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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 11:02

Dans le prolongement de ma précédente note, je signale la publication, sur le site de l’Observatoire des politiques culturelles de la synthèse du colloque : 

 

Décentralisation et culture. Quel devenir pour les politiques publiques ?


Outre les exposés et la table ronde introductifs, cette rencontre a comporté cinq ateliers :

Quelles politiques culturelles dans un cadre de coopération interterritoriale renforcé ?

Concertation et participation : nouveaux points d'appui des politiques culturelles ?

Communes, Métropoles, Départements, Régions. Les échelles de développement culturel territorial en question

Transversalité et culture : Quel état d’esprit, quelles politiques, quels outils promouvoir ?

Création, innovation, émergence artistique et territoires : quelle coopération interprofessionnelle et interterritoriale ?

 

J’ai participé au second qui reprenait la question de l’articulation entre les modes d’action des puissances publiques (juxtaposition, rivalités, concurrence et compétition, partenariats plus ou moins obligés ou véritable coopération… ?) et la participation (des citoyens, des habitants, des usagers, des « gens »… ?) ; questions largement débattues dans les travaux de l’Institut de coopération pour la culture et au fondement de certains des nouveaux modèles pour les politiques publiques de la culture.

Brefs extraits de la synthèse de cet atelier.

 

 1- Le changement de paradigme

 

Globalement, les participants ont expliqué leur démarche de concertation et de dialogue à l'échelle de leur action. A travers les échanges et lors des différentes présentations, ils prennent acte d'un changement de paradigme dans la façon de travailler avec les acteurs et le territoire. Si ces démarches permettent d’œuvrer à la construction de l'intérêt général, elles forgent aussi une nouvelle légitimité de l'action publique. Elles ne se cantonnent plus seulement au développement culturel ou à la démocratie culturelle. Ainsi, l’attention portée aux droits culturels permet à la culture de se déployer au sein de différents services d'une collectivité territoriale (l’exemple nous est donné avec l’action du Conseil général de l’Ardèche). 

 

Ces démarches et ces postures ne sont pas seulement des réponses à des budgets contraints ; elles deviennent une conviction partagée par les participants qui ne veulent plus faire comme avant et souhaitent renouveler les démarches, les outils et les méthodologies pour élaborer autrement des politiques culturelles. Les dialogues et les échanges exprimaient ce souhait de « tourner la page » et de présenter les expériences en cours de développement sans ambages.

(…)

2- Les méthodes de travail

 

Trois préoccupations ont ponctué les débats : la nouvelle complexité des méthodes de travail, la temporalité des processus et la gouvernance des démarches. Une perspective pourrait se dégager concernant le soutien et le développement de ces pratiques afin de les capitaliser et de les intégrer de manière plus formelle dans la contractualisation même  des politiques culturelles.

 

Le temps comme processus

Cette nouvelle façon de travailler nécessite du temps pour arriver à modifier les postures des uns et des autres, apprendre à se connaître, à développer une certaine maturité dans les échanges, faire tomber les stéréotypes que chacun peut porter sur autrui... Avec ces démarches, le temps n'est plus un simple calendrier, il devient un processus au service de la démarche, une donnée incompressible à prendre en compte en amont des dispositifs. Cette question de la temporalité dans les différentes étapes du processus nécessite alors un traitement équitable en direction des différents acteurs sur un territoire.

 

(…)

Plus globalement, à travers les discours, on perçoit que les conditions de réception d'une nouvelle approche des politiques culturelles au sein des collectivités sont réunies. Les logiques de guichet semblent être dépassées et à ce stade des pratiques, une réflexion s'appuyant sur la capitalisation des démarches novatrices s'avère nécessaire pour les accompagner et les développer. Par ailleurs, une meilleure compréhension des processus convoqués par les procédures de concertation/participation permettrait de développer des connaissances pour concevoir plus finement les enjeux et l'impact de ces espaces de dialogue et de confrontation avec les acteurs et la société civile. Des critères déontologiques pourraient être posés lors de l'élaboration de ces procédures. Cette perspective d'une déontologie des pratiques de la mise en œuvre pourrait s'appuyer sur son corollaire, celui de l'éthique, s'appuyant sur un référentiel à construire, où la culture pourrait être considérée comme un commun, inséparable du droit, de la liberté, de l'égalité, de la justice, de la dignité et de la fraternité.

 

Extraits de la synthèse rédigée par Damien Tassin (Sociologue coopérateur, chargé des formations universitaires à Trempolino, Nantes)

 

Télécharger la synthèse du colloque sur le site de l’OPC.

 

 

La culture des précédents…

 

A propos du rapport au temps dans la conduite de ces « nouvelles » manières de travailler, je signale un intéressante interrogation sur la culture des précédents qui pointe les effets destructeurs des pratiques (et « théories » qui les accompagnent) trop focalisés sur la création et l’innovation.

Pourquoi y a-t-il si peu de « traces » de toutes les expériences qui ont eu lieu depuis des décennies ? Pourquoi tous ces collectifs autogérés se préoccupent-ils si peu de laisser des traces, pour eux-mêmes et pour les autres ? Quelle transmission est-elle possible ? Enfin, quelle démarche pour créer, collecter, élaborer ces traces ?

Encore une fois, on pourra juger ce travail trop rapide (il s’agit d’un travail de réflexion sur le fonctionnement de dix collectifs autogérés, travail conduit par Benjamin Roux, travail de "mise au propre" d’un temps réflexif personnel sur ses pratiques et sur des pratiques collectives). ..

Le texte de Benjamin Roux est à télécharger sur le site Autogestion.coop

 

A signaler, dans une perspective voisine…

 Comment les projets artistiques qui portent une volonté de lien avec un territoire articulent dans leurs démarches les deux registres du singulier et du commun ? En quoi ces projets participent-ils au développement de la démocratie artistique ?

 

En 2011 et 2012, ARTfactories/Autre(s)pARTs a coordonné une recherche-action sur l’aire métropolitaine marseillaise. L’art en partage avait vocation à interroger la notion de démocratie artistique et culturelle et ce à partir de l’analyse, à la fois réflexive, « sensible » et politique, des pratiques d’un certain nombre d’espaces-projets. Marseille Provence compte en effet un nombre très significatif de démarches développant des pratiques artistiques innovantes sur des principes de co-production avec les habitants. Cette recherche-action a abouti à un temps fort de mise en visibilité (du 28 mars au 6 avril 2012). Les lieux ont ouvert leur porte, partagé et mis en débat, avec le plus grand nombre, des actions de création populaire. Puis, un atelier de réflexion (le 6 avril 2012), aux Bancs Publics, a proposé une remise en perspective de la notion de démocratie artistique. Ce paradigme a été questionné à partir d’une double entrée : la création partagée ; la relation au territoire.

 

On peut télécharger la synthèse de cette démarche sur le site d’ ARTfactories/Autre(s)pARTs

 

 

Toujours à propos des discours sur la participation citoyenne…

 

La Fondation de France propose de soutenir des démarches participatives innovantes dans leur méthode et qui donnent à chacun le pouvoir d’orienter, de décider et d’agir au service de la collectivité, quel que soient leur territoire ou leur champ d’action.

 

Pour lire l’argumentaire de la Fondation, c’est par ici…


 

vintage 78 

 

 

 

 

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Fils d'actualités très vivement conseillés :

 

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Les net-actualités sur le site d'Arteca 


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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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