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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 09:19

On se souvient peut-être du soulagement collectif, au lendemain de l'élection présidentielle, lorsque s'était confirmé le maintien d'un ministère de la culture, un temps menacé de rattachement à un autre département ministériel par le candidat finalement victorieux.

Sous le titre « Nous sommes sauvés »  j'y avais consacré une note un peu (trop?) véhémente.

Le temps passe.

Est-ce que les temps changent? Là est la question.

François Deschamps sur Territorial.fr signale deux manifestes récents qui visent cette fois non plus à sauver un ministère mais la culture, elle-même. Rien de moins.

Sauvons la culture, tel est le titre du premier.

Manifeste d’intérêt général pour l’art et la culture

mardi 22 avril 2008

La remise en cause brutale de nombreux financements liés au soutien à la création, à la démocratisation de l’accès à la culture, à la politique de la ville, à l’éducation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle artistiques ou encore aux actions internationales, suscite inquiétude, indignation et colère [1] chez tous ceux qui œuvrent au quotidien pour l’art et la culture.

Cinquante ans de politiques culturelles innovantes et audacieuses ont permis la création d’un maillage culturel territorial quasiment unique au monde. Des salles de cinéma, des théâtres, des bibliothèques, des lieux de spectacles et d’expositions, des orchestres, des artistes de toutes formes d’expression artistique (théâtre, danse, musique, cinéma, arts visuels, arts du cirque et de la rue…) qui se déplacent sur tout le territoire, des associations, des festivals et manifestations liés à tous les arts, permettent partout en France, à un vaste public de rencontrer des œuvres, leurs auteurs et interprètes.

Aujourd’hui, cette richesse collective est mise en péril.

Lire la suite...

La liste des organisations signataires de ce premier manifeste renvoie aussi à un Appel des fédérations d’éducation populaire pour les arts et la culture au quotidien

On n'est donc pas loin du Front unitaire. Je note d'ailleurs que cette dénomination de manifeste d'intérêt général  rappelle celui du Forum permanent pour l'éducation artistique (étrangement absent de la liste des initiatives dréssée par les initiateurs de cet appel).

Sous le titre Ne laissons pas mourir l'action culturelle et solidaire sous Sarkozy, le second manifeste est lancé par les Editions de l'attribut.

Il existe en France un secteur d’activité d’une incroyable diversité et d’une effervescence continue, menacé de précarité et de disparition par la politique du président de la République. Créateur de lien social et d’emplois, le tissu associatif culturel contribue à l’épanouissement des individus, encourage leur créativité et leur émancipation en plaçant l’humain au centre de ses préoccupations. Ce secteur de l’action artistique et culturelle déploie, sur tous les territoires où il agit, des visions sensibles et solidaires du monde.

Plusieurs organisations signataires, dont l'UFISC et quelques personnalités.

On notera que dans les deux cas, l'accent est mis sur l'intérêt général et la dimension solidaire de l'action culturelle et non sur la défense de la création (ou de l'artistique), genre « sauvons les bébés phoques». (Les artistes, en France, sont-ils une espèce en danger?).

Ce qui rappelle la prise de position singulière d'Arianne Mnouchkine...

Mais comment éviter le piège du corporatisme, qui semblait planer au début du rassemblement de l’Odéon, où le public n’était pas convié ?
Nous devons nous inscrire dans un mouvement national large. Ce qui nous arrive ne touche-t-il pas aussi d’autres secteurs, comme celui de la justice, de la santé, des universités, de la recherche ?


Comment ?
Il faut réussir à clarifier pour tous le rôle des artistes dans la société. Nous devons réussir à faire dire aux citoyens ce qu’ils estiment être nos droits et nos devoirs. Ce qu’ils attendent de nous. Les écouter. Et en discuter avec eux. Puis établir, rédiger une sorte de charte, un pacte à mettre en œuvre entre le public… non… pas seulement le public, entre les citoyens et nous, artistes ou artisans d’art de toutes sortes et de toutes disciplines.


Est-ce réalisable ?
Je ne sais pas. Je le souhaite ardemment depuis longtemps. J’aimerais pour cela que se réunissent des groupes d’hommes et de femmes de théâtre, des écrivains, des musiciens, des danseurs, des circassiens, des économistes et de nombreux simples citoyens, public ou non public. Ces derniers nous diraient quelle est, selon eux, notre utilité. Ainsi, elle ne serait pas toujours auto-proclamée par nous-mêmes.

Propos recueillis par Fabienne Pascaud, publiés sur le site de Télérama le 29 février. (Voir aussi un exemple de Charte des artistes signalé par l'Oizeau rare).

Je rappelle à cette occasion l'intelligente problématique dessinée par le groupe de réflexion de La Forge (think tank indépendant mais néanmoins de gauche) « Culture et liberté , pour une société du libre-arbitre».

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Lire en diagonale, penser de travers, écrire à bâtons rompus.

(Germaine Destrigaux, Des horizons dérisoires, Calmann Levy,1936)

Tous ceux qui voudront traiter séparément de la lutte des classes et de la guerre des sexes ne comprendront jamais rien, ni à l'une, ni à l'autre.

(Kurt Schlumberger, Contribution à une sociologie de la radicalité, trad. française Félix Alcan, 1912).

Croire dure comme faire.

(Bienheureuse Solange de la Sainte Trinité, Lettre à son directeur spirituel Editions du Cerf, 1958)

Jamais je ne voudrais faire partie d'un club qui accepterait de m'avoir pour membre.

[ Groucho Marx ] - Cité par Arthur Sheekman dans The Groucho Letters

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Remarques sur un possible changement d'orientations de ce blog

La rédaction de ces notes a commencé le 20 septembre 2004.

Elles ont été consacrées, pour l'essentiel, à la mise en oeuvre des deux lois (2002 et 2006) permettant aux collectivités publiques de créer des établissements publics de coopération culturelle (EPCC).

Ces informations ont suscité l'intérêt de quelques personnes; elles restent donc ici archivées de même que quelques considérations sur les politiques culturelles, les débats autour d'icelles et certains aspects de la vie administrative (sans oublier quelques traits d'humeur ou d'humour).

Il n'est pas exclu que ce blog se consacre désormais à de nouveaux centres d'intérêt.

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Arcadi_77

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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