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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:45

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Je publie de nouveau ici le commentaire que Claude Patriat a bien voulu apporter à ma note du 28 février dernier.


Je voudrais réagir sur les positions largement reprises ici et là aujourd'hui de Jean-Michel Lucas. Plus que jamais la culture a besoin de débat, et la diversité des points de vue en est une condition. Il ne s'agit donc pas de contester les lignes de départ de ce défenseur inlassable des droits culturels et de la diversité culturelle : il ne fait en l'occurrence que renouer avec un vieux corpus qui est commun à tous ceux qui combattent pour le développement culturel et qui refusent de réduire la culture à un héritage, à la circonscrire à des œuvres « légitimes ». Parce que la culture est, selon l'heureuse formule de Jeanson, « un choix, un refus d'admettre que l'homme est le produit des produits de l’homme ». Mais il en va de la diversité des points de vue comme de la diversité culturelle : elle s’inscrit dans une dialectique qui amène à une réflexion globale, sans laquelle elle ne reste que cacophonie. Surtout, s’il est nécessaire de la poser comme point de départ, elle n’a des chances d’être effective que si face à ces droits culturels proclamés, il y a la reconnaissance d’un devoir de culture supporté par le politique. Or, c’est à cet endroit que nous rencontrons aujourd’hui un problème.

Francis Jeanson, il y a maintenant 44 ans, avait parfaitement analysé cette question. Dans une intervention à la réunion des experts à l’UNESCO sur le thème « Les droits culturels en tant que droits de l’homme », en juillet 1968, il relevait : « Il y a deux types d’action concernant les droits culturels : il y a un type d’action qui consiste à essayer de faire enregistrer les droits théoriques et celui qui consiste à essayer de faire entrer ces droits dans la réalité, peut-être même avant qu’ils aient été enregistrés dans des textes officiels. Je dis que si les deux types d’action ne sont pas au moins simultanés, il risque bien de ne rien se passer. Je parlerais plus volontiers, pour ma part de culture en termes d’action culturelle. »

Ainsi, afin d’éviter la tentation incantatoire aussi bien que l’indifférence normalisée, conjuguons nos préoccupations en rassemblant nos forces dans une action commune pour faire reconnaître par les politiques non pas simplement les droits culturels, mais leur mise en œuvre effective. C’est ce que nous tentons d’affirmer, avec Jean Caune et Isabelle Mathieu, dans le manifeste « Devoir de Culture ».

 

Claude Patriat

 

J’en profite pour signaler que le site dédié au manifeste « Devoir de culture » a accueilli de nouvelles contributions :

 

Pour une éthique des arts mitoyens par Jean-Paul Rathier.

Inverser l'accès à la culture par Alain Manac'h

et un extrait du Projet socialiste pour la France des années 80, Paris, Club Socialiste du Livre, 1980, pp. 279-283.

 

et s’est trouvé enrichi de ces deux précieux commentaires de Jacques Rigaud :

 

J'ai lu avec un vif intérêt l'article de Claude Patriat dans La Croix du 24 février. c'est un excellent résumé de la grandeur et de la décadence de la politique culturelle, avec un juste hommage à la période DUHAMEL que j'ai vécue de près. Le vide de la campagne présidentielle sur le thème de la culture est désolant, alors que comme le dit très bien Patriat, la culture n'est pas seulement un secteur de l'action publique mais une de ses dimensions. J'aimerais poursuivre le dialogue avec Claude Patriat. Jacques Rigaud.

 

Commentaire n°7 posté par Jacques RIGAUD le 25/02/2012 à 21h04

 

Présent à divers titres sur le champ de la culture depuis plus de quarante ans, je ne peux qu'adhérer sans réserve aux idées exprimées par "Devoir de culture". La culture n'est pas seulement un secteur, mais une dimension de l'action publique, que ce soit au niveau de l'Etat ou à celui des collectivités territoriales. Elle transcende heureusement les clivages politiques. On attend des candidats à l'élection présidentielle de véritables propositions et des engagements sur ce plan, car c'est au sommet de l'Etat que se situe la source même de l'engagement public en faveur de la culture.

 

Commentaire n°8 posté par RIGAUD Jacques le 29/02/2012 à 17h22

 

A lire ici.

 

S’agissant de Jean-Michel Lucas, un rappel :

 

Rencontre-débat : « Culture et développement durable : il est temps d’organiser la palabre ! »

Jeudi 15 mars 2012
De 17h30 à 20h
à La Bellevilloise
21 rue Boyer
75020 PARIS
Métro : Gambetta ou Ménilmontant
PAF : 3 euros

 

Dans la réflexion sur le développement durable, la culture prend, depuis quelques années, une place de plus en plus centrale dès lors qu’on dépasse le simple aspect “environnemental". Son apparition dans l’Agenda 21, son affirmation comme quatrième pilier du développement durable, la Convention de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, l’affirmation des droits culturels,… tout un ensemble de réflexions et de textes ont ouvert une nouvelle voie qui rend à la culture sa dimension transversale dans les politiques publiques.

Mais cette responsabilité du secteur culturel est-elle bien entendue, partagée et appliquée ? Si la culture est une condition sine qua none d’un véritable développement durable humain, dans quelles conditions peut-on faire pleinement exister les principes de droits culturels ?

Comment cette question est-elle posée, tant aux acteurs qu’aux pouvoirs publics, et à la société en général ?

Dans son ouvrage Culture et développement durable, Jean-Michel Lucas propose des pistes de réflexion pour ouvrir la discussion. Venez échanger et débattre, pour commencer ensemble, à organiser la palabre !

Débat animé par François-Xavier Ruan

Autour de Jean-Michel Lucas
auteur de Culture et développement durable, il est temps d’organiser la palabre (éditions Irma, 2012), maître de conférences à l’université Rennes 2 Haute-Bretagne.

Avec la participation annoncée de :

 Ferdinand Richard, fondateur de l’A.M.I, pionnier de la Friche La Belle de Mai, expert de la commission « Agenda 21 de la Culture » de CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis). 
 Philippe Berthelot, président de l’Ufisc et directeur de la Fédurok 
 Nelly Lopez, chargée de la culture, confédération des MJC de France 
 Chantal Latour, ancienne coordinatrice de Futurs composés 
 Myriam Faivre, directrice de la CAE Clara (sous réserve) 
 Association 4D, Dossiers et débats pour le développement durable (sous réserve) 
 ….

A l’issue de la rencontre, nous vous proposons de continuer la discussion autour d’un cocktail.

INSCRIPTION EN LIGNE

 

 

 

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La lettre du réseau culture sur Territorial.fr


Le "netvibes" de l'Observatoire des politiques culturelles


Les net-actualités sur le site d'Arteca 


Le tableau de bord des Think tank (Netvibes)


Le calendrier francophone en sciences humaines et sociales, Calenda


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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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