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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 21:42

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Après-demain, journal mensuel de la Ligue de enseignement, n°345-346, juillet-août 1992.

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Type : document électronique, publication en série Auteur(s) : Pompougnac, Jean-Claude (1946-.... ). Auteur du texte Titre clé : La Cité des sens Titre(s) : La Cité des sens [Ressource électronique] : le blog de Jean-Claude Pompougnac Type de ressource électronique : Données textuelles et iconographiques en ligne Publication : [Fresnes] : [Cité des sens], 2006- Note(s) : Blogue. - Notice rédigée d'après la consultation de la ressource, 2013-11-14 Titre provenant de l'écran-titre Périodicité : Mise à jour en continu Indice(s) Dewey : 020.5 (22e éd.) ; 301.094 4> (22e éd.) ISSN et titre clé : ISSN 2270-3586 = La Cité des sens ISSN-L 2270-3586 URL : http://cite.over-blog.com/. - Format(s) de diffusion : HTML. - Accès libre et intégral. - Consulté le 2013-11-14 Notice n° : FRBNF43711075

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 09:18

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parmi les grandes inquiétudes culturelles du nouveau siècle, celle qui concerne la lecture n’est pas la moindre. Elle mobilise les esprits, elle meuble les conversations, elle surgit au droit de la plupart des analyses de l’époque. Parlera-t-on de crise de la lecture, de désaffection radicale, de mutation ? C’est le parti pris de cet ouvrage, d’un ouvrage sur les ouvrages (lus, à lire) en quelque sorte, d’un appel à la lecture portant sur la lecture, ses modalités, et le nombre de lecteurs.

Un parti pris qui s’ouvre d’ailleurs sur une difficulté, puisque chacun a remarqué depuis longtemps que, dans les débats portant sur un tel thème, on confond allègrement la lecture avec la lecture du livre, et la lecture du livre avec la lecture du livre littéraire. Débats faussés, alors ? C’est à lire.


Sous le beau titre Lire, objet de quel désir ? et sur nonfiction.fr, Christian Ruby rendait compte (il y a déjà un certain temps) de l'ouvrage

LES MUTATIONS DE LA LECTURE

Sous la direction d’Olivier Bessard-Banquy 
Pessac, Presses universitaires de Bordeaux.

 

LIRE LA RECENSION de Christian RUBY

 


Même ouvrage analysé sur le Bulletin des bibliothèques de France sous la plume alerte de Tristan Ermakoff.


À l’âge quasi cacochyme où nous écrivons ces lignes, nous ne sommes pas équipés de toutes ces prothèses techniques, nous nous méfions (un peu) du discours sans recul sur ces prouesses. Mais, proches des travaux des sociologues, pour les avoir (un peu) lus, des universitaires, on ne peut que s’étonner de cette sorte de mépris qui ferait que tout lecteur qui n’a pas lu Proust, Céline, serait une sorte d’handicapé, que Marc Lévy et Guillaume Musso enfonceraient ou maintiendraient leur lecteur dans la fange de la sous-culture. Rejoignons Martine Poulain : « nous sommes pris dans une tension permanente », écrit-elle en faisant allusion à Richard Hoggart, auteur anglais du fameux 33 Newport Street, « car il faut continuer à satisfaire nos publics habituels ou traditionnels, et nous avons l’impérieuse nécessité de promouvoir la lecture sous toutes ses formes ». Rejoignons Olivier Donnat : « N’oublions pas qu’il existe aujourd’hui des esprits raffinés qui encore une fois s’intéressent aux séries télévisées ou à d’autres productions de la culture de masse qu’on aurait tort de considérer comme vulgaires ou sans contenu culturel. C’est assez impressionnant de voir aujourd’hui le nombre de thésards qui se penchent sur les séries télévisées. » Rejoignons enfin Bernard Lahire : « Le sociologue peut aussi considérer qu’il n’y a pas d’étanchéité parfaite entre ces deux univers, sous-culture de divertissement d’un côté, les “grandes œuvres” de l’autre. » Alors, écrire comme Olivier Bessard-Banquy : « N’est-il pas possible de préférer Bach au rap parce que c’est tout simplement plus facile à l’oreille ? », il faut parfois oser.

 

 

LIRE LA RECENSION de THIERRY ERMAKOFF


 

Bien plus récent, sur l'excellent site ActuaLitté, le compte rendu d'une intervention

de l'historien Roger Chartier

Nos rapports avec la culture écrite sont profondément transformés”

 

Mais la plus grande transformation du numérique est liée au fait que « pour la première fois, un support de l’écrit et de l’image n’est plus support d’un texte ou d’une série de textes particuliers. » Le numérique bouleverse les rapports entre la matérialité de l’objet et l’identité du texte, ce qui influe sur la relation entre fragments et totalité. En nous attachant à des fragments successifs qui apparaissent sur l’écran, notre perception de la totalité est rendue plus difficile, alors que dans le domaine imprimé, même si le lecteur ne souhaite pas lire toutes les pages, « la forme matérielle lui impose l’idée d’une totalité et d’une relation entre les éléments qui composent cette totalité. » 

 

« C’est pour ça que pour moi c’est une différence radicale et non une question de valeurs, avec un monde que nous aurions perdu, ou l’utopie extraordinaire de l’ère digitale », estime Roger Chartier. Il faut « reconnaître que les rapports que nous entretenons avec la culture écrite sont profondément transformés. »

 

ACCEDER à L'INTERVENTION de ROGER CHARTIER

 

 


 

Du même auteur, sur La Cité des sens : CE QUE LE NUMERIQUE FAIT A LA CULTURE

 


 

 

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 08:40
Culture et politique : Péguy, Gramsci, Pasolini

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Comme Péguy, Gramsci, Pasolini, et beaucoup d'autres, constatons aussi que la crise d'aujourd'hui est culturelle et que la culture, ou plutôt, pour éviter trop d'ambiguïtés, la question culturelle en est instrumentalisée.

Péguy distingue les « périodes », qui sont comme un temps de « bonace », dit-il, un temps calme où, en apparence, il ne se passe rien, et les « époques », qui sont les temps de crise pendant lesquels le monde se modifie. Pasolini, au début des années 1970 fait un constat analogue, s'appuyant notamment pour cela sur la lecture de Gramsci. On sait par ailleurs que Gramsci était lecteur de Péguy, notamment de L'Argent, et que Péguy, quant à lui, lisait Bergson. Admettons ces filiations entre des œuvres qui, à des époques certes différentes, s'attachent à analyser, à disséquer les crises, crises définies d'abord comme des crises culturelles. Quant à notre temps, il n'est pas hasardeux de prétendre que nous sommes de nouveau - si nous en sommes jamais sortis - dans une « époque », qu'il y a bien crise, et que, pour paraphraser la citation surexploitée de Gramsci, « l'ancien ne veut pas mourir et le nouveau ne peut pas naître ». Gramsci précise que c'est pendant les crises que naissent des monstres. Et l'on constate, ô combien, que notre époque voit naître et agir des monstres particulièrement violents et sordides. Comme Péguy, Gramsci, Pasolini, et beaucoup d'autres, constatons aussi que la crise d'aujourd'hui est culturelle et que la culture, ou plutôt, pour éviter trop d'ambiguïtés, la question culturelle en est instrumentalisée. Il y a les partisans de cet « ancien qui ne veut pas mourir » qui revendiquent pour eux-mêmes la « culture », mieux, qui revendiquent d'être la « culture », aidés et armés en cela par les clercs de tout acabit. Ce sont eux qui prêchent une sorte d'implosion temporelle où le passé deviendrait l'avenir. Et puis il y a les propagandistes écervelés du « nouveau » qui proclament, au nom de ce « nouveau » qu'ils sont eux aussi la culture, pour aujourd'hui et pour demain, et qui passent par dessus bord toutes les vieilleries culturelles qui n'auraient plus cours. Il suffit pour s'en convaincre d'entendre ou de lire certains chantres des technologies, qui sont d'autant plus acculturés qu'ils ignorent même qu'ils le sont et qui partent la fleur au fusil numérique sur les sentiers des technologies balisés par le grand capital. Les deux camps ont chacun leurs monstres, qui peuvent parfois paradoxalement s'entendre quand il s'agit de se partager les profits.

 

Diégèse  Pierre Oudart.


Si vous savez lire, vous ne pouvez manquer d'entendre qu'il est grand temps pour moi de signaler un travail au long cours, bien antérieur au mien, et dont je n’ai fâcheusement jamais parlé ici ?


 

Ce travail est commencé depuis 6045 jours (863semaines),
et son auteur est en vie depuis
 20498 jours (20498 = 2 x 37 x 277 jours)
Ce travail court ainsi sur une période qui représente 29,4907% de sa vie.


Il s’agit donc de Diégèse dont l’auteur est Pierre Oudart.

 


Qu'est-ce que « diégèse - l'Atelier du texte » ?

 

La diégèse, c'est un rapport de tension entre le réel et la fiction. C'est donc le réel puisque, aussi bien, il n'y a de réel que par interprétation... 

 

Diégèse est un protocole d'écriture quotidienne. Le protocole change chaque année. Diégèse commence en 2000.

Diégèse est une fiction qui joue avec le temps. C'est un seul texte et c'est un hypertexte. 

Diégèse, c'est le rapport entre le temps qui passe, le temps réel, le temps de la vie et le temps du récit, le temps de la fiction. 

De ce rapport naît le texte. Il s'agit donc d'imaginer ce que peut être la diégèse d'un hypertexte. 
Le protocole permet d'écrire tous les jours. 

En 2000, c'est un faux journal intime. Le site s'appelait alors Demain 2000 car les textes quotidiens étaient écrits avec un jour d'avance.  

En 2001, c'est la même chose, mais chaque jour, un mot est lié avec le même mot dans un des deux textes du même jour, un an auparavant. La barre de titre affichait 2001 = 2000 + 1. Le temps de 2001 est un bégaiement. 
Entre 2000 et 2001, des images ont été perdues. Ne subsistent parfois que les textes sous les images. 

En 2002, c'est un faux carnet de voyage, qui reprend chaque jour une phrase de 2000 et une phrase de 2001. L'itinéraire est construit à partir de cartes informatiques sur le Web. Un moteur de recherche fournit les images. Depuis 2002, les sites qui contenaient certaines de ces images ont disparu ou ont changé d'adresse et les liens sont rompus et ont été enlevés. 

En 2003, l'idée était d'abord de reprendre des notes prises à Lisbonne pour écrire un texte de fiction. Mais le temps porte ensuite vers le thème de l'éclipse, qui se déploiera dans un texte qui n'existe que sur papier et dont les fragments sur le site constituent le matériau de construction. A la place du texte qui n'a pas encore été écrit, j'ai mis des photos de Lisbonne. 

En 2004, je recopie phrase par phrase, du début jusqu'à la fin, Les Méditations métaphysiques de Descartes et les commente très librement, sans bien évidemment aucune prétention de faire de la philosophie. 

En 2005, une image, un texte. L'image est d'abord prise avec mon téléphone mobile, jusqu'en juillet, puis par un appareil numérique plus perfectionné. Ce ne sont cependant pas des images "de qualité", des photographies photogéniques. Ce sont des fragments de réel pixelisés. C'est tout. Le texte à côté de l'image est une chronique qui commence par la révolte contre les commentaires médiatiques et politiques après le Tsunami asiatique. C'est Charles Péguy et son pamphlet Notre jeunesse qui reviennent, qui rappellent que tout commence en mystique et tout finit en politique. Je marche en 2005 une main dans celle de Louis Massignon et l'autre dans celle de Charles Péguy. Je râle. 

En 2006, je tente, comme en 2003, mais sous la tutelle littéraire et politique de Monsieur Harold PINTER, d'écrire un texte. Diégèse est l'atelier du texte. Je reprends un mot, une phrase, un bout de phrase des années précédentes, des mêmes dates des années précédentes. Ce sont les matériaux. Puis je fais trois colonnes. La colonne de gauche, c'est avant le texte, c'est ce qu'il y a dans ma tête avant le texte. La colonne du milieu, c'est le texte, qui continue d'un jour sur l'autre. La colonne de droite, c'est après le texte, déjà le commentaire du texte. Chaque semaine, le texte est rétabli sous forme de séquences, notées S01, S02, S03... On peut accéder aux séquences par la page du calendrier 2006. 

En 2007, je reprends le prélèvement d'images. Ce sont ainsi chaque jour une image et une phrase. On peut supposer que les phrases sont prononcées par les personnages de 2006. D'ailleurs, ce sont parfois, exactement, des phrases déjà prononcées en 2006. Cependant, certains jours, les mots ou les phrases viennent de plus loin, et viennent de 2000 ou de 2001 ou de 2002 ou de 2003 ou de 2004 ou encore de 2005... Ce n'est pourtant pas comme si tous les mots avaient été prononcés, si tout avait été dit. C'est juste un parcours, une permanence et aussi une diégèse. 

En 2008, les personnages de 2006, Gustav, Mathieu et Noëmie, reviennent. Avec eux un quatrième personnage nommé D. 
Les quatre partent en voyage en suivant les traces du narrateur de 2002, en accomplissant donc exactement le voyage de 2002. Les personnages répètent en les agençant et parfois en les détournant des phrases déjà prononcées, déjà écrites les années précédentes, reprises en liens labyrinthiques. Gustav est perdu. Mathieu essaye de l'aider. Noëmie cite Descartes et D. est l'auteur d'un texte que l'on ne connaît pas. 

En 2009, en hommage à Monsieur Harold PINTER, décédé le 24 décembre 2008, je prolonge la méthode "Pinter" entreprise en 2006. Chacun des personnages apparus en 2006 et voyageurs en 2008 dispose de 91 jours de textes et de sons et peut reprendre, ou non, les phrases qu'il a prononcées les années précédentes. Ce sera d'abord Noëmie, puis Mathieu, puis Gustav et enfin D.  

En 2010, je tente d'allier la méthode "Pinter" à une nouvelle méthode, qui est en fait pour moi une première méthode, et qui serait la méthode "Barthes". Je reprends les cours de Roland Barthes au Collège de France de 1978-1980 sur La préparation du roman, cours auxquels, pour certains d'entre eux, j'ai assisté. Cette méthode Barthes, qui commence par le constat et la définition de ce qui serait le "milieu de la vie", ou ce que Péguy aurait appelé "le point de non retournement", et qui commence aussi par la nécessité d'accepter sa propre mort et même de prendre conscience que l'on est mortel, pose d'emblée l'écriture comme une salvation. Et, comme Pinter, de ce que cela dit et de ce que cela fait, je ne sais rien. Les cours de Roland Barthes au format mp3, deux CD, sont disponibles chez Livraphone, 119-121 rue Blomet, Paris 15ème et peuvent être commandés en ligne à l'adresse suivante :http://www.livraphone.com/product_info.php?products_id=128 

En 2011, je choisis chaque jour une maxime de François de La Rochefoucauld, puis je choisis une photographie ou un film publicitaires. Je produis ensuite une forme brève en rapport avec l'image ou le film publicitaires. Les personnages de 2006, 2008 et 2009, participent dans leur distance. 

En 2012, les personnages apparus en 2006, Gustav Mathieu et Noëmie, accompagnés de Daniel, leur auteur, reprennent le voyage de 2002, de 2008 et de 2009. Ils s'éloignent de Paris, y reviennent, en repartent. Il leur arrive de commenter le monde. Leur exercice cependant demeure un exercice littéraire. Quand ils le peuvent, les personnages publient leurs lignes sur le réseau à partir d'un compte à leur nom. Ils sont amis les uns avec les autres, et aussi avec l'auteur.

En 2013 chaque jour, un des personnages, selon l'ordonnancement défini en 2011, s'adosse aux Maximes de La Rochefoucauld pour tenter de décrypter les travers de ces humains qui sont aussi des personnages. Cela constitue leur "statut" de leur compte sur le réseau. Les images sont celles de 2012 extraites des images panoptiques de "Google View".

En 2014, les personnages écrivains tressent du roman et du romanesque avec des romanciers du 19ème siècle. En janvier, Daniel Diégèse commence par La Fortune des Rougon, d'Émile Zola, premier roman des 20 romans naturalistes des Rougon-Macquart. C'est un exercice de littérature augmentée. L'hypertexte se régénère, le texte matériau des années précédentes étant presque épuisé et saturé.

En 2015, Mathieu Diégèse reprend la Fortune des Rougon et en fait un texte compressé. Selon le découpage institué en 2014, il émet un message de moins de 140 caractères, qui peut ainsi alimenter son compte "Twitter" ; tandis que Gustav Diégèse, reprend le même roman, comme un guide et le décalque en plaçant les personnages dans la ville syrienne d'Alep, en 2011, au moment du soulèvement syrien contre le régime baathiste, réprimé violemment. Le roman décalqué vient alimenter son compte "Facebook".

En 2016, je rapproche dans une lecture continue et alternative deux auteurs qui se côtoient peu, voire même qui ne se côtoient pas : Charles Péguy et Pier Paolo Pasolini. Je juxtapose leurs textes politiques en prose, leur critique commune de la modernité. Cette juxtaposition s'effectue par la publication quotidienne de l'un et de l'autre et par quelques fragments que j'écris et qui doivent fonctionner comme un lien lectoral entre les deux textes. Les fragments cependant forment eux aussi des textes qui sont consolidés et publiés en tant que textes autonomes. Ensemble, ils forment recueil.

Pierre OUDART

 

 

 

 

Voila, vous ne pouvez pas dire que vous n'avez pas été prévenus !

Diégèse

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 09:58
Mieux faire culture, ensemble #2

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On a annoncé, ici même, la rencontre qui s'est déroulée hier à la Maison Jean Vilar, à Avignon.

Comme il l'avait indiqué, l’Institut de coopération pour la culture à mis en ligne la version complète du fruit des travaux qu'il a conduit depuis 2012.

 


 

Mieux faire culture, ensemble.

Une perspective en vue de refonder l’intervention publique en faveur des pratiques artistiques et culturelles


 

Face à la mutation productive et sociale contemporaine, une reconfiguration globale du système d’intervention publique en faveur des pratiques artistiques et culturelles s’avère nécessaire. Sur quels principes politiques et fonctionnels la fonder ? Il devient en effet chaque jour plus évident que les dispositifs politiques, juridiques et administratifs de l’action publique en faveur de la culture, qui se sont ajoutés les uns aux autres au fil du temps, sont désormais de moins en moins pertinents. De nouvelles approches sont à inventer qui permettraient à la puissance publique de prendre plus clairement ses responsabilités en étant mieux attentive aux dynamiques artistiques, culturelles et citoyennes contemporaines.


 

Cette contribution très dense de 23 pages, fruit de quatre années de travail collectif identifie

dix enjeux auxquels tant la puissance publique que la société civile sont désormais confrontées.

Elle détaille ensuite de contenu de sept chantiers concernant un projet politique pour demain.


 

1 – L’accompagnement des parcours d’identité culturelle du plus grand nombre

2 – L’entrepreneuriat et les logiques économiques dans le domaine artistique et culturel

3 – Les compétences artistiques et culturelles et la professionnalisation

4 – Les équipements artistiques et culturels

5 – La prise en compte des processus artistiques et culturels élémentaires

6 – Le soutien public aux structures et aux projets artistiques et culturels

7 – La dynamique des responsabilités publiques dans le domaine artistique et culturel .


 

Télécharger la contribution de l'I.C.C.

 


 

L'Institut de coopération pour la culture sur La Cité des sens.


 

Institut de coopération pour la culture.

 

Oser d'autres possibles dans les politiques culturelles.

 

Quel (s) référentiel (s) pour les politiques culturelles ?

 

Institut de coopération pour la culture #5

 

De la clarté des principes à l'incertitude des réformes.

 

Politiques culturelles : éloge de la complexité.

 

L'économie des biens symboliques.

 

Scène nationale et droits culturels.

 

L'Institut de coopération pour la culture à Avignon.

 

Mieux faire culture, ensemble.

 

 

 


 


 


 


 


 


 


 


 

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 08:40
La chose artistique #12

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Je tente d'articuler quelques propositions sur ce que je nomme "la chose artistique" à savoir la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines, en m’intéressant aux situations concrètes, simples voire banales que produit l’habitus des acteurs du "monde culturel".
Il s'agit décrire cette chose en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui, sans être artistes eux-mêmes, vivent dans son obscure et mystique clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.).
Avec le souci d’être profondément superficiel, c'est à dire d’interroger la surface des propos et des gestes de telle sorte que les observations rebondissent sur le questionnement lui-même en produisant une altération de la réflexion, une incertitude quant à ce que nous croyons penser par nous-mêmes au travers des catégories mentales, sociales, esthétiques, politiques qui organisent l'ordinaire et le commentaire quotidien de ce qu'il est convenu de considérer comme « la réalité ».

Jean-Claude Pompougnac

Deux textes de statuts assez différents sur ces questions (et je laisse le soin au lecteur d'établir quelle relation existe ou non entre les deux...)

Le premier est un extrait d'une note du philosophe et dramaturge (mais si... ça existe)

Jean-Louis Sagot-Duvouroux intitulée

REFONDER LES POLITIQUES CULTURELLES PUBLIQUES, et qui commence ainsi :

Une grosse fatigue s’est abattue sur l’appareil culturel public français, si prometteur à ses débuts, si abondant. Par quelle alchimie un système pensé et financé pour répandre les joies de l’esprit dans toutes les classes de la société s’éloigne-t-il si opiniâtrement de son objectif originel ? A moins qu’il soit devenu récif et que l’histoire, les histoires s’en soient allées ailleurs. Des politiques culturelles accordées aux mondes qui naissent ? Des outils propices à la rencontre des imaginaires plutôt qu’à la célébration nostalgique du vieil art ? Les réseaux remplaçant les podiums ? Le bouleversement est souhaitable. Le naufrage est possible.  

La refondation des politiques culturelles publiques est confrontée à deux enjeux majeurs.  

1 – L’agonie du cycle historique de la modernité occidentale.

2 – L’héritage d’un appareil culturel d’Etat construit dans et pour ce cycle agonisant.

 Elle nécessite une claire remise à plat des institutions et du projet.

 

L'extrait qui concerne la chose artistique

Fétichisation

Peu à peu, l’histoire unique a produit une représentation fétichisée des œuvres, considérées comme portant en elles-mêmes leur valeur, indépendamment de la nature des événements sociaux qu’elles provoquent et sans lesquels, pourtant, elles ne sont que « de la merde », pour reprendre une figure psychanalytique de l’argent. Un tableau de maître dans un coffre-fort n’est rien, sinon une « valeur » financière au même titre qu’une action dans une marque de choucroute ou un détournement de fonds (de fond ?), c’est-à-dire « de la merde ». Cette sacralisation des œuvres s’est accompagnée d’une sacerdotalisation des artistes, ordonnés médiateurs de l’inspiration sacrée. Cette évolution a largement dispensé les politiques publiques de se porter sur la nature des événements sociaux qui se nouent autour des œuvres. Abandonnés à la supposée magie de l’art, beaucoup d’événements où l’art se produit sont peu à peu colonisés par un public prédestiné, beaux esprits disposant des clefs de l’autoréférencement (vieux), à l’aise dans les lignées artistiques de l’histoire unique (Blancs), aptes à s’acquitter des tarifs « normaux » censés « valoriser » les œuvres (aisés). De la catégorie « Optima », la plus cossue, en descendant jusqu’à la 5e catégorie, les places de l’Opéra de Paris sont proposées pour des prix situés au dessus des 100€. Au Festival d’Avignon, le tarif « normal » pour une représentation à la cour d’honneur est de 38€. L’opéra et le festival sont pour une part très majoritaire financés par la subvention, c’est-à-dire par le contribuable. Fabriques de la classe dominante au frais de la nation.

En savoir plus.

 

 

 

 

Le second est une mise au poing publiée sur Facebook par la directrice d'un CDN (mais si... ça existe!)

 

Paraîtrait que certains messieurs se plaignent de "la politique de programmation" du CDN de Montluçon. Paraîtrait que la terrible féministe que je suis appliquerait une politique sexiste anti-mecs dans ses choix artistiques, privant ainsi grand nombre de nos talentueux metteurs en scène dotés d'une paire de bijoux de famille de la possibilité de bénéficier de l'accès à une scène de l'institution française, et ce à cause qu'ils en auraient (des bijoux). Et ils auraient bien raison de s'en plaindre si c'était vrai, car quelle injustice ce serait de les voir victimes à leur tour de ce que nous n'avons pas cessé de dénoncer : une sélection par le sexe.

Mais, hélas pour ces justiciers du sexisme inversé, il n'en est rien. J'aimerais avoir eu ce courage radical de décider de n'inviter que des artistes femmes à venir partager la scène des Ilets. Ce ne serait que justice et qu'une goutte d'eau dans l'océan de discrimination et de dépréciation dont elles sont la cible dans notre beau milieu aux grands idéaux démocratiques et égalitaires. Et j'avoue que je porte une attention particulière à la création des artistes femmes (parce que je les trouve souvent (pas "toujours") bien plus inattendues dans leurs choix, aigues dans leurs points de vue, bien moins timorées, moins paresseuses aussi sur les formes, plus habituées aux chemins de traverse, loin des autoroutes esthétiques ou du politiquement correct, que nombre de nos collègues masculins, mais ce sont des questions d'éducation et de déterminisme, les pauvres n'y peuvent rien). J'avoue aussi, et ce n'est pas contradictoire (faudrait voir à arrêter avec la simplification binaire cf. Bourdieu dans "La domination masculine"), que j'aime tout autant bon nombre d'artistes masculins. Je les aime, comme j'aime bon nombre d'artistes féminins : non parce qu'ils-elles sont masculins ou féminins, mais parce qu'ils-elles sont artistes, du moins à mes yeux (et tout ceci, faudrait se le rappeler, est terriblement subjectif et misérablement humain).

J'ai donc invité des artistes (auteurs, autrices, créateurs de scène et créatrices de scène), à partager la scène, les moyens et l'aventure du Théâtre des Ilets durant les trois années à venir. Cette constellation d'artistes est constituée à parts égales, je crois, ou à peu près, de femmes et d'hommes. Il doit bien y avoir aussi des artistes issus de la ... "diversité"? (Si tant est que j'arrive à comprendre ce que c'est que cette notion de "diversité", et qu'est-ce qui te définit "divers"? Et quelques questions me taraudent, comme par exemple : A partir de combien de générations on n'est plus issus de la diversité? On parle de "diverses" nuances de pigmentation? ou de "diversité" sociale? culturelle? religieuse? On parle de quoi au juste?)

OK. Je digresse. Mais pas tant en fait.
Bon. Bref. Tout ça commence à me courir sur le haricot. Et la course aux bons points du politiquement correct commence à me les brouter menu (mes non-bijoux de famille). Appeler à stopper et combattre les attitudes sexistes et racistes (disons les mots) de notre joli milieu sont des nécessités.

Mais cela vient agiter un problème de fond bien plus vaste qui est le problème de l'entre-soi bien pensant de "nos maisons", nos représentations de la démocratie, nos réseaux et réseautages et nos notions de l'égalité.

Faudrait aussi s'attaquer à la façon dont on traite dans notre beau milieu toutes celles et ceux qui n'en ont pas les codes (sociaux et culturels), qui ne partagent pas les référents bien pensants de la CULture, que ce soit parmi les "publics" ou parmi les artistes. Plutôt que de traiter chaque problème séparément en en faisant des concours de bijoux de famille.
Donc pour terminer ce post trop long, que les choses soient claires une bonne fois pour tous les aigris et les emmerdeurs :
Je ne fais pas de "programmation" au CDN de Montluçon.

Un CDN n'est pas une machine à laver. Je partage un lieu de création avec une constellation d'artistes qui toutes et tous font de la "création" c'est-à-dire travaillent à partir et sur des écritures contemporaines "inédites" et donc des créations "originales" (puisqu'il faut tenter ici de redonner son sens de base à ce terme en insistant lourdement). C'est le principe de base. Ça s'appelle un axe artistique. Et ça limite déjà pas mal. Cette constellation est composée d'artistes autour desquels les trois prochaines saisons à venir sont dessinées presque exclusivement : Céline DelbecqJean-Michel Rabeux,Lucienne Agnel (Pascale Henry qui a toujours son petit nom de FB),Frédéric FerrerMarion AubertMohamed Rouabhi, Pauline Peyrade, Gilles GranouilletAmélie Poirier, Collectif Invivo (Julien DubucChloe Dumas, Samuel Sérandour), Jacques DescordeNadège Prugnard, Koffi Kwahulé, Catherine Lenoble, Pierre MeunierAurore EvainSOlenn Denis, Rémi De Vos.

Et je n'indique ici que celles et ceux qui vont être accompagné-e-s directement en création ou écriture. 
Les messieurs énervés montés sur leurs ergots comprendront que vu le nombre des artistes pré-cités, ça limite drastiquement l'accueil d'autres artistes. C'est un choix. Qu'accompagner un-e artiste c'est accompagner un parcours, ce n'est pas juste balancer une coprod sur un spectacle comme on mise au tiercé. Et ça permet d'avoir le temps de la rencontre, de l'échange avec les gens sur un territoire. Et puis j'aime bien prendre le temps de partager des choses avec des gens qui ont un bon esprit de camaraderie et qui sont des artistes engagés. Ça change de pas mal de têtes de cons de ce milieu. 
Alors oui, ok, j'ai décidé, de façon très arbitraire et injuste, que hors les artistes de cette constellation, le très peu d'artistes en plus que le Théâtre des Ilets pourrait accueillir seraient des artistes femmes. Il va rester, quoi,1 ou 2 possibilités d'accueil par an, grand maximum... (on fait le compte de ce que ça représente dans les statistiques du paysage théâtral français?). 
Ah oui il y aussi les journées du matrimoine où on va programmer 1 ou 2 pièces écrites par des autrices du passé. Mais là désolée, je n'y suis pour rien si c'est pratiquement que des femmes qui s'intéressent à ces autrices oubliées et mettent en scène leurs textes. Et il me semble que côté Patrimoine on est servi sur les scènes françaises, non? ou on va m'accuser de faire là aussi de l'infâme discrimination sexiste?. 
Résultat des courses : la saison prochaine est répartie à peu près à égalité entre auteurs et autrices,créateurs-créatrices de scène, avec un léger + pour les femmes. Promis, la saison prochaine on sortira nos calculettes pour atteindre le fifty parfait. 
Quand ça bascule légèrement dans ce sens, apparemment ça ne passe pas. 
Bizarre que quand ça bascule dans l'autre sens (c'est à dire presque toujours, et souvent très lourdement) ça ne se remarque même pas.

 

Du même auteur...

 

Rappels

 

La chose artistique (un)

Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote.

(Stendhal)

 

La chose artistique (deux)

Aujourd’hui que des créateurs proclament que l’art est partout, que le moindre déchet urbain est un objet de l’art, quand les philosophes voient (après Valéry) l’art dans le savoir, lorsque savoir et argent envahissent l’art, où est l’« artiste » ?

Les réponses sont nombreuses, contradictoires, toutes contestables. Les suggestions les plus justes sont peut-être celles qui viennent des artistes eux-mêmes, tel ce projet de l’architecte Robert Filliou pour les toilettes du musée d’Etat de Müchengladbach (1969), qui réjouira sans doute les lacaniens par les trois portes déplaçant la barre du signifiant » : men, women, artists.

(Alain Rey)

 

La chose artistique (trois)

Le bouclier est à la mode en ce début d’été pourri, vous n’avez pas remarqué?

Après le bouclier fiscal (pour les riches) et le bouclier sanitaire (pour les pauvres), voici le bouclier artistique(pour tout le monde).

 

La chose artistique (quatre)

Depuis quelques temps, j'ai remarqué l'apparition de plus en plus fréquente dans les annonces immobilières d'un intrigant "Idéal artiste". Par exemple :

« Belleville. Loft en duplex 100m² dans allée privée. Rez-de-chaussée de 57m² espace ouvert avec cuisine us. Au 1er étage, 43m² avec salle d'eau et wc séparés. Lumineux et calme. Idéal artiste. 500 000 euros. » Bon, il s'agit a priori plutôt d'artistes riches et puis aussi calmes (artistes retraités ?).

(Gaël Bouron)

 

La chose artistique (cinq)

On était habitué à une distinction assez claire entre la culture haute et la « pop culture ».La culture haute, c’était et c’est parfois encore la culture reconnue, celle des musées, des opéras, des œuvres classiques. C’est une culture élaborée par des professionnels spécialisés et reconnus ; c’est une culture réservée à un petit nombre par son coût, par sa rareté, par la difficulté de l’initiation qu’elle demande. C’est enfin une culture référencée dans des cadres comme l’histoire des arts, le savoir et l’expertise des connaisseurs.

(Yves Michaud)

 

La chose artistique et le spectacle vivant

Avec la liberté, partout où règne l’affluence, le bien-être y règne aussi. Plantez au milieu d’une place un piquet couronné de fleurs, rassemblez-y le peuple, et vous aurez une fête. Faites mieux encore : donnez les spectateurs en spectacle ; rendez-les acteurs eux-mêmes ; faites que chacun se voie et s’aime dans les autres, afin que tous en soient mieux unis.

(Jean-Jacques Rousseau)

 

Veni creator (la chose artistique – suite)

C'est pourquoi plus l'artiste est conscient du «don» qu'il possède, plus il est incité à se regarder lui-même, ainsi que tout le créé, avec des yeux capables de contempler et de remercier, en élevant vers Dieu son hymne de louange. C'est seulement ainsi qu'il peut se comprendre lui-même en profondeur, et comprendre sa vocation et sa mission.

Lettre du Pape Jean-Paul II aux artistes (1999).

 

 Travail et création artistique

 

Entretien avec Pierre-Michel Menger

 

Le spectacle de l'intermittence.

 

Christian Salmon, Jean-Louis Fabiani, Emmanuel Ethis, Damien Malinas, Pierre-Michel Menger


La chose artistique (onze)

Nathalie Heinich et Pierre-Michel Menger


 

 


 

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 08:50

La médiation culturelle, comme le rappelle la Charte déontologique rédigée par l'association éponyme, se trouve «au milieu» des «tissages et circulations» entre les «trois pôles symboliques» que constituent les «personnes», les «structures culturelles» et les «objets matériels ou immatériels».

Depuis 2005, dans l'agglomération lyonnaise, une fédération d'éducation populaire, les Francas du Rhône, anime un réseau associant, dans la réflexion comme dans l'action, des médiateurs œuvrant au sein des principales institutions culturelles de la métropole et des animateurs socio-éducatifs issus de ce même territoire.



Conçu par ce réseau, l'ouvrage Au beau milieu : médiateurs culturels, animateurs socio-éducatifs : comment agir ensemble ? revient sur certains des projets menés en commun et rassemble les réflexions qu'ils ont inspirées à leurs protagonistes.

Structuré à partir des trois notions-clés de territoire, d'expérience et d'alliance, il témoigne de l'obsolescence de la vieille scission entre culture et éducation populaire, et souligne la fécondité d'une telle coopération, si atypique au pays d'André Malraux.


Au moment où les politiques culturelles - avec la territorialisation croissante de l'action publique et l'essor de la notion de droits culturels - connaissent une mutation historique, il montre aussi que la mise en œuvre d'une démarche transversale et interprofessionnelle constitue, pour un territoire, un atout certain autant qu'un enjeu démocratique.


 

Extraits de l’avant propos de Thierry Renard et Michel Kneubuhler .


Un enjeu démocratique

«Un projet politique qui prend au sérieux l'art et la culture doit dépasser la séparation culture / éducation populaire et les articuler dans une démarche conjointe et transversale».



Certains termes gagnent à être analysés au prisme de leur étymologie. Ainsi de médiation ou de médiateur : ils sont issus, nous dit Alain Rey, du verbe latin mediare, «être au milieu». De fait, la médiation culturelle, comme le rappelle la Charte déontologique rédigée par l'association éponyme, se trouve «au milieu» des «tissages et circulations» entre les «trois pôles symboliques» que constituent les «personnes», les «structures culturelles» et les «objets matériels ou immatériels». Mais cette même médiation culturelle se trouve également au coeur - «au beau milieu» - des changements de paradigme qui affectent de nos jours les politiques culturelles... d'où l'inscription du présent ouvrage dans cette collection «Politiques culturelles et territoires».

(…)

«Au beau milieu» des enjeux contemporains
Dans ce contexte, la médiation culturelle - entendue comme «l'ensemble des initiatives et démarches visant à faciliter l'accès à la culture, la rencontre des créateurs, l'appropriation des œuvres et la participation à la vie culturelle par tous les individus et les groupes» - en vient à occuper une place centrale et les médiateurs se retrouvent investis de missions éminentes : «faciliter dans l'espace public la circulation du sens entre toutes [l]es identités culturelles [...] permettre aux personnes d'être un peu plus acteurs de leur propre culture dans leurs relations avec les autres»].


En savoir plus

 

Rappel

 

Deux communication faites lors du séminaire La démocratisation culturelle au fil de l'histoire contemporaine. (décembre 2012)

 


 

Voir aussi sur La Cité des sens.

De la médiation culturelle.

Catherine Bertho-Lavenir.

Deux ou trois choses que je sais d'elle... sur la médiation culturelle

Jean Caune, EmmanuelWallon, Médiation culturelle association, Jean-Michel Lucas, Isabelle Mathieu, Crhistian Ruby.

 


 


 

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 08:35

 

Dans une note du 28 septembre dernier, Démocratisation culturelle, le retour ?,

je portais à la connaissance des lecteurs de ce blog une initiative du Secrétariat général pour la modernisation publique , installé auprès du Premier ministre.

Ce dernier écrivait à celle qui occupait alors les bureaux de la rue de Valois :

Madame Ia ministre,

Le gouvernement s'est fixé une ambition forte pour une action publique plus efficace, plus économe et plus juste.

 (…)

J'ai décidé de retenir votre proposition d'engager une évaluation de Ia politique de démocratisation culturelleVous en assurerez la maîtrise d'ouvrage dans le cadre et selon les modalités que vous avez précisées dans la fiche ci-jointe...

 

On attend les conclusion de cette mission dans les plus brefs délais (c'est à dire avec un certain retard voire un retard certain).

Entre temps, la Fondation Jean Jaurès publiait : LA CULTURE POUR TOUS. DES SOLUTIONS POUR LA DÉMOCRATISATION, étude réalisée par Jean-Michel Tobelem

 

A-t-on vraiment tout tenté pour accueillir un public plus diversifié dans des institutions culturelles encore réservées à des privilégiés ? Jean-Michel Tobelem répond en formulant des propositions concrètes et nouvelles. Oui, une plus grande démocratisation culturelle est possible !

 

On peut télécharger le rapport à cette adresse.

 

Or, le 27 juin dernier, le Conseil économique, social et environnemental, publiait sur son site le texte d'une nouvelle saisine, intitulée : Vers la démocratie culturelle.

 

 

Argumentaire :

Depuis la création du Ministère de la Culture à la fin des années 1950, la politique culturelle française -initiée par André Malraux- a été fondée sur trois piliers : soutenir la création, préserver le patrimoine, démocratiser la culture. 

La finalité de ce dernier volet était simple : donner à tou.te.s un accès à la culture –et plus tardivement à son sens, à son esthétique, à son histoire–, en mettant l’accent sur la valeur civilisatrice et éducative des arts. Mais cet axe induisait également, dans sa conception, la définition et la mise en application d’une politique publique par un seul type d’acteur – la puissance publique – suivant une logique verticale descendante ainsi qu’un choix a priori des œuvres culturelles qu’il fallait connaître et aimer. (...) Cependant, force est de constater que cette politique a produit des résultats mitigés en matière d’accès de tous à la culture.

Au fil des décennies, cette vision et cette méthode ont été remises en question. Idéologiquement, la critique de la « démocratisation culturelle » a porté sur son parti pris élitiste d’homogénéisation « du haut vers le bas » et sur la minoration voire la négation d’une culture plurielle. D’autres évolutions d’ordre politique, sociétal, économique et technologique sont venues s’ajouter avec le temps : le pouvoir, les connaissances et l’influence ont été disséminés entre des acteurs multiples et hétérogènes (la société civile a pris une place inédite, la mondialisation s’est accélérée, l’Etat s’est décentralisé) ; incorporée dans la consommation de masse, la culture est devenue un bien marchand ; la capacité d’action et le budget de l’Etat alloué à la culture se sont amoindris alors que, dans le même temps, le concours financier des collectivités territoriales s’est accru et que de nouvelles sources de financement (mécénat, sponsoring, financement participatif) ont émergé ; les structures culturelles publiques se sont parfois « rigidifiées » ; les pratiques culturelles et les publics se sont diversifiés et enrichis ; la participation du public à la création et à la diffusion des œuvres s’est démultipliée avec l’avènement du numérique ; les droits culturels ont été reconnus au plan international ; enfin, la démocratie participative a connu un regain d’intérêt avec l’apparition de structures de co-construction politique. Pour toutes ces raisons, il est devenu difficile pour la puissance publique d’assumer à elle seule toutes les fonctions qu’elle remplissait jusqu’alors.

(...)

Poursuivant toujours l’objectif de rendre la culture accessible à chacun, mais déployant un potentiel d’action plus important, la démocratie culturelle participe à l’émancipation des citoyens et au renforcement de la cohésion sociale. En invitant chacun à prendre part à la construction d’un projet local ou d’une politique publique nationale, elle transforme et élargit le sens même de la culture : perçue initialement à travers un rapport principalement individuel entre l’œuvre et la personne (créateur ou spectateur / auditeur / lecteur, etc.), la culture, une fois co-construite devient support de lien social et d’inclusion. Ainsi, elle donne à tous un accès au patrimoine et à la possibilité de participer à la vie de la cité.

(...)

Ce faisant, la démocratie culturelle présente un cadre d’action propice à l’intégration et à la coexistence de toutes les cultures ; elle offre ainsi la possibilité pour chacun d’être acteur de sa propre culture, autrement dit de forger son humanité, en réalisant la synthèse d’une histoire à la fois individuelle et collective, dans une logique de continuité temporelle entre passé, présent et avenir. De ce fait, la démocratie culturelle établit un pont entre les deux principales acceptions de la culture : de l’accès aux œuvres « artistiques » (au sens large), jusqu’à notre système de valeurs et de représentations, et donc notre façon d’appréhender le monde.

(…)

Sans déposséder l'élu de sa parole politique ou de son pouvoir décisionnaire, comment impliquer les citoyens à la vie de la cité ? Quelles articulations imaginer entre tous les acteurs ? Comment assurer un processus de concertation équitable et continu, tout en garantissant la prise en compte de l’intérêt général ? Par quels moyens et de quelle manière offrir aux citoyens ce qu'ils attendent en termes de culture, mais aussi ce qu'ils n'attendent pas ? Comment garantir l’absence de toute dérive communautariste (par laquelle la participation de quelques-uns pourrait déboucher sur l’exclusion des autres) ? Voici pour partie les interrogations qui animeront l’élaboration de cette saisine.

(…)

En savoir plus

 

On notera avec intérêt qu'alors qu'il existe au C.E.S.E. une section de l'éducation, de la culture et de la communication, cette saisine Vers la démocratie culturelle émane de la section des affaires européennes et internationales.

Dans le même esprit d'ouverture européenne et internationale, les lecteurs avisés auront remarqué que le titre du présent billet invite à découvrir (ou mieux connaître) l'excellent travail de nos amis belges au sein de Culture et démocratie.

Sur la pertinence de cette opposition démocratisation/démocratie, sur la réelle difficulté d'un débat de fond qui ne fasse pas fi de la complexité de l'histoire des politiques culturelles « à la française - et qui ne soit pas dupe du présentisme dominant - il est vivement conseillé de se reporter aux documents réunis sur le site du Comité d'histoire du ministère de la culture, et en particulier aux très consistantes contributions de Pierre Moulinier.

En particulier à l'ensemble de textes réunis sous le titre Écrits sur la démocratisation culturelle, téléchargeable à cette adresse.

 

Extrait :

Un animateur culturel suisse, Jean-Marie Moekli, explicite le rapport démocratisation/démocratie dans un document de travail destiné à une réunion d’experts sur « le développement des politiques culturelles en Europe » qui se tient en décembre 1980 à Helsinki (Moekli, 1980). Selon lui, la politique de démocratisation culturelle a pour objectif de « garantir au plus grand nombre l’accès à la “culture d’héritage”, à la culture “d’élite”. Une politique de démocratisation consiste donc à veiller que le patrimoine culturel et la création en train de se faire ne soient pas le seul apanage d’un cercle restreint d’initiés, que les investissements publics consentis ne profitent pas à une seule minorité favorisée ». (...)

La conférence définit ainsi la démocratie culturelle :

« Constatant que la culture n’est plus seulement une accumulation d’œuvres et de connaissances qu’une élite produit, recueille et conserve pour les mettre à la portée de tous, ou qu’un peuple riche en passé et en patrimoine offre à d’autres comme un modèle dont leur histoire les aurait privés ; que la culture ne se limite pas à l’accès aux œuvres d’art et aux humanités, mais est tout à la fois acquisition de connaissances, exigence d’un mode de vie, besoin de communication ; qu’elle n’est pas un territoire à conquérir ou à posséder, mais une façon de se comporter avec soi-même, ses semblables, la nature ; qu’elle n’est pas seulement un domaine qu’il convient de démocratiser, mais qu’elle est devenue une démocratie à mettre en marche ».

(...)

on retrouve ici la notion Unesco de « dimension culturelle du développement », car le développement ne saurait être seulement économique, et la notion d’ « identité culturelle », qui « suppose la pluralité des cultures à l’intérieur d’une même société ». Dans les années 1980, une politique de démocratie culturelle doit être attentive aux besoins suivants : la relation au TiersMonde, le « développement global », c’est-à-dire « un type de développement où l’économique n’est qu’une composante à côté d’autres (l’éducatif, le culturel, l’environnement, etc.) » mené par « l’engagement conscient, voulu, actif, lucide, d’une population dans son développement, résultat que seule une politique démocratique peut obtenir », la priorité à la vie quotidienne, les potentiels d’imagination à exploiter, le besoin de créativité, la qualité de la vie dans la relation sociale quotidienne, le développement endogène « porté par les cellules de base », la décentralisation, c’est-à-dire « l’encouragement à l’autonomie des groupes et des personnes », la culture comme communication, c’est-à-dire la maîtrise par chacun de sa communication avec autrui. Dans un numéro de Futuribles (Prospective, 1978) sur la « prospective du développement culturel », Jean-François Collinet plaide pour « la mobilisation des consciences qui permettrait progressivement l’accession à une civilisation de la qualité, de la participation et de la libre formation, autant de conditions nécessaires si l’on veut que le changement ne soit pas vécu comme un traumatisme collectif conduisant à la passivité mais comme un phénomène pris en charge par l’ensemble des acteurs de la vie sociale. Il faut susciter le développement d’une culture qui permette le passage d’une société de la majorité silencieuse à une société de la majorité de la prise de parole, d’une société du pouvoir abstrait et subi à une société du pouvoir vécu et compris » (p. 525). Dans La culture des autres (de Varine,1976), Hugues de Varine s’élève contre l’impérialisme culturel, la culture des riches, « le monopole de quelques-uns », et prône « une politique de libération et de conscientisation, non d’intégration », sur le modèle de Paolo Freire : il demande « la suppression de toute institution culturelle d’Etat et la remise des responsabilités culturelles (avec les moyens de financement correspondants) aux collectivités locales et à l’initiative privée collective, le contrôle étant remis à des organismes coopératifs susceptibles d’apprécier et de réprimer les menaces à la liberté collective et les tentatives d’oppression ».

(...)

 

Écrits sur la démocratisation culturelle

 

L'affaire n'est donc pas nouvelle, comme on l'a déjà expliqué ici même.

 

Opposer démocratisation de la culture à démocratie culturelle sans interroger la notion même de démocratie (et les pratiques politiques qui s'en réclament à plus ou moins bon droit) c'est se condamner à un interminable ressassement.

Ce que signalait déjà Emmanuel Wallon en 2009, en ouverture de son article La Démocratisation culturelle, un horizon d'action (CAHIERS FRANÇAIS, N° 348, LA DOCUMENTATION FRANÇAISE, PARIS, JANVIER-FÉVRIER 2009).

 

Le terme de “démocratisation” a pris une telle résonance dans les controverses sur les politiques culturelles au cours des années 90 que l’on ne prend plus la peine de s’accorder sur une définition qui prête à équivoque. Les lexicographes lui attribuent une double signification : “A) Action de rendre démocratique au point de vue politique, institutionnel ; son résultat. B) Action de mettre un bien à la portée de toutes les classes de la société ; son résultat. ” Cette dualité est bien soulignée par les exemples tirés de la neuvième édition du Dictionnaire de l’auguste Académie française : “La démocratisation d’un régime autoritaire. La démocratisation de l’enseignement. ”

 

Cet article est disponible sur son site.

 

Pour boucler cette note en revenant à la question initiale de l’évaluation des politiques publiques dans le domaine culturel (mais ,pas que...) je me dois de renvoyer à l’excellent dossier documentaire réalisé par ARCADI

C'est ICI

 

 

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 08:40

Dans ma précédente note, j'évoquais la rencontre organisée prochainement à Avignon par l’Institut de Coopération pour la Culture.

 

A cette occasion, sous le titre :

Mieux faire culture, ensemble. Une perspective en vue de refonder l’intervention publique en faveur des pratiques artistiques et culturelles

l'Institut rend publique une synthèse du fruit de ses travaux menés depuis janvier 2012.

 


 

Il devient chaque jour plus évident que le système d’intervention publique en faveur des pratiques artistiques et culturelles peine à répondre aux attentes toujours croissantes tant de nos concitoyens que des professionnels de ces secteurs d’activité, comme aux nécessités accrues de leur coopération avec les collectivités publiques et de celle des collectivités entre elles. Faute d’un cadre législatif suffisamment précisé – au-delà des articles 103 et 104 de la Loi NOTRe –, « la culture » est souvent appréhendée exclusivement comme un secteur d’activités professionnelles et économiques. De nouvelles approches sont à inventer qui permettraient à la puissance publique de prendre plus clairement ses responsabilités en étant mieux attentive aux dynamiques artistiques, culturelles et citoyennes contemporaines.

Une reconfiguration globale du système d’intervention publique en faveur des pratiques artistiques et culturelles s’avère donc nécessaire. Sur quels principes politiques et fonctionnels la fonder ?

Regroupement de personnes d’horizons et de points de vue divers, l’Institut de Coopération pour la Culture explore depuis 2012 des expériences concrètes qui cherchent chacune, ne serait-ce que localement, à renouveler l’approche de ces questions. Espace coopératif de discussion et de réflexion, le travail de l’ICC se fonde sur une méthodologie particulière d’étude de cas. Celle-ci vise à mieux comprendre les ressorts sur lesquels chaque démarche se construit, à mieux appréhender les motivations de leurs initiateurs et de leurs animateurs, et à dégager autant que possible des éléments de mise en perspective plus générale.

(…)

Prendre le temps de formaliser les tensions.

L’absence d’un débat global ne fait qu’exacerber les tensions actuelles autour de la question des expressions et des équipements artistiques, de l’identité culturelle et de la citoyenneté, des approches sectorielles et transversales. Elle conduit également à reléguer au second plan les logiques sociales et éducatives ou économiques et territoriales pourtant elles aussi constitutives des pratiques artistiques et culturelles. Les difficultés rencontrées par les acteurs ne doivent pas occulter la nécessité de mettre en pensée ces tensions.

En un mot, peut-on prendre le temps de formaliser et de problématiser collectivement les questions auxquelles nous avons tous à répondre avant d’envisager des pistes possibles de résolution ?

(…)

Le texte de l'Institut identifie donc dix enjeux majeurs et sept chantiers prioritaires et appelle à se mobiliser pour de nouvelles perspectives.

Autant la puissance publique que la société civile sont confrontées depuis une quarantaine d’années à une révolution productive et sociale qui modifie profondément nos différents repères de vie, d’action et de symbolisation. Le mode de développement que cette révolution induit se révèle, pour le moins, non spontanément inclusif et solidaire. La nécessité d’inventer un nouveau compromis social d’ensemble s’en fait d’autant plus pressante.

(...)

Le rappel de textes fondamentaux comme la Déclaration universelle des droits de l’homme ou la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels s’opère aujourd’hui dans un contexte de recherche vitale de nouveaux moyens financiers. Cette conjonction des contraintes matérielles et des grands principes ne saurait en elle-même conduire à un réel renouveau démocratique et du débat public, à une citoyenneté réaffirmée ou encore à un changement de modèle économique général. Ceux-ci sont pourtant décisifs pour que s’ouvre la perspective de nouveaux agencements porteurs d’avenir pour les relations entre les décideurs publics et la société civile, dont font bien évidemment partie autant les professionnels des secteurs de la culture que l’ensemble de nos concitoyens.

Mieux faire culture, c’est aussi mieux faire démocratie, ensemble !

Lire : Mieux faire culture, ensemble


Institut de Coopération pour la Culture Juillet 2016.

www.institut-culture.eu -

Mail : contact@institut-culture.eu

 

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Politiques culturelles : éloge de la complexité.

 

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 15:29

Des nouvelles formes de coopération et de mutualisation sont indispensables. Il faut les inventer. Et il faut le faire maintenant. Car la montée des populismes fait peser sur notre société un risque colossal. Un risque qui pourrait nous entraîner dans une régression d’une violence intercommunautaire et intergénérationnelle dont on n’a pas idée.

L'Institut de coopération pour la culture à Avignon

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L’Institut de Coopération pour la Culture, aux travaux duquel je m'enorgueillis de participer présentera les premières avancées de ses réflexions à la Maison Jean Vilar d’Avignon, le 18 juillet prochain.

 

A cette occasion, Le journal La Terrasse à réalisé un focus sur nos travaux de ces quatre dernières années qui visent à faire émerger de nouvelles perspectives pour l'action publique susceptibles de faire face – dans une perspective humaniste – aux mutations de notre société.  Extraits de la présentation de l’Institut de Coopération pour la Culture par deux de ses fondateurs :

 

Le constat

Nous vivons depuis quelques années un mouvement de bouleversement général de notre société. Cette transformation est aussi importante que la deuxième ou la première révolution industrielle. Tout est actuellement en train d’être remis en cause. La culture, bien sûr, n’échappe pas à cela. Partant de ce constat, notre démarche vise à réfléchir à la possibilité de reconfigurer l’action publique et le rapport de cette action avec la société civile.

 

La méthode

L’idée n’est vraiment pas de nous enfermer dans une discussion de laboratoire entre sachants, mais de « faire expérience autour d’expériences » qui sont menées ici ou là. A travers une discussion collective, nous essayons donc de décrypter ces projets à travers leurs tenants et leurs aboutissants. Dans le moment de bascule que nous vivons, plus personne ne prend le temps d’explorer et de problématiser les choses. C’est ce que nous souhaitons faire, afin d’essayer d’enrayer un déficit qui provient pour partie d’une puissance publique qui a de plus en plus de mal à appréhender les différentes réalités des territoires et les initiatives citoyennes qui s’y développent.

 

© propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat pour le Journal La Terrasse.

En savoir plus

 

En contrepoint, l'analyse de trois membres de l’Institut de Coopération pour la Culture

Une artiste.

 Il est devenu nécessaire d’investir autrement dans la culture. Cela pour retrouver un lien de cohésion sociale et de culture humaniste. Les travaux que nous effectuons à l’I.C.C. tendent à ouvrir des voies de réflexion pour savoir comment il est possible de réinvestir le champ culturel en recréant du lien, en retrouvant l’idée du bien commun, l’idée du “construire ensemble”. Pour cela, il faut ré-explorer les projets de territoire, redonner une définition à ce que doit être un lieu culturel, recréer les liens artistes/publics…

 

©Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat, pour le journal La Terrasse.

En savoir plus.

 

Un directeur de la Scène nationale

Au moment où l’on assiste à une mutation des pratiques artistiques et culturelles, ce secteur a autant besoin de réflexion et d’opportunités d’expérimentation que de ressources budgétaires diversifiées. C’est aussi le moment pour les Collectivités territoriales et l’Etat de trouver un nouveau cadre de collaboration et de redéfinir des modalités d’intervention. Face aux modes de vie d’aujourd’hui, l’art et la culture sont plus que jamais nécessaires. Parce qu’ils offrent un contrepoint irremplaçable à l’emprise du virtuel sur nos vies. Ils sont le lieu d’une expérience esthétique unique à échelle humaine, dans une proximité précieuse. C’est dans ce contexte de refondation que s’inscrit ma participation aux travaux de l’I.C.C. Je trouve dans cette activité une ressource intellectuelle collaborative supplémentaire, pour de nouvelles dynamiques de réflexions. 

 

©Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat, pour le journal La Terrasse.

En savoir plus.

 

Un directeur général d'une communauté d’agglomération

La première démarche de l’I.C.C. a été de se mettre en situation de pouvoir décoder ce qui se passe. Pourquoi en est-on là ? Qu’est-ce qui se joue aujourd’hui ? Comment peut-on inventer un nouveau système pour régénérer le système actuel, qui s’est épuisé ? L’idée est de sortir du passé regretté d’un âge d’or révolu pour aller vers un futur désirable. Je crois qu’il faut abandonner nos réflexes pavloviens, nos logiques corporatistes pour nous mettre à l’écoute des bruits de la société. A partir du moment où l’on parle d’argent public, il est important que l’on puisse s’interroger sur la notion de partage et que l’on veille à ne pas créer plus d’inégalités qu’il en existe déjà. Ce qui implique de sortir d’un schéma national pour élaborer des politiques diversifiées correspondant aux réalités de chaque territoire. 

 

© Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat pour le journal La Terrasse.

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Voir aussi l'Institut de coopération pour la culture sur La Cité de sens.

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 08:40

Mon dernier post, à propos de Grenoble, renvoyait au nouveau blog de Jean Caune.

Retour en arrière sur une note de La Cité des sens vieille de 3 ans mais toujours vive, me semble-t-il.


 

Jean Caune n’y allait pas de main morte, sur son (ancien) blog, Affinités électives, dans un billet en date du 28 avril 2013 :

 Misère de la pensée, défaite de la politique

Dans une interview à la revue Mouvement, la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, déclare vouloir « inscrire la culture dans un projet politique global ».

(…)

Le champ de ruines laissé par la présidence de Sarkozy aurait dû donner à la gauche « l’ardente obligation » de restaurer l’action culturelle publique. La préférence donnée à l’homme d’Église au détriment de l’instituteur pour forger un sentiment d’appartenance ; l’abandon d’une politique de démocratisation culturelle, évaluée comme un échec ; la priorité donnée à une politique de l’offre et du spectaculaire, en lieu et place d’une action sur les territoires de vie… ont été les marques de la disparition d’une volonté politique en matière culturelle.

Les questions nouvelles qui se posent dans cette triple crise, économique, sociale et politique ne peuvent être abordées, comme le fait la ministre, en considérant la culture comme un atout pour « le redressement du économique ». Une telle perspective exprime un point de vue philistin qui, comme le rappelle Hannah Arendt, relève d’une « mentalité exclusivement utilitaire, d’une incapacité à penser et à juger une chose indépendamment de sa fonction ou de son utilité ».

(…)

Est-il judicieux de devoir justifier la politique culturelle de l’État par les richesses créées dans le secteur des industries culturelles ? Que peut bien signifier cet agacement qu’elle exprime en déclarant « en avoir assez que la culture soit perçue comme non-marchande », alors qu’elle est « au cœur dur de l’économie française » ? À qui s’adresse cette saillie ? « À ceux qui véhiculent le mythe de la culture comme supplément d’âme », précise-t-elle. Mais qui, aujourd’hui, peut encore soutenir cette idée d’une dimension désincarnée de la culture réduite à sa spiritualité ? Cette conception qui date des années soixante ne correspond à aucune expérience concrète. Les phénomènes culturels s’inscrivent dans un monde vécu ; ils ne sont pas séparés des formes de loisir, des supports qui les diffusent, des conditions socio-économiques dans lesquelles les produits culturels et les œuvres artistiques sont reçus. Qui peut croire à ce récit naïf et déconnecté de la réalité où la culture serait « le moyen de notre aspiration au bonheur » et le modèle spécifiquement français « un modèle efficace dans la mondialisation » ?
L’essentiel du propos de la ministre reprend les illusions développées, dans les années quatre-vingt, par Jack Lang et Jacques Attali, sur la convergence entre le développement économique et le progrès culturel . Si la politique culturelle ne peut ignorer les transformations profondes générées par le numérique, dans la production, la diffusion et la réception des produits culturels, elle ne peut, pour autant, se situer à la remorque des industries culturelles. Au-delà de la régulation des conditions techno-économiques de la production et de la diffusion artistiques, la politique de l’État doit s’opposer de manière permanente et volontaire, aux appropriations abusives des processus de création et à l’hégémonie du marché. Elle doit viser à mettre en place des dispositifs correcteurs des inégalités, non au bénéfice des gens mais des plus défavorisés. Elle doit libérer les forces et les espaces de la prise de parole artistique et de l’usage des formes symboliques.

(…)

© Jean Caune

La suite ?

Elle est consacrée à la priorité « éducation artistique » (Mais cette question peut-elle s’aborder dans les termes institutionnels des années soixante où l’École et les institutions culturelles étaient l’objet d’une séparation de nature. Et s’agit-il seulement de faire une place à l’art dans le système éducatif ? Et cette place peut-elle être occupée par l’Histoire de l’art ? ) et elle est du même tonneau, de la même redoutable pertinence.

Il faut donc lire l’article de Jean Caune

 

Convergence ?

On en jugera.

Une des dernieres chroniques de Jacques Bertin dans Policultures (16 avril 2013) :

OUI, LA CRISE.

La crise. Oui, la crise. Ca va mal.

Tout le monde sait maintenant et tout le monde dit et répète que “ Ca va mal ! ” Et que la société française est en crise. Economique ? Oh oui, mais oh non ! Ce serait trop simple : dix ans de misère pour les classes inférieures et ça repart ! Mais une crise sociétale, culturelle, une crise de foi ; la fin d’un monde.

(…)

Je pense à cela en repliant le grand quotidien national plein d’assurance, de mépris à l’égard du peuple ringard, et tout entier occupé à la lutte contre la frilosité (qui handicape notre économie). J’ai lu aujourd’hui dix fois le mot populisme. Observez l’emploi de ce mot dans les bons médias : c’est atterrant. Il en est de même pour le mot “ Etat-providence ”. Quel mépris ! Comme si le cantonnier n’était pas l’Etat-providence pour le PDG dans sa limousine... (Mon père et ma mère, au boulot à treize ans ; ils ont vécu de l’Etat-providence...)

(…)

Bon. Mais la culture ? L’intelligentsia ? Les artistes ? Ils nous aident, dans cette crise ? Ne sont-ils pas habitués à parler, donner des directions, des mots de passe ?

Non. Ils ne m’aident pas du tout.

C’est que la culture et l’art arrivent à la fin d’un cycle (la rupture, la rébellion, le dépassement des formes etc.). Les cultureux continuent ce train-train et n’ont surtout rien à dire sur l’homme dans l’époque : l’homme, ça n’existe pas, on n’est pas naïf.

Trop occupés dans l’expression de leurs génies individuels, dans la religion de la novation, toute cette lourdinguerie contemporaine. Les “révolutions”. A quoi servent ces “révolutions” ? A l’argent et au commerce. Dans certains cas (l’art plastique), elles servent carrément à fonder un nouveau secteur de placements financiers. Dans d’autres cas (la “ mode ”) elles peuvent même servir, en brisant les codes du beau, à aider les industriels à vendre n’importe quoi très vite... Souvenez-vous comme il y a cinquante ans chaque costume était ajusté au millimètre selon les critères de l’élégance. L’élégance, aujourd’hui, c’est d’être “ décalé ”. Belle victoire, grande cause.

Donc, la culture “ bouscule mes conformismes ”, elle “ remet en question mes croyances ”... Ca va durer combien de temps encore ce gag triste ? Le dérangeant ? Arrête donc de me déranger, mon garçon, la vie s’en charge tous les jours.

(…)

©Jacques Bertin, Policultures

 

 Lire : Oui,  la crise, par Jacques Bertin

 

 

 

 

 

 

 

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Indice(s) Dewey : 020.5 (22e éd.) ; 301.094 4 (22e éd.)
ISSN et titre clé : ISSN 2270-3586 = La Cité des sens
ISSN-L 2270-3586
URL : http://cite.over-blog.com/. - Format(s) de diffusion : HTML. - Accès libre et intégral. - Consulté le 2013-11-14

Notice n° : FRBNF43711075

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb43711075f/PUBLIC

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat Divergences
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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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