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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 08:24
Une histoire sociale et culturelle des arts.

« Ce qui entend le plus de bêtises au monde est peut-être un tableau de musée. »

Journal des Goncourt, 1887.

Depuis quelques décennies, les « arts » font l’objet de recherches qui relèvent de différentes disciplines des sciences sociales : historiens, anthropologues ou sociologues ont, plus particulièrement, fait entrer dans le champ de leurs observations et de leurs analyses les artistes, leur statut et leur carrière, leurs œuvres et leurs pratiques, leurs institutions, de même que la réception de leurs productions et les phénomènes d’appropriation ou d’acculturation dont celles-ci ont été l’objet. Par-delà la question récurrente de l’interdisciplinarité, cette configuration témoigne que les « arts », échappant pour partie à une conception positiviste de l’histoire de l’art canonique – celle d’une connaissance des vies d’artistes et d’une science de l’attribution –, ne sont pas en situation de totale autonomie par rapport à l’ensemble de l’histoire des sociétés et peuvent, voire doivent, être appréhendés par des disciplines diverses, souvent proches et aux apports complémentaires, qui, si elles possèdent chacune leur histoire, leurs outils et leur forme d’écriture, s’enrichissent aussi de croisements et de dialogues méthodologiques. Ce volume collectif, dirigé par un historien et un historien de l’art qui travaillent dans le même laboratoire de recherche en sciences humaines et sociales, souhaite rendre compte de cette diversité disciplinaire et ouvrir des rapprochements. Des historiens, des historiens de l’art, du cinéma, de la littérature, de la musique, de la danse ou du théâtre et une sociologue de l’art et de la culture ont accepté de relever ce défi intellectuel dans un projet éditorial commun. En réalité, ces découpages académiques, issus de la plus ou moins longue histoire de ces disciplines et de leurs bifurcations ou ramifications parfois très récentes, que façonnent aussi parfois des rivalités institutionnelles, ne sont plus des obstacles à l’heure où les convergences entre les sciences historiques semblent se multiplier et au moment où les questions de l’histoire de l’art, du goût et de l’esthétique sont aussi prises en charge par les sciences cognitives, comme le montrent les expérimentations du robot humanoïde Berenson conduites depuis 2012, par l’anthropologue Denis Vidal et le roboticien Philippe Gaussier, dans le cadre des collections du musée du quai Branly . On pourra objecter que le propos est large, puisqu’il s’agit de couvrir pas moins de cinq siècles de l’histoire des arts – de la Renaissance à aujourd’hui – et dans tous les domaines de la création artistique : non seulement la peinture, la sculpture, l’architecture, mais aussi les arts décoratifs, la musique, la danse et le cinéma. En outre, le champ d’étude déborde amplement le périmètre traditionnel de l’histoire de l’art – celui des objets visuels –, et participe plus largement, sans exclusive, des problématiques de l’histoire culturelle, pour intégrer d’autres objets ou pratiques tels que l’urbanisme ou la propagande, le spectacle vivant, la littérature ou la musique .

Mais l’ambition de ce travail collectif est surtout de croiser les approches et les corpus, les notions et les échelles, les périodes et les formes, les ères et les aires, pour définir les conditions et les opérations de création, de diffusion et de réception qui qualifient et légitiment les œuvres d’art en tant que telles. C’est donc, à ce titre, croire dans la possibilité de construire une histoire sociale et culturelle des arts qui a désormais de nombreux partisans, mais dont les opposants sont encore légion, forts d’une conception esthétisante et élitiste de l’art où affleure encore la vieille théorie romantique de « l’art pour l’art ».

Ce parti pris d’une histoire culturelle et sociale des arts se reflète dans le titre choisi qui, préférant l’usage du pluriel à celui du singulier, propose une « histoire des arts », c’est-à-dire – au-delà de l’intitulé adopté en 2005 pour les programmes scolaires des cycles de l’école primaire et de la formation secondaire – une histoire des formes de l’expression artistique, dans ses dimensions matérielles ou immatérielles, pérennes ou éphémères. La forme adoptée pour cet ouvrage se situe à la charnière de l’essai et du manuel, offrant non pas un panorama complet de la création sur cinq siècles, mais des éclairages thématiques, qui traitent dans la longue durée de questions problématisées. Dans la première partie, en une vingtaine de chapitres, le lecteur pourra aborder des notions telles que l’histoire des « -ismes », la critique d’art, le statut de l’artiste, le rôle des institutions artistiques, les phénomènes d’utilité ou de patrimonialisation, l’art enrôlé par la propagande ou encore l’urbanisme. L’appareil critique, sous forme de notes de bas de page, est volontairement réduit aux sources; une orientation bibliographique accompagne chaque contribution, susceptible d’enrichir la réflexion du lecteur. La démonstration s’appuie sur une iconographie variée, qui se veut représentative. Dans une perspective didactique, les chapitres peuvent comporter de surcroît des encadrés susceptibles de décliner des analyses d’œuvres ou des mises au point, comme ils offrent la possibilité de présenter des artistes ou des objets sous la forme de focus. Dans une deuxième partie intitulée « Aperçus », sont proposés des dossiers de trois à quatre documents, de nature diverse (œuvres, archives, textes, photographies, etc.), référencés, mis en perspective, analysés et commentés. Chaque dossier permet de traiter des questions particulières, afin de conforter ou préciser les thèmes abordés dans la première partie de l’ouvrage : du mécénat princier à la vie d’artiste sous la Révolution ; de l’art utile sous le Front populaire aux musiques populaires du xxe  siècle; de la marchandisation du patrimoine à la géopolitique au cœur des pratiques et des réceptions artistiques. L’enjeu scientifique et pédagogique de ce projet éditorial est multiple : fournir un guide susceptible d’être mobilisé autant par les étudiants que par les enseignants du secondaire; proposer une vision de l’histoire des arts au travers de morceaux choisis, qui puisse renforcer la culture générale des lecteurs. Il s’agit aussi de rendre plus facilement accessibles des recherches récentes, trop souvent connues des seuls spécialistes; conviction partagée, déjà expérimentée sous d’autres formes . Aussi, l’ouvrage vise un large lectorat, du grand public cultivé aux étudiants, en passant par les enseignants du secondaire, particulièrement ceux qui sont chargés des enseignements d’« histoire des arts », au collège et au lycée, dans une perspective interdisciplinaire articulant les approches artistique, littéraire, historique et sociologique.


 

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 08:35

Les États Généraux de la Culture se créèrent en 1987 suite à la venue en France de la 5, chaîne de Berlusconi, et contre la vente de TF1 au groupe Bouygues. Ils se déployèrent en quatre étapes aux salles pleines : Théâtre de l’Est Parisien (9 février), Tour de France en 16 villes (printemps), Théâtre de Paris (17 juin) et un Zénith comble (16 novembre).

L’élaboration d’une Déclaration des droits de la culture,en procède,traduite depuis en 14 langues, véritable sursaut éthique de tout le monde des arts et lettres, sans rivage,et proclameront six obligations : audace de la création, obligation de production, élan du pluralisme, volonté de maîtrise nationale de la distribution, atout d’un large public, besoin de coopération internationale.

Pendant 20 ans, en France, notamment à Cannes et en Avignon, en Afrique (7 pays), au Chili et en Colombie, à Berlin, à Prague, en Italie et en Suisse, en URSS, aux États-Unis et au Canada, au Conseil de l’Europe, les réflexions et les actions se multiplièrent gardant à l’esprit qu’un peuple qui abandonne son imaginaire culturel à l’affairisme se condamne à des libertés précaires.

C’est ainsi qu’avec d’autres, nous avons conquis « l’exception culturelle », fait rejeter l’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement), fait échouer la conférence de l’OMC à Seattle, fait en sorte de ne pas appliquer la convergence à la conférence de Birmingham, nous avons aussi réfléchi sur les nouvelles technologies et la culture, défendu le droit d’auteur, particulièrement le droit moral, et bien d’autres choses. Ces actions et d’autres ont fait que les États Généraux (ni association, ni syndicat, ni parti) ont constitué l’un des plus grands mouvements culturels que la France ait connu après la Seconde Guerre mondiale. Ce fut un chant général culturel, riche de ses diversités nationales, sans étatisme plébiscitaire, ni affairisme publicitaire, qui a toujours sa raison d’être, notamment depuis la reprise de l’AMI sous une forme encore plus pernicieuse, celle du TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement, en français Accord commercial transatlantique).

Jack Ralite


 

© INA. Ministère de la Culture et de la Communication, sur le site En Scènes, le spectacle vivant en vidéo. 

à noter : Le mercredi 12 octobre 2016

Les États généraux de la culture.

Rencontre avec Jack Ralite,

entouré de Dominique Blanc, Jean-Paul Dekiss, Nedim Gürsel,

Claudine Joseph, Abdelatif Laabi, Daniel Mesguich, Pierre Musso,

Jean-Claude Petit, Serge Regourd, Pierre Santini

Débat animé par Laurent Fleury,

professeur de sociologie à l’Université Paris Diderot

avec Bernard Faivre d’Arcier,

membre du Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication

Le mercredi 12 octobre 2016

de 14h30 à 17h30

à l’amphithéâtre Buffon

Université Paris Diderot

15, rue Hélène Brion

75 013 Paris

Entrée gratuite sur inscription obligatoire

à : comitehistoire@culture.gouv.fr ou 01 40 15 79 71

Cette rencontre inaugure les Journées Diderot « Culture et Politique » du Master « Politiques culturelles » et est organisée par l’axe « Art, culture et politique » du Laboratoire du Changement Social et Politique ainsi que par le Comité d’histoire du Ministère de la Culture et de la Communication.

 

Voir aussi :

États généraux de la culture. notice de Vincent Dubois pour le Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959, CNR,  Larousse, p. 259-260, 2001.

Texte de la Déclaration des droits de la Culture

Adoptée par les Etats Généraux de la culture le 17 juin 1987 au Théâtre de Paris et proclamée le 16 novembre 1987 au Zénith à Paris

 


 

 

 

 

 

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 16:11

 

Il faut apprendre à faire humanité ensemble. Pour cela, il faut tenter de dépasser la nécessaire démocratisation culturelle pour défricher, modestement, mais résolument, les chemins de la démocratie culturelle. Voilà la conviction essentielle et le grand combat à mener au XXIe siècle : l’invention d’un humanisme de la diversité qui répondra aux fermetures des nationalismes. Un humanisme de la diversité adapté aux identités composites de notre temps, fondé sur les droits culturels des personnes.

Jean-Michel Le Boulanger formule un triple constat :

  1. « La France souffre de mal maîtriser la mutation de son rapport au monde. Elle souffre d’une “identité malheureuse”, inquiète, méfiante devant l’Autre comme dans l’avenir. »

  2.  « La France est, avec la Turquie, le dernier pays d’Europe à refuser de ratifier la Charte européenne des langues minoritaires ? »

  3.  « Un sentiment de déclassement ronge tant et tant de nos contemporains ».

(…)

Par ailleurs, si une large majorité des Français et tous les hommes de bonne volonté partagent cette aspiration rhizomique harmonieuse et féconde – émergence d’une ‘identité-relation’ au sein d’un ‘universel concret’ incarné dans un ‘ici-ailleurs’ – toute la difficulté réside dans le modus operandi  : les mises en œuvre des échanges et des transmissions entre individus et territoires ; la mise en pratique de nouvelles sphères de partage susceptibles de retisser du lien vivant ; la composition concrète d’une musique psycho-sociale paisible, voire heureuse ; la formulation normative (et le déploiement contraignant ?) d’une éthique citoyenne du respect et de la bienfaisance.


 

Quand j’ai abordé la question de l’identité, je suis parti de la distinction opérée par Deleuze et Guattari, entre la notion de racine unique et la notion de rhizome. Deleuze et Guattari, dans un des chapitres de Mille Plateaux [qui a été publié d’abord en petit volume sous le titre le Rhizomes], soulignent cette différence. Ils l’établissent du point de vue du fonctionnement de la pensée, la pensée de la racine et la pensée du rhizome. La racine unique est celle qui tue autour d’elle alors que le rhizome est la racine qui s’étend à la rencontre d’autres racines. J’ai appliqué cette image au principe d’identité. Et je l’ai fait aussi en fonction d’une « catégorisation des cultures » qui m’est propre, d’une division des cultures en cultures ataviques et cultures composites. (Introduction à une Poétique du Divers, Edouard Glissant).

Lire l'intégralité de le recension.

 

© Nicolas Roberti. Unidivers.fr, le magazine culturel de Rennes et de Bretagne.

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 09:15

Création sociale et innovations culturelles.

 

Sont proposés dans cette rubrique quelques sites, ressources, répertoires sur les expériences que mènent, hélas trop souvent loin des micros et des caméras, ceux qui persistent à croire aux rôles fondateurs de l'action artistique, du partage des savoirs, de la transmission culturelle et de la délibération démocratique en vue de contribuer à  l'émancipation des individus et la construction du vivre ensemble.

   

 

17. Chantiers ouverts au public : remixer l'action publique


 


 

Chantiers ouverts au public. Design des politiques publiques, Pauline Scherer (coord.), La 27e Région, La Documentation française, Paris, 2015, 498 p., ISBN : 978-2-11-009932-7, 29 €.

Comment redonner du sens à l’action publique et la rendre à nouveau désirable ? Cette problématique est au centre du travail de la 27e Région depuis 2008. Avec l’ouvrage collectif Chantiers ouverts au public l’association semble être arrivée à une étape de bilan, qu’elle partage dans un livre-objet qui nous invite à voyager entre corpus théorique, contributions critiques, défis lancés à l’action publique, boîte à outils et retours d’expériences documentés.

© Sylvia Andriantsimahavandy dans la Revue de l'Observatoire des politiques culturelles.

 

En savoir plus.

 

Voir la page : Création sociale et innovations culturelles.

 

 

 
 

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 08:55

 

Sous le titre N’enfermons pas l’art dans une soi-disant culture populaire , le quotidien Le Monde a publié le 16 septembre dernier une libre opinion de Jean-Marie Hordé, directeur du Théâtre de la Bastille.

Depuis deux décennies au moins, la question essentielle de la culture est la grande absente des discours politiques. Si l’on considère qu’en politique, la parole est un acte, cet envahissant silence devient un acte politique par défaut. Or, s’il en était besoin, notre actualité démontre comment les questions de l’art et de la culture sont au cœur des tragédies qui nous bouleversent et combien elles constituent un enjeu plus important que toutes les considérations économiques.

Cela est d’autant plus grave que les glissements idéologiques vers des positions populistes ou démagogiques qui prétendent qu’une culture « élitaire » aurait pris la place d’une autre, nécessairement plus légitime, dite culture « populaire » semblent rester sans réponse. Déjà, certaines villes s’engouffrent dans le vide et profitent de l’absence d’un vaste discours affichant une réelle volonté politique. Le plus triste est que ce manque de courage trouve des alliés dans des sphères de la société que l’on voudrait plus éclairées : certains médias, et jusqu’à des services du ministère concerné se complaisent volontiers dans cette simplification.

L’échec de la démocratisation culturelle

Depuis des années, on ne cesse de répéter que la politique culturelle de la France est un échec puisque seulement 10 % environ des Français fréquentent les théâtres, objet pourtant d’une importante aide publique. Cette fausse évidence porte un nom : l’échec de la démocratisation culturelle.

L’accès à la totalité de l’article est protégé


En savoir plus

Pour saisir le ressort de l’argumentation de J.M. Hordé, on peut se reporter à la recension, publiée en 2011, de son ouvrage Le Démocratiseur – De quelle médiocrité la démocratisation culturelle est-elle aujourd’hui l’aveu ? (Les Solitaires intempestifs).

Pour Hordé, l’angle mort de la démocratisation tient à ce qu’on cherche moins à rendre "accessible" (Malraux) qu’à rendre "disponible", moins à"populariser" qu’à "saisir le déjà populaire". "L’intimidation" est le slogan anxiogène que le démocratiseur met en avant pour invalider toute action culturelle audacieuse.

Or, pour Hordé, opposé à cette politique de la peur et cette haine des élites, il ne faut pas confondre "une commune possibilité d’accès avec une égalisation de l’usage".

"L’art divise avant de rassembler", souligne-t-il. "Les oeuvres de la culture ne sont pas spontanément unificatrices ; or la nouvelle idéologie du pouvoir s’organise sur le rêve de l’Un. Il prend le nom de populaire."

Le seul échec d’une politique culturelle cohérente est de "renoncer à l’expérience en tant qu’elle peut rater". Pour l’auteur, dont le Théâtre de la Bastille a su séduire un public, à partir d’une exigence et de prises de risque, l’urgence politique pousse à "refonder la nécessité de l’aide publique sur une conception commune de l’enjeu artistique et démocratique". Or, fonder une politique artistique et culturelle sur la demande, "c’est renoncer à un principe fondamental : comprendre que ce qui assemble diffère de ce qui est déjà assemblé".

Ce texte fort et sincère pose un cadre idéologique essentiel. Le problème ici soulevé touche bien à la fonction que l’Etat doit assigner au ministère de la Culture : doit-il rester "le simple ordonnateur de notre commun assentiment" ou un soutien de la création artistique, même la plus risquée, pour qui "le geste de partage qui partage est le véritable indice démocratique" ?

 

© par Jean-Marie Durand, Les Inrocks, Août 2011.

 

A celles et ceux qui trouveraient ces propos ( à commencer par le sempiternel : depuis -indiquer la durée de votre choix- , la question essentielle de la culture est la grande absente des discours politiques) passablement rebattus, La Cité des sens propose d’écouter une autre voix, moins connue, certes, qui s'exprime sur un site déjà évoqué ici : Indisciplines. Savoirs, nature, cultures et alternatives sociales.

 

Celle de Larbi benBelkacem

En vrac. Pas d’ironie svp, je débute.
Un préambule un peu long pour expliquer notre démarche.

Nous sommes une compagnie d’écriture et de danse contemporaine, nous produisons des spectacles et animons des ateliers de médiation culturelle en direction de publics divers.

(…)

Le pire est dans l’aspect culture pour tous : on nous conseille de favoriser l’émergence de cultures les plus diverses possibles, mais en respectant une hiérarchie : les créations d’excellence, pour les lieux d’excellence tels que les théâtres subventionnés, et d’autres, que j’appelle créations de médiocrité, pour les lieux médiocres. Voilà la situation de la culture en France, et ce, depuis l’abandon de l’Éducation Populaire et la création du ministère de la culture.
Nous croyons que la Culture est Une, jamais plurielle. Accepter une hiérarchie, c’est condamner le peuple aux spectacles de qualité inférieure. C’est le but de la culture telle qu’elle a été mise en place par les gouvernements depuis 1960. La Culture est dangereuse pour les pouvoirs, ce sont les artistes qu’on enferme ou qu’on tue dans les dictatures.
Les fractures sociales sont provoquées par les fractures culturelles.

La démocratisation de la culture s’est souvent faite d’une façon telle que les résultats en ont déçus les initiateurs.

Pour la diffusion de la culture, je ne sais que trois voies possibles:
-La première procède de l’imprégnation, par la « naissance ». Pour le bénéficiaire, elle va de soi.
-La seconde, plus commune, nécessite la participation de missionnaires, d’éducateurs.
-La troisième, moins connue, est l’appropriation d’un patrimoine auquel « on » n’a pas droit.

Transmission héréditaire, Distribution, Vol : Trois mécanismes d’acquisition que l’on retrouve dans tous les moyens de diffusion et d’acquisition des biens, qu’ils soient matériels ou non.
La Transmission se révèle avoir un excellent rendement. Les bénéficiaires peuvent en critiquer les modalités, ils en acceptent les avantages.
La Distribution n’a de limites que celles des « missionnaires ». Celles ci sont, hélas, vite atteintes.
Le Vol n’est pas compris, pas étudié. C’est à dessein que j’emploie le mot « vol », car les bénéficiaires s’emploient bien vite à le légaliser, le « blanchir ».

C’est un peu le bordel, mais je demande de l’aide pour corriger, élargir, rétrécir ou annuler les éléments discutables.
Et ils le sont tous.

Lire le post

 

Et aussi celui-ci

Les esthètes.

Ecrit par Larbi benBelkacem, 29 Déc 2015, 26 commentaires

Je hais les esthètes. Je les hais pour ce qu’ils sont. Je les hais surtout pour ce qu’ils font. Je les hais pour avoir kidnappé les mots pour dire. Pour avoir privatisé le chemin qui va de l’émotion aux mots, des mots à l’émotion. Je les hais pour avoir fait en sorte que nul, s’il n’est de la famille, n’osera pas dire simplement, sereinement, qu’il aime ou qu’il n’aime pas. Je les hais pour nous avoir enjôlés par leur grande âme, ouverte à la beauté, à la pure joie, au pur bonheur. Je les hais pour nous avoir engeôlés dans les chromos saint-sulpiciens, saint-sulmerdiens, dans la musique légère ou lourde, dans les guidécares. Je les hais pour nous avoir repoussés là où il n’y a rien à dire. Je les hais pour le rouge de la honte qui nous monte au front quand ils nous pressent de dire nos émotions devant la beauté. Je les hais de nous faire sentir ridicules avec nos petits mots, nos petites phrases. Je les hais pour leurs mots sensibles, pour leurs phrases bien scandées, polies. Je les hais pour avoir séduit et entravé les poètes afin qu’ils n’aient aucune longueur d’avance. Je les hais pour avoir fait une arme des mots. Je les hais pour avoir adopté le jugement de dieu, où le meilleur frappeur a raison, où le plus beau parleur a raison. Je les hais pour le mépris de nous-mêmes dans lequel ils nous ont enfermés. Je les hais pour nous avoir préparés à donner raison au meilleur parleur, au meilleur tribun, au meilleur démagogue. Je les hais parce qu’ils ont toujours balisé le chemin des gourmands de pouvoir, qui savent pouvoir compter sur eux. Je les hais, et ce n’est pas tout, pour avoir décanaillé l’art.

Malfaiteurs, va!

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 09:56

 

En juin dernier, j'avais signalé ici-même que le Festival d’Avignon, le Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication, la FNCC et l’Observatoire des politiques culturelles avaient décidé de se saisir de son 70ème anniversaire pour revisiter l’histoire du festival et son influence sur la construction des politiques publiques afin de proposer une réflexion partagée sur conditions d’une nouvelle ambition pour la culture. Entre rétrospectives et prospectives, la journée devait s’articuler autour de dialogues croisant les regards de chercheurs, d’acteurs culturels, d’élus et d’artistes.

Dans une note du 12 septembre dernier, sur son Carnet de recherches, le Comité d'histoire met à disposition la transcription de ces échanges :

Le 15 juillet dernier, à l’initiative de l’Observatoire des politiques culturelles, le Festival d’Avignon, la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC) et le Comité d’histoire devaient se retrouver au cœur de la Cité des Papes pour débattre de l’influence du Festival sur la construction des politiques culturelles et leurs perspectives actuelles.

Cependant, au lendemain de l’attentat de Nice, l’histoire a montré une nouvelle fois que l’actualité politique et internationale s’imposait au Festival d'Avignon.

Nous publions aujourd’hui les propos des intervenants qui ont interrogé le rapport entre l’art et le politique, ainsi que le rôle des artistes, et plus globalement celui de la culture, face à la barbarie.

Intervenants :
– Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon
– Florian Salazar-Martin, président de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture
– Jean-Pierre Saez, directeur de l’Observatoire des politiques culturelles
– Bernard Faivre d’Arcier, ancien directeur du théâtre et des spectacles, ancien directeur du Festival d’Avignon
– Maryvonne de Saint Pulgent, présidente du Comité d’histoire
– Pascal Ory, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris I
– Emmanuel Wallon, professeur de sociologie politique à l’université de Nanterre.


Accéder au carnet de recherches du CHMCC Politiques de la culture

 

La Cité des sens propose donc une première série d'extraits pour donner envie de lire la longue mais très précieuse transcription de ces échanges portant sur

Les Rencontres d’Avignon, les politiques culturelles et le tragique dans le spectacle et dans l'Histoire.

 

Olivier Py

(…) Vilar disait : « Donnez-moi une autre société, je vous donnerai un autre théâtre. » La société dans laquelle nous vivons aujourd’hui est une société malade, souffrante, angoissée et violente. Quel théâtre répond à cela ? Nous avons essayé, pendant ce festival, avec les artistes, de trouver des moyens de réponse ou, tout au moins, des manières de formuler notre inquiétude ou notre angoisse. Que ce soit Les Damnés, un spectacle assez noir, voire très pessimiste, ou la même histoire racontée par Anne-Cécile Vandalem dans Tristesses sous la forme d’une farce ou par Maëlle Poésy sous la forme d’une parabole, nous n’étions pas loin du sujet. Horatio dit à Hamlet : « Suspends ta douleur un instant pour raconter mon histoire. ». Si vous le voulez bien, aujourd’hui, nous allons suspendre notre douleur pour parler ensemble et raconter notre histoire.

 

 

Bernard Faivre d’Arcier

 

L’exercice n’est pas facile, mais il ne faut pas être surpris. Dans l’histoire du Festival – nous avons regardé les colloques et débats depuis l’époque de Jean Vilar pour préparer ce colloque –, l’actualité politique s’est imposée au Festival lui-même. Il a toujours été une caisse de résonance de l’actualité politique internationale, avec plus ou moins d’effets immédiats. 
Je me souviens très bien de grands débats à propos des artistes algériens qui avaient été systématiquement assassinés durant les années 1990. Nous avions d’ailleurs présenté les textes et parfois les pièces de théâtre de ces auteurs. Cette forme de terrorisme qui avait cours en Algérie était déjà, à cette époque, une grande inquiétude. Il faut s’en souvenir. Srebrenica fut un autre grand moment, qu’Olivier Py a bien connu. Au moment du massacre de Srebrenica, qui a eu lieu au mois de juillet, tous les artistes s’étaient tout de suite mobilisés, en plein Festival, alors qu’ils étaient débordés par la préparation de leurs spectacles. Ariane Mnouchkine, François Verret, Olivier Py et bien d’autres, s’étaient constitués pour rédiger une « déclaration d’Avignon » à propos de cette actualité et de la défense de Sarajevo. J’avais d’ailleurs moi-même été missionné pour négocier la capacité de déclarer Sarajevo Capitale européenne de la culture, entre Anvers et Lisbonne. Nous essayions, les uns et les autres, plus ou moins adroitement, de mobiliser les esprits. Je crois d’ailleurs que les milieux du théâtre ont été les premiers en France à s’être aussi bien mobilisés sur l’explosion de l’ex-Yougoslavie. Après cela, nous avons fait des sit-in, nous avons même engagé une grève de la faim qui s’est prolongée à la Cartoucherie de Vincennes. Cela veut dire qu’une fois le Festival terminé, ce groupe d’artistes et de professionnels de la culture s’est installé à la Cartoucherie de Vincennes, au mois d’août, c’est-à-dire dans un certain désert médiatique, pour mener cette grève de la faim, pour continuer notre action. Cela m’a d’ailleurs valu, à la mi-août, de recevoir de Jacques Chirac, à l’époque président de la République, et de Jean-David Levitte, son conseiller diplomatique, des messages à propos de l’intervention anglo-française en Serbie qui se préparait dans le cadre de l’OTAN et qui a mis fin à cette période. 

Nous avons toujours été très engagés dans l’actualité politique internationale. C’est tant mieux et c’est normal puisque coller aux questions sociales est le mouvement quasi naturel des artistes. Vous aurez évidemment noté mille correspondances entre la programmation de cette année, préparée par Olivier Py, et cette actualité internationale qui s’impose à nous.
Enterrer les morts et réparer les vivants est ce à quoi nous allons tous être confrontés. (…)


Pascal Ory

Étant historien, je vais me permettre de compliquer les choses. Le théâtre peut tout, l’art peut tout, la culture peut tout, mais cela veut dire que, face à ce qui peut être interprété comme haine, comme violence – ce mot paraît presque faible par rapport à ce qu’on vit aujourd’hui, et en même temps il faut le prendre très au sérieux, notre société démocratique libérale est très sensible à la violence, par exemple au viol, à la pédophilie, etc. –, il faut se poser la question de la foi qui fait tuer. C’est une vieille tradition de la foi. Pas que la foi religieuse, toutes les fois. C’est une première pierre dans le verger d’Urbain V. 


Et puisque que le théâtre, l’art et la culture peuvent tout, ils peuvent aussi entretenir la haine. Je suis peut-être le seul dans cette enceinte à le penser profondément et c’est peut-être ma déformation tragique d’historien – je pense que si un historien n’est pas tragique, il fait mal son métier.

Je vois sans arrêt des exemples où l’art et la culture poussent à la haine, à la violence. La scène des autodafés nazis nous rassemble facilement : tout le monde est d’accord pour dire que c’est une horreur. Goebbels, qui avait mis en scène, mis en scène, les autodafés, s’est rendu compte qu’il avait fait fausse route, que c’était contre-productif, dirait-on aujourd’hui. Mais la mise en scène a été faite, elle est passée dans toutes les salles d’actualité en 1933, salles françaises, surtout anglaises, américaines, etc. Nous sommes tous d’accord pour dire « quelle horreur, quelle barbarie ». Or je me suis rendu compte assez récemment que dans la mise en scène, c’était le savoir qui organisait officiellement l’autodafé : les unions d’étudiants, les universitaires présidaient l’autodafé. C’est un premier point. Je suis universitaire et balaye donc devant ma porte. Il y a eu des milliers d’universitaires, d’intellectuels, d’artistes nazis. À mon avis, les artistes nazis étaient plus nombreux que les non-nazis, mais c’est une autre affaire. Deuxièmement, j’ai appris cela il y a deux-trois ans, une prise de parole par un poète nazi justifiait l’autodafé au début de la cérémonie. C’est une autre petite pierre dans le jardin d’Urbain V : l’art et la culture, c’est aussi cela. Cela m’agace un peu d’entendre toujours dire que l’art, la culture luttent, que nous luttons contre la barbarie. Non, ou alors il faut définir barbarie. Depuis la nuit des temps, l’art et la culture contribuent à la barbarie. Je suis peut-être le seul à le penser et vais peut-être me faire lyncher… De toute façon, le théâtre a inventé la tragédie pour parler de cela. 
À la lumière noire de cette nuit, trois éléments qui rejoignent peu à peu la problématique prévue ce matin me reviennent en esprit.
Premièrement, il y a un rapport complexe de l’art à la jouissance. Il y a une guerre contre certaines formes de jouissance. Je n’invente rien, ce n’est pas de la sur-interprétation lacanienne ou je ne sais quoi, c’est dans le communiqué de Daech du 13 novembre. Je l’ai fait travailler à mes étudiants. Clairement, on attaque Babylone, et les terrasses de café sont justifiées comme cibles. Ce rapport d’hostilité à des formes de jouissance interroge. Évidemment, pour le théâtre, l’art, on pourrait utiliser d’autres termes que jouissance, mais c’est celui qui me vient dans la précipitation de ce matin.
Deuxièmement, le rapport que l’art, et particulièrement le théâtre, entretient avec le religieux. Que je sache, on tue des gens à Nice ou ailleurs au nom de la religion – on pourra discuter de ce qu’on met dans le terme « religion ». Le théâtre a depuis toujours un rapport très étroit avec le religieux, y compris dans des métaphores parfois un peu douteuses comme « communion »… Il faudrait interroger cela. Je rappelle – petite pierre dans le jardin – une discussion entre linguistes, semble-t-il réglée, sur l’étymologie de religio : malheureusement, il semble que ce ne soit pas le fait de « relier » qui prédominerait, mais le fait de « relire », c’est-à-dire « le rituel ». La religion, c’est le rituel. On répète des gestes. C’est très étroitement lié à des performances. J’ai été extrêmement impressionné par les vidéos de Daech, que nous ne voyons généralement pas in extenso. L’année dernière, il a été possible d’en voir dans leur intégralité au Banquet du livre de Lagrasse, dans les Corbières : les gens sortaient pratiquement pour vomir. Des caméras montrent comment les victimes meurent, y compris sous l’eau quand elles se noient. Il y a donc une mise en scène. Ce qui s’est passé sur le théâtre antique de Palmyre est aussi extraordinaire. Vous avez sans doute tous vu cet extrait. Sur les gradins, des gens qui avaient lu Aristote et la catharsis étaient là, convoqués par Daech pour assister à l’exécution de soldats de Damas. Était-ce un faux-semblant ? Les a-t-on vraiment tués ? Il y a un montage. Mais ils assistaient à cette exécution, sur la scène du théâtre de Palmyre. Très impressionnant. Un romancier qui aurait inventé cela se serait vu reprocher d’aller trop loin.
Ma troisième et dernière remarque porte sur la question de l’individu face au collectif. La rencontre, le débat ont explosé au Festival d’Avignon… Au début du Festival, il y a avait une unité : Vilar : on était sérieux, il y avait la FNCC : on prenait des notes… Maintenant, c’est l’éclatement complet, qui va de pair avec l’éclatement individualiste. Aujourd’hui, nous faisons du collectif avec de l’individu. Le chauffeur du camion blanc – c’est très théâtral, très impressionnant, c’est une extraordinaire mise en scène cet énorme camion blanc qui écrase 100 personnes ou plus sur la promenade des Anglais, on est dans la tradition du film du « camion méchant » du cinéma américain – est un individu. On sait bien maintenant que la force de Daech est de ne pas être centralisé, de susciter des vocations, et chacun va mettre en scène son assassinat. On est trader individualiste ou on est djihadiste individualiste. En même temps, les individus peuvent faire du collectif. Par exemple, 4 millions de personnes descendent dans la rue en janvier et font des manifestations de masse d’individualistes. Beaucoup d’entre vous devaient y être. Ce sont des individus qui se retrouvaient ensemble. On peut donc faire du collectif avec des individus. Je trouve que pour les gens de théâtre, pour les artistes, cela interpelle.

Emmanuel Wallon

Il y a des professeurs à la tribune et dans la salle. Les études de fréquentation du Festival d’Avignon conduites par notre collègue Emmanuel Ethis ou Jean-Louis Fabiani montrent qu’ils représentent une très forte proportion non seulement de ceux qui vont aux spectacles, IN et OFF confondus, mais aussi de ceux, et celles, encore plus nombreuses, qui fréquentent les colloques. C’est un gage de succès pour un orateur de souligner les mérites et les bienfaits de l’éducation. Au-delà de la boutade, celle-ci est-elle un éternel recommencement ? Je me permets de m’inscrire un peu en faux, parce qu’il y a institutionnalisation. Il y a des politiques, des programmes, des espaces, cela s’inscrit dans le corps de la cité. La pénétration de ces lieux par l’art est un processus encore bien inachevé.

Comme quelques autres, je suis persuadé que penser au prisme de l’éducation l’ensemble des politiques culturelles est un bon moyen de les remettre en question, de les renouveler et de mieux accomplir une partie de leur programme. Cela dit, il s’en faudrait de beaucoup pour qu’une politique culturelle et éducative, et même sociale, parvienne à accomplir toutes les promesses du mot « fraternité ».

Dans la devise républicaine, plus encore que l’égalité qui est présente dans l’Évangile, ce mot est l’héritage non avoué du christianisme. On pourrait le critiquer en disant qu’il nous renvoie à une vision de la Nation liée à la naissance, au sang, à la famille. Observons néanmoins que, dans le vocabulaire d’aujourd’hui, qui est peut-être en avance dans l’humanisation, dire « mon frère » est un moyen d’établir la sympathie dans une discussion de bistrot, devant un écran diffusant une compétition de foot. Ce peut être aussi une façon d’interpeller : bref, la notion de fraternité est présente dans la conscience collective. La faire vivre ne peut pas être une affaire de morale civique et laïque, de leçon de choses civiques et morales autour de citations de quelques philosophes, même s’ils sont chers à un ancien ministre de l’Éducation nationale. Cela doit être vécu, dans cet aller-retour entre l’expérience, l’exemple et la réflexion. La littérature, l’art peuvent y aider, c’est absolument certain, mais si l’exemple n’est pas donné, si tout dans la pratique dément ce message de communion – j’emploie exprès un élément du vocabulaire évangélique –, alors il se produit ces phénomènes de frustration et de rejet dont on identifie toujours plus ou moins un aspect dans les dérives individuelles qui conduisent aux pires excès qu’on connaît aujourd’hui. J’enseigne à l’université de Nanterre, qui a la chance d’accueillir les enfants de Neuilly aussi bien que de Gennevilliers ou d’Aubervilliers : très souvent, mes étudiants en sciences politiques, qui sont vraiment assez représentatifs de la diversité de la société française, me renvoient à la figure, quand je deviens lyrique sur les questions d’égalité ou d’universalisme, la réalité de l’homogénéité du public des institutions culturelles, malgré tous les efforts courageusement faits par les responsables et les personnels de ces institutions. Le travail à faire de ce point de vue est encore énorme. De même pour que, un jour, ceux qui peuplent nos scènes et nos écrans soient vraiment à l’image de la société française. Pas de façon idéalisée et enjolivée comme dans Plus belle la vie. Non, y compris avec un théâtre de crise, avec un théâtre qui pose des questions abruptes.
 
 

Accéder à l'intégralité de la transcription.

 

 

Voir aussi, sur ce blog : La barbarie au pluriel

 

Et, sur les Rencontres d'Avignon

La Provence, terre de festivals, le Festival d’Avignon, terre de colloques.

par Bernard Faivre d’Arcier,
ancien directeur du théâtre et des spectacles, ancien directeur du Festival d’Avignon,
membre du Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication

 

 


 

 

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 09:10

Eric Piolle, maire de Grenoble (JDD 2 septembre 2016)

A Grenoble, le maire écologiste Eric Piolle fait face aux critiques après la présentation d'un "plan de sauvegarde des services publics". Le JDD a profité des Journées d’été d’EELV à Lorient, la semaine dernière, pour le rencontrer. 

 

(voir ci-dessous, chapitres précédents).

"(…) Après, la question est de savoir si on décide qu’il y a un budget - celui de la culture par exemple - auquel on ne touche pas. Notre priorité est l'éducation. C’est la moitié de notre plan d’investissement. Et ceux qui me disent que la culture est le barrage contre le vote Front national, je leur dis que la région Nord-Pas-de-Calais avait une politique culturelle extrêmement développée, or le FN a fait 40% (au premier tour des régionales de 2015, NDLR).

Ça veut dire qu’il ne faut plus de politique culturelle?
Ce n’est pas ça. Mais il faut se demander comment on sort d’un modèle de démocratisation de la culture, qui a permis beaucoup de choses, mais qui, petit à petit, nie la culture au sens large. C'est cette réflexion que nous avons. Comment s'adresse-t-on aux jeunes? Nous avons rendu le musée gratuit jusqu’à 26 ans, nous sommes sortis de la logique de statut pour une logique de revenu… Il faut aussi avoir une politique pour que la culture vienne titiller, bousculer, chaque citoyen dans l’espace public et qu’il y ait une réflexion autour de cela. Il y a cette politique d’invention où tout est à définir.

Vous estimez donc qu’un mauvais procès vous est fait?
Non. En partant du diagnostic, qui est partagé je crois, que le modèle  était à bout de souffle, la difficulté est d’inventer et de mettre en pratique un nouveau modèle. Comment on permet l’émergence culturelle, si les budgets n’augmentent pas? Un travail sur les subventions a été fait pendant les deux premières années. Ces montants sont figés et ne baisseront plus à l’avenir. On a redéfini le périmètre de la ville. Grenoble porte la métropole a elle toute seule. Les équipes précédentes étaient passées complètement à côté de la métropolisation pour des raisons de divergences ou d’affichage politiques. A Grenoble, on a raté le train de l’intercommunalité il y a quinze ans".


 

© Anne-Charlotte Dusseaulx - JDD.fr 2 septembre 2016

Rappels.

- UN-

Grenoble, la déception de l’écologie culturelle

Par Joel Pommerat, Dramaturge, metteur en scène. — Libération 2 juin 2016

 

 

Le maire a, en effet, un petit souci avec «le logiciel de pensée Malraux-Lang» (comme il dit) des gens de la culture en général et du monde des arts vivants en particulier, synonyme de politique dispendieuse et élitiste. (…) Voilà ce que je retiens de cette politique qui se vante d’en être une et d’avoir de l’ambition. C’est un cocktail, un bazar, un agglomérat de pièces hétéroclites, foutras idéologiques...
(…) 
Un tout finalement compliqué, contradictoire et paradoxal, mâtiné de suffisance et d’arrogance, de naïveté, à la Bouvard et Pécuchet, qui fait honte à ce parti dont je me sentais un proche et un sympathisant. Une politique culturelle qui a cette particularité de se rapprocher tristement de toutes les politiques en vigueur dans notre pays, celles déjà en action, et celles qui aspirent à prendre le pouvoir.

°

Lire la tribune de Joël Pommerat

°

-DEUX-

La réaction de François Deschamps sur Facebook (qui aurait pu être la mienne...)

°

Waouh !... c'est une charge violente assénée par Joël Pommerat, de passage une semaine à Grenoble, contre la politique culturelle actuelle de la ville. 
Sans vouloir m'insérer ni prendre parti dans une situation locale que je ne connais pas assez, le lecteur que je suis aurait aimé que la situation exposée soit mise en perspective avec le fait que les baisses de dotation de l'État touchent toutes les collectivités, qui doivent s'en dépatouiller (avec des choix qu'elles savent justifier...ou non, là est aussi le problème ; et félicitons bien sûr au passage celles qui décident courageusement de ne pas baisser leur budget culturel, ce qui est, au passage, le cas dans ma collectivité) ; avec aussi, dans le cas grenoblois, la problématique d'un nombre important d'équipements culturels structurants dont la charge est encore portée aujourd'hui par la ville-centre (162 780 hab) et non par la Métropole (450 494 h). 
Qu'il faille faire évoluer le modèle culturel actuel est une chose, c'en est une autre que le fait de ne pas savoir comment s'y prendre, savoir l'expliquer, voire laisser à penser que la solution est de jeter le bébé avec l'eau du bain... En tout cas c'est cela qu'a ressenti Pommerat : il voit bien ce qui est remis en cause, sans rien comprendre à ce qui est proposé et au discours qui l'entoure. Et sûrement un certain nombre de grenoblois sont aussi dans l'expectative.
Comme c'est une "tribune" dans la presse, on peut penser que le trait est peut-être un peu poussé, qu'il y a par exemple une marge entre défendre une place pour les amateurs dans la cité sans pour autant les opposer aux professionnels voire laisser penser que tout le monde est artiste ( il devrait y avoir de la place et des locaux pour tout le monde, leurs besoins respectifs ne sont pas les mêmes et ne sont pas comparables). J'attends avec impatience la réponse qui sera faite (je le souhaite) par les élus de la ville.
Cela faisait longtemps en tout cas qu'il n'y avait plus eu de débat sur les politiques culturelles territoriales dans l'espace public, cet article a le mérite de mettre les pieds dans le plat et de le relancer !

F.D.

-TROIS-

Écho aux paroles de Pommerat : L’art et de la culture dans les politiques publiques.

Sur le blog de Jean Caune qui lui, au contraire, connaît bien Grenoble.

 

La déclaration de Pommerat examine ce qui, dans cet ensemble de décisions, en constitue la  signification profonde. Les mots qu’ils utilisent sont autant de jugements de pensée : populisme, pensée libérale, approximations, fatras idéologiques… Le maire de Grenoble s’étonne de les entendre. Ils avaient pourtant été évoqués lors de la dernière réunion des Chantiers de la culture, organisés par l’adjointe aux cultures en septembre 2015 dans une déclaration d’acteurs culturels ... Ces “chantiers”, morts-nés, faute d’avoir été construits avec les acteurs, témoignaient d’une curieuse conception de la démocratie citoyenne.
(...)
Il y a un populisme de droite qui feint de défendre le peuple contre les élites ; il y a un populisme de gauche qui manie l’invective et prétend parler au nom du peuple et de ses besoins. Il y a maintenant un écologie politique populiste qui distingue et oppose des spectacles élitaires destinés à cultiver l’entre soi des artistes et des intellectuels et des spectacles populaires qui ont pour fonction d’animer l’espace urbain, voyez La fête des Tuiles.

 

Lire la rigoureuse analyse de Jean Caune

 

-QUATRE-

A Grenoble, une culture ni populiste ni libérale

La réponse à la charge de Pommerat par Éric Piolle , Maire de Grenoble et Corinne Bernard , Adjointe aux cultures de Grenoble — Libération12 juin 2016

 

L’enjeu politique est que chacun soit reconnu dans sa dignité et son humanité et puisse exprimer ses pratiques et appartenances culturelles, que la liberté d’expression et de création artistique soit assurée, que des espaces de fabrication et d’échange s’inventent.
L’enjeu politique est aussi de s’atteler ensemble à construire du sens dans une société en profond questionnement. Pour cela, les espaces publics sont indispensables. La culture est un formidable espace public. Pour cela, les artistes sont indispensables.

°

- CINQ -

Perplexité.

Les termes de ce «débat » sont (ou devraient être) complexes.

L'artiste Pommerat est dans son rôle et son argumentation auréolée de la splendeur lumineuse de La chose artistique (1).

Les édiles politiques « alternatifs » qui ont ravi la ville aux sociaux-démocrates du PS semblent vouloir démontrer (sans doute malgré eux) que la recherche d'un nouveau référentiel pour les politiques de la culture et le recours aux grands principes ne suffisent pas à fonder une pragmatique de l'action publique qui fasse effectivement bouger les lignes comme c'est le cas dans d'autres contrées (dont il n'est évidement jamais question dans ce genre de polémique compte tenu de l’excellence du modèle français).

 

(1) 

J'ai tenté d'articuler quelques propositions sur ce que je nomme la chose artistique à savoir la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines, en m’intéressant aux situations concrètes, simples voire banales que produit l’habitus des acteurs du "monde culturel".

Il s'agissait de décrire cette chose en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense et mystique clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, c'est à dire d’interroger la surface des propos et des gestes de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion, une incertitude quant au sens communément admis des catégories logiques, sociales, esthétiques, politiques à l'aide desquelles nous décrivons ordinairement et commentons quotidiennement ce qu'il est convenu de considérer comme « la réalité ».

°

 

 

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 08:30

Plateforme des projets de la communauté professionnelle des bibliothècaires.


 

L'Enssib, avec le soutien de l'Association des bibliothécaires de France, a ouvert une plateforme des projets permettant à chaque établissement de type bibliothèque ou centre de documentation français de déposer un projet, quels qu’en soient la portée, les objectifs, les moyens mis en œuvre, la thématique concernée.
Ce dispositif offrira une visibilité sous forme de cartographie des projets en cours ou déjà réalisés, facilitant ainsi les échanges directs entre professionnels autour de projets convergents. L’Enssib fournira également un appui documentaire pour les projets en cours.


 

Un exemple : BM/BMVR de Lyon

Thème(s) du projet : 

Action culturelle

Objectifs du projet : Démocratie - Rêver, penser, agir ensemble.

A l’orée d’une élection présidentielle évidemment sous tension, la Bibliothèque de Lyon a choisi de montrer qu’au-delà ou à cause de cette crise démocratique, de multiples formes d’actions politiques émergent, ressurgissent, que des hommes et des femmes réfléchissent, s’engagent, agissent afin de favoriser pour le plus grand nombre, le sentiment d’appartenance à une communauté politique. Des voies se sont ouvertes pour reconnecter l’idéal démocratique au concret de notre quotidien. Nombreuses sont les initiatives, les collectifs, les démarches citoyennes qui visent à redonner le pouvoir et l’envie d’agir à toutes et tous, à tous les niveaux.

Si la bibliothèque est un forum dans la cité, un espace ouvert, alors elle se doit de faire réfléchir aux manières actuelles d’organiser, de transformer nos démocraties ; et de le faire avec un indispensable recul critique.

À l’ensemble des lyonnais.e.s, la Bibliothèque de Lyon proposera ainsi de novembre à mars, tout un programme de découvertes, d’échanges, d’ateliers, d’expérimentations et de moments de réflexions collectives autour de notre pouvoir d’agir et des nouvelles manières de mettre et de gérer en commun des ressources, des idées, des espaces… Ce programme se clôturera par un forum dans la ville, temps fort d’activités variées, de débats et rencontres du 9 au 12 mars 2011.

Dès l’automne, nous attendons le public pour redonner du sens au mot politique et du souffle à la démocratie.

Accéder à la plateforme


 

 

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 08:45

¤

LA LECTURE EN MILIEU RURAL

Dans le cadre de son programme de recherche, la Bibliothèque Publique d’Information au centre Georges POMPIDOU a lancé, à la demande de la Direction du livre et de la Lecture du Ministère de la Culture, une étude sur la lecture en milieu rural. On lira ci-dessous une présentation de la problématique générale de cette enquête, un "cadrage du champ d’investigation possible" comme la présente son auteur Jean-Claude POMPOUGNAC, responsable du service des Études et de la Recherche de la BPI que nous remercions de son aimable autorisation de la reproduire. Nous ajoutons la liste des publications récentes éditées par ce même service des études de la BPI, non pas qu’elle ait un lien direct avec le texte mais parce qu’elle peut intéresser nos lecteurs.

C'est pas tout jeune ! 1991 !!!

"Les bibliothèques centrales de prêt (BCP), chargées de desservir, dans chaque département, les populations des communes de moins de 10 000 habitants sont soucieuses de mieux appréhender les milieux dans lesquels elles ont pour tâche de développer la lecture publique. Des efforts constants ont été déployés ces dernières années pour conduire l'offre au plus près des emprunteurs potentiels. Cependant toutes les enquêtes convergent pour établir que les habitants des communes rurales (moins de 2000 habitants), qu'ils soient agriculteurs ou non, possèdent, empruntent et lisent moins de livres que la moyenne des Français. Ce constat, pour n'être pas neuf, reste largement à analyser : "On sait combien de ruraux lisent ou écoutent de la musique, on ne sait pas ce que signifie lire ou apprécier de la musique pour un rural. Faute de travaux ethnologiques ou sociologiques sur ces domaines, le différentiel culturel ville/campagne reste une énigme", (MOULINIER, 1990). La présente recherche, menée pour le compte de la Direction du livre et de la lecture, a pour objet de mieux évaluer et de mieux connaître les rapports au livre, à la lecture et à l'offre de lecture publique de façon à éclairer les politiques de développement de la lecture en milieu rural et notamment celles des BCP".

 

Télécharger l'article.

La lecture en milieu rural, BPI, 1991, Jean-Claude Pompougnac

 

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 15:42

La carte des alternatives en Ile-de-France

 

Des nouvelles technologies libres et partagées, des trocs de fruits et légumes bio, des zones de gratuité, des ateliers de recyclage, des commerces accessibles aux pauvres, des entreprises d’insertion, des villes lentes, du sport engagé, de l’éducation populaire... Tout cela existe bel et bien en Ile-de-France. Basta !, en partenariat avec l’association Attac, vous invite à découvrir le champ des possibles en région francilienne, à travers la coproduction d’une carte recensant 104 alternatives. Cette carte vous donne accès à des articles et reportages réalisés par des médias indépendants sur ces expérimentations qui dessinent les contours d’une autre société.

Elles aident à ne pas sombrer dans un déprimant pessimisme, à lever le regard et à s’engager pleinement pour reprendre notre avenir en main. Des initiatives, locales ou régionales, portées par une pluralité d’acteurs – individus, collectifs, salariés, élus, associations, coopératives, municipalités – essaiment partout sur le territoire. En partenariat avec l’association Attac, nous publions une carte recensant 104 expérimentations alternatives en Ile-de-France. Cette carte est réalisée en creative commons afin de faciliter son partage et sa diffusion [1]. Certaines sont éphémères, d’autres construisent durablement les contours d’un autre monde possible.

 

http://www.bastamag.net/La-carte-des-alternatives-en-Ile-de-France

 

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Présentation

  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
  • Contact

Profil

  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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