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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 18:08

La Cité des sens poursuit sa tentative de mise en mémoire des nombreuses et (parfois intéressantes) tribunes et contributions publiées cet été (ou, comme c’est le cas aujourd’hui, lors de cette rentrée) dans le double contexte :

 

- des routines saisonnières, les discussions sur la « culture » s’épanouissant ordinairement  dans la douce chaleur des festivals

- de la conjoncture crée par perspective de la campagne présidentielle.

 

La contribution du jour émane de M. Guillaume Cerutti qui, on s’en souvient peut-être fut le dir’ cab du ministre Jean-Jacques Aillagon… Moi qui coulait, à l’époque, des jours tranquilles au bord de la Loire (jusqu’à ce qu’il mette fin à cette scandaleuse sinécure), je m’en souviens très bien.

Bon, ce n’est pas une raison pour ne pas signaler son article dans la dernière livraison de la revue Commentaire : Cinq propositions pour le ministère de la Culture.

 

 

À l’occasion des festivals de l’été dernier et dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, la politique culturelle a fait l’objet de multiples et intéressantes prises de position, comme elle n’en avait plus suscitées depuis longtemps. Pour enrichir le débat, il paraît utile de se pencher sur la situation actuelle du ministère de la Culture et d’explorer les pistes qui pourraient permettre une relance de la politique culturelle au cours des prochaines années : extension de son champ de compétences à l’action extérieure et aux industries culturelles ; recentrage du ministère sur son rôle d’impulsion stratégique ; réactivation de la décentralisation culturelle ; recherche de nouvelles sources de financement. Ces thèmes, trop longtemps occultés, s’imposeront comme un passage obligé pour le prochain ministre de la Culture et de la Communication.

Guillaume Cerutti

 

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A ma connaissance, ce papier de M. Cerutti n’est pas accessible sur le web… lorsqu’on se sera procuré (de manière licite ou non) un exemplaire du dernier numéro de la revue Commentaire on pourra comparer sa prose avec celle de son ex patron, Aillagon (qui coulait des jours tranquilles à Versailles jusqu’à ce que le Président ne décide de mettre fin à cette scandaleuse sinécure au motif de l’âge .

 

« Je souhaite que le prochain Président stabilise le ministère de la Culture » a-t-il déclaré aux Inrocks… Certes, mais quel(le) Président (e) ?  Lire l'entretien de J.J.A. aux Inrocks... 

 

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 21:15

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La Cité des sens poursuit sa tentative de mise en mémoire des nombreuses et (parfois intéressantes) tribunes et contributions publiées cet été dans le double contexte :

- des routines saisonnières, les discussions sur la « culture » s’épanouissant ordinairement  dans la douce chaleur des festivals

- de la conjoncture crée par perspective de la campagne présidentielle.

 

Dans le dossier déjà cité du magazine La Terrasse, un entretien avec Jean-Michel Lucas résume (avec les dangers inhérents à ce genre d’exercice lorsqu’il s’agit d’une pensée riche et complexe) les positions de ce chercheur parfois mieux connu sous le pseudonyme de Dr Kasimir Bisou. Deux extraits :

 

Vous préconisez depuis quelques années une rupture d'avec la logique de la démocratisation culturelle qui a officiellement guidé les politiques culturelles successives, à droite comme à gauche. Pourquoi ? 

 

Jean-Michel Lucas : A vrai dire, ceux qui tempêtent pour défendre la démocratisation de la culture se trompent de combat : ce mot d'ordre conduit, en pratique, à organiser plus d'occasions pour les habitants de se faire plaisir en consommant des produits artistiques ! J'en viendrais même à penser que la démocratisation de la culture ressemble de plus en plus à un ensemble d'épiceries culturelles franchisées par Télérama ! De plus, la « démocratisation de la culture » manque d'honnêteté au regard des principes communs de la démocratie : elle impose sa conception de la culture, sans discussion possible, celle des oeuvres de qualité, - le ministère de la culture affirme même que sa mission concerne les « oeuvres  capitales de l'humanité » ! Le reste est alors « sous-culture » ! Or, cet argument est gravissime pour la démocratie car il veut nous faire croire que les valeurs de références pour le genre humain sont attachées à des objets (même appelés « oeuvres d'art ») alors qu'elles sont attribuées, non sans mal, par des êtres de subjectivité. Cet exercice continuel de « réification », au sens du philosophe et sociologue Axel Honneth, masque la question pertinente qui est de savoir qui détient le pouvoir social de dire la valeur culturelle pour l'humanité. L'enjeu politique n'est donc pas la fréquentation en nombre de ces « oeuvres » mais la question éthique de savoir qui est « maître de la valeur » et avec quelle légitimité en société de liberté ? C'est pourquoi je considère que, pour reconstruire la politique culturelle, la priorité est d'en reformuler les enjeux éthiques. Il est impératif, par le débat public, d'inscrire la réflexion sur la légitimité de la politique culturelle dans le cadre des valeurs universelles qui fondent nos sociétés de liberté, à commencer par les droits humains, et évidemment les droits culturels des personnes.

(…)

Concrètement, quels changements cela impliquerait-il de mettre en place dans les politiques culturelles ?

(…) Pour faire mieux, les élus à la culture devraient exiger que chaque subventionné prenne le temps et les ressources de participer aux confrontations avec d'autres positions culturelles, indifférentes ou hostiles, en expliquant en quoi il apporte « plus d'humanité » et à quelles personnes de la société. Cette nécessité éthique doit faire partie des projets. Les élus devraient aussi exiger qu'au-delà de la simple consommation de produits par des spectateurs,  les projets publics permettent à des personnes de s'engager dans des parcours d'émancipation établis par conventionnement avec elles. Je devrais dire travailler dans la réciprocité avec des professionnels pour que les personnes gagnent en liberté, en capacités, en responsabilité (ce que l’économiste indien Amartya Sen appelle une approche par les capabilités). La difficulté pratique est que ce type de projet demande que la personne soit partie prenante de la négociation sur la valeur du projet. L'engagement éthique doit être transcrit dans la pratique de gestion des conflits entre les dignités.  LIRE L'ENTRETIEN 

 

 

 

Rappelons que l’on peut retrouver un grand nombre d’articles et d’interventions de Jean-Michel Lucas sur le site de l’Irma  

 

 

On gagnera à confronter les analyses de Jean-Michel Lucas avec le contenu  du récent dossier du magazine La Scène (n° 61, été 2011)

 Les politiques culturelles ont-elles encore un avenir ?
• Peut-on encore croire à la démocratisation culturelle ?
• L'horizon 2030
• L'avis de la nouvelle génération

 

et les propos qui sont tenus dans ce dossier par certains acteurs, propos qui sortent de l’ordinaire de la vulgate artistique propre au « monde de la culture » et du spectacle vivant en particulier.

Qu’on en juge avec ces quelques fragments des réponses apportées à la première question du dossier (dans la formulation de laquelle figure heureusement, à mon sens,  le verbe « croire ») :

 

Nous devons retrouver le sens de l’éducation populaire ( Guy Alloucherie)

De par l’histoire de nos lieux, nous croyons beaucoup à un équilibre entre démocratie et démocratisation (Didier Goffon)

En tant qu’établissement profondément inscrit historiquement et institutionnellement dans l’éducation populaire, nous tendons davantage vers la démocratie culturelle. Cela signifie que le processus d’accès à l’œuvre ne peut se faire que dans la reconnaissance et le respect de la culture de l’individu.  (Yann Fremeaux)

 

Mais l’article le plus clair en ce sens (et le plus proche des positions de Jean-Michel Lucas) renvoie à l’expérience belge.

 

(…) Dans les années 1960, en France comme en Belgique, nous avons lancé les politiques de démocratisation de la culture. Puis, chez nous, une politique de démocratie culturelle qui s’appuie essentiellement sur les secteurs de la jeunesse et de l’éducation populaire. Mais où en est- après quarante ans?

(…)

Nous voulons aussi explorer la façon dont les publics peuvent être aujourd’hui partenaires et même concepteurs des politiques culturelles publiques

(..)

Toutes nos politiques culturelles depuis quarante ans ont été construites sur l’offre.

(…) cela présuppose donc que l’on arrête de prendre les gens pour des imbéciles et que les pratiques culturelles usuelles des individus ne soient pas systématiquement disqualifiées

 

Belgique. Refonder avec l’éducation populaire ; Yanic Samzun, secrétaire général de Présence et action culturelles ; La Scène, N° 61 (Eté 2011) page 77.

 

Pour mieux comprendre la situation particulière des politiques culturelles de nos proches voisins, on peut lire :

 

Démocratisation de la culture et/ou démocratie culturelle? Comment repenser aujourd’hui une politique de démocratisation de la culture?

Jean-Louis Genard

Université libre de Bruxelles

 

Article téléchargeableà cette adresse  

 

Résumé

La Communauté française de Belgique a développé, dès les années 60 du siècle dernier, des politiques culturelles spécifiques sous l’horizon de la tension entre démocratisation de la culture et démocratie culturelle. Ce choix, très innovateur pour l’époque, contrastait fortement avec les politiques de démocratisation de la culture initiées en France par Malraux. Le texte s’interroge sur les avancées mais aussi les impasses auxquelles a mené cette politique en particulier en raison des interprétations sous-jacentes qui étaient données à l’époque du mot des termes « culture » et « art ». Au regard de ce bilan, il réfléchit ensuite à ce que pourrait ou devrait être aujourd’hui une politique de démocratisation de la culture, suggérant une réécriture profonde des relations entre culture et éducation, ainsi que le développement de politiques culturelles assumant les exigences liées à la conception de la culture héritée de la modernité, et centrée sur les exigences d’expressivité et d’émancipation.

 

 

A SUIVRE

 

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 19:10

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La Cité des sens poursuit son exercice de mise en mémoire et en perspective des nombreuses et (parfois intéressantes) tribunes et contributions publiées  cet été dans un double contexte :

- au titre des routines saisonnières, les discussions sur la « culture » s’épanouissent ordinairement  dans la douce chaleur des festivals

- plus exceptionnellement, à l’occasion de la campagne présidentielle déjà engagée.

 

Retour sur un des textes qui a plutôt bien circulé sur les réseaux sociaux ; j’en donne le début et la fin pour susciter l’envie de le (re) lire dans son entier.

Un nouveau souffle pour la politique culturelle. Rencontre avec Jean-Louis Fabiani Sociologue.

  Par SYLVAIN BOURMEAU

Directeur d’études à l’EHESS et professeur à la Central European University de Budapest, le sociologue de la culture Jean-Louis Fabiani fut aussi, un temps, directeur des affaires culturelles en Corse. A l’occasion du Forum de Libération à Avignon, dont il observe depuis de longues années le Festival, il tente une mise à plat de la politique culturelle.

Pourquoi le cadre général de la politique culturelle nationale, fixé il y a trente ans lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir, demeure-t-il la référence ?

Il y a là une sorte d’énigme. Dans un livre publié en 1996 et réédité en 2004 (1), Philippe Urfalino a fait le constat impeccable de l’épuisement de la notion spécifiquement française de «politique culturelle», inventée en 1959 sous le ministère d’André Malraux puis requalifiée à gauche et dotée de moyens supplémentaires durant le premier ministère de Jack Lang, entre 1981 et 1986. Durant ce gros quart de siècle, des moyens d’action spécifiques et des formes de justification idéologique ont été mis en place. L’action culturelle d’André Malraux et le développement culturel de Jack Lang ont eu en commun trois piliers. D’abord, un partage entre l’éducatif et le «sensible», qui assurait à la Culture un domaine spécifique, beaucoup plus vaste que celui que commandait l’ancien secrétariat aux Beaux-Arts sous les Républiques précédentes: l’école n’était pas en mesure d’assurer la transmission des valeurs esthétiques et devait être suppléée par l’action culturelle. C’est le sens du célèbre adage malrucien : «L’école apprend à connaître Racine, la culture apprend à l’aimer.»

Ensuite, il s’agit de «rendre accessibles les chefs-d’œuvre de l’humanité au plus grand nombre de Français», c’est l’impératif de démocratisation, dont il faut signaler qu’il s’appuie sur la solidité d’un canon culturel ; il existe un stock bien défini de valeurs culturelles universelles, qu’il s’agit de diffuser. Enfin, troisième pilier, peut-être moins connu du grand public, c’est l’impératif de professionnalisation des intervenants de la culture, artistes et autres opérateurs. La culture est une affaire aussi sérieuse que les autres dans l’espace des professions, et la légitimité de l’intervention ministérielle est à ce prix. Ce socle d’origine va être intensifié lorsque Jack Lang va arriver au ministère de la Culture. On assiste à la réaffirmation du partage entre l’ordre du sensible et l’ordre scolaire, à la transformation de l’action en développement culturel et à la reconnaissance accrue des artistes professionnels par le pouvoir politique.

(…)

Si la politique culturelle nouvelle peine à émerger, n’est-ce pas lié à son incapacité à véritablement penser les publics ?

Evidemment. Il faut ici entendre public au pluriel, comme une série de collectifs rassemblés autour d’une œuvre, d’un genre ou d’une forme, et prendre acte de leur irréductible diversité aussi bien que de leur redéfinition permanente, bien que les fidélités culturelles soient ordinairement plus mises en relief par les sociologues. Il faut partir ici de la notion de droit à la culture définie en 1948 comme droit humain. S’il est facile de nourrir cette définition par la notion de dignité culturelle, qui a été un puissant moteur de politiques régionales, particulièrement dans l’Espagne postfranquiste, il est plus compliqué de penser ce que pourrait être la composition de tous ces publics en un public universel, qui pourrait être construit à partir de la constitution d’un bien commun culturel.

La participation à la vie culturelle reste la meilleure manière de mettre en tension les choix esthétiques individuels et les engagements collectifs. La notion de sphère culturelle publique, développée par Jim McGuigan, me paraît un outil intéressant pour penser les potentialités critiques ouvertes par la vie culturelle en ce qu’elle rend possible la mise en question des formes standardisées de la consommation culturelle. C’est le sens de mon travail sur le public des Cemea à Avignon, qui élabore collectivement une forme d’élaboration critique qui devient un outil civique. Il ne faut jamais désespérer de l’action culturelle. L’observation sociologique, en montrant les limites et les illusions des politiques publiques, ne condamne jamais à l’inaction ni à la délectation morose. Elle invite simplement les citoyens à se constituer comme public, au sens de John Dewey, et à exercer leurs responsabilités critiques.

(1) L’Invention de la politique culturelle, «Pluriel», Hachette

 

 

Dans le même temps et le même contexte (Avignon), le magazine gratuit La Terrasse publiait un dossier La politique culturelle en question qui donnait la parole à une quinzaine d’experts ou d’acteurs parmi lesquels Vincent Dubois, politiste et sociologue, professeur à l’Université de Strasbourg, spécialiste des politiques culturelles.

 

Quand apparaît véritablement la politique culturelle comme champ d’intervention de l’Etat en France ?


Vincent Dubois : L’intervention publique dans le domaine des arts et de la culture, ne serait-ce que sous la forme du mécénat royal ou de la censure, est à peu près aussi ancienne que l’Etat moderne. Ce qu’on appelle aujourd’hui « politique culturelle » est pour une part constitué de cet héritage mais ne peut évidemment y être réduit. La culture est véritablement constituée comme catégorie de l’intervention étatique quand trois processus convergent : la structuration d’une administration spécifique à la culture, la spécialisation progressive d’un groupe d’agents qui, en paraphrasant Max Weber, vivent « de » et « pour » la politique culturelle, et la formalisation d’un discours avec ses propres notions (action culturelle, développement culturel, non public, etc.), et ses propres orientations, fussent-elles générales, comme la « démocratisation culturelle ». Cette convergence s’opère à partir de la création du ministère des Affaires culturelles en 1959. S’il n’y a pas lieu d’en faire un commencement absolu, ni de surestimer l’importance que revêt cette innovation institutionnelle en elle-même, il faut en revanche prendre la mesure des processus non programmés ni même forcément prévisibles d’institutionnalisation et de légitimation de l’intervention publique qui se sont engagés à sa suite

(…)

Pensez-vous qu’il existe une différence entre la droite et la gauche en matière de politique culturelle ?

 

V. D. : Difficile de répondre à cette question en évitant la prise de position politique ! (…) Le fait d’insérer les questions culturelles dans ce qu’il est convenu d’appeler un projet politique est longtemps resté un marqueur de la gauche. Ce n’est plus vraiment le cas depuis maintenant assez longtemps. Depuis une vingtaine d’années, chacun peut facilement constater que les orientations de l’action publique en matière culturelle sont assez peu consistantes, à gauche comme à droite.  LA SUITE... 

 

Vincent Dubois a publié récemment, pour une revue québécoise, une intéressante synthèse historique et politique sur les politiques culturelles à la française  Le “modèle français” et sa “crise” : ambitions, ambiguïtés et défis d'une politique culturelle in Saint-Pierre (D.), dir., Tendances et défis des politiques culturelles dans les pays occidentaux, Québec, Presses universitaires de Laval.

 (texte que l’on peut télécharger ici).

On lira ce texte avec grand intérêt en attendant la publication de Le politique, l’artiste et le gestionnaire (Re)configurations locales et (dé)politisation de la culture à paraître en février 2012 aux éditions du Croquant dans la collection Champ social.

 Le site consacré aux publications de Vincent Dubois  

 

 

Post scriptum :

à propos de sociologie, de publics et de festivals, une info fraîche du jour...  

 

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 15:46

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 11:05

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La Cité des sens poursuit sa studieuse rentrée en revenant sur un certain nombre de textes et contributions publiés durant l’été.

 

Le 4 août dernier, je signalais le papier publié par Denis Declerck sur l’excellent Cultural engineering Group Weblog

 

Denis Declerck est directeur de l’action culturelle à la communauté d’agglomération d’Evry Centre Essonne. Avant cela, il a été directeur de théâtres à Vienne (1989-1992) puis à Béziers (1992 – 1999) avant de rejoindre le ministère de la culture : conseiller théâtre et action culturelle à la DRAC Nord Pas de Calais (1999 – 2004) puis inspecteur (2004 – 2009). Il a notamment été le coordonnateur et le rapporteur général des Entretiens de Valois. Denis Declerck est titulaire du Master 2 “Direction de projets culturels” délivré par l’Observatoire des Politiques Culturelles  et Sciences – Po Grenoble (1997).

 

Il se trouve que le numéro 43 (3ème trimestre 2011) de la Revue socialiste (revue de réflexion du Parti socialiste) comprend un dossier intitulé Abécédaire de la France (A comme argent par Jacques Julliard…) et que le même Denis Declerck a été chargé de la notice C comme culture  

 

En France, la culture est politique avant d’être un rapport individuel au monde symbolique. Difficile de parler de « culture » sans évoquer notre politique culturelle, ses réussites et ses échecs. Alors que les dépenses culturelles des ménages n’ont cessé d’augmenter depuis 20 ans pour atteindre 34 milliards d’euros en 2009, nous continuons à déplorer l’échec présumé de la démocratisation de la culture ou l’insuffisance des moyens qui lui sont consacrés.

(…)

Que s’est-il passé ?

Non seulement la culture ne fait plus gagner la gauche aux élections mais elle peut même les lui faire perdre. La « gauche culturelle » est l’une des responsables de la dispersion des voix de gauche au 1er tour de l’élection présidentielle de 2002. Puis vînt l’été 2003 et son cortège de festivals annulés. Le carrosse est devenu citrouille, et les artistes des travailleurs ou des patrons comme les autres, voire « pires », car plus précaires ou plus exploiteurs. Les professionnels de la culture se désintéressent de la politique, comme d’autres pans du corps social, les élus prennent leurs distances avec un milieu de râleurs patentés disposant d’un fort pouvoir de nuisance.

Pour nombre d’élus de gauche, le bilan de Jack Lang est indépassable. Ceux qui, comme Catherine Trautman, se sont risqués au changement de paradigmes (mise en valeur de l’action culturelle, désacralisation de la figure du « créateur) ont subi les foudres des professionnels du spectacle et s’en sont allés. Jean-Jacques Aillagon puis Renaud Donnedieu de Vabres, impuissants face à la crise ouverte par la réforme du régime de l’intermittence, Christine Albanel, incapable de trouver une issue aux Entretiens de Valois sont également tombés sous les coups du monde du spectacle. L’actuel ministre de la culture, bien que sous tutelle de l’Elysée et flanqué d’un Conseil de la Création Artistique, ne s’en sort pas mieux que les autres.

Alors que faire ?

Peut-on ré-enchanter le rapport entre artistes et politiques ? C’est très improbable, mais il est possible de jeter les bases d’une nouvelle alliance entre art, culture et société. Est-il envisageable de recréer un rapport sain entre les milieux culturels et les élus de gauche, les uns se comportant de façon moins corporatiste, les autres cherchant à comprendre au lieu de compatir ? Sans doute, à condition qu’ils acceptent de confronter leurs objectifs respectifs et de se livrer à un examen précis des conditions économiques et sociales de leur réalisation. C’est moins romantique, mais c’est plus simple à comprendre pour un citoyen en général et un élu en particulier.

En 2012, la gauche devra relever trois défis majeurs

 

Lire l'article C comme culture 

 

 

La Revue socialiste

 

Sommaire du numéro 43.

 

Le dossier Abécédaire de la France
Laurent Baumel, F comme Français
Camille Peugny, J comme jeunes
François Jost, K comme Koh Lanta
Roger-Gérard Schwartzenberg, L comme liberté(s)
Olivier Mongin, R comme rire
Guy Groux, S comme syndicalisme
Philippe Askenazy, T comme travail
Gilles Finchelstein, V comme vitesse
Benoît Thieulin, W comme Wikileaks
Nonna Mayer, X comme xénophobie
Jean-Luc Domenach, Y comme Yuan
Daniel Frandji, Z comme ZEP
Marisol Touraine, M comme Médiator
Francis Wolff, N comme nature
Laurent Bouvet, O comme Obama
Alain Bergounioux, P comme populisme
Michel Lussault, Q comme quartier
Patrick Viveret, U comme utopie
Jacques Julliard, A comme argent
Bertrand Monthubert, B comme bioéthique
Denis Declerck, C comme culture
Nicolas Dalle, E comme énergie
Daniel Cohen, D comme déclin
Gérard Le Gall, G comme ghetto
Guillaume Bachelay, H comme Houellebecq
Jacqueline Costa Lascoux, I comme Intégration

Polémique
Pierre Moscovici, Réflexions sur le passé et l’avenir de notre politique étrangère

Grand texte
Conseil national de la Résistance, Le programme du Conseil national de la Résistance

 

 

Actualités internationales
Jean-François Bayart, L’Afrique de l’Ouest deviendra-t-elle à la France ce que l’Amérique centrale est aux Etats-Unis ?

 

 

 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 21:54

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 15:58

face à face

 

Les débats furieux engagés entre la défense d’une culture crispée sûre de ses tris et les enthousiasmes confus qui posent l’équivalence de toutes les créations et de toutes les pratiques ne sont peut-être qu’un théâtre d’ombres. (Roger Chartier).

 

Comme convenu, ce blog donne suit à un certain nombre de propos et de textes publiés cet été pour tenter de cerner leurs enjeux quant à la conception de la culture et l’action publique en la matière.

 

Aujourd’hui Pour une autre politique de l’art, Robin Renucci, Le Monde, 6 août 2011.

 

Ce que nous avons entendu et lu ces dernières semaines nous laisse nombreux sur notre faim. La dimension budgétaire est déterminante, mais elle ne saurait être le pivot de nos raisonnements. Elle ne répond pas aux questions posées par l'art et la culture aujourd'hui.

Oui, il faut des moyens nouveaux, mais ils ne prendront sens que si nous engageons une réforme ambitieuse de nos objectifs et de nos actions. Le sens, là est la question majeure.

Y répondre impose un changement radical de logique. On ne rejette pas André Malraux en disant que "rendre accessibles au plus grand nombre (...) les oeuvres capitales de l'humanité" ne peut plus être le paradigme des politiques publiques de la culture en ce début de XXIe siècle.

(…)

Il ne s'agit plus d'"accès" aux oeuvres. Il faut faire en sorte que "les oeuvres oeuvrent" comme le dit joliment le philosophe Bernard Stiegler. Parlons de création partagée, d'appréhension individuelle et collective, de contribution populaire. Sortons des oppositions bien peu innocentes entre une culture "populaire" et une autre qui ne le serait pas. Refusons l'opposition caricaturale entre professionnels et amateurs.

 

On notera au passage que la question de ces oppositions est, entre autres, au cœur de la vive controverse qui oppose depuis quelques jours Nicolas Roméas (L’art, la culture et la gauche, 8 août 2011 Médiapart) d’une part et Michel Simonot et Diane Scott, d’autre part, (Résister au « populisme culturel : pour un argumentaire renouvelé de la culture, Le Revue des livres 1er septembre) ; échange passablement virulent suivi de Résister aux intégristes de l’art, réplique de Nicolas Roméas et Valérie de Saint-Do, (Micro Cassandre, 5 septembre), à l’interminable et vaseuse dissertation (sic)  de Simonot et Scott.

 

L’excellent blog L’Oizeau rare (Jean-Gabriel Carasso) s’est fait l’écho de ce « débat » ce qui me dispense, pour le moment,  de commenter de vives diatribes donc j’avoue ne saisir pas l’enjeu.

 

Revenons aux propos du nouveau directeur des Tréteaux de France :

 

L'historien Roger Chartier écrivait ici même il y a vingt ans : "Il y a quelque chose de pathétique à vouloir dresser une digue étanche, infranchissable, entre les études et les oeuvres dont se délectent "les amateurs habituels des choses de l'esprit" et les "pratiques culturelles" du plus grand nombre, alimentées par le marché des loisirs. Le lien qui les unit (...) réside dans la trajectoire même qui donne leur sens aux oeuvres les plus puissantes" ("Pas d'oeuvre sans pratique", Le Monde du 26 septembre 1991).

 

Peut-être comme moi, avez-vous cherché le texte intégral de cette tribune de Roger Chartier sur le web ?… je ne l’ai pas trouvé, du moins en accès gratuit.

Fidèle à la vocation de La Cité des sens (dont je ne sais si elle est « artistique » plutôt que « culturelle » mais assurément pédagogique) qui est de permettre à ses lecteurs d’accéder aux textes eux-mêmes je livre donc ici cette brève et remarquable mise au point de l’historien de la lecture et des pratiques culturelles (écrite à l’époque, en écho au livre de Marc Fumarolli, L’Etat culturel).

 

Tribune de Roger Chartier, Le Monde 26 septembre 1991.

 

 

 

 

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 07:00

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En cette rentrée, La Cité des sens se propose de revenir sur quelques déclarations, textes ou contributions signalés à notre attention pendant la saison des festivals et d’y faire suite en balisant le(s) terrain(s) du débat sur ce que l’on nomme communément la culture et les formes que prend l’action publique qui affirme s’en soucier.

 

Dans quelques temps, tout cela sera devenu totalement anecdotique, mais, comme chacun sait, les danseurs et danseuses au bal des prétendants de la primaire du P.S. parmi lesquel(le)s  figure le (la) futur(e) candidat(e) de « la gauche » se sont cru obligés de parler de « culture ».

 

Honneur au « junior » soit la tribune de Manuel Valls dans les Inrocks (23 août 2011) Sortir de la dépression culturelle.  

Notre pays traverse une sorte de “dépression culturelle”. Après l’élan des années Lang, aucun des gouvernements successifs n’est parvenu à redonner du souffle à notre politique culturelle.

 

Ainsi s’exprime Valls qui nous renseigne sur l’origine de ses convictions en la matière :

 

Parce que j’ai grandi auprès d’un père artiste-peintre et que je partage la vie d’une violoniste, que la littérature et la musique ont forgé mon imaginaire d’enfant et d’adolescent, je sais l’importance de l’art et de la culture dans la construction de l’individu et du citoyen.

 

Certes, comme toujours lorsque le propos se situe à un certain niveau de généralité, on peut s’interroger sur la signification donnée aux termes d’art et de culture (j’y reviendrai, encore et toujours…).

Chacun entendra comme il lui plaira les fortes affirmations du maire d’Evry, il n’en reste pas moins que le rapprochement des mots dépression et culture peut faire sens.

Et donner envie de relire le texte majeur que Marcel Proust écrivit en préface à sa traduction de l’ouvrage de l’anglais John Ruskinsame et les Lys, Des Trésors des Rois, préface que l’on trouve aujourd’hui publié sous le titre Sur la lecture.

ou en  fichier .pdf, à cette adresse, par exemple

 

 

Ce qu’écrit Proust dans ce texte majeur (dont les premières pages consacrées à l’évocation des lectures d’enfance sont une merveilleuse miniature d’A la recherche du temps perdu) s’applique, me semble-t-il, à la culture (en un sens, il est vrai,  qui n’est peut-être pas le sens communément admis).

 

Pour nous, qui ne voulons ici que discuter en elle-même, et sans nous occuper de ses origines historiques, la thèse de Ruskin, nous pouvons la résumer assez exactement par ces mots de Descartes, que « la lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs.

 

En réalité, Proust  récuse cette analogie un peu convenue entre la lecture et la conversation :

 

Mais si je crois que la lecture, dans son essence originale, dans ce miracle fécond d'une communication au sein de la solitude, est quelque chose de plus, quelque chose d'autre que ce qu'a dit Ruskin, je ne crois pas malgré cela qu'on puisse lui reconnaître dans notre vie spirituelle le rôle prépondérant qu'il semble lui assigner.

 

Malgré de nouvelles excursions vers les lectures d’enfance, Proust tient solidement le fil qui unit selon lui lecture (culture, dirions nous) et vie spirituelle.


Et c'est là en effet un des grands et merveilleux caractères des beaux livres (et qui nous fera comprendre le rôle à la fois essentiel et limité que la lecture peut jouer dans notre vie spirituelle) que pour l'auteur ils pourraient s'appeler « Conclusions » et pour le lecteur « Incitations ». Nous sentons très bien que notre sagesse commence où celle de l'auteur finit, et nous voudrions qu'il nous donnât des réponses, quand tout ce qu'il peut faire est de nous donner des désirs. (…) Tel est le prix de la lecture et telle est aussi son insuffisance. C'est donner un trop grand rôle à ce qui n'est qu'une initiation d'en faire une discipline. La lecture est au seuil de la vie spirituelle; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas.

 

Pour asseoir cette conviction, Proust fait état de son intérêt pour la psychologie et Les maladies de la volonté (il cite en note cet ouvrage de Théodule Ribot).

Il est cependant certains cas, certains cas pathologiques pour ainsi dire, de dépression spirituelle, où la lecture peut devenir une sorte de discipline curative et être chargée par des incitations répétées de réintroduire perpétuellement un esprit paresseux dans la vie de l'esprit. Les livres jouent alors auprès de lui un rôle analogue à celui des psychothérapeutes auprès de certains neurasthéniques.

On sait que, dans certaines affections du système nerveux, le malade, sans qu'aucun de ses organes soit lui-même atteint, est enlisé dans une sorte d'impossibilité de vouloir, comme dans une ornière profonde d'où il ne peut se tirer seul, et où il finirait par dépérir, si une main puissante et secourable ne lui était tendue. Son cerveau, ses jambes, ses poumons, son estomac, sont intacts. Il n'a aucune incapacité réelle de travailler, de marcher, de s'exposer au froid, de manger. Mais ces différents actes, qu'il serait très capable d'accomplir, il est incapable de les vouloir. Et une déchéance organique qui finirait par devenir l'équivalent des maladies qu'il n'a pas serait la conséquence irrémédiable de l'inertie de sa volonté, si l'impulsion qu'il ne peut trouver en lui-même ne lui venait de dehors, d'un médecin qui voudra pour lui, jusqu'à ce qu’il ait peu à peu rééduqué ses divers vouloirs organiques. Or, il existe certains esprits qu'on pourrait comparer à ces malades et qu'une sorte de paresse (5) ou de frivolité empêche de descendre spontanément dans les régions profondes de soi-même où commence la véritable vie de l'esprit. Ce n'est pas qu'une fois qu'on les y a conduits ils ne soient capables d'y découvrir et d'y exploiter de véritables richesses, mais, sans cette intervention étrangère, ils vivent à la surface dans un perpétuel oubli d'eux-mêmes, dans une sorte de passivité qui les rend le jouet de tous les plaisirs, les diminue à la taille de ceux qui les entourent et les agitent, et, pareils à ce gentilhomme qui, partageant depuis son enfance la vie des voleurs de grand chemin, avait, pour avoir depuis trop longtemps cessé de le porter, oublié jusqu’à son nom, ils finiraient par abolir en eux tout sentiment et tout souvenir de leur noblesse spirituelle, si une impulsion extérieure ne venait les réintroduire en quelque sorte de force dans la vie de l'esprit, où ils retrouvent subitement la puissance de penser par eux-mêmes et de créer. Or cette impulsion que l'esprit paresseux ne peut trouver en lui-même et qui doit lui venir d'autrui, il est clair qu'il doit la recevoir au sein de la solitude hors de laquelle, nous l'avons vu, ne peut se produire cette activité créatrice qu'il s'agit précisément de ressusciter en lui. De la pure solitude l'esprit paresseux ne pourrait rien tirer, puisqu'il est incapable de mettre de lui-même en branle son activité créatrice. Mais la conversation la plus élevée, les conseils les plus pressants ne lui serviraient non plus à rien, puisque cette activité originale ils ne peuvent la produire directement. Ce qu'il faut donc, c'est une intervention qui, tout en venant d'un autre, se produise au fond de nous-mêmes, c'est bien l'impulsion d'un autre esprit, mais reçue au sein de la solitude. Or nous avons vu que c'était précisément là la définition de la lecture, et qu'à la lecture seule elle convenait. La seule discipline qui puisse exercer une influence favorable sur de tels esprits, c'est donc la lecture : ce qu'il fallait démontrer, comme disent les géomètres.

 

Souhaitons donc que, si tous les petits français ne deviennent pas violoniste ou artiste-peintre (sic), ils se voient au moins offrir de nombreuses occasions de contracter le goût de la lecture.

 

 

 

 

 

 

 

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 17:31

 

Dictionnaire culturel en langue française, sous la direction d'Alain Rey, Le Robert éd.

 

 

Fin de l'article Politique

Les incompréhensions, les équivoques qui demeurent entre le pouvoir et le peuple laissent une part d'insaisissable en politique. Dans la dédicace de son extraordinaire petit traité, le Prince, Machiavel avait indiqué : « […] je pense qu'il faut être prince pour bien connaître la nature du peuple, et peuple pour bien connaître celle des princes ». Dans une note sur Machiavel, Merleau-Ponty fait ce commentaire :

[...] comme des miroirs disposés en cercle transforment une mince flamme en féerie, les actes du pouvoir, réfléchis dans la constellation des consciences, se transfigurent, et les reflets de ces reflets créent une apparence qui est le lieu propre et en somme la vérité de l'action historique. Le pouvoir porte en lui un halo, et sa malédiction -comme d'ailleurs celle du peuple qui ne se connaît pas davantage,- est de ne pas voir l'image de lui-même qu'il offre aux autres. C'est donc une condition fondamentale de la politique de se dérouler dans l'apparence.

Merleau-Ponty, Signes, p. 273

 

 

 

 

 

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 21:37

 

  

 

 

 

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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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