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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 23:10

Guignol

Encore quelques billets d’humeur sur les propositions du « bidule » présidentiel pour la création artistique (voir, sur ce blog, les notes d'hier et avant hier).


Marin Karmitz, un autre qui murmure aux oreilles du locataire de l’Elysée, vient quant à lui de sortir de son silence, il faut dire qu’il réfléchissait depuis six mois, le Président l’ayant nommé, prenez votre souffle « Secrétaire Général du Conseil pour la création artistique ». Probablement le seul à être épaté par les dix propositions qu’il vient de formuler pour inventer de nouveaux modes d’animation de la vie artistique, Karmitz tenait en fin de semaine dernière une conférence de presse au Musée du Quai Branly. Jusque là, me direz-vous, rien d’extraordinaire. En effet depuis quelques mois on ne compte plus ceux qui en échange d’un retournement de veste publient rapports, s’installent dans des organismes, ce qui fait avant tout la fierté de leur famille, sont bombardés ambassadeurs ou sous-secrétaire d’Etat. Que voulez-vous tous ne sont pas aussi indispensables qu’Eric Besson qui lui, n’est pas passé, rappelons-le de Mao à Sarko mais de Vivendi à l’UMP, via le Parti socialiste. Revenons donc à Marin Karmitz, celui qui se rêvait Ministre de la culture et qui n’est en fait qu’une fort modeste boîte à idée dans un domaine tout à fait subalterne pour le pouvoir actuel. Karmitz tenait donc conférence jeudi dernier. Pour distiller son génial propos, notre homme à tout bonnement interdit Libération d’un point presse protégé par un cordon de CRS afin que les syndicats, qui exigent la dissolution du machin dirigé par Karmitz, ne puissent troubler la réunion.

Karmitz, comme certains autres, à donc fait un sacré chemin depuis son film « Coup pour coup » au pedigree « Mao-Spontaneiste » clairement revendiqué qui se voulait une ode à la révolte ouvrière. Maintenant, il a besoin de CRS pour passer quelques plats à Sarkozy, avouez que c’est un drôle de voyage.

Post ci-dessus trouvé sur le blog de Jean-Yves Sécheresse, conseiller municipal à Lyon

Voir aussi le blog de Jean-Jacques Queyranne

 

Et Jacques Livchine sur le site Micro Cassandre

Ah, Karmitz a pondu son rapport

Donc ils se sont mis à 11, avec une subvention de 200 000 € , et un budget réalisation de 10 millions d’euros. pour nous faire dix propositions :

Alors que le ministère de la Culture devrait être à l’écoute des artistes et savoir ce que les artistes fomentent, désirent, inventent, là c’est le contraire.

On nous indique des chemins à prendre.

Bon c’est comme ça maintenant. L’Europe de la culture, c’est 100 cases, tu tentes de rentrer dedans, sinon, tant pis pour toi.

Ma première impression c’est que les propositions ne sont pas exaltantes du tout, pour la plupart ne sont pas nouvelles, ne font pas rêver, et surtout nient les milliers de projets refusés régulièrement par le ministère de la Culture.

Aller voir la retransmission d’un opéra sur grand écran dans un théâtre pas loin de chez moi, c’est toute la négation du spectacle vivant.
Je crois que cette proposition c’est la pire de toute. Carrément révoltante. Au début j’avais cru qu’il voulait sortir l’opéra de l’opéra.

(…)

Franchement, je suis effondré par la pauvreté de toutes ces propositions ;

Ma contre-proposition, c’est que nous envoyions tous à la commission tous nos projets de création avortés depuis des années, par manque d’écoute des pouvoirs publics, et des multiples barrages à toute innovation.

Et là on pourra écrire un magnifique projet pour le ministère de la Culture…

LIRE LA SUITE

Sur le même site, le communiqué de la Fédération des Arts de la rue :

Au vu des 10 propositions faites récemment par Conseil pour la Création Artistique, la Fédération des Arts de la Rue se réjouit de l’engagement  et de l’inventivité manifestées dans ces propositions -même si les Arts de la Rue n’y sont pas mentionnés -et félicite le conseil pour le dynamisme admirable dont il fait preuve ici.
Nul doute que ces dix propositions inédites vont enfin résorber  l’isolement des banlieues, la désintégration du lien social, le fossé grandissant entre culture de l’excellence et animation populaire si
chère à notre Président.
Même si l’on peut légitimement s’interroger sur la façon dont ces initiatives seront mises en oeuvre et sur l’adéquation des solutions préconisées au regard des problématiques soulevées…
Même si certaines de ces initiatives pourraient passer, aux yeux de certaines mauvaises langues, pour de la récompense à une allégeance…
Nous ne saurions ratiociner ni sur la légitimité des unes ni sur l’inventivité des autres.
Tant de réflexions et de trouvailles nous prouvent que la nomination du Conseil de la Création fut une nécessité et que les 200000€ alloués à ses promoteurs sont justement employés.
Pour autant, nous remarquons que le périmètre couvert par ces initiatives exemplaires ne représente qu’un petite partie de celui que labourent quotidiennement les activités des associations d’Education populaire et des différentes structures qui se consacrent à la création artistique et à sa diffusion sur tout le territoire – et on nous pardonnera de citer à ce propos les compagnies de théâtre de rue, leurs diffuseurs et les collectivités territoriales qui les soutiennent-.
Or, nous remarquons que les budgets dédiés aux différents organismes qui en assurent le fonctionnement année après année sont en baisse conséquente, plongeant les dites-structures et autres collectivités dans des affres pénibles et contre-productives, les poussant à interrompre leurs activités de terrain, privant la population de l’ensemble du territoire national d’une production artistique que les citoyens européens nous enviaient jusqu’alors.
Il est dit que 8 ministères seront impliqués dans le financement  (10 millions d’euros) et l’animation des dix mesures du conseil, ministères dont une grande partie et non des moindres (Culture, Education Nationale entre autres) voient leur budget se rabougrir année après année.
Il est parfois difficile de trouver une cohérence dans tout cela.
En conséquence, et malgré notre intérêt certain pour les initiatives du Conseil pour la Création Artistique, nous devons manifester notre crainte que l’énergie consacrée à ces dernières ne se fasse au détriment de la politique culturelle générale de l’Etat et de ses devoirs en la
matière.

Ceci reviendrait à -qu’on nous pardonne l’expression- « déshabiller Pierre pour revêtir Paul d’une seule chaussette » et constituerait un condamnable tour de passe-passe, d’assez mauvaise facture « artistique » en l’occurrence, et une rupture brutale avec le contenu des entretiens de Valois.
L’Etat peut-il se renier à ce point ?

Voir encore le blog de Pascal Chevereau, secrétaire national du Syndicat des musiques actuelles et Président de la Ligue d’Auvergne de Badminton.

 

= = = = =


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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Humeurs
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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