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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 09:40

Sur son profil Facebook, mon ami Abraham Bengio qui outre ses nombreuses compétences et ses indiscutables qualités est aussi le personnage d’un roman de Jorge Semprun ce qui le rend, à mes yeux, plus immortel que n’importe quel(le) académicien (ne), a pris soin de faire figurer quelques citations bien senties.

 

Je les laisse à votre rumination pendant les deux semaines d’inactivité probable de ce blog. (Probable, car chacun connaît les ravages de l’addiction blogomaniaque).

 

« La culture exige ce pacte paradoxal : faire de la diversité le principe de l’unité, approfondir les différences non pour diviser mais pour l’enrichir encore plus. L’Europe est une culture ou elle n’est pas »

Denis de Rougemont, conférence européenne de la culture, 1949)


...« La culture doit devenir républicaine au sens étymologique du mot, c’est-à-dire qu’elle doit être partie intégrante de la chose publique »

Joanny Berlioz-Berrier, député de la Seine, rapporteur du budget des Beaux-Arts, 1937


"Le droit fondé sur la violence est fatalement condamné à la violence pour se maintenir. La logique veut qu'une société, quelle qu'elle soit, trouve les moyens de se conserver ; quand la société est contraire à la nature, elle ne se peut garder que par des lois contraires à l'humanité. Plus l'obéissance que l'on exige est difficile, plus la peine contre la désobéissance doit être impitoyable."

Victor Schoelcher

« La reconnaissance de la diversité se fonde sur l’idée que le pluralisme n’est pas un pluralisme temporaire. On n’est pas pluraliste jusqu’à un certain point, on n’est pas pluraliste en attendant que finalement les gens finissent par nous ressembler, on n’est pas pluraliste parce qu’il n’y a pas moyen de faire autrement. Il faut penser, à l’inverse, que le pluralisme est une valeur en soi. On est pluraliste parce que c’est un gain, on est pluraliste parce que nous sommes, ensemble, capables de construire une société, une société qui est ainsi plus riche, plus capable aussi de solidarité et de solidité qu’une société construite uniquement avec ceux qui vous ressemblent. Et au-delà même de notre société, il nous faut penser le pluralisme de l’humanité : le fait que l’humanité soit plurielle n’est pas une gêne, un handicap, une limitation, un défaut de l’humanité. C’est parce que l’humanité est plurielle, c’est parce qu’il existe une pluralité des cultures, des religions, des langues, des civilisations que l’humanité dispose d’une telle richesse. L’humanité progresse parce qu‘il y a de l’échange, du mouvement, de la traduction, du passage, d’une culture à l’autre. Si l’humanité était homogène, elle n’en serait sûrement pas parvenue à son actuel degré de développement »

Joël Roman, « Pluralisme et reconnaissance », in revue Diasporiques n°6 Nouvelle série, juin 2009, pp. 26-27

 

 

Pour faire bonne mesure j’en ajoute une déjà recopiée ici même :

 

 

« Nous sommes dans un pays qui a commencé son action culturelle par la conservation,  la protection des monuments, des institutions. Mais nous avons été très vite empêtres dans l’ambiguïté du mot culture. Durkheim définissait la culture comme les valeurs et les coutumes qui lient un groupe. Il faut rajouter à ce sens, comme Finkielkraut l’y incite, la transformation de l’héritage par la connaissance ou l’éducation. Lukacs a défini la culture comme « l’humanité de l’humain », propos terrible si l’on repense au moment où il a été écrit. A partir de ces définitions, je conçois la culture comme ce processus d’autocréation de l’homme par Ia culture, et j’essaie de travailler sur ce que cela signifie pour la démocratie. Il ne peut pas y avoir de projet de démocratie réelle s’il n’y a pas de place pour la culture et la création. L’Europe est une idée, non pas un territoire, c’est une véritable création qui doit, à mes yeux, se fonder sur ce que dit Lukacs.

Dans nos débats politiques, il faut que nous nous sentions obligés à un devoir d’humanité. La question est donc : quel statut donner à la création, et qu’entend-t-on par culture ? Après viennent les questions techniques de l’organisation du financement ».

 

C Trautmann : Lumière sur l’Europe, in Culture publique, Opus 3, Sens et Tonka éd., 2005

 

 

Enfin et surtout (traduction homologuée de last but not least)… vous ne manquerez pas de lire et de méditer le remarquable travail réalisé pour la FNCC par Vincent Rouillon.

 

J’ai trouvé ce document sur l’excellente veille assurée par François Deschamps.

 

 

La place de l'art et de la culture dans la construction de notre civilisation (04/08/2010)

 

Date de mise en ligne : 04/08/2010.

Rubrique : A lire

Métiers : Culture

Pour préparer la rencontre des associations d'élus du 16 juillet à Avignon, Vincent Rouillon pour la FNCC a recueilli le point de vue de 26 acteurs culturels (élus, directeurs de structures culturelles, un représentant d'une association d'éducation populaire, un spectateur..) sur la « la place de l'art et de la culture dans la construction de notre civilisation » (pdf, 68 pages).

 

Le document en format pdf est à cette adresse : http://www.villesmoyennes.asso.fr/upload/Entretiens_pr__alables_pour_Avignon.pdf

 

 

 

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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