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20 mai 2006 6 20 /05 /mai /2006 15:59

Entre ici Hubert Gignoux !!!

Faute de pouvoir agir, l’Etat précaire occupe son temps de répit  à « panthéoniser ".

Le ministre des Beaux Arts et des beaux artistes, des décorations et des communiqués nécrologiques, des célébrations nationales et des commémorations, Donnedieu de Vabres, lors de sa conférence de presse « théâtre » du 5 octobre 2005, se faisait lyrique pour nous informer de sa « décision de fêter un très important et très émouvant anniversaire : celui de la décentralisation théâtrale ».

« C’est en 1946 que fut conçu le premier centre dramatique national, la Comédie de l’Est. J’ai donc choisi de célébrer le soixantième anniversaire de la décentralisation théâtrale, à Avignon, au cœur des manifestations que la direction artistique organisera pour la soixantième édition du Festival. (…)

Pour préparer ce moment, qui concerne l’art théâtral autant que la politique culturelle, un comité de pilotage sera mis en place dès le mois prochain, sous la présidence d’honneur de Gabriel Monnet qui a bien voulu accepter ma proposition. »

Entre Paris et Avignon et à condition de faire un sacré détour, il y a l’Indre et Loire (les terres du même de Donnedieu de Vabres). Et bien l’Indre-et-Loire ne sera pas en reste et va aussi "fêter" la décentralisation théâtrale.

« Animation

Fête de la décentralisation théâtrale

L'année 2006 marque le 60ème anniversaire de la décentralisation théâtrale, engagée après la seconde guerre mondiale. En effet, le théâtre et toute l'action culturelle étaient alors cantonnés à la seule ville de Paris. La fête de la décentralisation comportera plusieurs volets : la lecture des textes marquants de la décentralisation par des acteurs professionnels et amateurs, la projection de deux films sur écran géant, un banquet et un bal populaire.

Le Grand Pressigny

Renseignements au 02 47 94 96 82. »

(site du département d’Indre-et-Loire)

Par un rapprochement journalistique audacieux (ou dialectique), l’Humanité établit une relation entre la ministérielle fièvre commémorative (contagieuse, comme on vient de le voir) et le combat militant pour un retour au sens de la décentralisation théâtrale : l’éducation populaire.

« Sous le titre « Éducation populaire - avenir d’une utopie », dans un numéro spécial daté du dernier trimestre 2005, la revue Cassandre ouvre le bal de l’année du soixantième Festival d’Avignon. Ce n’est pas le Festival en soi qui sera la pierre angulaire de ce rendez-vous de l’histoire, mais plus largement le renouveau de la Libération qui s’est appelé « l’éducation populaire », « travail et culture », « peuple et culture », les appellations disant suffisamment ce qu’était l’objectif qu’un manifeste de 1945 caractérisait dans une formule : « rendre la culture au peuple et le peuple à la culture ».

Le mérite du numéro de Cassandre est de ne pas attendre, de ne pas en rester à la polémique, aussi légitime et salutaire soit-elle, et de charger la barque de la compréhension de l’histoire. En commençant par rappeler ce que fut cette « éducation populaire », cette fameuse décentralisation qui, contrairement aux idées reçues, n’était pas le fait de Vilar, en 1947, à Avignon, Festival d’été, mais d’un Hubert Gignoux, à Caen, ou d’un Jean Dasté, à Saint-Étienne. Par bonheur, des témoins sont toujours là, on a envie d’ajouter : et un peu là ! »

(Charles Silvestre, L’Humanité, 1’ janvier 2006.)

Il est vrai que l’éducation populaire (ou ce qu’il en reste) s’affranchit chaque  jour un peu plus de l’imbécile condescendance que lui opposent encore les lobbys de l’excellence artistique et les fonctionnaires chargés de la légitimation politique de la chose.

Cassandre-Hors Champs n’y est pas pour rien (comme quelques autres).

Mais s’agit-il d’un avatar du devoir de mémoire qui, comme les oboles faites aux caritatifs, a pour essentielle fonction d’apaiser notre mauvaise conscience ? Ou d’une fidélité capable de se remettre en question et d’inventer.

Les commémorations « nationales » c’est comme le beaujolais nouveau. Ca revient à date obligée, ça ne dure pas longtemps et c’est tant mieux parce que c’est plutôt imbuvable. Oublions au plus v ite les vielles outres de la piquette consensuelle, commémorative et répétitive.

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Notes de 2006
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  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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