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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 16:59

Jeanclaude_pompougnac_13_02

Post scriptum à ma note d'hier...

Dans Libération du 11 février, René Solis, sous le titre Un « Grenelle culturel » pas gagné

Annoncés par Christine Albanel en décembre dernier, les «entretiens de Valois» organisés par le ministère de la Culture avec les professionnels du spectacle vivant débutent ce lundi. Ils devraient s’achever à la mi-juin, afin que les conclusions éventuelles puissent être prises en compte dans l’élaboration du budget 2009.

Paroxysme.

En lançant ces entretiens, la ministre tente de désamorcer la colère du milieu du spectacle, après les coupes budgétaires annoncées à l’automne, où compagnie et institution s’étaient vu infliger une baisse moyenne de 6 % de leurs subventions d’Etat. Colère qui avait connu son paroxysme à la veille de Noël, quand le metteur en scène et cavalier Bartabas avait saccagé le bureau du directeur régional de l’action culturelle (Drac) d’Ile-de-France. Les choses se sont depuis légèrement arrangées. Le ministère a annoncé que tout le monde retrouverait finalement peu ou prou une subvention du niveau de celle de 2007.

Mais François le Pillouër, président du Syndeac (qui regroupe la majorité des employeurs du théâtre public) estime que c’est loin d’être le cas partout : si certaines régions ont remis tout le monde à niveau, d’autres traînent les pieds, et de nombreuses structures, notamment des compagnies, font état de baisses non compensées. Par ailleurs, la stricte remise à niveau se traduit quand même par une dégradation des comptes, vu l’inflation.

Mais la question des subventions n’est pas la seule en suspens. Beaucoup s’inquiètent des rumeurs persistantes d’un démantèlement du ministère de la Culture, au lendemain des élections municipales. Et même si ce n’est pas le cas, il n’est pas certain que Christine Albanel conserve son poste. Le contexte politique pourrait donc réduire la portée de ces entretiens.

L’objectif est ambitieux, qui vise à remettre à plat tous les dossiers : rôle de l’Etat et des collectivités locales dans le financement, labels et cahiers des charges, état de la création et de la diffusion, éducation artistique, formation, emploi (avec l’éternel retour de la question des intermittents), politiques européennes, etc. Les discussions ne seront pas bilatérales : d’autres ministères (Education nationale, Emploi, Affaires étrangères) sont conviés, de même que des représentants des collectivités locales. La crainte affichée par de nombreux professionnels est celle d’une confirmation d’un désengagement accru de l’Etat, au profit des collectivités, notamment les régions. Ils redoutent l’abandon d’une vision nationale en matière de création.

Clivages.

En fait, deux conceptions s’affrontent, recoupant en partie les clivages du début des années 70 entre tenants de l’action socioculturelle et défenseurs de la primauté de l’artiste. Aujourd’hui, l’opposition s’exprime entre ceux qui placent le concept de «territoire» au cœur de leur réflexion, et ceux qui estiment que tout doit s’articuler autour de l’artiste. Des débats qui transcendent les positionnements politiques : on trouve des tenants des deux positions à droite comme à gauche.

Les conceptions ne sont, bien sûr, pas toujours aussi tranchées, mais on peut dire que les défenseurs d’une conception territoriale ont plutôt le vent en poupe, au risque d’amplifier les tentations d’instrumentalisation de la culture. Ce qui reflète aussi une réalité : rarement les politiques ont semblé aussi éloignés du monde de l’art et de la création.

Ces clivages ne sont-ils pas, sous la plume du journaliste avisé (« recoupant en partie » ... « les conceptions ne sont, bien sûr, pas toujours aussi tranchées »... « on trouve des tenants des deux positions à droite comme à gauche »), la manifestation d'une symptomatique hémiplégie politique qui frappe désormais durablement les milieux artistiques?

C'est comme une réponse (et en même temps une confirmation) à cette catégorisation arbitraire (qui n'est que la formulation abstraite d' un rapport de forces hélas trop concret) que résonne le papier de Daniel Conrod (Télérama n°3031) Lettre de mission impossible qui évoque la contre-lettre dont on a déjà parlé ici.

Mais où sont-ils donc passés? On a beau parcourir en long, en large et en travers, la liste des signataires de la pétition adressée à Christine Albanel, il n'en font pas partie : patrons d'institutions prestigieuses, artistes reconnus, comédiens, danseurs ou circassiens, directeurs de scènes nationales et autres lieux du service public de la culture, tous ont le tête ailleurs. (...) Le cap des mille signatures a été atteint le 6 février grâce à des enseignants, animateurs, militants culturels, travailleurs sociaux, la plupart anonymes. Où sont les autres?

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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commentaires

Loizo 13/02/2008 23:30

sauf erreur de ma part, Ep2c n'est pas signataire non plus... Bravo en tout cas de signaler avant moi l'article de Télérama. Y'en a qui ont du temps...
Loizo

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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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