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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 09:26

theatredeuxrives.jpgQuan

d la culture pour chacun fait des vagues.

J’emprunte ce beau titre à Philippe Ripoll 

 Dans l’un de ses blogs, il relate sa participation à un événement organisé le 16 décembre dernier.

Le jeudi 16 décembre se tenait au théâtre des Deux Rives, organisé par la Direction régionale des affaires culturelles de Haute-Normandie, un de ces forums régionaux préparatoires à un forum national convoqué par le Ministère de la culture en février 2011, dont le titre est : la culture pour chacun.

Arrivée au Théâtre des Deux rives.

Gérard Marcon, directeur de la Foudre (Scène Nationale de Petit-Quevilly et Mont-saint-Aignan), distribue à l’entrée, dans le froid, le polycopié de l’article de Jean-Pierre Vincent, « Chacun pour soi, ou L’art pour personne » à paraître prochainement dans le Monde (on n’a encore rien vu venir).

 

[Il a été publié depuis, VOIR ICI, note de La Cité des sens].

 

Ce texte, écrit au nom du Syndeac, syndicat national des directeurs de centres dramatiques nationaux, scènes nationales, et autres entreprises artistiques et culturelles subventionnées par l’Etat est une réaction vive au texte « Culture pour chacun, programme d’action et perspectives » servant de base à l’initiative de Frédéric Mitterrand de réorienter les missions du Ministère de la Culture.

Si j’avais été plus attentif à l’invitation qui m’était faite, plus attentif à l’actualité politico-culturelle, j’aurais sans doute refusé.

Mais quitte à être là, dire ce qu’on peut, avec l’énergie qu’on a, et le moins mal possible.

Quitte à être là ? non. Il me fallait bien être là, car les thématiques, les inspirations de ce texte ministériel semblent en proximité avec ce que je fais, comme beaucoup (?) d’autres artistes, acteurs. Semblent. C’est bien tout le problème.

(…)

Philippe Ripoll nous livre donc la teneur de l’intervention qu’il a faite, à Rouen, ce jour là.

 

Mon grand chantier actuel est une résidence d’écrivain entre les quartiers de saint Denis dans le 9.3 et le Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national implanté dans la commune, et actuellement dirigé par Christophe Rauck. (Je précise qu’on peut entendre en ce moment une série d’émissions de France Culture sur la Seine Saint Denis).

Je voudrais vous en lire comme la « Déclaration », déclaration que j’ai écrite dernièrement à la craie, avec des gens de la maison de la solidarité, sur le perron du théâtre, ce perron qui trône de façon caricaturale au-dessus d’un carrefour :

 

« La vie, l’art nous métamorphosent. Il ne suffit pas de le déclarer, il nous faut le vivre, patiemment, là où nous sommes, là où nous marchons. Que faisons-nous ? un chemin entre « habitants » et « artistes », un chemin, c’est-à-dire un poème. Tout simplement. Qui sommes-nous ? des gens, des « tout-venant », des immigré(e)s, des sans-abri : ce que nous sommes et serons tous bientôt. Que faisons-nous ? connaissance. Rien que ça. Intense, parfois à couper le souffle, parfois à reprendre souffle. »

Bref, c’est un « Chantier d’un livre » : une « Lettre aux acteurs avec portraits d’habitants de Saint Denis, du théâtre, du monde et du temps. »

 

Je choisis de ne pas rentrer dans le détail du dispositif, assez complexe, fait d’ateliers d’écriture, groupes de parole, entretiens, restitutions, performances…

J’ouvre juste une petite fenêtre, avec cet extrait d’un portrait, celui d’un algérien, hébergé d’urgence au F5 de la Maison de la solidarité.  (…)

 

Cette contribution relate Philippe Ripoll entendait faire écho c’est-à-dire déformation, du titre de cette table ronde : Quel sens donner aujourd’hui à la notion de culture populaire ? en demandant, sans prétendre répondre à une telle question, quel sens donner aujourd’hui à la notion de peuple dans l’art et dans la politique ?

Et il témoigne donc de son intervention artistique en citant de bons auteurs : Bruno Latour, Bernard Stiegler, Franck Lepage, Jacques Rancière… dans une analyse aussi sensible que pertinente qu’il faut lire en son entier sur son blog, l’un de ses blogs.

 

Je termine l’intervention sur ces mots :

 

Culture pour chacun : l’expression est au final très malheureuse et très symptomatique. Car derrière elle – et cela est pointé par Jean-Pierre Vincent – en dépit de ses bonnes intentions, et de son ancrage « malin » sur une citation de Malraux, par devers elle, on entend l’impitoyable « tous contre tous » et le malheureux « chacun pour soi » qui est le modus operandi du capitalisme…

 

Or nous entrons dans une ère post-capitaliste et dans une ère post-individualiste, où l’homme a besoin de se recomposer comme espace traversé et force transitionnelle. L’homme est une transition pour l’homme… c’est ce que toutes les grandes œuvres font entendre, ce que les grands artistes clament.

L’individu a été le concept brique de nos sociétés et reste une brique indispensable, mais nous avons besoin d’une nouvelle brique – qui a toujours déjà été là -, une brique post-individuelle qui nous fera sortir du capitalisme, ce dont nous avons tous besoin mais que nous ne savons absolument pas faire, parce que nous sommes encore hantés par les fantômes de la pseudo brique « collectiviste », et que nous sommes cois devant la non-alternative islamiste (islanihiliste ?).

 

L’homme est une transition pour l’homme, il n’est pas un loup pour l’homme. Nous avons faim, oui, mais c’est une faim de l’autre, non une faim de loup – faite pour dévorer, dominer, s’approprier, s’accaparer…

Je n’ai pas ajouté que l’art était la tablée même où mettre en œuvre cette autre façon de se nourrir de l’autre, et que le souci de la démocratie pour l’art s’annule si vous ôtez le souci de l’art pour la démocratie. J’aurais dû.

 

 

Petit complément d’information.

J’ai déjà évoqué ici  les conditions concrètes dans lesquelles les DRAC, sous l’œil vigilant de l’inspection générale de l’administration mettent en oeuvre le nouveau cours de la politique ministérielle. La DRAC Basse-Normandie n’est pas en reste si l’on en croit un article de La lettre de l’Etat en région qui évoque les réunions préparatoires à ce forum. Si vous voulez apprendre comment ré-écrire l’histoire, voilà une belle leçon de choses.

Lire l’article : La « culture pour chacun » à l’ère de la révolution numérique : une priorité pour la DRAC.   

 

Autre complément d’information

CD-ORG signale la publication du rapport d’activités de la DRAC Bretagne

En première page, sous le titre Démocratiser la culture, on peut lire : En 2010, l’action de l’Etat a été marquée par la traduction en région de la priorité ministérielle à la «culture pour chacun».

En tout cas publier le rapport d’activité 2010 avant que le Père Noël ait eu le temps de passer par la cheminée, ça s’appelle performance des services publics. Et ça mérite mieux qu’une prime de recteur. Ne me dites pas que c’est lié au changement de DRAC, je ne vous croirai pas.

 

* * * * * *

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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Philippe Ripoll 21/12/2010 15:28



merci à vous pour ce relais très rapide. comment avez-vous eu connaissance de ce blog obscur et du texte que je viens à peine d'y charger? Quant au titre de votre blog, il est superbe. Je
prendrai le temps de le visiter. (Avez-vous un moyen de supprimer les pubs qui viennent sérieusement le perturber?) Chaleureusement à vous, Philippe Ripoll.



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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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