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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 16:39

Comment évaluer le rôle joué aujourd'hui par la notion d'identité culturelle (je serais tenté de dire : le rôle joué dans la culture par la notion d'identité culturelle) ?
A l'occasion de multiples problèmes envisagés dans leur aspect théorique comme dans leurs implications politiques -tels ceux des "droits culturels" des individus et des peuples ; de la "démocratie culturelle" ; du "développement culturel" et des rapports entre "culture et développement" ; de la "promotion des langues nationales" ; du "rapport entre "conservation du patrimoine culturel" et "création" ou "innovation" ; de la "communication interculturelle" dans ses rapports avec la liberté d'expression ou avec le renforcement de la paix, etc. - les formulations qui nous sont proposées sont au fond sous-tendues par quatre grandes polarités catégorielles.

Ainsi débute l'analyse fouillée et éclairante proposée par Étienne Balibar à partir des réflexions présentées à la Table ronde sur "Identité et Culture" organisée à l'UNESCO les 14 et 15 décembre 1989 par la Division de Philosophie et des Sciences Humaines. Le début de ce texte, reproduit ici est une invitation à le (re) découvrir.


 

(…) les formulations qui nous sont proposées sont au fond sous-tendues par quatre grandes polarités catégorielles :

1. L'objectif et le subjectif

L'identité culturelle apparaît comme un ensemble de structures objectives (comme telles spontanément pensées dans la dimension du collectif, du social, de l'historique) et comme un principe ou un processus de subjectivation (spontanément pensé dans la dimension du "vécu", de l'individualité "consciente" ou "inconsciente"). Entre ces deux pôles il y aurait normalement correspondance ou réciprocité, suivant les schèmes de l'extériorisation et de l'intériorisation ; mais aussi, le cas échéant, conflit.

(…)

2. L'universel et le singulier

L'identité culturelle serait l'expression même de la singularité des "groupes", peuples ou sociétés, elle serait ce qui interdit de les confondre dans une uniformité de pensée et de pratique, ou d'effacer purement et simplement les "frontières" qui les séparent et qui traduisent la corrélation au moins tendancielle entre faits de langue, faits de religion, faits de parenté, faits esthétiques au sens large (car il y a des styles de vie comme il y a des styles

musicaux ou littéraires), et faits poli tiques. Mais en même temps elle poserait immédiatement le problème de l'universalité ou de l'universalisation.

 

(…)

3. Elite et masses (ou : le savant et le populaire)

Cette troisième polarité est omniprésente mais elle trouve différentes expressions, entre lesquelles règne un rapport d'analogie. Elle est d'abord

une façon de formaliser la distinction classique depuis le XIXe siècle au moins entre la culture (scientifique,technique, littéraire) et les cultures expressives des groupes sociaux (ou mieux de l'appartenance des individus à des groupes), et en ce sens elle ne fait que projeter dans le champ historico-sociologique la "dialectique" précédente de l'universel et du singulier.

 

(...)

4. Le permanent et l'évolutif

Ici la notion d'identité culturelle se réfléchit en quelque sorte sur elle-même dans la dimension privilégiée du temps. Avec ou sans référence explicite au " progrès", avec ou sans critique de la pertinence et des limites de celui ci, ainsi que des modes de la temporalité historique présupposés par toute

thèse qui porte sur l'historicité de la culture, il semble bien qu'on puisse reconnaître le postulat suivant, en forme d'unité des contraires : l'identité culturelle résiste au temps du simple changement, elle est identique à elle-même comme l'invariant de toute transformation (c'est pourquoi elle autorise la reconnaissance, la nomination "propre" des sujets collectifs) et ce pendant elle n'existe que par son incessante transformation (qu'on appellera création, vie, développement, mais qui finalement apparaîtra comme un réquisit de la notion même de "culture »)

 

(…)

© Etienne Balibar

Accéder au document sur le site Persée

 

# Voir aussi l'Entretien avec Etienne Balibar. réalisé par Laurent Etre et publié dans L'Humanité du 25 novembre 2011 à la suite de la parution de Citoyen sujet et autres essais d’anthropologie philosophique, d’Étienne Balibar. PUF, 2011, 536 pages

 

 

# Pour se convaincre de la permanence de réflexions politiques alternatives on peut aussi relire :

Les droits culturels en tant que droits de l'homme

par Francis Jeanson

Intervention lors de la réunion d'experts à l'Unesco sur le thème « Les droits culturels en tant que droits de l'homme », Paris, juillet 1968.

De larges extraits de ce texte et un lien vers sa version intégrale ont été publiés sur le blog

Devoir de culture.

 

# Sur La Cité des sens :La Diversité culturelle #3 (référence à un article de Jean-Michel Lucas).

 

Actualités des politiques culturelles

Cliquez sur le lien ci-dessous pour consulter :

Politiques culturelles, mon fil d’actualités sur Scoop'It

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Autres fils d'actualités très vivement conseillés :

 

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Votre blog a donné lieu à une création de notice bibliographique dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de France. Il lui a été attribué un numéro international normalisé (ISSN) :


 Titre : La Cité des sens

 ISSN : 2270-3586

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Ressources
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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