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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 10:11

Jean-Claude Pompougnac, Note sur l’approche sociologique de la lecture, revue Argos, n°7, novembre 1991

La sociologie est post-révolutionaire (qu'il s'agisse de révolution industrielle, de renversement d'un ordre politique ou de révolution culturelle) et sa nécessité apparaît après l' effondrement d'une conception religieuse de la communauté, lorsque émergent des configurations sociales sans transcendance et des sociétés désenchantées (lorsque, comme le dit Marx « les frissons sacrés de l'extase religieuse ont été noyés dans les eaux glacées du calcul égoïste »). Soit ce qu'on appelle les sociétés individualistes.

 

Une approche sociologique de la lecture, par Jean-Claude Pompougnac.

La culture et la lecture sont à la fois le vecteur et la conséquence de l’émancipation des individus dans les sociétés modernes.

 

 

Télécharger ci dessous le texte de la contribution au format .pdf

Note sur l’approche sociologique de la lecture, Jean-Claude Pompougnac, 1991,

Consultez aussi ces pages sur La Cité des sens.

Liens conseillés.

Lecture et bibliothèques.

Actualités des politiques culturelles.

Politiques culturelles (mon fil d’actualités sur Scoop'IT)

Création sociale et innovations culturelles

Politiques culturelles : ressources et documents

 

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Publication : [Fresnes] : [Cité des sens], 2006-

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 11:26

Vous vous demandez peut-être à quoi sert le Ministère de la culture et de la communication ?

C’est assurément une bonne question.

Deux éléments de réponse recueillis ce jour, sur le Bulletin officiel des marchés publics (BOAMP) d’une part, et (grâce à François Deschamps via FB) sur La Gazette des communes, d’autre part.

-UN-

Étude relative au développement d'équipements touristiques marchands au sein des sites patrimoniaux en France.

L’essentiel du marché

Nom et adresse officiels de l'organisme acheteur :

Ministère économie finances industrie

Objet du marché :

réalisation d'une étude de faisabilité relative au développement d'équipements touristiques marchands au sein des sites patrimoniaux en France.

Lieu d'exécution des travaux, de livraison fournitures ou de prestation des services :

France métropolitaine

Caractéristiques principales :

Marché d'étude à prix forfaitaire passé par un groupement de commande constitué du ministère de l'économie et des finances représenté par la direction générale des entreprises (DGE), du ministère de la culture et de la communication représenté par la direction générale des patrimoines (DG patrimoines) et de la Caisse des dépôts et consignations (CDC)

Date limite de réception des offres :

01/12/2016 à 00h00

Délai minimum de validité des offres :

90 jours

Critères d'attribution :

Offre économiquement la plus avantageuse appréciée en fonction des critères énoncés dans le cahier des charges (règlement de la consultation, lettre d'invitation ou document descriptif).

Références complètes :

 

Avis n°16-161787

- DEUX-

Les éditeurs mettent la pression sur les collectivités.

© La Gazettte des communes. Par 

 

De semaine en semaine, les responsables d’équipements de lecture publique sont de plus en plus nombreux à voir arriver sur leur bureau des courriers transmis par le DG de leur collectivité. Ces lettres émanent de la Société civile des éditeurs de langue française(SCELF).

Cette société de perception et de répartition des droits d’auteurs représente quelque 300 éditeurs. Elle est mandatée par ces derniers pour percevoir les droits d’auteurs générés les adaptations des œuvres.
Or, tout au long de l’année, les bibliothèques organisent des animations littéraires, des « lectures publiques » d’extraits ou d’œuvres intégrales.

Sollicitée par ses adhérents, l’Association des bibliothécaires de France (ABF) doit rencontrer les représentants de la SCELF le 14 novembre 2016. « Dans un contexte de baisse budgétaire, nous défendrons les bibliothèques comme lieu de promotion et d’accès à la lecture, plaide Xavier Galaup, président de l’ABF. Une éventuelle taxation risquerait de se faire au détriment des animations en bibliothèque. Nous espérons avoir une marge de discussion. Car, des acquisitions d’ouvrages aux animations, les bibliothèques contribuent pleinement à promouvoir la littérature et l’édition. » De son côté, la SCELF, à ce stade, n’a pas souhaité expliquer sa démarche à la Gazette.

Les bibliothèques ne sont pas les premières à qui la SCELF demande le versement de droits d’auteurs. Théâtres, radios, télévisions y sont déjà soumis de longue date. « La grande différence, c’est que les bibliothèques ne font pas payer l’accès aux animations qui proposent des lectures publiques, fait valoir Xavier Galaup. Elles ne sont pas des structures qui réalisent des bénéfices à l’occasion de manifestations culturelles. » Pour l’heure, la balle est donc dans le camp de la SCELF.

 

Voila.

Soyons raisonnables, le Ministère fait bien d’autres choses passionnantes.

Vous pouvez néanmoins accéder ci-dessous aux commentaires !!!

 

 

 

 

 

 

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 10:46

 

Sous le titre, emprunté à Jack Ralite, La culture sans étatisme plébiscitaire ni affairisme publicitaire, j'ai annoncé ici la rencontre qui s'est tenue le 12 octobre dernier et dont la captation intégrale en vidéo est désormais disponible sur le Carnet de recherches du Comité d'histoire du Ministère de la culture.

Le 12 octobre 2016, le Laboratoire du Changement Social et Politique (axe « Art, culture et politique ») et le Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication inauguraient une première Journée Diderot « Culture et Politique » du Master « Politiques culturelles » de l’Université Paris Diderot.
Cette première rencontre a été l’occasion d’inviter Jack Ralite, homme politique, homme de culture, fervent défenseur des droits culturels et de l’exception culturelle.
Entouré de quelques-uns de ses compagnons de route – Jean-Paul Dekiss, Nedim Gürsel, Claudine Joseph, Daniel Mesguich, Pierre Musso, Jean-Claude Petit et Serge Regourd -, Jack Ralite a parcouru l’histoire des États Généraux de la Culture, mouvement citoyen et artistique, qu’il avait initié en 1987 au moment des débats sur l’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement)
Le débat était animé par Laurent Fleury, professeur de sociologie à l’Université Paris Diderot avec Bernard Faivre d’Arcier, ancien directeur du théâtre et des spectacles, ancien directeur du Festival d’Avignon, membre du Comité d’histoire.

Accéder à la vidéo.

Autre remarquable témoignage de (et à propos) Jack Ralite, cet article (article paru dans le numéro 90 de Cassandre/Horschamp, été 2012)

Après la soirée de « Propositions poïélitiques » de Cassandre/Horschamp du 10 avril 2012 au Théâtre Monfort où Jack Ralite nous a offert, en « invité-surprise », un beau discours inédit, rendez-vous a été pris pour prolonger l’échange. Le lendemain, lorsque nous pénétrons dans son vaste bureau niché sous les toits de la mairie d’Aubervilliers, les cartons jonchent le sol et semblent se remplir au fur et à mesure que se vident les étagères qui courent autour de la pièce. Pour l’heure, elles sont encore chargées de livres, programmes de spectacles ou affiches diverses, qui rejoindront bientôt le riche fonds d’archives municipales. « Voyez le chantier, s’excuse pudiquement notre hôte. J’exhume quelques souvenirs, c’est que je prépare le centenaire de Vilar… » -

Article paru dans le numéro 90 de Cassandre/Horschamp, été 2012)

Propos recueillis par Samuel Wahl

On peut aussi regardez l’entretien en vidéo avec : ici.

Signalons aussi ces récentes contributions à l'histoire culturelle.

Pour l’émancipation : une histoire des Universités Populaires à Tours

Les reconfigurations sociales et politiques de la banlieue rouge :

étude à travers les lieux de spectacle depuis les années 1960.

Résumé de la thèse de Pauline Clech
Directeurs : Edmond PréteceilleMarco Oberti

Patrimoine et patrimonialisation du cinéma depuis les années 1960

Les formes et les manifestations du patrimoine cinématographique ont fortement évolué depuis les années 1960. Si de nouveaux publics ont découvert autrement les films « anciens » et ont inventé des pratiques inédites de visionnement, cette évolution amène aujourd’hui les cinémathèques et archives du film, généralement considérées comme des musées pour le cinéma, à s’interroger sur leur identité et les frontières de leur activité. En étudiant la mutation des lieux, des supports, des acteurs, des pratiques, qui s’est opérée depuis cinquante ans, il s’agira de dresser un état des lieux de la réflexion sur ces enjeux de patrimonialisation jusqu’à l’ère du tout-numérique et de la dissémination des écrans, tout en s’inscrivant dans un panorama international qui ménage un important espace aux récits historiques et aux pratiques de pays où archives et cinémathèques jouent un rôle important.


 

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 09:45

La leçon de philosophie. Jean-Claude Pompougnac.

Encyclopédie Philosophique universelle. PUF, Paris,1998.

 

Télécharger ci dessous le texte de l'article au format .pdf

La leçon de philosophie. Jean-Claude Pompougnac. Encyclopédie Philosophique universelle. PUF, Paris,1998

Peut-on parler d'écosystème culturel?

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 16:51

 

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Chapitres précédents

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Droits culturels : continuons le débat.

 

Le mérite des contributions évoquées dans cette note est de constituer un appel à la vigilance : la récente inclusion des droits culturels dans l’article 103 de la loi NOTRe, désormais une loi de notre République, ne saurait en aucune manière clore le débat.

 

Droits culturels : une longue histoire

 

Il est peut-être utile de situer le débat récent sur l’inscription ou non dans la législation française du concept de droits culturels dans un horizon historique plus large que celui de la signature par la France, dans les années 2000, de conventions internationales portant sur la nécessité de reconnaître, protéger et promouvoir la diversité culturelle.

 

Des droits culturels (1968) aux droits culturels (2015)

 

Je voudrais continuer le parcours engagé dans ces notes précédentes, de façon à attirer l’attention sur l’histoire des notions successives ou sédimentées qui ont fondé et légitimé l’intervention publique dans les affaires culturelles.Toutefois, je ne suis en aucune manière historien. Il ne s’agit donc que « d’arrêts sur image »...

 

Droits culturels : débat public ou théâtre d'ombres ?

 

"Le défi lancé est tout autre : penser, ensemble, la différence par laquelle toutes les sociétés (en des modalités variables) ont séparé et séparent du quotidien ordinaire, un domaine particulier de l'activité humaine, et les dépendances qui inscrivent (de diverses manières) l'invention esthétique et intellectuelle dans ses conditions de possibilité et d'intelligibilité".

(Roger Chartier, 1991).

 

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Arts de la scène et cinéma au prisme du développement durable

COLLOQUE INTERNATIONAL

Universités Lumière Lyon 2, Sorbonne Nouvelle Paris 3, Bourgogne Franche-Comté - ESC Dijon-CEREN
Paris (Théâtre de la Cité Internationale) - 8 au 10 mars 2017

 

Appel à communication

La transposition, dans le champ des pratiques culturelles et artistiques, des notions de « soutenabilité » et de « développement durable » signale de nouveaux points d’attention et de préoccupation. Elle souligne l’émergence d’un paradigme à la fois économique, politique, esthétique et philosophique, mais prête à discussion, et mérite que l’on s’y arrête.

Cette transposition prend racine dans un processus de sédimentation des discours de justification des dépenses culturelles publiques depuis les années 1950 (Menger 2011). Le paradigme dominant de l’acculturation artistique de la population (y compris des néophytes) au contact de l’excellence de l’offre était encore dominant au tournant des années 1960 (Throsby et Withers, 1979 ; Urfalino, 1996). Le référentiel de la démocratisation culturelle a été ensuite contesté pour son manque d’efficacité dans la réduction des inégalités sociodémographiques des publics (Bourdieu et Darbel, 1966 ; Baumol, Bowen, 1966).

Parallèlement, un deuxième idéal de démocratie culturelle a cherché à mieux légitimer la diversification du soutien des collectivités publiques à des activités culturelles au-delà du périmètre des arts savants, en résonance avec une vision anthropologique de la diversité des cultures. Il s'agissait d'accorder une reconnaissance esthétique à d'autres pratiques artistiques (comme les arts de la rue, le cirque, les danses urbaines, les spectacles des amateurs, etc.). Le paradigme du développement culturel, orienté par les valeurs de la démocratie culturelle, est entré en relation avec l’attention internationale accrue portée aux conditions d’un développement durable, depuis le rapport Brundtland (1987) jusqu’aux Déclarations de l’Unesco sur la diversité culturelle (2001, 2005), la fondation de l’Union des Cités et Gouvernements Locaux pour le développement culturel (Agenda 21 de la culture) et la Déclaration de Fribourg sur les Droits Culturels (2007).

Enfin, la doctrine d’action des « industries créatives », diffusée à partir du milieu des années 1990, a repris le thème du multiculturalisme en l’articulant avec une justification économique : le dynamisme des activités culturelles constitue un terreau de stimulation pour le développement d’innovations productives dans les autres secteurs économiques. Tout ceci, sans vraiment remettre en cause la distribution nationale des subventions publiques, fondée d’abord sur l’appréciation des mérites artistiques.

L’enjeu de ce colloque est de s’interroger sur le degré de pertinence des liens à établir entre arts de la scène, cinéma et développement durable, et sur les spécificités des pratiques se référant au registre du développement culturel durable. Ces liens peuvent être appréhendés selon trois perspectives (COST, 2015).

  • -  Les arts de la scène et le cinéma dans le développement durable. La culture peut être pensée comme un quatrième pilier du développement durable, en complément de ses piliers économique, social et environnemental, notamment par une volonté de reconnaître l’égale dignité des cultures (Hawkes, 2001 ; Lucas, 2010) ou d’accorder une valeur patrimoniale à des objets et pratiques culturelles locaux (Boltanski, Esquerre, 2014).
  • -  Les arts de la scène et le cinéma pour le développement durable. Ces productions artistiques pourraient contribuer aux trois vecteurs du développement durable : réduction de l’empreinte environnementale par toutes les parties prenantes dans la production et la diffusion des spectacles en stimulant des attitudes conformes à la norme ISO 20121 (Herry, 2014) ; renforcement de la cohésion sociale par les formes d’expression en harmonie avec la diversité culturelle de la population (Wallach, 2006 ; Goldbard, 2010 ; Throsby, 2010) ; retombées économiques positives, grâce à leurs effets sur l’attractivité territoriale et les innovations productives selon la perspective des « industries créatives ». Cette contribution peut être également pensée dans une perspective esthétique et/ou philosophique : certains artistes s’emparent de la question du développement durable comme d’un matériau thématique et dramatique, dont la scène est susceptible de devenir l’un des lieux d’élaboration et de réflexion, voire de transmission, dans une posture parfois militante.
  • -  Les arts de la scène et le cinéma par le développement durable. Cette tendance se manifeste par une recherche de liens plus solidaires dans les mondes de l’art, notamment : 1) dans la valorisation d’une mise en relation plus symétrique des artistes avec les non professionnels impliqués dans des créations artistiques (Urrutiaguer, 2014) ; 2) par l’activation des liens de solidarité inter et intra-organisationnelle dans un contexte récurrent de précarité économique, souvent occultée dans les visions œcuméniques d’une démocratie culturelle fédérative (Henry, 2015). Cette deuxième démarche prône la coopération et la mutualisation de ressources.

Plusieurs axes de réflexion peuvent être suggérés.

1. Conventions et doctrines d’action culturelle

Quelles sont les inflexions observées dans les différents pays pour les discours de justification des dépenses culturelles publiques, dans le sens d’une meilleure prise en considération de la diversité culturelle? Quels liens s’y tissent entre soutien à la diversité culturelle et développement durable? Dans quelle mesure les références à ce nouveau paradigme modifient-elles les priorités dans l’évaluation institutionnelle de la production artistique ?

L’analyse sociologique de la domination se fonde notamment sur la «grammaire de justification politique et morale » des différents « mondes » ou « cités » (Boltanski et Thévenot, 1991). Peut-on caractériser la « grammaire de justification politique et morale » d’un « monde du développement culturel durable » ? Quelles en seraient les frictions avec les logiques d’action et d’évaluation d’autres mondes, notamment le monde marchand ou le monde inspiré ?

2. La dynamique des démarches artistiques partagées

La recherche de relations plus symétriques entre artistes et non professionnels s’inscrit dans un idéal de créations partagées. Celles-ci peuvent prendre plusieurs formes, de l’insertion d’amateurs dans une distribution professionnelle à la recherche d’une distribution égalitaire des compétences artistiques et culturelles. En quoi cette dynamique relationnelle participe-t- elle du développement culturel durable ?

Quels sont les apports et les limites du processus d’écriture (ou de création) scénique ou cinématographique sur le développement personnel des participants ? Comment les équipes artistiques impliquées se positionnent-elles, entre la contribution attendue par les collectivités publiques à une meilleure intégration sociale et la contestation politique de l’ordre social ? Quel bilan tirer des résidences d’artistes en milieu scolaire qui se réfèrent à une démarche de co-construction égalitariste ? Quels sont les obstacles à la pérennisation de ces expériences ?

Quelles sont les initiatives prises pour associer les spectateurs à la production ou à la programmation (de spectacles ou de films) dans des cercles favorisant la réflexion collective ?

3. Solidarité et pérennité des équipes artistiques

Les démarches de création tournées vers le partage des compétences entre artistes et participants sont habituellement reconnues pour leur valeur ajoutée sociale et non pas esthétique. Les logiques d’évaluation marchande et institutionnelle sont la source d’une différenciation très inégalitaire des niveaux de réputation et de notoriété, en fonction de l’appréciation des qualités esthétiques des spectacles et des films. Cela constitue un obstacle à la pérennisation des équipes artistiques qui optent pour les idéaux du développement culturel durable. Comment ces équipes construisent-elles des modes de coopération solidaire pour renforcer la viabilité économique de leur démarche ?

Les bureaux de production (ou « d’accompagnement ») se sont développés dans le domaine du spectacle vivant. Une logique d’économie solidaire, mise en avant par certains d’entre eux, peut-elle renforcer la durabilité des équipes artistiques et administratives ?

Quelles sont les motivations instrumentales, idéologiques des acteurs des collaborations inter- organisationnelles telles que partages de ressources, de compétences, des risques entre artistes, équipes et/ou compagnies ? Quelles sont les conditions de leur réussite ? Quels éclairages peut nous apporter l’analyse de nouveaux modèles d’affaires au sein des entreprises culturelles ? (Spence et al., 2007 ; Sinapi, Juno-Delgado, 2015). Les débats sur les enjeux économiques, environnementaux, sociétaux d’un entrepreneuriat culturel durable renvoient à différents paradigmes dans le champ de l’entrepreneuriat (Dean et al., 2007 ; Sheperd et al., 2011).

4. Les festivals en arts de la scène et cinéma

L’Association européenne des festivals (EFA, 2015) attribue aux festivals trois fonctions majeures : la facilitation de la circulation internationale des artistes, le soutien aux innovations et l’entretien de la diversité culturelle sur le territoire d’implantation. Dans quelle mesure la

promotion de la diversité culturelle peut-elle affilier certains festivals au monde du développement culturel durable ?

Plusieurs axes peuvent être :

-  les initiatives prises pour réduire l’empreinte environnementale, courantes dans les festivals

musicaux ;

-  les rapports participatifs instaurés avec la population ;

-  le degré de prise en compte de la diversité culturelle dans la programmation ;

-  les partenariats avec les acteurs culturels du territoire local afin de déconcentrer

l’organisation ;

-  les relations de coopération avec les artistes programmés, notamment les moins réputés.

 

En savoir plus

 

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 14:32

Suite de mon post précédent, en vidéo, cette fois-ci.

sur l'excellent, et tout nouveau site de l' INA François Mitterrand, Le verbe en images.

Éclairages

Lors d'un colloque organisé à la Sorbonne par l'association "France Libertés" présidée par Danielle Mitterrand, François Mitterrand intervient devant un public composé d'étudiants français et étrangers. Il livre avec ironie et légèreté une conception de l'identité française ouverte sur le monde, s'enrichissant de l'apport d'autres cultures. Après un trait d'humour sur "nos ancêtres les Gaulois", il brosse le tableau des mouvements migratoires successifs qui ont scandé l'histoire de France, particulièrement au XXe siècle : Italiens, Espagnols, Polonais, Portugais, puis Arabes. 
Car ce discours s'inscrit plus généralement dans le contexte de la montée en puissance du parti d'extrême droite Front National (FN) et de la création, en réaction à cette montée du racisme, de collectifs et d'associations anti-racistes.

Ainsi, après la marche pour l'Égalité et Contre le Racisme à l'automne 1983, SOS Racisme est fondée le 15 octobre 1984, jour du premier anniversaire du départ de la Marche. 

Dans le même temps, le Front National de Jean-Marie Le Pen enregistre ses premiers succès électoraux significatifs. Après une première percée lors des élections cantonales de mars 1982, où il atteint des scores entre 10 et 20 % à Grande Synthe (Nord) ou à Dreux (Eure-et-Loir), le FN confirme celle-ci sur le plan national en réunissant 10,95% des voix aux élections européennes de juin 1984. Enfin, à la faveur de l'introduction d'une dose de proportionnelle pour le scrutin législatif de mars 1986, le FN fait son entrée à l'Assemblée Nationale en obtenant 35 députés.

 

© INA Vincent Duchaussoy

 

 

Sur la question de l’identité quelques autres textes à étudier.

François Jullien : «Une culture n’a pas d’identité car elle ne cesse de se transformer»

Dans son dernier ouvrage, le philosophe et sinologue s’oppose au concept figé d’«identité» et défend celui de «ressources culturelles» telles que les langues mortes et vivantes. Des outils à disposition de tous, mais menacés par la mondialisation et le communautarisme.

Accéder au texte.

Michel Serres dans Libération du 19 novembre 2009

Confondre l’identité et l’appartenance est une faute de logique, réglée par les mathématiciens. Ou vous dites a est a, je suis je, et voilà l’identité ; ou vous dites a appartient à telle collection, et voilà l’appartenance. Cette erreur expose à dire n’importe quoi. Mais elle se double d’un crime politique : le racisme. Dire, en effet, de tel ou tel qu’il est noir ou juif ou femme est une phrase raciste parce qu’elle confond l’appartenance et l’identité. Je ne suis pas français ou gascon, mais j’appartiens aux groupes de ceux qui portent dans leur poche une carte rédigée dans la même langue que la mienne et de ceux qui, parfois, rêvent en occitan. Réduire quelqu’un à une seule de ses appartenances peut le condamner à la persécution. Or cette erreur, or cette injure nous les commettons quand nous disons : identité religieuse, culturelle, nationale… Non, il s’agit d’appartenances. 

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Michel Serres : Corps et identité, mais qui sommes-nous ?

 

Grand entretien avec Michel Serres à propos de l’identité. La différence entre identité et appartenance est fondamentale. La confusion quotidienne conduit au racisme. Une fois rétablie la notion d’identité, Michel Serres revient sur l’hominescence, une évolution de la conception de l’homme apparue dès les années 1950. Il évoque aussi le rapport à notre corps, à notre mort -pour lui, il existe trois sortes de mort- et aux autres.

 

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Et sur ce blog

Identité culturelle, identité nationale 

Analyse fouillée et éclairante proposée par Étienne Balibar à partir des réflexions présentées à la Table ronde sur "Identité et Culture" organisée à l'UNESCO les 14 et 15 décembre 1989 par la Division de Philosophie et des Sciences Humaines. Le début de ce texte, reproduit ici est une invitation à le (re) découvrir.



 



 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 08:48

Nous sommes français, nos ancêtres les gaulois, un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un petit peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais, et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes ? Je reconnais que voici une phrase imprudente. C'est celle-là qui sera épinglée. 

François Mitterrand; 1987.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du colloque sur "la pluralité des cultures" organisé par la Fondation "France-Libertés" à La Sorbonne, Paris, lundi 18 mai 1987.

Je vous remercie de la manière précisément dont vous avez réservé votre hospitalité au Président de la République. Je n'ai pas le sentiment qu'il s'agissait d'un accueil spécifiquement révérenciel, mais d'une sorte de relation qui s'est créée à travers le temps, par les combats et les prises de position que la rigueur des temps oblige, surtout lorsque l'on parle du sujet qui vous occupe : culture, race, ethnie, origine, langage, avec tout ce que le mot culture évoque, la façon d'avancer, de comprendre et de sentir d'une société donnée. Qui pourrait croire un instant que je ne suis pas, au moins autant que quiconque, attaché aux valeurs dites traditionnelles qui ont fait la France ?

 

Mais je constate, pour commencer, que parmi ces valeurs traditionnelles, il y a toujours eu l'ouverture. La France est un pays qui a été fait à travers le temps et dès le premier jour par l'apport de cultures, cet apport de cultures étant représenté par des peuples en mouvement, un certain nombre d'invasions, de conquêtes, qui se sont imbriquées avec le fond même de notre population, avant la conquête romaine et les entrées massives venues de Germanie. Tout cela s'est fondu. Une sorte de langue commune a fini par s'édifier, une sorte de bas latin, mélangé de celte et de mots germaniques. Le français, vaille que vaille, est sorti de là, pour former une langue assez pure pour qu'elle apparaisse aujourd'hui comme l'un des grands rameaux capables d'exprimer la pensée de l'humanité.
Alors cela, naturellement, nous y tenons, j'y tiens. 

(...)

Les cultures - vous dites "plurielles" c'est le mot à la mode, voilà un mot que je n'avais pas mis dans mon vocabulaire habituellement, je savais bien ce que c'était que le "pluriel", je l'avais appris dans ma grammaire, les cultures plurielles cela fait partie de ces mots, de ces expressions qui traversent tout d'un coup, puis ensuite deviennent quelque chose d'inscrit dans les modes de langage constant.

Les cultures plurielles sont différentes, elles ont parfois quelque peine à communiquer. On croit parfois qu'elles ne pourront pas communiquer. Que de fois ai-je entendu dire l'émigration italienne, portugaise, espagnole, c'est facile, c'est le même rameau. Ce n'était pas si facile que cela lorsqu'ils sont arrivés : les parents de Zola ou ceux de Gambetta étaient considérés comme des gêneurs qui venaient prendre la place des paysans ou des commerçants français. Cela aurait été dommage de les renvoyer.
Puis on a dit que ce serait beaucoup plus difficile avec des Slaves. Parce que les Slaves, naturellement, écrivent d'une façon bizarre, là-bas, du côté de Byzance. Enfin, ce n'est pas tout à fait du voisinage. Ensuite, qui pense aujourd'hui que les Polonais de France n'ont pas été - je vous le disais pour commencer - un enrichissement de tous ordres : ethnique, industriel, commercial, linguistique, culturel pour la France ?
Alors, on entend dire quand même, c'est beaucoup plus difficile maintenant avec les Arabes, avec la langue arabe, avec la culture et une religion différentes. Ce n'est pas tellement sûr que les religions des pays que je viens de citer eussent été si semblables qu'elles apparaissent. Mais enfin, celle là, c'est différent, c'est peut-être le même Dieu, mais ce n'est peut-être pas pareil et c'est une culture différente. Il y a eu des conflits, il y a eu des combats, il y a eu des luttes pour la possession du sud de l'Europe, des côtes méditerranéennes. Les religions ont inspiré des luttes parfois fanatiques.
Il y a eu des haines que l'on croyait puisées dans le sang et puis finalement, si l'on écrivait la contre-histoire de tout cela, on s'apercevrait que l'interpénétration dans chacune des zones terrestres où la civilisation islamique et la civilisation chrétienne se sont rencontrées, où les langues romanes ont rencontré la langue arabe, que cette interpénétration a produit des richesses culturelles considérables, remarquables et durables. Et que cela peut être parfaitement assimilé par les uns et par les autres. Regardez de quelle façon la France, à dominante catholique pendant si longtemps, fut impressionnée par la culture biblique, à quel point tout ce qui vient de la civilisation juive, fait partie finalement presque de nos réflexes. Sans doute parce qu'une tradition s'est établie par les rites religieux, par les explications dogmatiques.
Nous sommes français, nos ancêtres les gaulois, un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un petit peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais, et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes ? Je reconnais que voici une phrase imprudente. C'est celle-là qui sera épinglée. Et qui incitera à dire vous voyez bien, c'est le Président de la République qui l'a dit. Ils me la répéteront peut-être sans mettre exactement le même sens aux propos que je tiens.
Je voudrais vous faire comprendre pour terminer, que je suis l'un de ces Français de province, d'une toute petite province, qui ont beau rechercher leurs origines, - c'est un goût que l'on prend à mesure que l'on vieillit - venu du centre de la France, et qui n'arrive pas à trouver l'un de ses ancêtres.

(...)

 

Je dis cela simplement pour vous montrer que l'expérience de ma vie, et la connaissance de l'histoire du pays qui est le nôtre m'ont conduit à recevoir tout ce qui venait de l'autre, dès lors qu'il était reçu dans la volonté de préserver l'essentiel de soi-même, sa propre continuité, sa propre identité, dès lors que l'on n'opposait pas sa propre faiblesse à la force d'expansion des autres, dès lors que l'on avait le sentiment qu'en fin de compte, rien n'avait de sens qui ne serait universel.
Ayant compris cela, je suis sorti de ma province et je souhaite qu'à travers les générations, les Français qui viendront après moi, fiers quand même de ce qu'ont été ceux d'avant, considèrent que ceux d'après, ceux du siècle prochain seront plus forts, seront plus riches de culture, seront des Français plus proches de l'universel et donc de la compréhension des affaires du monde, s'ils savent admettre et comprendre les autres cultures pour en faire aussi leur propre culture. Cela se lie à des choix politiques en certaines circonstances. Je voudrais bien que ces choix politiques n'altèrent pas ce type de débat, et que puissent siéger dans des assemblées comme celle-ci, des femmes et des hommes dont les conceptions de politique intérieure sont diverses, mais qui sauraient s'allier pour refuser tous les appels de l'inconscient ou de je ne sais quel subconscient mal réglé ou mal dirigé. Qui seraient capables de choisir l'unité de la France à construire plutôt que le regret vain, parfois inintelligent, le refus de vivre dans son temps, ou le rêve de je ne sais quel âge d'or qui n'a jamais existé. Savoir que si âge d'or il y a jamais, c'est celui que nous construirons, celui que vous saurez construire, vous qui vous appliquez à la définition de cultures - plurielles -. Celui que nous construirons, avec les autres et par les autres, pour être davantage encore ce que nous sommes.

Merci.


Lire l’intégralité du discours.

 


 

Chapitres précédents

φ

Droits culturels : continuons le débat.

 

Le mérite des contributions évoquées dans cette note est de constituer un appel à la vigilance : la récente inclusion des droits culturels dans l’article 103 de la loi NOTRe, désormais une loi de notre République, ne saurait en aucune manière clore le débat.

 

Droits culturels : une longue histoire

 

Il est peut-être utile de situer le débat récent sur l’inscription ou non dans la législation française du concept de droits culturels dans un horizon historique plus large que celui de la signature par la France, dans les années 2000, de conventions internationales portant sur la nécessité de reconnaître, protéger et promouvoir la diversité culturelle.

 

Des droits culturels (1968) aux droits culturels (2015)

 

Je voudrais continuer le parcours engagé dans ces notes précédentes, de façon à attirer l’attention sur l’histoire des notions successives ou sédimentées qui ont fondé et légitimé l’intervention publique dans les affaires culturelles.Toutefois, je ne suis en aucune manière historien. Il ne s’agit donc que « d’arrêts sur image »...

 

Droits culturels : débat public ou théâtre d'ombres ?

 

"Le défi lancé est tout autre : penser, ensemble, la différence par laquelle toutes les sociétés (en des modalités variables) ont séparé et séparent du quotidien ordinaire, un domaine particulier de l'activité humaine, et les dépendances qui inscrivent (de diverses manières) l'invention esthétique et intellectuelle dans ses conditions de possibilité et d'intelligibilité".

(Roger Chartier, 1991).

 

Droits culturels et développement durable.

 Le paradigme du développement culturel, orienté par les valeurs de la démocratie culturelle, est entré en relation avec l’attention internationale accrue portée aux conditions d’un développement durable, depuis le rapport Brundtland (1987) jusqu’aux Déclarations de l’Unesco sur la diversité culturelle (2001, 2005), la fondation de l’Union des Cités et Gouvernements Locaux pour le développement culturel (Agenda 21 de la culture) et la Déclaration de Fribourg sur les Droits Culturels (2007).

 

 

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 08:50

Quelques références pour faire suite à ma dernière note Monde de la culture et barbarie du management.

 

« J’ai essayé de passer ma vie à comprendre pourquoi la haute culture n’a pas pu enrayer la barbarie, pourquoi elle en a été souvent l’alliée, le décor, le chœur au sens du chœur d’une tragédie grecque. »

Ce qui me hante, entretien avec G. Steiner,

Antoine Spire, Editions Bord de l’eau, 1999.George Steiner

Lorsque la culture ne remplit plus sa mission anthropologique de donner du sens et d'inscrire dans l'histoire l'existence singulière autant que collective, qu'elle ne permet plus d'imaginer, il suffit d'une vague de désespérance sociale pour que les opinions les plus folles, la force la plus inhumaine, la folie la plus barbare viennent suppléer au manque de penser.

ADELHAUSER, GORI, SAURET

La folie évaluation. Les nouvelles fabrique de la servitude. Ed. Mille et une nuits, 2001


 

Façonner la sensibilité et l’intellect entraîne naturellement l’individu et, par conséquent, la société dans laquelle il s’insère, à adopter une conduite rationnelle et bénéfique. Qu’il revienne à l’éducation d’assurer le progrès moral et politique, tel était bien le dogme laïc : l’instruction publique par l’entremise des lycées, bibliothèques municipales et cours du soir se substituait aux illuminations intérieures, aux élans vers la perfection morale, jusque là sanctionnés, pour une poignée d’élus, par la religion. .... Là ou fleurissait la culture, la barbarie était par définition un cauchemar du passé.

(…)

Nous savons maintenant qu’il n’en était pas ainsi… Nous comprenons maintenant que les sommets de l’hystérie collective et de la sauvagerie peuvent aller de pair avec le maintien et même le renforcement des institutions, de l’appareil et de l’éthique de la haute culture. En d’autres termes, les bibliothèques, musées, théâtres universités et centres de recherche, qui perpétuent la vie des humanités et de la science, peuvent très bien prospérer à l’ombre des camps de concentration …. Nous savons aussi – et cette fois-ci les preuves sont solides, bien que la raison s’obstine à les ignorer - que des qualités évidentes de finesse littéraire et de sens esthétique peuvent voisiner chez le même individu, avec des attitudes barbares, délibérément sadiques. Des hommes comme Hans Franck, qui avait la haute main sur la « solution finale » en Europe de l’Est, étaient des connaisseurs exigeants, et parfois même de bons interprètes, de Bach et Mozart. On compte parmi les ronds de cuir de la torture ou de la chambre à gaz des admirateurs de Goethe ou des amoureux de Rilke.

 

Georges Steiner Le Chateau de Barbe bleue

Cité par Jean-Michel Lucas dans Réponse à l’article de Michel Guérin On ne cultive que les riches

"Deux types de barbarie coexistent et parfois se combattent. Le premier est cette barbarie de masse aujourd’hui de Daech, hier du nazisme, du stalinisme ou du maoïsme. Cette barbarie, récurrente dans l’histoire, renaît à chaque conflit, et chaque conflit la fait renaître. On s’en offusque en 2016 en découvrant les images ou les témoignages dans l’État islamique, mais les millions de morts des camps nazis, des goulags soviétiques, de la révolution culturelle chinoise comme du génocide perpétré par les Khmers rouges rappellent, s’il en était besoin, que l’abomination barbare n’est pas propre au XXIe siècle ni à l’Islam ! Ce qui distingue la première des quatre autres qui l’ont précédée dans l’histoire, c’est simplement la racine du fanatisme religieux.

Le second type de barbarie, de plus en plus hégémonique dans la civilisation contemporaine, est celui du calcul et du chiffre. Non seulement tout est calcul et chiffre (profit, bénéfices, PIB, croissance, chômage, sondages…), non seulement même les volets humains de la société sont calcul et chiffre, mais désormais tout ce qui est économie est circonscrit au calcul et au chiffre. Au point que tous les maux de la société semblent avoir pour origine l’économique, comme c’est la conviction du ministre de l’Économie Emmanuel Macron. Cette vision unilatérale et réductrice favorise la tyrannie du profit, de la spéculation internationale, de la concurrence sauvage. Au nom de la compétitivité, tous les coups sont permis et même encouragés ou exigés, jusqu’à instaurer des organisations du travail déshumanisantes comme en atteste le phénomène exponentiel de burn-out. Déshumanisantes, mais aussi contre efficientes à l’heure où la rentabilité des entreprises est davantage conditionnée à la qualité de l’immatériel (coopération, prise d’initiatives, sens de la responsabilité, créativité, hybridation des services et des métiers, intégration, management, etc.) qu’à la quantité du matériel (ratios financiers, fonds propres, cours de bourse, etc.). Ainsi la compétitivité est sa propre ennemie. Cette situation est liée au refus d’aborder les réalités du monde, de la société, et de l’individu dans leur complexité".

Edgar Morin : « Le temps est venu de changer de civilisation »

© : Denis Lafay | La Tribune

 

Il serait vain de se détourner du passé pour ne penser qu’à l’avenir. C’est une illusion dangereuse de croire qu’il y ait même là une possibilité. L’opposition entre l’avenir et le passé est absurde. L’avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien ; c’est nous qui pour le construire devons tout lui donner, lui donner notre vie elle-même. Mais pour donner il faut posséder, et nous ne possédons d’autre vie, d’autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés par nous. De tous les besoins de l’âme humaine, il n’y en a pas de plus vital que le passé.

 L’amour du passé n’a rien à voir avec une orientation politique réactionnaire. Comme toutes les activités humaines, la révolution puise toute sa sève dans une tradition. Marx l’a si bien senti qu’il a tenu à faire remonter cette tradition aux âges les plus lointains en faisant de la lutte des classes l’unique principe d’explication historique. Au début de ce siècle encore, peu de choses en Europe étaient plus près du Moyen Âge que le syndicalisme français, unique reflet chez nous de l’esprit des corporations. Les faibles restes de ce syndicalisme sont au nombre des étincelles sur lesquelles il est le plus urgent de souffler.

 

Depuis plusieurs siècles, les hommes de race blanche ont détruit du passé partout, stupidement, aveuglément, chez eux et hors de chez eux. Si à certains égards il y a eu néanmoins progrès véritable au cours de cette période, ce n’est pas à cause de cette rage, mais malgré elle, sous l’impulsion du peu de passé demeuré vivant.

Le passé détruit ne revient jamais plus. La destruction du passé est peut-être le plus grand crime. Aujourd’hui, la conservation du peu qui reste devrait devenir presque une idée fixe. Il faut arrêter le déracinement terrible que produisent toujours les méthodes coloniales des Européens, même sous leurs formes les moins cruelles. 


Simone WeilL’Enracinement (1943)

 

La globalisation est une transformation dont il serait absurde de méconnaître l’importance. Il ne serait pas moins absurde de croire qu’elle va imposer un modèle unique. Tout au contraire, à travers les confrontations qu’elle rend possibles, à travers les nouveaux rapports de force qu’elle rend visibles, elle produit un autre répertoire de différences. À cet égard, le problème me paraît moins être celui de sauvegarder ces différences comme traces du passé, que de comprendre ce que les protagonistes, anciens et nouveaux, vont faire d’elles.
Mais cela suppose peut-être que nous – j’entends : les sociétés occidentales, qui se sont longtemps réservé le privilège du déchiffrement et de l’interprétation de l’histoire – commencions par reconnaître que ce privilège est désormais partagé. La prophétie d’une catastrophe civilisationnelle, que l’on entend parfois annoncer, pourrait bien n’être qu’une manière de dire que nous ne sommes plus les seuls maîtres du jeu. Il y a là un réajustement qui est sans nul doute difficile mais qui pourrait, à terme, être salutaire – et qui, de toute façon, ne nous laisse guère de choix. C’est sans doute de là qu’il faut repartir.

Jacques REVEL

Extrait de Le passé est devenu une valeur refuge

 

Conversation avec Jacques Revel, Historien par Caroline Gaudriault © Zig-Zag Blog.com

 

 

Voir aussi, sur La Cité des sens, Le spectacle de la tragédie et la violence de l'histoire.

 

 

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 08:50

Traiter de manière séparée ce qui relèverait d'un « secteur culturel » et les soubresauts violents de la réalité sociale relève d'une sorte d'aveuglement.

 

Il y a quelque chose de moins en moins supportable dans l’entre soi qu'ont fini par produire plusieurs décennies de développement des productions artistiques et des politiques culturelles (au demeurant, forts estimables en soi). Au fil du temps, on aboutit à cette « évidence » qu'il y a un secteur de « la culture », un « monde de la culture ».

L'évidence produit l'aveuglement dès lors que l'on traite de manière séparée la chose artistique ou les question dites « culturelles », à l'écart des tourments du social et de la violence faite aux groupes et au personnes. Elle facilité l'oubli ( massif ou momentané) du fait que que nous vivons l’époque étrange d’une culture qui veut en finir avec l’humanité.

L'expression n'émane pas d'un penseur labellisé du contemporain, ni d'un indigné illustre ou médiatique mais d'un historien du droit et psychanalyste, cité par un psychologue exerçant au sein de l’Association Handicap Recherche et Santé mentale de Lyon (ARMH).

Au sein d’un environnement hospitalier contraint où les professionnels doivent faire plus avec moins de moyens, le management se place comme l’arme relationnelle de la gestion. Et à travers lui, l’efficience est une règle de bonne gestion désormais incontournable. Dans ce contexte, l’humain est mis à mal, dépouillé petit à petit de sa capacité de réflexion ainsi que de son langage.

Penser un hôpital comme une entreprise qui doit être rentable, est, à mon sens, d’une stupidité sans nom. Mais c’est bien dans la lignée néolibérale pour laquelle toute activité humaine doit répondre à une logique de marché. Et quand on a décidé de répondre favorablement à une telle injonction, quand on fait trop vite allégeance au système, on décide dans le même temps, qu’on le veuille ou non, de dégrader la qualité des soins.

Le management comme arme  relationnelle de la gestion.

Ça existe déjà d’ailleurs, comme le relève un cadre supérieur de santé, Christophe Pacific, par ailleurs docteur en philosophie, dans un texte qui s’appelle Du mépris rentable au management durable au travers de ce qui s’appelle les procédures dégradées, quand on ne remplace pas l’absentéisme de courte durée. Ce qui représente somme toute un moindre mal. Mais le risque serait de penser ce moindre mal comme un bien en soi et de s’habituer à ce moindre mal comme seul remède.

Et dans le petit monde du soin, à l’hôpital, les contraintes managériales ne se laissent pas réinterroger, sous peine d’être vécu tel un renégat (ne pas coller à l’esprit d’entreprise, ne pas être loyal !) et ces contraintes ininterrogeables s’immiscent dans le soin par le biais de la gestion, et de son bras armé : le management.

Quel lien entre les deux ? J’emprunte à Étienne Rodin (sociologue, consultant pour les entreprises) ce passage de son excellent livre L’horreur managériale, un passage assez éclairant : La gestion, … trop économique, manque d’humanité. Autrement dit : elle ne s’attaque pas assez à l’humain… Le management est l’arme relationnelle de la gestion. Si la gestion est trop strictement économique et objective, le management lui sert de relais émotionnel et subjectif. Le management instille les impératifs gestionnaires dans la sphère cognitive, il facilite leur intériorisation. Ainsi fleurissent les coachs en tous genres, symptômes et agents de cette pénétration psychologique. Dès lors, le management prend possession des fors intérieurs afin de les orienter vers l’impératif de travail et de productivité, double impératif auquel ils doivent consentir pour mieux être enrôlés.

Ce qui pousse des humains à mépriser l’humanité

Curieusement, quand Rodin nous dit que la gestion ne s’attaque pas assez à l’humain, il rejoint là ce que dit d’une autre façon Pierre Legendre : Nous vivons l’époque étrange d’une culture qui veut en finir avec l’humanité. Ce qui devrait peut-être nous interroger, nous qui travaillons avec des humains et qui, théoriquement, faisons œuvre d’humanité ! Nous pourrions utilement nous demander ce qui pousse des humains à mépriser l’humanité, ce qui, dans un autre champ, pousse des médecins à participer à la destruction de l’hôpital public ou participant au service public ?

(...)

Mais le management au fait, qu’est-ce que c’est ? (...)

© Francis Dumont Psychologue ARHM Lyonfrancis.dumont@arhm.fr

Lire la suite sur le site Infirmiers.com

 

J'invite à lire cette analyse dans son entier en considérant l’hôpital évoqué ici comme un cas particulier du monde du travail et des entreprises en général.

Et j'invite aussi à la rapprocher de ce texte fort éclairant que citait Jack Ralite, lors d'un colloque, à Metz, en novembre 2011


 

Car cet activiste désœuvré embusqué en chacun de nous n’a jamais dit son dernier mot. Pour se défendre il se durcit et se ramasse. Il s’insensibilise. Pour oublier, il s’oublie. Diminué, il « fait le mort ». Et, à cet instant, l'œuvre d’art ne lui parle plus. Elle parle seule. Car l’œuvre d‘art n’a pas d’adresse chez le désœuvré.

Yves CLOT

 

Le travail contre la culture ?

Yves Clot,

Titulaire de la Chaire de psychologie du travail du CNAM.

 

Il faut remettre la France au travail. L’argument est à la mode. Et, sur les tribunes, l’approximation n’effraie pas. Efficacité et intensification du travail seraient purement et simplement la même chose. Pourtant, dans la réalité professionnelle, la course aux chiffres mine l’intelligence du but à atteindre, l’ingéniosité et la qualité de l’acte. La tyrannie du court terme laisse les femmes et les hommes aux prises avec un compactage du temps qui use le corps et l’esprit parfois jusqu’à la rupture. L’obsession des résultats et le fétichisme du produit imposent la démesure d'un engagement sans horizon. Travaillez plus : expirez, inspirez. Du rythme! Le travail est fait pour travailler! On respire dehors !

Et pourtant, sous le masque d‘une mobilisation de tous les instants, une immobilisation. psychique insidieuse fait son nid. D’un côté s’avance une sorte d’ «externalisation de la respiration», figure moderne du travail « en apnée ». Mais, de l’autre, cette sur-activité ressemble de plus en plus à un engourdissement. Le travail est malade, enflammé et éteint à la fois. Gâté par le manque d air, il essouffle ceux qui travaillent sans reposer les autres, ceux qui sont livrés à la respiration artificielle des appareils du chômage de masse. De grâce, ne mettons pas ce type de travail au centre de la société. Il y est déjà trop.

L‘efficacité du travail est pourtant tout le contraire de cette intensification factice. Car, au fond, travailler — on le sait, on le sent — c’est aussi le loisir de penser et de repenser ce qu’on fait. C’est le temps qu’on perd pour en gagner, l’imagination de ce qu’on aurait pu faire et de ce qu’il faudra refaire. La source insoupçonnée du temps libre se trouve là. Dans l'interruption de l'action, là où l'action bute sur ses limites, dans la disponibilité conquise au travers du résultat, par—delà le déjà fait et au—delà du déjà dit. Le temps libre c‘est d'abord la liberté qu’on prend de ruminer son acte, de le jauger, même et surtout différemment de son collègue, avec son collègue, contre son chef, avec son chef. La possibilité gardée intacte de s’étonner; la curiosité nourrie par l’échange au sein de collectifs humains dignes de ce nom, branchés sur le réel qui tient si bien tête aux idées reçues ; où la pensée circule pour progresser. C’est le loisir de déchiffrer et pas seulement le devoir de chiffrer. Si la France doit se remettre au travail que ce soit plutôt celui—là.

Voilà qui prend sans doute à contre—pied "l'homme nouveau" du néo-stakhanovisme montant. Mais il faut choisir. Car le loisir de penser au travail ne « s’externalise » pas sans risque. Quand l’activité professionnelle manque d’inspiration, elle finit par empoisonner la vie entière. Elle a le bras long. Ce qui s’y trouve refoulé intoxique les autres domaines de l’existence. Alors, le « temps libre » vire au temps mort qu’on cherche à remplir à tout prix. Et même sans penser.

Qui n’a pas connu ce désœuvrement? Dangereux pour les destinées de la création artistique, il s’enracine au travail. Quand l’activité ordinaire se trouve systématiquement contrariée, ravalée et finalement désaffectée, la vie au travail, d’abord impensable, devient indéfendable. Superflue. De trop. Désœuvrée. Le désœuvrement premier se tapit la. La suractivité laisse la vie en jachère. L’effet sur l’âme de ce refroidissement climatique de la vie professionnelle n’est pas à sous-estimer. Ses incidences sur la culture non plus. Car cet activiste désœuvré embusqué en chacun de nous n’a jamais dit son dernier mot. Pour se défendre il se durcit et se ramasse. Il s’insensibilise. Pour oublier, il s’oublie. Diminué, il « fait le mort ». Et, à cet instant, l'œuvre d’art ne lui parle plus. Elle parle seule. Car l’œuvre d‘art n’a pas d’adresse chez le désœuvré.

Lourdes conséquences. Car alors, l’œuvre elle-même, métamorphosée en consommable culturel, n‘est plus qu’un tranquillisant. Elle soulage une vie amputée : anesthésique pour «boxeur manchot». La faute consiste à croire qu’empoisonnée au travail, la vie pourrait être placée sous perfusion culturelle.

Car lorsqu'on assèche le continent du travail de son potentiel créatif on brise les ressorts de sa « demande » à l’égard des artistes. Au mieux, on fabrique le souci de se distraire. Mais le divertissement culturel ne fait pas la voie libre. Il prend souvent l’allure grimaçante d’une passion triste où l’on s’oublie une deuxième fois. Plus grave, il vaccine à tort contre les risques de l’œuvre. Car l’œuvre, au fond, irrite le désœuvré en attisant la vie empêchée qu’il a dû s’employer à éteindre, à tromper comme on trompe sa faim.

Sans destinataire dans le monde du travail, la création artistique est donc en danger. Nous aussi. Elle respire mal et se rouille en marchandises. Elle survit. Mais pour-vivre, il lui faut se mêler à la re-création du travail. De l’air ! C’est une question de santé publique, comme on dit aujourd’hui. . .

 

© Yves Clot, La Croix du 1 1 Mars 2007.

 

Pour aller encore plus loin :

Le harcèlement moral au travail est-il l’expression d’une société malade ?

Un débat enregistré le 4 octobre 2016 (France Culture, Collège des Bernardins).

Marie-France Hirigoyen, psychiatre et psychothérapeute

Christelle Mazza, avocate

Samuel Rouvillois, théologien et philosophe.

Le blog Chantiers de culture.

A propos de ce blog

Animé par une équipe de journalistes et de contributeurs reconnus dans leur domaine, ce blog a pour objectif de mettre en rapport deux thèmes souvent opposés : culture et travail. Or, d’hier à aujourd’hui, le geste au travail recèle une portée ou une dimension culturelles. De la même manière, l’acte culturel, en quelque domaine que ce soit, est le fruit d’un procès de travail.

D’où son ambition à travers analyses, chroniques, dossiers et critiques : élever l’art de la dispute au rang d’outil majeur dans la compréhension et la transformation du monde, donner à voir ce que font et disent hommes et femmes au travail de la plume ou de l’enclume, mettre en perspective et signifier en quoi leur ouvrage est porteur de sens en vue d’une émancipation individuelle et collective. Quels que soient leur rang sur l’échiquier social, leur place dans le domaine de la production ou de la création.

Une manière singulière de donner corps aux propos d’Antonin Artaud, dans « Le théâtre et son double » : « Le plus urgent ne me paraît pas tant de défendre une culture dont l’existence n’a jamais sauvé un homme du souci de mieux vivre et d’avoir faim que d’extraire, de ce qu’on appelle la culture, des idées dont la force vivante est identique à celle de la faim ».

Yonnel Liégeois

 

 

 

 

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ISSN : 2270-3586

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Auteur(s) : Pompougnac, Jean-Claude (1946-.... ). Auteur du texte
Titre clé : La Cité des sens

Titre(s) : La Cité des sens [Ressource électronique] : le blog de Jean-Claude Pompougnac
Type de ressource électronique : Données textuelles et iconographiques en ligne
Publication : [Fresnes] : [Cité des sens], 2006-

Note(s) : Blogue. - Notice rédigée d'après la consultation de la ressource, 2013-11-14
Titre provenant de l'écran-titre
Périodicité : Mise à jour en continu
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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 08:50

Car, selon tous les historiens, autant par conviction personnelle que par stratégie institutionnelle, Malraux aurait délibérément choisi d’écarter l’éducation comme champ d’action de son ministère. Mais comment une telle position peut-elle s’accorder avec l’importance qu’il attribue à l’art et à la culture dans la société ? Une telle ambition est-elle compatible avec l’absence de toute transmission ? Malraux rejetait-il l’éducation en tant que telle, ou plutôt l’orientation que donnait à celle-ci le système scolaire de son temps ?

Jean-Miguel Pire

Il devrait être de bonne et salutaire pratique de rappeler, à temps et à contretemps, en quoi le travail historique problématise, éclaire, approfondit, complexifie les récits communément acceptés et les idées reçues. Il ne s'agit pas de substituer une nouvelle version plus juste ou plus officielle aux chroniques antérieures mais de laisser ouvert le débat public, le partage des savoirs et la confrontation des idées.

Il faut donc lire attentivement la contribution suivante judicieusement portée à connaissance sur le Carnet de recherches du Comité d'histoire du Ministère de la culture.


 Malraux contre l’éducation ou contre l’Éducation nationale ?  

Brève généalogie d’une occasion manquée, par Jean-Miguel Piredirecteur-adjoint de HISTARA (EPHE)

Communication prononcée lors du colloque « Malraux, l’art, le sacré. Actualités du Musée imaginaire » à l’INHA, les 31 mars et 1er avril 2016

Quelle est la part stratégique des raisons avancées par Malraux quand il insiste sur la profonde différence qu’il y aurait entre son ministère et l’Éducation nationale ? Identifier la part stratégique, c’est-à-dire pointer les excès éventuels de ce discours par rapport à la pensée du ministre. Sa théorie du choc esthétique est connue. Elle repose sur l’idée que l’art détient un message seulement accessible par le dialogue direct, la rencontre, la « présence » avec l’œuvre. Cette théorie semble donc postuler que la connaissance sur l’art n’est pas nécessaire et qu’elle peut même faire écran à l’expérience esthétique en sa radicalité. Dans la geste malrucienne, la création d’un ministère dédié permettait donc de concentrer l’effort de l’État pour favoriser cette relation directe du public avec les œuvres. C’est ainsi que le nouveau ministère se voit dédié à l’amour de l’art et se distingue d’un ministère consacré au savoir sur l’art. Le mot le plus explicite de Malraux dans ce registre est, à juste titre, universellement célèbre, tant il est inédit dans l’histoire politique et administrative, surtout prononcé à l’Assemblée nationale : « la connaissance est à l’école et à l’université, et l’amour est à nous ». Mais s’agit-il ici d’une simple répartition des tâches ? Cela reviendrait à dire que l’amour et la connaissance sont deux ordres absolument distincts. Pourtant, est-ce que l’amour ne peut susciter le désir de connaître ? 2
L’excès d’un tel partage ne laisse pas d’interroger. Comment s’empêcher de penser qu’il a pu être motivé par des considérations relevant d’une stratégie politico-administrative bien comprise ? L’analyse du contexte historique permet de le penser. Les circonstances de l’invention du ministère sont connues. Il s’agissait surtout d’offrir à Malraux un poste sur mesure. Hors de cela, la création d’une administration dédiée à la culture ne semblait guère une priorité. Les bases politiques en étaient donc assez fragiles et, d’emblée, il fallait s’employer à justifier la nécessité d’une telle création. A cet égard, la première priorité était sans aucun doute de se distinguer de l’Éducation nationale : un ministère massif, légitime, ancien, intrinsèquement lié à la fondation de la République et à sa mission civilisatrice. Malraux éprouve d’autant moins de difficulté à opérer cette distinction que l’Éducation nationale, ses méthodes et son univers, lui sont profondément étrangers. Autodidacte lui-même, il n’a que peu d’expérience personnelle des mondes scolaires et universitaires. Sur le plan politique, il nourrit même à leur égard une vive méfiance.

(...)

Malraux a donc renoncé à agir dans le champ scolaire. Sans doute le respect de son périmètre ministériel lui enjoignait-il la prudence. Non seulement, il s’est interdit d’investir ce territoire, mais il a préféré ériger ce renoncement en choix délibéré, quitte à ne pas être compris. Il a préféré déployer une dialectique sans doute exaltante, mais mal perçue par le monde politico-administratif. Sans doute pour cette raison, son discours s’est révélé contre-productif au regard des ambitions affichées par le nouveau ministère. Une certaine fascination pour un verbe brillant mais toujours plus difficile à faire résonner avec l’inscription dans la réalité administrative, a contribué à isoler la Rue de Valois quand il aurait fallu valoriser la transversalité de sa mission sociétale vis-à-vis de l’art. Placer la culture au cœur de la vie supposait de la situer aussi au cœur de l’action publique, en dépassant les frontières ministérielles et administratives. Dans son rapport sur la refondation de la politique culturelle en 1997, Jacques Rigaud évoque la nécessité de faire de la politique culturelle moins un « secteur » qu’une « dimension » de l’État. À tout le moins est-elle assurément une dimension de l’éducation. L’ignorance de cette nécessité a causé de l’un des grands rendez-vous manqué de Malraux. En 1959, le moment était pourtant venu de rompre avec la relégation de l’art par l’Éducation nationale, avec la vision étouffante et figée des œuvres. Le nouveau ministère de la Culture constituait un formidable véhicule pour faire progresser, au cœur de l’État, un discours neuf sur la transmission de l’art, discours qui aurait si bien vibré avec la quête malrucienne. Cette prise de distance de Malraux avec l’Éducation nationale devait avoir des effets redoutables, puisqu’elle a été perçue comme une dévalorisation de l’éducation artistique. Érigée en une étrange « théorie », ce rejet a été naturellement mis au débit de Malraux et volontiers caricaturée, notamment par Marc Fumaroli, qui, dans son État culturel, dresse le portrait douteux d’un Malraux ennemi de tout savoir.

Texte intégral disponible sur le Carnet de recherches du Comité d'histoire du Ministère de la culture et de la communication.

 

On peut aussi consulter quelques une des notes consacrées par La Cité des sens à l'histoire des politiques culturelles :

Histoire des politiques de la culture.

Politiques culturelles : images d'archives

Aux oubliettes de l'histoire.

Les riches heures de la démocratisation culturelle.

Livre, lecture et politiques de démocratisation culturelle.

De la démocratisation de la culture.

 

Voir aussi :

 Les pages du Comité d'histoire du Ministère de la culture.

Le site de l'Association pour le développement de l'histoire culturelle (ADHC).


 

 

 

 

 

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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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