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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 14:57

  SGN 4

 

 

Dans une récente livraison de Territorial.fr, François Deschamps, le président de l'association nationale Culture et Départements, s'interroge :

 

A force de ne pas être publié, le Rapport de Jérôme Bouët au Ministre de la Culture : « 21 propositions pour relancer le partenariat entre l'Etat et les collectivités territoriales dans le domaine culturel», daté d'octobre 2010, finit par circuler de plus en plus au sein des DRAC, des associations d'élus et de professionnels.

Est-ce une nouvelle méthode de diffusion de l'information ? Cela bloque-t-il quelque part ? L'analyse de votre chroniqueur culturel préféré, en possession du fameux Rapport (qui n'a rien de révolutionnaire et dont "les mesures peuvent paraitre techniques" s'en excuse presque son auteur), est donc prête. Mais beau joueur, il attendra lui aussi (un peu...) avant de la rendre publique. 

 

Notons au passage que la même situation prévaut pour le rapport de l’Inspection générale de l’administration des affaires culturelles consacré aux EPCC, livré depuis des mois, toujours pas diffusé officiellement, alors qu’il circule largement.au prix, d’ailleurs, de quelques dégâts collatéraux ! Pour en revenir au commentaire de François Deschamps :

 

Ses propositions, sur lesquelles nous reviendrons donc prochainement, "tiennent compte d'une réalité, la formidable montée en puissance des collectivités, l'importance des moyens qu'elles consacrent à la culture, leur créativité, leur capacité à relier la culture à d'autres enjeux économiques et sociaux", est-il écrit en conclusion. Cela faisait longtemps qu'une parole officielle au sein du Ministère de la Culture n'avait pas replacé le partenariat culturel avec  les collectivités au centre de la responsabilité de l'Etat.

Et si le Ministère de la Culture doit saisir toutes les opportunités d'élargir sa relation avec la population, c'est « sans renoncer bien entendu à la politique de l'offre qui est sa raison d'être ». En ce qui concerne « l'ambition démocratique » (le développement des publics et des pratiques culturelles), il est écrit (p 26) que  « le jugement porté sur le travail accompli en la matière depuis 30 ans parait inutilement sévère. On ne devrait pas sous-estimer les résultats obtenus. Ce qui manque, c'est la circulation d'information sur les bonnes pratiques ».

On sent-là comme une différence d'appréciation avec « d'autres démarches de réflexions et de propositions [qui] sont en cours au sein du ministère à ce sujet ». Seraient-ce celles qui insistent au contraire sur « le résultat décevant des politiques de démocratisation » pour mieux mettre en avant le concept de « culture pour chacun » ? La suite sur Territorial.fr

 

On lira également avec intérêt l’entretien avec Henri Colomb du même François Deschamps publié sur la Lettre du cadre.

 

 

 

La crise économique est maintenant ancrée dans le paysage français depuis plus de deux ans. Qu'est-ce que cela change dans la politique culturelle des collectivités locales ?

La spécificité des politiques culturelles des collectivités est qu'elles dépendent de compétences qui, pour beaucoup, ne sont obligatoires pour personne. Les collectivités peuvent donc tout faire ou ne rien faire. C'est un problème de volonté politique et de moyens budgétaires.

Il y a eu un engouement pour les politiques culturelles et un développement fort depuis le début des années soixante-dix. Aujourd'hui, avec la crise financière, ce domaine de l'action publique en est fragilisé. Il faut dire aussi que les acteurs culturels n'ont pas forcément souhaité qu'il y ait beaucoup de lois et de normes encadrant le secteur culturel. Aujourd'hui ça se retourne un peu contre eux, d'où une crise de ce domaine qui va au delà des autres secteurs. La suite sur la Lettre du cadre


La question du partenariat entre l’Etat et les collectivités territoriales se pose dans un contexte qui évolue assez rapidement ces dernières années à mesure de l’affaiblissement de la capacité de l’Etat à mobiliser autour de ses stratégies. En témoignait, l’été dernier, cette grande première que fut la déclaration d’Avignon  Pour une république culturelle décentralisée : l’engagement solidaire des collectivités territoriales.
En témoigne aujourd’hui ce communiqué d’Europe Ecologie Les Verts, « jeune » formation politique dans le champ clos du débat sur les politiques culturelles.

 

Communiqué de presse  d’Europe écologie / Les Verts du 19.01.2011

A quelques semaines d’un forum national programmé à partir d’une notion lancée à la va-vite, « la culture pour chacun », accompagnée d’une note indigente en septembre 2010, la politique culturelle n’échappe pas à la stratégie de communication démagogique et vide de sens qui rythme la politique de Monsieur Sarkozy et de ses gouvernements ! Après la stupéfaction des artistes et des professionnels à la lecture de « la lettre de mission du Président à Madame Albanel », après l’échec des Entretiens de Valois et la mise en place d’une institution alibi « le Conseil national de la création artistique », le nouveau coup porté aux politiques culturelles est, cette fois encore, inquiétant : alors que de nombreuses structures culturelles et socioculturelles ont vu leurs moyens amputés ces dernières années par le Ministère (sur la ligne budgétaire BOP 224), le Ministère tente sournoisement de récupérer les actions Culture à l’hôpital, Culture en prison ou en direction des personnes en difficulté, pour maquiller un slogan qui prône l’individualisme et la consommation culturelle au détriment des processus d’émancipation et de construction du lien social. Point n’est besoin de longtemps disserter sur le caractère dangereux de l’expression « la culture pour chacun » dans notre société contemporaine : les services de l’Etat eux-mêmes sont embarrassés, les institutions issues de la décentralisation théâtrale et culturelle s’indignent à juste titre du renoncement à la dynamique de la démocratisation culturelle qui a fait consensus depuis Jean Vilar et les mouvements d’éducation populaire sont atterrés du sort fait à la démocratie culturelle ! Le Ministre de la culture ne pouvait pas faire moins consensus que cela ! L’expression n’est pas innocente, elle traduit au fond la volonté de rupture du pacte républicain construit à partir de notre politique culturelle depuis la révolution française. Depuis une décennie, il n’y a plus de pilote dans « l’avion Ministère de la culture » : impasse, essoufflement, malaise, crise qualifient les analyses des intellectuels qui se soucient de notre système culturel national. Pourtant les innovations et les engagements des artistes, des professionnels de la culture, des grandes institutions comme des équipes indépendantes sont nombreuses et fructueuses dans les territoires. Les collectivités locales appelées à soutenir ont augmenté leurs efforts pendant que l’Etat se désengageait sournoisement invoquant des raisons mortifères : compétitivité, efficacité, RGPP, rémunération au mérite, repli national, rayonnement de l’identité nationale … Dans ce monde mondialisé, l’ensemble de la population a soif de sensible, les habitants de nos territoires ont plus que jamais besoin des artistes et des responsables de lieux de partage de culture pour appréhender individuellement et collectivement la société dans laquelle ils vivent. Du côté de l’Etat, encéphalogramme plat ! Il devient urgent de refonder notre contrat culturel ; cela passe effectivement par des concertations au niveau régional qui rassemblent Responsables culturels, Artistes et leurs représentants, Elu(e)s locaux, Citoyen(ne)s et Responsables associatifs autour d’une démarche ouverte qui favorise la diversité des approches, se donne le temps et les moyens de co-construire une nouvelle dynamique nationale qui tienne compte des changements sociétaux et écologiques locaux et globaux, à l’instar des démarches d’Agenda 21 de la culture.  Les écologistes sont aux côtés de celles et ceux qui dénoncent la politique néolibérale, de l’individualisme et du laisser-faire de Monsieur Sarkozy. Le Ministère de la culture tente en dernière instance de rebaptiser son slogan en « culture pour tous, culture pour chacun », mais les militant(e)s et les élu(e)s d’Europe Ecologie – Les Verts ne sont pas dupes et se mobiliseront lors des manifestations prévues à la Grande Halle de la Villette et dans les régions, le 4 février prochain, et être force de nouvelles propositions.

Europe Ecologie / Les Verts

 

 

La tension s’accroît donc entre le discours d’un Etat qui abuse paresseusement des artefacts d’une sociologie des inégalités d’accès à la culture et les argumentaires construits à partir de l’action conduite sur des territoires. Le grand risque pour une juste perception de cette situation qui se délite à grande vitesse sous nos yeux serait de croire qu’elle est radicalement nouvelle, d’oublier qu’elle s’inscrit dans une configuration historique et politique. La méconnaissance du passé est un des symptômes de l’inculture, sa falsification un des emblèmes du pouvoir. La pratique du storytelling par les princes qui nous gouvernent repose sur une instrumentalisation de notre histoire collective : on aurait tort d’accepter de débattre sur un terrain balisé par les approximations "théoriques" ou les manipulations du passé.

 

(à suivre)

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Divergences
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Jean-Claude Pompougnac 21/01/2011 18:54



Comme dit la chanson : A la Villette on tranche dans l'art!



loizo 21/01/2011 18:48



Pour info, le SYNDEAC appelle à manifester le 4 février à la Villette


voir ici :  http://www.syndeac.org/site/article.php?nkv=cGFnZT0xJmlkPTEwMzU=


A+


Loizo


 


 



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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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