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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 12:46

La Cité des sens 2

 

Un blog, c’est comme ça, on n’y peut pas grand-chose, c’est du genre au jour le jour, une note chasse l’autre et ainsi de suite. On finit par ne plus s’y retrouver…

Essayons donc de récapituler et, si possible, de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps, autour d’une question lancinante : est-il possible de sortir les politiques culturelles des formes de routinisation gestionnaire qui les affectent depuis un certain temps?  Ou encore, face brillante de la même triste médaille, comment en finir avec la vaine grandiloquence trop souvent de  mise lorsqu'il s'agit de ce que l'on nomme la culture ?

 

On est ici attentif aux pas de côté, aux tentatives de redonner un sens à l’action publique, à la nécessaire attention aux initiatives de la société civile, bref aux vigiles insolents et aux guetteurs intempestifs.

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.


 Juin 2012

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 19:22

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LE POLITIQUE, L'ARTISTE ET LE GESTIONNAIRE. (RE) CONFIGURATIONS LOCALES ET (DÉ) POLITISATION DE LA CULTURE

Vincent Dubois, avec Clément Bastien, Audrey Freyermuth et Kévin Matz

Éditeur : EDITIONS DU CROQUANT

L’action publique, nationale et locale, dans le domaine de la culture a été largement développée depuis les années 1960. D’une certaine manière, on peut dire qu’il est question, en ce domaine, d’une politisation de la culture, à moins d’ailleurs qu’il ne s’agisse plus précisément d’une politisation du thème de la culture et des obligations des institutions en ce domaine, ce que sans doute cet ouvrage ne fouille pas assez. Il n’empêche, durant ce temps, les rapports des agents sociaux avec le champ culturel se sont modifiés. Les orientations des politiques culturelles ont suivi le même chemin. Et la question se pose de savoir si ces changements ont eu des répercussions sur le mode de fonctionnement du champ culturel (lesquels et au profit de quoi).

Afin d’explorer ces mutations, cet ouvrage, dirigé par un professeur à l’université de Strasbourg, interroge les politiques culturelles locales en France.

(…)

Du point de vue conceptuel, on pourrait réduire cette thématique à la traditionnelle analyse des rapports de l’art et de la ou du politique. Mais ce ne serait pas juste. L’ouvrage est plus subtil. Il produit plus exactement une "analyse localisée des rapports entre culture et politique" qui s’efforce de "rendre compte des configurations qui dessinent, à un moment donné, l’espace et la structure dynamique des relations entre agents sociaux engagés à divers titres dans la production d’une politique culturelle". Ces configurations doivent être étudiées, non seulement parce qu’elles éclairent les relations arts/culture et politique, mais encore parce qu’elles permettent d’éviter les schémas les plus usés d’une confrontation face à face entre l’artiste et le politique, alors que ces relations, localement (et sans aucun doute aussi nationalement), sont tissées de connivences et d’oppositions, d’interactions directes et indirectes, d’interdépendances et de médiations que l’on ne peut nullement ignorer.

(…)

Ce que cet ouvrage observe avec pertinence, c’est que la politisation réussie des questions culturelles en vue du développement de l’intervention publique conduit à l’institutionnaliser, c’est-à-dire à lui conférer des structures, des agents et des logiques spécifiques qui finalement l’autonomisent des investissements politiques qui en étaient l’origine. Dès lors, on pourrait sans doute parler, ainsi que le font les auteurs, d’une dépolitisation de l’action culturelle, ou sans doute mieux d’un déplacement de la politisation.

En effet, cela ne va pas sans entraîner des mutations profondes. Les horizons politiques de l’action culturelle sont alors retraduits dans le langage des professionnels de la culture ou de l’action publique territoriale. On en a des exemples à travers le déploiement de la "politique de la ville", ou plus récemment de la politique du "développement durable" et de la "diversité culturelle". Au cours de la période considérée, les systèmes de relations constitutifs des politiques culturelles locales et les systèmes de croyance et de justification qui y correspondent se sont trouvés partagés en deux : aux politiques élus la définition des grandes lignes politiques de l’action ; aux acteurs culturels le choix des contenus.

La caractéristique majeure avancée par cet ouvrage est la suivante : l’action culturelle locale s’est progressivement institutionnalisée, depuis les années 1980. Elle a été constituée en un ordre spécifique de pratiques, détaché des secteurs auxquels elle était traditionnellement associée (jeunesse, éducation, sport) ainsi que des personnels qui lui portaient attention (instituteurs, associatifs, militants). Dans le même mouvement, montrent les auteurs, un travail de formalisation, opéré dans de multiples sites (localement, mais aussi dans des revues, des colloques et des formations), a contribué à homogénéiser le sens des pratiques en les dotant de finalités exclusivement culturelles. Et de nouveaux agents ont prétendu au monopole de la pratique légitime en la matière.

Le prisme au travers duquel ces mouvements sont interprétés est cependant plus large encore. Car l’idée centrale manifestée et défendue par le directeur de la publication est celle-ci : cette mutation de la sphère culturelle en institution a correspondu à un double mouvement, lequel a consisté à imposer le deuil des utopies culturelles et politiques des partis des années 1950 et à déposséder les agents sociaux qui, dans les années 1960-70, se mobilisaient encore pour le développement de politiques culturelles.

 (...)

Où l’on perçoit aussi un des enjeux de cette traversée historico-sociale. Elle se constitue un modèle de la politique culturelle locale à l’aune duquel elle jauge de l’institutionnalisation de la culture. Ce que l’ouvrage désigne comme fondement, le rapport "au populaire", se trouverait par conséquent écarté, soit sous la forme d’une ignorance délibérée désormais, soit sous la forme d’une ethnographisation des pratiques populaires. En arrière fond du commentaire : les stratégies de récupération du champ universitaire par rapport à ces pratiques.

Enfin, on remarquera rapidement que les commentaires prennent aussi l’art contemporain comme aune de cette dépolitisation, puisqu’ils affirment largement que l’importation de l’art contemporain dans les politiques locales marque ce processus de refoulement du populaire du signe d’un écart violent.
Ce qui ne signifie évidemment pas que l’on puisse se dispenser des apports de l’ouvrage. Le sérieux des analyses, les terrains relevés, les questions brassées – qui vont des dilemmes de cette institutionnalisation au mécénat d’entreprise (substitut des politiques municipales) en passant par les fondements politiques de l’intercommunalité culturelle -, ne peuvent laisser indifférent et donnent matière à une large compréhension des mutations de la sphère culturelle sur les 30 dernières années. De plus, les travaux vont jusqu’à mettre au jour les nouveaux enjeux des luttes intra-locales concernant la sphère de la culture. Ce n’est pas pour rien que les interventions directes, désormais, d’élus locaux dans l’organisation, la nomination du personnel, l’allocation des ressources ou la programmation de structures culturelles se multiplient. Ces interventions rompent avec deux pratiques connues : celles qui étaient instaurées auparavant dans le cadre des pratiques de partis, et celles qui accordaient l’indépendance aux professionnels de la culture. Double rupture qui, de nos jours, aboutit à ces censures d’expositions dans le cadre des villes sur l’ordre des maires ou des adjoints à la culture. Rupture que l’Observatoire de la liberté de création a pour rôle de surveiller de près pour en dénoncer publiquement les méfaits et obtenir les réparations requises au profit non seulement des œuvres d’art, mais surtout des publics qui ont le droit de se faire eux-mêmes un avis sur les affaires culturelles. Ce qui est clairement décisif, c’est de mettre au jour les différents registres par lesquels les élus s’autorisent des interventions, et les profits politiques qu’ils peuvent en escompter.

En somme, nous tenons là le premier ouvrage synthétique – assorti d’une méthodologie et donc ouvert sur d’autres recherches à entreprendre – portant sur les conditions locales d’émergence des "affaires culturelles". Certes, les situations locales sont variées, et tant mieux si d’autres ouvrages éclairent encore ce phénomène. Mais globalement, se déploie sous nos yeux une histoire qui, partant d’une politisation spécifique de la culture aboutit à sa repolitisation sous une autre forme. La politisation actuelle des politiques culturelles, dans la structure de l’espace culturel local, n’est pas identique à la politique des premiers acteurs culturels des municipalités de gauche au sortir de la Guerre. La situation actuelle nous place devant des affaires culturelles qui se sont autonomisées par rapport aux personnels politiques, tout en pouvant recevoir le soutien du ministère de la Culture qui a évolué dans le même temps. L’ouvrage répertorie d’ailleurs fort bien les arguments centraux utilisés par les élus dans les grandes affaires culturelles (conflictuelles) du temps. Entre "difficultés budgétaires" et "problèmes de sécurité", les contenus culturels visés peuvent largement être pris à parti. Et parmi les arguments les plus décisifs, bien sûr : l’argument d’autorité politique, les atteintes à la morale et l’absence pure et simple d’argumentation.

© Christian RUBY sur nonfiction.fr (Lire l’intégralité du compte-rendu)


 

On doit pouvoir encore écouter l’entretien avec Vincent Dubois conduit par Sylvain Bourmeau sur France Culture (La suite dans les idées du 2 juin 2012)

 
Cet ouvrage éclaire l’évolution des rapports entre culture et politique depuis le début des années 1960. Il retrace pour ce faire les changements intervenus dans les systèmes de relation constitutifs des politiques locales de la culture. Les collaborations entre agents des champs politique, bureaucratique et culturel pour la promotion de l’intervention culturelle publique ont doté cette politique de structures et de logiques spécifiques qui l’ont progressivement rendue autonome par rapport aux investissements politiques qui en étaient à l’origine. Au fur et à mesure de cette institutionnalisation, un partage des rôles s’est tant bien que mal instauré, confiant la définition des grandes orientations aux élus et réservant celle des programmes aux acteurs culturels. Dans le même mouvement, la mise en avant de finalités proprement culturelles (et notamment la sempiternelle « démocratisation de la culture ») a permis de formuler sinon des objectifs clairs, au moins des compromis relativement stables. Ce double modus vivendi a été remis en cause depuis le milieu des années 1990. Les contraintes budgétaires ont notamment réduit l’initiative des acteurs culturels et, parfois, déplacé le centre de gravité des arbitrages culturels du côté des élus. Il est peu à peu devenu pensable que les politiques de la culture poursuivent d’autres fins que principalement culturelles, et soient mises au service du développement économique. L’histoire retracée dans cet ouvrage à l’échelon local révèle ainsi une évolution beaucoup plus générale : la remise en cause concomitante des spécificités des politiques culturelles et de l’autonomie du champ culturel. 
(Présentation de l’éditeur) 

Vincent Dubois est professeur à l’université de Strasbourg et membre de l’Institut universitaire de France. Il a notamment publié La politique culturelle (Belin) et Les mondes de l’harmonie (La Dispute, 2009, avec J.-M. Méon et E. Pierru). 
Clément Bastien est doctorant, et travaille sur le mécénat d’entre­prise. 
Audrey Freyermuth est docteure en science politique, elle étudie le traitement politique des questions de sécurité et l’inter­communalité culturelle. 
Kévin Matz, doctorant, analyse l’essor du développement économique comme credo des politiques de la culture. 
Tous sont chercheurs au GSPE-PRISME (UMR CNRS 7012) de l’université de Strasbourg. 

Ré-édition La politique culturelle en France : genèse d'une catégorie d'intervention publique
Vincent Dubois  (Belin) à paraître mi-Juin 2012 

La politique culturelle fait aujourd'hui partie des champs d'action des pouvoirs publics. Elle demeure néanmoins floue dans ses objectifs, imprécise dans la définition de ses frontières et sujette à de fréquentes polémiques. C'est dans la genèse particulière de cette politique que se trouvent les raisons d'une telle ambivalence.
L'émergence de la culture comme catégorie d'intervention publique n'a pas été un processus linéaire. Les problèmes culturels (tels que les conditions de la création artistique ou la démocratisation culturelle...) ont d'abord été construits contre l'État quand artistes et intellectuels affirmaient leur autonomie. Ils sont désormais construits et traités par des experts officiels et des administrateurs de culture, au sein d'instances et d'institutions étatiques. En bref, ils deviennent des problèmes d'État. La politique culturelle emprunte alors les prétentions universalistes du monde intellectuel et artistique. Elle s'entoure d'un halo de flou propice à éloigner le spectre d'une culture d'État et réactive plus qu'elle ne les tranche les débats sur la définition de la culture.
En étudiant les modalités et les effets de cette genèse, de la fin du XIXe siècle à nos jours, ce livre apporte une contribution à l'analyse socio-historique de la formation d'une fonction et institution d'État et à celle d'un champ culturel progressivement transformé par l'intervention étatique. 
(Présentation de l’éditeur) 

Vincent Dubois est professeur à l’université de Strasbourg et membre de l’Institut universitaire de France. Il a notamment publié La politique culturelle (Belin) et Les mondes de l’harmonie (La Dispute, 2009, avec J.-M. Méon et E. Pierru).

Thème(s) : Idées| Essai

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 12:59

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Rencontre Régionale organisée par l'association Travail et Culture

« Questions de genre(s) au travail »

Enjeux des rapports hommes-femmes et transformations du travail

13 juin 2012 de 14 h à 20 h au théâtre Le Poche à Béthune

L'objectif de cette rencontre est de nourrir la réflexion sur la situation des femmes dans le monde du travail, notamment sur la précarisation du travail des femmes, puis d'entendre des acteurs qui proposent des pistes d'actions pour penser une transformation des rapports sociaux de genre.

« La place du travail dans la vie des femmes » est un projet artistique et culturel développé par Travail et Culture. Il interroge les femmes et leur rapport au travail, qu'elles soient salariées ou privées d'emploi, pour débattre sur le travail et les inégalités liées au genre. Cette rencontre est l'occasion de mettre en perspective les enjeux soulevés par le développement de ce projet qui a débuté en 2009 dans le Béthunois.

Au cours de cette après-midi nous mettrons en regard les propositions culturelles (réalisations artistiques produites dans le cadre du projet) et les contributions scientifiques. Ces deux approches seront envisagées comme éléments de réflexion et d'analyse pour élargir le débat sur les enjeux de la construction des genres et sur ce qui se joue dans les transformations des organisations du travail.

Nous invitons les associations qui militent en faveur du droit des femmes, les salarié(e)s du secteur des services à la personne, les syndicats, les élu(e)s, les chercheurs et chercheuses, les participant( e)s et partenaires du projet développé par Travail et Culture, et plus largement toute personne intéressée par l'objet de cette rencontre

Avec notamment une communication de Nicole Gadrey Sociologue, présidente du CORIF (Collectif Régional pour l'Information et la Formation des femmes Nord-Pas de Calais) : Les inégalités entre femmes et hommes : problèmes et enjeux

Nicole Gadrey propose ici un retour sur les inégalités sexuées qui restent encore marquées dans les domaines de l'emploi et du travail.

Elle présente une analyse des facteurs qui précarisent les trajectoires féminines. Enfin, elle aborde les enjeux économiques et sociaux d'une avancée vers l'égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Et une table ronde : Vers une transformation culturelle et organisationnelle des rapports sociaux de genre 

Pour dépasser le constat des inégalités de sexe, nous invitons plusieurs acteurs qui évoquent certaines pistes de changement afin de penser une transformation des rapports de domination et sortir de l'approche naturaliste des compétences. Ils sont invités à débattre sur la reconnaissance de la qualité et de la dignité au travail, sur l'officialisation des compétences, sur la diversification et la mixité des emplois, sur le partage des tâches, et enfin sur la parité qualitative et le pouvoir d'agir des femmes dans le syndicat.

 

Le projet

« La place du travail dans la vie des femmes »

Ce projet culturel et artistique cherche à mettre en débat la question des inégalités de genre dans le travail à l'aide de multiples regards qui se croisent et qui font dialoguer la création artistique et la recherche en sciences sociales.

Il a été élaboré à partir de et avec l'implication de trois groupes de femmes et quelques hommes habitant l'agglomération béthunoise et provenant de différents milieux socioprofessionnels (des ouvrières d'une blanchisserie industrielle, des salarié(e)s d'un centre hospitalier, des aides à domicile, des jeunes femmes en formation et en recherche d'emploi, des femmes plus âgées fréquentant un Centre d'Information sur les Droits des Femmes). L'intervention d'une sociologue et de plusieurs artistes a permis la création d'oeuvres artistiques nées des rencontres tissées avec les collectifs de femmes et hommes associés au projet : cartes de paroles, journaux, exposition, lecture-spectacle, performance orale, recueil de poésie, film documentaire, installation vidéo.

 En savoir plus : télécharger le programme.

 

Et toujours sur les genres et la culture... 

Je cite mes sources (1) : publié sur l’excellent Théâtre In et Off (Scoop it) de Marsupilamima (Martine Horovitz Silber)

De Dominique SIMON (AFP) – Il y a 1 jour  

PARIS — Elles avaient déjà protesté au Festival de Cannes: face à la non-parité dans la culture, les femmes artistes réclament "le changement maintenant", lassées "des voeux pieux" et choquées par les résultats catastrophiques de la dernière étude sur l'état des lieux.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes: 96% des opéras et 95% des concerts sont dirigés par des hommes, 85% des centres dramatiques nationaux, 75% des théâtres nationaux et 70% des centres chorégraphiques nationaux sont dirigés par des hommes. 81,5% des postes dirigeants de l'administration culturelle sont occupés par les hommes alors que les femmes représentent 51,6% de la population.

"Il faut faire savoir ce fait inadmissible", s'alarme la chef de choeur et d'orchestre Laurence Equilbey, à l'origine de cette étude sur la place des femmes dans le spectacle vivant réalisée en 2011.

 

Lundi, onze militantes de l'association féministe La Barbe se sont invitées sur le plateau du Théâtre de l'Odéon à Paris lors de la présentation de la saison 2012/2013. Au programme, 14 spectacles, 14 auteurs hommes et 14 metteurs en scène hommes. Les "barbues", qui s'affublent pour leurs interventions de poils postiche, ont félicité le nouveau directeur Luc Bondy pour son "sans faute" devant un public où les rires fusaient.

 Lire la suite


Je cite mes sources (2) Complément d’objet, lettre d’information électronique sur le développement culturel (Ministère de la culture).

300 propositions, innovations et curiosités sociales venues de  l'étranger*, Travaux coordonnés par Marie-Pierre Hamel, SylvainLemoine, Marie-Cécile Naves, Centre d'analyse stratégique Département /Questions sociales/, avril  2012.

Ce recueil ne prétend donc nullement couvrir de manière exhaustive  l'actualité sociale internationale de 2011, et ne suggère aucunement que 
la transposition de ces politiques serait nécessairement pertinente dans  le contexte hexagonal. Que les brèves rassemblées ici suscitent 
l'adhésion, la prudence ou le rejet, leur vocation est avant tout de  contribuer à animer le débat sur l'avenir de notre modèle social : en 
identifiant des points de convergence avec nos préoccupations, en  France, ou au contraire en mettant en lumière des projets qui peuvent 
nous apparaître plus iconoclastes. Vous trouverez également, au fil de la  lecture de ce document, les réactions de certains experts avec lesquels 
le département Questions sociales a travaillé au cours de l’année, les  réactions de chargés de mission du département, ainsi que les références  des travaux produits par le département auxquels certaines questions,  ainsi mises en lumière, font écho.
Le recueil est téléchargeable 
<http://www.essenregion.org/annuaires/uploads/docs/panorama_innovations_Europe_CAS_2012.pdf>. 

 

Voir, en particulier, partie III, Comment cibler sans stigmatiser ? L’égalité femmes/hommes.

Une vraie mine !

Un exemple, note 194 (page 102).

 

Selon une étude menée en Suède, de longs trajets entre domicile et le travail augmenteraient de 40 % le risque de divorce. Ils impliqueraient en effet souvent un partage des tâches inégal entre les conjoints. Dans la majorité des cas, il s’agit de couples relativement jeunes avec des enfants en bas âge, et c’est la femme, bien plus souvent que l’homme, qui accepte un emploi moins rémunérateur mais plus proche du domicile pour pouvoir prendre en charge plus facilement les enfants et assumer les tâches ménagères, ce qui constitue pour elle une sorte de « double peine ».

Sources : site de l’université de Umea en Suède et quotidien The Local, 24/05/11

http://www.umu.se/ViewPage.action?siteNodeId=4510&languageId=1&contentId=160978

http://www.thelocal.se/33966/20110524/

 

Toutes les notes de la catégorie Le genre et la culture :

Pour le mélange des genres.

Où sont les femmes ?

Journée de la femme et histoire culturelle.

Masculin/Féminin

Le genre et la culture.

La différence des sexes est-elle soluble dans l'alcool ?

Un homme sur deux est un homme

Les hiéroglyphes anonymes de l’âme désarmée

L'égalité des sexes se lève aussi à l'Est.

Egalité entre hommes et femmes dans les métiers de la culture

Question de genres

Diversité culturelle et stéréotypes sexistes

Le sexe faible dans la cour des grands

Du vivant spectacle de la domination masculine

Où il est mon deuxième sexe ?

Rois et Reine

T’as trouvé ça où ?

Question de genre

La chose artistique (4)

Bovary bat Don Quichotte par K.O. debout 

 

 


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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 08:40

sept

Suite et fin… de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici…

 


Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

 

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

 

Jean-Michel Lucas : D'une certaine façon, il est un peu triste qu'il faille attendre que des indignés se manifestent pour s'intéresser aux enjeux de dignité des personnes. Car ce sont bien des enjeux qui s'imposent à tous puisqu'ils apparaissent dès l'article 1 des Droits de l'Homme, (Déclaration Universelle de 1948). Reconnaître chaque personne dans sa dignité et donc la respecter dans son identité culturelle est un impératif collectif, auquel nul ne peut se soustraire, pas même les autorités politiques.

L'enjeu culturel n'est plus alors une affaire de secteur spécialisé mais l'affaire de tous et de chacun puisque nul ne peut  revendiquer sa liberté culturelle (ou artistique), condition de sa pleine dignité, s'il porte préjudice à la dignité d'autres personnes humaines. Or, dans la  société de liberté à laquelle nous tenons,  cette exigence de l'égale dignité réciproque n'est jamais acquise d'avance ; les libres paroles des uns blessent les autres, les musiques d'ailleurs insupportent les habitués des musiques d'ici et ceux que l'on appelle les artistes poussent le bouchon  au delà des normes de dignité admises ... L'exigence de dignité réciproque est donc synonyme de  discussions, de polémiques, de "débats" permanents sur le sens et les valeurs acceptables. C'est là l'autre volet qui m'intéresse dans l'impératif de la dignité culturelle : le volet du dissensus nécessaire et accepté qui demande que  les autorités publiques favorisent par l'espace public la confrontation des différentes et multiples manières d'oeuvrer pour  sa liberté culturelle, sa liberté artistique mais néanmoins pour faire humanité ensemble !

J'ai voulu montrer que la politique culturelle devrait en priorité organiser les espaces et temps de "palabres" sur la diversité des valeurs des arts et des cultures. Cette priorité, il est vrai, n'est pas largement partagée et, aujourd'hui, les élus et le ministère préfèrent compter la quantité de publics de l'offre artistique et doser leur soutien en fonction de l'attractivité et du rayonnement des produits culturels de leur territoire, plutôt qu'en fonction du mieux faire humanité ensemble dans la diversité de nos libertés culturelles. D'ailleurs, il suffit de lire Olivier Poivre d'Arvor pour voir la caricature de  cette approche de la culture par le service après vente du rayonnement culturel. ( '"Allant de pair avec une ouverture exceptionnelle aux créateurs et savants du monde entier sur le sol américain, cette nouvelle donne contribuera de manière décisive à construire l'hyperpuissance américaine dans les trois domaines que sont les industries culturelles, l'ingénierie intellectuelle et scientifique et le marché de l'art. On connaît le résultat : après avoir inventé et contrôlé Internet, dont ils captent près d'un tiers des revenus mondiaux, les Américains disposent de ces puissants monopoles financiers que sont Google, Facebook, Twitter, YouTube, Apple, Amazon, iTunes, Yahoo... Il serait plus que temps, en France comme en Europe, d'inventer  d'intelligentes ripostes et d'investir  dans les industries numériques", dans Le Monde du 2 février 2012).

Il est vraiment urgent d'éviter cette dérive de la culture vue uniquement comme "secteur d'activités" où s'affrontent les plus forts contre les plus faibles. De ce point de vue, je suis persuadé que l'enjeu culturel public aurait une légitimité moins boiteuse si les acteurs culturels et les élus acceptaient de prendre comme référence  première de leur politique culturelle la nécessité de respecter le principe de l'égale dignité des personnes ("Tous les êtres humains  naissent libres et égaux en dignité et en droits" : article 1 de la déclaration Universelle des droits de l'homme de 1948). Au moins, le bien fondé de cette politique culturelle  ne pourrait être niée que par ceux qui refusent toute portée universelle à l'éthique des droits humains !

 

Ces réflexions sont extraites de l’entretien accordé à Mondomix par Jean-Michel Lucas, sous le titre : Sommes-nous condamnés à être des épiciers culturels ?

Propos recueillis par François Mauger, publié le 20/02/2012

Lire l’intégrale de l’entretien sur Mondomix.com

 

Cette problématique a un autre mérite : celui de nous rappeler que le questionnement politique des politiques culturelles s’inscrit dans une histoire… La recherche du sens est une tâche interminable, toujours à reprendre, ce qui ne nous exonère pas de porter attention à la manière dont ceux qui nous ont précédés ont formulé ces mêmes interrogations.

Grâce à l’appel et au site Devoir de culture , on peut relire aujourd’hui ce qu’écrivait en 1968 Francis Jeanson (oui, celui là même qui inventa le non-public !) sous le titre Les droits culturels en tant que droits de l’homme.

 

Je pense, alors, que si la culture peut avoir un sens, c’est bien dans la mesure où elle remet les hommes, de plus en plus et de mieux en mieux, en mesure de se sentir efficaces, de se sentir responsables là où ils sont, en fonction d’une information qui demeure nécessaire mais qui doit être elle-même reconsidérée entièrement. Pour moi, la culture commence à la lecture du journal ; quand nos contemporains sauront lire leur journal quotidien sans en être complètement mystifiés ou sans partir de l’idée que tout ce qu’ils vont lire sera des mensonges, il y aura quelque chose de changé. Il y aura également quelque chose de changé quand ils seront en mesure de maîtriser le langage qui passe à travers eux. Je me demande comment il faut faire pour arriver à cela. Je crois qu’il faut se le demander.

Je crois beaucoup que la notion de « droit » doit recevoir le plus rapidement possible un contenu d’action. Il y a deux actions possibles concernant les droits culturels : il y a un type d’action qui consiste à essayer de faire enregistrer des droits théoriques et celui qui consiste à essayer de faire entrer ces droits dans la réalité, peut-être avant même qu’ils aient été enregistrés dans des textes officiels. Je dis que si les deux types d’action ne sont pas au moins simultanés, il risque bien de ne rien se passer. Je parlerais plus volontiers, pour ma part, de culture en termes d’action culturelle, parce que, dans ce contexte, il y a une signification pratique ; mais je voudrais dire aussi que cela suppose évidemment une conception de la culture qui n’est peut-être pas tout à fait celle qui est jusqu’ici la plus répandue.

Autrement dit, on peut considérer la culture comme un ensemble d’œuvres existantes ou de formes de pensées existantes, ou bien on peut considérer que la culture se passe tous les jours, se produit sans cesse, se fait et se défait quotidiennement au simple niveau des rapports concrets entre les hommes. Il y a de la culture qui est en train de se faire à tout moment, partout – et aussi en train de se défaire, bien entendu. Je veux dire, par là, que la culture doit être l’invention quotidienne, permanente, de l’homme par l’homme ; autrement, c’est l’échec de cette invention. La culture est la création permanente des valeurs qui ne naissent que pour être dépassées. Un acte culturel est, en dernier ressort, un choix, une décision responsable et même risquée, où la personne s’engage totalement. La culture est un choix qui signifie le refus d’admettre que l’homme est le produit des produits de l’homme. Il me semble que c’est ce choix qu’il faut favoriser par tous les moyens possibles. Là, on tombe sur une immense question, celle des moyens d’une action culturelle, et c’est dans ce sens, et à ce niveau très réaliste, qu’il faut travailler.

J’ajouterai qu’il s’agit là d’une entreprise, dans le meilleur sens possible du mot, dépolitisation radicale des consciences. Je ne veux pas dire qu’il s’agit de proposer à des consciences un quelconque message politique – surtout pas ; mais il faut fournir aux gens le moyen de se politiser, c’est-à-dire de se choisir, de se situer de plus en plus consciemment, dans un monde qui n’est pas le leur mais qui doit le plus rapidement possible le devenir, si nous voulons, nous, qu’il devienne le nôtre. Il faudra que ce soit notre monde, à eux et à nous en même temps. Là, je crois que la culture – ou ce que j’appelle l’action culturelle – est une entreprise qui repose sur un refus : le refus d’une certaine coupure, d’une certaine exclusion. Cela ne signifie en aucun cas qu’il pourrait s’agir de camoufler les causes économiques de cette coupure, qui restent le domaine des luttes politiques et syndicales. Mais il me semble qu’il y a tout un travail spécifiquement culturel, qui vise non pas à masquer la situation de coupure économique, mais à mettre les hommes de part et d’autre en mesure de penser cette situation, de se choisir par rapport à elle. Bien que les situations dans nos pays ne me semblent pas être jusqu’ici des situations révolutionnaires, il faut néanmoins se préoccuper de révolution, parce que si un jour elles le devenaient, au niveau des structures et des processus objectifs, il n’est pas sûr qu’il y aurait alors un nombre suffisant de consciences pour les prendre en charge. À vrai dire il me semble que nous allons tous, tant que nous sommes, vers des situations explosives, vers des situations révolutionnaires ; et qu’il serait urgent que nous nous y préparions, que nous nous demandions ce qu’il conviendra d’en faire. Il ne faut pas que nous soyons seulement une toute petite minorité à avoir les moyens de nous préoccuper de ce problème ; il faut que ces moyens soient à la portée de tous le plus rapidement possible. Naturellement, cela ne peut se faire que peu à peu, c’est-à-dire de proche en proche, de relais en relais, parce que les moyens ne sont pas encore suffisants pour aller vite ; et cependant, nous sommes dans cette contradiction qu’il faut aller vite.

Pour terminer, il me semble que si l’on parle des droits à la culture, il faut insister beaucoup sur le travail que représente ce refus de la coupure : travail qui n’est en aucune manière exclusif d’une lutte : mais si lutte il y a, un travail de dialogue doit se poursuivre parallèlement. C’est cela l’exigence culturelle, il me semble.

 

Le texte intégral de cette communication peut être téléchargé à cette adresse.


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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 08:45

sept

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps…

°

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

Principe n°6 : créer, à la fois, les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose qui affecte trop souvent le « monde de l’art » et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

 

Sur le second objectif, voir, par exemple, le manifeste  Devoir de culture   (signé par Jean Caune, Jacques-Olivier Durand, Jean-Louis Fabiani, Michel Huvet, Damien Malinas, Alain Manac'h, Arlette Masson, Marcel Masson, Isabelle Mathieu,  Philippe Meirieu, Claude Patriat, Francis Peduzzi, Jean-Paul Rathier, Jacques Rigaud, Olga Yardin)

 


Devoir de culture ( février 2012)

L’objectif du texte ci-dessous est d’interpeller les politiques à l’occasion des prochaines échéances électorales présidentielles et législatives. Il nous semble en effet urgent de susciter réflexion et débat sur la place de l’art et de culture dans le projet politique. L’enfermement de celle-ci dans une catégorie administrative spécifique a encouragé sa banalisation et son instrumentalisation. « Si on me parle de culture, j’exhibe mon territoire ! » Il s’ensuit un insupportable rétrécissement de l’action culturelle publique, d’autant plus desséchant que les politiques, tétanisés par la crise, renvoient au superflu l’intervention dans un secteur qui cesse d’être perçu comme essentiel. A l’heure où l’on parle de refonder le pacte républicain, où l’on revisite les fondamentaux, voilà qu’on réserve à l’École la mission d’éducation citoyenne. Or, si l’exception culturelle française avait un sens, c’était bien celui de placer la culture au cœur du projet politique républicain.

Ce texte est proposé à la signature des acteurs culturels qui ne se résignent ni à la langue de bois des formules convenues, ni aux simples approches corporatistes. Conçu comme une introduction au débat, il peut et doit être prolongé par vos contributions (sous forme de commentaire ou via le lien de messagerie ci-contre). L'ensemble pourra, dans un deuxième temps, être édité sous une forme papier.

 

Lire le manifeste


Sur les responsabilités de l’artiste…

 

(...)

“Le vrai devoir de l’artiste c’est celui de sauvegarder le rêve”, nous  dit Modigliani. Et le rêve, dans un monde devenu marchandise, se rend lui-même mercantile. Rêve de consommation, d’un avoir en tant  que synonyme de bonheur. Bien loin du rêve préconisé par Modigliani. Rêve d’artiste, d’un art qui entraîne le dévoilement d’un monde  et la création d’un autre, comme le souhaitait Octavio Paz. C’est bien dans ce monde de plus en plus disproportionné, rempli d’inégalités  et dépourvu de charmes, que l’artiste se doit de relever le défi de  son réenchantement. Ce qui veut dire tout mettre en œuvre afin de  transformer la société par le truchement de l’art, en cherchant à faire  marcher ensemble Don Quichotte et Sancho Pança: un rêve bien ancré  sur le réel. L’art c’est le lieu par excellence de la subjectivité et de la  création, en procurant la possibilité à tous ceux qui s’en approchent de  changer leur vision du monde.

Serait-il possible de rêver d’un monde poétiquement habitable? Un  monde qui ne serait plus aride? Un monde dégagé de la violence et des  fondamentalismes, où les hommes s’entre-tuent? Un monde qui ne se  laisse pas faire par l’âpreté du gain, du profit, et où la liberté et la paix soient le patrimoine le plus prisé de la vie? Un monde qui ne rende pas le prochain, ni soi-même, une “chose”?  

Nous indiquons les chemins,  mais nous n’avons pas de réponses toutes faites.

(...)

Nous savons que l’art fait partie intégrante de la société, en  trouvant son cadre, finalement, dans l’éthique d’une vie reliée au  paradigme-terre, au paradigme-rêve, au paradigme-émerveillement.

Peut-être, pourrions-nous nous acheminer vers cette direction afin  d’essayer d’obtenir des réponses aux questions que nous venons de  poser ci-dessus (...)

 

CHARTE DES RESPONSABILITÉS DE L’ARTISTE  AU SEIN DE NOTRE HUMANITÉ, préconisée par l’Alliance pour un monde responsable,  pluriel et solidaire.

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 10:24

sept

 

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps... 

°

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

 

 

Principe n° 5 : Promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

 

Chaire "développement humain durable & territoires" (Hélène Combes).

 

Les thèmes de recherche-action prioritaires (extrait de la note de juillet 2011)

La Chaire "développement humain durable & territoires" a pour vocation d'offrir aux partenaires qui la composent un espace d'échanges, d'expérimentation et de capitalisation pour avancer ensemble dans le sens de la mise en oeuvre d'un nouveau modèle de développement.

Dans ce contexte, la Chaire inscrit ses chantiers dans une approche résolument humaine du développement durable, considérant que l'enjeu des transformations sociétales à opérer repose sur une ré-interrogation de nos représentations du monde et des autres, de nos activités et de nos comportements individuels et collectifs.

C'est, en effet, dans ce cadre que nous pourrons investir chacun(e) et ensemble les différentes dimensions clefs du développement durable, à savoir, notamment :

- La responsabilité (être conscient des actes que l'on pose, des impacts qu'ils ont (pour nous, pour les autres, pour notre territoire et pour le monde) et faire des choix en conscience)

- La solidarité (au sens littéral, en Latin "en solido" = en entièreté) qui nous rappelle que l'équilibre du développement ne peut reposer que sur le bien-être de tous et sur une répartition des richesses plus juste)

- La préservation de nos biens communs de base (eau, biodiversité, mais aussi diversité culturelle, éducation, …)

- La prise en compte des incertitudes et des vulnérabilités (économiques, environnementales, sociales, démocratiques, …)

- Un nouveau rapport à l'expertise (reconnaissance à valeur égale et articulation des savoirs académiques et des savoirs issus du vécu et de l'expérience)

- L'apprentissage collectif d'un nouveau rapport au temps et à la prospective (la projection dans le temps ne repose plus sur des modèles stabilisés et implique la définition des valeurs communes, la lisibilité des décisions, une souplesse dans le pilotage, la mise en oeuvre d'actions de transition pour aller dans le sens d'une transformation de fond)

- L'urgence d'une démocratie collaborative - ou "contributive" (cf. Brest Métropole Océane) impliquant la négociation d'un projet commun entre acteurs aux intérêts potentiellement divergents, et la répartition des engagements dans les actions à mettre en oeuvre par les organisations et les individus (au niveau de la sphère publique et de la sphère privée).

Les travaux de la Chaire seront principalement centrés sur deux grands domaines de recherche-action, complémentaires et intimement liés, à savoir l'éthique de l'économie territorialisée et la mobilisation de territoires solidaires, la question de l'évaluation en développement durable intervenant en filigrane.

Ces différents volets seront traités en privilégiant une approche "Grand Ouest" en termes d'ancrage territorial, et une vision résolument axée sur l'ouverture au monde, c'est-à-dire tenant compte des interdépendances et des interactions existantes et potentielles.

Conformément au principe de la recherche-action, les travaux seront conduits en optant pour le postulat selon lequel l'expérimentation en développement durable servira de base à la conceptualisation, voire à la modélisation et à la théorisation "open source".

(extrait « Chaire développement humain durable et territoires » de 2 Juillet 2011)

 

Voir aussi sur le site le point d’étape décembre 2011.

 

Culture et développement durable : il est temps d’organiser la palabre, par Jean-Michel Lucas, Irma éd, 2012.

Dans une rencontre organisée le 30 avril dernier, par l'IRMA et le réseau MAP (réseau des musiques actuelles à Paris), en partenariat avec la Bellevilloise, Jean-Michel Lucas, présentait cet ouvrage. Ce débat du 30 avril capté par Demain TV est disponible ici.

 

François Deschamps l’a suivi avec la plus grande attention et livre une très claire synthèse des échanges dont voici un bref extrait :

 

Jean-Michel Lucas (…) soutient que la culture ne doit pas être une contribution (comme « secteur » culturel)  au développement durable, mais une condition de celui-ci.

Après une critique de la Directive « services » de l'Europe, en ce qu'elle ne nomme même pas le secteur artistique et culturel mais uniquement les échanges concurrentiels (sans parler de la notion « d'exception » culturelle qui l'énerve), il explique quel est selon lui  l'enjeu politique, à savoir tenter de créer une unité avec les identités culturelles différentes mais qui  pourtant doivent réussir à vivre ensemble. Ainsi fait-on acte d'humanité en allant vers plus de dignité et d'émancipation des personnes. L'éthique de la rentabilité ne devrait pas supplanter l'éthique de la responsabilité, de la dignité.

L'animateur de la réunion, François-Xavier Ruan, pose alors la question qui me vient souvent après avoir écouté Jean-Michel Lucas (au risque de passer pour un affreux pragmatique) : Quelles sont les pistes de travail que cette réflexion peut engager ? Concrètement, qu'est ce qu'on fait quand on rentre chez soi ?

Ferdinand Richard (AMI, Friche de la Belle de mai, expert aurprès du FIDC, fonds international pour la diversité culturelle de l'Unesco) traduit le propos de JM Lucas en expliquant qu'il s'agit de remplacer le mouvement consistant à « aller du haut vers le bas » pour « aller du bas vers le haut ». C'est un changement de paradigme, un mouvement irréversible pour lui  en Europe, qui ne se fait pas sans douleur, lié aux évolutions politiques mais aussi à d'autres facteurs comme les nouveaux medias. Les Etat-nation tendent à perdre leur contrôle depuis 30-40 ans, au fur et à mesure que le projet européen se construit, en faveur des autorités locales. Le propos du CGLU (le plus gros réseau de collectivités locales au monde) sur l'Agenda 21 de la culture est un projet de division du pouvoir des Etats-nation vers les autorités locales (avec aussi les dangers que peut représenter l'arrivée de potentats locaux). 
Notant que Jean-Michel Lucas remet souvent en cause les acteurs culturels, et que son discours est très anti-global et anticapitaliste, impliquant donc des changements de société, il se demande ce qu'on peut en faire quand on est opérateur culturel dans la société actuelle. Le système marginalise en effet ceux qui tentent de sortir de la logique dominante (recherche de rentabilité).

Seuls les politiques peuvent faire évoluer les choses. JM Lucas voit les choses ainsi :  quand une collectivité veut créer un équipement ou un projet culturel, et bien il serait nécessaire que la politique publique introduise dans l'action  le temps de l'avant, le temps du milieu et le temps de l'après ; c'est-à-dire des temps de discussion pour se demander si cette action a une valeur pour construire l'humanité, en quoi elle va donner à ceux qui y participent plus de liberté (d'opinion, de réflexion, de choix), plus de capacité à faire ce qu'ils ont envie de faire, et plus de responsabilité, de relation pacifiée avec les autres.

Philippe Berthelot (UFISC) : Comment ces acteurs culturels qui en prennent « plein leur grade » par JM Lucas peuvent-ils  arriver à encaisser ses colères -certes bénéfiques- ?  Ce n'est pas simple, du jour au lendemain, après des décennies de construction collective, de constater que des articles de textes aussi fondamentaux tels que ceux cités par JM Lucas ont pu se perdre au fil du temps, ou du moins n'ont pas été mis en œuvre. « C'est bien - dit-il à JM Lucas- de renvoyer la faute au secteur culturel, de se flageller, mais la question est de savoir comment on arrive à redresser ce mouvement, qui ne concerne pas seulement la culture (cf. la désespérance des gens qui œuvrent dans le domaine de la santé, comment ils se sont fait piéger dans les mécanismes de cloisonnement, de corporation, d'intérêt individuel, de représentation...) ». 
Ph. Berthelot se prononce pour une méthode d'apprentissage collectif : se réinterroger sur comment les choses se fabriquent, faire de la recherche-développement , essayer de partager, et puis sortir de nos propres problématiques d'enfermement, de construction de départ, chercher à s' arracher du passé.

(…)

Faute de suivre le débat télévisé dans son intégralité, il faut tout lire de la synthèse qu’en propose François Deschamps.

 

On la trouve sur la lettre d’infos dont il est responsable.

 

Voir aussi dans la même perspective le principe n° 7 (à venir).

 

Retour à la page et au sommaire des 7 principes 

 



 

 

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 06:26

sept

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps...

°

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose (quand il n’est pas cynique) qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

°

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

C’est ce qu’éclaire cette tribune du Comité national de liaison des EPCC

 

Poursuivre les débats sur la décentralisation

À la veille d’échéances électorales, la question de l’organisation publique territoriale est une nouvelle fois posée. Dans le secteur culturel, elle est récurrente malgré les innombrables tentatives de concertation mises en place depuis plusieurs années : Entretiens de Valois, réforme des collectivités territoriales et de l’État, réforme fiscale, conférences régionales, schémas territoriaux. La Loi sur la réforme des collectivités territoriales initiée par le gouvernement actuel n’a pas réellement apporté de réponse claire : la culture reste, comme le sport et le tourisme, sur une exception de compétence partagée.

En fait la loi reconnaît le caractère pluriel de la culture et renvoie la responsabilité à chaque échelon territorial et à l’État éventuellement. Dans une période de restriction des fonds publics, le risque est grand de placer le modèle du « qui paye décide » comme seule référence des politiques culturelles publiques. Cette logique conduira inévitablement les collectivités territoriales (et l’État) à se recentrer sur leurs grands équipements, soit parce qu’elles sont directement en responsabilité d’employeur, soit parce que les projets répondront alors à une stratégie de marketing territorial. Économie créative et communication deviendront alors les maîtres mots d’une politique culturelle uniformisée qui devrait pourtant recouvrir une plus grande diversité de réalités.

Mais quelle collectivité publique peut assumer, de manière isolée, une vraie politique culturelle ambitieuse capable tout aussi bien de répondre aux exigences de citoyenneté, de solidarité, d’éducation, de développement, d’innovations culturelles et créatrices ? Dans cette compétition territoriale, souvent métropolitaine, n’y a-t-il pas un risque de privilégier les projets dits structurants au détriment d’une réponse publique aux projets initiés par les territoires ? Un phénomène de concentration des moyens financiers n’est-il pas à craindre, qui risque de laisser des microprojets seuls face à la réalité du marché ?

Plus qu’une compétence, une politique de la culture se traduit par des services financés et soutenus par la puissance publique dont il faut redéfinir plus correctement les périmètres : entre les projets patrimoniaux et les projets de recherche artistique, les enjeux ne sont pas les mêmes ; entre les projets d’industries culturelles et le soutien à des groupes d’artistes implantés sur un territoire, les échelles ne sont pas les mêmes.

La politique culturelle est décentralisée et partagée mais est-elle aussi coopérative que ses protagonistes le revendiquent ? Sur la base des expériences engagées depuis trente ans, quels projets collectifs s’agit-il d’initier pour demain ? Avec quelles responsabilités ? Comment reconnaître la diversité des politiques publiques locales ? Comment intégrer la multitude des segments du terme culture ? Quelles sont les représentations portées au sein d’instances délibératives ? Où sont les évaluations de ces espaces politiques partagés ? Les questions aujourd’hui posées renvoient à une réflexion intrinsèquement politique.

Les politiques publiques en faveur de la culture constituent aujourd’hui un édifice pluriel particulièrement fragile dont l’avenir est plus que jamais lié à l’urgence d’une réflexion politique, y compris à l’échelon européen. Nous n’échapperons sûrement pas à la nécessité de dresser un inventaire critique et prospectif. Il nous faut éviter de plaquer une même règle sur l’ensemble des segments culturels existants et en devenir. Il s’agit peut-être de nous doter d’un nouveau référentiel repérant les multiples dimensions du secteur.

Cette responsabilité incombe aux acteurs publics, collectivités territoriales et État, comme des établissements publics dédiés au côté des professionnels et des citoyens. Quel que soit le mode d’organisation retenu dans quelques mois par les législateurs, nous pensons que les processus de coopération sont seuls aptes à structurer une action pérenne, à mener des expérimentations, à innover dans les interventions et à ajuster en permanence les projets en fonction de choix stratégiques.

Nous vivons tous dans des temps différents qui obligent à doter les organisations de nouvelles ingénieries. La coopération peut permettre le développement de projets publics répondant à la diversité des enjeux économiques, sociaux, culturels, éducatifs. De nouveaux « mandats » sont à confier par la puissance publique à des équipements capables d’assurer une fonction de redistribution, de solidarité et de développement au plan local et régional, national et européen, international.

En confortant cette dimension collective, cela doit concrétiser tout à la fois une exigence collective au plan artistique ou scientifique, une exigence à considérer les citoyens comme contributeur de biens culturels communs et une exigence de gestion de l’argent public. C’est une question de choix et de définition des priorités ! Si la France a ratifié la Déclaration Universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle, une politique d’investissement sur et par l’humain est nécessaire, au côté d’investissements plus économiques.

La question de savoir s’il faut plus ou moins de décentralisation (administrative) dans le secteur culturel ne trouvera sa pertinence que si elle ne se traduit pas seulement dans un principe de gestion, comme le simple transfert des subventions de l’État aux collectivités territoriales. La réponse s’inscrit nécessairement dans une approche plus globale en termes d’enjeux et d’articulations entre les différentes échelles de territoires, de discernement des logiques industrielles et/ou sociétales, et de responsabilités partagées entre les acteurs en présence.

C’est un chantier ambitieux sur lequel s’est engagé le comité national de liaison des EPCC avec la volonté de montrer que la coopération ne se décrète pas et qu’elle nécessite une attention particulière. C’est un apprentissage mutuel et collectif pour une coopération politique.

Avril 2012

Voir le site.

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 06:44

 

 sept

 

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps, autour d’une question lancinante : est-il possible de sortir les politiques culturelles des formes de routinisation gestionnaire qui les affectent depuis un certain temps ? Et, inversement, comment en finir avec la vaine grandiloquence en usage lorsqu’il s’agit d’art et de culture ?


Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose (quand il n’est pas cynique) qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Prise de position CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire); SEP-UNSA Education (Syndicat de l’Education Populaire); UNSA (Union nationale des Syndicats Autonomes) 16 décembre 2011.

 

La Commission européenne actualise depuis plusieurs mois des règlements concernant les règles de la concurrence. Ces textes sont dénommés «Paquet Almunia», du nom du Commissaire en charge de la concurrence. Ce paquet, présenté le 20 décembre prochain, vise à clarifier et simplifier la situation des services publics locaux. Il s’agit de la révision du paquet Monti-Kroes de 2005, qui arrive à échéance. L’objectif de la Commission est de simplifier la décision tout en construisant un nouveau système de contrôle proportionné à l’impact des services d’intérêt général sur le marché intérieur. La Commission admet désormais que certains services d’intérêt économique général n’ont aucun impact sur le marché. Ainsi, le nouveau règlement exempte, sous certaines conditions les Services Sociaux d’Intérêt Général des règles de mise en concurrence. La France s’est positionnée en faveur de cette règle sur le secteur de la culture.

Nous demandons que les secteurs de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Culture puissent bénéficier des mêmes exemptions et sortir du champ de la concurrence. Historiquement, ces secteurs vivent et se développent grâce à un fort engagement d'associations. Cet ancrage associatif constitue une spécificité culturelle et sociale, identitaire pour la France. Il n'est pas imaginable que les associations œuvrant dans les secteurs de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la culture puissent être mises en concurrence les unes contre les autres et puissent relever d'un cadre commercial. La France avait choisit sur les transpositions précédentes de mettre ces secteurs en concurrence. Le gouvernement français doit aujourd'hui se positionner clairement sur cette question. Enfin nous constatons que l’exemple du modèle Allemand est régulièrement mis en avant. Il faut ainsi rappeler que l’Allemagne avait décidé de sortir du champ de la concurrence le secteur de la petite enfance contrairement à la France dans les transpositions précédentes.

C’est pourquoi, nous appelons les citoyens, les associations, les syndicats, les partis politiques, et toutes les instances à se mobiliser pour que l’État français et la Commission européenne se positionnent sur l’exemption de ces secteurs du champ de la concurrence et des règles qui s'y appliquent.

 
Le 16 décembre 2011. Le CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire), le SEP-UNSA Education (Syndicat de l’Education Populaire), l’UNSA (Union nationale des Syndicats Autonomes).

Voir le site.


Il importe aussi de signaler une série de notes publiées sur cette même question d’urgence par l’excellent Cultural Engineering Group Weblog animé par Philippe GIMET

Le 1er mai 2012, dernier il signalait que le groupe de travail sur l’influence du droit communautaire sur le financement des services culturels par les collectivités territoriales a rendu ses conclusions au Sénat au début du mois d’avril (lire ici la communication du groupe de travail.).

Le communiqué de presse qui nous est parvenu avec la synthèse du rapport du président du groupe de travail Monsieur Vincent Eblé témoigne de la complexité et de l’importance du sujet.

En effet, le droit communautaire évolue. Le paquet Monti-Kroes, datant de juillet 2005, a été remplacé par le paquet Almunia, adopté par la Commission européenne le 20 décembre 2011 et applicable en France depuis le 1er février 2012. S’adressant à l’ensemble des pouvoirs publics, nationaux et locaux, il émet un principe général d’interdiction des aides d’État, tout en autorisant certaines compensations notamment pour la fourniture de « services d’intérêt économique général » (SIEG). Au-delà d’un certain seuil de subvention, le seuil de minimis, qui devrait prochainement être fixé à 500 000 euros sur trois ans, toute compensation fait l’objet d’une notification.

Ceci est lourd de conséquences pour la culture et plus généralement pour l’écosystème culturel. Des mutations profondes s’annoncent. Plusieurs de nos membres sont très mobilisés sur cette question et nous aurons l’occasion d’y revenir très prochainement en détail.

Après avoir publié le premier la lettre de Jean-Michel Lucas au sénateur Eblé (voir ci-dessous), il revient plus longuement sur la question.

Nous en avons déjà fait mention plusieurs fois ces derniers jours car le sujet ne fait aucune vague ou presque, en tout cas dans les médias, et il faut absolument en parler car ce quasi silence radio donne la fausse impression qu’on se résigne à laisser nos politiques, certains d’entre eux en tout cas à gauche comme à droite, louvoyer non sans opportunisme et porter sans conviction des visions qui trahissent un aveux d’impuissance criant.

Nous nous serions résignés à subir ce qui nous nous est présenté par ces mêmes politiques comme inévitable et qui est posé d’emblée comme une guerre de tranchées entre droit communautaire et droit souverain.

Dans tous les secteurs, le rôle des acteurs des territoires est d’éclairer le politique, de lui confier leur expertise. Les acteurs sont les premiers à pouvoir témoigner de l’impact des actions et des projets qu’ils mènent dans un éco-système où le politique cherche à traduire et porter une volonté, des valeurs, des visions. Cet éco-système est d’ailleurs très largement régi par la répartition des compétences entre Etat et Collectivités territoriales qui doivent s’exercer en étroite collaboration. Les acteurs territoriaux, dont certains reçoivent des financements publics pour mettre en œuvre une part de ces compétences selon des objectifs ciblés, sont au contact du terrain et exercent, appelons en chat un chat, un part de la mission de service public.

Ils contribuent ensemble à animer, valoriser, renforcer et enrichir la qualité du cadre de vie de nos territoires.

Cette gouvernance public-privé, disons-le tout net, ne peut tout réussir ni tout résoudre mais il est clair que l’architecture de notre contrat social repose en grande partie sur cette coopération étroite. Or cette coopération étroite évolue au gré des réformes, s’adapte au fil des grands changements sociétaux mais n’a jamais été bouleversée en profondeur depuis les premières lois de décentralisation.

Or la construction européenne, que certains accusent à tort, par crainte ou par ignorance, de tous les maux, modifie la donne acquise depuis des générations, elle amène à considérer non pas qu’il convient d’uniformiser nos espaces souverains et nos cultures mais de les harmoniser (ce qui est bien plus qu’une nuance), de placer le vivre ensemble souverain dans une dimension communautaire. En d’autres termes, l’Europe en marche est l’Europe qui fixe un minimum de règles communes et de principes partagés. Cela signifie qu’il convient d’instituer ces règles et ces principes, au travers du droit communautaire, capable de s’appliquer à tous pour que chacun puisse participer à construire l’identité européenne à partir de sa propre culture et de ce qu’il en tire pour sa propre culture.

De ce point de vue, transposer une directive européenne en droit souverain appelle nécessairement des adaptations d’une part et des dérogations de l’autre, ceci étant nécessairement l’objet de négociations plus ou moins âpres. C’est le lot quotidien du politique que d’assurer que l’intérêt général puisse prévaloir à chaque instant dans ces transpositions qui sont bien plus que du juridique ou du langage technocrate comme disent les eurosceptiques.

La responsabilité est donc grande, ce qui oblige à ce que le dialogue soit fort entre le niveau local, national et européen.

(…)

Il est désormais vital que politiques, techniciens et acteurs culturels prennent collectivement leurs responsabilités car, comme dit le proverbe chinois, c’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur. Nous y sommes.

 

LIRE L’INTEGRALE DE LA NOTE de Philippe GIMET

Dans la même perspective, on lira avec intérêt la réponse du Comité national de liaison des EPCC au Sénateur Vincent EBLE sur l’influence du droit communautaire sur les financements des services culturels

Monsieur le Président,

Nous avons lu avec beaucoup d’attention votre communication sur « l’influence du droit communautaire sur le financement des services culturels ». Nous vous rejoignons dans votre volonté « de faire évoluer le cadre juridique de manière pragmatique ». La lecture de votre communication du mercredi 4 avril 2012 nous suggère plusieurs remarques. Nous savons la situation complexe au regard de la diversité des réalités du secteur culturel et son relative atomisation dans un grand nombre de segments. Les réponses à construire face à cette évolution des cadres réglementaires ne sont donc pas aisées.

Pour aller directement au sujet qui nous intéresse ici, rappelons simplement que le législateur a souhaité en 2002 la création d’un statut juridique dédié pour assurer la pérennité d’un service culturel public : l’Etablissement Public de Coopération Culturelle (EPCC)

Lire la suite

 

 En effet, les honorables sénateurs s’étant saisis des inquiétudes que ne manque pas de susciter une telle remise en question de notre conception des rapports entre culture et service public  Monsieur Vincent Eblé a rapporté sur le sujet  lire ici la communication du groupe de travail.  

Fort de ses convictions affirmées et de son travail approfondi sur ces questions Jean-Michel Lucas s’est donc fendu d’une lettre qui commence et finit ainsi

 

A l'attention de Monsieur Eblé, Sénateur,

Président du groupe de travail sur l'influence du droit communautaire sur le financement des services culturels par les collectivités territoriales

Monsieur Le Président,

J'ai lu avec attention le rapport sur « l'influence du droit communautaire sur le financement des services culturels » que vous avez présenté au Sénat le 2 avril dernier devant la Commission de la culture, de l'éducation et de la communication.

Je dois avouer que j'ai été particulièrement surpris par l'analyse que vous avez faite de cette question si déterminante pour l'avenir des politiques culturelles dans notre société de liberté. Je voudrais, en conséquence, vous faire part de mes réactions en espérant qu'elles puissent influer sur la rédaction finale du document que vous demandez au Sénat de diffuser largement auprès des autorités publiques et de la société civile.

Mon étonnement tient surtout à l'angle d'approche que vous avez choisi et qui se réduit à une lecture juridique – réglementaire - des dispositifs de soutien aux acteurs culturels. Sur un tel sujet, j'estime qu'une réflexion plus proche des responsabilités d'intérêt général – disons éthiques et politiques – de votre assemblée d'élus du peuple aurait permis de mieux éclairer l'opinion

 

(…)

 

Ne serait-il pas nécessaire de refuser cette explication injustifiée et de réclamer que les SIG (non économiques) reposent plus solidement sur les valeurs fondamentales du Traité ? Et, bien entendu, sur des activités dont la finalité est de permettre aux personnes d'être plus en dignité, vis à vis d'elles-mêmes, vis à vis des autres. Il faut ainsi profiter du flou des justifications de la Commission pour refonder les services d'intérêt général (non économiques) sur la défense des droits humains.

Je suis persuadé que beaucoup d'acteurs culturels pourraient se reconnaître dans cette exigence éthique. Pas tous, certes, car nombre d'entre eux sont plutôt des vendeurs de produits à des publics satisfaits de leurs consommations de spectacles, de films ou de livres... Pour eux, le marché concurrentiel restera la norme et, à titre d'exception, les SIEG suffiront bien à la peine. Les informations juridiques que vous avez données leur seront parfaitement adaptées.

Mais, d'autres acteurs culturels privilégient la relation de « reconnaissance » entre les personnes. Les obligations de réciprocité ne se limitent pas au paiement d'un billet ou d'un salaire.

L'enjeu est que les personnes progressent sur le chemin de l'émancipation. La culture est alors comprise comme construction d'une humanité ensemble faite de plus de libertés, plus de capabilités, plus de responsabilités vis à vis des autres, pour reprendre les exigences des approches du développement humain, si bien défendues par Amartya Sen, prix Nobel d' économie.

De tels projets acceptent, bien sur, les échanges marchands mais ne s'y réduisent pas car ils nécessitent la confrontation des personnes et de leurs libertés culturelles ( et artistiques) pour mieux favoriser les interactions entre les mondes sensibles ( ce que j'ai qualifié ailleurs de « palabre »  et qui ne peut s'épuiser dans l'offre de marchandises !)

Cet enjeu culturel mérite bien un dispositif réglementaire identifié. Les services de dignité comme SIG non économiques devraient lui être ouverts, même si les critères pour y entrer seront sans doute plus contraignants que ceux qu'impose la logique marchande aux SIEG. Ils seront, en tout cas,

beaucoup plus valorisants pour ceux qui estiment comme Perez de Cuellar que « nous avons tout lieu d’espérer qu’à mesure que chacun ira défrichant un peu mieux sa propre singularité, il y découvrira au plus profond l’indéniable empreinte de notre humanité commune. »

Je m'autorise à reprendre pour cet enjeu culturel les mots de Mendes France :

« Alors que le progrès consiste à reconnaître à chacun plus de droits, d’indépendance, de dignité non seulement dans la gestion de sa vie personnelle mais aussi dans celle de la communauté à laquelle il appartient, je ne peux croire que ce peuple se désintéresse de son propre progrès. » (« La république Moderne » Edit Gallimard,1966)

En ce sens, je forme le voeu qu'avec votre soutien, l'Union saisisse la nécessité de faire évoluer ses directives pour donner force réglementaire à l'enjeu culturel premier qui reste de mieux construire notre humanité commune, ensemble.

 

Je vous remercie de votre attention.

Bien respectueusement à vous

Jean Michel Lucas.

 

 

Télécharger l'intégralité de la lettre de Jean-Michel Lucas à Vincent Eblé


Pour ceux qui contrairement à moi n’ont pas eu la chance d’assister à la présentation de son ouvrage à la Bellevilloise le 30 avril dernier, grâce à l’Irma et à Demain TV, la captation intégrale de l’événement est disponible ici. Voir aussi la synthèse écrite qu’en a réalisé François Deschamps pour Territorial.fr

 

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 08:35

sept

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps, autour d’une question lancinante : est-il possible de sortir les politiques culturelles des formes de routinisation gestionnaire qui les affectent depuis un certain temps. Ou encore, face brillante de la même triste médaille, comment en finir avec la vaine grandiloquence au sujet de ce que l’on appelle communément la culture?

On est ici attentif aux pas de côté, aux tentatives de redonner un sens à l’action publique, aux initiatives de la société civile, bref aux vigiles insolents et aux guetteurs intempestifs.


Principe n° 2 : certes, il faut « défendre » la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

 

C’est ce que rappelle le texte de Robin Renucci Pour une autre politique de l’art, publié dans Le Monde pendant l’été 2011 et relayé par L’Oizeau rare.

 

(...)

L'éducation artistique et culturelle est un enjeu central de notre temps. La " société de la connaissance " ne se construira pas sans une exigence de pratique. Former les enseignants et non pas fermer les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), impliquer les artistes et les institutions culturelles dans des formations croisées. Enseigner l'histoire de l'art ne répond pas aux exigences du " partage du sensible ", selon l'expression du philosophe Jacques Rancière. L'histoire de la natation apprend-elle à nager ?

L'historien Roger Chartier écrivait ici même il y a vingt ans : " Il y a quelque chose de pathétique à vouloir dresser une digue étanche, infranchissable, entre les études et les oeuvres dont se délectent "les amateurs habituels des choses de l'esprit" et les "pratiques culturelles" du plus grand nombre, alimentées par le marché des loisirs. Le lien qui les unit (...) réside dans la trajectoire même qui donne leur sens aux oeuvres les plus puissantes " (" Pas d'oeuvre sans pratique ", Le Monde du 26 septembre 1991).

(...)

 © Le Monde

Je rappelle que ce texte de Roger Chartier, introuvable sur la toile, semble-t-il, a été remis en circulation par La Cité des sens.

Télécharger " Pas d'oeuvre sans pratique "

 

J’ajoute que si ce s’il est convenu d’appeler l’éducation artistique est une priorité du nouveau gouvernement, ce dont on ne saurait trop se réjouir, cela ne saurait justifier une réduction du métier d’enseigner à la seule transmission des connaissances faire oublier que la transmission culturelle  doit rester (et, s’il le faut, redevenir) la mission fondamentale de l’école.

 

Sur cette question voir Transmission d’hier et d’aujourd’hui, chapitre V de La bataille de l’imaginaire (recueil de contributions édité par les Rencontres d’Archimède), sous la direction de Cécil Guitart, Editions de l’attribut, 2009

 Voir aussi le site du Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire.

Et, pour mémoire, l’ouvrage de Jean-Gabriel Carasso : Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ?

Et sur son blog : L'art, la culture et l'école, c'est maintenant.

 

D e fait, l’affaire d’ailleurs est plus complexe et profonde que les propos un peu convenus sur les bienheureuses rencontres entre artistes et enfants que l’expérience artistique sauverait de l’échec scolaire.

On peut se reporter aux fécondes réflexions d’Alain Kerlan.

 

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 09:23

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Un blog, c’est comme ça, on n’y peut pas grand-chose, c’est du genre au jour le jour, une note chasse l’autre et ainsi de suite.

Essayons donc de récapituler et, si possible, de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps, autour d’une question lancinante : est-il possible de sortir les politiques culturelles des formes de routinisation gestionnaire qui les affectent depuis un certain temps?. Ou encore, face brillante de la même triste médaille, comment en finir avec la vaine grandiloquence qui fait de ce que l’on appelle communément la culture une espèce d’albatros que ses ailes de géant empêchent de marcher.

On est ici attentif aux pas de côté, aux tentatives de redonner un sens à l’action publique, à la nécessaire attention aux initiatives de la société civile, bref aux vigiles insolents et aux guetteurs intempestifs.

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : il faut certes soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l'impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe n° 4 : la culture dans la décentralisation, c'est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe n° 6 : créer les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose (quand il n’est pas cynique) qui affecte le monde de l’artet les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe n° 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

 Pour un grand service public de la recherche, de l'enseignement, de la culture et de l'éducation populaire par Christian Maurel

 

Point de vue | LEMONDE.FR | 23.11.11 | 

Le débat de la prochaine campagne présidentielle peut-il et doit-il se réduire à une dispute sur la création de 60 000 postes d'enseignants ? Certainement pas. La question des moyens budgétaires est déterminante mais elle ne saurait constituer l'alpha et l'oméga d'une réflexion politique qui entendrait concerner l'ensemble des citoyens sur ce thème central qu'est l'éducation.

Nous plaidons en faveur d'un grand service public – le premier de la nation par ses missions et ses moyens – de la recherche, de l'enseignement, de la culture et de l'éducation populaire. Pour répondre de quels enjeux et pour remplir quelles missions ?

(…)

 Il s'agit, bien plus, de promouvoir une intelligente articulation de la démocratie culturelle donnant "droit de cité" aux différentes cultures et une démocratisation (Paul Vaillant-Couturier parlait de "popularisation") des grandes œuvres de l'Humanité, de ne plus opposer pratiques amateurs et pratiques professionnelles, de considérer, comme le revendique le comédien Robin Renucci (Le Monde du 8/9/2011), que "le rapport à l'art, la construction culturelle de soi passent par la pratique, par une relation sensible, développée et valorisée dès le plus jeune âge". Ainsi conçue, l'action culturelle ne se limite plus à un accès aux œuvres mais fait en sorte que "les œuvres œuvrent" selon la belle formule de Bernard Stiegler reprise par le même Robin Renucci qui en fait tous les ans l'expérience en Corse dans le cadre des rencontres de l'ARIA (...).

© Le Monde

Lire la suite : 

Point de vue | LEMONDE.FR | 23.11.11 | 

Christian Maurel sociologue, cofondateur du collectif national Education populaire et transformations sociale, délégué régional des Maisons des jeunes et de la culture et professeur associé à l'université Aix-Marseille-I.

Il est l'auteur de l'ouvrage Education populaire et puissance d'agir. Les processus culturels de l'émancipation (Editions L'Harmattan, Paris 2010) et du roman Le châtaignier aux sabots ou les longs hivers (Editions de l'Officine, Paris 2010).


N.B. : à propos d’école et d’enseignement, voir Démocratisation-scolaire.fr, site très intéressant.

 

On peut, on doit sortir de la seule logique du « secteur » de la culture… c’est aussi ce qu’affirment les auteurs de l’appel L’Art est public.

 

L'avenir est lié à la nécessité d'une réflexion politique, notamment sur ce qui fonde l'action publique et sa légitimité : l'intérêt général, c'est-à-dire ce qui fait sens collectif dans nos sociétés.

La mobilisation « l'art est public » affirme que l'art et la culture ne s'arrêtent pas à ceux qui les pratiquent mais que l'art est l'affaire de tous, qu'il est affaire publique. Cette dynamique participative au long cours questionne et met en débat le rapport entre pratique artistique et culturelle et enjeux démocratiques et sociétaux.

Porté depuis plusieurs mois par les organisations membres de l'Ufisc, le mouvement a commencé à s'élargir à d'autres acteurs de l'économie et de l'éducation populaire. Il reçoit le soutien d'élu(e)s sur l'ensemble du territoire - 450 à ce jour - et plus largement des citoyens.

« L'art est public » affirme également que la culture est indissociable aux autres domaines fondamentaux de la vie que sont la santé, l'éducation, la recherche, l'environnement, l'urbanisme, le logement, l'alimentation, l'énergie ...

Ce temps de forum de « l'art est public » doit ainsi permettre de nourrir un dialogue et une réflexion ouverte entre acteurs de différents secteurs qui partagent les mêmes constats quant à la mise à mal de l'intérêt général et du bien commun.

Nous vous invitons donc à participer à un temps de convergence et de construction collective !

Education, recherche, santé, tourisme, culture, agriculture, parce que nous pensons que nos destins sont solidaires, nous proposons de réinterroger ce qui fonde l'intérêt général dans la société toute entière et d'élaborer ensemble des résistances partagées.

Nous ne voulons pas être complices d'un monde catégorisé, de politiques cloisonnées, nous devons chercher à créer des convergences d'analyse et d'action.

 

Les fondements de la mobilisation « l’art est public » - pour une politique culturelle réinventée 
Cette dynamique collective a pour objectif de mettre en débat les fondements de l’intervention publique en matière d’art et de culture. Elle est un appel à ce que se construisent de manière partagée et démocratique des politiques publiques ambitieuses, fondées sur la diversité, l'équité et la considération des droits culturels, pour consolidation des initiatives d’intérêt général face à la marchandisation de la culture. L’art est l’affaire de tous, c’est un enjeu de société !

La mobilisation se construit sur la base de premières convictions communes portées dans l’appel à mobilisation à retrouver ici

 

Voir le site

 

Retour à la page et au sommaire des 7 principes

 

 

 

Voir aussi

 Rencontres sur les politiques culturelles.

Culture(s) sans frontières

Un nouveau paradigme pour les politiques publiques de la culture.

L'art en partage ou "la démocratie quel chantier".

Mettre un frein à l'immobilisme

Organiser la palabre

Ouvrir les possibles

Vigiles insolents et guetteurs intempestifs

Politiques culturelles : un pas de côté

Urgence de la transmission

Droits culturels, démarches artistiques partagées et démocratie


 

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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
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    La maîtrise du temps, liée à des logiques économiques et libérales, a imprégné le champ artistique et culturel, asservissant le travail culturel et artistique à des temps non-artistiques. Qu’il s’agisse de l’action culturelle passée de la longue durée...
  • Les politiques culturelles en débat : questions de sens.
    Bien rares sont les commentaires publiés sur ce blog consacré aux rapports entre culture et politique ! Et qui plus est, compte tenu de l'ergonomie de cette plate-forme, ils ne sont pas très visibles. Ma note précédent ( Mettre l'artiste au cœur de la...
  • Mettre l'artiste au cœur de la cité ?
    UNE ARCHIVE... Je fouille, je range, je classe... ces dernières semaines, comme vous, j'ai compris de nouveau que le pire n'est pas toujours certain. Mais quand même! Grosse fatigue ! J'essaie de mettre de l'ordre, à défaut de pouvoir le faire dans mes...
  • Institution et formation
    Recension de cet ouvrage collectif, tiré de la thèse de Sébastien Charbonnier : « Quand y a-t-il philosophie ? Apprendre la pratique d'un art de penser » publiée sous le titre : Que peut la philosophie ? , Éd. du Seuil, 2013 Si cet ouvrage figure dans...
  • Équipements culturels, centres d’intelligibilité du monde ?
    Suite de la note précédente consacrée aux politiques de développement de la lecture et à un retour sur la journée d'études Livre, lecture et politiques de démocratisation culturelle organisée par l’ENSSIB, la BPI et le Comité d’histoire du ministère de...
  • L'école et la démocratisation de la lecture.
    J’avais déjà signalé ici même la Journée d’études Livre, lecture et politiques de démocratisation culturelle organisée par l’ENSSIB, la BPI et le Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication, il y a un peu plus d'un an. Cette journée...