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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 18:29

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Ici même, on a déjà parlé des GRECs.

Pas ceux qui font la triste actualité d’une Europe à la recherche de nouveaux équilibres, non les GRECs des groupes d'études et de recherches sur la culture qui réunissent des fonctionnaires travaillant dans le domaine de la culture.

Dont on peut d’ailleurs se demander s’ils vont continuer à s’avancer masqués comme ils le faisaient légitimement sous l’Ancien régime.

Les lecteurs de ce blog ont sans doute vu ou lu la tribune qu’ils viennent de publier dans le Monde.

 

Les cent jours à venir vont déterminer la politique du ministère de la culture et de la communication du nouveau gouvernement. Les Groupes d'études et de recherches sur la culture (GRECs) décrivent les enjeux de cette période pour la nouvelle ministre. La culture est un symbole important pour la France et un grand atout, il faut donc transformer et "remobiliser un ministère en crise".

Autour des attributions du ministère, qui seront fixées par un décret, quatre défis se présentent. Tout d'abord, la mobilisation et la coordination d'autres institutions que l'école sont essentielles afin d'assurer une meilleure éducation artistique et culturelle. Pour cela, la création d'un conseil interministériel est nécessaire.

La préservation d'un lien fort entre la culture, la communication et les industries culturelles représente un moyen primordial pour la démocratisation de la culture. En même temps, ces secteurs peuvent s'enrichir mutuellement.

Aujourd'hui, la compétence sur la politique du cadre de vie étant partagée entre le ministère de la culture et celui de l'écologie, le travail des deux ministères est rendu compliqué par ce découpage. Un regroupement des compétences sous un seul ministère serait plus pertinent pour l'Etat.

De même, le rayonnement culturel français à l'international nécessite une meilleure articulation des compétences entre le ministère de la culture et de la communication et celui des affaires étrangères.
Le dialogue entre le ministère et ses partenaires étant indispensable, la ministre doit l'organiser et en définir une stratégie politique.


Lire l'intégralité de la note : "Cent jours pour la culture"

 

Les studieux, les laborieux, les scrupuleux,  ceux qui ne préfèrent ne pas  avoir la mémoire courte aimeront peut être à comparer les réflexions des GRECs avec cet autre texte qui, certes, date un peu mais est parcouru par un souffle politique dont on souhaiterait retrouver aujourd’hui l’enthousiasme, celui  des nouveaux départs.

 

L'exigence culturelle (…) ne se réduit pas, même si c'est évidemment nécessaire, à développer la fréquentation des théâtres, des musées et des bibliothèques. Elle ne sera satisfaite qu'à partir du moment où chaque individu disposera des moyens qui lui permettent de comprendre sa situation dans la société et d'y prendre ses responsabilités.

Pour (nous), la culture ne se limite pas à un marché pour consommateurs privilégiés. Pour (nous), tout ce qui concerne l'être humain est culturel et de ce point de vue (notre projet) est fondamentalement un projet culturel. Deux postulats doivent être pris en considération pour concevoir l'action culturelle :

a) La culture est globale : elle ne peut se limiter aux productions littéraires et artistiques mais concerne tous les secteurs de l'activité humaine.

Les travaux de production simples ou sophistiqués, de recherche, scientifiques ou techniques, les loisirs, les sports, et bien sûr ceux qui permettent la communication et notamment le système d'information, par ailleurs moyen privilégié de conditionnement dans une société oppressive, concourent à façonner « l'homme culturel » qu'est tout homme. 

b) La culture est une dimension de la vie : si le passé ne peut être ignoré qui conditionne la connaissance du présent, la conservation, l'étude et l'animation du patrimoine ne peuvent être dissociés de la création permanente. Celle-ci doit être le fait du plus grand nombre, amateurs et professionnels. Mais ces derniers, comme les autres citoyens, ont droit au travail. Ceci suppose de lever les obstacles économiques et politiques mis à leur activité.

Aujourd'hui, alors que les mutations s'accélèrent, que les problèmes acquièrent une dimension planétaire et que l'information est devenue instantanée, l'individu se sent perdu dans un monde incertain. Les médias l'assaillent de messages multiples et contradictoires. Ils lui montrent la complexité des problèmes mais ne lui donnent pas les moyens de sa compréhension. Ils l'affrontent aux difficultés, mais ne le mettent pas en mesure de trouver les réponses pour les surmonter.

Nous voulons passer de la culture de la passivité à celle de la responsabilité. Cela implique, pour chacun, l'intelligence de la situation dans laquelle il se trouve placé, la maîtrise de la connaissance, l'aptitude à l'initiative créatrice.

Pour (nous) il n'est pas de lieux ou d'institutions qui aient le privilège de la culture. C'est-à-dire que la réalisation de notre exigence culturelle va de pair avec l'ensemble des transformations sociales auxquelles s'attache (notre projet). Elle s'appuiera, en particulier, sur la démocratisation de l'entreprise, sur la réduction du temps de travail, sur le champ donné aux initiatives locales et régionales. Mais elle trouvera une traduction plus précise dans trois domaines importants : l'information, l'éducation et ce qu'il est convenu d'appeler l'« action culturelle ». Dans ces trois domaines, la politique du pouvoir actuel produit des effets néfastes. En matière d'information écrite, la plupart des grands quotidiens et hebdomadaires sont possédés par des groupes financiers tout dévoués au pouvoir, aux intérêts du système en place. (…) C'est d'un véritable quadrillage idéologique qu'il s'agit, dont trop peu de Français sont conscients.

Depuis plusieurs années on assiste à une entreprise cohérente et persévérante de démantèlement du service public d'éducation. Elle se traduit par une stagnation des moyens, un abaissement de la qualité, le recours à des procédures autoritaires. La majeure partie de la jeunesse est ainsi privée d'une formation intellectuelle et professionnelle indispensable : elle est exclue prématurément du système scolaire et souvent placée sous le contrôle de systèmes parallèles, notamment patronaux. L'objectif recherché consiste à adapter la nature de la formation aux besoins de main-d'œuvre déqualifiée et à soumettre très tôt les jeunes aux prétendues « valeurs de l'entreprise ».

En même temps qu'il organise la pénurie budgétaire, le pouvoir diffuse le cliché d'une éducation gaspilleuse et inefficace.

Dans les domaines de l'enseignement public, le pouvoir démantèle systématiquement les « enseignement spéciaux » (dessin et musique) qu'il considère comme non rentables dans un enseignement qu'il rabaisse dans toutes les disciplines à la diffusion d'un savoir essentiellement utilitaire. Les conséquences en sont :

- l'analphabétisme artistique de la jeunesse

- l'étouffement des talents

- la mutilation de la personnalité des jeunes

- la dégradation de l'environnement par suite de l'incompétence des responsables de la vie publique, et du manque de formation du public même

- la sélection des créateurs par l'argent (la formation n'étant plus finalement assurée qu'à une minorité par de coûteux cours privés).

En matière d'action culturelle et de création artistique enfin, le pouvoir liquide alors que seule une ambition à longue portée peut répondre à l'attente culturelle et apaiser la soif de tout un peuple.

( …)

Exaltant la rentabilité financière, l'industrie culturelle oriente les désirs vers la consommation passive de marchandises, source de profits pour quelques-uns, remède illusoire au mal de vivre du plus grand nombre. Elle invoque un prétendu « goût du public » qu'elle façonne pour son propre intérêt : la société marchande transforme progressivement l'ensemble des hommes en voyeurs de spectacles dérisoires qu'elle leur vend. L'exigence culturelle est réduite au besoin de distraction.

Contre cette politique de décadence, (nous donnons) à l'éducation, à l'information un objectif prioritaire : épanouir la liberté de création ; « faire des hommes et des femmes responsables ». 

 

Pour  en savoir plus sur ce texte,  je ne saurais trop conseiller la lecture de l’excellent blog qu’il a eu l’idée lumineuse de le remettre en circulation ?

C’est ici.

 

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Fils d'actualités très vivement conseillés :

 

La lettre du réseau culture sur Territorial.fr


Le "netvibes" de l'Observatoire des politiques culturelles


Les net-actualités sur le site d'Arteca 


Le tableau de bord des Think tank (Netvibes)


Le calendrier francophone en sciences humaines et sociales, Calenda

 

CD Org, la veille de Christophe Demay


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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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