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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 20:00

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C’est, en date du 03 Mars 2011, sur Politique, culture et petits oignons, le blog de Gaël Bouron, la retranscription de son intervention lors de la journée de rencontre organisée le 1er juin 2010 sur les "Les enjeux de la Ressource dans le secteur culturel", organisée par la Conférence permanente des centres de Ressources (IRMA, Centre National du Théâtre, Centre National de la Danse, HorsLesMurs).

 

 

Les trois métiers de la Ressource, convergences et spécificités du secteur culturel.

 

Dans les documents de présentation de la Conférence permanente des centres de Ressources, le programme de cette journée ou encore, pour ce qui concerne plus spécifiquement les musiques actuelles, les documents du réseau Ressource, il existe un foisonnement de termes pour décrire les métiers de la Ressource. Selon ces documents, la Ressource cela consisterait à : informer, documenter,  gérer l'information, conseiller, accompagner, observer, expertiser, former, mutualiser, produire, faire du réseau, archiver, éditer etc. Ce foisonnement est résumé par le terme « Ressources », ce qui revêt une certaine logique si l'on s'intéresse à l'étymologie de ce mot. « Ressource » provient du verbe « ressourdre » en vieux français qui avait pour sens « rejaillir ». Il est lui-même issu du latin resurgere, « se relever ». D'autres termes dérivent de ce verbe latin, tels « résurgence », « resurgir » ou « résurrection ». « Ressource », c'est aussi le recours utilisé pour se tirer d'une situation difficile. On parle de dernière Ressource, d'avoir de la Ressource. Face à une telle diversité de missions hétérogènes et complexes, c'est comme s’il était inévitable d’utiliser un mot secours : « Ressource ».


Pourtant, toutes les missions qui ont été listées peuvent selon moi se résumer en trois métiers : le métier de l'information-documentation, le métier du conseil et le métier des études (ce dernier renvoyant à ce qu’on appelle plutôt « observation » dans le secteur culturel). Soit un triptyque documentation / conseil / observation. Et nous sommes alors réellement face à trois métiers.
...

 

Compte rendu exhaustif de la journée téléchargeable à cette adresse : http://www.irma.asso.fr/IMG/pdf/2100601-CRRessource.pdf.

 

Lire la suite…  sur Politique, culture et petits oignons 

 

 

 

A ce propos, il convient de rappeler à tous celles et ceux qui tiennent studieusement leurs bibliographie à jour, Sources et ressources pour le spectacle vivant, le travail majeur réalisé, en 2005-2006, par Emmanuel Wallon, à la demande du Ministère de la Culture (qui, bien entendu, s’est efforcé avec l’incontestable talent qu’on lui connaît de n’en tirer strictement aucune conséquence).

 

 

Séminaire : l’information et l’observation culturelles - Acte III

Économie, production, diffusion, emploi, formation : mais comment font-ils ailleurs ?

 21 et 22 avril 2011, Théâtre de 13 vents, Centre Dramatique National Languedoc-Roussillon Montpellier
 

Organisé dans le cadre des travaux du COREPS - Comité Régional des Professions du Spectacles Languedoc-Roussillon, par Languedoc-Roussillon Cinéma et Réseau en scène Languedoc-Roussillon, avec l'aimable participation de la Ville de Montpellier et du Théâtre des 13 vents.


En 2007, sous l'impulsion conjointe de l'Etat et de la Région Languedoc-Roussillon se tenait un temps fort dans le paysage culturel : Acte I, L’information et l’observation culturelles : un point d’appui du développement du spectacle vivant et de l’audiovisuel. Avec la restitution publique et la mise en débat de trois études régionales - portant sur l'emploi, la formation et les conditions de création et de diffusion des œuvres, ces deux jours d'échanges avaient permis de dresser les lignes de force du développement du spectacle vivant, du cinéma et de l'audiovisuel en Languedoc-Roussillon au travers d'engagements forts de DRAC et de la Région.

 

Après bientôt 7 années de travaux - dont un point d'étape réalisé en 2009 (Acte II) - menés en lien constant avec les syndicats représentatifs en région, s'ouvre maintenant l'Acte III de cette réflexion collective dans un contexte rendu propice à tous les questionnements. Evolutions technologiques, mutations structurelles, financières, réglementaires et territoriales, le secteur tout entier doit, sans cesse, réinventer sa trajectoire, son équilibre. Questionner ces mutations, les confronter à d'autres pratiques ou approches pour mieux accompagner le développement du spectacle vivant, du cinéma et de l'audiovisuel, tel est l'objectif de ce nouveau séminaire. Moment de rencontre incontournable entre professionnels, le programme de cet Acte III se veut résolument ouvert sur l'Europe et l'international pour mieux nourrir et enrichir la réflexion et se contruit autour de 2 séances plénières et de 4 ateliers.

 

 

 

  

 

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 09:46

Non, ce post n’abordera pas la question de l’abstention.

Encore que…

« Recherche et intervention sociale »

Où se situe le chercheur, où se cache le citoyen ?

 

Journées d'étude

Organisées par Martine Bodineau et Delphine Leroy (Université Paris 8 Saint-Denis)

Les 1er et 2 avril 2011, en Mairie de Saint-Denis

Place Victor Hugo

 

Des chercheurs en Sciences de l’éducation de l’Université Paris 8, (Laboratoire Experice), en collaboration avec l’Ecole doctorale Sciences sociales, l’Université Populaire de Paris 8 et la Ville de Saint-Denis, organisent une rencontre entre différents acteurs, au cours de deux journées d’études ouvertes à un large public.

A partir d’expériences de terrain, menées à Saint-Denis et ailleurs (1) ces journées proposent un dialogue sur le thème de la recherche et de l’intervention : comment la recherche universitaire s’inscrit-elle dans les enjeux sociaux, est-elle en mesure, et est-ce son rôle, que de répondre à la commande sociale ?

Il s’agira également, au travers de l’expérience de praticiens-chercheurs ou de citoyens-chercheurs, d’envisager la « posture de recherche » en tant qu’expérience, permettant à chacun d’interroger la position qu’il occupe au sein de différents terrains d’intervention, en tant qu’acteur professionnel, associatif, militant, ou en tant que citoyen.

Enfin, nous poserons la question du savoir et de la compétence sociale des usagers et des citoyens : dans quelle mesure les pratiques de recherche et d’intervention sociale les prennent-elles en compte ?

 

Les organisateurs souhaitent réserver une grande place aux débats avec le public, en espérant que ces échanges ouvrent des perspectives de travail commun entre les différents acteurs de ce territoire.

 

° ° ° ° ° °

 

(1). Les études (Paris, Porte d’Orléans, 2010 ; Saint-Denis « Le petit commerce », 2008 ;  et « La propreté des espaces publics », 2005, commandée par le Secteur des études locales de la Ville de Saint-Denis), ont été réalisées par un groupe d’étudiants de Paris 8, dans le cadre d’expériences de formation-action. Ces études ont été dirigées par Patrice Ville, Maître de conférences en Sciences de l’éducation (Paris 8 - Laboratoire Experice), et Martine Bodineau, étudiante en DESS d’Ethnométhodologie (2005), puis doctorante en Sciences de l’éducation (Paris 8 - Laboratoire Experice).

 

 

Télécharger le programme.

 


 

 

A propos de ressources, il faut signaler l’excellent site Calenda , le plus important calendrier scientifique francophone en sciences humaines et sociales. Il est édité par Revues.org depuis 2000 et diffuse le programme de 15019 événements scientifiques. Il figure désormais dans mes fils d’actualité (voir en bas de page).

 

 

  

 

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 10:59

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Je relaie bien volontiers cette information reçue de la part du Dr K.B. (Jean-Michel Lucas)


Et comme j'ignorais (la honte!) ce qu'était DASTUM, je suis allé faire un tour sur leur site... je vous conseille d'en faire autant.
http://www.dastum.net/




L'université Rennes 2 Haute Bretagne ( master médiation du patrimoine en Europe)
La Maison des cultures du monde ,
Le Conseil régional de Bretagne,
La Ville de Rennes,
et Dastum
organisent une rencontre internationale sur le thème

  «  De la Bretagne à l'international : transmission formelle et informelle du patrimoine culture immatériel. »

Le mardi 29 mars 2011 à 20 heures
Amphi Feuillerat à l'Université Rennes 2
Place du recteur Henri Le Moal.
Rennes

Cette rencontre prolonge la série de séminaires spécialisés sur le Patrimoine culturel immatériel initiés depuis trois ans en Bretagne.

Elle permettra d'apporter un éclairage sur la situation internationale de la transmission du patrimoine culturel immatériel, grâce à l'intervention de personnalités étrangères et françaises impliquées dans les travaux de l'Unesco sur le PCI, à savoir :

Madame Noriko Aikawa : Professeur à l'Université de Tokyo. Ancienne directrice de l’Unité du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco et conseillère du sous-directeur général de l’Unesco pour la culture.

Monsieur Marc Jacobs  : Ph. D. en histoire, directeur du FARO (Flemish Interface for Cultural Heritage (www.faronet.be), membre de la commission nationale flamande à l'Unesco.

Monsieur Pape Massène Sène : Expert gouvernemental du Sénégal pour le PCI est Conseiller du Premier Ministre du Sénégal et ancien Secrétaire Général du ministère de la Culture.

Monsieur Ocal Oguz :  Professeur à l'Université Gazi d'Ankara et Directeur du Centre de l'Université pour le PCI.

Monsieur Claude Veuillet , artisan restaurateur suisse,

Monsieur Christian Hottin, responsable du PCi au Ministère de la culture (France),
Monsieur Emmanuel Gérard (Directeur du Syndicat Mixte de la Cité internationale de la tapisserie et de l'art tissé d'Aubusson)

M. Chérif Khaznadar , Président de la Maison des Cultures du Monde et "Président du Comité Culture & Communication et Vice-Président de la Commission Nationale Française pour l'UNESCO"

La rencontre permettra d'échanger autour des initiatives engagées en Bretagne, avec les interventions de Charles Quimbert pour Dastum, de madame Ana Sohier conseillère municipale déléguée au PCI à Rennes et de monsieur Jean Michel Le Boulanger, Vice Président du Conseil régional de Bretagne.

Entrée gratuite/

contact : Jean Michel Lucas

 

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 10:25

   Master-Tchat-2011---Flyer.jpg

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La culture en mauvais Etat ?

Vendredi 25 mars, 10h00 - 12h30 / 14h15 - 16h15

Faculté de Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines

Université de La Rochelle, 1 parvis Fernand Braudel.

Dans notre pays, l’Etat a joué un rôle important en faveur du développement culturel. Ce rôle d’impulsion et de modélisation a été décuplé par la volonté des collectivités locales de s’engager fortement dans cette politique.

Aujourd’hui, le rôle de l’Etat en matière culturelle est discuté. Certains affirment qu’il amorce un retrait volontaire - qu’il se désengage -, d’autres soulignent que ce relatif effacement est plutôt la conséquence d’une montée en puissance des collectivités locales qui amoindrit son rôle historique.

Ces interrogations surviennent au moment où notre pays connaît, comme beaucoup d’autres, des difficultés majeures de financement public, consécutives à la crise financière, puis à la crise économique.

Nos rencontres interviennent également après l’adoption d’une loi portant réforme des collectivités locales qui a préservé pour la culture une compétence partagée entre toutes les collectivités publiques mais qui incite les collectivités locales et l’Etat à mieux organiser leurs financements croisés.

Le Master Tchat 2011 intitulé : La culture en mauvais Etat ? (avec un E majuscule, s’il vous plaît !) aborde ces questions avec sérieux et parfois malice. Il est conçu comme une série de conversations ouvertes à la participation du public.

Jérôme Bouet, inspecteur général des affaires culturelles, auteur d’un rapport remis au Ministre de la culture intitulé : « 21 propositions pour relancer le partenariat entre l’Etat et les collectivités territoriales », débutera cette journée.

Il sera rejoint par Maxime Bono, Député-maire de la Rochelle et Dominique Ducassou, Adjoint à la culture de la mairie de Bordeaux, pour une première conversation autour de la question : « De quel Etat les politiques culturelles locales ont-elles encore besoin ? »

En fin de matinée, Laurence Brunet-Hunault, sémiologue-linguiste et Jérôme Rouger, comédien, s’empareront du langage utilisé en matière de politique culturelle - des relations entre partenaires - pour traiter de la question : « La posture et le discours des acteurs politiques ont-ils un sens ? »

Nous débuterons l’après-midi en compagnie de Marie-Odile Bouillé, Députée de la Loire-Atlantique, Catherine Morin-Desailly, Sénatrice de la Seine-Maritime et Yves Beaunesne, directeur du centre dramatique de Poitiers, auxquels nous poserons la question : « A-t-on encore besoin d’une grande politique nationale en faveur de la culture ? »

Puis nous recevrons Marie-France Garaud, Présidente de l’institut international de géopolitique. Nous prendrons alors une nécessaire distance par rapport à notre sujet en lui posant une question plus cruciale : « Y a-t-il encore un Etat ? »

Organisé par le Master 2 Développement Culturel de la Ville

Courriel : promo.m2dcv@gmail.com

 

 

 

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Second rappel, la CPC (comme on dit) : nième piqûre de rappel.

 

La dernière Bataille de l'imaginaire amorçait un débat sur le thème de La culture pour qui ?.

Cette nouvelle rencontre propose de poursuivre ce débat en le déclinant autour d'une nouvelle question : Entre élitisme et populisme, quelle(s) nouvelle(s) voie(s) ?

 

Le constat sur les limites des politiques culturelles traditionnelles semble aujourd'hui largement partagé. En vérité, depuis longtemps, entre démocratisation et démocratie, entre excellence et popularité, entre offre artistique et demande sociale, entre universalité et diversité... le monde des arts et de la culture balance, se cherche, parfois se déchire. Pourtant, ici et là, des voies nouvelles s'ouvrent, qui tracent des perspectives et offrent des chemins pour l'avenir. Quelles sont-elles ? Quels en sont les enjeux ?

lundi 28 mars

19h

entrée libre

Avec la participation de :

Gérard Noiriel, historien, directeur d'études à l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) et Florence Castera, conseil en ingénierie sociale A FAIRE, A SUIVRE..., ancienne Secrétaire générale de la Comédie-Française, ex-responsable du Département Culture, Enfance, Environnement de la Fondation de France.

Un débat animé par Jean-Gabriel Carasso et Philippe Mourrat.

 la prochaine rencontre aura lieu le lundi 30 mai

 

A ce propos je relaie bien volontiers cette remarque de Jean-Gabriel Carasso sur son blog L’Oizeau rare bien que je n’aie pas encore eu le temps de prendre connaissance de la chose.

 

 Il a été question d'un débat à la Villette, début février, sur "la culture pour chacun...". Débat organisé par le ministère de la culture, bloqué par les syndicats... J'ai eu la curiosité de jeter un oeil ( et une oreille) sur les discours d'introduction. Je vous conseille vivement l'écoute de celui de Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique et social, avec lequel, à part son enthousiasme sur la politique de l'éducation artistique actuelle,  je découvre que je partage nombre d'analyses.C'est à la fin de la vidéo qui suit.  C'EST ICI 

 

 

 

   

 

 

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 18:02

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°

°

 

Je tiens à remercier très vivement l’aimable correspondant (e) qui m’a fait parvenir le message suivant :

 

Bonjour à toutes et à tous,

 

Vous avez été nombreuses et nombreux à participer le 17 février dernier à la première réunion régionale pour l'égalité des femmes et des hommes dans le secteur culturel, et nous en remercions. Certain/es d'entre vous n'ont pu être présent/es et ont manifesté le souhait d'être tenu/es informé/es.

Vous trouverez le compte-rendu de cette première réunion en pièce jointe de ce mail.

Nous vous proposons à tous de nous retrouver à nouveau

le jeudi 7 avril à 19h 

à l'Opéra de Rouen Haute-Normandie -Théâtre des Arts

pour l'assemblée constitutive de l'association H/F Normandie.

 

Cette nouvelle réunion devra nous permettre d'établir les statuts de l'association, d'élire un bureau et un conseil d'administration, de tracer ensemble les premières lignes de fonctionnement et de recenser les premières adhésions. Si nous disposons de suffisamment de temps, nous commencerons également à construire des perspectives d'actions pour les mois à venir.

N'hésitez pas à partager ces informations et à diffuser ce mai

Contact à cette adresse  :  hfnormandie@laposte.net

 

Tout est bon, rien n’est à jeter dans le compte-rendu qui était joint à ce message, que je relaie très volontiers ici et que j’encourage très vivement à  lire. Télécharger le compte-rendu. 

 

 

Ceux qui ont l’occasion de traverser La Cité des sens ces dernières années savent combien cette question de la différence des sexes est un sujet de prédilection de ce blog.

 

 

Question de genres --- Diversité culturelle et stéréotypes sexistes --- Le sexe faible dans la cour des grands --- Du vivant spectacle de la domination masculine --- Où il est mon deuxième sexe ? --- Rois et Reine --- T’as trouvé ça où ? --- Question de genre --- La chose artistique (4) ---Bovary bat don Quichotte par KO debout ---     

 

 

 

 

 

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Le genre et la culture.
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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 09:36

 

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°°°

Je vous prie de m'excuser au cas où vous vous seriez levé ce matin avec un moral d'acier... ou bien décidés à vous recueillir en mémoire du grand Serge, mais je viens de trouver ce qui suit et qui plombe grave l'ambiance!

°°°

 

 

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Humeurs
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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 16:34

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            Ce qui suit a été déniché sur le site de l’association l’APRES à Toulouse

 

L’Association « l’APRES » se crée en Octobre 2008. Elle est le prolongement de la démarche d’ouverture à différentes sensibilités militantes d’alternatives sociales, culturelles, écologiques et économiques, suite à la mobilisation autour de l’Autre Liste aux élections municipales de mars 2008.

Ce souci de convergence se conçoit dans des débats où le consensus n’est pas recherché, mais où les multiples engagements individuels pourront s’exprimer dans le respect des différences, dans un lieu collectif non-hiérarchisé qui s’inscrit dans une transformation profonde et durable de la société.

l’APRES souhaite susciter une réflexion sur les alternatives et la diversité des engagements autour de l’intérêt général prioritairement local.

            Trois vecteurs peuvent porter ce projet :

- un « autre » bar : lieu d’échanges dont la vocation n’est pas commerciale mais sociale, avec une presse disponible, des informations sur les différentes associations partenaires ou proches, des rendez-vous et une possibilité de tenues de réunions.

- une « autre » épicerie : relocaliser l’économie induisant l’évolution de nos pratiques de consommation alimentaires, en tissant des liens avec les producteurs locaux de produits naturels (pas exclusivement bio) et amoureux de leur métier.

- une programmation culturelle favorable aux rencontres et à l’ouverture, voire aux débats, autour d’intervenants sensibles à notre démarche.

 

Dans une note du 14 février, ce blog rend compte assez longuement d’une intervention et débat avec Alain Lefebvre autour de la "culture pour chacun", au cours de laquelle il propose son point de vue sur les nouveaux enjeux des politiques culturelles. Plus qu’un point de vue, une analyse éclairée dont je ne donne ici qu’un bref passage.

 

 Après avoir brossé le panorama du contexte et tenté de clarifier les notions d’art, de culture et de créativité, Alain Lefebvre analyse l’actuelle remise en question des politiques culturelles

 

I La remise en question 

 

« Le modèle de la politique culturelle à la française ignore le « citoyen ». Il est construit sur l’idée d’émancipation des individus qu’il faut éclairer par la rencontre avec les oeuvres de l’art et de l’esprit. Dans ce cadre, le citoyen n’est qu’un individu conditionné. Si on fait parler le citoyen, il demandera ce qui lui fait plaisir, il aura comme attente le divertissement alors que la politique culturelle s’est battue pour « l’épanouissement », qui passe par l’exigence artistique et non le plaisir facile. ». Constatation faites par Jean-Michel Lucas dans un texte de 2007 pour Uzeste musical. Dr Kasimir Bizou

 

 

2) La figure du spectateur émancipé ou le récepteur est aussi un producteur. Je reprend ici le titre du dernier ouvrage de Jacques Rancière, mais pas pour en faire l’apologie car je trouve qu’à côté d’une réflexion exigeante et complexe sur l’émancipation mais aussi sur la notion de distance (ce qui relie l’individu au social) le livre comporte un certain nombre de lieux communs. Cela dit on ne peut manquer d’être frappé par la convergence de ses propos avec ceux de Michel de Certeau 30 ans plus tôt. Ce même Michel de Certeau qui a servi de référence à toute une génération d’animateurs culturels et socio-culturels dans les années 70, du moins ceux qui n’étaient pas paralysés par le paradigme althussérien des appareils idéologiques d’Etat ou par le panoptique de Michel Foucault. Quelques extraits de Michel de Certeau dans Les arts de faire :

 

« Les protestations mêmes contre la vulgarisation/vulgarité des médias relèvent souvent d’une prétention pédagogique analogue ; portée à croire ses propres modèles culturels nécessaires au peuple en vue d’une éducation des esprits et d’une élévation des cœurs, l’élite émue par le « bas niveau » des canards ou de la télé postule toujours que le public est modelé par les produits qu’on lui impose. C’est la se méprendre sur l’acte de « consommer ». On suppose qu’ « assimiler » signifie nécessairement « devenir semblable à » ce qu’on absorbe, et non le « rendre semblable » à ce qu’on est, le faire sien, se l’approprier ou réapproprier. Entre ces deux significations possibles, le choix s’impose, et d’abord au titre d’une histoire dont l’horizon doit être esquissé. » (pp.240-241.)

 

Rancière dans une émission radiophonique « Les vendredis de la philosophie » reprenait de façon saisissante le langage de De Certeau : « Il n’existe nulle part d’individus passifs en face des images. Si l’individu est passif, le spectacle n’existe pas, l’image n’est pas vue. En face d’une image, en face d’un spectacle, il y a un travail d’attention, un travail de sélection, un travail de réenchaînement. Un film n’existe que par l’attention du spectateur. Le spectateur fait un peu son propre film avec celui qui est en face de lui, à travers toute une série d’enchaînement avec les spectacles qu’il a déjà vu, les montages d’images et de mots qui l’ont construit lui-même et qui font sa propre aventure intellectuelle. Pas besoin d’être « un intellectuel » pour avoir une aventure intellectuelle.

[…] Il y a comme une ruse du spectateur. On le programme, on lui propose du plaisir, il le prend mais pas forcément comme on veut qu’il le prenne. »

 

Dans Le spectateur émancipé p. 19 Jacques Rancière écrit encore ceci : « L’émancipation commence quand on comprend que regarder est aussi une action qui confirme ou transforme cette distribution des positions. Le spectateur aussi agit, comme l’élève ou le savant. Il observe, il sélectionne, il compare, il interprète. Il lie ce qu’il voit à bien d’autres choses qu’il a vues sur d’autres scènes, en d’autres sortes de lieux. Il compose son propre poème avec les éléments du poème en face de lui. »

 

Nul besoin, dans la perspective du spectateur émancipé, de faire appel à une intelligence collective qui ne serait rendue possible que par la main invisible de la Toile.

 

Alain Lefebvre confronte ensuite valeur d’échange et valeur d’usage des activités artistiques et culturelles, pour conclure :

 

Valeur d’usage, valeur d’échange, culture descendante/culture ascendante, des tensions à gérer plus que des oppositions frontales. La tension est forte. Ainsi les responsables culturels sont très fortement sollicités pour défendre les valeurs extrinsèques de la culture. C’est un devoir social, accompagné d’une nécessité financière qui oblige à rechercher des sources de financement dans d’autres lignes budgétaires.

 

Tout est à lire de cette clarifiante intervention : -à C’est ICI. 

 

 

  

 

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 08:55

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Ce blog ne sera pas actualisé pendant une semaine. Consultez les fils d'actualité en bas de page.

 

 

Jean-Michel Lucas en vidéo sur le site du Réseau Culture 21

 

La notion de droits culturels ne fait malheureusement pas partie du référentiel des politiques culturelles et le refus de les prendre en compte conduit à de lourdes discriminations. Leur promotion devrait conduire à renouveler profondément nos politiques publiques d’intervention culturelle. L’Agenda 21 de la culture pourrait, de ce point de vue, être un outil excellent pour les collectivités à la condition préalable, pour Jean-Michel Lucas, que soit affirmé l’attachement prioritaire des signataires aux droits culturels de la personne et pas uniquement au destin particulier du secteur culturel.

 

 

 

Accéder à l'entretien réalisé lors du Forum « Ready to change » les 3 et 4 décembre 2010 à Ljubljana, proposé dans le cadre du projet européen Sostenuto « Penser la culture comme facteur d’innovation sociale et économique ».--> PAR ICI

° ° ° 

 

L'intervention de J.M.L. lors de ce forum est en cours de publication sur Cultural engineering group weblog : --> PAR ICI. 

 

Rappelons, par ailleurs, que dans le cadre du plan J.M.L. pour chacun, la plupart de ses textes sont accessibles sur le site de l'IRMA. --> PAR ICI.  

 

° ° ° °

 

L'Oizeau rare vient de publier La Culture pour qui? retour sur un débat. --> PAR ICI 

° ° ° ° °

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Actualité
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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 16:07

La-Cite-des-sens-2.jpg

La salle du théâtre de la Maison des Métallos était archi-comble hier soir pour la 3ème rencontre : La culture pour qui ? : pour tous, pour chacun ?  

En un sens, c’est un paradoxal succès sur l’agenda politique du Ministère, que d’avoir réussi à déplacer le débat (si peu consistant fut-il) sur son terrain, autour de son « étendard » selon le mot du conseiller du Ministre.

 

Parmi de nombreux propos fort pertinents, la secrétaire nationale du P.S. a, quant à elle, insisté à juste titre sur le caractère essentiel de la « transmission culturelle » tandis qu’un  autre intervenant s’inquiétait de la moyenne d’âge de la tribune (pour la salle, c’était à peine mieux, la preuve j’y étais!).

 

La question cruciale est, en effet, moins celle de l’étendard (ou de la « défense de nos professions ») que du passage de témoin.

 

Aujourd’hui donc, sans céder au présentisme ou au jeunisme, La Cité des sens fait place à lé génération montante et emprunte le titre de cette note à l'initiative des étudiants du Master 2 de développement culturel de la ville de L’Université de La Rochelle (et, sans doute, de leurs excellents professeurs).

 

 

 

 

La culture en mauvais Etat ?

Vendredi 25 mars, 10h00 - 12h30 / 14h15 - 16h15

Faculté de Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines

Université de La Rochelle, 1 parvis Fernand Braudel.

Dans notre pays, l’Etat a joué un rôle important en faveur du développement culturel. Ce rôle d’impulsion et de modélisation a été décuplé par la volonté des collectivités locales de s’engager fortement dans cette politique.

Aujourd’hui, le rôle de l’Etat en matière culturelle est discuté. Certains affirment qu’il amorce un retrait volontaire - qu’il se désengage -, d’autres soulignent que ce relatif effacement est plutôt la conséquence d’une montée en puissance des collectivités locales qui amoindrit son rôle historique.

Ces interrogations surviennent au moment où notre pays connaît, comme beaucoup d’autres, des difficultés majeures de financement public, consécutives à la crise financière, puis à la crise économique.

Nos rencontres interviennent également après l’adoption d’une loi portant réforme des collectivités locales qui a préservé pour la culture une compétence partagée entre toutes les collectivités publiques mais qui incite les collectivités locales et l’Etat à mieux organiser leurs financements croisés.

Le Master Tchat 2011 intitulé : La culture en mauvais Etat ? (avec un E majuscule, s’il vous plaît !) aborde ces questions avec sérieux et parfois malice. Il est conçu comme une série de conversations ouvertes à la participation du public.

Jérôme Bouet, inspecteur général des affaires culturelles, auteur d’un rapport remis au Ministre de la culture intitulé : « 21 propositions pour relancer le partenariat entre l’Etat et les collectivités territoriales », débutera cette journée.

Il sera rejoint par Maxime Bono, Député-maire de la Rochelle et Dominique Ducassou, Adjoint à la culture de la mairie de Bordeaux, pour une première conversation autour de la question : « De quel Etat les politiques culturelles locales ont-elles encore besoin ? »

En fin de matinée, Laurence Brunet-Hunault, sémiologue-linguiste et Jérôme Rouger, comédien, s’empareront du langage utilisé en matière de politique culturelle - des relations entre partenaires - pour traiter de la question : « La posture et le discours des acteurs politiques ont-ils un sens ? »

Nous débuterons l’après-midi en compagnie de Marie-Odile Bouillé, Députée de la Loire-Atlantique, Catherine Morin-Desailly, Sénatrice de la Seine-Maritime et Yves Beaunesne, directeur du centre dramatique de Poitiers, auxquels nous poserons la question : « A-t-on encore besoin d’une grande politique nationale en faveur de la culture ? »

Puis nous recevrons Marie-France Garaud, Présidente de l’institut international de géopolitique. Nous prendrons alors une nécessaire distance par rapport à notre sujet en lui posant une question plus cruciale : « Y a-t-il encore un Etat ? »

Organisé par le Master 2 Développement Culturel de la Ville

Courriel : promo.m2dcv@gmail.com

 

 

Marie-France Garaud, si, si...vous avez bien lu! Ces jeunes gens n’ont décidemment peur de rien ni de personne.

 

° ° ° ° °

 

 Autre contribution du jour, elle a pour titre :

Pour une politique d’autonomie culturelle.

Le ministère de la Culture paraît connaître une crise latente que la gauche au pouvoir devra enrayer. Pour ce faire, il conviendra de modifier le cadre au sein duquel est pensée l’intervention même de l’Etat en matière culturelle.

Une politique de gauche en matière culturelle ne doit pas simplement se tourner vers l’ambition de la création, mais également vers une égalité réelle en matière d’accession à la culture. Pour ce faire, l’attention du professionnel doit se tourner vers celui à qui s’adresse la culture : le spectateur.

Nous proposons une politique d’autonomie culturelle, qui vise à placer le spectateur au centre du système.

La politique d’autonomie culturelle sera une politique d’acquisition de compétences culturelles dont l’ambition est de créer des habitudes en matière culturelle.

Elle sera également une politique de décentralisation culturelle, visant notamment à faire émerger des temples de la culture en différents endroits du territoire. Télécharger le texte. 

 

Oui, c’est frais, on aimerait bien nuancer ou amender ici où là.  Mais ne boudons pas le plaisir d’entendre d’autres voix, celles de nouveaux venus. .On les trouve sur le site du club Changer la gauche, qui mérite qu’on s’y attarde. Un seul exemple de l’aplomb de ces jeunes gens (et jeunes filles… normaliens et normaliennes pour la plupart) :

 

La prochaine victoire de la gauche doit être une victoire culturelle. Reconnaissons enfin qu’il est inutile de réfléchir à quelque mesure précise si ce n’est pas, préalablement, tout le socle des valeurs dans lesquelles elle s’ancre qui a été repensé.

Avec sa candidate, le parti socialiste a défendu cent propositions lors de la dernière campagne présidentielle : une seule aurait suffi, si elle avait été seulement mûrie.

 

Royal, non ?

 

° ° ° ° ° °

 

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 14:57

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Le rapport commandé à Jérôme Bouet est enfin disponible. Toujours pas sur le site du Ministère qui l’a commandé. Mais, après l’analyse de François Deschamps, c’est La Gazette des communes qui offre d’en télécharger les 36 pages  

 

 

Je reviendrai peut-être sur le caractère « novateur » des 21 PROPOSITIONS POUR RELANCER LE PARTENARIAT ENTRE L'ETAT ET LES COLLECTIVITES TERRITORIALES DANS LE DOMAINE CULTUREL.

 

Mais la proximité de cette publication (officieuse) avec le passionnant débat sur la culture pour tous, chacun et partagée… (et avec le débat de ce soir organisée par les Rencontres d’Archimède et la Maison des Métallos) me conduisent à quelques considérations inactuelles c'est-à-dire à un retour de près de quatre ans en arrière dans l’intention, paradoxale, j’en conviens, de remettre un peu les pendules à l’heure.

Il s'agit d'un texte rédigé, en son temps, par des homologues (voire des collègues!) de l'Inspecteur Général Bouet.

  

 

Le citoyen doit être au coeur de la politique culturelle.

Texte publié dans le magazine La Scène, (numéro 44, mars 2007)

 

Ce texte commençait ainsi :

La culture ne compte pas parmi les priorités de l'élection présidentielle. Faut-il le déplorer? Non, à moins de considérer que notre pays ne connaît pas une crise sociale majeure : logement, emploi, précarité…. Après tout, si le secteur culturel pouvait traverser une période de banalisation et de modestie, cela romprait avec le discours impérieux du «tout culturel».

 

A la place de la signature, le magazine La Scène précise :

 

par un groupe de fonctionnaires du ministère de la Culture et de la Communication et des collectivités territoriales… et en note : soumis à l’obligation de réserve, ces fonctionnaires ne peuvent pas signer ce texte sous leur patronyme. La Scène a accepté cette règle du jeu permettant la publication du présent texte.

 

 

1- Pour une politique culturelle de gauche

Les politiques culturelles menées depuis la création du ministère de la culture ont été souvent étrangères aux préoccupations et aux aspirations populaires. On sait aujourd’hui que l’ambition décentralisatrice d’André Malraux fut une mythification démocratique basée sur un volontarisme d’Etat dont la pertinence sociale ne s’est jamais vérifiée.

Cette ambition s’essouffle aujourd’hui dans la gestion de l’héritage d’une multitude hétéroclite de structures artistiques et culturelles et l'organisation des carrières d'une petite fraction des professionnels dans une méprise fondamentale au sujet de la transmission de la culture.

Ces constats n’enlèvent évidemment rien à la pertinence de beaucoup des réalisations structurelles depuis la création du ministère de la culture, rien à la nécessité des politiques publiques de soutien à la création sous toutes ses formes ou rien encore à l’action utile de plusieurs milliers de professionnels du secteur de la culture.

Mais il faut souligner, n'en déplaise, l’échec patent de cette politique: démocratisation zéro.

La gauche ne doit pas oublier une donnée fondamentale de son histoire: l’ambition d’émancipation individuelle et collective par la culture. A maints égards, elle peut aussi retrouver une légitimité populaire au travers de ses propositions de politique culturelle.

Or, tout concourt aujourd’hui à réitérer les mêmes méthodes d’analyse, donc les mêmes erreurs politiques:

- la fascination à l’égard de la figure du créateur au détriment de la démocratisation culturelle

- l’écoute exclusive des acteurs professionnels de la culture qui pèsent dans le sens de l’immobilisme

- la priorité donnée à l’augmentation de la dépense budgétaire avant toute remise en cause des structures existantes.

La rupture avec le déterminisme de cet héritage exige :

- que le soutien à la création artistique ne remplisse pas tout l’espace symbolique de l’action publique. Si ce soutien à la création est fondamental, l'action publique doit surtout gérer l'inévitable tension entre la création et le citoyen, pour éviter son exclusion.

- que la transmission égalitaire devienne la priorité absolue de l’action publique. La diffusion et surtout l’éducation doivent devenir les objectifs centraux de la politique culturelle.

- que la capacité d’écoute et de compréhension des aspirations citoyennes en matière culturelle  se substitue à la proposition surannée de «l’élitaire pour tous»

 

 

2- Clarifier les concepts et la place des acteurs

La perte de sens de l’action publique se mesure à l’aulne des approximations du vocabulaire employé depuis une vingtaine d’années pour échapper à l’idée simple et concrète de la démocratisation culturelle.

La logique de développement culturel, on le sait, a principalement encouragé une nouvelle  géographie des institutions de la culture. Elle a échoué pour ce qui concerne la transmission sociale. Les élites régionales ont été parfaitement servies par une politique d’aménagement culturel du territoire qui leur a permis de disposer à domicile d’une offre propre à conforter leur capital culturel. Cette politique a été poursuivie par tous les gouvernements successifs, de droite et de gauche, depuis la création du ministère.

L'action de Jack Lang a contourné l'obstacle de la démocratisation en opérant deux ouvertures. L’une consista à élargir le champ de la légitimation culturelle à des disciplines et des pratiques plus populaires [musiques actuelles, bande dessinée par exemple], l’autre entreprit de repérer des publics dits spécifiques et de développer à leur profit des actions ciblées. ( ruraux, prisonniers, handicapés, jeunes) Les évènements «grand public» [fête de la musique, journée du patrimoine] ont contribué aussi à estomper l’inégalité sociale face à l’offre culturelle.

La terminologie inaugurée pendant ces années là témoigne d’un certain embarras idéologique. La démocratisation est remisée pour ne pas trop heurter les élites artistiques. On y a substitué un sabir étonnant : «élargir le public de la culture». On n’a jamais trop su quels étaient l’épicentre et le périmètre de cet «élargissement», mais cette phraséologie  a survécu, à l’exception notable de la parenthèse ouverte par Catherine Trautmann en 1997  qui paya cher, on le sait, son retour aux fondamentaux de la démocratisation.

En réalité l’institution culturelle abandonne l’objectif de démocratisation car elle ne veut  pas remettre en cause la place des acteurs.         

Par la confusion entre artistes et diffuseurs, on veut faire croire que ces deux entités auraient les mêmes objectifs, donc les mêmes responsabilités. Or si les politiques culturelles doivent garantir  la liberté de création, elles n’exigent pas des artistes un investissement social qui ne relève que de leur propre volonté. L'éventuel engagement social de l'artiste est second; l’œuvre a une valeur en soi.

Il en va autrement des diffuseurs. Ils ne peuvent se dérober à leurs missions de service public, le plus souvent clairement identifiées dans les contrats ou les conventions qui cadrent l’objet du financement public dont ils bénéficient.

Mais lorsque le ministère de la culture veut produire du sens, il soulève d'étranges oppositions parmi les professions artistiques et culturelles. Tout se passe comme si la majorité des professionnels, entraînée par les plus influents d'entre eux renvoyaient alors aux pouvoirs publics une seule réaction: «faites en sorte de nous donner les moyens de notre existence, ne vous occupez pas des raisons de notre existence». En dernière analyse, cette réaction ressoude les instincts corporatistes.

Dans ce contexte, le ministère a perdu son magistère. Désormais, le ministre qui veut durer est apparemment celui qui ne touchera plus à rien dans le fragile équilibre du jeu triangulaire institué entre les professionnels, les collectivités locales et l'Etat. Dans ce jeu fermé sur ses seuls acteurs institutionnels, un grand absent n’est plus jamais sollicité: le citoyen. 

 

3- Les priorités d’une politique de gauche

Les politiques culturelles sont aujourd’hui principalement affectées par trois problèmes : une  démocratisation qui n’a jamais été mise en pratique; une décentralisation qui n’a pas été menée à son terme; une réalité économique et sociale qui n’est pas rigoureusement analysée et maîtrisée.

Démocratiser

Dans cet objectif, les pouvoirs publics doivent prendre des décisions qui requièrent une volonté sans faille:

- tous les partis de gouvernement conviennent aujourd’hui du fait que l’éducation artistique doit faire l’objet d’un projet ambitieux.

Mais si l’école de la république n’est pas mobilisée au cœur de ses programmes et de ses cursus, le thème de l’éducation artistique ne restera toujours qu’un ornement du discours politique. C’est pourquoi il ne sera pas aisé d'atteindre cet objectif sans  réunir l’éducation nationale et la culture, pour surmonter les pesanteurs des administrations de l'Etat. Si la solution d'un ministère unique n'est pas retenue, il faudra alors promouvoir une structure administrative inédite qui ait les moyens d'imposer ses directives.    

- toutes les structures subventionnées doivent être soumises à une obligation de résultat  contractualisée et rigoureusement évaluée concernant leur action culturelle, la diversification de leurs publics et leur impact  territorial. Dans ce même objectif de démocratisation les structures subventionnées doivent développer des activités de formation continue des publics. Prenant le relais de l’école, elles doivent, en particulier à l’égard des adultes, assurer la permanence d’une éducation artistique tout au long de la vie.

- les pratiques artistiques en amateur doivent être traitées comme le sont les pratiques sportives, ni plus, ni moins. C’est à dire: fédérer si nécessaire ces pratiques, reconnaître et financer les fédérations déjà existantes, assurer les moyens matériels d’une pratique de qualité, encadrer ces pratiques par une offre effective de formations et de stages de qualité, et mobiliser toutes les structures professionnelles dans cet objectif

Le ministère de la culture doit sortir de sa tour d’ivoire sur ce sujet.  Un plan pluriannuel pour améliorer les conditions d’exercice de ces pratiques artistiques en amateur devrait être engagé. 

Décentraliser

Les critiques  des nouveaux exécutifs territoriaux concernant les transferts de charges de l’Etat sont évidemment justifiées. Mais avec l’assurance que des transferts de moyens puissent être justement effectués par l’Etat, il faut poursuivre et approfondir la décentralisation culturelle. L’objectif étant de  confier la gestion concrète des politiques et des structures culturelles à ceux qui sont chargés de leur mise en oeuvre.

Une décentralisation globale peut concerner rapidement:

- toutes les activités patrimoniales qui ne relèvent pas de l’exercice d’une compétence légale de l’Etat : la restauration, l’entretien et la mise en valeur des sites et des monuments n’appartenant pas à l’Etat.

- toutes  les structures de diffusion et d’action culturelle pour lesquelles les collectivités locales  sont évidemment expertes  pour  définir et mettre en œuvre des activités  dans une approche territoriale des publics.

Si le projet d’inscrire dans une loi les responsabilités des pouvoirs publics à l’égard du spectacle vivant peut voir le jour, cela doit être l’opportunité pour le législateur de délimiter soigneusement le rôle de chaque collectivité publique et de désengager l’Etat de la cogestion des structures de diffusion ou d’action culturelle.

Quant aux politiques de soutien à la création, elles  pourraient être gérées globalement à l’échelle des régions par des établissements publics de coopération culturelle dans lesquels l’Etat serait toujours présent et auxquels il continuerait à apporter un financement direct. Il faut rappeler que les EPPC peuvent parfaitement être expérimentés pour la mise en œuvre d'une politique et pas seulement pour la gestion d'un établissement culturel. Toutes les collectivités intéressés à la politique de soutien à la création pourraient y participer. (départements, agglomérations)

Sans méconnaître les difficultés de mise en oeuvre d'une telle réforme, l’intérêt de ces EPPC serait de rationaliser les pseudos vertus des financements croisés et  fournir un cadre solide à la définition de politiques partenariales publiques. Ces EPCC pourraient employer des cadres culturels en provenance des administrations concernées (Etat, collectivités locales). Les structures de création proprement dites pourraient conserver des statuts relevant du droit privé, si l’on considère que ces statuts leur garantissent une plus grande indépendance à l’égard du politique.

Maîtriser l’économie du spectacle vivant

Une nouvelle approche économique doit être explorée:

- sortir de la démagogie et proposer une réforme «donnant-donnant»: rétablir les droits initiaux des intermittents mais contre une stricte régulation de l’entrée dans le régime. C’est à dire une période probatoire de réelle professionnalisation des ayants droit.

- les activités artistiques et culturelles du secteur doivent faire l’objet d’une évaluation économique et sociale à l’échelle du pays : réalité des coûts, chiffrage prospectif d’une pérennisation des emplois dans les structures homogènes du secteur, projection sur dix ans et à périmètre constant des besoins en financements publics pour le secteur du spectacle vivant.

A partir de cette réalité, les pouvoirs publics devront prendre leurs responsabilités financières. La pérennisation des emplois et le moindre recours aux annexes 8 et 10 ont inévitablement un coût qu’il faut évaluer et affronter sans hypocrisie.

- des expérimentations pourraient être mise en œuvre sous la forme d’appels d’offre territorialisés afin de mutualiser les interventions artistiques sur l’ensemble d’un territoire donné (une agglomération, un pays, une communauté de communes). L’idée est de définir ou de recenser les besoins en interventions artistiques aujourd’hui dispersés  (en milieu scolaire, dans les ateliers des structures socio-culturelles, en milieu contraint) et de procéder à un appel d’offre global aux fins de contractualiser sur trois ans les interventions d’une ou plusieurs équipes artistiques.

 

En conclusion, la politique culturelle aura besoin pour la prochaine législature d’un ministre courageux qui entreprenne des réformes radicales pour  un objectif clairement identifié: démocratiser et décentraliser, c'est à dire remettre au coeur des politiques de l'éducation et de la culture le projet de l'émancipation individuelle et collective.

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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