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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 18:12

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La page Création sociale et innovation culturelle qui recense quelques sites, ressources, répertoires sur  les expériences que mènent, loin des caméras et des micros, ceux qui croient encore à l'idéal universaliste des Lumières, selon l'heureuse formule de Gérard Noiriel est de nouveau actualisée  avec l’ajout d’une rubrique renvoyant au site de l’association Hors Les Murs.

 

 

12. Banque d’expériences de Hors Les Murs

 

Dans le cadre de son chantier "Politique de la ville, & Culture", HorsLesMurs souhaite identifier et valoriser les projets rue et cirque menés dans le cadre de la Politique de la ville et/ou de ses thématiques.

 

Cette Banque d’expériences en ligne présente plus de 110 fiches-projets selon

Elle a vocation à s’enrichir au fur et à mesure de la collecte des fiches d’expériences. Elle est désormais relayée par une publicationIn Situ In Cité, projets participatifs dans l’espace public, mise en ligne (téléchargement pdf, livre numérique) en décembre 2012. 

Pour les arts de la rue, ce travail est mené en collaboration avec la Fédération nationale des arts de la rue.

Pour les arts du cirque, ce travail est mené en collaboration avec le Syndicat du cirque de création.

 

Accéder à la banque d’expériences

 

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 21:45

stats 2

 

Si l’on en juge par l’image  ci-dessus, l’article le plus fréquenté de ce blog ces 30 derniers jours est celui du 20 décembre 2012, Pour une nouvelle culture de l’action publique, celui où je diffusais le dernier texte d’orientation politique de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture.

 

Cette même organisation vient de publier le communiqué suivant

 

Sur la voie d’un approfondissement  de la co-construction  des politiques culturelles entre l’Etat et les collectivités territoriales.

 

 

Ces dernières années ont vu l’émergence d’une modification en profondeur des relations entre  l’Etat et les collectivités territoriales en matière de politiques culturelles. Malgré un héritage de forte  centralisation et à la faveur de la poussée progressive de la décentralisation depuis les années 80, la  collaboration entre le ministère de la Culture et les collectivités territoriales a pris une réalité  croissante d’autant plus significative que le domaine culturel apparaît comme l’une des matrices les  plus fertiles de la concertation entre l’Etat national et l’Etat local.

Ce changement de culture dans la gouvernance s’est en particulier traduit par la réactivation  du Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel (CCTDC) – une initiative dans  laquelle la FNCC a joué un rôle moteur. Plusieurs initiatives récentes vont également dans ce sens :

 

Lire l'intégralité du communiqué Janvier 2013 de la FNCC

 

 Comme je l’ai déjà fait au cours de la vie de ce blog, je saisis cette heureuse occasion  pour diffuser une très récente synthèse des analyses on ne peut plus éclairantes de Jean Michel  Lucas sur ces questions relatives au sens politique des politiques publiques de la culture.

 

COMMENT REPENSER LES MISSIONS DU SERVICE CHARGÉ DES ENJEUX CULTURELS PUBLICS ?

 

SYNTHÈSE DES INTERVENTIONS DE JEAN MICHEL LUCAS DANS PLUSIEURS COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

AU COURS DU DERNIER SEMESTRE 2012

 

Vous êtes engagés dans une réflexion sur les bonnes raisons pouvant consolider les missions publiques de votre service culturel. Je voudrais vous proposer d'abord d'examiner les argumentaires qui sont actuellement à votre disposition. Ce sera une revue très critique dont je déduirai la nécessité de penser autrement vos responsabilités culturelles. Je vous suggérerai alors d'ouvrir le chemin des droits culturels en centrant les activités du service sur les enjeux du « développement humain ».

 

Il y a, bien sur, d'autres bonnes raisons de justifier une politique culturelle.

L'une des pistes les plus prometteuses est celle qui associe la culture et le développement durable. Là encore, c'est du sérieux pour le futur des humains. La responsabilité publique n'est rien moins que d'éviter le désastre d'une humanité maîtrisant très mal le futur de la planète et qui doit impérativement laisser aux générations à venir de quoi « satisfaire leurs propres besoins ».

L'agenda 21 de la culture a synthétisé cette approche globale et donc complexe, en mettant l'accent sur l'exigence de co-construction de la politique culturelle, avec des préoccupations fortes de transversalité associant le secteur culturel avec les autres secteurs de la vie publique, avec l'ambition de couvrir l'ensemble du territoire (et pas seulement les centres des villes), avec l'impératif de solidarité et de vivre ensemble (ou de lien social ) et sans oublier la volonté de renforcer la démocratie dans l'élaboration, le suivi et l'évaluation de la politique culturelle.

Pour ma part, je considère que cette approche est très positive au sens où elle offre une base de légitimité pertinente aux politiques culturelles, dans un horizon élargi aux préoccupations planétaires de solidarité intergénérationnelle ( Penser global, agir local, pour aujourd'hui et demain).

 

Toutefois, j'ai observé deux phénomènes qui m'ont conduit à être extrêmement critique, mais pour la bonne cause, évidemment. D'abord, et cela n'a échappé à personne - l'équipe de Vincent Dubois l'a transcrite en livre récemment - l'idée de développement durable lié à la culture devient vite diluée dans la considération du développement de l'avenir du territoire. Aussitôt, la discussion sur la politique culturelle territoriale glisse vers les « clusters » et autres « quartiers de la création », comme on dit à Nantes, avec des événements phares qui attirent le regard et renforcent l'image de marque du territoire auprès des investisseurs. La machine à argumenter la politique culturelle tourne alors de mieux en mieux, mais elle n'a d'yeux que pour la mise en marchandises des objets du secteur culturel. Dans cette direction, se généralise l'argumentation des bienfaits apportés par l'acteur culturel à l'attractivité du territoire.

Cette légitimité de l'intervention culturelle est maintenant bien partagée par les élus comme par l'opinion, car il est admis que le secteur culturel recèle un grand réservoir de formes et d'idées nouvelles propres à relancer l'économie en crise. La culture et le développement durable n'ont plus aucun scrupule à devenir de la « croissance durable de l'économie », de « l'emploi durable », quand ce n'est pas du « tourisme durable ».

Regardons ces extraits d'une délibération de mai 2011 du Parlement européen, quasi unanime, qui « reconnaît l'impact, la compétitivité et le futur potentiel des industries culturelles et créatives en tant qu'important moteur de croissance durable en Europe susceptible de jouer un rôle déterminant dans la reprise économique de l'Union européenne ». Observons aussi que le Parlement européen « souligne que les industries culturelles et créatives contribuent souvent à stimuler la reconversion des économies locales en déclin, à favoriser l'émergence de nouvelles activités économiques, à créer des emplois nouveaux et durables et à accroître l'attractivité des régions et des villes européennes, dans un objectif de cohésion sociale et territoriale »

 

Je suis toujours impressionné ( lire : « péniblement étonné ») par cette position unanime des représentants élus des 27 pays de l'Union, car elle donne un sens unique à la politique culturelle : celui de soutenir la « culture utile ».

Il n'y a pourtant rien de surprenant dans cette glissade de l'intérêt général culturel vers les seules valeurs monnayables apportées par les acteurs du « champ culturel », au détriment des « oeuvres de l'Humanité ». En effet, ces acteurs professionnels ont fait l'erreur de se présenter à la société en affirmant être des offreurs de biens spécialisés dans les expressions artistiques et culturelles de valeur. Du coup, en boomerang, la société organisée par les règles marchandes leur répond : « puisque vous offrez des biens demandés par des consommateurs, la valeur des activités de votre secteur professionnel doit s'apprécier, comme partout ailleurs, par les contreparties monétaires que vous obtenez de la vente de vos produits ».

La « culture » devient un ensemble de produits relevant d'un secteur d'activités offertes sur des marchés spécialisés. Vous regardez « la culture » et vous voyez une « marchandise ».

 

Télécharger l’intégralité de la contribution de Jean-Michel Lucas

 

Rappel :

La Cité des sens a publié, le 20 décembre 2012,  le dernier texte d’orientation politique de la FNCC

 en renvoyant au texte de Jean-Michel Lucas  Culture et décentralisation Une réelle perspective de changement

 

 

 

 

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 12:05

 feuille route 2

 

De nouveau, des nouvelles du Collectif des associations citoyennes :

 

Le ministère chargé de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative s’est fixé pour objectif de remettre à plat les modalités de contractualisation entre associations et pouvoirs publics afin de sécuriser les modalités de financement public aux associations. Pour cela, une feuille de route a été définie pour associer tous les partenaires.

Ce document note que les pistes esquissées en 2009 ne paraissent pas satisfaisantes : la commande publique continue de progresser et la sécurité juridique apportée par la circulaire dite  » Fillon  » du 18/01/2010 est insuffisante. Les attentes du secteur associatif sont fortes pour recréer les conditions d’un partenariat avec les collectivités publiques, qui soit garant de l’initiative associative et de sa capacité à expérimenter et à innover sur les territoires. De leur côté, les collectivités publiques ont besoin de davantage de sécurité juridique, dans le respect de la réglementation européenne.

 Le chantier comportera deux axes :

Un axe politique, concrétisé par une Charte relative aux modalités de contractualisation entre l’Etat, les regroupements de collectivités territoriales et la CPCA.

Un axe juridico-technique, qui proposerait une palette de solutions en matière de contractualisation entre la puissance publique et les associations, comportant entre autres :
- des dispositions législatives dans le cadre de la loi ESS (avec par exemple une définition légale de la subvention).
- la création d’un contenu sécurisé d’une procédure d’appel à initiatives visant à formaliser le cadre de cette procédure hybride entre l’appel d’offres et la subvention sur initiative associative.
- la révision de la circulaire du 18/01/2010 en vue de l’adoption, le cas échéant, d’une nouvelle circulaire du Premier ministre proposant un nouveau modèle de CPO.
- l’élaboration d’un guide méthodologique de procédures à destination des collectivités territoriales qui définirait l’encadrement juridique de la commande publique, de la subvention et de l’appel à projets et en préciserait les modalités de mise en œuvre.

Dans une première étape, des réunions interministérielles sont prévues avec les ministères concernés et des rencontres de la Conseillère  » vie associative  » avec les différentes coordinations associatives (CPCA, Collectif des associations citoyennes …) pour leur présenter le chantier.

Dans un 2ème temps, des rencontres avec les regroupements de collectivités territoriales. Un 3ème temps verrait la mise en place d’un groupe de travail  » politique  » chargé de la rédaction de la charte avec des représentants de l’Etat, la CPCA et des regroupements des collectivités, puis d’un groupe de travail élargi « Etat, collectivités, acteurs associatifs ».

L’adoption des éventuelles dispositions législatives (dans le cadre du projet de loi ESS) et réglementaires est prévue au printemps 2013. Un événement national serait, à l’été, organisé pour la signature d’une Charte CPCA, Etat, collectivités territoriales, en présence du Premier ministre.

 Le collectif des associations citoyennes se félicite d’être officiellement associé à cette concertation. Cela est essentiel pour faire valoir le point de vue des associations citoyennes au cours des prochains mois. Nous avons déjà commencé à définir quelques orientations lors de la réunion du groupe réglementation, le 27 novembre, notamment sur la nécessité de tenir compte de la diversité associative et d’éviter la généralisation des appels d’offres. Mais un important travail est à faire au cours des prochains mois pour développer les échanges nécessaires avec les différents partenaires de ces discussions et participer à la concertation.
Rejoignez nous !

Vous trouverez sur notre site internet (
www.associations-citoyennes.net) les propositions du Collectif et les comptes-rendus des dernières réunions du groupe.

 

 

En l’occurrence, le ministère chargé de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative s’exprime donc dans un langage militaire ou diplomatique, comme on voudra.

 

Relevé, en effet, sur Wikipedia, cette définition :

Une feuille de route peut prendre plusieurs significations en fonction du contexte :

En jargon militaire, c'est un ordre de mouvement vers un lieu géographique réel ou virtuel pour rejoindre un point de contact suivant un itinéraire de routes ou de chemins.

Dans le domaine diplomatique lorsqu'elle a été utilisée au figuré, par métaphore, pour désigner un plan élaboré en 2003 par le quartette (États-UnisONURussie et Union européenne) pour le règlement du conflit israélo-palestinien : la feuille de route pour la paix. C'est alors que l'expression anglaise « roadmap » a été littéralement traduite en « feuille de route ».

L'expression est couramment employée dans divers domaines pour désigner les grandes lignes, et surtout les étapes, d'une politique, d'une stratégie ou d'un plan d'actions.

Dans le milieu informatique, l'anglicisme roadmap est plus souvent utilisé pour désigner la planification du développement/déploiement d'un logiciel.

Ce terme est enfin utilisé pour qualifier le plan des visites prévues lors d'une tournée commerciale.

 

Et, en exclusivité pour les lecteurs de La Cité des sens, savants austères, étudiants zélés, amateurs fervents..., le texte intégral, original et authentique de la dite feuille de route.

 

Télécharger le document.


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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 09:53

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Territoires et ressources des compagnies en France

 

Première contribution une construction de repères sur le champ du spectacle, la recherche dont les résultats sont présentés ici a privilégié une approche par filière, à partir du modèle économique des compagnies, tout à la fois porteuses de projets et implantées sur un territoire. L’approche interroge le lien entre la structure des ressources monétaires ou non monétaires des compagnies, le spectre de l’ensemble de leurs activités et leur distribution territoriale. Entre injonction d’excellence, ancrage local et rayonnement territorial, une typologie construite à partir des profils d’activité des compagnies de spectacle vivant permet de distinguer les compagnies selon l’origine de leurs ressources et la diversité de leurs activités.

 

* Recherche coordonnée par Daniel Urrutiaguer et Philippe Henry, maîtres de conférences respectivement à l’université de la Sorbonne nouvelle – Paris 3 et à l’université de Paris 8 – Saint-Denis, ainsi que, pour l’enquête quantitative, par Cyril Duchêne, directeur des publics et du développement du Centre national de la danse. Certaines études de cas ont été réalisées par des chercheurs universitaires, Julie Valéro, Agathe Dumont, Laure Fernandez, Cécile Schenck (Paris 3), Laure de Verdalle (Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines), Serge Proust (Saint-Étienne), Bérénice Hamidi-Kim (Lyon 2) et Séverine Ruset (Grenoble 3). François Rémond (Paris 3) et Cécile Delassus ont également collaboré à certains aspects de la recherche.

Le document Territoires et ressources des compagnies en France (synthèse et rapport intégral) est téléchargeable à cette adresse

 

On peut ajouter que lors de la séance plénière du COREPS Poitou-Charentes du 2 octobre 2012, Philippe Henry a développé son approche de l’économie actuelle du spectacle, entre spécificités d’une économie des biens singuliers et reconfiguration de nos modes de production et d’échange symboliques. Il y plaide pour des formes intensifiées de coopération entre organisations.

 

Le diaporama et l’enregistrement audio de l’intervention de Philippe Henry Spécificités et tensions contemporaines de l’économie du spectacle en France sont consultables à cette adresse.

 

Un rappel : le père aubergiste de La Cité des sens avait rendu compte en son temps (dans la revue l’Observatoire n°37, hiver 2010 http://www.observatoire-culture.net   ) de l’ouvrage de Philippe Henry Spectacle vivant et culture d’aujourd’hui. Une filière artistique à  reconfigurer. Grenoble, PUG., 2009

Pour télécharger cette recension, c’est ICI. 

 

Et encore un autre rappel : sur ces mêmes question on peut aussi lire ou relire l’édito de François Deschamps du 10 décembre dernier Spectacle vivant : comment les mutations nous amènent-elles à travailler autrement dans les territoires ?

C’est ici.

 

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 16:21

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La prochaine séance de travaux dirigés du groupe  « Regards croisés : histoire culturelle du social et histoire sociale des faits culturels » aura lieu le lundi 28 janvier à 18 h 30, salle Célestin Bouglé, Bat. A , 1er étage.

 

Les participants travailleront sur les documents ci-dessous en problématisant les points suivants :

 

Quel sens y a-t-il à ce que la chaîne culturelle France Musique reprenne de nos jours cet extrait des archives de l’INA pour une campagne de promotion ?

 

Quels enseignements peut-on tirer du  contexte politique, historique et culturel dans lequel ce sketch a été crée ?  (Emission Un égal trois / Emission du 30 janvier 1964 / ORTF/ Jean YANNE et Paul MERCEY : "Les forçats de la nuit ", réalisation : Claude Fayard).

 

Les éléments de correction seront publiés ici même.

 

 

 

° ° ° ° °

Un second extrait est disponible ici

 

 

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 15:38

Au-delà d’une politique de l’offre.

Le donner de la démocratisation doit aujourd’hui s’enrichir du écouter de la démocratie culturelle.

Il revient aux pouvoirs publics, dans leur attention aux droits culturels de tous, mais aussi dans leur conscience des menaces de standardisation qui pèsent sur les imaginaires partagés, de prendre en compte l’appel d’autonomie de chacun. C’est une autre voie, complémentaire à celle de la démocratisation. Une voie qui part des territoires, des personnes et de leurs communautés de sensibilité.

Une voie qui passe par la valorisation des pratiques en amateur, tout autant que par la recherche collective de l’appropriation des grandes œuvres esthétiques. Une voie qui permettra l’affirmation des identités culturelles, mais aussi la nécessité du partage et du dialogue avec les autres cultures.

La faculté de juger, d’aimer, d’inventer – et non seulement celle d’admirer, d’adhérer et de recevoir – des personnes, en tant que sujets des droits culturels, doit être placée au centre des politiques culturelles.

 

De qui émane donc cette franche clarification politique ?

Si la FNCC est profondément convaincue de la nécessité de soutenir la création la plus exigeante et de favoriser son accès pour tous, elle sait que la contemplation ou la consommation de l’art ne sauraient épuiser à elles seules la vie esthétique, constitutive de la construction individuelle et collective. Les droits culturels des personnes prennent leur plein sens d’émancipation à travers la reconnaissance de l’expérimentation singulière de chacun. Il en va de la capacité de résister à toutes les formes d’injonction à l’indistinction et à l’indifférence, qu’elles soient communautaires ou commerciales.

 

La FNCC place au premier plan de ses préoccupations, de ses travaux de réflexion, de ses missions de formation et d’information des élus et de son dialogue avec ses partenaires – avec l’Etat central et local (ministères et services en charge de la culture, des questions sociales, de santé, d’éducation, de développement…), avec les parlementaires, les associations d’élus, les professionnels, les acteurs associatifs – les atouts multiples et transversaux des arts et de la culture mis au service de la personne.

 

Voila qui est dit et bien dit. Je remercie l’informateur qui m’a communiqué le texte d’orientation politique reproduit ci-dessous (et qui a permis de faire, une fois de plus de La Cité des sens, l’endroit où les écarts, les divergences, les vrais débats se donnent libre cours).

 

On est en droit d’espérer que l’Etat (à commencer par le Ministère de la culture, pourquoi pas ?) saura se saisir de cette clarification politique pour rompre radicalement avec la logique orientée agences  de notation de la Révision générale des politiques publiques pour donner un sens authentiquement progressiste à son exercice de modernisation de l’action publique.

 

A bientôt donc pour une discussion « historienne » sur les responsabilités respectives de l’Etat et des autres collectivités publiques et leur capacité à formuler les exigences fondamentales d’une authentique politique publique en faveur de « la culture ».

 

Voir, par exemple :

PM-FNCC-jpg 

Un demi-siècle au service d'une culture décentralisée la FNCC (1960-2010)

par Pierre Moulinier, Comité d'histoire / FNCC, 2010.

 

Ph-P-R-R.jpg

Philippe Poirrier, René Rizzardo (dir.), Une ambition partagée ? La coopération entre le ministère de la culture et les collectivités territoriales (1959-2009), La Documentation Française, coll. « Travaux et documents », 2009, 526 p., EAN : 9782110975416.

 

 

Fédération Nationale des Collectivités territoriales pour la Culture

TEXTE D’ORIENTATION POLITIQUE

 

PREAMBULE

Le champ culturel :

 

Plus de cinquante ans de politiques culturelles impulsées par le ministère de la Culture et par les collectivités territoriales ont développé sur l’ensemble du territoire un réseau d’équipements culturels remarquablement dense : scènes de théâtre, de concerts, écoles de musique, bibliothèques, musées...

 

Avec le concours des collectivités, l’Etat a pleinement rempli son rôle régulateur en assurant les conditions économiques d’une pérennité de la circulation des biens culturels. Le maillage culturel de nos territoires  est aujourd’hui  largement opérationnel

 

Il faut le reconnaître, s’ils ne le sont pas parfaitement bien sûr, la culture et les arts ont en revanche,  les moyens d’être présents partout, donc pour tous.

 

C’est la démocratisation culturelle, un effort conçu pour l’accès du plus grand nombre aux productions de l’intelligence sensible. Relayée maintenant par les nouveaux moyens technologiques

 

Mais c’est une politique de l’offre et de la diffusion, de l’accompagnement et de la méditation. Une politique qui donne beaucoup mais écoute peu. Une politique qui oublie que chacun est aussi porteur d’une culture propre, d’une identité singulière, tissée d’appartenances multiples, et que c’est en le reconnaissant en tant que personne libre qu’on le mettra en capacité de recevoir, d’échanger, de dialoguer.

 

C’est pourquoi il nous faut aujourd’hui promouvoir une politique culturelle qui place la reconnaissance des droits culturels au fondement de son action et la dignité des personnes comme son objectif central, permettant ainsi la prise en compte du désir d’expérimentation créatrice de chacun et la valorisation des identités collectives, et par delà, le dialogue entre les individus et les groupes. Elle passe aussi par le soutien à une éducation à l’expression artistique.

 

Aujourd’hui – et en particulier grâce à l’enrichissement d’une société mêlant des cultures de plus en plus diverses et grâce à l’impératif de préservation et de promotion de la diversité des expressions culturelles porté par l’Unesco –, c’est à partir de leur histoire propre, pour l’explorer, la transmettre ou s’en dégager, que les personnes sont en mesure de déployer pleinement les cadres de leurs appartenances multiples, riches de différences et d’échanges.

 

 

 

Au-delà d’une politique de l’offre.

 

Le donner de la démocratisation doit aujourd’hui s’enrichir du écouter de la démocratie culturelle.

 

Il revient aux pouvoirs publics, dans leur attention aux droits culturels de tous, mais aussi dans leur conscience des menaces de standardisation qui pèsent sur les imaginaires partagés, de prendre en compte l’appel d’autonomie de chacun. C’est une autre voie, complémentaire à celle de la démocratisation. Unevoie qui part des territoires, des personnes et de leurs communautés de sensibilité.

Une voie qui passe par la valorisation des pratiques en amateur, tout autant que par la recherche collective de l’appropriation des grandes œuvres esthétiques. Une voie qui permettra l’affirmation des identités culturelles, mais aussi la nécessité du partage et du dialogue avec les autres cultures.

 

La faculté de juger, d’aimer, d’inventer – et non seulement celle d’admirer, d’adhérer et de recevoir – des personnes, en tant que sujets des droits culturels, doit être placée au centre des politiques culturelles.

 

 Une politique culturelle pour la personne affirmée par la FNCC

 

A l’écoute de l’exigence croissante de soutien et de mise en valeur des expérimentations artistiques et culturelles citoyennes, dopées par les technologies numériques et les réseaux Internet,

devant l’appel à la reconnaissance de l’égale légitimité de toutes les manifestations publiques de la sensibilité, en amateur ou professionnelles, qu’elles soient développées dans la situation de handicap physique ou psychique, d’exclusion d’origine sociale, générationnelle ou communautaire,

en résistance à la place excessive prise par les experts ou par le marché et à la montée en puissance d’un individualisme qui laisse chacun de plus en plus démuni face aux dangers des  tentations communautaires,

face à la force d’arasement des imaginaires, sans cesse décuplée car déployée par certaines industries culturelles indexant la valeur sur la rentabilité et l’inventivité sur le succès immédiat,

 

la FNCC place au cœur de son action en faveur des arts et de la culture l’attention à la personne – à ses droits culturels, à son désir de reconnaissance, à son besoin d’émancipation, à sa volonté de participation à la construction d’un imaginaire sensible partagé.

 

Si la FNCC est profondément convaincue de la nécessité de soutenir la création la plus exigeante et de favoriser son accès pour tous, elle sait que la contemplation ou la consommation de l’art ne sauraient épuiser à elles seules la vie esthétique, constitutive de la construction individuelle et collective. Les droits culturels des personnes prennent leur plein sens d’émancipation à travers la reconnaissance de l’expérimentation singulière de chacun. Il en va de la capacité de résister à toutes les formes d’injonction à l’indistinction et à l’indifférence, qu’elles soient communautaires ou commerciales.

 

La FNCC place au premier plan de ses préoccupations, de ses travaux de réflexion, de ses missions de formation et d’information des élus et de son dialogue avec ses partenaires – avec l’Etat central et local (ministères et services en charge de la culture, des questions sociales, de santé, d’éducation, de développement…), avec les parlementaires, les associations d’élus, les professionnels, les acteurs associatifs – les atouts multiples et transversaux des arts et de la culture mis au service de la personne.

 

La FNCC convaincue que c’est par un travail au long cours, sur la mutation numérique, l’enseignement artistique, l’éducation artistique et culturelle, les pratiques en amateur, le handicap, la valorisation du patrimoine, le travail en faveur de la langue, lue ou écrite, parlée ou chantée, poétique ou critique… que les politiques de la culture peuvent concrètement contribuer significativement, aux côtés des autres politiques publiques, à construire un vivre-ensemble respectueux des personnes, un vivre-ensemble fondé sur une mise en commun qui s’enrichit des expressions libres des singularités de chacun.

 

Une politique culturelle par les territoires favorisée, soutenue, promue par la FNCC

 

Devant la demande croissante des citoyens d’être réellement associés aux orientations du politique,

devant l’urgence que soit valorisée la pertinence des engagements associatifs et solidaires en tant qu’apports indispensables à la vitalité de l’imaginaire partagé,

en refus du déni d’autonomie des territoires prolongé par des décennies d’approches politiques trop prescriptrices,

dans la certitude que la pleine légitimité démocratique propre à toute assemblée élue au suffrage universel exige que chaque collectivité puisse exercer en toute autonomie et sans limitation (mais non sans concertation ou répartition consentie avec d’autres) la compétence culturelle ainsi que celles qui lui sont transversalement liées (urbanisme, développement durable, questions sociales, éducation…),

et dans la conviction que l’Etat, donc un ministère de la Culture fort, puissant et respecté, doit demeurer l’indispensable garant d’unité et d’équité en mesure d’insuffler sa signification nationale à chaque décision de politique culturelle locale,

la FNCC sait qu’un renouvellement considérable des modes de gouvernance politique est nécessaire entre les différentes natures de collectivités pour qu’elles puissent s’engager vers des co-élaborations respectueuses des spécificités de chacune.

 

La nouvelle carte des intercommunalités, la pertinence de la situation de proximité des départements, la vision plus globale et stratégique des régions et la revendication légitime de chaque commune, rurale ou urbaine, à pouvoir tracer ses choix culturels sont autant de données politiques qui, par la culture et les arts, doivent contribuer à exprimer le sens même de la démocratie territoriale.

 

La FNCC mettra toute son énergie à favoriser le dialogue et la concertation entre les collectivités et à les placer à l’horizon de leur responsabilité nationale. Elle fait siens les impératifs du développement durable, ceux du respect de la diversité culturelle, des droits culturels, de la perspective européenne et internationale, mais aussi ceux liés aux profondes mutations des comportements et des attentes de culture induites par le numérique et la troublante articulation qu’il opère entre le proche et le lointain, le territorial et le mondial. Inventer donc, avec tous : avec les personnes pour l’émancipation citoyenne, avec les groupes dans leur diversité pour le partage des différences, avec les collectivités et avec l’Etat pour la cohérence du dialogue territorial et pour l’intérêt général.

 

Par cette triple perspective:

 

- mettre la personne tant productrice que réceptrice au centre de gravité des politiques publiques de la culture,

- placer les territoires dans leurs diversités au cœur de la définition des politiques culturelles nationales,

- et construire entre les collectivités et avec l’Etat un dialogue mêlant horizon commun et profondeur locale,

la  FNCC s’engage dans la transformation de ses propres fonctionnements hérités. Et la réactivation du Conseil des collectivités pour le développement territorial (CCTDC) dont elle est à l’origine et dans la redynamisation duquel elle est aujourd’hui pleinement investie correspond notamment à sa volonté de décentraliser ses instances et ses formations, de dynamiser son réseau de délégués en région, de se mettre en mesure de faciliter les concertations entre collectivités.

 

 

Cette feuille de route que se donnent les élus de la FNCC est conçue à la fois pour les arts et pour l’ensemble des dimensions de la vie esthétique et symbolique, pour la fréquentation des œuvres et pour l’expérimentation des pratiques, pour les territoires et pour le pays.

 La FNCC

Décembre 2012

 

J’ajoute que le lecteur attentif de ce blog est légitimement fondé à rapprocher la présente note de celle publiée ici même il y a environ un mois et qui commençait ainsi

 

 

Culture et décentralisation

Une réelle perspective de changement

JM Lucas / 19 novembre 2012.

 

Les enjeux culturels ont toujours été négligés dans les lois de décentralisation, notamment du fait de la pression des grandes organisations professionnelles du milieu artistique, soucieuses de conserver leurs relations privilégiées avec l'administration centrale du ministère de la culture.

Mais les temps changent et il est maintenant clair, pour tous, que les collectivités locales sont des acteurs publics majeurs de la politique culturelle, aussi bien en matière de financement que de conception de projets.

Un changement d'approche de la décentralisation culturelle paraît donc maintenant pouvoir être accepté

 

1 - Pour s'y engager, il me paraît possible de prendre appui sur les positions prises par toutes les collectivités regroupées dans la FNCC - Fédération nationale des collectivités pour la culture.

Lors des états généraux de la démocratie territoriale, la FNCC a fait des propositions au gouvernement qui me semblent porteuses d'innovations significatives pour la décentralisation culturelle.

 

Voir la note Sur la décentralisation culturelle.

 

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 10:06

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Numérique, mondialisation  et diversité  sont dans un bateau…

 

Tel était le joli titre de l’un des trois ateliers des Rencontres  européennes de l’Adami  organisées à Cabourg  les 6 & 7 décembre derniers.

 

 

Les intervenants étaient :

 

Lorena Boix Alonso, Chef d'unité des médias et des contenus convergents, DG Connect Commission européenne

Jean-françois Dutertre, musicien

Jacques Fansten, président de la SACD

Jean-Michel Lucas, consultant en déformation culturelle

Thu-Lang Tran Wasescha, conseillère à la division de la propriété intellectuelle, OMC

Marcel Rogemont, Député PS, commission des affaires culturelles et de l'éducation, Assemblée nationale

 

Ainsi commence le papier de Jean-Michel Lucas :

 

J'ai failli trouver cette entrée assez plaisante .. J'ai cherché à savoir qui était le « Pincemi » qui tombe dans l'eau et se noie ! Et qui était le

« Pincemoi », qui lui, reste dans le bateau et berne l'auditeur trop attentif à l'histoire qu'on lui raconte !

Et c'est là que ça finit d'être drôle... car la seule signification que je peux donner à cette comptine est dramatique : sur ce bateau de la mondialisation, de la numérisation et de la diversité, « Pincemi » ne peut être que le musicien. C'est lui qui tombe dans l'eau , il se débat presque submergé par les flots.

Il essaye de sortir la tête de l'eau. Il a besoin d'aide. Qui reste au sec dans le bateau pour feindre de lui apporter secours ? La réponse est cruciale pour sauver le musicien éploré et sans attendre la fin de l'histoire, le consommateur répond ému : « Taxe- moi ! ».

Trop subjugué par le vendeur des musiques perdues dans le vaste océan des économies du monde, il n'a pas pensé qu'il y avait d'autres manières pour le genre humain, de sauver le musicien !

Finalement, la comptine n'est qu'une mauvaise histoire de bouée de sauvetage dans un univers marchand désemparé par l'accès sans frein aux musiques et aux images. Avec ce titre, on voudrait presque que nous racontions une nouvelle fois, cet après midi, l'histoire de la licence globale et de la taxe de plus qu'elle nécessite. Ce qui ne va pas plaire au PDG de Free et de quelques autres qui le rapporteront certainement à l'oreille de Pierre Lescure !

Pour ma part, je voudrais raconter autrement l'histoire de ce bateau en me demandant d'abord dans quel « bon » sens il devrait aller ? Son parcours dans les vagues tumultueuses d'une rentabilité en berne, mènent-ils à l'enfer ou au paradis ? J'ose ainsi vous dire que la première question est effectivement celle du sens collectif, celle donc des « bonnes » valeurs d'intérêt général à protéger, pour garantir que le bateau de la mondialisation, de la diversité, de la numérisation et de la musique chemine dans la « bonne » direction, quitte à ajuster le cap au gré des tempêtes.

Pour fixer ce cap, je vous propose de prendre comme références les valeurs universelles

(...)

Au cœur de son analyse, on trouve ce très beau passage (car enfin, s’il s’agit  vraiment de « défendre » l’art et les artistes, comme le prétendent les tenants de « l’excellence », autant citer les bons auteurs !!!).

Si la valeur n'est plus réduite au prix, où se cache-t-elle ? Pour ma part, je considère que la bonne réponse a été apportée par Vladimir Jankelevitch. Je vous rappelle son analyse qui va si bien avec notre préoccupation de diriger le navire des musiciens dans la bonne direction du progrès humain :

D'abord, nous dit Jankelevtitch , pour les humains, la musique est pouvoir. Déjà Platon affirmait : « elle pénètre à l'intérieur de l'âme et s'empare d'elle de manière la plus énergique ». Et, tout autant, « la musique agit sur l'homme sur le système nerveux de l'homme et même ses fonctions vitales. »

Pouvoir réel, mais qu'il est inutile de chercher à maîtriser, à rationaliser car cette emprise de la musique est une « opération irrationnelle et même inavouable qui s'accomplit en marge de la vérité : aussi tient-elle plus de la magie que de la science démonstrative ». Jankelevitch s'emploie alors à démonter toutes les tentatives de donner un sens à la musique (et aux expressions musicales) parce que l'exercice est vain : « l'homme est d'autant plus tenté d'attribuer au discours musical une signification métaphysique que la musique n'exprimant aucune sens communicable se prête avec une docilité complaisante aux interprétations les plus complexes et les plus dialectiques ».

Nous voulons justifier son importance, pour nous et pour autrui, prôner par exemple plus d'éducation musicale pour adoucir les moeurs de l'Humanité, pourquoi pas, « La musique a bon dos ! Ici, tout est plausible, les idéologies les plus fantastiques, les herméneutiques les plus insondables… Qui nous démentira jamais ? La musique « crée le monde », dit le grand poète russe Alexandre Blok ».

La musique est donc « expressive », mais peut tout autant devenir « inexpressive », violente et sereine, « le contraire, autre chose », et, pour aller à l'essentiel : « la musique signifie donc quelque chose en général sans jamais vouloir dire rien en particulie . Elle exprime l'inexprimable à l'infini ».

Si l'on suit Jankelevitch, il faut alors admettre que faire de la musique, entendre de la musique, acheter de la musique, vivre de la musique a pour implication d'assumer cette part de mystère, qui échappe à la rationalité.

Notre bateau s'emplit donc de ce mystère et il doit en éprouver une fierté manifeste car « ce mystère que la musique nous transmet n'est pas l'inexprimable stérilisant de la mort, mais l'inexprimable fécond de la vie, de la liberté, de l'amour ; plus brièvement, le mystère musical n'est pas l'indicible mais l'ineffable ».

Avec cette précision qu'il va nous falloir prendre en charge si nous voulons donner sa place à la musique dans la conduite du progrès collectif : « Est indicible ce dont il est absolument rien à dire et qui rend l'homme muet en accablant sa raison et en médusant son discours. Et l'ineffable tout à l'inverse est inexprimable parce qu'il y a sur lui infiniment, interminablement à dire : tel est l'insondable mystère de Dieu, tel l'inépuisable mystère d'amour qui est mystère poétique par excellence ».

Nous voilà ramené au coeur du propos, peut on avec la musique finir de discuter ? « Tout est dit ? Non, jamais personne n'en aura fini avec un charme que d'interminables paroles et d'innombrables musiques n épuiseraient pas ; ici beaucoup à dire, et en somme et sans cesse tout à dire. Avec les promesses incluses dans l'ineffable, c'est l'espérance d'un vaste avenir qui nous est donnée. »

Je n'en rajoute pas : la musique est ineffable, elle est incommensurable, impondérable, imprenable par la Raison et ses raisonnements.

Permettez moi encore une citation pour nous reposer des vagues comptables qui ont fait tanguer notre bateau : « Si nous convenons enfin qu'il s'agit d'un mystère, et non point d'un secret matériel, d'un charme et non d'une chose, si nous comprenons que ce charme tient tout entier dans l'intention et le moment du temps et le mouvement spontané du coeur, si nous reconnaissons que la fragile évidence liée à d'impondérables et innombrables facteurs, dépend d'abord de notre sincérité, alors nous connaîtrons peut-être ce consentement au charme qui est, en musique, le seul et véritable état de grâce ».

 

Comme à l’accoutumée, l’ensemble de la démonstration est d’une très grande rigueur.

 

Télécharger la version intégrale de la contribution de Jean-Michel Lucas.

 

La table ronde et le débat avec la salle, c’est ici.


Voir aussi, sur La Cité des sens, une récente intervention du même consultant en déformation culturelle sur la décentralisation et les positions de la FNCC

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Divergences
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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 10:24

J’ai déjà relayé ici, à plusieurs reprises les réflexions du Collectif des associations citoyennes.

Elles recoupent en partie l’entreprise d’élaborer un répertoire des initiatives artistiques et citoyennes que développe La Cité des sens sous le titre Création sociale et innovation culturelle.

Voici quelques extraits d’une récente contribution de ce Collectif, encore inachevée, que l’on peut télécharger en l’état ci-dessous.

 

Les relations partenariales associations collectivités,  Une réalité massive

 

Le but immédiat de ce travail est de pouvoir fournir des exemples de relations partenariales entre collectivités et territoires, en montrant leur diversité et la richesse des relations existant sur le terrain. Les associations et les collectivités sont en effet aujourd'hui confrontées à de multiples enjeux communs au niveau des territoires, auxquels il n'est plus possible aujourd'hui de se dérober :

La transition écologique. Chacun a conscience aujourd'hui que la catastrophe écologique rend nécessaire une véritable transition écologique. Celle-ci ne pourra pas réussir sans la transformation en profondeur des modes de vie, d'habitat, de consommation et de transports. Comment faire prendre conscience à l'ensemble des citoyens de cette nécessité sans les associations citoyennes, c'est-à-dire tournés vers le bien commun ?

L'égalité et le vivre ensemble. De même, une société de l’égalité et du vivre ensemble ne peut pas voir le jour sans la multiplication des actions porteuses de lien social dans les quartiers et dans les territoires, de contre les discriminations, l'émancipation de tous les citoyens par rapport à l'idéologie dominante qui pousse l'atomisation des individus.

L’éducation populaire constitue le principal levier pour permettre aux citoyens de reconquérir leur propre vie et de devenir citoyens d'un monde solidaire, développer les potentialités de chacun par les activités sociales, culturelles, artistiques, sportives. Elle est le fait de toute la société.

L'émergence d'une économie solidaire. Les associations comme les collectivités ont un rôle principal pour faire émerger une économie solidaire, avec une solidarité interne (en lien avec la démocratie interne, des prises de décision partagées et la réduction des écarts de salaires), la solidarité avec le territoire, avec les bénéficiaires des services et avec l'ensemble de la société et les générations futures.

Le développement des logiques de coopération et l’apprentissage de la démocratie. La reconstruction d'une société solidaire nécessite le développement de relations de coopération à tous les niveaux. Les associations constituent des écoles de coopération irremplaçables pour l'éducation citoyenne et pour l'apprentissage de la démocratie, mais l'instauration de processus de participation par les collectivités constitue un levier indispensable.

Ces enjeux sont étroitement liés aux effets directs de la crise globale, économique, financière, culturelles écologique, démocratique qui se développe aujourd'hui. C'est pourquoi la construction de réponse commune est un acte politique qui touche au plus profond des raisons d'agir des finalités de l'action commune.

Ce document de repérage expose quelques exemples de démarches globales et participatives de développement territorial (développement local ou agenda 21), présente des politiques partenariales développées par des Départements, des Régions ou des Villes et quelques exemples de partenariat au quotidien.

Les exemples développés ici montrent que la vision simpliste une instrumentalisation généralisée des associations par les collectivités n'est pas exacte, et que de nombreux élus s'opposent avec efficacité à la généralisation de la commande publique, avec des modes d'organisation et de financement extrêmement divers. On ne peut que souhaiter que les modalités de contractualisation et de concertation entre l'État, les collectivités et les associations tiennent compte de cette diversité.

 

 1 Quelques exemples de démarches globales et participatives 

 de développement territorial

 

La Biovallée (Drôme), l’action participative de 4 communautés de communes pour le développement durable

Le protocole d’accord Biovallée a été signé à Eurre le 8 octobre 2010 entre le conseil régional Rhône-Alpes, le conseil général de la Drôme et les 4 intercommunalités de la vallée de la Drôme (Val de Drôme, Diois, Saillans, Crestois). Les moyens mis en place sont assez importants : la Région alloue une enveloppe de 10 millions d’Euros jusqu’en 2014 et le Département 5 millions d’Euros. Le dispositif est aujourd’hui piloté par une association de gestion de la promotion Biovallée créée en mai 2012.

(…)

 

Les ateliers départementaux et les fabriques de Meurthe et Moselle

Depuis 2010, le Conseil général de Meurthe-et-Moselle a mis en place des ateliers départementaux, qui se sont prolongées dans des fabriques départementales. Voir http://www.cg54.fr/fr/conseil-general/le-conseil-general/les-ateliers-departementaux.html

Cette démarche associe l'ensemble des acteurs du département, en particulier les associations mais aussi les citoyens, dans une démarche participative décentralisée au niveau de 6 territoires pour l'ensemble du département. La démarche participative est inspirée de celle du développement local, en suscitant à partir d'enjeux clairement identifiés par les élus du conseil général un débat sur les forces et faiblesses pour y répondre, les priorités et les propositions.

 (…)

La participation à Plaine Commune (Seine St Denis), exemple d’un territoire fortement urbain et diversifié

Un agenda 21 participatif a été mis en place sur le territoire de plaine commune. Ce territoire en grande mutation au niveau national du nord de l’Ile-de-France compte le plus grand nombre de projets ANRU (24), le plus de logements construits (2700 par an dont 40 % de logements sociaux) et le plus de projets de transports en commun en chantier (prolongement de 2 lignes de métro, 3 tramways créés ou prolongés et 1 ligne SNCF de transport de voyageurs, projet du futur « grand Paris express »).

 (…)

Dans le Trièves (Isère) une démarche participative autour d’un agenda 21

Le Trièves, territoire rural, a toujours su être novateur et réactif face aux évolutions extérieures. Cette force émane du monde agricole qui dès 1952 s’est fédéré autour d’un projet de modernisation et de mécanisation. Les divers programmes de développement entrepris dans les années 70 ont par la suite ouvert leurs champs d’investigation à d’autres domaines importants pour le Trièves, comme le tourisme, le logement, la culture, l’environnement. En 2003, les élus du Syndicat d’Aménagement du Trièves ont décidé de continuer la réflexion amorcée lors du schéma directeur, en affichant clairement notre volonté de respecter les critères du développement durable. Le principe de participation des habitants à la définition du projet de territoire a guidé l’ensemble de notre démarche en fonction des moyens humains et financiers disponibles. Il est important de retenir que le projet retenu émane en grande partie des propositions des habitants.

 (…)

L'agenda 21 citoyen de Saint Geniès Bellevue (Haute Garonne)

 Résumé de l'action

En 2006, un groupe de citoyens de la commune de Saint-Geniès Bellevue, (2152 habitants), à 10 km de Toulouse, décide d’interroger ses élus en matière de développement durable et proposait d’animer par leurs propres moyens une démarche agenda 21 local. Après décision du Conseil municipal, la mairie accepte l’expérience. Au fur et à mesure, ce groupe élabore le diagnostic, définit une stratégie déclinée en plan d’action, parsème la démarche d’actions concrètes, et irrigue l’intercommunalité.

La commune se caractérise par le dynamisme de son tissu associatif : plus de 30 associations pour un village d’environ 2000 habitants. Les associations comme les citoyens ont été motrices tout au long de la démarche, avec le soutien actif de la municipalité. Cettedémarche est déroulée en plusieurs temps avec l'aide de le l’ARPE (Agence régionale pour l’environnement) :

 (…)

 Colombey les Belles (Meurthe et Moselle) :

depuis 30 ans une expérience de démocratie directe ouverte à tous les citoyens

Depuis 1980 une dynamique locale s'est développée au sein de la communauté de communes de Colombey les Belles (Meurthe-et-Moselle) (42 communes, 10 000 habitants), sous l'impulsion d'une forte équipe d'élus. Le « pays » est devenu district, puis communauté de communes. La structure statutaire, conseil et bureau communautaires, prend ses décisions comme tout conseil communautaire. Mais les élus se sont engagés à travailler sur proposition d’une assemblée générale de pays, et ont organisé une participation active des habitants à la préparation des décisions.

(…)

Les états généraux permanents de la démocratie et les conseils participatifs de Kingersheim (Haut Rhin)

Depuis 2004, Kingersheim expérimente les pistes inexplorées de la démocratie participative. Après une première approche en 1998, le maire a institué en 2004 les états généraux permanents de la démocratie, « destinés à faire souffler sans discontinuer sur la ville l'esprit de l'implication citoyenne ».

 (…)

La participation des habitants à Loos-en-Gohelle (Pas de Calais)

 

Loos-en-Gohelle a donc engagé son projet sur une approche systématiquement participative, la participation n’étant pas entendue comme un supplément d’âme, mais comme le fondement de l’action : celui qui garantit l’accord, l’adhésion du plus grand nombre, l’ancrage dans la réalité, l’efficacité. Cette approche, à laquelle la municipalité consacre des moyens importants (un mi-temps de fonctionnaire en plus des porteurs des différents projets, ainsi que l’accompagnement par un cabinet spécialisé) vise à construire une société ouverte, composée d’acteurs autonomes, responsables, et donc à créer une gouvernance agglomérante, gage aussi de lien social.

 

(…)

 2 Politiques partenariales des collectivités

 

La contractualisation territoriale des Conseils Régionaux

Source : la contractualisation territoriale des conseils régionaux, par Gwenael Doré, symposium sur les chemins du développement territorial, 19 juin 2012

Les Régions ont compétence pour l'aménagement de leur territoire. Toutes ont développé une politique d'aménagement des territoires qui se traduit dans 20 régions sur 26 par un volet territorial, qui se traduit dans 14 régions par des conventions territoriales qui peuvent être cosignées par l'État et les conseils généraux selon les régions. Ces contrats territoriaux recourent différentes rubriques : services communs, politique de la ville, l'espace rural, habitat et logement, action travers du littoral, technologies de l'information et de communication, sécurité, etc. et collectivités territoriales sont considérées comme des relais de l'action régionale et invitées à accorder des subventions en contractualisant avec des structures locales, parmi lesquels des associations, pour réaliser des actions correspondant priorités régionales. En particulier, le développement durable, l'innovation, le développement des coopérations inter territoriales, les liens entre espaces ruraux et agglomérations constituent des priorités qui se renforcent. Les dossiers de demandes de subventions sont généralement déposés auprès du pays ou de la structure intercommunale, qui ensuite peut les transférer ou non à la Région.

(…)

 

Le FRDVA de la Région Ile de France accompagne les projets associatifs

Le fonds régional de développement de la vie associative a été créé en 2004 par Claire Villiers, vice-présidente de la région Île-de-France en charge de la citoyenneté. L'objectifde ce fonds est de renforcer les associations dans le respect de leur autonomie, afin de valoriser le partenariat que la Région peut nouer avec elles et par là même renforcer la vie démocratique en Île-de-France. L'objectif est également de contribuer à former des citoyens conscients, formés et engagés et de renforcer des formes d'organisation associative vivantes, démocratiques et innovantes.

 (…)

 

Une politique partenariale de jeunesse et d’éducation populaire en Loire Atlantique

Sources : Entretien RECIT et Michel Ménard, député et vice président du Conseil Général de Loire atlantique chargé de la vie associative http://www.scoop.it/t/l-enseignement-dans-tous-ses-etats/p/1125045505/l-education-populaire-un-enjeu-de-societe

Le Département de Loire-Atlantique s'est engagé depuis 2004 dans une politique départementale de jeunesse et d’éducation populaire qui s’adresse d'une part aux fédérations d'éducation populaire, avec qui sont passées les conventions pluriannuelles, d'autre part avec des associations ressource qui dans leur domaine sont innovantes susceptibles d'apporter un appui à d'autres initiatives dans le département.

(…)

 

Autres départements engagés dans des politiques partenariales

Source JC Richez INJEP

 Les Pyrénées Atlantiques où il y a un fort investissement dans une politique de soutien à l’éducation populaire, à partir de l’entrée culture.

 Le Finistère où il y a un important soutien à l’éducation populaire, à travers la problématique éducation, notamment avec la mise en place de projets éducatifs territoriaux.

 La Somme a engagé une réflexion autour de l’éducation populaire, à travers l’entrée : soutien à la vie associative.

 La Meurthe et Moselle engagée de longue date sur une problématique Jeunesse Éducation Populaire, ce département insiste plus sur le volet éducation populaire que sur le volet jeunesse (voir ci-dessous).

 L’Ille et Vilaine où en 2005 un rassemblement un peu similaire à celui de Loire-Atlantique a réuni les responsables associatifs du département pour réfléchir à la mise en place d’une politique JEP.

 

Les contrats d’animation jeunesse territorialisés en Meurthe et Moselle

 

Depuis 1999, une collaboration étroite entre Conseil Général et les principales fédérations d’éducation populaire a permis de développer, avec aujourd'hui l'appui du Conseil Régional, une politique qui encourage et soutient la mise en œuvre de projets éducatifs enfance jeunesse à l’échelle de territoires de vie dans le département. Cette politique s’inscrit dans une démarche d’éducation populaire et reconnaît la légitimité de l’ensemble des acteurs locaux à décider collectivement de l’organisation, de la gestion et du contenu de ces projets, avec l’objectif général de mettre en œuvre des stratégies de mixité sociale et intergénérationnelles (mêlant les jeunes et d’autres tranches d’âges de la population) et favoriser l’accessibilité des actions aux familles les plus éloignées de la vie sociale et culturelle

 (…)

 

Strasbourg privilégie le recours aux subventions

Source : site de la CPCA http://cpca.asso.fr/actualite/entretiens/m-cahn-adjoint-au-maire-de-strasbourg-nous-nutilisons-jamais-les-appels-doffres-meme-si-les-services-juridiques-nous-alertent

Strasbourg privilégie le recours aux subventions avec 3 principes : clarification, harmonisation, sécurisation, et pour cela met en place des CPO, une commission des subventions et un service référent, formé pour cela.

(…)

 3. Quelques exemples de partenariat

et de coopération au quotidien

 

La co-construction d’une Maison du développement durable à Ayen (19)

À Ayen, en Corrèze, élus, techniciens, associations et habitants se sont mobilisés pour réhabiliter une maison au cœur du village et en faire la Maison du développement durable : « Le comité de pilotage n’a pas compté ses heures de travail pour réhabiliter modestement ce lieu fermé depuis des années en plein cœur du village. En poussant la porte, les citoyens de tout âge, les personnes de passage pourront échanger sur la démarche de la collectivité et des associations partenaires. Des animations enfants sont aussi proposées sur l’eau, les énergies renouvelables, les oiseaux, les déchets… C’est modeste mais j’espère que l’on pourra dire qu’ici on invente et on construit notre vie ensemble »

 

Le Club des Utilisateurs d’Internet à Creysseilles (Ardèche) : quand une association aide les communes face aux fournisseurs d’accès

Source http://www.recit.net/?Le-Club-des-Utilisateurs-d

Tous les deux mois, dans la salle municipale de ce petit village de 140 habitants, une dizaine d’ordinateurs sont branchés sur le même réseau. Pendant la première partie de la soirée, des exercices permettent à chacun de se familiariser avec les subtilités des réseaux et du Web. La soirée se prolonge ensuite avec des échanges autour de thèmes liés aux découvertes faites en ligne.

(…)

 

La Rock School Barbey et son bus aident les communes à répondre à la demande des jeunes de musiques actuelles en Gironde

Sources http://www.recit.net/?La-Rock-School-Barbey-et-son-bus et http://www.rockschool-barbey.com/bus-rock

La Rock School Barbey de Bordeaux est un lieu dédié aux musiques actuelles, dans un esprit ludique. Son projet repose sur 3 grands axes : la création et la formation artistique (par exemple l’école de musique), la programmation et la diffusion (notamment des concerts) et enfin l'information et l'animation (des dispositifs pour rendre la musique accessible au plus grand nombre). Rock, pop, reggae, ska, hip hop, métal ou chanson française, tous les styles sont dignement représentés à la Rock School . La Rock School a accueilli les plus grands !

(.. .)

 

La Maison écocitoyenne à Bordeaux, lieu de fédération des acteurs et de démultiplication des initiatives

Mesure-phare de l’agenda 21, la Maison écocitoyenne de Bordeaux a ouvert ses portes en octobre 2010. Elle accueille une programmation annuelle d’animations et d’expositions destinées à sensibiliser les bordelais sur tous les sujets du développement durable.

Son Comité partenarial de programmation, animé par l’adjointe au Maire en charge du développement durable, rassemble des partenaires associatifs, institutionnels et scolaires. Ont ainsi été mobilisés le jardin botanique, la direction des parcs et jardins de la ville, le muséum d’histoire naturelle, Cap science, l’INRA, la LPO, et la communauté des scientifiques. Ce comité permet de valoriser l’en-semble des initiatives prises par tous les acteurs, mais surtout de mutualiser les initiatives et faire émerger de nouvelles actions pour le développement durable du territoire Voir http://maisoneco.blog.bordeaux.fr/

 

ARIA Quand des Rencontres artistiques dynamisent une micro région en Corse

C'est un territoire singulier de Haute-Corse, à une demi-heure du littoral et de l'Ile Rousse. Quatre villages s'y font face dans une vallée, au cœur du Parc régional naturel de Haute-Corse. Là est le berceau de la famille du comédien Robin Renucci. Pour aider ses compatriotes à sortir cette microrégion de Giussani de son isolement et du danger de désertification, l'enfant du pays a décidé de labourer le territoire avec sa propre "charrue" en y créant un pôle d’éducation et de formation par la création théâtrale, dans la tradition de l’éducation populaire. L'ARIA (Association des Rencontres Internationales Artistiques en Corse) est donc née en 1998 en ce lieu improbable, perdu en haute montagne, avec la volonté d'en faire un foyer d'échange et de rayonnement par le brassage des disciplines théâtrales.

( …)

Contact

Robin RENUCCI,ARIA (Association des Rencontres Internationales Artistiques en Corse) 04 95 61 93 18 aria.olmi@wanadoo.fr 20259 Olmi Cappella

Pour en savoir plus http://www.aria-corse.com

 

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Télécharger l’ensemble du document.

 

J’ajoute cette référence à la page Création sociale et innovation culturelle.

 

 

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 13:46

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La prochaine séance du séminaire organisé par le Comité d’histoire du Ministère de la Culture et le Centre d’histoire de Sciences-Po aura lieu lundi 10 décembre de 13h45 à 17h45 à Sciences Po Paris, 56 rue Jacob, 75006 Paris.

 

La démocratisation culturelle au fil de l'histoire contemporaine  

Présentation


De l'éducation artistique à la médiation culturelle : continuité ou innovation

 

Emmanuel WALLON : Exposé introductif
Éducation artistique et démocratisation culturelle des années 1960 à nos jours

Nathalie MONTOYA, Maître de conférences, Université Paris Diderot
Médiateurs culturels et démocratisation de la culture : Peut-on (encore)croire en « la victoire finale de la cause » ?

Marion VIOLLET, Docteure en arts plastiques, chargée de médiation espaced'art contemporain à Toulouse
Contexte d'émergence d'une médiation de l'art contemporain. Recherchesd'identité et de définition d'un métier aux contours flous

Grand témoin Elisabeth CAILLET.
 

 

Plus de précisions et les abstracts des communications à cette adresse

 

 

On trouvera les articles qu’Emmanuel Wallon a consacrés à cette question sur son site ReprésentationS, rubrique Publications/Education artistique.

 

A lire aussi sur La Cité des sens :

 

Deux ou trois choses que je sais d’elle : sur la médiation culturelle.

De la médiation culturelle.

L’éducation artistique : un problème ?

Arts et culture : zone d'éducation prioritaire ?

Questions d’école. 

 

 

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 12:19

 

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La prochaine séance du séminaire organisé par le Comité d’histoire du Ministère de la Culture et le Centre d’histoire de Sciences-Po aura lieu lundi 10 décembre prochain.

 

La démocratisation culturelle au fil de l'histoire contemporaine (séance 3

De l'éducation artistique à la médiation culturelle : continuité ou innovation

 

Emmanuel WALLON : Exposé introductif
Éducation artistique et démocratisation culturelle des années 1960 à nosjours

Nathalie MONTOYA, Maître de conférences, Université Paris Diderot
Médiateurs culturels et démocratisation de la culture : Peut-on (encore)croire en « la victoire finale de la cause » ?

Marion VIOLLET, Docteure en arts plastiques, chargée de médiation espaced'art contemporain à Toulouse
Contexte d'émergence d'une médiation de l'art contemporain. Recherchesd'identité et de définition d'un métier aux contours flous
 

 

Plus de précisions et les abstracts des communications à cette adresse

 

Cette séance sera donc présidée par Emmanuel Wallon.

 

Une actualité à son sujet, qui est aussi une actualité sur la politique culturelle en cours, sur la liberté de la presse et l’exercice du métier de journaliste..

 

Le 17 novembre dernier, Nathaniel Herzberg publiait dans Le monde un article (finalement) intitulé La gauche a-t-elle trahi la culture ?

 

 Il commençait ainsi :

 

A première vue, ce n'est qu'un chiffre, perdu au milieu d'un tableau de données négatives. Culture : - 3,2 %. Pour son premier exercice budgétaire, le gouvernement de François Hollande et de son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a décidé de diminuer les crédits de la culture. Comme ceux de la défense, de la santé, de l'agriculture. Comme ceux de tous les départements ministériels, en vérité, excepté l'éducation, la justice et la sécurité.

La mesure est passée dans une relative indifférence. Y compris chez les créateurs les plus bouillants. Son examen, mardi 6 novembre, devant l'Assemblée nationale, n'a suscité aucun émoi. Renaud Donnedieu de Vabres , ministre de la culture de droite sous la présidence de Jacques Chirac , aujourd'hui éloigné des affaires politiques, en rit presque : "Nous aurions fait la même chose, je pense que nous nous serions fait exploser la tête." Là, rien, ou presque. Les artistes dans la rue ? Une occupation du Théâtre de l'Odéon ? Non. Des patrons du Louvre, de l'Opéra, de Versailles, signant, comme un seul homme, une lettre ouverte enflammée ? Pas davantage. Juste quelques ricanements à droite, un communiqué tranchant de la CGT, et une tribune embarrassée de patrons d'entreprise de spectacles, le Syndeac, saluant les premières décisions du gouvernement autant que s'inquiétant du recul du budget.

Or c'est bien une première pour un gouvernement de gauche. Une première, même, pour un gouvernement tout court, quelle que soit sa couleur, depuis 1981.  

Et encore, - 3,2 % est le chiffre mis en avant par la ministre, Aurélie Filippetti, pensions des retraités comprises. Pour les seules dépenses opérationnelles (investissement et fonctionnement), celles qui donnent du caractère à une politique , c'est un recul de 4,3 % qu'annonce le document du budget. Et si c'était pire, comme certains le murmurent ? Difficile de savoir . Car chaque année, le gouvernement donne un chiffre global sorti d'un maquis de tableaux incompréhensibles. Et chaque année, Patrick Bloche et les députés socialistes avaient pris l'habitude de décortiquer le document pour en révéler les petites astuces et les grandes dissimulations. Cet automne, le nouveau président de la commission des affaires culturelles s'est gardé de renouveler l'exercice...

Comment en est-on arrivé là ?

 

© Nathaniel Herzberg

 

 Dans cet article, le journaliste citait deux sociologues :

 

"La part de l'Etat s'est effondrée, sa force de prescription aussi, même si les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) tentent de résister, souligne le sociologue Jean-Louis Fabiani, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Les grands élus en font l'expérience quotidienne."

"On connaissait le manque d'intérêt personnel de M. Hollande pour le sujet, résume Emmanuel Wallon, professeur de sociologie à Paris-Ouest-Nanterre. On savait qu'Aurélie Filippetti, malgré sa bonne volonté, risquait de ne pas avoir le poids politique pour taper du poing sur la table au moment des arbitrages. Mais Jean-Marc Ayrault ?"

"Le Parti socialiste ne croit plus à la nécessité de protéger la dimension symbolique de la culture, sa capacité à faire rêver, et ne croit pas encore à l'impérieuse nécessité de développer un secteur où la France et l'Europe peuvent inventer leur futur, développer leur économie et reconstruire leur contrat social", diagnostique Emmanuel Wallon .

 © Nathaniel Herzberg

 

Suite à cette publication, Emmanuel Wallon a fait circuler la mise au point suivante

 

Rectificatif à l'article du Monde du 17 novembre 2012

 

Nathaniel Herzberg me prête dans son article "La culture, ministère amer", paru dans Le Monde daté d'aujourd'hui, des propos très sévères sur le cap suivi par le gouvernement dans le domaine culturel et sur la philosophie du Parti socialiste en la matière. Les propos qu'il a sélectionnés, et que je n'ai pas eu la possibilité de relire, semblent exclusivement à charge, ce qui est bien loin de refléter la tonalité générale de notre entretien. Je précise que cette discussion a eu lieu par téléphone durant mon bref transit à la gare de Bruxelles Midi, mardi 6 novembre en fin de journée, dans des conditions sans doute peu propices à la concentration de part et d'autre. Je n'incrimine pas le journaliste dont j'apprécie en général la rigueur professionnelle et la passion pour son sujet, mais je ne peux m'empêcher de relever de sa part, dans ce cas précis, la tentation d'accrocher l'attention du lecteur par des titres-choc et de frapper son esprit par des citations coupées de leur contexte.

 

Sans prétendre rétablir l'intégralité des réponses beaucoup plus circonspectes que j'avais accordées à ses questions, je tiens à nuancer les deux déclarations qu'il  m'attribue. 

 

Dans ma bouche, la formule sur "le manque d'intérêt personnel de M. Hollande sur le sujet" était, si ma mémoire est bonne, énoncée en sens inverse: après avoir rappelé les visites du candidat, puis du président en Avignon et ses prises de position très encourageantes sur ces questions au cours de la campagne – même si François Hollande avait tenu à se démarquer de la promesse faite par Martine Aubry d'un effort budgétaire très significatif –, j'avais noté qu'il ne s'était pas encore fait connaître du grand public comme un amateur aussi attentif dans ces matières qu'il pouvait l'être dans le domaine sportif, m'empressant d'ajouter, sans la moindre ironie, qu'on pouvait espérer que la suite démontre le contraire.

 

À propos d'Aurélie Filippetti, dont l'arrivée rue de Valois constitue l'une des excellentes nouvelles de ce début de quinquennat, j'avais commencé par souligner que ses convictions et ses orientations s'inscrivaient clairement dans la continuité des politiques culturelles impulsées par la gauche. Observant la difficile partie qu'elle a dû jouer durant l'été et à la rentrée face au ministre en charge du Budget, Jérôme Cahuzac, après avoir fait remarquer qu'elle avait gagné plusieurs arbitrages sur des questions d'ordre fiscal, j'ajoutais qu'elle avait dû, pour gagner en crédibilité au sein du gouvernement et du parti, se montrer loyale et fidèle au cap fixé par Matignon en vue du redressement des finances publiques. Je me souviens avoir indiqué en outre qu'à ma connaissance les compétences administratives et financières des membres de son cabinet lui permettaient de ne pas s'en laisser compter par les hauts-fonctionnaires de Bercy, mais que le rapport des forces n'en était pas moins inégal dans ce climat de rigueur budgétaire.

 

La citation relative au Parti socialiste, mise en exergue dans un intertitre, a tout bonnement été tronquée. J'avais, autant que je me souvienne, simplement estimé que "Certains hiérarques du Parti socialiste, avant tout soucieux de stricte gestion, accordaient sans doute moins d'importance qu'hier à la nécessité de promouvoir la dimension symbolique de la culture, avec sa faculté de faire rêver, et surtout que ces mêmes responsables paraissaient n'avoir pas encore pris la mesure de l'impérieuse nécessité de développer un secteur pourvoyant des formes, des idées et des compétences qui permettraient à la France et à l'Europe d'inventer leur futur dans la division mondiale du travail et de reconstruire leur contrat social."

 

Tel est en tous cas le fond de ma pensée. Ces propos dénotent à l'adresse de certaines tendances actives dans la mouvance socialiste un accent critique que j'assume absolument. Comme tout un chacun, j'entends en effet les inquiétudes qui s'expriment, bien au delà des seuls milieux professionnels, vis-à-vis de restrictions dont les effets se font déjà cruellement sentir. Cependant on ne saurait me faire dire du Parti socialiste dans son ensemble, dont j'ai avec assiduité et plaisir accompagné les réflexions, que ce soit à l'invitation du Secrétariat national à la Culture et aux Médias, du Laboratoire des idées, de la FNESER ou de tel ou tel groupe de travail durant la campagne des présidentielles et des législatives, qu'il renoncerait à affirmer une volonté publique ou à porter des idées neuves dans ce champ. À la fin de la discussion, Nathaniel Herzberg m'avait demandé si j'étais d'avis que la gauche socialiste avait trahi la culture. Je lui avais rétorqué que cette expression reflétait peut-être sa propre opinion et qu'elle pouvait éventuellement provoquer des réactions salutaires, mais que j'étais loin de la faire mienne.

 

Enfin j'assortissais ces remarques de propositions constructives, comme je m'efforce d'en avancer en toutes circonstances, concernant les trois dossiers sur lesquels il me semble que la ministre de la Culture est en capacité et en droit de se montrer à l'offensive:

 

- l'éducation artistique pour tous les élèves, qu'on ne saurait reléguer dans la sphère du périscolaire et à la charge principale des collectivités territoriales, sous peine d'accentuer les inégalités existantes;

- le troisième âge de la décentralisation culturelle, qui recherchera une meilleure articulation entre les différents niveaux d'administration avec la contribution d'un État soucieux de réduire les disparités entre territoires et donc entre populations;

- la défense des libertés, mais aussi du pluralisme, de la critique et de la création dans l'univers numérique, qui réclame des arbitrages dans le sens de l'intérêt général, sans subordination aux appétits des industriels de la distribution.

 

 Je sais que nous sommes nombreux à partager ces trois exigences, dans les rangs du Parti socialiste comme dans d'autres courants de la gauche, mais aussi dans les établissements culturels et les institutions d'éducation, le mouvement associatif, les collectivités territoriales et les cabinets ministériels. Elles requièrent un large débat mais aussi des efforts conjugués. J'en prendrai ma part.

 

Pour les personnes qui me connaissent bien, ces précisions étaient peut-être superflues. J'ai le sentiment que cela ira tout de même mieux en le disant. 

 

Bien cordialement,

Emmanuel Wallon

 

 

Un beau sujet d’étude pour les écoles de journalisme, celles de sciences politiques et les départements de sociologie.

Etrangeté : le titre de l'article tel que finalement publié : La gauche a-t-elle trahi la culture ? n’est pas celui qui figure dans le rectificatif du sociologue "La culture, ministère amer".

Supposons que ce dernier ait eu connaissance du texte du papier avant qu’il ne parte au marbre.

Qui, qui donc, chef de rubrique, rédacteur en chef, secrétaire de rédaction ou titreur attitré , qui a préféré la trahison à l’amertume ?

 

 

J’ajoute que le titre de l’article (et son contenu) a fait réagir deux de mes amis :

 

 

Denis D. : Juste retour des choses ? La culture a trahi la gauche en 2002 en ne votant pas Jospin dès le 1er tour. Sa mauvaise conscience l'a rattrapé en 2003 autour de la question de l'intermittence dans une sorte de 3ème tour social. Ces 2 épisodes ont probablement contribué à éloigner la gauche de gouvernement du monde de la culture.

 

Didier S : Et suite au prochain épisode en 2013 sur la renégociation du régime intermittent d'une part, et celui des élections municipales et européennes en 2014. Je crains que cet écartement entre "le monde de la culture" et le politique se poursuive si nous restons sur les mêmes postures et modalités.

 

Voir aussi les 19 commentaires sur le site du journal :

La gauche a-t-elle trahi la culture ?


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  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
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