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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 06:47

Cruella

C’était avant que le tout devient possible ne le devienne, justement, bien réel, forcément réel. Un réel auquel nous sommes désormais confrontés pour un bail. Ce qui va nous laisser du temps pour analyser l’obscur objet de nos désirs d’avenir.

Nous écrivions à quelques-uns dans le magazine La Scène un texte (Le citoyen doit être au cœur de la politique culturelle) qui se concluait ainsi

En conclusion , la politique culturelle aura besoin pour la prochaine législature d’un ministre courageux qui entreprenne des réformes radicales pour  un objectif clairement identifié: démocratiser et décentraliser, c’est-à-dire remettre au coeur des politiques de l'éducation et de la culture le projet de l'émancipation individuelle et collective.

Mais qu’est-ce que ça veut dire le citoyen doit être au cœur de la politique culturelle ?

J’ai trouvé un blog qui aborde le sujet de front. Réflexions d’un vendômois, un blog qui n’est pas tenu par un acteur du monde de la culture ou un professionnel de la profession.

Politique, culture (et dépendances)

Je lisais, dans la Nouvelle République en date du 2 juin, une interview de Frédéric Maurin, directeur de la Scène régionale de Vendôme. Il évoquait, notamment, les contraintes essentielles qui s'imposent au programmateur, au premier rang desquelles figure le cahier des charges de délégation de service public. C'est-à-dire en fait (le mot manque et c'est dommage), la politique culturelle de la ville, définie par les élus et votée en Conseil municipal.
Cet article m'a amené à me pencher sur le lien qui associe le politique et la culture. Je me souviens des débats qui ont accompagné la naissance de la salle de spectacles vendômoise du Minotaure. D'un côté, les partisans d'une vaste salle soutenaient le projet d'une programmation "large public" (un peu sur le modèle de l'espace Malraux à Châteaudun), reprenant l'idée d'une véritable "culture populaire" dont la gauche doit être proche. De l'autre, les tenants d'une vision plus civique : la culture doit élever le peuple et des spectacles, de prime abord confidentiels et moins vendeurs, ont toute leur place dans la cité.

(…)

Pour tout vous avouer, j'ai assez peu réfléchi à la question. Je me demande s'il existe une offre culturelle de gauche, une autre de droite. Je m'interroge, surtout, sur sa finalité : doit-elle contribuer à éduquer le citoyen, en lui apprenant la tolérance, l'ouverture d'esprit et l'esprit critique ? Doit-elle, tournée vers le monde du spectacle, privilégier des petites productions qui, sans argent public, péricliteraient ? Doit-elle suivre les modes, s'en méfier ou tenter de les créer ? Comment mettre en valeur la culture dont chaque citoyen est porteur ? Par quels processus rendre concret le postulat que la pratique culturelle est un outil de transformation de la société ? Quels sont les liens entre culture, monde du travail et intégration (notamment sociale) ? Surtout, surtout, surtout... Comment, pratiquement, repenser une programmation en fonction de ces réflexions théoriques ? Je le répète, mon ignorance sur le sujet est totale et j'apprécierais d'en débattre avec vous ou d'autres.
Pour dépasser, peut-être, les généralités sans véritable ambition, dans le genre "affirmer le rôle de la municipalité en matière de culture, favoriser l’accessibilité à la culture pour tous les citoyens, consolider et bonifier le réseau des équipements culturels, mettre en valeur et promouvoir le milieu culturel local, soutenir le milieu de la culture".

Le Minotaure de Vendôme, je connais. Son inauguration fin août, début septembre avait valu au DRAC que j’étais alors un retour précipité de ses congés d’été par sympathie pour le maire de la ville et les responsables du lieu.

Agnès Soral, citoyenne d’honneur de la ville, était la marraine de la chose ce qui a donné lieu à une très belle photo d’elle et moi signant un livre d’or, photo qu’hélas ni Paris Match, ni Voici, ni Voilà n’ont jugé utile de publier. N’est pas people qui veut.

Cette question du rapport des théâtres et de leurs directeurs avec les citoyens (qu’ils soient publics ou non-publics) concerne aussi leur rapport aux élus.

C’est sur ce thème que le théâtre de Chartes a organisé en octobre 2006 une rencontre : Acteurs du spectacle vivant et dynamiques des territoires : quelles nouvelles relations sont à tisser entre élus et professionnels ?

Je viens d’en recevoir les actes.

Jean Gabriel Carasso (alias loizorare; voir colonne de gauche) est le meneur de jeu. On y croise Bernard Latarjet et Karine Delorme qui s’est vue depuis retirer sa délégation de Maire adjoint à la culture de la ville de Chalon-sur-Saône,

Mais aussi Benoît Morin, directeur de Culture O Centre (un EPCC), Marcelle Bonjour, Laurent Barré, Jean-Pierre Tolochard, Philippe Buquet, directeur de l’Espace des arts de Chalon-sur-Saône (un autre EPCC)… et j’en passe. Quelle distribution !

Ah, j’oubliais… la maire adjoint à la culture de la ville de Chartes, Isabelle Brochet que j’avais à l’époque (et je m’en excuse aujourd’hui) surnommée Cruella. N’empêche que son échange lors de cette rencontre avec Jacques Kraemer, viré par elle de la direction du théâtre de Chartes après la défaite de la gauche, justifie quand même un peu ce sobriquet (page 21).

L’établissement que j’ai l’honneur de diriger jusqu’au 31 décembre 2007 organisera d’ailleurs une rencontre sur le même sujet lors du Festival d’Avignon en partenariat avec la FNCC.

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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commentaires

Christophe 08/06/2007 08:57

Bien sûr, la rencontre que vous organisez au Festival d'Avignon m'intéresse : j'y trouverai peut-être des réponses à mes questions.
Christophe Marion

Aimzon 07/06/2007 23:59

Le questionnement du jour rejoint un peu celui d'hier... le "public" que vous citez, ici seulement amateur de théâtre et non "professionnel", s'interroge sur des débats "internes" (la programmation d'un théâtre, ses enjeux, les raisons du subventionnement : choses que vous avez abordé en évoquant le problème des "OGRES"), preuve que dès qu'il s'agit de service public, tout le monde a son mot à dire, sa petite pensée du jour, même sous la forme la plus tolérante, la moins partisane comme ici... Preuve que dès qu'il s'agit de "service pulic", qu'il soit culturel ou non, "on" s'exprime. Dès lors, comment réprimander cet adjoint au maire qui signe un courrier demandant des comptes à un groupe d'artistes plus ou moins obscur programmé dans sa salle ?
La question s'est aussi posée lorsqu'on a demandé des comptes à un auteur programmé à la Comédie Française, souvenez-vous, c'était il y a peu de temps... Et bien j'affirme haut et fort que c'est bien légitime, qu'un adjoint est citoyen autant qu'un autre et qu'une culture subventionnée n'a pas à s'étonner de devoir "rendre des comptes" (ce qui vraisemblablement va se faire de plus en plus, par des cahiers des charges alourdis, comme en témoigne cet appel à plus "d'interventions artistiques" -article de La Scène). Mais quand c'est pour une municipalité UMP, avec un Président bientôt omnipotent, la question se pose avec un peu plus d'acuité ou de craintes. Ce qui est étonnant, c'est qu'on s'en offusque alors qu'il y a peu on parlait de : "sortir de la démagogie et proposer une réforme «donnant-donnant»". Si c'était cela le Désir d'avenir, il semble que votre adjoint l'aie renseigné, non ? "Je te programme, tu m'encenses ou, au moins, tu ne craches pas dans la soupe ; tu ne fais pas ta propagande, tu fais la mienne." Ce débat est au coeur de la "politique culturelle" à la française.

Concernant les "actes", vous les citez sans opinion sur le contenu (ou alors dans un autre article ?), applaudissant d'une façon un peu ironique la distribution : pourriez-vous nous dire si, à votre sens, ces actes donnent la réponse à nos questions ? Ou sont-ils seulement des "actes de plus", c'est-à-dire un exercice de bien pensance à destination d'un tout petit milieu d'experts ?

Merci à vous

Manu 07/06/2007 13:22

Qu'est ce que tu nous fait mon camarade? Tu vas quitter ton EPCC? Ca ne m'étonne pas, on connait ton instabilité professionnelle. Es tu jamais resté 4 ans dans un même poste. Ou alors tu es viré? Déjà viré par la droite et maintenant par la gauche... la classe! Si tu veux, je te donne le portable de Bayrou, ta dernière chance à ce stade... Bises, mon camarade.

Valerie N. 07/06/2007 10:04

Je suis intriguée par la dernière phrase de votre note de ce jour. Nous cachez vous quelque chose?
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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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