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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 21:32

Un nouvel appel Impossible absence. Qui lancera l’alerte ? publié par Cassandre Hors-Champ et qui compte, parmi ses tous premiers signataires, une certaine Danièle Mitterrand.

L’absence actuelle de vrai débat public sur la place de l’art et de la culture dans notre société est un symptôme historique extrêmement inquiétant.

(...) 

Dans l’Europe néolibérale, un faisceau de signes innombrables converge vers la destruction de ce que nous appelons l’humain. Brutalité d’une main, propagande de l’autre, encouragement général à cesser de penser et échanger. Cet encerclement qui concerne tous les aspects de nos vies tend à faire de chacun un individu dénué de sens collectif. On peut s’inquiéter de ce qu’il adviendrait d’une civilisation déjà très altérée par un individualisme stérile, une fois amputée de ce qu’il lui reste de capacité à utiliser le symbole comme moyen d’échange et de construction d’une richesse culturelle commune.

À leur échelle, de nombreuses collectivités territoriales, avec des politiques qui prennent en compte différents niveaux de l’action artistique et culturelle et pallient les désengagements de l’État, tentent de résister à ce rouleau-compresseur. Comment pourront-elles agir demain, face à un gouvernement qui risque de les priver de toute marge de manœuvre en leur déniant la compétence culturelle ?

Il est temps de l’affirmer : nous avons ici des valeurs essentielles à défendre et à promouvoir.
Ces valeurs, ne doivent pas, sous peine d’effacement, se soumettre à la tyrannie du chiffre. Voici un débat public qui mérite vraiment d’être ouvert !

L'appel et les signataires.

 

Par ailleurs, pour suivre le fil de ma note précédente et en remerciant de nouveau mon aimable informatrice, voici le texte de l’allocution d’ouverture aux Biennales Internationales du Spectacle de Nantes, prononcée le mercredi 20 janvier dernier par  Jacques AUXIETTE, Président du Conseil Régional des Pays de la Loire. Extrait :

Ainsi, à mon sens, ce débat sur la compétence générale ne peut se résoudre à de petits compromis qui ont tendance à opposer les uns aux autres : lorsque l’on nous propose in extremis une exception pour la culture afin peut-être d’éviter trop d’agitation, tout en laissant de côté d’autres secteurs, je pense au sport ou à l’éducation populaire, cela revient à diviser les forces de cohésion sociale, là où leurs intérêts convergent. Leurs intérêts sont même interdépendants en termes d’emplois, d’activités et c’est ensemble qu’ils participent à l’intérêt général.

Parallèlement, cette exception qu’on accorderait in extremis à la culture, ce qui déjà démontre pour le moins la confusion de la réforme à venir, cette exception qui n’a par ailleurs rien de garantie, que permettra-t-elle si les collectivités sont mises sous tutelle ?

Qu’apportera-t-elle si l’autonomie fiscale des régions passe sous le seuil de 10 %, le reste reposant sur des dotations fixées par l’Etat ?

Qu’apportera donc cette exception si à côté de collectivités cornaquées, l’Etat glisse sur la pente que façonne l’effritement de son intervention culturelle ?

(…)

Je crois pour ma part que nos collectivités agissent bien plus en cohérence qu’on ne le dit. L’argent public y est dépensé beaucoup plus rigoureusement qu’on ne le prétend. Nous ne sommes ni des sous-traitants de l’Etat, ni des sous-produits, ni des prestataires de service de l’Etat.

Télécharger le texte du discours : Téléchargement Discours Jacques Auxiette BIS 2010.

* * * *

Pompougnac 12     

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac
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MHR 11/02/2010 16:04

"Quelle nuit cette nuit déjà lointain souvenir,
désormais sans liens nous avancerons,
sur toutes les voies ouvertes au vent,
au milieu de tant d'astres éclatés,
Pour retrouver un sol où fondre et refleurir."

François Cheng

ep2c 10/02/2010 10:39

Dois-je me sentir coupable? Ces textes généreux et généraux, ces manifestes pleins de bonne volonté culturelle m'ennuient... Je me pose d'autres questions comme : faut-il dire "Perdre la vie" ou "Trouver la mort" ?

RB 10/02/2010 09:06

Devrais-je m'étonner de ne pas vous vous trouver parmi les signataires...?

Présentation

  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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Profil

  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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