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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 17:20

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Le modèle des politiques culturelles est aujourd’hui à la fin d’un cycle. Cette situation se caractérise notamment par l’essoufflement des méthodes et dispositifs classiques d’intervention publique dans un contexte de complexité croissante du jeu des acteurs et une tendance au reflux des financements publics. Conséquence ou évolution sociétale, l’intérêt général autrefois assumé symboliquement par l’État et relayé par les collectivités territoriales s’ouvre aujourd’hui à la société civile et plus particulièrement aux différents intervenants du champ artistique et culturel.

 

Ce n’est pas moi qui le dit mais l’Observatoire des politiques culturelles et le Réseau Culture 21 dans le texte de présentation d’un séminaire national de formation (de trois fois trois jours de janvier à mars 2011) qu’ils co-organisent Renouveler l’action publique : comment travailler ensemble autrement ?VOIR ICI.

  

 De mon point de vue, cet essoufflement ne date pas d’hier mail il explique pourquoi l’actuel locataire de la rue de Valois a besoin d’un nouvel oriflamme, d’un nouveau leitmotiv.

Il y a quelques mois déjà, il avait lancé l’expression « la culture pour chacun » et je n’y avais pas trop prêté attention estimant un peu vite que ça sentait la formule creuse et sans lendemain, lancée par un courtisan à court d’idées ou un conseiller un peu fatigué.

Erreur… il  y revient l’obstiné, par exemple lors de da rencontre avec les Préfets de Région que j’ai déjà évoquée ici même.


Je souhaite maintenant aborder les enjeux culturels prioritaires pour les territoires, au premier rang desquels se situe l’ambition de la « Culture pour chacun ». La crise économique et sociale que nous traversons pose à nouveaux frais la question du « faire société ensemble » alors même que s’accentue l’individualisation des pratiques, y compris les pratiques culturelles. Face à ce constat, la « Culture pour chacun » se veut une mobilisation des acteurs non seulement pour l’élargissement des publics mais aussi pour une adaptation de l’offre aux évolutions de notre société et au numérique. Je veux diriger résolument les efforts du ministère vers une culture partagée et diversifiée qui ne laisse à l’écart aucun territoire, aucun groupe social, aucune classe d’âge. Il ne peut y avoir de démocratisation culturelle sans créer les conditions pour une appropriation des oeuvres par le public.


Au-delà d’actions fortes réalisées depuis plusieurs années, - l’éducation artistique et culturelle ou la gratuité pour les jeunes dans les musées - j’entends mener un travail de fond. Vous êtes au coeur de cette ambition, car vous êtes les chefs d’orchestre sur le territoire de l’ensemble des politiques de l’Etat. La culture doit être reconnue comme un facteur essentiel du développement local, comme l’a rappelé le Président de la République à Metz récemment. C’est grâce à vous que les expériences les plus novatrices pourront être valorisées.
Un Forum national de la culture pour chacun sera organisé en début d’année prochaine, dont le contenu sera nourri des forums régionaux que je souhaite voir organisés en région cet automne. Je vous remercie par avance de l’appui que vous apporterez à leur réalisation, qui permettra de reconnaître et de mettre en réseau ceux qui font de la culture un horizon partagée et une ambition collective.
J’ajoute qu’un plan d’action pour le monde rural est en cours de réalisation dans le cadre du Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel que je préside.

 

En réalité, cette ambition de la « culture pur chacun », d’une originalité stupéfiante (il ne peut y avoir de démocratisation culturelle sans créer les conditions pour une appropriation des oeuvres par le public -SIC) c’est du lourd à tel point que comme me le signalait au début de l’été, un ami qui  travaille toujours au ministère, la cabinet de Frédéric Mitterrand a lancé la chasse aux références théoriques et aux argumentaires qui viendraient appuyer cette lumineuse intuition qui entend substituer la « culture pour chacun » à la « culture pour tous ».

Le même ami aurait d’ailleurs suscité des sentiments assez mitigés au sein dudit cabinet en en fournissant une,  de référence,  à la « culture pour tous »… et pas des moindres. Je cite :

 

La maison de la culture est en train de devenir – la religion en moins – la cathédrale, c'est-à-dire le lieu où les gens se rencontrent pour rencontrer ce qu'il y a de meilleur en eux.

Comprenons bien que chaque fois que nous faisons dans une ville moyenne, une maison de la culture, nous changeons quelque chose d'absolument capital en France.

Alors, je sais que tout ce que nous faisons ne dépend pas que de vous, mais comme nous serons amenés à le faire ensemble, il est bon que vous le sachiez.

Vous aurez, nous dit-on, quatre, cinq ou six maisons de la culture avec le Ve Plan. Mais il ne s'agit pas du tout d'avoir quatre, cinq ou six maisons de la culture. Il ne s'agit pas d'avoir une jolie maison à Amiens où nous mettons des Fragonard. Il s'agit de faire ce que la IIIe Républi­que avait réalisé, dans sa volonté républicaine, pour l'enseignement ; il s'agit de faire en sorte que chaque enfant de France puisse avoir droit aux tableaux, au théâtre, au cinéma, etc., comme il a droit à l'alphabet.

Tout cela doit être conçu fortement ! Il y a deux façons de concevoir la culture : l'une, en gros, que j'appellerai « soviétique », l'autre « démocratique », mais je ne tiens pas du tout à ces mots. Ce qui est clair, c'est qu'il y a la culture pour tous et qu'il y a la culture pour chacun.

Dans l'un des cas, il s'agit, en aidant tout le monde, de faire que tout le monde aille dans le même sens - dans l'autre cas, il s'agit que tous ceux qui veulent une chose à laquelle ils ont droit puissent l'obtenir.

Je le dis clairement : nous tentons la culture pour chacun.  

André Malraux : Présentation du budget de la culture à l’Assemblée nationale  (27 octobre 1966).

 

 

A suivre ...

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Humeurs
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  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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