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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 21:45

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Si l’on en juge par l’image  ci-dessus, l’article le plus fréquenté de ce blog ces 30 derniers jours est celui du 20 décembre 2012, Pour une nouvelle culture de l’action publique, celui où je diffusais le dernier texte d’orientation politique de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture.

 

Cette même organisation vient de publier le communiqué suivant

 

Sur la voie d’un approfondissement  de la co-construction  des politiques culturelles entre l’Etat et les collectivités territoriales.

 

 

Ces dernières années ont vu l’émergence d’une modification en profondeur des relations entre  l’Etat et les collectivités territoriales en matière de politiques culturelles. Malgré un héritage de forte  centralisation et à la faveur de la poussée progressive de la décentralisation depuis les années 80, la  collaboration entre le ministère de la Culture et les collectivités territoriales a pris une réalité  croissante d’autant plus significative que le domaine culturel apparaît comme l’une des matrices les  plus fertiles de la concertation entre l’Etat national et l’Etat local.

Ce changement de culture dans la gouvernance s’est en particulier traduit par la réactivation  du Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel (CCTDC) – une initiative dans  laquelle la FNCC a joué un rôle moteur. Plusieurs initiatives récentes vont également dans ce sens :

 

Lire l'intégralité du communiqué Janvier 2013 de la FNCC

 

 Comme je l’ai déjà fait au cours de la vie de ce blog, je saisis cette heureuse occasion  pour diffuser une très récente synthèse des analyses on ne peut plus éclairantes de Jean Michel  Lucas sur ces questions relatives au sens politique des politiques publiques de la culture.

 

COMMENT REPENSER LES MISSIONS DU SERVICE CHARGÉ DES ENJEUX CULTURELS PUBLICS ?

 

SYNTHÈSE DES INTERVENTIONS DE JEAN MICHEL LUCAS DANS PLUSIEURS COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

AU COURS DU DERNIER SEMESTRE 2012

 

Vous êtes engagés dans une réflexion sur les bonnes raisons pouvant consolider les missions publiques de votre service culturel. Je voudrais vous proposer d'abord d'examiner les argumentaires qui sont actuellement à votre disposition. Ce sera une revue très critique dont je déduirai la nécessité de penser autrement vos responsabilités culturelles. Je vous suggérerai alors d'ouvrir le chemin des droits culturels en centrant les activités du service sur les enjeux du « développement humain ».

 

Il y a, bien sur, d'autres bonnes raisons de justifier une politique culturelle.

L'une des pistes les plus prometteuses est celle qui associe la culture et le développement durable. Là encore, c'est du sérieux pour le futur des humains. La responsabilité publique n'est rien moins que d'éviter le désastre d'une humanité maîtrisant très mal le futur de la planète et qui doit impérativement laisser aux générations à venir de quoi « satisfaire leurs propres besoins ».

L'agenda 21 de la culture a synthétisé cette approche globale et donc complexe, en mettant l'accent sur l'exigence de co-construction de la politique culturelle, avec des préoccupations fortes de transversalité associant le secteur culturel avec les autres secteurs de la vie publique, avec l'ambition de couvrir l'ensemble du territoire (et pas seulement les centres des villes), avec l'impératif de solidarité et de vivre ensemble (ou de lien social ) et sans oublier la volonté de renforcer la démocratie dans l'élaboration, le suivi et l'évaluation de la politique culturelle.

Pour ma part, je considère que cette approche est très positive au sens où elle offre une base de légitimité pertinente aux politiques culturelles, dans un horizon élargi aux préoccupations planétaires de solidarité intergénérationnelle ( Penser global, agir local, pour aujourd'hui et demain).

 

Toutefois, j'ai observé deux phénomènes qui m'ont conduit à être extrêmement critique, mais pour la bonne cause, évidemment. D'abord, et cela n'a échappé à personne - l'équipe de Vincent Dubois l'a transcrite en livre récemment - l'idée de développement durable lié à la culture devient vite diluée dans la considération du développement de l'avenir du territoire. Aussitôt, la discussion sur la politique culturelle territoriale glisse vers les « clusters » et autres « quartiers de la création », comme on dit à Nantes, avec des événements phares qui attirent le regard et renforcent l'image de marque du territoire auprès des investisseurs. La machine à argumenter la politique culturelle tourne alors de mieux en mieux, mais elle n'a d'yeux que pour la mise en marchandises des objets du secteur culturel. Dans cette direction, se généralise l'argumentation des bienfaits apportés par l'acteur culturel à l'attractivité du territoire.

Cette légitimité de l'intervention culturelle est maintenant bien partagée par les élus comme par l'opinion, car il est admis que le secteur culturel recèle un grand réservoir de formes et d'idées nouvelles propres à relancer l'économie en crise. La culture et le développement durable n'ont plus aucun scrupule à devenir de la « croissance durable de l'économie », de « l'emploi durable », quand ce n'est pas du « tourisme durable ».

Regardons ces extraits d'une délibération de mai 2011 du Parlement européen, quasi unanime, qui « reconnaît l'impact, la compétitivité et le futur potentiel des industries culturelles et créatives en tant qu'important moteur de croissance durable en Europe susceptible de jouer un rôle déterminant dans la reprise économique de l'Union européenne ». Observons aussi que le Parlement européen « souligne que les industries culturelles et créatives contribuent souvent à stimuler la reconversion des économies locales en déclin, à favoriser l'émergence de nouvelles activités économiques, à créer des emplois nouveaux et durables et à accroître l'attractivité des régions et des villes européennes, dans un objectif de cohésion sociale et territoriale »

 

Je suis toujours impressionné ( lire : « péniblement étonné ») par cette position unanime des représentants élus des 27 pays de l'Union, car elle donne un sens unique à la politique culturelle : celui de soutenir la « culture utile ».

Il n'y a pourtant rien de surprenant dans cette glissade de l'intérêt général culturel vers les seules valeurs monnayables apportées par les acteurs du « champ culturel », au détriment des « oeuvres de l'Humanité ». En effet, ces acteurs professionnels ont fait l'erreur de se présenter à la société en affirmant être des offreurs de biens spécialisés dans les expressions artistiques et culturelles de valeur. Du coup, en boomerang, la société organisée par les règles marchandes leur répond : « puisque vous offrez des biens demandés par des consommateurs, la valeur des activités de votre secteur professionnel doit s'apprécier, comme partout ailleurs, par les contreparties monétaires que vous obtenez de la vente de vos produits ».

La « culture » devient un ensemble de produits relevant d'un secteur d'activités offertes sur des marchés spécialisés. Vous regardez « la culture » et vous voyez une « marchandise ».

 

Télécharger l’intégralité de la contribution de Jean-Michel Lucas

 

Rappel :

La Cité des sens a publié, le 20 décembre 2012,  le dernier texte d’orientation politique de la FNCC

 en renvoyant au texte de Jean-Michel Lucas  Culture et décentralisation Une réelle perspective de changement

 

 

 

 

 

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Fils d'actualités très vivement conseillés :

 

La lettre du réseau culture sur Territorial.fr


Le "netvibes" de l'Observatoire des politiques culturelles

 

Complément d'objet, la page d'actualités du Ministère sur de développement culturel


Les net-actualités sur le site d'Arteca 


Le tableau de bord des Think tank (Netvibes)


Le calendrier francophone en sciences humaines et sociales, Calenda


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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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