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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 16:34

 

SGN 4-copie-1

°

Ici même, il y a déjà un certain temps, j'ai tenté d'articuler quelques propositions sur ce que je nommais la chose artistique à savoir la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel.

Je tentais de décrire la chose artistique en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense et mystique clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, d’interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion, une incertitude quant au sens communément admis des catégories logiques, sociales, esthétiques, politiques à l'aide desquelles nous décrivons ordinairement et commentons quotidiennement, la « réalité ».

 

 

Démocratie : l'indétermination de la sphère politique

 

La délimitation des sphères non politiques (ici nommées « art », « amour », « pensée », etc.) n'est ni donnée, ni immuable; l'invention de ces sphères, leur formation, leur mise en figures et en rythmes -par exemple, l'invention moderne de l' « art »- relève elle-même de ce régime d'invention des fins et de leur transformation, réinvention,etc.

La délimitation entre la sphère politique et l'ensemble des autres n'est pas non plus donnée, ni immuable; exemple : où doit commencer et où finir une « politique culturelle »? Et c'est le propre de la démocratie d'avoir à réfléchir sur les limites en elle de la sphère « politique ».


Jean-Luc Nancy Démocratie finie et infinie, in Démocratie, dans quel état?, collectif, La Fabrique, avril 2009.

 

 

Que le mot « démocratie » soit à peu près vide de sens, que les limites de la politique soient indécises et mouvantes entraine que puisque la politique se mêle désormais de tout, ce dont elle se mêle, l'art, par exemple, ne soit désormais ni donné, ni délimité, ni immuable. La mise en œuvre administrative de la « politique culturelle » devient donc un exercice des plus risqués. Illustration.

 

Réformes administratives et ruptures esthétiques : qui décide du sens?

 

L'activité (d'Arcadi) est désormais répartie sur trois pôles :
– Le pôle ressources dirigé (…) se substitue au relais information et conseil. Il se voit renforcé par l'arrivée de deux personnes (...) et par une augmentation de son budget d'activité. Il proposera un service d'information, développera l'accompagnement des porteurs de projets, soutiendra des dispositifs de mutualisation et de travail collectif, contribuera à l'observation culturelle en Île-de-France et initiera des coopérations interrégionales.
– Le pôle arts de la scène, composé des services chanson, danse, opéra, théâtre...
– Le pôle arts de l'image (…) regroupe le service multimédia et la coordination du dispositif national Passeurs d'images.
Ces deux pôles artistiques assurent les missions historiques d'Arcadi, à savoir les aides en production, diffusion et actions artistiques ainsi que l'organisation de Hors Saison et du festival Némo.

Actualité sur le site d' Arcadi, le 14/04/2009

 

 

 

Plusieurs spectacles de danse, du moins étiquetés comme tels, sont à découvrir dans les jours et semaines qui viennent. Mais on y danse peu. Voire pas du tout.

Les danseurs savent tout faire sur scène, sauf lever la jambe : ils chantent, jouent comme au théâtre, lisent un texte, donnent une conférence... Leur performance, proche parfois des arts plastiques, peut être difficile à cerner.

(...)

La danse contemporaine a explosé tous les repères. Elle est aussi devenue le laboratoire des autres arts (théâtre, vidéo, cirque...). Au risque de ressembler à un fourre-tout, voire d'être menacée de disparition. "Il n'y a actuellement pas de courant dominant et tout a droit de cité, analyse Christophe Martin, directeur du festival Faits d'Hiver, à Paris.

Le chorégraphe devient un auteur-artiste qui n'aura bientôt plus besoin de danseurs pour s'exprimer."

(...)

L'incompréhension et la frustration créent des situations explosives. Les directeurs de théâtre s'arrachent les cheveux sur leurs brochures de spectacles. Comment étiqueter des pièces qui n'entrent dans aucun tiroir ?

(...)

Depuis un mois, l'Association régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France (Arcadi), qui soutient des spectacles, a fait disparaître le département "danse". Il est englobé dans un pôle "Arts de la scène" aux côtés du théâtre, de la chanson et du lyrique, sous la direction de Caroline Lozé. "Il nous a paru vital de retranscrire ce qui se passe sur les plateaux, précise Caroline Lozé. C'est la qualité qui importe d'abord, pas que ce soit de la danse ou du théâtre."

 

 

Rosita Boisseau

Article paru dans l'édition du Monde 26.04.09.

 

 

 

La réalité de la pratique : misère de la culture politique.

 

J'ai aussi essayé de rendre compte ici des multiples états généraux, assises, journées d'études, séminaires consacrés à la politique culturelle; autant d'initiatives prises en charges par un certain nombre de collectivités territoriales dans (et malgré) le morose contexte des Entretiens de Valois.

 

Certes cette volonté louable de relancer le débat public, d'écouter les citoyens ne va pas nécessairement au delà de rituels démocratiques épisodiques et contrôlés ni dans le sens d'une véritable remise en jeu de la démocratie culturelle que nous sommes une minorité à promouvoir (pour une position classique et majoritaire chez les professionnels de la profession, voir dans Libération du vendredi 22 mai 2009, le Rebond de Michel Orier : Ministère de la Culture : André Malraux, reviens! »).

 

Une illustration pratique et concrète de la culture politique ordinaire (ni de droite, ni de gauche) nous est livrée par ce reportage de L'Oizeau Rare.

La scène se passe à Dijon, (dont le maire fut l'un des principaux soutiens de l'égérie de la démocratie participative... à suivre pour savoir si elle va demander pardon).

 

Mardi 19 mai 2009 Dijon, le théâtre et la démocratie

Il souffle sur Dijon un air de théâtre libre, engagé, affectueux, démocratique.

Dans le cadre de son festival «Théâtre en mai», le Théâtre de Dijon Bourgogne,

centre dramatique national dirigé par François Chattot, m’a invité à « modérer »

une rencontre publique sur le thème «Politiques culturelles, théâtre et

démocratie». Vaste sujet ! Une introduction vigoureuse et décapante de

Jean-Michel Lucas (alias Doc Kasimir Bisou) suggérait que le «droit à la

culture» (concept moteur de 50 années de politiques publiques dans notre pays)

gagnerait à céder la place aux «droits culturels» des individus, tels qu’ils

sont énoncés dans les textes de l’UNESCO sur la «diversité culturelle» (signés

par la France, mais qui s’en souvient ?). Suggestion radicale de renversement du

sens, et donc des actions et des politiques de la culture. Débat animé autour de

ces questions entre artistes et politiques et confirmation, en vérité, que la

confusion continue de régner sur nombre de termes (l’art, la culture, la

politique, la démocratie…), provoquant ici et là des postures convenues, parfois

fossilisées… Artiste et politique: je t’aime, moi non plus ! Et soudain, un

moment théâtral, certes mal joué mais tellement significatif ! Le maire de la

ville en personne, avant de prendre la parole, quitte la tribune pour

s’approcher des spectateurs dans la salle, désigne la table des intervenants en

dénonçant les «sachants» ainsi rassemblés qui s’opposeraient au peuple réduit au

silence dans les gradins… Malaise ! Surtout qu’aussitôt, il retourne au centre

de la dite tribune pour tenir, à son tour, un discours d’autosatisfaction et de

certitudes inébranlables sur la justesse de sa politique. Fermez le ban !

«Sachant» lui-même ! Malaise…

 

Le post de l'Oizeau Rare

 

  Pompougnac 12

 

 

 

La chose artistique, toujours

  

 

Sous le titre « Idéal artiste », c'est le dernier post de Gaël Bouron qui fait avancer le sujet à partir d'une fine observation du jargon (et du marché) de l'immobilier. Comme d'habitude, c'est un haut concentré d'intelligence et d'érudition.

 

Depuis quelques temps, j'ai remarqué l'apparition de plus en plus fréquente dans les annonces immobilières d'un intrigant "Idéal artiste". Par exemple :
«
Belleville. Loft en duplex 100m² dans allée privée. Rez-de-chaussée de 57m² espace ouvert avec cuisine us. Au 1er étage, 43m² avec salle d'eau et wc séparés. Lumineux et calme. Idéal artiste. 500 000 euros. » Bon, il s'agit a priori plutôt d'artistes riches et puis aussi calmes (artistes retraités ?).





Lire la suite

 

 

 

 

 

 

Pompougnac 12     

 

 

 

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 16:32

Poubelle

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C’était mieux avant.

Quoi ?

Tout !

Tout ?

Oui, tout. Même les choses les plus banales,  les plus triviales. Prenez les poubelles par exemple. Pas les parallèlepipèdes en plastique aux couleurs criardes d’aujourd’hui.

Non. Des poubelles cylindriques en métal avec un couvercle muni d’une poignée qu’on pouvait séparer du corps de l’objet.

Un couvercle de poubelle d’une main, un manche à balai de l’autre et vous étiez Richard Cœur de Lion ou Ivanhoé.

Ou Don Quichotte (mais ça c’est une autre histoire).

 

D’accord, admettons, c’était mieux avant. Mais pourquoi les couvercles de poubelle justement aujourd’hui?
Parce que le bouclier est à la mode en ce début d’été pourri, vous n’avez pas remarqué?
Après le bouclier fiscal (pour les riches) et le bouclier sanitaire (pour les pauvres), voici le bouclier artistique
(pour tout le monde).

 

 

 

Rien à voir (encore que…) ; une note très documentée sur la captation du spectacle vivant sur le blog CultureCom  

°

Arcadi_77

 

La chose artistique (suite) : une hypothèse sur les origines des arts de la rue.

 

Macarena 21
Vidéo envoyée par ep2c

 

Arcadi_77

 

La chose artistique (encore) : il est où mon deuxième sexe ?

 

Où il est? (ou bien où est-ce que tu as mis?,ou encore qu'est-ce que tu as fait de...?) de mon deuxième sexe, c'est un bout de dialogue du film de Diane Kurys sur Françoise Sagan diffusé hier soir sur France 2.

 

Au moment où cette réplique a été prononcée, j'étais dans la cuisine et je ne pouvais pas voir la scène, celle d'une femme cherchant dans une bibiothèque le célèbre ouvrage de Simone de Beauvoir (on ma raconté après).

Donc, forcément, la phrase a sonné étrangement à mon oreille.

Où t'as mis ton deuxième sexe?, voila bien une question de garçon me suis-je dit à moi-même, comme une interrogation en forme d'évidence.

Mais bon. Je vais vous épargner mon numéro sur la condition masculine post-moderne ou le masculin singulier, le déclin du mâle, l'ambivalence de l'expression mauvais garçon, la grâce de la féminité retrouvée (j'ai le coeur vulnérable et l'âme tourmentée) et tutti frutti.

Mais plutôt vous offrir le portrait de deux grandes artistes avec, pour commencer, ce bout d'essai de la Dietrich, une pure merveille.

°

La seconde star figure le 1er octobre au calendrier des saints et des saintes vénérés par les catholiques.

Elle joue ici le rôle de Jeanne d'Arc dans une pièce qu'elle a elle même composée.

Je ne sais dire pourquoi cette image m'a toujours boulversé. Peut être la réponse me viendra-t-elle lorsque je saurais où j'ai mis mon deuxième sexe ?

 

Therese_dans_le_role_de_Jeanne_d_Arc.jpg

 

  

  = = = = =

Arcadi_77

 

Lire en diagonale, penser de travers, écrire à bâtons rompus.

(Germaine Destrigeaux, Des horizons dérisoires, Calmann Levy,1936)

 

 

Scf948_2 

Tous ceux qui voudront traiter séparemment de la lutte des classes et de la guerre des sexes ne comprendront jamais rien, ni à l'une, ni à l'autre.

(Kurt Schlumberger, Contribution à une sociologie de la radicalité, trad. française Félix Alcan, 1912).

Croire dure comme faire.

(Bienheureuse Solange de la Sainte Trinité, Lettre à son directeur spirituel  Editions du Cerf, 1958)

 

 

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 21:19

   la cité des sens 11

 

Après l'audition au Sénat (voir ci-dessous), il devenait difficile de ne pas publier le rapport Berthod.

 

C'est donc chose faite --> LE RAPPORT en format .pdf  

Par contre... le rapport Jérôme Bouet semble toujours sous embargo. On en reparle...

 

 

 

Rappel des épisodes précédents

Sur Localtis Info, le 5 avril 2011

 

La commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat a procédé, le 28 mars, à une double audition sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC). Ont été entendus à cette occasion Michel Berthod, inspecteur général des affaires culturelles, et Frédéric Hocquard, directeur du comité national de liaison des EPCC, qui était accompagné de plusieurs acteurs culturels de terrain. A cette occasion, le premier a remis aux membres de la commission un rapport sur le bilan des EPCC. Ce dernier conclut - ce qui n'est pas véritablement une surprise - à l'utilité de ce statut juridique. Dès lors que l'Etat et la collectivité ou plusieurs collectivités entre elles souhaitent collaborer, l'EPCC offre en effet de nombreux avantages par rapport à la procédure, beaucoup plus rigide, de la délégation de service public. Il est aussi une reconnaissance du rôle important des collectivités dans le secteur culturel, puisque l'Etat ne peut pas leur imposer un EPCC. Le rapport de l'Inspection générale des affaires culturelles conclut d'ailleurs, non sans une certaine grandiloquence, qu'"il se pourrait que, dans quelques années, l'invention de l'EPCC apparaisse comme une révolution silencieuse qui aura heureusement contribué à transformer le paysage culturel français dans le sens d'une plus grande décentralisation et d'un partage équilibré des responsabilités en matière de politiques publiques de la culture".

 

 Lire l'article de Jean-Noël Escudié  

 

 

COMPTES RENDUS DE LA COMMISSION DE LA CULTURE, DE L'EDUCATION ET DE LA COMMUNICATION

Bilan de la loi sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC) - Audition de M. Michel Berthod, inspecteur général des affaires culturelles du ministère de la culture

Ivan Renar : Nous allons aborder le thème des établissements publics de coopération culturelle (EPCC), pour lequel le Sénat a joué un grand rôle. La loi votée en 2002 et modifiée en 2006 le fut à chaque fois à l'unanimité au Sénat comme à l'Assemblée nationale, ce qui est assez rare pour être souligné. J'ai souhaité, en ma qualité de rapporteur de ce texte, que vous puissiez procéder à un bilan de l'application de la loi, à l'occasion de la publication du rapport de l'inspection générale.

Bilan de la loi sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC) - Audition de M. Frédéric Hocquard, directeur du comité national de liaison des EPCC

La commission entend des représentants du comité national de liaison des EPCC (CNLEPCC) : M. Frédéric Hocquard, directeur d'Arcadi (action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France), M. Didier Salzgeber, co-auteur-pilote du vade-mecum, coopérateur culturel du CNLEPCC, M. Philippe Ifri, directeur de « Chemins du patrimoine en Finistère », Mme Cécile Caillou Robert, directrice de « Livre au Centre », M. Wilfrid Charles, directeur du Théâtre de Bourg-en-Bresse, et M. Bernard Cuvelier, directeur de l'EPCC de la Nièvre.

M. Frédéric Hocquard, directeur d'Arcadi (action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France). - Le comité de liaison des EPCC, créé en 2004, regroupe 40 des 57 EPCC existants. C'est un groupement professionnel des directeurs ou administrateurs d'EPCC. Il constitue un lieu de capitalisation, d'échange de bonnes pratiques et d'expérience dans tous les champs culturels : culture, patrimoine, spectacle vivant, enseignements artistiques, etc. C'est un groupement professionnel, non une association ou un syndicat, dont le secrétariat est assuré chaque année par l'un d'entre nous, comme ARCADI actuellement ou Arteca précédemment. Nous souhaitons formuler quatre remarques :

- 9 ans après la loi sur les EPCC, on constate un signal positif dans l'actualité que constituent à la fois le rapport du ministère de la culture et cette audition ;

- le sujet du fonctionnement des EPCC est important au regard des enjeux des missions de service public ;

- il est important de s'attacher aux missions autour desquelles les EPCC sont constitués, et pour la moitié desquelles l'État n'est pas présent ;

- on observe une vraie pertinence des EPCC. Cet outil mérite des améliorations sur certaines questions telles que la fiscalité.

(...)

M. Ivan Renar, président. - Il est important que la loi soit confrontée à pratique.

M. Didier Salzgeber, co-auteur-pilote du vade-mecum et coopérateur culturel du CNLEPCC. - Nous attendons depuis longtemps ce vade-mecum. De nombreux contacts ont eu lieu entre le ministère de la culture et le comité de liaison pour réaliser ce document. Il permet de tirer les enseignements de l'expérience acquise, notamment de consolider des réponses à des questions juridiques, et de croiser les points de vue à la fois de l'État, des élus et des directeurs d'établissement. Il permettra de répondre aux nombreuses questions des collectivités territoriales souhaitant s'informer sur le statut de l'EPCC.

 Lire le compte-rendu de la commission sur le site du Sénat.

 

 La conclusion de la séance ne manque pas d’une certaine hauteur de vues.

M. Ivan Renar, président. - Tout le travail réalisé nous encourage à aller plus loin.

M. Jack Ralite. - J'écoute, confronté moi-même à un cas concret de proposition de transformation d'une association en EPCC. Je regrette toutefois de ne pas avoir entendu une seule fois le terme de création, la discussion semblant enfermée dans la dimension structurelle. En outre, la question de l'interventionnisme est centrale et mériterait un débat.

M. Jacques Legendre, président. - En conclusion, je dirai que nous ouvrons à nouveau le débat. Le père spirituel des EPCC est Ivan Renar, je lui proposerai donc de creuser la question et de poursuivre les contacts pour engager un débat devant notre commission afin de voir comment rendre les EPCC aussi efficaces que possible.

 

 

 

 

 

Rappel :

Le Comité national de liaison des EPCC vient de publier EPCC : CREATION ET FONCTIONNEMENT   VADEMECUM POUR MIEUX COMPRENDRE LES ETABLISSSEMENTS PUBLICS DE COOPERATION CULTURELLE (voir sur ce blog). 

  

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 16:31

Masc_fm

° °

L’objet de cette série de notes est de s’interroger sur la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines. Et de conduire cette enquête en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel. De dégager la chose artistique de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense lumière (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.)

Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote (Stendhal).

Voir note précédente.

Pour faire suite, ma modeste contribution aux gender  studies.

 

Tout commence en 1981.

Ce gouvernement compte non pas un mais quarante-quatre ministres de la Culture. Chacun de leurs actes a valeur d’acte de civilisation. Culturelle, l’abolition de la peine de mort ! Culturelle, la réduction du temps de travail ! Culturel, le respect du tiers-monde ! Culturelle, la reconnaissance du droit des travailleurs ! Culturelle, l’affirmation des droits de la femme !

Jack Lang, discours à l’Assemblée nationale (17 novembre 1981), publié dans Cultutre publique Opus 1, page 40 et cité par Mathilde Priolet « Les pratiques culturelles et l’éclipse du politique », La Scène, n° 43, décembre 2006.

L’envolée lyrique était justifiée. Nous passions de l’ombre à la lumière, rien de moins. 15 ans après le caractère éminemment culturel de l’affirmation des droits de la femme bute sur le droit des femmes à exercer des responsabilités dans le domaine de l’art et de la culture, comme le montre le rapport remis par Reine Prat à la DMDTS à l’automne dernier. Rapport dont le nouveau président du Syndeac rappelle l’essentiel, avec une grande pertinence, dans son éditorial de Des mots & Débats n° 22 - décembre 2006 (publié sur le site du Syndeac).

 

 

Masculin - Féminin

 

Les études ont souvent pour destin les étagères du service des archives. Il serait bien que le sort de celle dont nous allons ici parler y échappe. Ou alors après avoir marqué les esprits et suscité interrogations et remises en cause. Si ces quelques lignes peuvent y aider, cet éditorial n'aura pas été inutile. Il est donc un rapport* rédigé par Reine Prat qui analyse la place des femmes dans nos professions. Dire d'abord qu'il est suffisamment bien écrit pour que l'on s'y plonge, suffisamment court pour être lu de bout en bout, suffisamment clair pour être compris, suffisamment chiffré pour être édifiant, suffisamment réaliste pour que ses propositions et pistes de réflexion soient suivies. De son contenu, nous retiendrons cette simple information: 27% des officiers de l'armée française sont des femmes. Pour une femme, il est donc plus facile de diriger un corps d'armée que de diriger un théâtre institutionnel (8%) ou un orchestre (6% des concerts programmés dans nos institutions). L'armée est moins misogyne et ségrégative que le monde artistique. De quoi perturber plus d'un rétif à l'uniforme. Évidemment, ça rend modeste. Claire Lasne**, citée dans ce rapport, le dit à sa façon. "Nous vivons dans un petit monde, construit sur des lois artificielles, et qui ne correspond en rien à la population à qui nous sommes censés nous adresser". Le propos peut paraître entier et par trop exagéré. Ce n'est pas le constat implacable mis en évidence par ce rapport qui va lui donner tort. La femme est peut-être l'avenir de l'homme. Manifestement, pour le spectacle vivant, il y faudra un peu de temps et beaucoup de volonté.

Francis Peduzzi

*Il est intitulé Mission EgalitéS, Pour une plus grande et une meilleure visibilité des diverses composantes de la population française dans le secteur du spectacle vivant, Pour l'égal accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité, aux lieux de décision, à la maîtrise de la représentation. Le titre est long mais a l'avantage de bien expliciter son sujet. Ce rapport est le téléchargeable en marge.

** directrice du centre dramatique régional de Poitou-Charentes, lettre du 14 décembre 2005, extrait

 

 

 

 

Alors ? Exagéré le propos de Claire Lasne ? « … un petit monde, construit sur des lois artificielles » n’est-ce pas une autre manière de parler des us et coutumes, de l’habitus du monde artistique, un signe en direction de la chose artistique?

Mais il y a plus concret encore.

Dans sa livraison de septembre 2006, La Scène a justement publié un dossier « La Culture au masculin » à partir de ce même rapport de Reine Prat

A l’appui de l’analyse d’Anne Quentin, en encadré, un témoignage « malheureusement anonyme car il est impossible de dénoncer encore aujourd’hui les auteurs de telles pratiques qui bien entendu ne se laissent jamais aller à de tels propos publiquement ».

Lors d’une fête de fin de saison en Ile-de-France, réunissant directeurs de lieux, compagnies et acteurs culturels, tous un verre à la main, l’occasion de se rencontrer, de prendre des contacts, de discuter. Je me retrouve nez à nez avec le directeur d’un CDN dans lequel j’ai travaillé deux mois auparavant. On se salue. Je lui fait part de mon intention de l’appeler à  la rentrée, pour prendre rendez-vous afin de lui parler de mon projet en cours (une piève à moi que je veux monter). Il recule, gêné, me dit qu’il a beaucoup de dossiers à gérer. J’insiste un peu en lui disant que tout cela je le sais, mais que venant de travailler dans le lieu qu’il dirige (un lieu public) il me semble logique et légitime de lui demander ne serait-ce qu’un rendez-vous. La réponse arrive : "Je sais que tu as un beau cul mais je ne connais pas ton travail ». Ce qui s’est passé dans ma tête, dans mon corps, dans mon cœur à ce moment-là est difficile à décrire. Un coup de poignard. La honte aussi. Honte d’avoir été déshabillée sans l’avoir choisi, de voir mon cul, ni, posé sur la table, comme dit Genet – oui, les mots ont ce pouvoir-là, de faire exister les choses. Il y a la colère aussi et le chagrin. Je me souviens que mes mâchoires se sont serrées. J’ai répondu sèchement, une pauvre réponse raisonnable : "Eh bien justement, tu peux lire.Il y a une pièce et un dossier ? Au moins tu connaîtras mon travail ».

Choquée, je suis aussitôt allée voir les copains. Je leur raconte la scène, à chaud, de plus en plus outrée. Au-delà de ma blessure de femme, je répète : « C’est un directeur de lieu public qui parle comme cela à une artiste défendant son travail ». Les copains compatissent, sans plus. Beaucoup me disent : « ben oui, c’est bien connu dans le métier, on sait qu’il est comme ça, un peu libidineux ». Et la fête continue.

 

 

 

L’occasion rêvée de conclure comme Alexandre Vialatte « Et c’est ainsi qu’Allah est grand » !

 

Arcadi_77_15

 

La chose artistique (encore).

 

Lors d’un certain nombre de débats ou rencontres auxquels j’ai participé ces derniers temps, j’ai entendu à plusieurs reprises des voix s’élever pour qu’on cesse d’entretenir la confusion entre l’artistique et le culturel.

Je crois comprendre à peu près l’inquiétude qu’elles manifestent devant les problématisations approximatives qui marquent aujourd’hui le débat sur les politiques culturelles et le soutien à la création.

N’empêche, je reste très perplexe. Je ne suis pas sûr que cette tension entre art et culture puisse ou doive être dépassée. Ou pour le dire autrement, je crois que je n’aimerais pas vivre dans une démocratie ou quelqu’un (qu’il soit universitaire, critique d’art, philosophe, ministre ou fonctionnaire) pourrait s’arroger le droit d’imposer une distinction entre artistique et culturel.

Cette tension et l’incertitude qui en découle ont partie liée avec la question de la démocratie (ni mécénat monarchiste, colbertiste ou jacobin, ni réalisme socialiste).

 

Mais c’est d’abord pour des raisons sémantiques et historiques que le désir de protéger la pureté de l’artistique contre la contagion du culturel relève plus de la nostalgie que du projet.

 

Rey Alain Rey, lexicologue distingué conclut ainsi l’entrée Artiste de son Dictionnaire culture en langue française :

Ainsi, à partir des notions d’ « artisan supérieur » ou de « créateur esthétique » (milieu du XVIIIè siècle à 1810-1820), jusqu’à la puissance quasi-emblématique du mot à l’époque romantique, de celle-ci aux modulations de la modernité créatrice (en France, Baudelaire,  ensuite Huysmans ou Villiers de l’Isle-Adam), puis aux révolutions esthétiques et conceptuelles du XXè siècle, le signe artiste –avec ses équivalents en d’autres langues- a résisté  mais a perdu une part de ses prestiges. Toutefois, les pouvoirs d’un mot sont fondés sur les habitudes et les fantasmes qui se nourrissent d’ambiguïtés. Aujourd’hui que des créateurs proclament que l’art est partout, que le moindre déchet urbain est un objet de l’art, quand les philosophes voient (après Valéry) l’art dans le savoir, lorsque savoir et argent envahissent l’art, où est l’« artiste » ?

Les réponses sont nombreuses, contradictoires, toutes contestables. Les suggestions les plus justes sont peut-être celles qui viennent des artistes eux-mêmes, tel ce projet de l’architecte Robert Filliou pour les toilettes du musée d’Etat de Müchengladbach (1969), qui réjouira sans doute les lacaniens par les trois portes déplaçant la barre du signifiant » : men, women, artists.

 

Arcadi_77_30

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 16:29

 SGN 4

Je voudrais essayer de  parler d’autre chose, de la chose artistique

 Mais qu’entendez-vous par chose artistique ?

 

Et bien justement, je n’en sais rien encore ou si peu. Je voudrais avancer patiemment vers l’identification  de cette chose là. Une chose. Pas un poème ni une œuvre, ni un plaidoyer en faveur de l’art et des artistes. Mais ce qui reste quand on a poussé assez loin l’analyse et la critique de cette célébration consensuelle de l’artistique.
Duchamp Dirais-je que cette chose serait, au bout du chemin à parcourir, comme un objet trivial. Un banal urinoir qui resterait là, opaque dans sa facticité d’ustensile, après qu’on aurait dissoute la révolution fondatrice de Marcel Duchamp. Non. Fausse piste, trop facile.

Dirais-je encore que le travail à accomplir pour circonscrire la chose artistique est une entreprise de désacralisation du discours mystique à la Malraux, une profanation délibérée de l’art conçu comme la poursuite des frissons sacrés de l’extase relieuse par d’autres moyens ? Non, fausse piste là encore, trop générale. Trop de hauteur de vue, c’est à dire trop superficiellement profond comme le bavardage des faux prophètes du contemporain et de la post-modernité.

Plus simplement, je me contenterais volontiers d’être profondément superficiel.

Une seule chose me semble un peu acquise, l’enquête sur la chose artistique se situera dans le champ de la sociologie de la culture. La référence ne doit pas effrayer : il s’agit d’une discipline intellectuelle très salutaire mais bien plus simple que ne le laissent à penser ses modernes théoriciens. Cette sociologie de l’habitus peut, en effet, se résumer en une seule phrase :

« Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote ».

 

Arcadi_77_11

 

« Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote ».

Voilà résumée toute la sociologie de la culture. Il ne s’agit pas d’une citation de Pierre Bourdieu mais d’une phrase de Stendhal, dans le Rouge et le Noir (Livre I, chapitre 26).

Habitus : une certaine manière de se comporter et d’apparaître aux autres, acquise par répétition et qui devient comme une seconde nature. Une posture, une façon de se poser qui signifie une singularité et  la participation à un collectif, une classe, une communauté.

La chose artistique résulte de ce que les artistes  (et leurs « partenaires » : politiques, fonctionnaires, conseillers, médiateurs..) ont en partage. Un fond commun insu, oublié tant cela va de soi, banal. C’est l’implicite de la complicité, une connivence qui les place quelque part dans le champ social, dans les relations de solidarité et les rapports de force (la lutte des classes) qui font société.

[Tentation de la polémique et de la formule facile à l’emporte pièce : les travailleurs à la chaîne prennent une pause, les artistes prennent la pose. Renoncer à la tentation].

Un autre romancier nous fait saisir cela, plus proche de nous que Stendhal, sans être toutefois notre contemporain puisqu’il est décédé prématurément.

Manchette_1  Dans Iris Kulturkampf, un projet inabouti situé entre La position du tireur couché et La princesse du sang (qui reprend les thèmes et personnages d’Iris) Jean-Patrick  Manchette campe le personnage d’un certain Maurer, comédien assez médiocre qui est recruté à cause de sa ressemblance avec un certain Victor Bester.

Dans ce coup tordu, il se trouve associé à une chanteuse italienne à la carrière incertaine Alba Joy Black. 

Tandis qu’ils attendent le moment de passer à l’action, c'est-à-dire d’incarner Victor Bester et sa supposée petite amie du moment, une relation trouble se noue entre eux.

Manchette note ceci :

Plus tard, alors qu’il avait perdu à jamais la possibilité d’éclaircir la chose, d’en avoir le cœur net, l’homme devait se demander quelquefois si Alba Joy Black l’avait réellement tutoyé dans cet instant-ci ; si elle l’avait tutoyé d’une manière intime. En effet elle était italienne; et il existe en langue italienne une forme de tutoiement qui n’est pas intime : c’est un simple tutoiement entre les compagnons d’une même profession, analogue au tutoiement banal qu’utilisent entre eux, souvent, en langue française, les gens de spectacle : les gens de la chanson, les gens du cinéma, les musiciens.

Le tutoiement des gens du spectacle participe de ce que j’entends par chose artistique.

 

[Note de méthode : rester superficiel. Il y a beaucoup d’esprits pénétrants. Des ouvrages aux analyses pénétrantes, ma bibliothèque en est pleine. S’efforcer d’être profondément superficiel c’est interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion.

S’abstenir de faire preuve de pénétration pour laisser les choses en l’état : «un roman, c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin ». Stendhal, encore]

*

Arcadi_77_11

 

 L’objet de cette série de notes est de s’interroger sur la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines. Et de conduire cette enquête en s’intéressant aux choses simples et banales comme l’habitus des acteurs du monde culturel. De dégager la chose artistique de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tout ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, etc.)

Soit une approche radicale de la question :

Le « créateur », ce nouveau héros de la gauche, est devenu un véhicule idéologique du capitalisme, et de ses maîtres mots : innovation, liberté, pouvoir et valeur

Aujourd’hui, le PS et le PCF sont englués dans la « défense de la création contemporaine », qui met fin à toute véritable réflexion sur la question culturelle, et nous infantilise en nous positionnant comme simples « réceptacles béats » des lumières de créateurs tout-puissants.

Ces formules sans appel sont dues à Franck Lepage

En savoir plus sur Franck Lepage su Wikipedia

 

Invité, lors de l’université d’été de la LCR, pour présenter son spectacle, « Incultures », Franck Lepage, militant de l’éducation populaire, analyse ici le rendez-vous manqué de la gauche et de la politique culturelle.

Paru dans Rouge n° 2174 du 28 septembre 2006, sous le titre Culture et capitalisme. LEPAGE Franck Propos recueillis par Ivan Guimbert.

 

 

Et aujourd’hui, à gauche, quels sont les rapports avec la culture ?

F. Lepage. À gauche, la culture a colonisé le champ du politique au point de s’y substituer. Depuis 1981 et Jack Lang, la figure qui rassemble à gauche n’est plus celle de « l’ouvrier » qui s’organise collectivement et dispose d’un métier ou d’un savoir-faire (années 1970), mais celle de « l’artiste » (années 1980), qui crée individuellement et dispose d’un savoir être. être de gauche ne veut plus dire mobiliser les travailleurs vers un rapport de force fondé sur une explication des causes collectives des inégalités, mais défendre la liberté d’un individu porté aux nues : l’artiste créateur, nouveau héros substitué à la figure de l’ouvrier. Ce basculement idéologique correspond aux exigences du « nouveau management » qui vise à casser les solidarités syndicales et le sens du métier pour mettre en place une forme de travail individualisée fondée sur la notion de projet et où la « compétence » remplace la « qualification ». C’est une bataille des mots que nous sommes en train de perdre. Marcuse nous avait prévenus : nous ne pourrons bientôt plus critiquer « efficacement » le capitalisme, parce que nous n’aurons plus de mots pour le désigner négativement - les défavorisés ont remplacé les exploités, le lien social a remplacé l’ordre, la culture a remplacé le politique.

En réduisant la culture aux Beaux-Arts, la Ve République a piégé durablement la gauche dans la défense des créateurs. Exit la culture ouvrière ou paysanne, toutes les formes possibles et imaginables de culture populaire, en commençant par le combat politique et le combat syndical, qui se trouvent reléguées hors du champ « culturel ». Véritable élimination du politique, comme le dira Malraux : « Nous allons enfin savoir ce qui peut être autre que le politique dans l’ordre de l’esprit humain. »

Dans cette optique, quelle est la place des artistes ?

F. Lepage - Le « créateur », ce nouveau héros de la gauche, est devenu un véhicule idéologique du capitalisme, et de ses maîtres mots : innovation, liberté, pouvoir et valeur. Innovation, par exemple, quand l’art « contemporain » glorifie une nécessité de renouvellement constant et immédiat qui correspond à l’impératif de renouvellement permanent du stock de la marchandise culturelle. Ce qui est passé est dépassé, ringard et dévalué. Le ministère de la Culture finance de la « nouveauté », à l’exclusion de toute autre considération.

Liberté, quand l’art fait croire à la démocratie, à travers une fausse liberté d’expression, sans enjeux, sans objets, sans risque, et qui ne remet en cause aucun pouvoir ni aucune institution. Petites provocations gratuites et décadentes, non-événements absolus, quand les acteurs de Jan Fabre urinent « pour de vrai » dans la cour d’honneur du palais des Papes au Festival d’Avignon. Ce summum de « courage artistique » fait trembler le patronat sur ses bases ! Il s’agit, sans doute, d’une manifestation de la démocratie, d’une culture officielle, qui consiste à valoriser en permanence la liberté d’expression sans objet, et à éliminer le politique. Pouvoir, au travers de la souveraineté absolue du créateur, qui a tous les droits et dont il faut exaucer tous les caprices au nom de sa liberté d’initiative, réplique de la souveraineté du patron sur son entreprise. Aucune critique ne peut leur être adressée, ils sont « propriétaires » de leur production.

Valeur enfin, quand l’art réalise le rêve du capitalisme : fabriquer de la valeur sans fabriquer de la richesse et en éliminant totalement le travail humain. Les petits morceaux de nappes en papiers déchirés par un artiste contemporain lors de ses différents petits-déjeuners, exposés à la foire d’art contemporain de New York, puis vendus plusieurs millions d’euros avant de rejoindre la spéculation sur le « marché de l’art », sont une manifestation éclatante de la possibilité de fabriquer de la valeur sans s’embarrasser du travail, de dématérialiser la production.

Quelle solution proposer ?

 

F. Lepage - La gauche devrait remettre en cause cette organisation de la culture et prendre ses distances avec des pièges idéologiques tels que l’acriticisme du créateur individu, ou l’illusion que le soutien financier de l’État à quelques barons du théâtre, serait un combat contre l’uniformisation américaine. Le problème n’est pas artistique, il est culturel. Il consiste à faire à nouveau rentrer la politique dans la culture. Aujourd’hui, le PS et le PCF sont englués dans la « défense de la création contemporaine », qui met fin à toute véritable réflexion sur la question culturelle, et nous infantilise en nous positionnant comme simples « réceptacles béats » des lumières de créateurs tout-puissants. Reprenons la question culturelle là où Malraux l’a laissée. Construisons une culture qui soit l’expression des individus et des groupes sur leurs conditions de vie, ainsi qu’un axe de transformation sociale !

 

LIRE L'ARTICLE.

 

 

Je ne parviens pas à partager complètement cette analyse (j’y reviendrais peut-être en montrant que cette manière d’écrire l’histoire des politiques culturelles me paraît un peu schématique) mais je retiens cette hypothèse que la chose artistique est acritique voire apolitique.

 

 

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 08:00

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Ce blog ne sera pas actualisé pendant quelques jours. Consultez les fils d'actualité en bas de page.

 

 

En attendant, filez chez votre libraire ou dans votre bibliothèque chercher le dernier numéro (164) de la revue Le Débat... l'article de Nathalie Heinich est très bien. Les autres, je ne les ai pas encore lus.

 

 

 

Avons-nous vraiment besoin d'un ministre de la Culture ?
N'y a-t‑il pas contradiction entre l'objet culturel et le projet de le faire dépendre d'une politique publique ? Voilà un bon moment que la polémique se poursuit. Au-delà de la querelle sur les principes, la bonne méthode pour avancer est peut-être de regarder un exemple de près. C'est la démarche qu'adoptent Jacques Rigaud et Olivier Duhamel à propos de ce que fut en son temps l'action de Jacques Duhamel. Ils en dégagent la philosophie où la modestie se conjugue avec l'efficacité. En contrepoint, Nathalie Heinich fait ressortir combien, entre l'excès d'encadrement et le laisser-faire, il existe un espace fécond.

 

Ou bien, retrouvez sur la toile (artclair.com), si vous ne les avez déjà lues,  les réflexions de Bernard Stiegler

 

L'oeil : Philosophe, directeur de l’IRI, l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou, vous analysez les conséquences du consumérisme dans le champ culturel. Quelles sont-elles ?


Bernard Stiegler:
Dans l’art et la culture, comme dans tous les domaines, le consommateur a remplacé l’amateur. L’audimat et le marketing ont fait leur entrée dans les musées. Les publics sont devenus des audiences au sens des grands médias de masse. Il est affligeant de constater qu’un visiteur du Louvre consacre en moyenne 42 secondes à chaque œuvre : c’est du zapping. Le rapport aux œuvres devient de plus en plus quantitatif, et les grands musées se focalisent sur leur fréquentation. Ce consumérisme est à l’opposé de cette relation éminemment qualitative et intime qu’un amateur d’art entretient avec les œuvres. à LIRE LA SUITE

 

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 08:32

  SGN 16

 

Sur Localtis Info, le 5 avril 2011

 

La commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat a procédé, le 28 mars, à une double audition sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC). Ont été entendus à cette occasion Michel Berthod, inspecteur général des affaires culturelles, et Frédéric Hocquard, directeur du comité national de liaison des EPCC, qui était accompagné de plusieurs acteurs culturels de terrain. A cette occasion, le premier a remis aux membres de la commission un rapport sur le bilan des EPCC. Ce dernier conclut - ce qui n'est pas véritablement une surprise - à l'utilité de ce statut juridique. Dès lors que l'Etat et la collectivité ou plusieurs collectivités entre elles souhaitent collaborer, l'EPCC offre en effet de nombreux avantages par rapport à la procédure, beaucoup plus rigide, de la délégation de service public. Il est aussi une reconnaissance du rôle important des collectivités dans le secteur culturel, puisque l'Etat ne peut pas leur imposer un EPCC. Le rapport de l'Inspection générale des affaires culturelles conclut d'ailleurs, non sans une certaine grandiloquence, qu'"il se pourrait que, dans quelques années, l'invention de l'EPCC apparaisse comme une révolution silencieuse qui aura heureusement contribué à transformer le paysage culturel français dans le sens d'une plus grande décentralisation et d'un partage équilibré des responsabilités en matière de politiques publiques de la culture".

 

 Lire l'article de Jean-Noël Escudié  

 

 

 

 

 

Rappel :

 

Légère dissymétrie entre les deux parties de l’audition : alors que le Comité national de liaison des EPCC vient de publier EPCC : CREATION ET FONCTIONNEMENT   VADEMECUM POUR MIEUX COMPRENDRE LES ETABLISSSEMENTS PUBLICS DE COOPERATION CULTURELLE (voir sur ce blog), le Ministère de la Culture, comme il le fait avec le rapport de Jérôme Bouet, ne semble pas vouloir publier celui de Michel Berthod.

 

 

  COMPTES RENDUS DE LA COMMISSION DE LA CULTURE, DE L'EDUCATION ET DE LA COMMUNICATION

Bilan de la loi sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC) - Audition de M. Michel Berthod, inspecteur général des affaires culturelles du ministère de la culture

Ivan Renar : Nous allons aborder le thème des établissements publics de coopération culturelle (EPCC), pour lequel le Sénat a joué un grand rôle. La loi votée en 2002 et modifiée en 2006 le fut à chaque fois à l'unanimité au Sénat comme à l'Assemblée nationale, ce qui est assez rare pour être souligné. J'ai souhaité, en ma qualité de rapporteur de ce texte, que vous puissiez procéder à un bilan de l'application de la loi, à l'occasion de la publication du rapport de l'inspection générale.

Bilan de la loi sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC) - Audition de M. Frédéric Hocquard, directeur du comité national de liaison des EPCC

La commission entend des représentants du comité national de liaison des EPCC (CNLEPCC) : M. Frédéric Hocquard, directeur d'Arcadi (action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France), M. Didier Salzgeber, co-auteur-pilote du vade-mecum, coopérateur culturel du CNLEPCC, M. Philippe Ifri, directeur de « Chemins du patrimoine en Finistère », Mme Cécile Caillou Robert, directrice de « Livre au Centre », M. Wilfrid Charles, directeur du Théâtre de Bourg-en-Bresse, et M. Bernard Cuvelier, directeur de l'EPCC de la Nièvre.

M. Frédéric Hocquard, directeur d'Arcadi (action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France). - Le comité de liaison des EPCC, créé en 2004, regroupe 40 des 57 EPCC existants. C'est un groupement professionnel des directeurs ou administrateurs d'EPCC. Il constitue un lieu de capitalisation, d'échange de bonnes pratiques et d'expérience dans tous les champs culturels : culture, patrimoine, spectacle vivant, enseignements artistiques, etc. C'est un groupement professionnel, non une association ou un syndicat, dont le secrétariat est assuré chaque année par l'un d'entre nous, comme ARCADI actuellement ou Arteca précédemment. Nous souhaitons formuler quatre remarques :

- 9 ans après la loi sur les EPCC, on constate un signal positif dans l'actualité que constituent à la fois le rapport du ministère de la culture et cette audition ;

- le sujet du fonctionnement des EPCC est important au regard des enjeux des missions de service public ;

- il est important de s'attacher aux missions autour desquelles les EPCC sont constitués, et pour la moitié desquelles l'État n'est pas présent ;

- on observe une vraie pertinence des EPCC. Cet outil mérite des améliorations sur certaines questions telles que la fiscalité.

(...)

M. Ivan Renar, président. - Il est important que la loi soit confrontée à pratique.

M. Didier Salzgeber, co-auteur-pilote du vade-mecum et coopérateur culturel du CNLEPCC. - Nous attendons depuis longtemps ce vade-mecum. De nombreux contacts ont eu lieu entre le ministère de la culture et le comité de liaison pour réaliser ce document. Il permet de tirer les enseignements de l'expérience acquise, notamment de consolider des réponses à des questions juridiques, et de croiser les points de vue à la fois de l'État, des élus et des directeurs d'établissement. Il permettra de répondre aux nombreuses questions des collectivités territoriales souhaitant s'informer sur le statut de l'EPCC.

 Lire le compte-rendu de la commission sur le site du Sénat.

 

 La conclusion de la séance ne manque pas d’une certaine hauteur de vues.

M. Ivan Renar, président. - Tout le travail réalisé nous encourage à aller plus loin.

M. Jack Ralite. - J'écoute, confronté moi-même à un cas concret de proposition de transformation d'une association en EPCC. Je regrette toutefois de ne pas avoir entendu une seule fois le terme de création, la discussion semblant enfermée dans la dimension structurelle. En outre, la question de l'interventionnisme est centrale et mériterait un débat.

M. Jacques Legendre, président. - En conclusion, je dirai que nous ouvrons à nouveau le débat. Le père spirituel des EPCC est Ivan Renar, je lui proposerai donc de creuser la question et de poursuivre les contacts pour engager un débat devant notre commission afin de voir comment rendre les EPCC aussi efficaces que possible.

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 18:00

cathos.jpg 

Ci dessus : flagrant délit de prière dans la rue.

 

L’esprit des lois… retour à la source

Les débats qui ont fondé la loi de 1905 en version intégrale et authentique, grâce au site québécois

 Les classiques des sciences sociales.  

   

 

 

 

DÉLIBÉRATIONS SUR LE PROJET ET LES PROPOSITIONS DE LOI
CONCERNANT LA SÉPARATION
DES ÉGLISES ET DE L’ÉTAT

 

 Présentation
par Claude Ovtcharendo

“Dans le cadre de la célébration du centenaire de la loi du 9 décembre 1905 de séparation des églises et de l'État, je me suis penché sur les débats parlementaires qui ont permis l'élaboration de cette loi de progrès. Les députés de gauche comme de droite s'entendaient à dire que cette loi avait une importance politique, sociale et historique aussi grande que la Révolution française.

Les documents (pdf) fournis par l'Assemblée nationale sont d'une qualité exécrable (photocopies de photocopies de photocopies...). Je suis donc en train de saisir les 48 séances sur Word en vue de les mettre en ligne gratuitement. C'est une véritable leçon de négociation, d'histoire (les députés de cette époque étaient d'une érudition remarquable), de politique, de droit parlementaire, d'humour. Des hommes comme Jean Jaurès, Edouard Vaillant, Aristide Briand, Paul Deschanel, Ferdinand Buisson, et de nombreux autres ont pris la parole, souvent avec un grand talent.

Émile Combes était un radical-socialiste (à gauche). Aristide Briand était socialiste. Ferdinand Buisson (président de la commission) était socialiste et libre penseur (tous deux étaient amis de Jean Jaurès, lui aussi socialiste).

Ce document, qui comporte 950 pages du Journal officiel des débats de l'Assemblée nationale, peut intéresser des étudiants et/ou des chercheurs. Ces débats ont été recueillis dans les Annales.

Claude Ovtcharenko, bénévole.
17 février 2007.

 

 

Accéder aux documents.  (rubrique Documents puis --> Assemblée nationale)

 

http://classiques.uqac.ca/collection_documents/assemblee_nationale/assemblee_nationale.html

 

 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 18:00

CL EPCC 2

 

Des EPCC (Etablissements publics de coopération culturelle), il a donc été question le 30 mars dernier au Sénat.

Légère dissymétrie entre les deux parties de l’audition : alors que le Comité national de liaison des EPCC vient de publier EPCC : CREATION ET FONCTIONNEMENT   VADEMECUM POUR MIEUX COMPRENDRE LES ETABLISSSEMENTS PUBLICS DE COOPERATION CULTURELLE (voir sur ce blog), le Ministère de la Culture, comme il le fait avec le rapport de Jérôme Bouet, ne semble pas vouloir publier celui de Michel Berthod.

 

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Bilan de la loi sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC) - Audition de M. Michel Berthod, inspecteur général des affaires culturelles du ministère de la culture

Ivan Renar : Nous allons aborder le thème des établissements publics de coopération culturelle (EPCC), pour lequel le Sénat a joué un grand rôle. La loi votée en 2002 et modifiée en 2006 le fut à chaque fois à l'unanimité au Sénat comme à l'Assemblée nationale, ce qui est assez rare pour être souligné. J'ai souhaité, en ma qualité de rapporteur de ce texte, que vous puissiez procéder à un bilan de l'application de la loi, à l'occasion de la publication du rapport de l'inspection générale.

Bilan de la loi sur les établissements publics de coopération culturelle (EPCC) - Audition de M. Frédéric Hocquard, directeur du comité national de liaison des EPCC

La commission entend des représentants du comité national de liaison des EPCC (CNLEPCC) : M. Frédéric Hocquard, directeur d'Arcadi (action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France), M. Didier Salzgeber, co-auteur-pilote du vade-mecum, coopérateur culturel du CNLEPCC, M. Philippe Ifri, directeur de « Chemins du patrimoine en Finistère », Mme Cécile Caillou Robert, directrice de « Livre au Centre », M. Wilfrid Charles, directeur du Théâtre de Bourg-en-Bresse, et M. Bernard Cuvelier, directeur de l'EPCC de la Nièvre.

M. Frédéric Hocquard, directeur d'Arcadi (action régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France). - Le comité de liaison des EPCC, créé en 2004, regroupe 40 des 57 EPCC existants. C'est un groupement professionnel des directeurs ou administrateurs d'EPCC. Il constitue un lieu de capitalisation, d'échange de bonnes pratiques et d'expérience dans tous les champs culturels : culture, patrimoine, spectacle vivant, enseignements artistiques, etc. C'est un groupement professionnel, non une association ou un syndicat, dont le secrétariat est assuré chaque année par l'un d'entre nous, comme ARCADI actuellement ou Arteca précédemment. Nous souhaitons formuler quatre remarques :

- 9 ans après la loi sur les EPCC, on constate un signal positif dans l'actualité que constituent à la fois le rapport du ministère de la culture et cette audition ;

- le sujet du fonctionnement des EPCC est important au regard des enjeux des missions de service public ;

- il est important de s'attacher aux missions autour desquelles les EPCC sont constitués, et pour la moitié desquelles l'État n'est pas présent ;

- on observe une vraie pertinence des EPCC. Cet outil mérite des améliorations sur certaines questions telles que la fiscalité.

(...)

M. Ivan Renar, président. - Il est important que la loi soit confrontée à pratique.

M. Didier Salzgeber, co-auteur-pilote du vade-mecum et coopérateur culturel du CNLEPCC. - Nous attendons depuis longtemps ce vade-mecum. De nombreux contacts ont eu lieu entre le ministère de la culture et le comité de liaison pour réaliser ce document. Il permet de tirer les enseignements de l'expérience acquise, notamment de consolider des réponses à des questions juridiques, et de croiser les points de vue à la fois de l'État, des élus et des directeurs d'établissement. Il permettra de répondre aux nombreuses questions des collectivités territoriales souhaitant s'informer sur le statut de l'EPCC.

 Lire le compte-rendu de la commission sur le site du Sénat.

 

 La conclusion de la séance ne manque pas d’une certaine hauteur de vues.

M. Ivan Renar, président. - Tout le travail réalisé nous encourage à aller plus loin.

M. Jack Ralite. - J'écoute, confronté moi-même à un cas concret de proposition de transformation d'une association en EPCC. Je regrette toutefois de ne pas avoir entendu une seule fois le terme de création, la discussion semblant enfermée dans la dimension structurelle. En outre, la question de l'interventionnisme est centrale et mériterait un débat.

M. Jacques Legendre, président. - En conclusion, je dirai que nous ouvrons à nouveau le débat. Le père spirituel des EPCC est Ivan Renar, je lui proposerai donc de creuser la question et de poursuivre les contacts pour engager un débat devant notre commission afin de voir comment rendre les EPCC aussi efficaces que possible.

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 13:03

La-Barbe.jpg

En Rhône-Alpes, la saison 2011-2012, qui se prépare actuellement, sera placée sous le signe de l'égalité des sexes.

L'association H/F Rhône-Alpes, qui milite pour l’égalité des hommes et des femmes dans le spectacle vivant, invite en effet les artistes et structures culturelles de la région à s'engager à réduire les fortes inégalités entre hommes et femmes dans le monde artistique.

L’association H/F est née après le rapport Reine Prat commandé en 2006 par le ministère de la Culture sur l’égalité des hommes et des femmes dans le spectacle vivant. (Association H/F Rhône-Alpes : hfasso@yahoo.fr http://h.f.idf.free.fr) Face à ces chiffres alarmants, des femmes de culture de Rhône-Alpes - et quelques hommes - ont décidé de réagir.

Première collectivité à se positionner, la Région Rhône-Alpes s'est engagée à intégrer, dès cette année et noir sur blanc, cette préoccupation dans les appels à projets à destination des structures culturelles. Elle a intégré dans ses appels à projet pour les structures dès cette année le préambule suivant : "La question de l'égalité entre les femmes et les hommes est une priorité politique pour la région Rhône-Alpes. Afin de favoriser l'équité dans les programmations des structures de diffusion, les projets portés par des artistes femmes feront l'objet d'une attention particulière". Il s'agit d'une attention, et non d'une injonction, mais cela devrait susciter quelques remous.

(…)

Car la démarche suscite, évidemment, des résistances, la principale étant que "le talent n'a pas de sexe". "Sauf que le nerf de la guerre, c'est l'argent. Or les femmes ont moins de moyens de production, donc moins de temps pour créer. Et dans le théâtre, le temps de travail, c'est de la qualité artistique" rétorque Géraldine Bénichou.

Afin de poursuivre la sensibilisation à cette question, l'association H/F propose une initiative originale : "la saison 1 de l'égalité homme-femme dans le spectacle vivant". Les acteurs culturels de la région sont invités à s'engager à mettre en pratique les principes d'égalité homme-femme, progressivement à partir de la prochaine saison culturelle 2011-2012. Pour devenir partenaire de cette saison 1 de l'égalité et arborer le logo H/F, chaque structure doit définir son programme d'action dans différents champs : production/diffusion, gouvernance et communication. "Avec la saison 1 de l'égalité on invite les lieux à s'engager moralement et à se positionner politiquement et publiquement" explique Anne Grumet, vice-présidente de l'association. 

 

Lire l’ensemble de l’article d’Anne-Caroline JAMBAUD sur Libe Lyon  

Les rapports de Reine Prat sur l'égalité hommes-femmes dans le spectacle vivant sont consultables sur : www.culture.gouv.fr/culture/actualites/index-rapports.htm

 

Voir aussi l’article de Télérama n° 3194 :

 

Sur le fond de l'affaire... matière à penser.

On peut (je dirai même, on doit) visionner l’entretien avec Geneviève FRAISSE

 Penser la controverse des sexes

 

Réalisation : Margot Sputo-Mialet (ESCoM-FMSH, Paris, France) , Camille Bonnemazou (ESCoM-FMSH, Paris, France) , Elisabeth de PABLO (ESCoM-FMSH, Paris, France)

 

Thème(s) : Histoire de la pensée féministe -- Histoire sociale -- Histoire politique -- Vie politique contemporaine -- Philosophie politique

 

Retrouver cet entretien sur le site Archives audiovisuelles  

 

 

REMARQUE : ceux qui fréquentent un peu régulièrement La Cité des sens  savent combien cette question de la différence des sexes est un sujet de prédilection de ce blog.

 

 

Egalité entre hommes et femmes dans les métiers de la culture--- Question de genres --- Diversité culturelle et stéréotypes sexistes --- Le sexe faible dans la cour des grands --- Du vivant spectacle de la domination masculine --- Où il est mon deuxième sexe ? --- Rois et Reine --- T’as trouvé ça où ? --- Question de genre --- La chose artistique (4) ---Bovary bat don Quichotte par KO debout ---     

 

 

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Le genre et la culture.
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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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