles chez Livraphone, 119-121 rue Blomet, Paris 15ème et peuvent être commandés en ligne à l'adresse suivante :http://www.livraphone.com/product_info.php?products_id=128 

En 2011, je choisis chaque jour une maxime de François de La Rochefoucauld, puis je choisis une photographie ou un film publicitaires. Je produis ensuite une forme brève en rapport avec l'image ou le film publicitaires. Les personnages de 2006, 2008 et 2009, participent dans leur distance. 

En 2012, les personnages apparus en 2006, Gustav Mathieu et Noëmie, accompagnés de Daniel, leur auteur, reprennent le voyage de 2002, de 2008 et de 2009. Ils s'éloignent de Paris, y reviennent, en repartent. Il leur arrive de commenter le monde. Leur exercice cependant demeure un exercice littéraire. Quand ils le peuvent, les personnages publient leurs lignes sur le réseau à partir d'un compte à leur nom. Ils sont amis les uns avec les autres, et aussi avec l'auteur.

En 2013 chaque jour, un des personnages, selon l'ordonnancement défini en 2011, s'adosse aux Maximes de La Rochefoucauld pour tenter de décrypter les travers de ces humains qui sont aussi des personnages. Cela constitue leur "statut" de leur compte sur le réseau. Les images sont celles de 2012 extraites des images panoptiques de "Google View".

En 2014, les personnages écrivains tressent du roman et du romanesque avec des romanciers du 19ème siècle. En janvier, Daniel Diégèse commence par La Fortune des Rougon, d'Émile Zola, premier roman des 20 romans naturalistes des Rougon-Macquart. C'est un exercice de littérature augmentée. L'hypertexte se régénère, le texte matériau des années précédentes étant presque épuisé et saturé.

En 2015, Mathieu Diégèse reprend la Fortune des Rougon et en fait un texte compressé. Selon le découpage institué en 2014, il émet un message de moins de 140 caractères, qui peut ainsi alimenter son compte "Twitter" ; tandis que Gustav Diégèse, reprend le même roman, comme un guide et le décalque en plaçant les personnages dans la ville syrienne d'Alep, en 2011, au moment du soulèvement syrien contre le régime baathiste, réprimé violemment. Le roman décalqué vient alimenter son compte "Facebook".

En 2016, je rapproche dans une lecture continue et alternative deux auteurs qui se côtoient peu, voire même qui ne se côtoient pas : Charles Péguy et Pier Paolo Pasolini. Je juxtapose leurs textes politiques en prose, leur critique commune de la modernité. Cette juxtaposition s'effectue par la publication quotidienne de l'un et de l'autre et par quelques fragments que j'écris et qui doivent fonctionner comme un lien lectoral entre les deux textes. Les fragments cependant forment eux aussi des textes qui sont consolidés et publiés en tant que textes autonomes. Ensemble, ils forment recueil.

Pierre OUDART

 

 

 

 

Voila, vous ne pouvez pas dire que vous n'avez pas été prévenus !

Diégèse

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Published by Jean-Claude Pompougnac - dans Actualité Divergences La chose artistique
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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 09:58
Mieux faire culture, ensemble #2

¤

On a annoncé, ici même, la rencontre qui s'est déroulée hier à la Maison Jean Vilar, à Avignon.

Comme il l'avait indiqué, l’Institut de coopération pour la culture à mis en ligne la version complète du fruit des travaux qu'il a conduit depuis 2012.

 


 

Mieux faire culture, ensemble.

Une perspective en vue de refonder l’intervention publique en faveur des pratiques artistiques et culturelles


 

Face à la mutation productive et sociale contemporaine, une reconfiguration globale du système d’intervention publique en faveur des pratiques artistiques et culturelles s’avère nécessaire. Sur quels principes politiques et fonctionnels la fonder ? Il devient en effet chaque jour plus évident que les dispositifs politiques, juridiques et administratifs de l’action publique en faveur de la culture, qui se sont ajoutés les uns aux autres au fil du temps, sont désormais de moins en moins pertinents. De nouvelles approches sont à inventer qui permettraient à la puissance publique de prendre plus clairement ses responsabilités en étant mieux attentive aux dynamiques artistiques, culturelles et citoyennes contemporaines.


 

Cette contribution très dense de 23 pages, fruit de quatre années de travail collectif identifie

dix enjeux auxquels tant la puissance publique que la société civile sont désormais confrontées.

Elle détaille ensuite de contenu de sept chantiers concernant un projet politique pour demain.


 

1 – L’accompagnement des parcours d’identité culturelle du plus grand nombre

2 – L’entrepreneuriat et les logiques économiques dans le domaine artistique et culturel

3 – Les compétences artistiques et culturelles et la professionnalisation

4 – Les équipements artistiques et culturels

5 – La prise en compte des processus artistiques et culturels élémentaires

6 – Le soutien public aux structures et aux projets artistiques et culturels

7 – La dynamique des responsabilités publiques dans le domaine artistique et culturel .


 

Télécharger la contribution de l'I.C.C.

 


 

L'Institut de coopération pour la culture sur La Cité des sens.


 

Institut de coopération pour la culture.

 

Oser d'autres possibles dans les politiques culturelles.

 

Quel (s) référentiel (s) pour les politiques culturelles ?

 

Institut de coopération pour la culture #5

 

De la clarté des principes à l'incertitude des réformes.

 

Politiques culturelles : éloge de la complexité.

 

L'économie des biens symboliques.

 

Scène nationale et droits culturels.

 

L'Institut de coopération pour la culture à Avignon.

 

Mieux faire culture, ensemble.

 

 

 


 


 


 


 


 


 


 


 

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 08:40
La chose artistique #12

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Je tente d'articuler quelques propositions sur ce que je nomme "la chose artistique" à savoir la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines, en m’intéressant aux situations concrètes, simples voire banales que produit l’habitus des acteurs du "monde culturel".
Il s'agit décrire cette chose en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui, sans être artistes eux-mêmes, vivent dans son obscure et mystique clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.).
Avec le souci d’être profondément superficiel, c'est à dire d’interroger la surface des propos et des gestes de telle sorte que les observations rebondissent sur le questionnement lui-même en produisant une altération de la réflexion, une incertitude quant à ce que nous croyons penser par nous-mêmes au travers des catégories mentales, sociales, esthétiques, politiques qui organisent l'ordinaire et le commentaire quotidien de ce qu'il est convenu de considérer comme « la réalité ».

Jean-Claude Pompougnac

Deux textes de statuts assez différents sur ces questions (et je laisse le soin au lecteur d'établir quelle relation existe ou non entre les deux...)

Le premier est un extrait d'une note du philosophe et dramaturge (mais si... ça existe)

Jean-Louis Sagot-Duvouroux intitulée

REFONDER LES POLITIQUES CULTURELLES PUBLIQUES, et qui commence ainsi :

Une grosse fatigue s’est abattue sur l’appareil culturel public français, si prometteur à ses débuts, si abondant. Par quelle alchimie un système pensé et financé pour répandre les joies de l’esprit dans toutes les classes de la société s’éloigne-t-il si opiniâtrement de son objectif originel ? A moins qu’il soit devenu récif et que l’histoire, les histoires s’en soient allées ailleurs. Des politiques culturelles accordées aux mondes qui naissent ? Des outils propices à la rencontre des imaginaires plutôt qu’à la célébration nostalgique du vieil art ? Les réseaux remplaçant les podiums ? Le bouleversement est souhaitable. Le naufrage est possible.  

La refondation des politiques culturelles publiques est confrontée à deux enjeux majeurs.  

1 – L’agonie du cycle historique de la modernité occidentale.

2 – L’héritage d’un appareil culturel d’Etat construit dans et pour ce cycle agonisant.

 Elle nécessite une claire remise à plat des institutions et du projet.

 

L'extrait qui concerne la chose artistique

Fétichisation

Peu à peu, l’histoire unique a produit une représentation fétichisée des œuvres, considérées comme portant en elles-mêmes leur valeur, indépendamment de la nature des événements sociaux qu’elles provoquent et sans lesquels, pourtant, elles ne sont que « de la merde », pour reprendre une figure psychanalytique de l’argent. Un tableau de maître dans un coffre-fort n’est rien, sinon une « valeur » financière au même titre qu’une action dans une marque de choucroute ou un détournement de fonds (de fond ?), c’est-à-dire « de la merde ». Cette sacralisation des œuvres s’est accompagnée d’une sacerdotalisation des artistes, ordonnés médiateurs de l’inspiration sacrée. Cette évolution a largement dispensé les politiques publiques de se porter sur la nature des événements sociaux qui se nouent autour des œuvres. Abandonnés à la supposée magie de l’art, beaucoup d’événements où l’art se produit sont peu à peu colonisés par un public prédestiné, beaux esprits disposant des clefs de l’autoréférencement (vieux), à l’aise dans les lignées artistiques de l’histoire unique (Blancs), aptes à s’acquitter des tarifs « normaux » censés « valoriser » les œuvres (aisés). De la catégorie « Optima », la plus cossue, en descendant jusqu’à la 5e catégorie, les places de l’Opéra de Paris sont proposées pour des prix situés au dessus des 100€. Au Festival d’Avignon, le tarif « normal » pour une représentation à la cour d’honneur est de 38€. L’opéra et le festival sont pour une part très majoritaire financés par la subvention, c’est-à-dire par le contribuable. Fabriques de la classe dominante au frais de la nation.

En savoir plus.

 

 

 

 

Le second est une mise au poing publiée sur Facebook par la directrice d'un CDN (mais si... ça existe!)

 

Paraîtrait que certains messieurs se plaignent de "la politique de programmation" du CDN de Montluçon. Paraîtrait que la terrible féministe que je suis appliquerait une politique sexiste anti-mecs dans ses choix artistiques, privant ainsi grand nombre de nos talentueux metteurs en scène dotés d'une paire de bijoux de famille de la possibilité de bénéficier de l'accès à une scène de l'institution française, et ce à cause qu'ils en auraient (des bijoux). Et ils auraient bien raison de s'en plaindre si c'était vrai, car quelle injustice ce serait de les voir victimes à leur tour de ce que nous n'avons pas cessé de dénoncer : une sélection par le sexe.

Mais, hélas pour ces justiciers du sexisme inversé, il n'en est rien. J'aimerais avoir eu ce courage radical de décider de n'inviter que des artistes femmes à venir partager la scène des Ilets. Ce ne serait que justice et qu'une goutte d'eau dans l'océan de discrimination et de dépréciation dont elles sont la cible dans notre beau milieu aux grands idéaux démocratiques et égalitaires. Et j'avoue que je porte une attention particulière à la création des artistes femmes (parce que je les trouve souvent (pas "toujours") bien plus inattendues dans leurs choix, aigues dans leurs points de vue, bien moins timorées, moins paresseuses aussi sur les formes, plus habituées aux chemins de traverse, loin des autoroutes esthétiques ou du politiquement correct, que nombre de nos collègues masculins, mais ce sont des questions d'éducation et de déterminisme, les pauvres n'y peuvent rien). J'avoue aussi, et ce n'est pas contradictoire (faudrait voir à arrêter avec la simplification binaire cf. Bourdieu dans "La domination masculine"), que j'aime tout autant bon nombre d'artistes masculins. Je les aime, comme j'aime bon nombre d'artistes féminins : non parce qu'ils-elles sont masculins ou féminins, mais parce qu'ils-elles sont artistes, du moins à mes yeux (et tout ceci, faudrait se le rappeler, est terriblement subjectif et misérablement humain).

J'ai donc invité des artistes (auteurs, autrices, créateurs de scène et créatrices de scène), à partager la scène, les moyens et l'aventure du Théâtre des Ilets durant les trois années à venir. Cette constellation d'artistes est constituée à parts égales, je crois, ou à peu près, de femmes et d'hommes. Il doit bien y avoir aussi des artistes issus de la ... "diversité"? (Si tant est que j'arrive à comprendre ce que c'est que cette notion de "diversité", et qu'est-ce qui te définit "divers"? Et quelques questions me taraudent, comme par exemple : A partir de combien de générations on n'est plus issus de la diversité? On parle de "diverses" nuances de pigmentation? ou de "diversité" sociale? culturelle? religieuse? On parle de quoi au juste?)

OK. Je digresse. Mais pas tant en fait.
Bon. Bref. Tout ça commence à me courir sur le haricot. Et la course aux bons points du politiquement correct commence à me les brouter menu (mes non-bijoux de famille). Appeler à stopper et combattre les attitudes sexistes et racistes (disons les mots) de notre joli milieu sont des nécessités.

Mais cela vient agiter un problème de fond bien plus vaste qui est le problème de l'entre-soi bien pensant de "nos maisons", nos représentations de la démocratie, nos réseaux et réseautages et nos notions de l'égalité.

Faudrait aussi s'attaquer à la façon dont on traite dans notre beau milieu toutes celles et ceux qui n'en ont pas les codes (sociaux et culturels), qui ne partagent pas les référents bien pensants de la CULture, que ce soit parmi les "publics" ou parmi les artistes. Plutôt que de traiter chaque problème séparément en en faisant des concours de bijoux de famille.
Donc pour terminer ce post trop long, que les choses soient claires une bonne fois pour tous les aigris et les emmerdeurs :
Je ne fais pas de "programmation" au CDN de Montluçon.

Un CDN n'est pas une machine à laver. Je partage un lieu de création avec une constellation d'artistes qui toutes et tous font de la "création" c'est-à-dire travaillent à partir et sur des écritures contemporaines "inédites" et donc des créations "originales" (puisqu'il faut tenter ici de redonner son sens de base à ce terme en insistant lourdement). C'est le principe de base. Ça s'appelle un axe artistique. Et ça limite déjà pas mal. Cette constellation est composée d'artistes autour desquels les trois prochaines saisons à venir sont dessinées presque exclusivement : Céline DelbecqJean-Michel Rabeux,Lucienne Agnel (Pascale Henry qui a toujours son petit nom de FB),Frédéric FerrerMarion AubertMohamed Rouabhi, Pauline Peyrade, Gilles GranouilletAmélie Poirier, Collectif Invivo (Julien DubucChloe Dumas, Samuel Sérandour), Jacques DescordeNadège Prugnard, Koffi Kwahulé, Catherine Lenoble, Pierre MeunierAurore EvainSOlenn Denis, Rémi De Vos.

Et je n'indique ici que celles et ceux qui vont être accompagné-e-s directement en création ou écriture. 
Les messieurs énervés montés sur leurs ergots comprendront que vu le nombre des artistes pré-cités, ça limite drastiquement l'accueil d'autres artistes. C'est un choix. Qu'accompagner un-e artiste c'est accompagner un parcours, ce n'est pas juste balancer une coprod sur un spectacle comme on mise au tiercé. Et ça permet d'avoir le temps de la rencontre, de l'échange avec les gens sur un territoire. Et puis j'aime bien prendre le temps de partager des choses avec des gens qui ont un bon esprit de camaraderie et qui sont des artistes engagés. Ça change de pas mal de têtes de cons de ce milieu. 
Alors oui, ok, j'ai décidé, de façon très arbitraire et injuste, que hors les artistes de cette constellation, le très peu d'artistes en plus que le Théâtre des Ilets pourrait accueillir seraient des artistes femmes. Il va rester, quoi,1 ou 2 possibilités d'accueil par an, grand maximum... (on fait le compte de ce que ça représente dans les statistiques du paysage théâtral français?). 
Ah oui il y aussi les journées du matrimoine où on va programmer 1 ou 2 pièces écrites par des autrices du passé. Mais là désolée, je n'y suis pour rien si c'est pratiquement que des femmes qui s'intéressent à ces autrices oubliées et mettent en scène leurs textes. Et il me semble que côté Patrimoine on est servi sur les scènes françaises, non? ou on va m'accuser de faire là aussi de l'infâme discrimination sexiste?. 
Résultat des courses : la saison prochaine est répartie à peu près à égalité entre auteurs et autrices,créateurs-créatrices de scène, avec un léger + pour les femmes. Promis, la saison prochaine on sortira nos calculettes pour atteindre le fifty parfait. 
Quand ça bascule légèrement dans ce sens, apparemment ça ne passe pas. 
Bizarre que quand ça bascule dans l'autre sens (c'est à dire presque toujours, et souvent très lourdement) ça ne se remarque même pas.

 

Du même auteur...

 

Rappels

 

La chose artistique (un)

Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote.

(Stendhal)

 

La chose artistique (deux)

Aujourd’hui que des créateurs proclament que l’art est partout, que le moindre déchet urbain est un objet de l’art, quand les philosophes voient (après Valéry) l’art dans le savoir, lorsque savoir et argent envahissent l’art, où est l’« artiste » ?

Les réponses sont nombreuses, contradictoires, toutes contestables. Les suggestions les plus justes sont peut-être celles qui viennent des artistes eux-mêmes, tel ce projet de l’architecte Robert Filliou pour les toilettes du musée d’Etat de Müchengladbach (1969), qui réjouira sans doute les lacaniens par les trois portes déplaçant la barre du signifiant » : men, women, artists.

(Alain Rey)

 

La chose artistique (trois)

Le bouclier est à la mode en ce début d’été pourri, vous n’avez pas remarqué?

Après le bouclier fiscal (pour les riches) et le bouclier sanitaire (pour les pauvres), voici le bouclier artistique(pour tout le monde).

 

La chose artistique (quatre)

Depuis quelques temps, j'ai remarqué l'apparition de plus en plus fréquente dans les annonces immobilières d'un intrigant "Idéal artiste". Par exemple :

« Belleville. Loft en duplex 100m² dans allée privée. Rez-de-chaussée de 57m² espace ouvert avec cuisine us. Au 1er étage, 43m² avec salle d'eau et wc séparés. Lumineux et calme. Idéal artiste. 500 000 euros. » Bon, il s'agit a priori plutôt d'artistes riches et puis aussi calmes (artistes retraités ?).

(Gaël Bouron)

 

La chose artistique (cinq)

On était habitué à une distinction assez claire entre la culture haute et la « pop culture ».La culture haute, c’était et c’est parfois encore la culture reconnue, celle des musées, des opéras, des œuvres classiques. C’est une culture élaborée par des professionnels spécialisés et reconnus ; c’est une culture réservée à un petit nombre par son coût, par sa rareté, par la difficulté de l’initiation qu’elle demande. C’est enfin une culture référencée dans des cadres comme l’histoire des arts, le savoir et l’expertise des connaisseurs.

(Yves Michaud)

 

La chose artistique et le spectacle vivant

Avec la liberté, partout où règne l’affluence, le bien-être y règne aussi. Plantez au milieu d’une place un piquet couronné de fleurs, rassemblez-y le peuple, et vous aurez une fête. Faites mieux encore : donnez les spectateurs en spectacle ; rendez-les acteurs eux-mêmes ; faites que chacun se voie et s’aime dans les autres, afin que tous en soient mieux unis.

(Jean-Jacques Rousseau)

 

Veni creator (la chose artistique – suite)

C'est pourquoi plus l'artiste est conscient du «don» qu'il possède, plus il est incité à se regarder lui-même, ainsi que tout le créé, avec des yeux capables de contempler et de remercier, en élevant vers Dieu son hymne de louange. C'est seulement ainsi qu'il peut se comprendre lui-même en profondeur, et comprendre sa vocation et sa mission.

Lettre du Pape Jean-Paul II aux artistes (1999).

 

 Travail et création artistique

 

Entretien avec Pierre-Michel Menger

 

Le spectacle de l'intermittence.

 

Christian Salmon, Jean-Louis Fabiani, Emmanuel Ethis, Damien Malinas, Pierre-Michel Menger


La chose artistique (onze)

Nathalie Heinich et Pierre-Michel Menger


 

 


 

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Published by Jean-Claude Pompougnac - dans La chose artistique Le genre et la culture.
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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 08:50

La médiation culturelle, comme le rappelle la Charte déontologique rédigée par l'association éponyme, se trouve «au milieu» des «tissages et circulations» entre les «trois pôles symboliques» que constituent les «personnes», les «structures culturelles» et les «objets matériels ou immatériels».

Depuis 2005, dans l'agglomération lyonnaise, une fédération d'éducation populaire, les Francas du Rhône, anime un réseau associant, dans la réflexion comme dans l'action, des médiateurs œuvrant au sein des principales institutions culturelles de la métropole et des animateurs socio-éducatifs issus de ce même territoire.



Conçu par ce réseau, l'ouvrage Au beau milieu : médiateurs culturels, animateurs socio-éducatifs : comment agir ensemble ? revient sur certains des projets menés en commun et rassemble les réflexions qu'ils ont inspirées à leurs protagonistes.

Structuré à partir des trois notions-clés de territoire, d'expérience et d'alliance, il témoigne de l'obsolescence de la vieille scission entre culture et éducation populaire, et souligne la fécondité d'une telle coopération, si atypique au pays d'André Malraux.


Au moment où les politiques culturelles - avec la territorialisation croissante de l'action publique et l'essor de la notion de droits culturels - connaissent une mutation historique, il montre aussi que la mise en œuvre d'une démarche transversale et interprofessionnelle constitue, pour un territoire, un atout certain autant qu'un enjeu démocratique.


 

Extraits de l’avant propos de Thierry Renard et Michel Kneubuhler .


Un enjeu démocratique

«Un projet politique qui prend au sérieux l'art et la culture doit dépasser la séparation culture / éducation populaire et les articuler dans une démarche conjointe et transversale».



Certains termes gagnent à être analysés au prisme de leur étymologie. Ainsi de médiation ou de médiateur : ils sont issus, nous dit Alain Rey, du verbe latin mediare, «être au milieu». De fait, la médiation culturelle, comme le rappelle la Charte déontologique rédigée par l'association éponyme, se trouve «au milieu» des «tissages et circulations» entre les «trois pôles symboliques» que constituent les «personnes», les «structures culturelles» et les «objets matériels ou immatériels». Mais cette même médiation culturelle se trouve également au coeur - «au beau milieu» - des changements de paradigme qui affectent de nos jours les politiques culturelles... d'où l'inscription du présent ouvrage dans cette collection «Politiques culturelles et territoires».

(…)

«Au beau milieu» des enjeux contemporains
Dans ce contexte, la médiation culturelle - entendue comme «l'ensemble des initiatives et démarches visant à faciliter l'accès à la culture, la rencontre des créateurs, l'appropriation des œuvres et la participation à la vie culturelle par tous les individus et les groupes» - en vient à occuper une place centrale et les médiateurs se retrouvent investis de missions éminentes : «faciliter dans l'espace public la circulation du sens entre toutes [l]es identités culturelles [...] permettre aux personnes d'être un peu plus acteurs de leur propre culture dans leurs relations avec les autres»].


En savoir plus

 

Rappel

 

Deux communication faites lors du séminaire La démocratisation culturelle au fil de l'histoire contemporaine. (décembre 2012)

 


 

Voir aussi sur La Cité des sens.

De la médiation culturelle.

Catherine Bertho-Lavenir.

Deux ou trois choses que je sais d'elle... sur la médiation culturelle

Jean Caune, EmmanuelWallon, Médiation culturelle association, Jean-Michel Lucas, Isabelle Mathieu, Crhistian Ruby.

 


 


 

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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
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  • : Ressources, documents, analyses et débats sur les « politiques culturelles » et leur histoire. « Culture et politique » , par Jean-Claude Pompougnac. ISSN 2270-3586
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Chercheur à la BPI puis conseiller au cabinet du ministre de la culture, dirige la DDF puis de l'Institut français de Barcelone, DRAC Centre. Crée ARCADI, puis DAC de BONDY (93). Consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture. Correspondant du Comité d'histoire du MCC.

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