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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 06:26

sept

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps...

°

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose (quand il n’est pas cynique) qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

°

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

C’est ce qu’éclaire cette tribune du Comité national de liaison des EPCC

 

Poursuivre les débats sur la décentralisation

À la veille d’échéances électorales, la question de l’organisation publique territoriale est une nouvelle fois posée. Dans le secteur culturel, elle est récurrente malgré les innombrables tentatives de concertation mises en place depuis plusieurs années : Entretiens de Valois, réforme des collectivités territoriales et de l’État, réforme fiscale, conférences régionales, schémas territoriaux. La Loi sur la réforme des collectivités territoriales initiée par le gouvernement actuel n’a pas réellement apporté de réponse claire : la culture reste, comme le sport et le tourisme, sur une exception de compétence partagée.

En fait la loi reconnaît le caractère pluriel de la culture et renvoie la responsabilité à chaque échelon territorial et à l’État éventuellement. Dans une période de restriction des fonds publics, le risque est grand de placer le modèle du « qui paye décide » comme seule référence des politiques culturelles publiques. Cette logique conduira inévitablement les collectivités territoriales (et l’État) à se recentrer sur leurs grands équipements, soit parce qu’elles sont directement en responsabilité d’employeur, soit parce que les projets répondront alors à une stratégie de marketing territorial. Économie créative et communication deviendront alors les maîtres mots d’une politique culturelle uniformisée qui devrait pourtant recouvrir une plus grande diversité de réalités.

Mais quelle collectivité publique peut assumer, de manière isolée, une vraie politique culturelle ambitieuse capable tout aussi bien de répondre aux exigences de citoyenneté, de solidarité, d’éducation, de développement, d’innovations culturelles et créatrices ? Dans cette compétition territoriale, souvent métropolitaine, n’y a-t-il pas un risque de privilégier les projets dits structurants au détriment d’une réponse publique aux projets initiés par les territoires ? Un phénomène de concentration des moyens financiers n’est-il pas à craindre, qui risque de laisser des microprojets seuls face à la réalité du marché ?

Plus qu’une compétence, une politique de la culture se traduit par des services financés et soutenus par la puissance publique dont il faut redéfinir plus correctement les périmètres : entre les projets patrimoniaux et les projets de recherche artistique, les enjeux ne sont pas les mêmes ; entre les projets d’industries culturelles et le soutien à des groupes d’artistes implantés sur un territoire, les échelles ne sont pas les mêmes.

La politique culturelle est décentralisée et partagée mais est-elle aussi coopérative que ses protagonistes le revendiquent ? Sur la base des expériences engagées depuis trente ans, quels projets collectifs s’agit-il d’initier pour demain ? Avec quelles responsabilités ? Comment reconnaître la diversité des politiques publiques locales ? Comment intégrer la multitude des segments du terme culture ? Quelles sont les représentations portées au sein d’instances délibératives ? Où sont les évaluations de ces espaces politiques partagés ? Les questions aujourd’hui posées renvoient à une réflexion intrinsèquement politique.

Les politiques publiques en faveur de la culture constituent aujourd’hui un édifice pluriel particulièrement fragile dont l’avenir est plus que jamais lié à l’urgence d’une réflexion politique, y compris à l’échelon européen. Nous n’échapperons sûrement pas à la nécessité de dresser un inventaire critique et prospectif. Il nous faut éviter de plaquer une même règle sur l’ensemble des segments culturels existants et en devenir. Il s’agit peut-être de nous doter d’un nouveau référentiel repérant les multiples dimensions du secteur.

Cette responsabilité incombe aux acteurs publics, collectivités territoriales et État, comme des établissements publics dédiés au côté des professionnels et des citoyens. Quel que soit le mode d’organisation retenu dans quelques mois par les législateurs, nous pensons que les processus de coopération sont seuls aptes à structurer une action pérenne, à mener des expérimentations, à innover dans les interventions et à ajuster en permanence les projets en fonction de choix stratégiques.

Nous vivons tous dans des temps différents qui obligent à doter les organisations de nouvelles ingénieries. La coopération peut permettre le développement de projets publics répondant à la diversité des enjeux économiques, sociaux, culturels, éducatifs. De nouveaux « mandats » sont à confier par la puissance publique à des équipements capables d’assurer une fonction de redistribution, de solidarité et de développement au plan local et régional, national et européen, international.

En confortant cette dimension collective, cela doit concrétiser tout à la fois une exigence collective au plan artistique ou scientifique, une exigence à considérer les citoyens comme contributeur de biens culturels communs et une exigence de gestion de l’argent public. C’est une question de choix et de définition des priorités ! Si la France a ratifié la Déclaration Universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle, une politique d’investissement sur et par l’humain est nécessaire, au côté d’investissements plus économiques.

La question de savoir s’il faut plus ou moins de décentralisation (administrative) dans le secteur culturel ne trouvera sa pertinence que si elle ne se traduit pas seulement dans un principe de gestion, comme le simple transfert des subventions de l’État aux collectivités territoriales. La réponse s’inscrit nécessairement dans une approche plus globale en termes d’enjeux et d’articulations entre les différentes échelles de territoires, de discernement des logiques industrielles et/ou sociétales, et de responsabilités partagées entre les acteurs en présence.

C’est un chantier ambitieux sur lequel s’est engagé le comité national de liaison des EPCC avec la volonté de montrer que la coopération ne se décrète pas et qu’elle nécessite une attention particulière. C’est un apprentissage mutuel et collectif pour une coopération politique.

Avril 2012

Voir le site.

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 06:44

 

 sept

 

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps, autour d’une question lancinante : est-il possible de sortir les politiques culturelles des formes de routinisation gestionnaire qui les affectent depuis un certain temps ? Et, inversement, comment en finir avec la vaine grandiloquence en usage lorsqu’il s’agit d’art et de culture ?


Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose (quand il n’est pas cynique) qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Prise de position CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire); SEP-UNSA Education (Syndicat de l’Education Populaire); UNSA (Union nationale des Syndicats Autonomes) 16 décembre 2011.

 

La Commission européenne actualise depuis plusieurs mois des règlements concernant les règles de la concurrence. Ces textes sont dénommés «Paquet Almunia», du nom du Commissaire en charge de la concurrence. Ce paquet, présenté le 20 décembre prochain, vise à clarifier et simplifier la situation des services publics locaux. Il s’agit de la révision du paquet Monti-Kroes de 2005, qui arrive à échéance. L’objectif de la Commission est de simplifier la décision tout en construisant un nouveau système de contrôle proportionné à l’impact des services d’intérêt général sur le marché intérieur. La Commission admet désormais que certains services d’intérêt économique général n’ont aucun impact sur le marché. Ainsi, le nouveau règlement exempte, sous certaines conditions les Services Sociaux d’Intérêt Général des règles de mise en concurrence. La France s’est positionnée en faveur de cette règle sur le secteur de la culture.

Nous demandons que les secteurs de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Culture puissent bénéficier des mêmes exemptions et sortir du champ de la concurrence. Historiquement, ces secteurs vivent et se développent grâce à un fort engagement d'associations. Cet ancrage associatif constitue une spécificité culturelle et sociale, identitaire pour la France. Il n'est pas imaginable que les associations œuvrant dans les secteurs de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la culture puissent être mises en concurrence les unes contre les autres et puissent relever d'un cadre commercial. La France avait choisit sur les transpositions précédentes de mettre ces secteurs en concurrence. Le gouvernement français doit aujourd'hui se positionner clairement sur cette question. Enfin nous constatons que l’exemple du modèle Allemand est régulièrement mis en avant. Il faut ainsi rappeler que l’Allemagne avait décidé de sortir du champ de la concurrence le secteur de la petite enfance contrairement à la France dans les transpositions précédentes.

C’est pourquoi, nous appelons les citoyens, les associations, les syndicats, les partis politiques, et toutes les instances à se mobiliser pour que l’État français et la Commission européenne se positionnent sur l’exemption de ces secteurs du champ de la concurrence et des règles qui s'y appliquent.

 
Le 16 décembre 2011. Le CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire), le SEP-UNSA Education (Syndicat de l’Education Populaire), l’UNSA (Union nationale des Syndicats Autonomes).

Voir le site.


Il importe aussi de signaler une série de notes publiées sur cette même question d’urgence par l’excellent Cultural Engineering Group Weblog animé par Philippe GIMET

Le 1er mai 2012, dernier il signalait que le groupe de travail sur l’influence du droit communautaire sur le financement des services culturels par les collectivités territoriales a rendu ses conclusions au Sénat au début du mois d’avril (lire ici la communication du groupe de travail.).

Le communiqué de presse qui nous est parvenu avec la synthèse du rapport du président du groupe de travail Monsieur Vincent Eblé témoigne de la complexité et de l’importance du sujet.

En effet, le droit communautaire évolue. Le paquet Monti-Kroes, datant de juillet 2005, a été remplacé par le paquet Almunia, adopté par la Commission européenne le 20 décembre 2011 et applicable en France depuis le 1er février 2012. S’adressant à l’ensemble des pouvoirs publics, nationaux et locaux, il émet un principe général d’interdiction des aides d’État, tout en autorisant certaines compensations notamment pour la fourniture de « services d’intérêt économique général » (SIEG). Au-delà d’un certain seuil de subvention, le seuil de minimis, qui devrait prochainement être fixé à 500 000 euros sur trois ans, toute compensation fait l’objet d’une notification.

Ceci est lourd de conséquences pour la culture et plus généralement pour l’écosystème culturel. Des mutations profondes s’annoncent. Plusieurs de nos membres sont très mobilisés sur cette question et nous aurons l’occasion d’y revenir très prochainement en détail.

Après avoir publié le premier la lettre de Jean-Michel Lucas au sénateur Eblé (voir ci-dessous), il revient plus longuement sur la question.

Nous en avons déjà fait mention plusieurs fois ces derniers jours car le sujet ne fait aucune vague ou presque, en tout cas dans les médias, et il faut absolument en parler car ce quasi silence radio donne la fausse impression qu’on se résigne à laisser nos politiques, certains d’entre eux en tout cas à gauche comme à droite, louvoyer non sans opportunisme et porter sans conviction des visions qui trahissent un aveux d’impuissance criant.

Nous nous serions résignés à subir ce qui nous nous est présenté par ces mêmes politiques comme inévitable et qui est posé d’emblée comme une guerre de tranchées entre droit communautaire et droit souverain.

Dans tous les secteurs, le rôle des acteurs des territoires est d’éclairer le politique, de lui confier leur expertise. Les acteurs sont les premiers à pouvoir témoigner de l’impact des actions et des projets qu’ils mènent dans un éco-système où le politique cherche à traduire et porter une volonté, des valeurs, des visions. Cet éco-système est d’ailleurs très largement régi par la répartition des compétences entre Etat et Collectivités territoriales qui doivent s’exercer en étroite collaboration. Les acteurs territoriaux, dont certains reçoivent des financements publics pour mettre en œuvre une part de ces compétences selon des objectifs ciblés, sont au contact du terrain et exercent, appelons en chat un chat, un part de la mission de service public.

Ils contribuent ensemble à animer, valoriser, renforcer et enrichir la qualité du cadre de vie de nos territoires.

Cette gouvernance public-privé, disons-le tout net, ne peut tout réussir ni tout résoudre mais il est clair que l’architecture de notre contrat social repose en grande partie sur cette coopération étroite. Or cette coopération étroite évolue au gré des réformes, s’adapte au fil des grands changements sociétaux mais n’a jamais été bouleversée en profondeur depuis les premières lois de décentralisation.

Or la construction européenne, que certains accusent à tort, par crainte ou par ignorance, de tous les maux, modifie la donne acquise depuis des générations, elle amène à considérer non pas qu’il convient d’uniformiser nos espaces souverains et nos cultures mais de les harmoniser (ce qui est bien plus qu’une nuance), de placer le vivre ensemble souverain dans une dimension communautaire. En d’autres termes, l’Europe en marche est l’Europe qui fixe un minimum de règles communes et de principes partagés. Cela signifie qu’il convient d’instituer ces règles et ces principes, au travers du droit communautaire, capable de s’appliquer à tous pour que chacun puisse participer à construire l’identité européenne à partir de sa propre culture et de ce qu’il en tire pour sa propre culture.

De ce point de vue, transposer une directive européenne en droit souverain appelle nécessairement des adaptations d’une part et des dérogations de l’autre, ceci étant nécessairement l’objet de négociations plus ou moins âpres. C’est le lot quotidien du politique que d’assurer que l’intérêt général puisse prévaloir à chaque instant dans ces transpositions qui sont bien plus que du juridique ou du langage technocrate comme disent les eurosceptiques.

La responsabilité est donc grande, ce qui oblige à ce que le dialogue soit fort entre le niveau local, national et européen.

(…)

Il est désormais vital que politiques, techniciens et acteurs culturels prennent collectivement leurs responsabilités car, comme dit le proverbe chinois, c’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur. Nous y sommes.

 

LIRE L’INTEGRALE DE LA NOTE de Philippe GIMET

Dans la même perspective, on lira avec intérêt la réponse du Comité national de liaison des EPCC au Sénateur Vincent EBLE sur l’influence du droit communautaire sur les financements des services culturels

Monsieur le Président,

Nous avons lu avec beaucoup d’attention votre communication sur « l’influence du droit communautaire sur le financement des services culturels ». Nous vous rejoignons dans votre volonté « de faire évoluer le cadre juridique de manière pragmatique ». La lecture de votre communication du mercredi 4 avril 2012 nous suggère plusieurs remarques. Nous savons la situation complexe au regard de la diversité des réalités du secteur culturel et son relative atomisation dans un grand nombre de segments. Les réponses à construire face à cette évolution des cadres réglementaires ne sont donc pas aisées.

Pour aller directement au sujet qui nous intéresse ici, rappelons simplement que le législateur a souhaité en 2002 la création d’un statut juridique dédié pour assurer la pérennité d’un service culturel public : l’Etablissement Public de Coopération Culturelle (EPCC)

Lire la suite

 

 En effet, les honorables sénateurs s’étant saisis des inquiétudes que ne manque pas de susciter une telle remise en question de notre conception des rapports entre culture et service public  Monsieur Vincent Eblé a rapporté sur le sujet  lire ici la communication du groupe de travail.  

Fort de ses convictions affirmées et de son travail approfondi sur ces questions Jean-Michel Lucas s’est donc fendu d’une lettre qui commence et finit ainsi

 

A l'attention de Monsieur Eblé, Sénateur,

Président du groupe de travail sur l'influence du droit communautaire sur le financement des services culturels par les collectivités territoriales

Monsieur Le Président,

J'ai lu avec attention le rapport sur « l'influence du droit communautaire sur le financement des services culturels » que vous avez présenté au Sénat le 2 avril dernier devant la Commission de la culture, de l'éducation et de la communication.

Je dois avouer que j'ai été particulièrement surpris par l'analyse que vous avez faite de cette question si déterminante pour l'avenir des politiques culturelles dans notre société de liberté. Je voudrais, en conséquence, vous faire part de mes réactions en espérant qu'elles puissent influer sur la rédaction finale du document que vous demandez au Sénat de diffuser largement auprès des autorités publiques et de la société civile.

Mon étonnement tient surtout à l'angle d'approche que vous avez choisi et qui se réduit à une lecture juridique – réglementaire - des dispositifs de soutien aux acteurs culturels. Sur un tel sujet, j'estime qu'une réflexion plus proche des responsabilités d'intérêt général – disons éthiques et politiques – de votre assemblée d'élus du peuple aurait permis de mieux éclairer l'opinion

 

(…)

 

Ne serait-il pas nécessaire de refuser cette explication injustifiée et de réclamer que les SIG (non économiques) reposent plus solidement sur les valeurs fondamentales du Traité ? Et, bien entendu, sur des activités dont la finalité est de permettre aux personnes d'être plus en dignité, vis à vis d'elles-mêmes, vis à vis des autres. Il faut ainsi profiter du flou des justifications de la Commission pour refonder les services d'intérêt général (non économiques) sur la défense des droits humains.

Je suis persuadé que beaucoup d'acteurs culturels pourraient se reconnaître dans cette exigence éthique. Pas tous, certes, car nombre d'entre eux sont plutôt des vendeurs de produits à des publics satisfaits de leurs consommations de spectacles, de films ou de livres... Pour eux, le marché concurrentiel restera la norme et, à titre d'exception, les SIEG suffiront bien à la peine. Les informations juridiques que vous avez données leur seront parfaitement adaptées.

Mais, d'autres acteurs culturels privilégient la relation de « reconnaissance » entre les personnes. Les obligations de réciprocité ne se limitent pas au paiement d'un billet ou d'un salaire.

L'enjeu est que les personnes progressent sur le chemin de l'émancipation. La culture est alors comprise comme construction d'une humanité ensemble faite de plus de libertés, plus de capabilités, plus de responsabilités vis à vis des autres, pour reprendre les exigences des approches du développement humain, si bien défendues par Amartya Sen, prix Nobel d' économie.

De tels projets acceptent, bien sur, les échanges marchands mais ne s'y réduisent pas car ils nécessitent la confrontation des personnes et de leurs libertés culturelles ( et artistiques) pour mieux favoriser les interactions entre les mondes sensibles ( ce que j'ai qualifié ailleurs de « palabre »  et qui ne peut s'épuiser dans l'offre de marchandises !)

Cet enjeu culturel mérite bien un dispositif réglementaire identifié. Les services de dignité comme SIG non économiques devraient lui être ouverts, même si les critères pour y entrer seront sans doute plus contraignants que ceux qu'impose la logique marchande aux SIEG. Ils seront, en tout cas,

beaucoup plus valorisants pour ceux qui estiment comme Perez de Cuellar que « nous avons tout lieu d’espérer qu’à mesure que chacun ira défrichant un peu mieux sa propre singularité, il y découvrira au plus profond l’indéniable empreinte de notre humanité commune. »

Je m'autorise à reprendre pour cet enjeu culturel les mots de Mendes France :

« Alors que le progrès consiste à reconnaître à chacun plus de droits, d’indépendance, de dignité non seulement dans la gestion de sa vie personnelle mais aussi dans celle de la communauté à laquelle il appartient, je ne peux croire que ce peuple se désintéresse de son propre progrès. » (« La république Moderne » Edit Gallimard,1966)

En ce sens, je forme le voeu qu'avec votre soutien, l'Union saisisse la nécessité de faire évoluer ses directives pour donner force réglementaire à l'enjeu culturel premier qui reste de mieux construire notre humanité commune, ensemble.

 

Je vous remercie de votre attention.

Bien respectueusement à vous

Jean Michel Lucas.

 

 

Télécharger l'intégralité de la lettre de Jean-Michel Lucas à Vincent Eblé


Pour ceux qui contrairement à moi n’ont pas eu la chance d’assister à la présentation de son ouvrage à la Bellevilloise le 30 avril dernier, grâce à l’Irma et à Demain TV, la captation intégrale de l’événement est disponible ici. Voir aussi la synthèse écrite qu’en a réalisé François Deschamps pour Territorial.fr

 

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 08:35

sept

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps, autour d’une question lancinante : est-il possible de sortir les politiques culturelles des formes de routinisation gestionnaire qui les affectent depuis un certain temps. Ou encore, face brillante de la même triste médaille, comment en finir avec la vaine grandiloquence au sujet de ce que l’on appelle communément la culture?

On est ici attentif aux pas de côté, aux tentatives de redonner un sens à l’action publique, aux initiatives de la société civile, bref aux vigiles insolents et aux guetteurs intempestifs.


Principe n° 2 : certes, il faut « défendre » la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

 

C’est ce que rappelle le texte de Robin Renucci Pour une autre politique de l’art, publié dans Le Monde pendant l’été 2011 et relayé par L’Oizeau rare.

 

(...)

L'éducation artistique et culturelle est un enjeu central de notre temps. La " société de la connaissance " ne se construira pas sans une exigence de pratique. Former les enseignants et non pas fermer les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), impliquer les artistes et les institutions culturelles dans des formations croisées. Enseigner l'histoire de l'art ne répond pas aux exigences du " partage du sensible ", selon l'expression du philosophe Jacques Rancière. L'histoire de la natation apprend-elle à nager ?

L'historien Roger Chartier écrivait ici même il y a vingt ans : " Il y a quelque chose de pathétique à vouloir dresser une digue étanche, infranchissable, entre les études et les oeuvres dont se délectent "les amateurs habituels des choses de l'esprit" et les "pratiques culturelles" du plus grand nombre, alimentées par le marché des loisirs. Le lien qui les unit (...) réside dans la trajectoire même qui donne leur sens aux oeuvres les plus puissantes " (" Pas d'oeuvre sans pratique ", Le Monde du 26 septembre 1991).

(...)

 © Le Monde

Je rappelle que ce texte de Roger Chartier, introuvable sur la toile, semble-t-il, a été remis en circulation par La Cité des sens.

Télécharger " Pas d'oeuvre sans pratique "

 

J’ajoute que si ce s’il est convenu d’appeler l’éducation artistique est une priorité du nouveau gouvernement, ce dont on ne saurait trop se réjouir, cela ne saurait justifier une réduction du métier d’enseigner à la seule transmission des connaissances faire oublier que la transmission culturelle  doit rester (et, s’il le faut, redevenir) la mission fondamentale de l’école.

 

Sur cette question voir Transmission d’hier et d’aujourd’hui, chapitre V de La bataille de l’imaginaire (recueil de contributions édité par les Rencontres d’Archimède), sous la direction de Cécil Guitart, Editions de l’attribut, 2009

 Voir aussi le site du Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire.

Et, pour mémoire, l’ouvrage de Jean-Gabriel Carasso : Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ?

Et sur son blog : L'art, la culture et l'école, c'est maintenant.

 

D e fait, l’affaire d’ailleurs est plus complexe et profonde que les propos un peu convenus sur les bienheureuses rencontres entre artistes et enfants que l’expérience artistique sauverait de l’échec scolaire.

On peut se reporter aux fécondes réflexions d’Alain Kerlan.

 

 

Retour à la page et au sommaire des 7 principes...

 

 

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 09:23

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Un blog, c’est comme ça, on n’y peut pas grand-chose, c’est du genre au jour le jour, une note chasse l’autre et ainsi de suite.

Essayons donc de récapituler et, si possible, de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps, autour d’une question lancinante : est-il possible de sortir les politiques culturelles des formes de routinisation gestionnaire qui les affectent depuis un certain temps?. Ou encore, face brillante de la même triste médaille, comment en finir avec la vaine grandiloquence qui fait de ce que l’on appelle communément la culture une espèce d’albatros que ses ailes de géant empêchent de marcher.

On est ici attentif aux pas de côté, aux tentatives de redonner un sens à l’action publique, à la nécessaire attention aux initiatives de la société civile, bref aux vigiles insolents et aux guetteurs intempestifs.

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : il faut certes soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l'impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe n° 4 : la culture dans la décentralisation, c'est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe n° 6 : créer les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose (quand il n’est pas cynique) qui affecte le monde de l’artet les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe n° 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

 Pour un grand service public de la recherche, de l'enseignement, de la culture et de l'éducation populaire par Christian Maurel

 

Point de vue | LEMONDE.FR | 23.11.11 | 

Le débat de la prochaine campagne présidentielle peut-il et doit-il se réduire à une dispute sur la création de 60 000 postes d'enseignants ? Certainement pas. La question des moyens budgétaires est déterminante mais elle ne saurait constituer l'alpha et l'oméga d'une réflexion politique qui entendrait concerner l'ensemble des citoyens sur ce thème central qu'est l'éducation.

Nous plaidons en faveur d'un grand service public – le premier de la nation par ses missions et ses moyens – de la recherche, de l'enseignement, de la culture et de l'éducation populaire. Pour répondre de quels enjeux et pour remplir quelles missions ?

(…)

 Il s'agit, bien plus, de promouvoir une intelligente articulation de la démocratie culturelle donnant "droit de cité" aux différentes cultures et une démocratisation (Paul Vaillant-Couturier parlait de "popularisation") des grandes œuvres de l'Humanité, de ne plus opposer pratiques amateurs et pratiques professionnelles, de considérer, comme le revendique le comédien Robin Renucci (Le Monde du 8/9/2011), que "le rapport à l'art, la construction culturelle de soi passent par la pratique, par une relation sensible, développée et valorisée dès le plus jeune âge". Ainsi conçue, l'action culturelle ne se limite plus à un accès aux œuvres mais fait en sorte que "les œuvres œuvrent" selon la belle formule de Bernard Stiegler reprise par le même Robin Renucci qui en fait tous les ans l'expérience en Corse dans le cadre des rencontres de l'ARIA (...).

© Le Monde

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Point de vue | LEMONDE.FR | 23.11.11 | 

Christian Maurel sociologue, cofondateur du collectif national Education populaire et transformations sociale, délégué régional des Maisons des jeunes et de la culture et professeur associé à l'université Aix-Marseille-I.

Il est l'auteur de l'ouvrage Education populaire et puissance d'agir. Les processus culturels de l'émancipation (Editions L'Harmattan, Paris 2010) et du roman Le châtaignier aux sabots ou les longs hivers (Editions de l'Officine, Paris 2010).


N.B. : à propos d’école et d’enseignement, voir Démocratisation-scolaire.fr, site très intéressant.

 

On peut, on doit sortir de la seule logique du « secteur » de la culture… c’est aussi ce qu’affirment les auteurs de l’appel L’Art est public.

 

L'avenir est lié à la nécessité d'une réflexion politique, notamment sur ce qui fonde l'action publique et sa légitimité : l'intérêt général, c'est-à-dire ce qui fait sens collectif dans nos sociétés.

La mobilisation « l'art est public » affirme que l'art et la culture ne s'arrêtent pas à ceux qui les pratiquent mais que l'art est l'affaire de tous, qu'il est affaire publique. Cette dynamique participative au long cours questionne et met en débat le rapport entre pratique artistique et culturelle et enjeux démocratiques et sociétaux.

Porté depuis plusieurs mois par les organisations membres de l'Ufisc, le mouvement a commencé à s'élargir à d'autres acteurs de l'économie et de l'éducation populaire. Il reçoit le soutien d'élu(e)s sur l'ensemble du territoire - 450 à ce jour - et plus largement des citoyens.

« L'art est public » affirme également que la culture est indissociable aux autres domaines fondamentaux de la vie que sont la santé, l'éducation, la recherche, l'environnement, l'urbanisme, le logement, l'alimentation, l'énergie ...

Ce temps de forum de « l'art est public » doit ainsi permettre de nourrir un dialogue et une réflexion ouverte entre acteurs de différents secteurs qui partagent les mêmes constats quant à la mise à mal de l'intérêt général et du bien commun.

Nous vous invitons donc à participer à un temps de convergence et de construction collective !

Education, recherche, santé, tourisme, culture, agriculture, parce que nous pensons que nos destins sont solidaires, nous proposons de réinterroger ce qui fonde l'intérêt général dans la société toute entière et d'élaborer ensemble des résistances partagées.

Nous ne voulons pas être complices d'un monde catégorisé, de politiques cloisonnées, nous devons chercher à créer des convergences d'analyse et d'action.

 

Les fondements de la mobilisation « l’art est public » - pour une politique culturelle réinventée 
Cette dynamique collective a pour objectif de mettre en débat les fondements de l’intervention publique en matière d’art et de culture. Elle est un appel à ce que se construisent de manière partagée et démocratique des politiques publiques ambitieuses, fondées sur la diversité, l'équité et la considération des droits culturels, pour consolidation des initiatives d’intérêt général face à la marchandisation de la culture. L’art est l’affaire de tous, c’est un enjeu de société !

La mobilisation se construit sur la base de premières convictions communes portées dans l’appel à mobilisation à retrouver ici

 

Voir le site

 

Retour à la page et au sommaire des 7 principes

 

 

 

Voir aussi

 Rencontres sur les politiques culturelles.

Culture(s) sans frontières

Un nouveau paradigme pour les politiques publiques de la culture.

L'art en partage ou "la démocratie quel chantier".

Mettre un frein à l'immobilisme

Organiser la palabre

Ouvrir les possibles

Vigiles insolents et guetteurs intempestifs

Politiques culturelles : un pas de côté

Urgence de la transmission

Droits culturels, démarches artistiques partagées et démocratie


 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 18:29

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Ici même, on a déjà parlé des GRECs.

Pas ceux qui font la triste actualité d’une Europe à la recherche de nouveaux équilibres, non les GRECs des groupes d'études et de recherches sur la culture qui réunissent des fonctionnaires travaillant dans le domaine de la culture.

Dont on peut d’ailleurs se demander s’ils vont continuer à s’avancer masqués comme ils le faisaient légitimement sous l’Ancien régime.

Les lecteurs de ce blog ont sans doute vu ou lu la tribune qu’ils viennent de publier dans le Monde.

 

Les cent jours à venir vont déterminer la politique du ministère de la culture et de la communication du nouveau gouvernement. Les Groupes d'études et de recherches sur la culture (GRECs) décrivent les enjeux de cette période pour la nouvelle ministre. La culture est un symbole important pour la France et un grand atout, il faut donc transformer et "remobiliser un ministère en crise".

Autour des attributions du ministère, qui seront fixées par un décret, quatre défis se présentent. Tout d'abord, la mobilisation et la coordination d'autres institutions que l'école sont essentielles afin d'assurer une meilleure éducation artistique et culturelle. Pour cela, la création d'un conseil interministériel est nécessaire.

La préservation d'un lien fort entre la culture, la communication et les industries culturelles représente un moyen primordial pour la démocratisation de la culture. En même temps, ces secteurs peuvent s'enrichir mutuellement.

Aujourd'hui, la compétence sur la politique du cadre de vie étant partagée entre le ministère de la culture et celui de l'écologie, le travail des deux ministères est rendu compliqué par ce découpage. Un regroupement des compétences sous un seul ministère serait plus pertinent pour l'Etat.

De même, le rayonnement culturel français à l'international nécessite une meilleure articulation des compétences entre le ministère de la culture et de la communication et celui des affaires étrangères.
Le dialogue entre le ministère et ses partenaires étant indispensable, la ministre doit l'organiser et en définir une stratégie politique.


Lire l'intégralité de la note : "Cent jours pour la culture"

 

Les studieux, les laborieux, les scrupuleux,  ceux qui ne préfèrent ne pas  avoir la mémoire courte aimeront peut être à comparer les réflexions des GRECs avec cet autre texte qui, certes, date un peu mais est parcouru par un souffle politique dont on souhaiterait retrouver aujourd’hui l’enthousiasme, celui  des nouveaux départs.

 

L'exigence culturelle (…) ne se réduit pas, même si c'est évidemment nécessaire, à développer la fréquentation des théâtres, des musées et des bibliothèques. Elle ne sera satisfaite qu'à partir du moment où chaque individu disposera des moyens qui lui permettent de comprendre sa situation dans la société et d'y prendre ses responsabilités.

Pour (nous), la culture ne se limite pas à un marché pour consommateurs privilégiés. Pour (nous), tout ce qui concerne l'être humain est culturel et de ce point de vue (notre projet) est fondamentalement un projet culturel. Deux postulats doivent être pris en considération pour concevoir l'action culturelle :

a) La culture est globale : elle ne peut se limiter aux productions littéraires et artistiques mais concerne tous les secteurs de l'activité humaine.

Les travaux de production simples ou sophistiqués, de recherche, scientifiques ou techniques, les loisirs, les sports, et bien sûr ceux qui permettent la communication et notamment le système d'information, par ailleurs moyen privilégié de conditionnement dans une société oppressive, concourent à façonner « l'homme culturel » qu'est tout homme. 

b) La culture est une dimension de la vie : si le passé ne peut être ignoré qui conditionne la connaissance du présent, la conservation, l'étude et l'animation du patrimoine ne peuvent être dissociés de la création permanente. Celle-ci doit être le fait du plus grand nombre, amateurs et professionnels. Mais ces derniers, comme les autres citoyens, ont droit au travail. Ceci suppose de lever les obstacles économiques et politiques mis à leur activité.

Aujourd'hui, alors que les mutations s'accélèrent, que les problèmes acquièrent une dimension planétaire et que l'information est devenue instantanée, l'individu se sent perdu dans un monde incertain. Les médias l'assaillent de messages multiples et contradictoires. Ils lui montrent la complexité des problèmes mais ne lui donnent pas les moyens de sa compréhension. Ils l'affrontent aux difficultés, mais ne le mettent pas en mesure de trouver les réponses pour les surmonter.

Nous voulons passer de la culture de la passivité à celle de la responsabilité. Cela implique, pour chacun, l'intelligence de la situation dans laquelle il se trouve placé, la maîtrise de la connaissance, l'aptitude à l'initiative créatrice.

Pour (nous) il n'est pas de lieux ou d'institutions qui aient le privilège de la culture. C'est-à-dire que la réalisation de notre exigence culturelle va de pair avec l'ensemble des transformations sociales auxquelles s'attache (notre projet). Elle s'appuiera, en particulier, sur la démocratisation de l'entreprise, sur la réduction du temps de travail, sur le champ donné aux initiatives locales et régionales. Mais elle trouvera une traduction plus précise dans trois domaines importants : l'information, l'éducation et ce qu'il est convenu d'appeler l'« action culturelle ». Dans ces trois domaines, la politique du pouvoir actuel produit des effets néfastes. En matière d'information écrite, la plupart des grands quotidiens et hebdomadaires sont possédés par des groupes financiers tout dévoués au pouvoir, aux intérêts du système en place. (…) C'est d'un véritable quadrillage idéologique qu'il s'agit, dont trop peu de Français sont conscients.

Depuis plusieurs années on assiste à une entreprise cohérente et persévérante de démantèlement du service public d'éducation. Elle se traduit par une stagnation des moyens, un abaissement de la qualité, le recours à des procédures autoritaires. La majeure partie de la jeunesse est ainsi privée d'une formation intellectuelle et professionnelle indispensable : elle est exclue prématurément du système scolaire et souvent placée sous le contrôle de systèmes parallèles, notamment patronaux. L'objectif recherché consiste à adapter la nature de la formation aux besoins de main-d'œuvre déqualifiée et à soumettre très tôt les jeunes aux prétendues « valeurs de l'entreprise ».

En même temps qu'il organise la pénurie budgétaire, le pouvoir diffuse le cliché d'une éducation gaspilleuse et inefficace.

Dans les domaines de l'enseignement public, le pouvoir démantèle systématiquement les « enseignement spéciaux » (dessin et musique) qu'il considère comme non rentables dans un enseignement qu'il rabaisse dans toutes les disciplines à la diffusion d'un savoir essentiellement utilitaire. Les conséquences en sont :

- l'analphabétisme artistique de la jeunesse

- l'étouffement des talents

- la mutilation de la personnalité des jeunes

- la dégradation de l'environnement par suite de l'incompétence des responsables de la vie publique, et du manque de formation du public même

- la sélection des créateurs par l'argent (la formation n'étant plus finalement assurée qu'à une minorité par de coûteux cours privés).

En matière d'action culturelle et de création artistique enfin, le pouvoir liquide alors que seule une ambition à longue portée peut répondre à l'attente culturelle et apaiser la soif de tout un peuple.

( …)

Exaltant la rentabilité financière, l'industrie culturelle oriente les désirs vers la consommation passive de marchandises, source de profits pour quelques-uns, remède illusoire au mal de vivre du plus grand nombre. Elle invoque un prétendu « goût du public » qu'elle façonne pour son propre intérêt : la société marchande transforme progressivement l'ensemble des hommes en voyeurs de spectacles dérisoires qu'elle leur vend. L'exigence culturelle est réduite au besoin de distraction.

Contre cette politique de décadence, (nous donnons) à l'éducation, à l'information un objectif prioritaire : épanouir la liberté de création ; « faire des hommes et des femmes responsables ». 

 

Pour  en savoir plus sur ce texte,  je ne saurais trop conseiller la lecture de l’excellent blog qu’il a eu l’idée lumineuse de le remettre en circulation ?

C’est ici.

 

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 15:54

face à face

 

Et voilà le travail : quand il y a beaucoup de rencontres, il ne faut pas s’étonner que deux se déroulent en même temps… (voir les deux précédentes notes Culture, politique, rencontres (suite) et Rencontres sur les politiques culturelles... )

 

Rencontre

JEUDI 31 MAI 2012 À PARIS

Jeunesse, art et éducation : échanges sur l’expérimentation du dispositif régional Médiateur culturel en Île-de-France

 

Alors que les questions de l’éducation artistique et culturelle semblent de nouveau revenir au premier plan, tant dans les discours que dans des dispositifs développés et expérimentations menées sur de nombreux territoires, Arcadi propose, par cette rencontre, de croiser les regards sur les liens entre les artistes et la cité éducative.

 

À la rentrée scolaire 2011, la Région Île-de-France a confié à Arcadi la mise en place du dispositif Médiateur culturel dans les lycées et les universités. Depuis octobre, treize médiateurs interviennent dans trente-deux lycées répartis sur l’ensemble du territoire francilien, avec une priorité donnée aux lycées bénéficiant de la dotation financière de solidarité, et dans les deux universités abritant des Maisons de l’étudiant récemment financées par la Région.

Les missions des médiateurs sont de soutenir, initier ou animer des projets culturels avec des lycéens ainsi qu’en accompagnement des équipes pédagogiques et ce, en relation avec les structures culturelles de leur territoire.

La rencontre sera l’occasion d’aborder les relations entre jeunesse, art et éducation et de partager les expériences pionnières en matière de médiation culturelle sur le territoire francilien portées par les médiateurs culturels, en particulier sous l’angle des premiers résultats de l’évaluation du dispositif.

 

Au programme :

> Art et éducation : que fait l’art à l’école ? et l’école à l’art ?

avec Alain Kerlan, philosophe, directeur de l’Institut des sciences et pratiques d’éducation et de formation, Université de Lyon 2,

Arnaud Théval, artiste.

 

> Paroles croisées

avec Julien Dray, vice-président du Conseil régional d’Île-de-France en charge de la culture, Henriette Zoughebi, vice-présidente du Conseil régional d’Île-de-France en charge des lycées et des politiques éducatives, Eddie Aït, conseiller régional d’Île-de-France, président d’Arcadi.

 

> Médiateur culturel : quelles mises en relation pour co-construire ?

Partage d’expériences avec les différents acteurs du dispositif francilien

 

> Évaluer pour développer : quelles médiations culturelles dans les lycées d’Île-de-France ?

avec des représentants d’Arcadi et du Cabinet Asdo, en charge de l’évaluation du dispositif Médiateur culturel.

 

En savoir plus… (réservation obligatoire)


 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 09:45

 

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Dans ma précédente note, j’annonçais un certain nombre de rencontres qui se dérouleront fin mai ou en juin. En voilà une de plus.  

 

Dix ans après l'enterrement d'une politique interministérielle des « Nouveaux Territoires de l'Art », de nombreuses équipes continuent d’investir des lieux pour y réinventer l’expérience artistique comme rapport entre les habitants, les territoires, les artistes, les cultures. L’influence de ces lieux et la place grandissante qu’ils occupent dans la vie artistique et culturelle du pays ne sont plus à présent contestées et les missions d’intérêt général qu’ils remplissent sont très clairement identifiées.

Pourtant, force est de constater que la prise en compte de ces lieux indépendants demeure marginale dans le cadre des politiques publiques. Il en résulte une fragilisation de ces structures et plusieurs d’entre elles sont aujourd’hui menacées de fermeture, à l’instar de l’Avant-Rue qui fermera ses portes en juin prochain si le soutien que lui apportait l’Etat n’est pas reconduit.

Cette troisième rencontre s’inscrit dans la poursuite de la réflexion collective engagée avec les élus du Conseil Régional d’Ile-de-France autour de propositions pour une politique publique de soutien aux Fabriques d'art et de culture. Au lendemain des élections présidentielles et à la veille des élections législatives, nous ouvrons le débat avec des responsables politiques sur l’enjeu de la reconnaissance des Fabriques d’art et de culture dans les politiques culturelles nationales.

 

A travers une série de rencontres Actes If soumet ses propositions pour une politique publique en direction des fabriques et invite citoyens, acteurs culturels et responsables politiques à en débattre.

Fabriques d'art et de culture :
quelle reconnaissance, quels moyens et quelle politique nationale pour les mois et les années à venir ?

Mercredi 30 mai 2012, à 17h

à L’Avant-Rue
134, rue de Tocqueville – 75017 Paris
Métro Villiers (Ligne 2 et 3) / Métro Wagram (Ligne 3)

Parmi les personnalités présentes :

Cécile DUFLOT – Europe Ecologie Les Verts / présidente du groupe EELV de la Région Ile-de-France,
Alain HAYOT – Front de Gauche / délégué national à la culture du Parti Communiste,
Michel DUFFOUR –ancien secrétaire d'Etat au patrimoine et à la décentralisation culturelle,
Corinne RUFET – Europe Ecologie Les Verts / déléguée nationale aux politiques culturelles et à l'éducation populaire / présidente de la commission culture de la Région Ile-de-France,
Philippe FOULQUIE - délégué-adjoint ARTfactorie(s)/Autre(s)pART,

Plus d’informations, voir le site

 

Supplément gratuit.

Verbatim

Une nouvelle ministre rue de Valois, le 17 mai 2012


"Cher Frédéric, monsieur le ministre, je suis émue – notamment par vos dernières paroles – mais émue aussi bien sûr de la responsabilité qui m’est confiée, celle du Ministère de la Culture et de la communication. Je sais à quel point ce ministère est intiment lié à une certaine idée que nous nous faisons de la France, de ses valeurs et de ce que nous voulons transmettre aux générations qui suivent, ce que nous voulons leur transmettre c’est le meilleur de ce qui nous a été légué en héritage par ceux qui nous ont précédés. Cette histoire, ce patrimoine, cette langue française à laquelle nous sommes s’y attachés, cette vitalité de notre création, c’est tout sauf un luxe, c’est tout sauf quelque chose de superflue, en particulier en ces temps de crise (crise financière, crise économique mais aussi crise morale et crise de la représentation). Si nous sommes ici réunis Frédéric Mitterrand et moi à cette tribune et vous qui êtes les piliers de cette politique culturelle depuis des années, depuis bien plus longtemps que nous deux encore, vous qui êtes ceux qui sont à la manoeuvre pour l’ensemble de nos concitoyens, si nous sommes réunis ici aujourd’hui c’est parce que nous croyons profondément que la culture c’est ce qui rassemble les individus, que la culture c’est cette rencontre quasi-miraculeuse entre la subjectivité d’un artiste dans ce qu’elle a de plus intime, de plus profond, de plus incommunicable et le partage, l’intersubjectivité, le fait qu’en exprimant ce qu’on a de plus intime eh bien on va toucher dans autrui ce qui relève de l’universel, c’est ce rapport entre l’intime et l’universel qui fait évidemment le miracle de l’art.

Et c’est pourquoi aujourd’hui je me permets de mêler à mon émotion intime et à la tienne aussi, cher Frédéric - je ne crois pas révéler un secret en disant que nous avons partagé ces moments ensemble dans ton bureau - cette émotion intime elle rejoint aussi un dessein plus large que nous, ce dessein politique, au sens le plus noble du terme, qui consiste et qui consistera pour moi à oeuvrer pour que la culture, pour que les arts soient accessibles au plus grand nombre, pour que tous les enfants de France et que pour tous les Français d’où qu’ils vivent, où qu’ils vivent, quelle que soit leur formation, leur parcours, leur cursus, quel que soit leur niveau d’études auquel parfois on le sait c’est aussi la malchance qui ne leur a pas permis d’atteindre, eh bien que tous les Français aient accès à ces merveilles de l’art et de la culture, à cette ouverture sur la curiosité des belles choses du monde.

Alors je voudrais vous remercier vous et vous dire à quel point je suis fière d’être à votre côté au sein de ce ministère, au sein de ces murs qui relèvent d’un héritage, nous sommes ici pour continuer à bâtir un avenir, je sais que c’est avec vous, avec tous les personnels du Ministère de la Culture et de la communication que nous oeuvrerons à cette politique. Et, tout d’abord je veux aussi rendre hommage à ceux qui m’ont précédée - il y a eu évidemment beaucoup de grands noms qui ont marqué l’histoire de cette maison - et Frédéric Mitterrand tu as inscrit ton nom au sein du Ministère de la Culture, alors je vais me permettre de te remettre un petit cadeau qui est un livre d’un écrivain italien que j’aime beaucoup : Erri de Luca, parce que nous partageons aussi l’amour de l’Italie, Erri de Luca… Voilà ! Un écrivain très contemplatif. Je t’ai mis une petite dédicace, parce que ce qui nous rapproche c’est non seulement notre amour de la culture mais notre certaine conception de la littérature et Carlos Puentes, qui vient de nous quitter, disait : « la littérature est une blessure par où jaillit l’indispensable divorce entre les mots et les choses, par cette blessure nous pouvons perdre tout notre sang »."

 :: Source : Ministère de la Culture et de la Communication    

 

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 09:05

 

Paris, 31 mai.

Publics & Territoires Le Club vous invite à une matinée sans détours sur le thème « Politique, culture et territoires : un modèle de gouvernance à la croisée des chemins » le 31 mai prochain.

Frédéric Duval, Président et Philippe Gimet, Vice-Président pôle "Culture et Société", sont heureux de vous inviter à la prochaine « Rencontres Sans Détours » : jeudi 31 Mai 2012 de 8 H 30 à 12 H 30


Politique, culture et territoires : un modèle de gouvernance à la croisée des chemins 


En France, la culture est politique, avant même d’être un rapport individuel au monde symbolique. Difficile de parler de « culture » sans évoquer notre politique culturelle, ses réussites et ses échecs, sans toucher aux pré-carrés des uns ou des autres, sans heurter telle ou telle chapelle.

Alors que les dépenses culturelles des ménages n’ont cessé d’augmenter depuis 20 ans pour atteindre 34 milliards d’euros en 2009, nous continuons à déplorer un certain échec de la démocratisation de la culture ou l’insuffisance des moyens qui lui sont consacrés. 

Qu’en est-il en réalité ? Où en sommes-nous en matière de culture ? Quels peuvent être les principaux enjeux culturels de la décennie qui est désormais engagée ? La solution se trouve sans aucun doute dans la place accordée à la culture dans le projet de société que nous construisons au plan national et de plus en plus dans la manière dont les territoires entendent répondre aux défis de demain, ici et maintenant, à travers le rôle qu’ils donneront à la culture dans leur réponse.

Ces interrogations prennent tout leur sens alors même que, « 2012-2014 » constitue un nouveau cycle de notre histoire démocratique et républicaine : celui d'un renouvellement profond des mandats politiques nationaux et territoriaux, celui de la recomposition de notre écosystème public et privé. Dans ce moment charnière, les choix qui seront posés auront un impact profond sur le projet de société que nous vivrons et porterons individuellement et collectivement ainsi que sur les modalités de notre vivre ensemble.

Nous pensons qu’il est temps d'inventer, entre les deux activités fondamentales que sont la culture et l'économie, une articulation vertueuse qui ne se réduise pas à une pure instrumentalisation de la première et à une vaine stigmatisation de la seconde. Pour cela, il faut des élus et des acteurs avec des visions de prospective et de gouvernance à moyen et long terme, des élus et des acteurs qui s'engagent sur des projets qui créent les conditions d'une amélioration de la qualité du cadre de vie et d’une valorisation de leur territoire au-delà de leur(s) mandat(s). 

Pour éclairer et agir pour la construction des possibles, nous vous invitons à venir partager « sans détours » visions, expériences et questionnements en compagnie des trois grands témoins et experts que nous avons réunis.

- Denis Declerck, Directeur de la culture à la Communauté d'agglomération Evry Centre Essonne ;
- Jean-Michel Lucas, Maître de conférences Université Rennes 2 Haute-Bretagne
- René VILLEMURE, Président d'Ethikos, Institut Québécois d'Ethique Appliquée à l'administration publique et aux grandes sociétés


INFORMATIONS PRATIQUES

- Pour mieux vous accueillir (le nombre de places est limité) l’inscription préalable est obligatoire.

- Une participation aux frais sera demandée en fonction de votre situation. Si vous êtes élu(e), cette matinée est éligible au titre de la formation.

- Pour vous inscrire et pour toute demande d’information complémentaire :
f.duval7@wanadoo.fr / 06 07 08 40 45.

- La matinée de rencontre se déroulera : Salle François COLLET - Mairie du VIème arrondissement - 78 rue Bonaparte - 75006 PARIS - Métro Saint-Sulpice (ligne 4) 
Bus : 63, 70, 84, 86, 87, 96 - Stations Vélib' n°6003, 6103, 6032, 6022. 


- Un café d’accueil est prévu à parti de 8 H 30. Les travaux commenceront à 9 H 15 et seront suivis d’un cocktail déjeunatoire.

 

Paris 1er juin

Le lendemain, un autre rencontre déjà signalée ici.

« L'art est public » affirme également que la culture est indissociable aux autres domaines fondamentaux de la vie que sont la santé, l'éducation, la recherche, l'environnement, l'urbanisme, le logement, l'alimentation, l'énergie ...Ce temps de forum de « l'art est public » doit ainsi permettre de nourrir un dialogue et une réflexion ouverte entre acteurs de différents secteurs qui partagent les mêmes constats quant à la mise à mal de l'intérêt général et du bien commun. Nous vous invitons donc à participer à un temps de convergence et de construction collective !

 

Rencontre participative « l'art est public »

« Culture, éducation, santé, agriculture, logement et bien d'autres...

...où est passé l'intérêt général ? »

Vendredi 1er juin

9h30-17h - Paris

Voir le site

 

Bordeaux, 5 juin

#1 QUEL(S) LIEU(X) DE DIFFUSION ET DE PRODUCTION D’ART CONTEMPORAIN À BORDEAUX? 
MARDI 5 JUIN 2012, 19H A L’IBOAT


Bassin à flot n°1 Quai Armand Lalandeà Bordeaux,
Tram B, arrêt bassin à flot / iboat.eu
Informations: 06 63 27 52 49, contact@galerie-tinbox.com

Ouverture de la Palabre par Jean-Michel Lucas** auteur de « Culture et développement durable. Il est temps d’organiser la palabre…. » éditons Irma, janvier 2012

Citoyens, acteurs culturels et artistes, vous êtes invités à palabrer : A l’heure de la fermeture du lieu d’art « à suivre… » et de la mise en sommeil de Tinbox, quel(s) espaces de diffusion et de production d’art contemporain imaginer à Bordeaux et sur l’ensemble du territoire Aquitain? Quelles diversités? Quelle(s) structure(s) professionnelle(s) créer pour permettre aux artistes de s’exprimer, de gagner en visibilité et en vitesse dans les circuits de l’art contemporain? Quels sont les forces et les manques de Bordeaux en terme d’équipements de diffusion et de production de l’art contemporain? Quels objectifs, fonctionnements, accompagnements et gouvernances pour ces lieux ? Quelle(s) économie(s)?......

CAPC, Cortex Athletico, Documents d’Artistes Aquitaine, Eponyme galerie, Espace 29, FRAC Aquitaine, Galerie ACDC, Ilka Bree, Institut Bernard Magrez, La mobylette, POLA, Point Barre, Portail Art-Flox, Sous la tente, les vives de l’art ou Zébra3 sont quelques unes des structures dédiées à la diffusion, à la production, à la promotion ou à la vente de l’art contemporain à Bordeaux que l’on peut classer dans les catégories : Institutions, galeries, fondation, associations d’artistes, lieu de fabrique ou sites Internet. Ces différentes structures non concurrentielles ont chacune leur importance et leur rôle et participent au dynamisme culturelle de notre ville.

Il manque cependant dans ce paysage des « lieux d’art contemporain » associatifs prônant l’intérêt général. Les formes que revêtent ces lieux d’art sont très variées. Ni institutions, ni galeries marchandes ce sont des lieux complémentaires et intermédiaires ayant un fonctionnement permanent et professionnel avec une programmation exigeante. Lieux de production et de diffusion de l’art contemporain, ils entretiennent des rapports privilégiés avec la création vivante et se tiennent au plus près de l’actualité artistique. Conçus comme des lieux de recherche, de débat et de création, leurs activités se déploient à travers un programme annuel d’expositions, des éditions, des rencontres et s’adressent aux individus dans toutes leurs diversités. Véritables têtes chercheuses, ces structures ont une autonomie de programmation et une grande capacité de réactivité. Pour beaucoup d’artistes, leurs premières expositions ont été portées par ces lieux. Répartis sur tout le territoire, ils permettent aux citoyens de rencontrer les artistes et l’art de leur temps. 


 * Le mot palabre vient de l’espagnol palabra qui signifie parole ou plus généralement mot. La palabre est une coutume de rencontre et de création ou de maintien de lien social. Elle apparaît comme une véritable institution sociale à laquelle participe toute ou partie de la communauté d'un village.

** Jean Michel Lucas, universitaire, est engagé de longue date dans l’action culturelle et particulièrement la valorisation des musiques actuelles. Il a occupé des fonctions de responsabilité dans l’administration culturelle (Drac et conseiller de Jack Lang). Ses travaux de recherche portent sur la critique des politiques culturelles et, sous le pseudonyme du Doc Kasimir Bisou, il plaide pour la prise en compte des enjeux éthiques dans la conduite des politiques de la culture. 

Voir le site.

 

Bordeaux, 14 juin.

Festival Chahuts.

« Art et politique : mariage de raison ou union libre ? »

 

Cette année, nous avons choisi le thème bien glissant de l’art et du politique. Pour éviter les poncifs (ou au contraire décider de les creuser), pour faire de cette journée un endroit intéressant et éviter la polémique et le pugilat (ou au contraire décider de les mettre en scène, avec boue et ring), pour tenter un espace où parler de l’auto-censure, du rapport à la, au et aux politique(s), de la place de la culture dans la société ou l’inverse. 
Sans fard.

Bienvenue !

 

Voir le site

 

Villeurbanne 25 et 26 juin

La bibliothèque : faire société.

 Fêter les vingt ans de l’enssib, en 2012, se fera à la fois lors de manifestations culturelles (des photographies, des expositions, des publications exceptionnelles), festives (lâcher de ballons, bal littéraire, quelques surprises) mais aussi, bien sûr, scientifiques. Dans cette rencontre qui en sera le point d’orgue, « La bibliothèque : faire société », nous avons choisi non pas de traiter ce qui fait le cœur de notre travail, la bibliothèque, la documentation, l’évolution des métiers et des compétences, la recherche sur cet éco-système si particulier, mais de traiter le socle, le terreau de ce qui rend les bibliothèques à la fois possibles et indispensables : la folle idée de « faire société » en produisant, diffusant, conservant, analysant ce qui fonde la vie commune, une langue, une mémoire, une culture, un patrimoine, des créations, des œuvres, des savoirs. Rassembler, diffuser, communiquer, transmettre.

Consulter le programme détaillé

Entrée libre sur inscription (avant le 25 mai) : accéder au formulaire d'inscription en ligne


 

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 12:41

Jeudi 17 mai 2012.

Fête de l'Ascencion.

Une ministre en remplace un autre.

Le mot « ministre » vient du mot latin minister, signifiant « serviteur » ou « premier serviteur ». Dans le sens général, le mot « ministre » est du genre masculin. Certaines personnes disent que, par conséquent, on devrait toujours dire le ministre et jamais la ministre1, d'autres suivent les recommandations d'une circulaire du 6 mars 1998 due àLionel Jospin2, qui préconise la féminisation des noms de métiers en français et donc l'emploi du féminin « la ministre » et « madame la ministre ». Au Québec, il est d'usage exclusif de dire « la ministre » (en français québécois, la plupart des titres peuvent être féminisés, comme le recommande l'Office québécois de la langue française).


 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 14:05

JF
 

Dans son discours en hommage à Jules Ferry, le nouveau président de la République a confirmé son engagement de rétablir une véritable formation des enseignants. Il a cité un discours de Jules Ferry qui avançait qu’il ne suffit pas de savoir pour savoir transmettre et qu’enseigner était un métier qui, comme tous les métiers, devait s’apprendre.

Occasion de rappeler au monde de la culture  combien la haute idée qu’il se fait de lui-même doit à une condescendance toujours renouvelée pour le métier d’enseigner.

En ce sens, Malraux qui affirma vouloir faire pour « la culture » ce que Ferry avait fait pour l’éducation, fut bien un enfant d’Edouard plus que l’héritier de Jules

 

 herriot.jpg

 

Extrait d’un vieil et mien article sur la culture scolaire.

Voir aussi, du même auteur,  « Institution et formation » in Le métier d’instruire, sous la direction de Laurence Cornu, 1992

 

 

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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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