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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 09:26

theatredeuxrives.jpgQuan

d la culture pour chacun fait des vagues.

J’emprunte ce beau titre à Philippe Ripoll 

 Dans l’un de ses blogs, il relate sa participation à un événement organisé le 16 décembre dernier.

Le jeudi 16 décembre se tenait au théâtre des Deux Rives, organisé par la Direction régionale des affaires culturelles de Haute-Normandie, un de ces forums régionaux préparatoires à un forum national convoqué par le Ministère de la culture en février 2011, dont le titre est : la culture pour chacun.

Arrivée au Théâtre des Deux rives.

Gérard Marcon, directeur de la Foudre (Scène Nationale de Petit-Quevilly et Mont-saint-Aignan), distribue à l’entrée, dans le froid, le polycopié de l’article de Jean-Pierre Vincent, « Chacun pour soi, ou L’art pour personne » à paraître prochainement dans le Monde (on n’a encore rien vu venir).

 

[Il a été publié depuis, VOIR ICI, note de La Cité des sens].

 

Ce texte, écrit au nom du Syndeac, syndicat national des directeurs de centres dramatiques nationaux, scènes nationales, et autres entreprises artistiques et culturelles subventionnées par l’Etat est une réaction vive au texte « Culture pour chacun, programme d’action et perspectives » servant de base à l’initiative de Frédéric Mitterrand de réorienter les missions du Ministère de la Culture.

Si j’avais été plus attentif à l’invitation qui m’était faite, plus attentif à l’actualité politico-culturelle, j’aurais sans doute refusé.

Mais quitte à être là, dire ce qu’on peut, avec l’énergie qu’on a, et le moins mal possible.

Quitte à être là ? non. Il me fallait bien être là, car les thématiques, les inspirations de ce texte ministériel semblent en proximité avec ce que je fais, comme beaucoup (?) d’autres artistes, acteurs. Semblent. C’est bien tout le problème.

(…)

Philippe Ripoll nous livre donc la teneur de l’intervention qu’il a faite, à Rouen, ce jour là.

 

Mon grand chantier actuel est une résidence d’écrivain entre les quartiers de saint Denis dans le 9.3 et le Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national implanté dans la commune, et actuellement dirigé par Christophe Rauck. (Je précise qu’on peut entendre en ce moment une série d’émissions de France Culture sur la Seine Saint Denis).

Je voudrais vous en lire comme la « Déclaration », déclaration que j’ai écrite dernièrement à la craie, avec des gens de la maison de la solidarité, sur le perron du théâtre, ce perron qui trône de façon caricaturale au-dessus d’un carrefour :

 

« La vie, l’art nous métamorphosent. Il ne suffit pas de le déclarer, il nous faut le vivre, patiemment, là où nous sommes, là où nous marchons. Que faisons-nous ? un chemin entre « habitants » et « artistes », un chemin, c’est-à-dire un poème. Tout simplement. Qui sommes-nous ? des gens, des « tout-venant », des immigré(e)s, des sans-abri : ce que nous sommes et serons tous bientôt. Que faisons-nous ? connaissance. Rien que ça. Intense, parfois à couper le souffle, parfois à reprendre souffle. »

Bref, c’est un « Chantier d’un livre » : une « Lettre aux acteurs avec portraits d’habitants de Saint Denis, du théâtre, du monde et du temps. »

 

Je choisis de ne pas rentrer dans le détail du dispositif, assez complexe, fait d’ateliers d’écriture, groupes de parole, entretiens, restitutions, performances…

J’ouvre juste une petite fenêtre, avec cet extrait d’un portrait, celui d’un algérien, hébergé d’urgence au F5 de la Maison de la solidarité.  (…)

 

Cette contribution relate Philippe Ripoll entendait faire écho c’est-à-dire déformation, du titre de cette table ronde : Quel sens donner aujourd’hui à la notion de culture populaire ? en demandant, sans prétendre répondre à une telle question, quel sens donner aujourd’hui à la notion de peuple dans l’art et dans la politique ?

Et il témoigne donc de son intervention artistique en citant de bons auteurs : Bruno Latour, Bernard Stiegler, Franck Lepage, Jacques Rancière… dans une analyse aussi sensible que pertinente qu’il faut lire en son entier sur son blog, l’un de ses blogs.

 

Je termine l’intervention sur ces mots :

 

Culture pour chacun : l’expression est au final très malheureuse et très symptomatique. Car derrière elle – et cela est pointé par Jean-Pierre Vincent – en dépit de ses bonnes intentions, et de son ancrage « malin » sur une citation de Malraux, par devers elle, on entend l’impitoyable « tous contre tous » et le malheureux « chacun pour soi » qui est le modus operandi du capitalisme…

 

Or nous entrons dans une ère post-capitaliste et dans une ère post-individualiste, où l’homme a besoin de se recomposer comme espace traversé et force transitionnelle. L’homme est une transition pour l’homme… c’est ce que toutes les grandes œuvres font entendre, ce que les grands artistes clament.

L’individu a été le concept brique de nos sociétés et reste une brique indispensable, mais nous avons besoin d’une nouvelle brique – qui a toujours déjà été là -, une brique post-individuelle qui nous fera sortir du capitalisme, ce dont nous avons tous besoin mais que nous ne savons absolument pas faire, parce que nous sommes encore hantés par les fantômes de la pseudo brique « collectiviste », et que nous sommes cois devant la non-alternative islamiste (islanihiliste ?).

 

L’homme est une transition pour l’homme, il n’est pas un loup pour l’homme. Nous avons faim, oui, mais c’est une faim de l’autre, non une faim de loup – faite pour dévorer, dominer, s’approprier, s’accaparer…

Je n’ai pas ajouté que l’art était la tablée même où mettre en œuvre cette autre façon de se nourrir de l’autre, et que le souci de la démocratie pour l’art s’annule si vous ôtez le souci de l’art pour la démocratie. J’aurais dû.

 

 

Petit complément d’information.

J’ai déjà évoqué ici  les conditions concrètes dans lesquelles les DRAC, sous l’œil vigilant de l’inspection générale de l’administration mettent en oeuvre le nouveau cours de la politique ministérielle. La DRAC Basse-Normandie n’est pas en reste si l’on en croit un article de La lettre de l’Etat en région qui évoque les réunions préparatoires à ce forum. Si vous voulez apprendre comment ré-écrire l’histoire, voilà une belle leçon de choses.

Lire l’article : La « culture pour chacun » à l’ère de la révolution numérique : une priorité pour la DRAC.   

 

Autre complément d’information

CD-ORG signale la publication du rapport d’activités de la DRAC Bretagne

En première page, sous le titre Démocratiser la culture, on peut lire : En 2010, l’action de l’Etat a été marquée par la traduction en région de la priorité ministérielle à la «culture pour chacun».

En tout cas publier le rapport d’activité 2010 avant que le Père Noël ait eu le temps de passer par la cheminée, ça s’appelle performance des services publics. Et ça mérite mieux qu’une prime de recteur. Ne me dites pas que c’est lié au changement de DRAC, je ne vous croirai pas.

 

* * * * * *

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 10:34

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Bernard Tomasini, préfet de Poitou-Charente, auprès de Ségolène et le mot « tour »

Leçon du jour : une acception du mot « tour » spécifique au monde du théâtre :

tour de faveur, décision du comité des comédiens qui fait passer la représentation d'une pièce avant celle d'autres ouvrages qui la précèdent dans l'ordre du tableau de réception. Sa pièce eut un tour de faveur. Il a obtenu un tour de faveur.

 

Voici donc la relation d’ un bon tour dont j’ai eu connaissance grâce à l’excellent fil d’actualité (voir le lien au bas de chacune de mes notes)

fleche.jpg 

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je disais donc à l’excellent fil d’actualités de formART  

La nomination du nouveau directeur du Centre dramatique Poitou- Charentes crée la polémique. Yves Beaunesne a été imposé par l'État à une commission consultative qui avait préféré deux autres candidats.
En soi, il n'y a pas entorse à la réglementation, puisque l'État est souverain pour le choix définitif du candidat (lire ci-contre les précisions du préfet Bernard Tomasini), mais aller à l'encontre de la consultation est plutôt inhabituel.

Lire l’article de Marion Valière Loudiyi dans la Nouvelle République

Ca fait tellement mauvais genre cette nomination imposée par la rue de Valois que le représentant de l’Etat en Région a du se fendre d’un communiqué. J’ai bien connu M. Tomasini à l’époque où il était préfet du Cher (nous avons fermé de concert la cathédrale de Bouges au public : des morceaux de nef tombaient sur les prie-dieu). Plus tard, et sans moi,  il a prononcé la fermeture administrative de bars gay en centre ville. Chacun ses ouailles. 

Aurait-il changé au point que ça devient hyper trop facile de causer français plus mieux que lui ou que celui – ou celle- qui lui écrit des communiqués qu’il ne prend pas la peine de relire ?

Interrogé à propos d'une éventuelle entorse à la réglementation concernant la nomination du directeur du Centre dramatique Poitou-Charentes, le préfet de région Bernard Tomasini, explique : « Le 24 novembre dernier, la commission technique chargée d'examiner les candidatures pour ce recrutement s'est réunie à la Direction régionale des affaires culturelles. Cette commission, composée de 5 représentants de l'État, de 3 représentants du conseil régional et de 2 de la ville de Poitiers, a audité les 6 candidats sélectionnés parmi les 43 candidatures reçues. Cette commission technique consultative ne constituant pas un jury, aucun vote n'a été exprimé. A l'issue de cette commission, une concertation a été engagée par l'État auprès des partenaires afin de proposer un nouveau directeur au ministre de la Culture. Cette concertation a conduit à la désignation par le ministre de la Culture et de la Communication de M. Yves Beaunesne le 6 décembre 2010. »

 

Dans la France de Tomasini, Mitterrand (Frédéric) et Sarkozy on n’auditionne pas des candidats présentant un projet artistique et culturel. Non. On les audite. Tout est dit, non ?

Les bonnes places pour les amis du prince, la culture pour chacun et le contrôle comptable pour tous.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 14:00

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Ce texte a été publié il y a près d’un siècle dans les chroniques quotidiennes  Propos d’un Normand dans La Dépêche de Rouen et de Normandie

Sagesse des électeurs

Comme je déclarais que j'étais radical, l'homme grave me dit : « Qu'est-ce que cela, radical? Un mot, une étiquette, rien de plus. Je comprends que l'on soit monarchiste, ou que l'on soit socialiste ; mais le radicalisme n'est pas. »

Je lui répondis : « Le radicalisme est à mes yeux quelque chose de très précis, et qu'il est aisé de définir ; le radicalisme est essentiellement une doctrine politique ; il n'est qu'accessoirement une doctrine économique, et par là vous pourriez l'attaquer ; au sujet de la propriété, du travail, des impôts, et, en un mot, de l'action réelle du législateur, il est opportuniste. Mais sa doctrine politique est tout à fait ferme, on peut l'appeler : la démocratie pure.

Les hommes, inégaux en fait, sont égaux en droit ; voilà le principe. La loi et les pouvoirs publics doivent lutter perpétuellement contre l'inégalité, qui, par l'effet des lois naturelles, renaît sans cesse, et sous mille formes.

Il est un moyen infaillible d'y remédier toujours et quoi qu'il arrive, c'est d'organiser de mieux en mieux le suffrage universel, c'est-à-dire le gouvernement du peuple par lui-même.

Un peuple instruit, qui délibère et discute ; un peuple éclairé par des spécialistes, éclairé par ses représentants, mais non pas gouverné par eux ; non, gouverné par lui-même : tel est l'idéal. Et cela vaut qu'on y travaille, car nous en sommes encore loin. Toutes les puissances, noblesse, religion, richesse, compétence, presque toujours unies, travaillent à tromper l'électeur, à tromper l'élu, à résister par la ruse aux volontés du plus grand nombre.

Le radical se donne une double tâche ; d'abord savoir le mieux possible, et sur chaque question, ce que veut le plus grand nombre ; ensuite, surveiller les pouvoirs publics, et les rappeler à l'obéissance.

Si maintenant vous demandez au radical où ce système nous mène, vous lui en demandez trop. La République sera ce que le plus grand nombre voudra. Toute autre forme de la Justice est tyrannie. »

 

Alain (Emile Chartier)

Propos 59

11 avril 1906

 

  Arcadi_77_18

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 16:27

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* * * * * * * * *

 

J’évoquais hier le dernier édito de la Fédération  nationale des arts de la rue qui posait ces questions de fond.

 

 Peut-être est-il temps de sortir de l’entre-soi pour provoquer le débat avec les citoyens. Peut-être est-il temps de relancer l’idée des « bouillons de culture ».
Quelle valeur représente un ministère de la Culture s’il ne défend la notion de service public ?
Quelles valeurs peuvent revendiquer des politiques culturelles si elles ne sont d’émancipation ?

Au lieu de quoi, la marchandisation nous parquerait dans nos manies, et c’est en partie ce dont il est question ici.

Peut-être est-il temps de redonner à la culture sa véritable place en amont du politique et non l’inverse.

Pour faire avancer la réflexion et sa mise en acte, nous disposons dores et déjà d’outils précieux qui dépassent le cadre hexagonal : Agenda 21 pour la culture, déclaration de Fribourg, Convention de l’Unesco…


 


C’est l’occasion d’en évoquer quelques autres assez voisines que l’on trouve sur le blog Sisyphe à Elsinore rédigé par un directeur des affaires culturelles. Ainsi, il y a un mois, il écrivait :

 

Une nouvelle réforme de la décentralisation, issue des travaux conduits par la  Commission Balladur, est prochainement attendue.

Cette annonce vient toutefois ajouter une appréhension supplémentaire.

En effet, à un moment où la crise financière mondiale et les lourdes gênes pèsent sur les collectivités, la pérennisation des politiques culturelles territoriales est davantage fragilisée.

Les collectivités ont présenté jusqu’à aujourd’hui leur capacité à bâtir de véritables et ambitieuses politiques culturelles incitant, notamment, au développement des territoires.

Une nouvelle étape de la décentralisation peut-elle, aujourd’hui, être reconnue comme une opportunité pour engendrer un nouveau partenariat entre l’Etat et les collectivités territoriales, mais aussi entre les collectivités territoriales elles-mêmes ?

 

-     Quelle nouvelle péréquation des compétences en matière de culture ?

-     Quels seront les financements à venir pour les politiques culturelles et quels seront leurs rôles dans l’inédit « échiquier » territorial qui nous attend ?

-      Comment envisager la coopération des territoires en matière de politiques culturelles ?

-      Quelles nouvelles corrélations se dessineront demain entre la finance et la culture ?

-    Quel partenariat sera à réinventer demain pour la coopération culturelle des territoires en Europe et à l’International ?

 

Vous pouvez exprimer librement ici vos réactions, vos aperçus, vos expectatives ou encore vos craintes, en la matière. 

 

Depuis de nouveaux posts sont venus alimenter ce questionnement, des commentaires sont venus les enrichirs sur ce blog qui est donc à suivre, C’EST ICI.  

 

A propos de la réforme des collectivités territoriales et des trop nombreuses incertitudes qu’elle laisse planer sur l’avenir des marges de manoeuvre des élus locaux, on lira le pont de vue très bien informé d’un expert en la matière,  sur le blog de Philippe Laurent. 

 Extraits :

 

 

 

 

Les maires de France ont ainsi montré que, en dépit « d’appréciations divergentes » sur, en particulier, la réforme des collectivités territoriales qui vient d’être définitivement votée par le Parlement (avec une majorité très étroite au Sénat), ils étaient unis sur l’essentiel : l’importance de l’action publique locale comme réponse aux besoins quotidiens de services publics des habitants, l’identité communale, la sauvegarde des libertés locales, la préservation, comme outil de ces libertés locales, de l’autonomie fiscale et financière.

(...)

En réalité, comme je l’ai déjà écrit et comme je l’ai rappelé lors de mon intervention à la tribune du congrès le 24 novembre dernier (texte disponible sur demande à philippe.laurent@sceaux.fr), la seule réforme d’importance majeure, c’est la quasi disparition de l’autonomie fiscale des régions et des départements issue de la suppression de la taxe professionnelle. C’est d’abord par la contrainte financière que le pouvoir central réduira les libertés locales, non par les réformes institutionnelles ou administratives. La motion finale du congrès y fait d’ailleurs allusion. Le combat, sur ce terrain, sera rude dans les années qui viennent. Pour le moment, c’est Etat 1, pouvoirs locaux .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 15:50

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Le secrétaire de rédaction du quotidien La Croix n’est pas à la page.

Je dis le secrétaire de rédaction… c’est peut-être approximatif. Plus exactement, je vise ici la personne chargée de la rédaction des titres des articles.

Très précisément de celui publié le 10 décembre dernier, sous la signature de Florence Pagneux et qui commence ainsi :

 

Le souci de l’accès à la culture pour chacun tient à une volonté politique forte de solidarité, ancrée dans une longue tradition humaniste de la cité angevine.

 

Le titre ?

Angers fait le choix de la culture pour tous

 

Cherchez l’erreur, l’approximation, l’anachronisme de ce titreur pas à jour, ignorant du changement de paradigme de l’action publique culturelle

C’est d’autant plus dommage que l’article est fort bien fait et ouvre des perspectives pertinentes sur les fondements des orientations des politiques culturelles. Qu’on en juge :

 
« Nous ne croyons pas à la divine révélation du spectateur, renchérit Dominique Prime, sous-directeur d’Angers Nantes Opéra. Il faut forcément créer des passerelles vers l’œuvre d’art. » D’autant que le public isolé socialement ou géographiquement nourrit souvent de fausses représentations. « Il faut casser leur image élitiste de l’opéra, poursuit-il. Le simple fait d’entrer dans une salle de spectacle leur paraît réservé à la bourgeoisie. »
(…)

Cette politique exemplaire vaut à Angers de nombreuses visites d’autres municipalités. Il faut dire qu’elle s’inscrit dans une histoire locale marquée par « une longue tradition humaniste et catholique, rappelle Dominique Prime. Les Angevins sont culturellement à l’écoute des autres. D’ailleurs, la ville est toujours en pointe lors des campagnes d’appels aux dons ». 

 

 
Lire l’article de FLORENCE PAGNEUX, à Angers.

 

* * * *

 

On lira aussi avec profit le dernier édito de la Fédération  nationale des arts de la rue (signé Pierre Prévost) et découvert ce jour grâce à l’excellent CD. ORG

 

 Peut-être est-il temps de sortir de l’entre-soi pour provoquer le débat avec les citoyens. Peut-être est-il temps de relancer l’idée des « bouillons de culture ».
Quelle valeur représente un ministère de la Culture s’il ne défend la notion de service public ?
Quelles valeurs peuvent revendiquer des politiques culturelles si elles ne sont d’émancipation ?

Au lieu de quoi, la marchandisation nous parquerait dans nos manies, et c’est en partie ce dont il est question ici.

Peut-être est-il temps de redonner à la culture sa véritable place en amont du politique et non l’inverse.

Pour faire avancer la réflexion et sa mise en acte, nous disposons dores et déjà d’outils précieux qui dépassent le cadre hexagonal : Agenda 21 pour la culture, déclaration de Fribourg, Convention de l’Unesco…

 

A suivre...

 

 



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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 15:32

 CG

 

Tandis que ma dernière note évoquait l’intervention d’une élue écologiste lors du débat budgétaire au Conseil régional de Haute-Normandie, celle du jeudi 9 décembre sur le blog de mon ami Jean-Gabriel Carasso était consacrée au rapport de Mme Marie-Odile Bouillé, députée et rapporteure pour avis de la Commission des affaires culturelles, relatif au budget de l’éducation artistique.

 

En contrepoint, Cécil Guitart postait un commentaire à cette note qu’on pourra lire ci-dessous.



C’était donc peu de temps avant sa brutale disparition, peut-être l’une des dernières choses publiées par cet homme du livre et de l’écrit que j’ai eu la chance de croiser à plusieurs reprises au cours de ma trajectoire militante et professionnelle.

  

La notice de Livre Hebdo

 

La mort soudaine de Cécil Guitart, connu et apprécié des bibliothécaires mais aussi du monde politique et associatif grenoblois, provoque l’émotion.

Sur son blog, le député-maire de Grenoble, Michel Destot rend hommage à Cécil Guitart, mort soudainement le dimanche 12 décembre : “Nous lui devons de pouvoir proposer aujourd’hui aux Grenoblois un formidable réseau de bibliothèques, présent dans tous les quartiers de notre ville.”

Conservateur général, Cécil Guitart a en effet été l’un des premiers artisans du bond en avant de la lecture publique avec la création, dans les années 1970, de l’exemplaire réseau de lecture publique de Grenoble qui comprenait notamment l’innovante bibliothèque Grand’Place.

Avant de devenir en 1986 responsable des bibliothèques au côté du directeur du livre Jean Gattegno, il est l’un des cinq premiers conseillers pour le livre à la Drac de Lyon et à l’origine de l’Agence de coopération documentaire et de l’Office Rhônes-Alpes du livre.

En 1989, il travaille au pôle européen universitaire de Grenoble puis devient quelques années l’adjoint au maire Michel Destot tout en continuant de travailler avec le monde associatif  dans lequel il était reconnu comme un infatigable militant de l’éducation populaire.

“Cécil Guitart était un homme de conviction et de passion mais aussi un homme qui savait parler aux élus et qui a beaucoup contribué au développement des relations entre l’Etat et les collectivités locales dans le contexte de la décentralisation”,  se souvient Georges Perrin, qui lui succéda au poste de conseiller du livre à Grenoble en 1986

  

Le commentaire de Cécil Guitart suite à la note La culture à l’Assemblée. 



Pour faire un joli contrepoint (à la note de J.G. Carasso sur le budget 2011 de l’éducation artistique NDLR) voici le texte intégral du discours prononcé par Victor Hugo où il est question de préférer budgétairement la culture à l'ignorance.

 

QUESTION DES ENCOURAGEMENTS AUX LETTRES ET AUX ARTS

10 novembre 1848.
M. LE PRÉSIDENT.-L'ordre du jour appelle la discussion du budget rectifié de 1848.
M. VICTOR HUGO.-Personne plus que moi, messieurs ( Plus haut! plus  haut! ), n'est pénétré de la nécessité, de l'urgente nécessité d'alléger le budget; seulement, à mon avis, le remède à  l'embarras de nos finances n'est pas dans quelques économies chétives et détestables; ce remède serait, selon moi, plus haut et ailleurs, il serait dans une politique intelligente et rassurante, qui donnerait confiance à la France, qui ferait renaître l'ordre, le travail et le crédit ... ( agitation ) et qui permettrait de diminuer, de supprimer même les énormes dépenses spéciales qui résultent des embarras de la situation. C'est là, messieurs, la véritable surcharge du budget, surcharge qui, si elle se prolongeait et s'aggravait encore, et si vous n'y preniez garde, pourrait, dans un temps donné, faire crouler l'édifice social.
Ces réserves faites, je partage, sur beaucoup de points, l'avis de votre comité des finances. J'ai déjà voté, et je continuerai de voter la plupart des réductions proposées, à l'exception de celles qui me paraîtraient tarir les sources mêmes de la vie publique, et de celles qui, à  côté d'une amélioration financière douteuse, me présenteraient une faute politique certaine.
C'est dans cette dernière catégorie que je range les réductions proposées par le comité des finances sur ce que j'appellerai le budget spécial des lettres, des sciences et des arts.
Ce budget devrait, pour toutes les raisons ensemble, être réuni dans une seule administration et tenu dans une seule main. C'est un vice de notre classification administrative que ce budget soit réparti entre deux ministères, le ministère de l'instruction publique et le ministère de l'intérieur. Ceci m'obligera, dans le peu que j'ai à dire, d'effleurer quelquefois le ministère de l'intérieur. Je pense que l'assemblée voudra bien me le permettre, pour la clarté même de la démonstration. Je e ferai, du reste, avec une extrême réserve. Je dis, messieurs, que les réductions proposées sur le budget spécial des sciences, des lettres et des arts sont mauvaises doublement. Elles sont insignifiantes au point de vue financier, et nuisibles à tous les autres points de vue. Insignifiantes au point de vue financier. Cela est d'une telle évidence, que c'est à peine si j'ose mettre sous les yeux de l'assemblée le résultat d'un calcul de proportion que j'ai fait. Je ne voudrais pas éveiller le rire de l'assemblée dans une question sérieuse; cependant, il m'est impossible de ne pas lui soumettre une comparaison bien triviale, bien vulgaire, mais qui a le mérite d'éclairer la question et de la rendre pour ainsi dire visible et palpable.
Que penseriez-vous, messieurs, d'un particulier qui aurait 1,500 francs de revenu, qui consacrerait tous les ans à sa culture intellectuelle, pour les sciences, les lettres et les arts, une somme bien modeste, 5 francs, et qui, dans un jour de réforme, voudrait économiser sur son intelligence six sous? ( Rire approbatif .)
Voilà, messieurs, la mesure exacte de l'économie proposée. ( Nouveau rire .) Eh bien! ce que vous ne conseilleriez pas à un particulier, au dernier des habitants d'un pays civilisé, on ose le coneiller à la France. ( Mouvement .)
Je viens de vous montrer à quel point l'économie serait petite; je vais vous montrer maintenant combien le ravage serait grand.
Pour vous édifier sur ce point, je ne sache rien de plus éloquent que la simple nomenclature des institutions, des établissements, des intérêts que les réductions proposées atteignent dans le présent et menacent dans l'avenir.
J'ai dressé cette nomenclature; je demande à l'assemblée la permission de la lui lire, cela me dispensera de beaucoup de développements. Les réductions proposées atteignent:
Le collège de France,
Le muséum,
Les bibliothèques,
L'école des chartes,
L'école des langues orientales,
La conservation des archives nationales,
La surveillance de la librairie à l'étranger ... (Ruinecomplète de notre librairie, le champ livré à la contrefaçon!)
L'école de Rome,
L'école des beaux-arts de Paris,
L'école de dessin de Dijon,
Le conservatoire,
Les succursales de province,
Les musées des Thermes et de Cluny,
Nos musées de peinture et de sculpture,
La conservation des monuments historiques.
Les réformes menacent pour l'année prochaine:
Les facultés des sciences et des lettres,
Les souscriptions aux livrés,
Les subventions aux sociétés savantes,

Les encouragements aux beaux-arts.
 En outre,-ceci touche au ministère de l'intérieur, mais la chambre me permettra de le dire, pour que le tableau soit complet,-les réductions atteignent dès à présent et menacent pour l'an prochain les théâtres. Je ne veux vous en dire qu'un mot en passant. On propose la suppression d'un commissaire sur deux; j'aimerais mieux la suppression d'un censeur et même de deux censeurs. ( On rit .)

UN MEMBRE.-Il n'y a plus de censure!
UN MEMBRE, à gauche.-Elle sera bientôt rétablie!
M. VICTOR HUGO.-Enfin le rapport réserve ses plus dures paroles et ses menaces les plus sérieuses pour les indemnités et secours littéraires. Oh! voilà de monstrueux abus! Savez-vous, messieurs, ce que c'est que les indemnités et les secours littéraires? C'est l'ex
istence de quelques familles pauvres entre les plus pauvres, honorables  entre les plus honorables.
Si vous adoptiez les réductions proposées, savez-vous ce qu'on pourrait dire? On pourrait dire: Un artiste, un poëte, un écrivain célèbre travaille toute sa vie, il travaille sans songer à s'enrichir, il meurt, il laisse à son pays beaucoup de gloire à la seule condition de donner à sa veuve et à ses enfants un peu de pain.
Le pays garde la gloire et refuse le pain. ( Sensation .)
Voilà ce qu'on pourrait dire, et voilà ce qu'on ne dira pas; car à coup sûr, vous n'entrerez pas dans ce système d'économies qui consternerait l'intelligence et qui humilierait la nation. ( C'est vrai! )
Vous le voyez, ce système, comme vous le disait si bien notre honorable collègue M. Charles Dupin, ce système attaque tout; ce système ne respecte rien, ni les institutions anciennes, ni les institutions modernes; pas plus les fondations libérales de François Ier que les fondations libérales de la Convention. Ce système d'économies ébranle d'un seul coup tout cet ensemble d'institutions civilisatrices qui est, pour ainsi dire, la base du développement de la pensée française.
Et quel moment choisit-on? C'est ici, à mon sens, la faute politique grave que je vous signalais en commençant; quel moment choisit-on pour mettre en question toutes ces institutions à la fois? Le moment où elles sont plus nécessaires que jamais, le moment où, loin de les restreindre, il faudrait les étendre et les élargir.
Eh! quel est, en effet, j'en appelle à vos consciences, j'en appelle à vos sentiments à tous, quel est le grand péril de la situation actuelle? L'ignorance. L'ignorance encore plus que la misère. ( Adhésion .)
L'ignorance qui nous déborde, qui nous assiége, qui nous investit de toutes parts. C'est à la faveur de l'ignorance que certaines doctrines fatales passent de l'esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau confus des multitudes. Le communisme n'est qu'une forme de l'ignorance. Le jour où l'ignorance disparaîtrait, les sophismes s'évanouiraient. Et c'est dans un pareil moment, devant un pareil danger, qu'on songerait à attaquer, à mutiler, à ébranler toutes ces institutions qui ont pour but spécial de poursuivre, de combattre, de détruire l'ignorance!
Sur ce point, j'en appelle, je le répète, au sentiment de l'assemblée. Quoi! d'un côté la barbarie dans la rue, et de l'autre le vandalisme dans le gouvernement! ( Mouvement .) Messieurs, il n'y a pas que la prudence matérielle au monde, il y a autre chose que ce que j'appellerai la prudence brutale. Les précautions grossières, les moyens de police ne sont pas, Dieu merci,
 le dernier mot des sociétés civilisées.

 

Commentaire n°2 posté par cecil GUITART il y a 4 jours à 09h49

 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 11:18

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Elle se nomme Laure Leforestier.

 

Comme seule indication biographique en tête de son blog on peut lire ceci :

 

un ton pas toujours sérieux n'empêche pas de traiter de sujets parfois graves

 


Et, en le lisant on comprend qu'elle est élue au Conseil régional de Haute-Normandie.

 

Qui délibère en ce moment sur son budget 2011 (à première vue ça se passe mieux qu'en Ile-de-France !).

 

D'où son intervention, au nom d'Europe-Ecologie-les-Verts (ils s'appellent comme ça désormais).

Extrait :

Budget Culture 2011

Ci-dessous, mon intervention en séance plénière du Conseil Régional Haute-Normandie de ce jour concernant le budget de la Culture.

 

Monsieur le Président, cher(e)s collègues,

Le budget de la culture que nous allons voter aujourd’hui, amène de la part du groupe Europe Ecologie Les Verts quelques remarques.

Depuis 40 ans, ce sont toujours les mêmes catégories sociales qui fréquentent les théâtres, salles de concerts, musées, bibliothèques. Celles qui bénéficient déjà dans leur contexte familial de cette ouverture au monde de la culture, la fréquentation par d’autres publics restant toujours à la marge.

C’est pourquoi nous proposons plutôt que la démocratisation, de placer la démocratie culturelle davantage au centre des problématiques. Cette réflexion autour d’un autre positionnement de l’intervention publique émerge depuis quelques années, au sein de quelques collectivités. Ainsi les départements du Nord ou de Seine Saint Denis ont entrepris une démarche de ce type par le biais d’un agenda 21 de la culture. Qui dit agenda 21 implique aussi de faire appel à la démocratie participative. C’est une démarche salutaire dans un secteur où en matière de décisions, il n’y a plus qu’un face-à-face entre des professionnels et la sphère politique, les habitants ont été évacués du dialogue. La démocratie participative représente ainsi une part de la méthode pour re-légitimer l’action publique en la matière, et incarner les politiques.



LIRE LA SUITE sur le blog de Laure Leforestier.

 

 

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Autre sujet.

Vient de paraître,à la Documentation française

Cinquante ans après : culture, politique et politiques culturelles. Ministère de la culture

Cet ouvrage publie les actes du colloque organisé à l'occasion du cinquantième anniversaire du ministère de la culture et de la communication. Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, livre sa vision de la politique culturelle ; Antoine Compagnon met en question " le modèle français " ; des tables rondes réunissent des intervenants de vingt pays sur les thèmes présentés dans les communications de Jean-François Chougnet, Jean-Noël Jeanneney, Pierre-Michel Menger, Pierre Nora, Krzysztof Pomian, Jacques Revel et Hubert Védrine, d'anciens ministres de la culture apportent leur contribution et leur témoignage - Renaud Donedieu De Vabres, Jack Lang, Jean-Philippe Lecat, Catherine Tasca, Jacques Toubon. Les annexes comprennent le programme de ces journées, une biographie de chaque intervenant et le résumé en français et en anglais de quelques unes des contributions.

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 16:57

Dans un éditorial publié le 11 novembre dernier sur La Lettre du cadre.fr, sous le titre : La « culture pour chacun », ou comment lutter contre "l'intimidation sociale" ? François Deschamps donne son point de vue sur des textes déjà évoqués ICI MEME  qui alimentent la nouvelle frontière de la politique culturelle de l’Etat : la culture pour chacun.

 

Le 15 mars dernier, Elise Longuet (1) remettait un Rapport au Ministre de la culture pour étudier et proposer des actions en faveur de l'accès de chacun à la culture, et principalement des populations qui en sont éloignées (jeunes, habitants des banlieues  défavorisées, habitants de l'espace rural). Ce Rapport mettait notamment en avant une politique de soutien à la demande notamment par la création d'une carte culture nationale et d'un chèque cadeau culture pour les jeunes. Elle proposait aussi des stages culture pour les jeunes (des quartiers prioritaires et des zones rurales) dans les établissements culturels. Elle prônait l'introduction d'un volet culture dans le livret de compétences de l'élève (passerelle avec les activités culturelles extrascolaires). La suite de ce Rapport concerne une meilleure présence des arts et de la culture dans l'espace public (numérique et physique), ainsi que la participation des populations à certains « temps » publics. Un chapitre est enfin consacré au mécénat (des projets labellisés culture pour chacun seraient éligibles à un mécénat bonifié) et à la création de mesures d'incitation à l'attention des PME/TPE et des particuliers.

En septembre, Francis Lacloche, un proche du Ministre, Conseiller pour le mécénat, la photographie et le programme Culture pour chacun, remettait  une note au Ministre de la culture pour lui proposer un programme et des perspectives  autour de la notion, mise au goût du jour, de « la culture pour chacun » (André Malraux l'avait déjà  mise en avant lors de la présentation du budget de la culture à l'Assemblée nationale  le 27 octobre 1966, cf. ici son discours).

Je crois avoir contribué à l’information sur ces (passionnantes) questions en publiant ici même la note du cabinet au Ministre (avant Télérama !).

Je continue donc…

Le  ministre,  a décidé de mettre la culture pour chacun, ce nouveau paradigme de l’action publique (de l’Etat, s’entend… celui de la RGPP et de la réforme des collectivités territoriales) en tête de la DNO (directive nationale d’orientation) adressée aux Préfets de Région et aux DRAC pour la période 2011-2013.

 

En voici donc le texte intégral (si ça ne vous donne pas envie d’être DRAC, c’est à désespérer…) : Note aux DRAC Note aux DRAC

 

Mais il y a mieux encore pour comprendre (ou tenter de le faire) la logique de « management des services déconcentrés », (c’est comme ça qu’on dit)…

 

Par note du 20 mai 2010, le directeur du cabinet a demandé à l'inspection générale des affaires culturelles (IGAC) que l'évaluation  qu'elle mène annuellement auprès de l'ensemble des directions régionales des affaires culturelles (DRAC) porte spécifiquement en 2010 sur les débuts de la mise en oeuvre de la priorité que le Ministre entend donner à l'action du ministère à « la culture pour chacun ».

 

Il était demandé d'examiner cette mise en oeuvre dans le cadre de deux thèmes de la directive nationale d'orientation (DNO) pour 2010 qui pouvaient être considérés comme une déclinaison au moins partielle de cet objectif, « la promotion de la culture sociale » et « le défi de la transmission ».

 

Par ailleurs, il convenait d'analyser les perspectives du déploiement de cet objectif dans l'action des DRAC, notamment dans sa déclinaison régionale au regard des besoins des territoires, des efforts éventuellement déjà consentis par les collectivités territoriales, de l'évolution des leurs finances  et des partenariats envisageables avec elles.

 

En préambule de la présente synthèse, il paraît indispensable de signaler une difficulté intrinsèque à cette évaluation demandée à l'ensemble de l'IGAC. Le concept de « culture pour chacun » n'avait, jusqu'à récemment,  pas fait l'objet d'un document de la part du Cabinet ou du Secrétariat général visant à en préciser l'acception, qui aurait été adressé aux DRAC. Le projet de plan stratégique que le cabinet a diffusé le 16 septembre dernier constitue, à cet égard, un document de première importance.

 

 

Ceux qui ricanent prennent la porte (pour moi, merci, c’est déjà fait, merci).

 

Les autres (ceux qui ont le cuir tanné et qui gardent le moral dans l’adversité) pourront prendre connaissance de la prose de l’Inspection générale.  

SYNTHESE DES ÉVALUATIONS

PAR L'INPECTION GÉNÉRALE DES AFFAIRES CULTURELLE

DE LA MISE EN OEUVRE

PAR LES DIRECTIONS RÉGIONALES DES AFFAIRES CULTURELLES

DE LA PRIORITÉ « LA CULTURE POUR CHACUN »

EN 2010

 

 

 

Post scriptum : voir également les (pertinentes) rféflexions de Jean-Gabriel Carasso sur son blog L'Oizeau rare.

 

 

 

   

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 14:30

*** * * * ***

Le Monde d'hier, sous la plume de Nathaniel Herzberg, ressortait la belle invention de notre bon ministre la culture pour chacun de l'injuste oubli où elle sommeillait.

 

Rappel des chapitres précédents sur ce blog :

 le 14 septembre   le 16 septembre  

 

 

 

Toujour soucieux d'offrir à ceux qui lui font l'honneur de cliquer au bon endroit, La Cité des Sens leur offre (gratuitement, comme on dit en ce moment même au Forum d'Avignon, la cité des papes de la finance culturelle) la version intégrale de la note rédigée par le cabinet de Frédéric Mittérrand dont Le Monde ne donnait que quelques extraits coupés de leur contexte.

Ils retrouvent ici toute leur saveur d'origine...   chacun en jugera.

Télécharger la note

 

 

En prime, le rapport commandé il y a un an (déjà!) à (une certaine ?) Elise Longuet

 _______

Culture pour chacun : Étude et propositions d’actions

en faveur de l’accès de chacun à la culture,

et principalement de trois populations qui en sont

éloignées, les jeunes, les habitants des banlieues

défavorisées, et les habitants de l’espace rural.

 

 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 17:09

Lecture

 

 

 

 

 

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Plan du cours

 

 

  

 

Bibliographie

 

 

 

 

 

 

 

 

 = = = AU COMMENCEMENT... = = = =

 

Ce qu'on appelle « La Culture » c'est l'ensemble des réponses mystérieuses que peut se faire un homme, lorsqu'il regarde dans une glace, ce que sera son visage de mort. 

(...)

Le grand combat intellectuel de notre siècle a commencé. Mesdames et Messieurs, cette Maison y convie chacun de vous, parce que la Culture est devenue l'autodéfense de la collectivité, la base de la création et l'héritage de la noblesse du monde.

 

André MALRAUX

 

 = = L'AGE DU DEVELOPPEMENT CULTUREL = =

 

La mutation culturelle que nous constatons se traduit par une remise en question généralisée de la notion de culture qui a perdu son ancienne clarté pour devenir insaisissable.

 

De là provient une première difficulté pour l'élaboration d'une politique culturelle : comment définir une politique dans un domaine qui n'a pas été préalablement défini, cerné, circonscrit?

(…)

Le développement culturel n'est donc plus pour les sociétés et les individus un luxe dont ils pourraient se passer, l'ornement de l'abondance; il découle des besoins profonds des sociétés aux prises avec leur transformation.

 

Jacques DUHAMEL, Discours à la Première conférence des ministres européens de la culture, Helsinki, 9 juin 1972.

 

 

  = DE LA CULTURE LÉGITIME À L’ÉCLECTISME CULTUREL =

 

 

Pour définir la culture, la plupart des commentateurs utilisent la proposition de l’anthropologue britannique Edward Burnett Tylor (1832-1917) dans son livre Primitive Culture (1871) : « Culture, pris dans son sens ethnologique le plus étendu, est ce tout complexe qui inclut la connaissance, la croyance, l’art, les choses morales, la loi, la coutume, et toutes les autres aptitudes et habitudes acquises par l’homme en tant que membre de la société. »

 

(…)

 

Edgar Morin a bien résumé cette situation un peu bancale [l'ambiguïté du terme « culture »] : « Il est clair que nous avons un sens restreint et un sens ample du mot “culture”.

Le sens restreint, c’est la culture cultivée, la culture des productions esthétiques, artistiques, intellectuelles, et le sens ample, qui est en même temps un sens très profond, c’est un sens anthropologique, c’est l’ensemble des normes, des comportements, des prescriptions, des tabous qui en quelque sorte ordonnent notre “vivre” dans une société donnée. Évidemment, nous sommes ballottés entre ces deux sens et nous faisons sans cesse le va et vient, nous sautons d’un code à un autre, d’une façon tout à fait inconsciente »

 

(Intervention orale d’Edgar Morin dans « Prospective du développement culturel

», Analyse et Prévision, Futuribles, octobre 1973, p. 32 (actes du colloque du

même titre, Arc-et-Senans, avril 1972).

 

Culture, « culture » (7) : le malentendu

Cette définition de la culture en deux entités distinctes n’est pas entièrement satisfaisante : c’est le mariage de la carpe et du lapin. Sous prétexte d’homographie (« culture » = Culture), la ressemblance entre les signifiants a imposé une équivalence sémantique entre deux approches foncièrement divergentes. Tout se passe comme si la Culture « au sens anthropologique » était une assiette au centre de laquelle trônerait la culture académique ou savante (« cultivée », « légitimée ») présentant à son tour la création artistique comme le joyau de sa couronne. On assisterait à un empilement des cultures, de la plus basse, mais la plus large,

à la plus élevée mais la plus rare. Le problème est que Culture est générique, et « culture » spécifique. Redisons-le : la première englobe tous les aspects de la vie collective en tant qu’ils appartiennent à un système social considéré a priori comme cohérent, où les arts ont leur place, ni plus ni moins, à côté des Arts de faire (8) comme les manières de cuire, de partir à la cueillette ou de faire son marché.

La seconde « culture » s’intéresse à ce que la société définit, par l’intermédiaire d’un corps compétent, comme « culturel » : surtout les arts, les créations et leurs publics (cf. la « réception » des oeuvres). Elle ne se réduit pas à la pure contemplation. La vie sociale l’interpelle par l’éducation artistique, les pratiques en amateur, la fréquentation des équipements culturels, la « culture d’appartement » (audiovisuel, achats culturels...) et d’autres réalités appréhendées par les enquêtes sociologiques et par la vie économique. On a agrandi son domaine en lui attribuant, à juste titre, la culture scientifique et technique, ou bien des activités de loisirs (bricolage, jardinage, tourisme, sports, télévision...). Mais, quoi qu’on dise, son centre de gravité reste animé par le souci fondateur de faciliter le contact entre les oeuvres à exposer, à visiter, à entendre, à lire, quelles qu’en soient la nature et l’origine, et « les gens » (publics, populations). La culture a soit le sens passif de ce qui est reçu et fixé à jamais, soit le sens actif d’une oeuvre à faire hic et nunc. La Culture anthropologique résulte de la sélection, dans son histoire, des éléments symboliques du savoir être et matériels des savoirs et des savoir-faire, qui la valorisent actuellement aux yeux des vivants. D’où l’importance des « mythes fondateurs », scientifiques, religieux, moraux ; des coutumes et des règles qui expriment les codes du savoir-vivre ; et des apprentissages (pour cueillir, chasser, combattre, pactiser, construire...) éprouvés par les Anciens et transmis de générations en générations. D’où aussi

son caractère fixiste, opposé aux nouveautés et aux interprétations personnelles qui tenteraient de contourner la loi générale. La « culture » dite académique, elle, entre de plain-pied dans l’échange généralisé des oeuvres d’art (par exemple les expositions temporaires et itinérantes du grand patrimoine), des groupes d’artistes (les tournées), des manières de consommer comme acheter des disques ou des journaux, etc. Ces activités privilégient les parcours culturels individualisés, favorisant « les goûts et les couleurs » au détriment des repères collectifs sur lesquels, croit-on, cette « culture » fondait autrefois sa légitimité.

 

 

Extrait de l'article de Pierre MAYOL

DE LA CULTURE LÉGITIME À L’ÉCLECTISME CULTUREL

 

Ville-Ecole-Intégration Enjeux, n° 133, juin 2003.

 

 

 

 

LIRE L'ARTICLE de PIERRE MAYOL

 

 

 

= = = = =


 

 

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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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