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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 09:30

Nous sommes les seuls à avoir fait une déclaration politique très forte sur les droits culturels. Mais lorsqu'on évoque les droits culturels avec les artistes, ils n'apprécient guère...

 

°

Il n'est franchement pas simple le chemin qui va des principes, des référentiels et des orientations politiques aux complexes constructions juridico-adminsitatives genre : loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (MAPAM) ; ou travaux parlementaires sur la  nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe).


 

Lors de sa séance du 15 octobre 2014, la Commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat a procédé à l'audition de M. Florian Salazar-Martin, président de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC), et Mmes Danielle Buys et Pascale Cauchy, vice-présidentes.

M. Florian Salazar-Martin, président de la FNCC. -

Extraits :


La question culturelle est essentielle à nos yeux, car c'est ce qui nous réunit. Comme vous l'avez mentionné, nous avons signé une déclaration avec les autres associations d'élus car nous jugeons nécessaire une certaine harmonisation et l'affirmation d'une responsabilité publique de la culture. Pour ce qui concerne la réforme territoriale, permettez-moi de formuler trois remarques

- la culture n'est pas, pour nous, une compétence mais une responsabilité publique qui incombe à chaque catégorie de collectivité territoriale et en premier lieu à l'Etat ;

  • la question de la place de l'État n'est pas subsidiaire. La proposition formulée récemment par Emmanuel Négrier [voir le compte-rendu de l'audition d'Emmanuel Négier par cette même Commission du Sénat] n'est pas nouvelle, mais il est indispensable de rappeler que l'État doit rester le premier partenaire des collectivités territoriales ;

  • la responsabilité culturelle doit être co-construite : c'est une bataille que nous menons depuis la réactivation du Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel (CCTDC). Nous ne pouvons pas définir les politiques culturelles sans l'ensemble des partenaires dans les territoires. Chaque collectivité apporte sa contribution, avec sa singularité.

(...)

La FNCC est très attachée à cette forme de travail. Nous voulons préserver la libre administration de notre volonté politique pour définir les politiques culturelles, leur mise en oeuvre et leur financement. Nous sommes très inquiets quant au contexte actuel et demandons à l'État des garanties de cette liberté.

La FNCC est très attachée à cette forme de travail [les co-(financements]. Nous voulons préserver la libre administration de notre volonté politique pour définir les politiques culturelles, leur mise en oeuvre et leur financement. Nous sommes très inquiets quant au contexte actuel et demandons à l'État des garanties de cette liberté.

Nous refusons de nous situer dans un débat d'affrontement car nous sommes attachés au caractère pluraliste de notre histoire. Ce qui nous guide, c'est l'objectif de reconnaissance de la responsabilité publique dans le domaine culturel, la définition d'une gouvernance pouvant ensuite en être déduite. Nous rejetons toute idée de travail dans l'injonction car cela ne donnerait aucun résultat. C'est l'idée de partenariat que nous défendons, et qui est d'ailleurs au coeur des travaux de la CCTDC. Au sein de cette instance unique de concertation, la précédente ministre chargée de la culture a d'ailleurs proposé un pacte culturel entre l'État et les collectivités territoriales.

(…)

La FNCC est une fédération responsable, qui travaille sur un consensus dynamique. Nous ne sommes pas dans la posture qui consiste à établir un catalogue de propositions. Pourquoi ? Car notre démarche n'est pas inscrite, elle est contrariée. On nous presse, on nous oblige. Nous ne sommes pas dans une démarche visant à réfléchir et à innover ensemble. Chacun se replie sur son territoire et ses prérogatives, du fait de l'absence de confiance. C'est à cette lumière qu'il faut voir les propositions de l'ARF, qui considère que la meilleure manière de préserver la culture est d'en confier une part croissante de responsabilité aux régions. C'est une manière de voir les choses sur laquelle il ne faut pas jeter l'anathème. Il faut également le considérer comme la réaction à un État qui ne se pose pas la question du bien-fondé et de la pérennité de l'investissement dans la culture.

(...)

 

J'affirme que la FNCC n'est pas pour le statu quo. Non seulement parce que la démocratisation est à bout de souffle, mais aussi parce que la culture n'est pas que dans la culture car elle constitue une dimension transversale de la politique publique. Il convient désormais de changer de paradigme : la question n'est plus celle du « 1 % culturel », mais plutôt de la dimension culturelle des politiques publiques. Nous sommes les seuls à avoir fait une déclaration politique très forte sur les droits culturels. Mais lorsqu'on évoque les droits culturels avec les artistes, ils n'apprécient évidemment pas cette approche car la culture est une profession sinistrée.

(...)

En outre, nous ne sommes pas favorables à un transfert des DRAC car nous ne pouvons tolérer un démantèlement de l'État. Si nous faisons l'inventaire de ces directions régionales, nous pouvons dire qu'elles sont essentielles même si aujourd'hui nous n'avons plus la même relation avec elles en raison du poids des questions normatives qu'elles doivent gérer. Il faut redonner du sens aux DRAC, en gardant à l'esprit qu'il existe déjà 400 000 normes dans notre pays et qu'il est temps de cesser de contraindre l'action publique.

(...)

Accéder au compte-rendu de la séance.

 


 

Nous sommes les seuls à avoir fait une déclaration politique très forte sur les droits culturels, a donc rappelé le président de la FNCC.

Il n'est pas inutile d'y revenir ici .

 

Plus de cinquante ans de politiques culturelles impulsées par le ministère de la Culture et par les collectivités territoriales ont développé sur l’ensemble du territoire un réseau d’équipements culturels remarquablement dense : scènes de théâtre, de concerts, écoles de musique, bibliothèques, musées...

Avec le concours des collectivités, l’Etat a pleinement rempli son rôle régulateur en assurant les conditions économiques d’une pérennité de la circulation des biens culturels. Le maillage culturel de nos territoires est aujourd’hui largement opérationnel.

Il faut le reconnaître, s’ils ne le sont pas parfaitement bien sûr, la culture et les arts ont en revanche, les moyens d’être présents partout, donc pour tous.

C’est la démocratisation culturelle, un effort conçu pour l’accès du plus grand nombre aux productions de l’intelligence sensible. Un effort maintenant relayé par les nouveaux moyens technologiques.

Mais c’est une politique de l’offre et de la diffusion, de l’accompagnement et de la méditation. Une politique qui donne beaucoup mais écoute peu. Une politique qui oublie que chacun est aussi porteur d’une culture propre, d’une identité singulière, tissée d’appartenances multiples, et que c’est en le reconnaissant en tant que personne libre qu’on le mettra en capacité de recevoir, d’échanger, de dialoguer.

C’est pourquoi il nous faut aujourd’hui promouvoir une politique culturelle qui place la reconnaissance des droits culturels au fondement de son action et la dignité des personnes comme son objectif central, permettant ainsi la prise en compte du désir d’expérimentation créatrice de chacun et la valorisation des identités collectives, et par delà, le dialogue entre les individus et les groupes. Elle passe aussi par le soutien à une

éducation à l’expression artistique.

Aujourd’hui – et en particulier grâce à l’enrichissement d’une société mêlant des cultures de plus en plus diverses et grâce à l’impératif de préservation et de promotion de la diversité des expressions culturelles porté par l’Unesco –, c’est à partir de leur histoire propre, pour l’explorer, la transmettre ou s’en dégager, que les personnes sont en mesure de déployer pleinement les cadres de leurs appartenances multiples, riches de différences et d’échanges.

(...)

 

Télécharger : Des Politiques publiques pour les personnes, par les territoires (janvier 2013)

 


 

L’Institut de coopération pour la culture avait assez longuement analysé ce texte et publié, en juillet 2013, les résultats du séminaire qu'il lui avait consacré, sous le titre : Adoptons une position plus large sur la culture pour définir les futures politiques publiques.

Extrait :

Privilégier le choix d’un processus plus que d’un modèle.

Lors du 5ème séminaire de l’Institut de Coopération pour la Culture, nous nous sommes attachés à travailler sur le texte d’orientation politique de la Fédération Nationale des Collectivités territoriales pour la Culture (FNCC) de janvier 2013 intitulé Des politiques culturelles pour les personnes, par les territoires. Même avec un temps de préparation, cet exercice fut périlleux au regard de la richesse et de la complexité des notions abordées et des cadres de référence proposés.

En mobilisant plus ou moins explicitement différents textes internationaux, ce texte rappelle au lecteur que les politiques culturelles ne se résument pas à une politique autour des arts et de la création artistique. En prenant un référentiel très large de la culture, la FNCC met en débat de nouvelles orientations politiques. Sur quels fondements reposent ces nouvelles propositions ? Celles-ci permettent-elles d’envisager de nouvelles pistes de définition des politiques culturelles publiques ?

La FNCC avance un changement de paradigme, à partir duquel un nouveau modèle de développement et de gouvernance serait envisageable. Ce texte ouvre indéniablement de nouvelles perspectives. Face à la vieille routine qui s’est mise en place autour des institutions culturelles, avec une prépondérance du modèle professionnel et d’excellence soutenu par le ministère de la culture, le changement de référentiel proposé par la FNCC autour des droits culturels et des droits à la personne oblige en effet à reconsidérer le modèle dans son ensemble. Nous pourrions voir dans ce texte le signe d’une urgence à proposer rapidement une alternative politique en faveur de la culture, au risque d’une marginalisation, d’un dévoiement ou d’une dilution de la question culturelle dans les prochaines échéances électorales.

 

Télécharger : Contribution Institut Coop Culture mai 2013

Voir aussi sur ce blog : Actualités des politiques culturelles

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Actualité Les politiques culturelles en débat
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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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