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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 16:45

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Une fois n’est pas coutume, La Cité des sens attire votre attention sur la prochaine diffusion de la célèbre émission Répliques, conçue, animée et largement « soliloquée » par Alain Finkielkraut.

Samedi 23.04.2011 - 09:10

La culture : état des lieux

Invité(s) :
Pierre Jourde, écrivain, critique et enseignant.
Philippe Coulangeon, sociologue, chargé de recherches en sociologie au CNRS,

 

Un sociologue pour débattre de la culture avec un écrivain, critique et enseignant, Pierre Jourde, qui vient de publier C’est la culture qu’on assassine  dont la quatrième de couverture indique :

Les pouvoirs économique, politique, médiatique se conjuguent pour nous plonger dans une nouvelle barbarie : abandon de l'école publique, transformation des universités en monstres bureaucratiques, télévision avilissante, ruine des instituts culturels français, mépris affiché pour la littérature, journalistes usinant du cliché, promotion de faiseurs au rang de grands écrivains, mort de la culture populaire, disparition de l'esprit critique. Face à cette agression, tous les coups sont permis, notamment ceux de l'ironie.

 

A croire que Pierre Jourde est un pseudo de l’intransigeant vigile hebdomadaire de la barbarie à nos portes et de la Défaite de la pensée qu’est Alain Finkielkraut.

Ils seront donc à deux contre Philippe Coulangeon, qui fera office de sociologue de service au motif, sans doute,  vient de publier Les métamorphoses de la distinction. Inégalités culturelles dans la France d’aujourd’hui.

Attendez-vous donc à entendre ceci :

Mais la réponse aux besoins essentiels de l’homme n’est pas seulement une affaire de chiffres et de statistiques. Dès qu’il est question de culture, les sociologues et les planificateurs interviennent avec une sorte d’arrogance et exercent un  terrorisme qui s’appui sur un vocabulaire de spécialistes et sur des statistiques en apparence irréfutables. Les problèmes complexes et subtils d’épanouissement de la personne humaine sont littéralement vidés de leur contenu. Devant ces fiches, ces graphiques et ces organigrammes, ceux qui sont aux prises avec le drame quotidien de la culture populaire ressemblent aux parents du petit leucémique qui cherchent en vain à saisir la vérité de leur souffrance dans les hiéroglyphes anonymes qu’ils viennent de retirer au laboratoire d’analyses.

 

Pour être tout à fait juste, si vous entendez exactement ça, c’est que l’un des interlocuteurs a un peu trop fait dans le rétro et copié les propos tenus par Alfred Simon dans la publication du Théâtre de l’Est parisien, propos cités par un certain Jacques Delors, alors conseiller pour les affaires sociales au Commissariat au Plan, dans une intervention intitulée « Le planificateur face aux problèmes culturels » lors du Colloque de Bourges « Recherche scientifique et développement culturel » en novembre 1964.

Comme dirait Alain F. : c’était mieux avant !

J’ai parcouru « Les métamorphoses de la distinction. Inégalités cultuelles dans la France d’aujourd’hui » du sociologue de service samedi matin, prochain.

Il tente d’éclairer de manière rigoureuse « un certain désarroi à l’égard des vertus émancipatrices naguère prêtées à la démocratisation de la culture et de l’éducation ».

Au titre des explications théoriques de cette inefficacité relative du volontarisme politique (qui a pu récemment alimenter un certain discours sur la « culture pour chacun »), la plus connue est celle de Pierre Bourdieu, qui articule les concepts de distinction, de capital culturel, d’habitus…

Elle a été discutée, infléchie, nuancée, notamment par Bernard Lahire (L’homme pluriel  La culture des individus…) que Coulangeon cite dans son chapitre 3, assez joliment intitulé De quel échec celui de la démocratisation de la culture donne-t-il la mesure ?

Comme d’autres, il invite à se défier d’une conception exagérément mécanique des héritages culturels :

Les goûts et les usages se forment ainsi sans la durée, au contact non seulement de l’environnement familial, mais aussi dans les diverses arènes de socialisation scolaire, amicale, amoureuse, professionnelle, etc. qui jalonnent des parcours de vie qui, quelque puisse être la force des phénomènes d’homogamie ou d’homophile sont toujours soumis à des influences hétérogènes. D’où l’importance parfois sous-estimée des différences de genre ou de génération notamment, ainsi que des clivages tout à fat significatifs qu’introduit la diversité des environnements géographiques et des types d’habitat, en particulier en France, où l’opposition Paris/province continue de marquer fortement la différenciation des comportements.

Sur l’importance parfois sous-estimée des différences de genre… je ne suis pas tout à fait d’accord. Il y a belle lurette que la revue Révoltes logiques, animée par Jacques Rancière, articulait la question de l’auto-émancipation des prolétaires et celle des luttes des femmes. Ou qu’un excellent auteur dont mon immense modestie m'oblige à taire le nom abordait la question, trop rarement posée il est vrai…

 Pourquoi-3.JPG

 

 Depuis 1964, depuis  Les héritiers de Bourdieu, depuis la première édition de Répliques (c’est vrai, ça… ça fait combien de temps que ça dure la décadence ?), nos sociétés n’ont cessé d’évoluer et les coups de boutoir du libéralisme n’en finissent pas de brouiller les questions de l’émancipation individuelle et collective comme celle du sens de l’action artistique et culturelle ou celle de la domination masculine. Tous ceux qui prétendent traiter les unes sans se confronter aux autres ont, pour parler comme le faisaient jadis les situationnistes, un cadavre dans la bouche.

Le mouvement se développe (H/F… on en a parlé ici) qui remet en question la prédominance de H sur F dans le « champ culturel ». Mais gare à La tentation de Pénélope !


Belinda Cannone par franceculture

 

Voir aussi la tribune de Geneviève Fraisse : La raison des femmes est l’enjeu de la modernité.

 

 

REMARQUE : ceux qui fréquentent un peu régulièrement La Cité des sens  savent combien cette question de la différence des sexes est un sujet de prédilection de ce blog.

 

 

L'égalité des sexes se lève aussi à l'est. Egalité entre hommes et femmes dans les métiers de la culture--- Question de genres --- Diversité culturelle et stéréotypes sexistes --- Le sexe faible dans la cour des grands --- Du vivant spectacle de la domination masculine --- Où il est mon deuxième sexe ? --- Rois et Reine --- T’as trouvé ça où ? --- Question de genre --- La chose artistique (4) ---Bovary bat don Quichotte par KO debout ---     

 

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 09:00

la cité des sens

Sur la place publique de La Cité des sens, deux informations qui auraient tout aussi bien pu ne pas se croiser.

 

Et d’une.

6a00d83451ef1c69e20120a5b7b3a5970c-500wiRéunion de mobilisation autour du futur programme Culture de l’Union européenne

 

Vendredi 22 avril 2011, 14h-17h, Maison de l'Europe de Paris

 


Dans un moment de profondes mutations mondiales, l’Union européenne et ses Etats Membres négocient aujourd’hui les priorités politiques, stratégiques et budgétaires européennes pour les dix années à venir.

Le travail autour du programme Culture est d’ores et déjà engagé, par la Commission européenne comme par la société civile. Les premiers retours des négociations indiquent une profonde remise en cause de ce programme. Ainsi, les débats semblent très fortement centrés sur le soutien aux industries culturelles, mettant en arrière plan la nécessité de renforcer la coopération culturelle et artistique.

Des démarches sont actuellement en cours, à l’image de la campagne européenne « We are more » initiée par Culture Action Europe, du Manitexto de Ljubjana, de l’appel pris en charge par l’ONDA en faveur du soutien aux arts et la culture, ou encore de la déclaration d’Avignon signées par des personnalités politiques françaises et européennes.

Pour mieux faire entendre notre voix, il nous semble essentiel de coordonner et de fédérer ces initiatives. En effet, il est déterminant de pouvoir mobiliser de manière large les acteurs artistiques et culturels français et européens autour :


• d’une vision politique européenne ambitieuse,
• 
d’une vision de l’art et de la culture comme constitutive de ce projet de société,
• et d’un renforcement du programme comme un des leviers d’action publique devant contribuer aux transformations à venir des sociétés et territoires européens.

 

Nous vous convions, le 22 avril prochain, de 14h à 17h,
à la Maison de l’Europe de Paris (35-37, rue des Francs Bourgeois, 75004 Paris)
à une réunion de mobilisation autour du futur programme Culture de l’Union européenne :
« Le programme Culture : pour une ambition politique
et culturelle européenne».

 

Vous pouvez vous inscrire auprès du Relais Culture Europe par mail

 mobilisationculture@relais-culture-europe.org

ou par téléphone (01 53 40 95 10).


Vous attendant en grand nombre,

 

Culture Action Europe et particulièrement ses membres français :

L’Association des Centres Culturels de Rencontre (ACCR),
L’AMI – Centre de développement pour les musiques actuelles,
L’Association Française des Orchestres (AFO),
La Fédération Interrégionale du Livre et la Lecture (FILL),
La Fédération nationale des arts de la rue,
Musique et santé,
L’Onda - Office National de Diffusion Artistique,
Le Relais Culture Europe,
Le SYNDEAC,
Le Syndicat National des Scènes Publiques (SNSP),
Transeuropéennes,
L'UFISC.

Ainsi que :
Le Forum Européen des Politiques Architecturales (FEPA),
Le CIPAC,
Les Rencontres.

--> En savoir plus http://www.relais-culture-europe.org/ 

    

Et de deux.

 

6a00d83451ef1c69e20120a5b7b3a5970c-500wiLe dossier débat de Témoignage chrétien

Les politiques ont-ils perdu le sens moral ?

  

Un ministre de l’Intérieur condamné pour insultes à caractère racial et atteinte à la présomption d’innocence promu conseiller spécial du Président ; des gouvernements qui entretiennent des relations cordiales avec des régimes totalitaires au nom du « réalisme » ; des élus locaux condamnés par la justice et régulièrement réélus… 

Après les nombreuses affaires touchant des politiques et mises au grand jour par les médias, une question s'impose : les politiques ont-ils perdu le sens moral?

Chercheurs, philosophes, politiques analysent le rapport de la classe politique à la morale :

·   L'immoralité massive est ailleurs, par Michel Rocard, ancien Premier ministre, auteur de « Si ça vous amuse » (Flammarion)

·   Morale et République, par Christophe Prochasson, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), auteur de « La gauche est-elle morale ? » (Flammarion, 2010)

·   Le vertige du pouvoir, par Yves-Charles Zarka, professeur de philosophie à la Sorbonne, directeur de la revue Cités (PUF), auteur de « La destruction des intellectuels » (PUF) et « Repenser la démocratie » (Armand Colin)

·   Démocratie, courage et décence, par Cynthia Fleury, philosophe, professeur à l'American University of Paris, auteur de « La fin du courage » (Fayard, 2010)

·   Agir au nom de tous, par Michaël Fœssel, philosophe, conseiller de la direction de la revue Esprit, dernier livre paru : « État de vigilance – Critique de la banalité sécuritaire » (Le Bord de l’eau, 2010)

·   Notre exigence d'éthique progresse, par Etienne Pinte, député (UMP) des Yvelines 

·   Une « pathologie » politique, par Laurence Vichnievsky, magistrate, conseillère régionale Europe Écologie Les Verts en Provence Alpes-Côte d'Azur

·    Au-dessus de tout soupçon, par Marc-Olivier Padis, rédacteur en chef de la revue Esprit.

·   Une République de l'irresponsabilité, par Paul Alliès, secrétaire national adjoint à la rénovation du parti socialiste, professeur de sciences politiques à l'université de Montpellier. Président de la Convention pour la 6e Républioque et auteur de « Le grand renoncement. La gauche et les institutions de la Ve République » (Textuel, 2007).

·   Fort avec les faibles, faible avec les forts, par Matthieu Bonduelle, secrétaire général du syndicat de la magistrature.

·   Au sommet de l'État comme au sommet de l'Etna, par Denis Robert, journaliste et écrivain.

·   Une éducation civique à réinventer, par Sophie Ernst, philosophe à l'Institut national de recherche pédagogique (INRP).

 

Retrouvez dès lundi prochain (N°3441 de TC), les contributions de Pierre Albertini, professeur d'histoire au lycée Condorcet à Paris, ainsi que celle de Jean-Luc Bennahmias, député européen, vice-président du Mouvement démocrate. à C’est par ici.  

http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/France/Les-politiques-ont-ils-perdu-le-sens-moral-?/Default-2-2475.xhtml

 

 

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 07:40

blog_pompougnac_06_02_2.jpg

Déjà cité ici hier, Janfeig, sur son blog Canard aux figues poursuit son analyse : Culture pour chacun pour soi (2) - comment on a élaboré la "doctrine"

 

C’est toujours aussi pertinent et il analyse longuement le rapport d’Elise Longuet :

 

presque 100 pages, précises et décisives (et pourtant absentes du site du Ministère de la Culture).

 

rapport que La Cité des sens, me semble-t-il, n’a pas peu contribué à populariser (si j’ose dire, compte tenu de l’horizon idéologique de la chose) et ce dès le 5 novembre 2010 (voir ma note) 

 

Je cite donc Le Canard aux figues :

 

Un débat public sur le rôle et la nécessité de l’action culturelle — musées, théâtre, spectacle — serait salutaire. Car, on peut considérer comme acquis que la culture est indispensable au peuple (tout comme Danton disait de l’éducation qu’elle était, « après le pain, le premier besoin d'un peuple »). Mais il faudrait expliquer ce postulat, pour le vérifier.

Questions : Quelle culture est indispensable ? le patrimoine commun ? les modes de vie des groupes humains ? l’art ? l’expression populaire ? Par ailleurs, qu’est-ce qui, dans la culture, en fait quelque chose d’indispensable ? est-ce la connaissance ? la part de spiritualité ? la possibilité de percevoir les choses autrement ? la maîtrise de notre environnement social ? la garantie de briller en société ?

 

(…)

 

Or les réflexions engagées par les pouvoirs publics ne remettent pas en cause le sens de l’action culturelle. Invariablement on part du principe qu’elle est indispensable, et on ne fait que se demander « comment l’action de l’Etat peut-elle toucher tout le monde ? »  --> LIRE LA SUITE .

 

 

 

 Et puisque Jean-Claude Wallach est cité dans l’article de Janfeig :

 

Jean-Claude Wallach, ancien délégué du Syndeac, fait un constat difficile à avaler : « Prenez la démocratisation culturelle. Son véritable enjeu était de changer la structure des publics, de faire en sorte que les gens les plus éloignés de la culture se trouvent concernés. Mais on voit toujours les mêmes dans les salles de spectacle. Les statistiques montrent bien que la diversification ne fonctionne pas.» (8)

(...) 

(8)   J.-C. Wallach ajoute : « Je ne pense pas que le ministère de la Culture se soit donné comme objectif l’accomplissement des publics. Il a d’abord et avant tout fonctionné comme un ministère de la création. À cause d’intérêts importants, tout le monde a voulu accréditer l’idée qu’il suffisait d’augmenter l’offre pour qu’elle se démocratise. Or les sociologues ont vite démontré que proximité spatiale et proximité sociale ne fonctionnaient pas de la même façon et qu’il ne suffisait pas de bâtir des équipements culturels pour que les gens entrent dedans. Ce qui est sûr, c’est que la consommation a augmenté. Ceux qui fréquentaient déjà les lieux culturels y sont allés plus souvent. »

J.C. Wallach est chargé de cours à l'Université Paris 1, ancien délégué du Syndeac (Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles).« La Culture, pour qui ? » 2006 (éditions de l'Attribut).

 

 

j’en profite pour vous communiquer le sommaire du dernier numéro de la revue Raison présente, numéro auquel J.C.W. a participé avec un titre digne  de figurer dans le catalogue de La Blanche de Gallimard.

 

                Pour une éthique de la médiation culturelle ?

Oeuvres, publics et médiation culturelle
Bruno Péquignot

L'errance inachevée de la fille bannie.
Jean-Claude Wallach

Un bêtisier de la médiation culturelle.
Bruno Nassim Aboudrar

Fabriquer du consensus ou de l'interférence ?
Christian Ruby

La position du médiateur.
Cyrille Planson

Médiations de l'oeuvre : visibles et invisibles.
Anne Quentin

L'oeuvre, l'artiste et le médiateur.
Cécile Camart

Le retour du discernement.
Catherine Bertho

Les médiateurs devant/avant la censure.
Elisabeth Caillet

La contribution du droit à la médiation culturelle.
Marie-Hélène Vignes

Education et/ou médiation ?
Alain Kerlan

Le naturalisme philosophique.
Marcel Conche

Trimestrielles

 

Raison Présente n°177 - 1er trimestre 2011

 

( Nouvelles Editions Rationalistes )

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 17:13

pompougnac_464.jpgL’avantage de la blogosphère, c’est qu’elle permet de s’échapper des champs clos, des dialogues de chapelles, des débats endogamiques entre professionnels de la profession.

A l’heure où les discussions sur Skyrock s’éternisent (en attendant la prochaine émotion éphémère), à l’heure de la lamentable affaire Py orchestrée par la ministère des Beaux Arts, des beaux artistes, des nominations et des médailles, les deux premières voix moins « autorisées » cueillies sur la toile (la première grâce à l’excellent site de Christophe Dumay : l’auteur est un certain Janfeig et son blog s’appelle Canard aux figues, ce qui est assez savoureux.

 

 

En septembre dernier, le Ministère de la Culture a publié un rapport qui a fait du barouf dans les milieux culturels — et au-delà. Rédigé en vue de remodeler l'action culturelle du ministère, c'est un chef-d'oeuvre d'incohérences et de vues à court terme. Signé par Guillaume Pfister et Francis Lacloche (1), il est titré "CULTURE POUR CHACUN - Programme d’actions et perspectives" .

 

En le lisant, on constate, comme l’ont fait nombre de citoyens et d’acteurs de la culture, que ce rapport lance des offensives contre le service public de la culture, contre les tentatives de démocratisation de la culture, et contre le savoir lui-même, taxé ici d’« élitiste ». Ce faisant, il prépare le terrain aux grosses cylindrées de l'industrie du divertissement (bouquets TV, diffuseurs, médias dominants, majors, etc.) ; c’est l’État qui célèbre ici la marchandisation des biens culturels.

Répétons-le : si le rapport débouche sur un programme, on peut s'attendre à de réelles transformations de nos habitudes de consommations, de notre rapport à l'art et au patrimoine, de nos relations aux institutions culturelles, de nos représentations sociales.

Le rapport « Culture pour chacun » est donc un texte à teneur idéologique, qui invite à entreprendre un tournant néolibéral jusque dans nos mentalités.

Mais rappelons que ce texte s’enracine dans les politiques culturelles antérieures qui sont un terreau favorable. Rappelons aussi qu’il se base sur des concepts, études, des recherches sociologiques que les auteurs ont soigneusement exploitées pour les reprendre au compte du Sarkozysme. à LIRE LA SUITE.  

 

 

L’autre contribution vient de Corse. Les remarques en sont tout aussi intéressantes et, bien entendu, sujettes à discussion (La Cité des sens n’aurait pas de sens sans le goût du débat) : voir en particulier ce qui concerne l’identité.

On parle beaucoup de culture en ce moment. Un rapport au ministère de la culture reprenant une idée de Malraux de « culture pour chacun » est l’objet de vifs débats. Des opinions en apparence très diverses se sont exprimées à ce sujet, les réactions à ce rapport soulignant notamment le risque de marchandisation de la culture.

Ce qui frappe le candide que je suis, pourtant, est que, si l’on parle de manière très animée de culture, jamais on ne définit ce terme. Au contraire, il semble qu’il y ait de la part des acteurs de la culture qui prennent part à ce débat une sorte de consensus tacite sur ce qui est culturel et ce qui ne l’est pas. La lecture des différents textes et l’analyse des politiques culturelles nous renseignent cependant sur cette culture dont on parle, sur qui la fait, et sur ce qu’on en fait : la culture est constituée d’oeuvres, produites par des artistes, des créateurs, et a vocation à être diffusée.

Un consensus semble se faire sur le fait que cette diffusion doit être la plus universelle possible (c’est la démocratie culturelle), le dissensus se produisant sur la manière de le faire (pour tous, pour chacun, gratuitement ou pas), sur la manière de défendre et encourager la création, ou encore d’éduquer le public à la compréhension de ces oeuvres. à LIRE LA SUITE.

   

 

 

Un troisième apport, plus classique (son auteur est un professionnel de l’écriture) mais qui synthétise fort bien les analyses « de gauche » de l’avancée théorique en forme de repli stratégique (la fameuse « défense élastique que Pierre Dac raillait, depuis Radio Londres) des actuels locataires de la rue de Valois.

 

Pour atteindre son objectif, le pouvoir agite donc le nouveau slogan de « culture pour chacun ». En jouant « le peuple » contre « l'élite ». En fait, il part de contradictions réelles : la culture à la française a produit d'un côté « des professionnels de la création artistique » (Noiriel)  de bon niveau mais pas toujours très attentifs aux « finalités civiques » de leur engagement. D'un autre côté existe une culture publique, un art « socioculturel », via notamment le milieu associatif, actif mais dévalorisé, délégitimé, assimilé à une culture uniformisée, collectiviste, « communiste » en somme ! 

Le peuple et l'élite

Les contradictions entre ces deux niveaux existent mais le pouvoir entend les utiliser, les exacerber, mobiliser les uns contre les autres. L'élite (culturelle) est montrée du doigt car elle aurait creusé les inégalités, imposé ses normes, intimidé le peuple, l'éloignant de la culture. à LIRE LA SUITE.  

 

*Gérard Streiff est journaliste, essayiste et romancier français. Il a été directeur de collection. http://www.gerardstreiff.fr/

Article paru dans les pages Combat d'idées de la Revue du Projet du mois d'Avril

 

Un dernier coup de barre à droite pour maintenir l’équilibre avec le délicieux  J.J. Aillagon qui, à propos de l’exercice de prospective conduit par le département des études et de la prospective du ministère en profite pour rappeler qu’il a l’audace d’être un des rares membre de l’élite politique de ce pays à ne pas juger absolument indispensable l’existence du ministère qu’il a dirigé. Ne pas manquer d’apprécier au passage ses compétences dans le domaine de l’histoire contemporaine.

La pire des choses serait de s’enfermer dans une sorte de pieuse bigoterie qui reviendrait à considérer le ministère de la rue de Valois comme une vache sacrée, intouchable, dont l’existence consisterait une fin en soi, quel que soit l’usage qu’on en ferait. Ici, comme ailleurs, l’esprit me semble préférable à la lettre. Il faut donc savoir réfléchir et bousculer parfois de trop faciles certitudes. Le travail du département des études, de la prospective et des statistiques nous y aide.à LIRE LA SUITE.  

 

Rappel à propos de ce dernier questionnement sur « la vache sacrée intouchable » (sic) :

Voir aussi le dernier numéro (164) de la revue Le Débat... l'article de Nathalie Heinich est très bien. Les autres, je ne les ai pas encore lus.

 

 

 

Avons-nous vraiment besoin d'un ministre de la Culture ?
N'y a-t‑il pas contradiction entre l'objet culturel et le projet de le faire dépendre d'une politique publique ? Voilà un bon moment que la polémique se poursuit. Au-delà de la querelle sur les principes, la bonne méthode pour avancer est peut-être de regarder un exemple de près. C'est la démarche qu'adoptent Jacques Rigaud et Olivier Duhamel à propos de ce que fut en son temps l'action de Jacques Duhamel. Ils en dégagent la philosophie où la modestie se conjugue avec l'efficacité. En contrepoint, Nathalie Heinich fait ressortir combien, entre l'excès d'encadrement et le laisser-faire, il existe un espace fécond.

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 16:34

 

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Ici même, il y a déjà un certain temps, j'ai tenté d'articuler quelques propositions sur ce que je nommais la chose artistique à savoir la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel.

Je tentais de décrire la chose artistique en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense et mystique clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, d’interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion, une incertitude quant au sens communément admis des catégories logiques, sociales, esthétiques, politiques à l'aide desquelles nous décrivons ordinairement et commentons quotidiennement, la « réalité ».

 

 

Démocratie : l'indétermination de la sphère politique

 

La délimitation des sphères non politiques (ici nommées « art », « amour », « pensée », etc.) n'est ni donnée, ni immuable; l'invention de ces sphères, leur formation, leur mise en figures et en rythmes -par exemple, l'invention moderne de l' « art »- relève elle-même de ce régime d'invention des fins et de leur transformation, réinvention,etc.

La délimitation entre la sphère politique et l'ensemble des autres n'est pas non plus donnée, ni immuable; exemple : où doit commencer et où finir une « politique culturelle »? Et c'est le propre de la démocratie d'avoir à réfléchir sur les limites en elle de la sphère « politique ».


Jean-Luc Nancy Démocratie finie et infinie, in Démocratie, dans quel état?, collectif, La Fabrique, avril 2009.

 

 

Que le mot « démocratie » soit à peu près vide de sens, que les limites de la politique soient indécises et mouvantes entraine que puisque la politique se mêle désormais de tout, ce dont elle se mêle, l'art, par exemple, ne soit désormais ni donné, ni délimité, ni immuable. La mise en œuvre administrative de la « politique culturelle » devient donc un exercice des plus risqués. Illustration.

 

Réformes administratives et ruptures esthétiques : qui décide du sens?

 

L'activité (d'Arcadi) est désormais répartie sur trois pôles :
– Le pôle ressources dirigé (…) se substitue au relais information et conseil. Il se voit renforcé par l'arrivée de deux personnes (...) et par une augmentation de son budget d'activité. Il proposera un service d'information, développera l'accompagnement des porteurs de projets, soutiendra des dispositifs de mutualisation et de travail collectif, contribuera à l'observation culturelle en Île-de-France et initiera des coopérations interrégionales.
– Le pôle arts de la scène, composé des services chanson, danse, opéra, théâtre...
– Le pôle arts de l'image (…) regroupe le service multimédia et la coordination du dispositif national Passeurs d'images.
Ces deux pôles artistiques assurent les missions historiques d'Arcadi, à savoir les aides en production, diffusion et actions artistiques ainsi que l'organisation de Hors Saison et du festival Némo.

Actualité sur le site d' Arcadi, le 14/04/2009

 

 

 

Plusieurs spectacles de danse, du moins étiquetés comme tels, sont à découvrir dans les jours et semaines qui viennent. Mais on y danse peu. Voire pas du tout.

Les danseurs savent tout faire sur scène, sauf lever la jambe : ils chantent, jouent comme au théâtre, lisent un texte, donnent une conférence... Leur performance, proche parfois des arts plastiques, peut être difficile à cerner.

(...)

La danse contemporaine a explosé tous les repères. Elle est aussi devenue le laboratoire des autres arts (théâtre, vidéo, cirque...). Au risque de ressembler à un fourre-tout, voire d'être menacée de disparition. "Il n'y a actuellement pas de courant dominant et tout a droit de cité, analyse Christophe Martin, directeur du festival Faits d'Hiver, à Paris.

Le chorégraphe devient un auteur-artiste qui n'aura bientôt plus besoin de danseurs pour s'exprimer."

(...)

L'incompréhension et la frustration créent des situations explosives. Les directeurs de théâtre s'arrachent les cheveux sur leurs brochures de spectacles. Comment étiqueter des pièces qui n'entrent dans aucun tiroir ?

(...)

Depuis un mois, l'Association régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France (Arcadi), qui soutient des spectacles, a fait disparaître le département "danse". Il est englobé dans un pôle "Arts de la scène" aux côtés du théâtre, de la chanson et du lyrique, sous la direction de Caroline Lozé. "Il nous a paru vital de retranscrire ce qui se passe sur les plateaux, précise Caroline Lozé. C'est la qualité qui importe d'abord, pas que ce soit de la danse ou du théâtre."

 

 

Rosita Boisseau

Article paru dans l'édition du Monde 26.04.09.

 

 

 

La réalité de la pratique : misère de la culture politique.

 

J'ai aussi essayé de rendre compte ici des multiples états généraux, assises, journées d'études, séminaires consacrés à la politique culturelle; autant d'initiatives prises en charges par un certain nombre de collectivités territoriales dans (et malgré) le morose contexte des Entretiens de Valois.

 

Certes cette volonté louable de relancer le débat public, d'écouter les citoyens ne va pas nécessairement au delà de rituels démocratiques épisodiques et contrôlés ni dans le sens d'une véritable remise en jeu de la démocratie culturelle que nous sommes une minorité à promouvoir (pour une position classique et majoritaire chez les professionnels de la profession, voir dans Libération du vendredi 22 mai 2009, le Rebond de Michel Orier : Ministère de la Culture : André Malraux, reviens! »).

 

Une illustration pratique et concrète de la culture politique ordinaire (ni de droite, ni de gauche) nous est livrée par ce reportage de L'Oizeau Rare.

La scène se passe à Dijon, (dont le maire fut l'un des principaux soutiens de l'égérie de la démocratie participative... à suivre pour savoir si elle va demander pardon).

 

Mardi 19 mai 2009 Dijon, le théâtre et la démocratie

Il souffle sur Dijon un air de théâtre libre, engagé, affectueux, démocratique.

Dans le cadre de son festival «Théâtre en mai», le Théâtre de Dijon Bourgogne,

centre dramatique national dirigé par François Chattot, m’a invité à « modérer »

une rencontre publique sur le thème «Politiques culturelles, théâtre et

démocratie». Vaste sujet ! Une introduction vigoureuse et décapante de

Jean-Michel Lucas (alias Doc Kasimir Bisou) suggérait que le «droit à la

culture» (concept moteur de 50 années de politiques publiques dans notre pays)

gagnerait à céder la place aux «droits culturels» des individus, tels qu’ils

sont énoncés dans les textes de l’UNESCO sur la «diversité culturelle» (signés

par la France, mais qui s’en souvient ?). Suggestion radicale de renversement du

sens, et donc des actions et des politiques de la culture. Débat animé autour de

ces questions entre artistes et politiques et confirmation, en vérité, que la

confusion continue de régner sur nombre de termes (l’art, la culture, la

politique, la démocratie…), provoquant ici et là des postures convenues, parfois

fossilisées… Artiste et politique: je t’aime, moi non plus ! Et soudain, un

moment théâtral, certes mal joué mais tellement significatif ! Le maire de la

ville en personne, avant de prendre la parole, quitte la tribune pour

s’approcher des spectateurs dans la salle, désigne la table des intervenants en

dénonçant les «sachants» ainsi rassemblés qui s’opposeraient au peuple réduit au

silence dans les gradins… Malaise ! Surtout qu’aussitôt, il retourne au centre

de la dite tribune pour tenir, à son tour, un discours d’autosatisfaction et de

certitudes inébranlables sur la justesse de sa politique. Fermez le ban !

«Sachant» lui-même ! Malaise…

 

Le post de l'Oizeau Rare

 

  Pompougnac 12

 

 

 

La chose artistique, toujours

  

 

Sous le titre « Idéal artiste », c'est le dernier post de Gaël Bouron qui fait avancer le sujet à partir d'une fine observation du jargon (et du marché) de l'immobilier. Comme d'habitude, c'est un haut concentré d'intelligence et d'érudition.

 

Depuis quelques temps, j'ai remarqué l'apparition de plus en plus fréquente dans les annonces immobilières d'un intrigant "Idéal artiste". Par exemple :
«
Belleville. Loft en duplex 100m² dans allée privée. Rez-de-chaussée de 57m² espace ouvert avec cuisine us. Au 1er étage, 43m² avec salle d'eau et wc séparés. Lumineux et calme. Idéal artiste. 500 000 euros. » Bon, il s'agit a priori plutôt d'artistes riches et puis aussi calmes (artistes retraités ?).





Lire la suite

 

 

 

 

 

 

Pompougnac 12     

 

 

 

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 16:32

Poubelle

°

C’était mieux avant.

Quoi ?

Tout !

Tout ?

Oui, tout. Même les choses les plus banales,  les plus triviales. Prenez les poubelles par exemple. Pas les parallèlepipèdes en plastique aux couleurs criardes d’aujourd’hui.

Non. Des poubelles cylindriques en métal avec un couvercle muni d’une poignée qu’on pouvait séparer du corps de l’objet.

Un couvercle de poubelle d’une main, un manche à balai de l’autre et vous étiez Richard Cœur de Lion ou Ivanhoé.

Ou Don Quichotte (mais ça c’est une autre histoire).

 

D’accord, admettons, c’était mieux avant. Mais pourquoi les couvercles de poubelle justement aujourd’hui?
Parce que le bouclier est à la mode en ce début d’été pourri, vous n’avez pas remarqué?
Après le bouclier fiscal (pour les riches) et le bouclier sanitaire (pour les pauvres), voici le bouclier artistique
(pour tout le monde).

 

 

 

Rien à voir (encore que…) ; une note très documentée sur la captation du spectacle vivant sur le blog CultureCom  

°

Arcadi_77

 

La chose artistique (suite) : une hypothèse sur les origines des arts de la rue.

 

Macarena 21
Vidéo envoyée par ep2c

 

Arcadi_77

 

La chose artistique (encore) : il est où mon deuxième sexe ?

 

Où il est? (ou bien où est-ce que tu as mis?,ou encore qu'est-ce que tu as fait de...?) de mon deuxième sexe, c'est un bout de dialogue du film de Diane Kurys sur Françoise Sagan diffusé hier soir sur France 2.

 

Au moment où cette réplique a été prononcée, j'étais dans la cuisine et je ne pouvais pas voir la scène, celle d'une femme cherchant dans une bibiothèque le célèbre ouvrage de Simone de Beauvoir (on ma raconté après).

Donc, forcément, la phrase a sonné étrangement à mon oreille.

Où t'as mis ton deuxième sexe?, voila bien une question de garçon me suis-je dit à moi-même, comme une interrogation en forme d'évidence.

Mais bon. Je vais vous épargner mon numéro sur la condition masculine post-moderne ou le masculin singulier, le déclin du mâle, l'ambivalence de l'expression mauvais garçon, la grâce de la féminité retrouvée (j'ai le coeur vulnérable et l'âme tourmentée) et tutti frutti.

Mais plutôt vous offrir le portrait de deux grandes artistes avec, pour commencer, ce bout d'essai de la Dietrich, une pure merveille.

°

La seconde star figure le 1er octobre au calendrier des saints et des saintes vénérés par les catholiques.

Elle joue ici le rôle de Jeanne d'Arc dans une pièce qu'elle a elle même composée.

Je ne sais dire pourquoi cette image m'a toujours boulversé. Peut être la réponse me viendra-t-elle lorsque je saurais où j'ai mis mon deuxième sexe ?

 

Therese_dans_le_role_de_Jeanne_d_Arc.jpg

 

  

  = = = = =

Arcadi_77

 

Lire en diagonale, penser de travers, écrire à bâtons rompus.

(Germaine Destrigeaux, Des horizons dérisoires, Calmann Levy,1936)

 

 

Scf948_2 

Tous ceux qui voudront traiter séparemment de la lutte des classes et de la guerre des sexes ne comprendront jamais rien, ni à l'une, ni à l'autre.

(Kurt Schlumberger, Contribution à une sociologie de la radicalité, trad. française Félix Alcan, 1912).

Croire dure comme faire.

(Bienheureuse Solange de la Sainte Trinité, Lettre à son directeur spirituel  Editions du Cerf, 1958)

 

 

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 21:19

   la cité des sens 11

 

Après l'audition au Sénat (voir ci-dessous), il devenait difficile de ne pas publier le rapport Berthod.

 

C'est donc chose faite --> LE RAPPORT en format .pdf  

Par contre... le rapport Jérôme Bouet semble toujours sous embargo. On en reparle...

 

 

 

Rappel des épisodes précédents

Sur Localtis Info, le 5 avril 2011

 

La commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat a procédé, le 28 mars, à une double audition sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC). Ont été entendus à cette occasion Michel Berthod, inspecteur général des affaires culturelles, et Frédéric Hocquard, directeur du comité national de liaison des EPCC, qui était accompagné de plusieurs acteurs culturels de terrain. A cette occasion, le premier a remis aux membres de la commission un rapport sur le bilan des EPCC. Ce dernier conclut - ce qui n'est pas véritablement une surprise - à l'utilité de ce statut juridique. Dès lors que l'Etat et la collectivité ou plusieurs collectivités entre elles souhaitent collaborer, l'EPCC offre en effet de nombreux avantages par rapport à la procédure, beaucoup plus rigide, de la délégation de service public. Il est aussi une reconnaissance du rôle important des collectivités dans le secteur culturel, puisque l'Etat ne peut pas leur imposer un EPCC. Le rapport de l'Inspection générale des affaires culturelles conclut d'ailleurs, non sans une certaine grandiloquence, qu'"il se pourrait que, dans quelques années, l'invention de l'EPCC apparaisse comme une révolution silencieuse qui aura heureusement contribué à transformer le paysage culturel français dans le sens d'une plus grande décentralisation et d'un partage équilibré des responsabilités en matière de politiques publiques de la culture".

 

 Lire l'article de Jean-Noël Escudié  

 

 

COMPTES RENDUS DE LA COMMISSION DE LA CULTURE, DE L'EDUCATION ET DE LA COMMUNICATION

Bilan de la loi sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC) - Audition de M. Michel Berthod, inspecteur général des affaires culturelles du ministère de la culture

Ivan Renar : Nous allons aborder le thème des établissements publics de coopération culturelle (EPCC), pour lequel le Sénat a joué un grand rôle. La loi votée en 2002 et modifiée en 2006 le fut à chaque fois à l'unanimité au Sénat comme à l'Assemblée nationale, ce qui est assez rare pour être souligné. J'ai souhaité, en ma qualité de rapporteur de ce texte, que vous puissiez procéder à un bilan de l'application de la loi, à l'occasion de la publication du rapport de l'inspection générale.

Bilan de la loi sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC) - Audition de M. Frédéric Hocquard, directeur du comité national de liaison des EPCC

La commission entend des représentants du comité national de liaison des EPCC (CNLEPCC) : M. Frédéric Hocquard, directeur d'Arcadi (action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France), M. Didier Salzgeber, co-auteur-pilote du vade-mecum, coopérateur culturel du CNLEPCC, M. Philippe Ifri, directeur de « Chemins du patrimoine en Finistère », Mme Cécile Caillou Robert, directrice de « Livre au Centre », M. Wilfrid Charles, directeur du Théâtre de Bourg-en-Bresse, et M. Bernard Cuvelier, directeur de l'EPCC de la Nièvre.

M. Frédéric Hocquard, directeur d'Arcadi (action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France). - Le comité de liaison des EPCC, créé en 2004, regroupe 40 des 57 EPCC existants. C'est un groupement professionnel des directeurs ou administrateurs d'EPCC. Il constitue un lieu de capitalisation, d'échange de bonnes pratiques et d'expérience dans tous les champs culturels : culture, patrimoine, spectacle vivant, enseignements artistiques, etc. C'est un groupement professionnel, non une association ou un syndicat, dont le secrétariat est assuré chaque année par l'un d'entre nous, comme ARCADI actuellement ou Arteca précédemment. Nous souhaitons formuler quatre remarques :

- 9 ans après la loi sur les EPCC, on constate un signal positif dans l'actualité que constituent à la fois le rapport du ministère de la culture et cette audition ;

- le sujet du fonctionnement des EPCC est important au regard des enjeux des missions de service public ;

- il est important de s'attacher aux missions autour desquelles les EPCC sont constitués, et pour la moitié desquelles l'État n'est pas présent ;

- on observe une vraie pertinence des EPCC. Cet outil mérite des améliorations sur certaines questions telles que la fiscalité.

(...)

M. Ivan Renar, président. - Il est important que la loi soit confrontée à pratique.

M. Didier Salzgeber, co-auteur-pilote du vade-mecum et coopérateur culturel du CNLEPCC. - Nous attendons depuis longtemps ce vade-mecum. De nombreux contacts ont eu lieu entre le ministère de la culture et le comité de liaison pour réaliser ce document. Il permet de tirer les enseignements de l'expérience acquise, notamment de consolider des réponses à des questions juridiques, et de croiser les points de vue à la fois de l'État, des élus et des directeurs d'établissement. Il permettra de répondre aux nombreuses questions des collectivités territoriales souhaitant s'informer sur le statut de l'EPCC.

 Lire le compte-rendu de la commission sur le site du Sénat.

 

 La conclusion de la séance ne manque pas d’une certaine hauteur de vues.

M. Ivan Renar, président. - Tout le travail réalisé nous encourage à aller plus loin.

M. Jack Ralite. - J'écoute, confronté moi-même à un cas concret de proposition de transformation d'une association en EPCC. Je regrette toutefois de ne pas avoir entendu une seule fois le terme de création, la discussion semblant enfermée dans la dimension structurelle. En outre, la question de l'interventionnisme est centrale et mériterait un débat.

M. Jacques Legendre, président. - En conclusion, je dirai que nous ouvrons à nouveau le débat. Le père spirituel des EPCC est Ivan Renar, je lui proposerai donc de creuser la question et de poursuivre les contacts pour engager un débat devant notre commission afin de voir comment rendre les EPCC aussi efficaces que possible.

 

 

 

 

 

Rappel :

Le Comité national de liaison des EPCC vient de publier EPCC : CREATION ET FONCTIONNEMENT   VADEMECUM POUR MIEUX COMPRENDRE LES ETABLISSSEMENTS PUBLICS DE COOPERATION CULTURELLE (voir sur ce blog). 

  

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 16:31

Masc_fm

° °

L’objet de cette série de notes est de s’interroger sur la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines. Et de conduire cette enquête en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel. De dégager la chose artistique de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense lumière (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.)

Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote (Stendhal).

Voir note précédente.

Pour faire suite, ma modeste contribution aux gender  studies.

 

Tout commence en 1981.

Ce gouvernement compte non pas un mais quarante-quatre ministres de la Culture. Chacun de leurs actes a valeur d’acte de civilisation. Culturelle, l’abolition de la peine de mort ! Culturelle, la réduction du temps de travail ! Culturel, le respect du tiers-monde ! Culturelle, la reconnaissance du droit des travailleurs ! Culturelle, l’affirmation des droits de la femme !

Jack Lang, discours à l’Assemblée nationale (17 novembre 1981), publié dans Cultutre publique Opus 1, page 40 et cité par Mathilde Priolet « Les pratiques culturelles et l’éclipse du politique », La Scène, n° 43, décembre 2006.

L’envolée lyrique était justifiée. Nous passions de l’ombre à la lumière, rien de moins. 15 ans après le caractère éminemment culturel de l’affirmation des droits de la femme bute sur le droit des femmes à exercer des responsabilités dans le domaine de l’art et de la culture, comme le montre le rapport remis par Reine Prat à la DMDTS à l’automne dernier. Rapport dont le nouveau président du Syndeac rappelle l’essentiel, avec une grande pertinence, dans son éditorial de Des mots & Débats n° 22 - décembre 2006 (publié sur le site du Syndeac).

 

 

Masculin - Féminin

 

Les études ont souvent pour destin les étagères du service des archives. Il serait bien que le sort de celle dont nous allons ici parler y échappe. Ou alors après avoir marqué les esprits et suscité interrogations et remises en cause. Si ces quelques lignes peuvent y aider, cet éditorial n'aura pas été inutile. Il est donc un rapport* rédigé par Reine Prat qui analyse la place des femmes dans nos professions. Dire d'abord qu'il est suffisamment bien écrit pour que l'on s'y plonge, suffisamment court pour être lu de bout en bout, suffisamment clair pour être compris, suffisamment chiffré pour être édifiant, suffisamment réaliste pour que ses propositions et pistes de réflexion soient suivies. De son contenu, nous retiendrons cette simple information: 27% des officiers de l'armée française sont des femmes. Pour une femme, il est donc plus facile de diriger un corps d'armée que de diriger un théâtre institutionnel (8%) ou un orchestre (6% des concerts programmés dans nos institutions). L'armée est moins misogyne et ségrégative que le monde artistique. De quoi perturber plus d'un rétif à l'uniforme. Évidemment, ça rend modeste. Claire Lasne**, citée dans ce rapport, le dit à sa façon. "Nous vivons dans un petit monde, construit sur des lois artificielles, et qui ne correspond en rien à la population à qui nous sommes censés nous adresser". Le propos peut paraître entier et par trop exagéré. Ce n'est pas le constat implacable mis en évidence par ce rapport qui va lui donner tort. La femme est peut-être l'avenir de l'homme. Manifestement, pour le spectacle vivant, il y faudra un peu de temps et beaucoup de volonté.

Francis Peduzzi

*Il est intitulé Mission EgalitéS, Pour une plus grande et une meilleure visibilité des diverses composantes de la population française dans le secteur du spectacle vivant, Pour l'égal accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité, aux lieux de décision, à la maîtrise de la représentation. Le titre est long mais a l'avantage de bien expliciter son sujet. Ce rapport est le téléchargeable en marge.

** directrice du centre dramatique régional de Poitou-Charentes, lettre du 14 décembre 2005, extrait

 

 

 

 

Alors ? Exagéré le propos de Claire Lasne ? « … un petit monde, construit sur des lois artificielles » n’est-ce pas une autre manière de parler des us et coutumes, de l’habitus du monde artistique, un signe en direction de la chose artistique?

Mais il y a plus concret encore.

Dans sa livraison de septembre 2006, La Scène a justement publié un dossier « La Culture au masculin » à partir de ce même rapport de Reine Prat

A l’appui de l’analyse d’Anne Quentin, en encadré, un témoignage « malheureusement anonyme car il est impossible de dénoncer encore aujourd’hui les auteurs de telles pratiques qui bien entendu ne se laissent jamais aller à de tels propos publiquement ».

Lors d’une fête de fin de saison en Ile-de-France, réunissant directeurs de lieux, compagnies et acteurs culturels, tous un verre à la main, l’occasion de se rencontrer, de prendre des contacts, de discuter. Je me retrouve nez à nez avec le directeur d’un CDN dans lequel j’ai travaillé deux mois auparavant. On se salue. Je lui fait part de mon intention de l’appeler à  la rentrée, pour prendre rendez-vous afin de lui parler de mon projet en cours (une piève à moi que je veux monter). Il recule, gêné, me dit qu’il a beaucoup de dossiers à gérer. J’insiste un peu en lui disant que tout cela je le sais, mais que venant de travailler dans le lieu qu’il dirige (un lieu public) il me semble logique et légitime de lui demander ne serait-ce qu’un rendez-vous. La réponse arrive : "Je sais que tu as un beau cul mais je ne connais pas ton travail ». Ce qui s’est passé dans ma tête, dans mon corps, dans mon cœur à ce moment-là est difficile à décrire. Un coup de poignard. La honte aussi. Honte d’avoir été déshabillée sans l’avoir choisi, de voir mon cul, ni, posé sur la table, comme dit Genet – oui, les mots ont ce pouvoir-là, de faire exister les choses. Il y a la colère aussi et le chagrin. Je me souviens que mes mâchoires se sont serrées. J’ai répondu sèchement, une pauvre réponse raisonnable : "Eh bien justement, tu peux lire.Il y a une pièce et un dossier ? Au moins tu connaîtras mon travail ».

Choquée, je suis aussitôt allée voir les copains. Je leur raconte la scène, à chaud, de plus en plus outrée. Au-delà de ma blessure de femme, je répète : « C’est un directeur de lieu public qui parle comme cela à une artiste défendant son travail ». Les copains compatissent, sans plus. Beaucoup me disent : « ben oui, c’est bien connu dans le métier, on sait qu’il est comme ça, un peu libidineux ». Et la fête continue.

 

 

 

L’occasion rêvée de conclure comme Alexandre Vialatte « Et c’est ainsi qu’Allah est grand » !

 

Arcadi_77_15

 

La chose artistique (encore).

 

Lors d’un certain nombre de débats ou rencontres auxquels j’ai participé ces derniers temps, j’ai entendu à plusieurs reprises des voix s’élever pour qu’on cesse d’entretenir la confusion entre l’artistique et le culturel.

Je crois comprendre à peu près l’inquiétude qu’elles manifestent devant les problématisations approximatives qui marquent aujourd’hui le débat sur les politiques culturelles et le soutien à la création.

N’empêche, je reste très perplexe. Je ne suis pas sûr que cette tension entre art et culture puisse ou doive être dépassée. Ou pour le dire autrement, je crois que je n’aimerais pas vivre dans une démocratie ou quelqu’un (qu’il soit universitaire, critique d’art, philosophe, ministre ou fonctionnaire) pourrait s’arroger le droit d’imposer une distinction entre artistique et culturel.

Cette tension et l’incertitude qui en découle ont partie liée avec la question de la démocratie (ni mécénat monarchiste, colbertiste ou jacobin, ni réalisme socialiste).

 

Mais c’est d’abord pour des raisons sémantiques et historiques que le désir de protéger la pureté de l’artistique contre la contagion du culturel relève plus de la nostalgie que du projet.

 

Rey Alain Rey, lexicologue distingué conclut ainsi l’entrée Artiste de son Dictionnaire culture en langue française :

Ainsi, à partir des notions d’ « artisan supérieur » ou de « créateur esthétique » (milieu du XVIIIè siècle à 1810-1820), jusqu’à la puissance quasi-emblématique du mot à l’époque romantique, de celle-ci aux modulations de la modernité créatrice (en France, Baudelaire,  ensuite Huysmans ou Villiers de l’Isle-Adam), puis aux révolutions esthétiques et conceptuelles du XXè siècle, le signe artiste –avec ses équivalents en d’autres langues- a résisté  mais a perdu une part de ses prestiges. Toutefois, les pouvoirs d’un mot sont fondés sur les habitudes et les fantasmes qui se nourrissent d’ambiguïtés. Aujourd’hui que des créateurs proclament que l’art est partout, que le moindre déchet urbain est un objet de l’art, quand les philosophes voient (après Valéry) l’art dans le savoir, lorsque savoir et argent envahissent l’art, où est l’« artiste » ?

Les réponses sont nombreuses, contradictoires, toutes contestables. Les suggestions les plus justes sont peut-être celles qui viennent des artistes eux-mêmes, tel ce projet de l’architecte Robert Filliou pour les toilettes du musée d’Etat de Müchengladbach (1969), qui réjouira sans doute les lacaniens par les trois portes déplaçant la barre du signifiant » : men, women, artists.

 

Arcadi_77_30

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 16:29

 SGN 4

Je voudrais essayer de  parler d’autre chose, de la chose artistique

 Mais qu’entendez-vous par chose artistique ?

 

Et bien justement, je n’en sais rien encore ou si peu. Je voudrais avancer patiemment vers l’identification  de cette chose là. Une chose. Pas un poème ni une œuvre, ni un plaidoyer en faveur de l’art et des artistes. Mais ce qui reste quand on a poussé assez loin l’analyse et la critique de cette célébration consensuelle de l’artistique.
Duchamp Dirais-je que cette chose serait, au bout du chemin à parcourir, comme un objet trivial. Un banal urinoir qui resterait là, opaque dans sa facticité d’ustensile, après qu’on aurait dissoute la révolution fondatrice de Marcel Duchamp. Non. Fausse piste, trop facile.

Dirais-je encore que le travail à accomplir pour circonscrire la chose artistique est une entreprise de désacralisation du discours mystique à la Malraux, une profanation délibérée de l’art conçu comme la poursuite des frissons sacrés de l’extase relieuse par d’autres moyens ? Non, fausse piste là encore, trop générale. Trop de hauteur de vue, c’est à dire trop superficiellement profond comme le bavardage des faux prophètes du contemporain et de la post-modernité.

Plus simplement, je me contenterais volontiers d’être profondément superficiel.

Une seule chose me semble un peu acquise, l’enquête sur la chose artistique se situera dans le champ de la sociologie de la culture. La référence ne doit pas effrayer : il s’agit d’une discipline intellectuelle très salutaire mais bien plus simple que ne le laissent à penser ses modernes théoriciens. Cette sociologie de l’habitus peut, en effet, se résumer en une seule phrase :

« Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote ».

 

Arcadi_77_11

 

« Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote ».

Voilà résumée toute la sociologie de la culture. Il ne s’agit pas d’une citation de Pierre Bourdieu mais d’une phrase de Stendhal, dans le Rouge et le Noir (Livre I, chapitre 26).

Habitus : une certaine manière de se comporter et d’apparaître aux autres, acquise par répétition et qui devient comme une seconde nature. Une posture, une façon de se poser qui signifie une singularité et  la participation à un collectif, une classe, une communauté.

La chose artistique résulte de ce que les artistes  (et leurs « partenaires » : politiques, fonctionnaires, conseillers, médiateurs..) ont en partage. Un fond commun insu, oublié tant cela va de soi, banal. C’est l’implicite de la complicité, une connivence qui les place quelque part dans le champ social, dans les relations de solidarité et les rapports de force (la lutte des classes) qui font société.

[Tentation de la polémique et de la formule facile à l’emporte pièce : les travailleurs à la chaîne prennent une pause, les artistes prennent la pose. Renoncer à la tentation].

Un autre romancier nous fait saisir cela, plus proche de nous que Stendhal, sans être toutefois notre contemporain puisqu’il est décédé prématurément.

Manchette_1  Dans Iris Kulturkampf, un projet inabouti situé entre La position du tireur couché et La princesse du sang (qui reprend les thèmes et personnages d’Iris) Jean-Patrick  Manchette campe le personnage d’un certain Maurer, comédien assez médiocre qui est recruté à cause de sa ressemblance avec un certain Victor Bester.

Dans ce coup tordu, il se trouve associé à une chanteuse italienne à la carrière incertaine Alba Joy Black. 

Tandis qu’ils attendent le moment de passer à l’action, c'est-à-dire d’incarner Victor Bester et sa supposée petite amie du moment, une relation trouble se noue entre eux.

Manchette note ceci :

Plus tard, alors qu’il avait perdu à jamais la possibilité d’éclaircir la chose, d’en avoir le cœur net, l’homme devait se demander quelquefois si Alba Joy Black l’avait réellement tutoyé dans cet instant-ci ; si elle l’avait tutoyé d’une manière intime. En effet elle était italienne; et il existe en langue italienne une forme de tutoiement qui n’est pas intime : c’est un simple tutoiement entre les compagnons d’une même profession, analogue au tutoiement banal qu’utilisent entre eux, souvent, en langue française, les gens de spectacle : les gens de la chanson, les gens du cinéma, les musiciens.

Le tutoiement des gens du spectacle participe de ce que j’entends par chose artistique.

 

[Note de méthode : rester superficiel. Il y a beaucoup d’esprits pénétrants. Des ouvrages aux analyses pénétrantes, ma bibliothèque en est pleine. S’efforcer d’être profondément superficiel c’est interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion.

S’abstenir de faire preuve de pénétration pour laisser les choses en l’état : «un roman, c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin ». Stendhal, encore]

*

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 L’objet de cette série de notes est de s’interroger sur la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines. Et de conduire cette enquête en s’intéressant aux choses simples et banales comme l’habitus des acteurs du monde culturel. De dégager la chose artistique de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tout ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, etc.)

Soit une approche radicale de la question :

Le « créateur », ce nouveau héros de la gauche, est devenu un véhicule idéologique du capitalisme, et de ses maîtres mots : innovation, liberté, pouvoir et valeur

Aujourd’hui, le PS et le PCF sont englués dans la « défense de la création contemporaine », qui met fin à toute véritable réflexion sur la question culturelle, et nous infantilise en nous positionnant comme simples « réceptacles béats » des lumières de créateurs tout-puissants.

Ces formules sans appel sont dues à Franck Lepage

En savoir plus sur Franck Lepage su Wikipedia

 

Invité, lors de l’université d’été de la LCR, pour présenter son spectacle, « Incultures », Franck Lepage, militant de l’éducation populaire, analyse ici le rendez-vous manqué de la gauche et de la politique culturelle.

Paru dans Rouge n° 2174 du 28 septembre 2006, sous le titre Culture et capitalisme. LEPAGE Franck Propos recueillis par Ivan Guimbert.

 

 

Et aujourd’hui, à gauche, quels sont les rapports avec la culture ?

F. Lepage. À gauche, la culture a colonisé le champ du politique au point de s’y substituer. Depuis 1981 et Jack Lang, la figure qui rassemble à gauche n’est plus celle de « l’ouvrier » qui s’organise collectivement et dispose d’un métier ou d’un savoir-faire (années 1970), mais celle de « l’artiste » (années 1980), qui crée individuellement et dispose d’un savoir être. être de gauche ne veut plus dire mobiliser les travailleurs vers un rapport de force fondé sur une explication des causes collectives des inégalités, mais défendre la liberté d’un individu porté aux nues : l’artiste créateur, nouveau héros substitué à la figure de l’ouvrier. Ce basculement idéologique correspond aux exigences du « nouveau management » qui vise à casser les solidarités syndicales et le sens du métier pour mettre en place une forme de travail individualisée fondée sur la notion de projet et où la « compétence » remplace la « qualification ». C’est une bataille des mots que nous sommes en train de perdre. Marcuse nous avait prévenus : nous ne pourrons bientôt plus critiquer « efficacement » le capitalisme, parce que nous n’aurons plus de mots pour le désigner négativement - les défavorisés ont remplacé les exploités, le lien social a remplacé l’ordre, la culture a remplacé le politique.

En réduisant la culture aux Beaux-Arts, la Ve République a piégé durablement la gauche dans la défense des créateurs. Exit la culture ouvrière ou paysanne, toutes les formes possibles et imaginables de culture populaire, en commençant par le combat politique et le combat syndical, qui se trouvent reléguées hors du champ « culturel ». Véritable élimination du politique, comme le dira Malraux : « Nous allons enfin savoir ce qui peut être autre que le politique dans l’ordre de l’esprit humain. »

Dans cette optique, quelle est la place des artistes ?

F. Lepage - Le « créateur », ce nouveau héros de la gauche, est devenu un véhicule idéologique du capitalisme, et de ses maîtres mots : innovation, liberté, pouvoir et valeur. Innovation, par exemple, quand l’art « contemporain » glorifie une nécessité de renouvellement constant et immédiat qui correspond à l’impératif de renouvellement permanent du stock de la marchandise culturelle. Ce qui est passé est dépassé, ringard et dévalué. Le ministère de la Culture finance de la « nouveauté », à l’exclusion de toute autre considération.

Liberté, quand l’art fait croire à la démocratie, à travers une fausse liberté d’expression, sans enjeux, sans objets, sans risque, et qui ne remet en cause aucun pouvoir ni aucune institution. Petites provocations gratuites et décadentes, non-événements absolus, quand les acteurs de Jan Fabre urinent « pour de vrai » dans la cour d’honneur du palais des Papes au Festival d’Avignon. Ce summum de « courage artistique » fait trembler le patronat sur ses bases ! Il s’agit, sans doute, d’une manifestation de la démocratie, d’une culture officielle, qui consiste à valoriser en permanence la liberté d’expression sans objet, et à éliminer le politique. Pouvoir, au travers de la souveraineté absolue du créateur, qui a tous les droits et dont il faut exaucer tous les caprices au nom de sa liberté d’initiative, réplique de la souveraineté du patron sur son entreprise. Aucune critique ne peut leur être adressée, ils sont « propriétaires » de leur production.

Valeur enfin, quand l’art réalise le rêve du capitalisme : fabriquer de la valeur sans fabriquer de la richesse et en éliminant totalement le travail humain. Les petits morceaux de nappes en papiers déchirés par un artiste contemporain lors de ses différents petits-déjeuners, exposés à la foire d’art contemporain de New York, puis vendus plusieurs millions d’euros avant de rejoindre la spéculation sur le « marché de l’art », sont une manifestation éclatante de la possibilité de fabriquer de la valeur sans s’embarrasser du travail, de dématérialiser la production.

Quelle solution proposer ?

 

F. Lepage - La gauche devrait remettre en cause cette organisation de la culture et prendre ses distances avec des pièges idéologiques tels que l’acriticisme du créateur individu, ou l’illusion que le soutien financier de l’État à quelques barons du théâtre, serait un combat contre l’uniformisation américaine. Le problème n’est pas artistique, il est culturel. Il consiste à faire à nouveau rentrer la politique dans la culture. Aujourd’hui, le PS et le PCF sont englués dans la « défense de la création contemporaine », qui met fin à toute véritable réflexion sur la question culturelle, et nous infantilise en nous positionnant comme simples « réceptacles béats » des lumières de créateurs tout-puissants. Reprenons la question culturelle là où Malraux l’a laissée. Construisons une culture qui soit l’expression des individus et des groupes sur leurs conditions de vie, ainsi qu’un axe de transformation sociale !

 

LIRE L'ARTICLE.

 

 

Je ne parviens pas à partager complètement cette analyse (j’y reviendrais peut-être en montrant que cette manière d’écrire l’histoire des politiques culturelles me paraît un peu schématique) mais je retiens cette hypothèse que la chose artistique est acritique voire apolitique.

 

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans La chose artistique
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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 08:00

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Ce blog ne sera pas actualisé pendant quelques jours. Consultez les fils d'actualité en bas de page.

 

 

En attendant, filez chez votre libraire ou dans votre bibliothèque chercher le dernier numéro (164) de la revue Le Débat... l'article de Nathalie Heinich est très bien. Les autres, je ne les ai pas encore lus.

 

 

 

Avons-nous vraiment besoin d'un ministre de la Culture ?
N'y a-t‑il pas contradiction entre l'objet culturel et le projet de le faire dépendre d'une politique publique ? Voilà un bon moment que la polémique se poursuit. Au-delà de la querelle sur les principes, la bonne méthode pour avancer est peut-être de regarder un exemple de près. C'est la démarche qu'adoptent Jacques Rigaud et Olivier Duhamel à propos de ce que fut en son temps l'action de Jacques Duhamel. Ils en dégagent la philosophie où la modestie se conjugue avec l'efficacité. En contrepoint, Nathalie Heinich fait ressortir combien, entre l'excès d'encadrement et le laisser-faire, il existe un espace fécond.

 

Ou bien, retrouvez sur la toile (artclair.com), si vous ne les avez déjà lues,  les réflexions de Bernard Stiegler

 

L'oeil : Philosophe, directeur de l’IRI, l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou, vous analysez les conséquences du consumérisme dans le champ culturel. Quelles sont-elles ?


Bernard Stiegler:
Dans l’art et la culture, comme dans tous les domaines, le consommateur a remplacé l’amateur. L’audimat et le marketing ont fait leur entrée dans les musées. Les publics sont devenus des audiences au sens des grands médias de masse. Il est affligeant de constater qu’un visiteur du Louvre consacre en moyenne 42 secondes à chaque œuvre : c’est du zapping. Le rapport aux œuvres devient de plus en plus quantitatif, et les grands musées se focalisent sur leur fréquentation. Ce consumérisme est à l’opposé de cette relation éminemment qualitative et intime qu’un amateur d’art entretient avec les œuvres. à LIRE LA SUITE

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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