Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 23:23

  Th_j_a_2

 

Certains se souviennent encore peut-être que Francis Peduzzi fut (brièvement, trop brièvement, il est vrai?) président du Syndeac.

Ce qui lui permis néanmoins de publier cet éditorial.

Masculin - Féminin

Les études ont souvent pour destin les étagères du service des archives. Il serait bien que le sort de celle dont nous allons ici parler y échappe. Ou alors après avoir marqué les esprits et suscité interrogations et remises en cause. Si ces quelques lignes peuvent y aider, cet éditorial n'aura pas été inutile. Il est donc un rapport* rédigé par Reine Prat qui analyse la place des femmes dans nos professions. Dire d'abord qu'il est suffisamment bien écrit pour que l'on s'y plonge, suffisamment court pour être lu de bout en bout, suffisamment clair pour être compris, suffisamment chiffré pour être édifiant, suffisamment réaliste pour que ses propositions et pistes de réflexion soient suivies. De son contenu, nous retiendrons cette simple information: 27% des officiers de l'armée française sont des femmes. Pour une femme, il est donc plus facile de diriger un corps d'armée que de diriger un théâtre institutionnel (8%) ou un orchestre (6% des concerts programmés dans nos institutions). L'armée est moins misogyne et ségrégative que le monde artistique. De quoi perturber plus d'un rétif à l'uniforme. Évidemment, ça rend modeste. Claire Lasne**, citée dans ce rapport, le dit à sa façon. "Nous vivons dans un petit monde, construit sur des lois artificielles, et qui ne correspond en rien à la population à qui nous sommes censés nous adresser". Le propos peut paraître entier et par trop exagéré. Ce n'est pas le constat implacable mis en évidence par ce rapport qui va lui donner tort. La femme est peut-être l'avenir de l'homme. Manifestement, pour le spectacle vivant, il y faudra un peu de temps et beaucoup de volonté.

Francis Peduzzi

*Il est intitulé Mission EgalitéS, Pour une plus grande et une meilleure visibilité des diverses composantes de la population française dans le secteur du spectacle vivant, Pour l'égal accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité, aux lieux de décision, à la maîtrise de la représentation. Le titre est long mais a l'avantage de bien expliciter son sujet. Ce rapport est le téléchargeable en marge.

** directrice du centre dramatique régional de Poitou-Charentes, lettre du 14 décembre 2005, extrait





( cité dans ma note du 9 janvier 2007

 

 

 

Le temps passe et la question reste vive si l'on en croit l'article publié le 6 février dernier sur Libé Lyon



Culture : où sont les femmes ?

De l’écrasante domination masculine dans la culture, aussi

Culture  - Elles s’amusent et s’esclaffent à l’avance des réactions que pourrait susciter leur intervention, ce vendredi. « On sait très bien que les hommes vont vachement avoir envie de pisser et fumer au moment où on va prendre la parole ! » prévoit malicieusement Sylvie Mongin. Fondatrices de l’association H/F, Christine Bolze, Sylvie Mongin, Géraldine Bénichou et Françoise Barret ont rédigé dans la joie et la bonne humeur un texte qu'elles vont lire lors de la grand’messe du spectacle vivant organisée par la Région Rhône-Alpes (1), et qui rappelle le déséquilibre abyssal entre hommes et femmes dans l’attribution des responsabilités et des subventions dans le domaine du spectacle vivant...

Un chiffre pose le problème : « 95% du budget alloué en 2008 par l’Etat à la culture en Rhône-Alpes est géré par des hommes », souligne Géraldine Bénichou, metteuse en scène du Théâtre du Grabuge. Face à ce constat sévère, l’association veut, résume Sylvie Mongin, metteuse en scène de la compagnie Les Trois-Huit, profiter de la tribune accordée pour « demander quelles actions la Région – et au-delà, les collectivités publiques et les professionnels - va mettre en place pour que l’égalité H/F, inscrite dans la constitution et les lois, soit appliquée au spectacle vivant ». Les nombreux participants à ces « rencontres pour le spectacle vivant » auraient bien tort de profiter de leurs dix minutes d’intervention pour aller fumer une clope ou se soulager. Car la situation révélée par ces chiffres édifiants a de quoi les interpeller vivement !

L’association H/F est née après un rapport commandé en 2006 par le ministère de la Culture sur l’égalité des hommes et des femmes dans le spectacle vivant (2).  Il soulignait notamment que 92% des théâtres co-financés par l’Etat sont dirigés par des hommes, que 97% des musiques entendues dans nos institutions sont composées par des hommes, que parmi les spectacles créés en 2003 et 2004, 85% ont été écrits et 78% mis en scène par des hommes. Plus grave, il révèle enfin que le montant moyen des subventions attribuées aux scènes nationales est bien moindre (de l’ordre de - 30%) quand elles sont dirigées par une femme (3). « De façon générale, moins il y a d’argent, plus il y a de femmes !» résume Géraldine Bénichou, qui redoute que l’actuel désengagement de l’Etat dans la culture, parce qu’il touche d’abord les moins nantis, accentue encore ce déséquilibre.

A la parution de ce rapport, plusieurs actrices culturelles de Rhône-Alpes avaient été invitées au ministère de la Culture pour en débattre. « On a vu tout de suite que ce rapport ne serait pas enterré. Du coup, on a eu envie de lancer ces analyses au niveau régional », raconte Sylvie Mongin. Résultat : « c’est un peu pire ! » en Rhône Alpes, sourit la metteuse en scène, qui souligne que pas un seul centre dramatique national (CDN) ni aucune scène nationale en Rhône-Alpes n’est dirigée par une femme. Une exception remarquable cependant : la Ville de Lyon compte de nombreuses femmes à la tête de ses institutions culturelles, dont Claudia Stavisky au Théâtre des Célestins, et Sylvie Ramond au Musée des Beaux-arts (3).

La culture, qui se projette volontiers à l’avant-garde de la société, serait-elle encore plus rétrograde que l’armée ou les grandes entreprises, aujourd’hui mieux placées en terme de parité ? « Il y a la prétention d’innover, mais on n’est jamais que le buvard de l’état du monde » soupire Sylvie Mongin. « C’est grave ! La culture c’est aussi la façon dont une société se raconte. Qu’elle soit aussi largement dominée par les hommes, c’est juste pas possible ! » prolonge Géraldine Bénichou, avant de partir dans un grand éclat de rire, très vite communicatif. « Il y a quelque chose d’assez joyeux dans cette prise de conscience, poursuit Sylvie Mongin. Elle permet une relecture du monde sous un angle de vue renouvelé, amusant et stimulant. Il faudrait que le public partage ce rire-là et qu’en ouvrant un programme qui ne compte aucune auteure ni metteuse en scène, il trouve que c’est une plaisanterie ! »

 

Lire la suite

 



Cette note du 8 mars, dite journée de la femme, n'est pas ici de circonstance. Plutôt une question persistante de ce blog.

 

Note du 1er octobre 2008

 

 

Note du 1 avril 2008

Le mouvement féministe, qui a pris de l’ampleur en Europe et gagne en reconnaissance, se trouve confronté dans le même temps à un risque de dilution et de brouillage de ses objectifs, à un affaiblissement de ses capacités de mobilisation.

Face à un pouvoir patriarcal omniprésent et face à des pouvoirs politiques très résistants et capables d’intégrer certaines revendications des femmes sans pour cela remettre en question le rapport de forces établi en leur faveur, le mouvement féministe doit aujourd’hui repenser sa stratégie et oser poser la nécessité non seulement de préserver et d’acquérir des droits mais aussi de construire une puissance politique.

 

 

 

 

Note du 26 mars 2008

 

 

 

Note du 20 janvier 2008

 

 

 

Note du 14 septembre 2006

 

 

 

 

 

= = = = =

 

 

 

 

* * * *

Pompougnac 12     

= = = = = = Découvrez BlogMemes

= = = = = = blogmemes"

 

 

compteur pour blog

Repost 0
Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Le genre et la culture.
commenter cet article
5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 18:52

Les villes, de plus en plus, songent à consulter les citoyens sur leur politique culturelle.

Après Toulouse, Quimper et Niort, dont on a parlé ICI et ICI ou l'initiative des CEMEA, voici que la ville de Brest lance une grande consultation autour de sa politique culturelle.

Gaëlle Abily, Adjointe au Maire déléguée à la Culture et Conseillère communautaire invite tous les brestois :

Madame, Monsieur,

J’ai souhaité engager cette année une réflexion sur les objectifs de la politique culturelle de la collectivité, ses enjeux et le contexte dans lequel elle s’établit. Il m’a semblé important que cette démarche s’inscrive dans le cadre d’un dialogue avec les acteurs du secteur culturel local et, plus largement, de la population, afin d’écouter les attentes, besoins et propositions de nos interlocuteurs.

Cette concertation sera ponctuée par 5 rencontres : une première dans le but d’ouvrir la démarche et cerner les enjeux, les trois suivantes thématiques (culture et jeune public, culture et éducation populaire, culture et quartiers) et la dernière destinée à la restitution des débats et à la présentation du projet politique de la collectivité.

J’ai le plaisir de vous inviter à la première de ces rencontres :

le samedi 28 Février de 9 h 30 à 12 h 00

au centre d’art Passerelle,

41 bis rue Charles Berthelot

avec la participation de Jack RALITE, Sénateur, Maire honoraire d’Aubervilliers (une invitation par courrier vous parviendra par ailleurs ces prochains jours).

Afin d’alimenter les réflexion, nous pouvons regarder le spectacle Incultures de Franck Lepage sur la culture et l’éducation populaire ! C’est très instructif sur l’histoire de l’éducation populaire et l’histoire de l’organisation de la culture en France du point de vue politique.

Indispensable !

2 heures de spectacle impertinent, critique, sans langue de bois qui devrait remuer et questionner les acteurs de la culture, de l’éducation populaire et bien sûr, les citoyens ! Il ne s’agit nullement de le proposer comme base de réflexion mais comme une pièce (de théâtre) à verser au débat parmi d’autres sources d’informations et de réflexions !

http://tvbruits.org/spip.php?article981

En cliquant sur cette image vous irez sur le site de Tv Bruits(1) qui présente le spectacle en vidéo visible directement sur leur site.

Après un parcours dans la CULture, Franck Lepage poursuit aujourd’hui sa trajectoire dans l’éducation populaire à la SCOP "Le Pavé" : http://www.scoplepave.org/

(1)Tv Bruits est une télévision locale indépendante à vocation régionale en Midi-pyrénée, associative et non commerciale composée d’individus et d’associations. http://tvbruits.org/

L’adresse originale de cet article est http://www.lespetitsdebrouillardsbretagne.org /Etats-generaux-de-la-culture-a.html



Information trouvée sur Territorial.fr, l'actu des réseaux culture tenue à jour par François Deschamps qui, à son tour (après P. Gimet sur CEG déjà cité ici), s'interroge sur les possibles conséquences des éventuelles suites des propositions de la Commission Balladur sur les politiques culturelles des collectivités territoriales.


C'est à lire.

= = = = =

 



* * * *

Pompougnac 12     

= = = = = = Découvrez BlogMemes

= = = = = = blogmemes"

 

compteur pour blog

Repost 0
Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
commenter cet article
2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 19:43

Indiscipline se donne pour objectif de rassembler des textes élaborés dans différents domaines trop souvent séparés : réflexions sur les sciences, la recherche et les technologies, analyse des institutions culturelles, de la rationalisation des pratiques professionnelles, culturelles et politiques, etc.

Il s’agit de mener de front une analyse, une critique et une élaboration de propositions alternatives pour contribuer à changer le cours des choses dans ces domaines d’action et de réflexion. En effet, nous sommes nombreux à constater une dégradation constante des liens sociaux, du rapport au savoir et au politique, des libertés et plus généralement de valeurs fondamentales qui sont constitutives de la démocratie et qui structurent les aspirations individuelles et collectives depuis les Lumières. L’Histoire ne manque pas de nous alerter régulièrement sur les risques tragiques que l’humanité court lorsqu’elle méprise ces valeurs au nom d’un réalisme cynique et résigné.

Contre la résignation, contre le danger des retours à la barbarie, contre le désenchantement, contre la démission face aux responsabilités que nous avons à l’égard des générations futures, nous prônons l’indiscipline.

L’indiscipline, c’est la nécessaire contestation de l’état du monde tel qu’il se présente. C’est la vigilance quotidienne au moment d’exercer des choix, dans tous les contextes où nous pouvons agir. Dans nos cadres professionnels en particulier, car c’est là où il est le plus difficile de résister aux pressions, à la bureaucratie, à l’apathie intellectuelle, au conformisme.

 

Quand l'Université devient Université populaire.



L’université n’est pas simplement un établissement professionnellement géré, elle existe partout où ses valeurs et ses activités sont discutées et partagées. C’est pourquoi, dans le cadre du mouvement de résistance au démantèlement de l’enseignement supérieur et de la recherche, plusieurs laboratoires ont commencé à organiser leurs activités de formation et de réflexion collective en dehors de leurs universités d’accueil, dans des lieux associatifs et culturels.

En savoir plus.


Savoureux et inquiétant : la vraie-fausse réponse à un (vrai) appel d'offres du Pouvoir sur la "veille de l'opinion").

Surveiller et punir : Un dispositif scientifique de liquidation de la pensée déviante (Réponse à l’appel d’offre « Veille de l’opinion »)

Proposé par :

Laboratoire d’Ergonomie de la Connaissance Pure

Université Autonome de l’Élysée

janvier 1984


Juste un extrait pour vous mettre l'eau à la bouche.



3. Approche : rationnelle et participative

L’approche mise en œuvre combinera l’efficacité des technologies de la Raison (bases de données informatisées, indicateurs, grilles, etc.) et l’ouverture citoyenne aux démarches participatives : chacun sera appelé à contribuer en s’appropriant les moyens mis à sa disposition par les meilleurs spécialistes pour participer aux veilles d’opinion, dans une démarche non plus descendante mais « bottom up », des citoyens ordinaires vers les laboratoires et les centres d’information. Cette démarche permettra d’éviter que n’importe quel intellectuel ou pseudo savant s’arroge le droit d’occuper des places publiques pour émettre des avis qui ne concernent que lui.

Post Scriptum : ne pas manquer le commentaire et le lien de Rozenn ci-dessous.




* * * *

Pompougnac 12     

= = = = = = Découvrez BlogMemes

= = = = = = blogmemes"

 

compteur pour blog

Repost 0
Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Divergences
commenter cet article
15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 19:22

Blog_jeanclaude_pompougnac_14_02 referencement google

Pourquoi faut-il déféndre la librairie indépendante? Parce que. Un point c'est tout.

Mais il y a aussi une autre raison. A laquelle je n'avais pas pensé.

Trouvée sur l'excellent blog de Gaël Bouron. Cet argumentaire indirect en faveur de la défense de la librairie indépendante se fonde sur les qualités de chercheur et les capacité d'analyse d'icelui.

Maintenant que la délation est encouragée j'ai une petite idée pour Michelle Alliot-Marie et ses services : récupérer les fichiers clients de la librairie en ligne d'Amazon.fr pour ficher les dangereux gauchistes qui y achètent des livres. On doit bien trouver une loi dérogatoire anti-terroriste qui autorise cela... Après c'est très simple, il suffit de lister toutes les personnes qui ont acheté "L'insurrection qui vient" du Comité invisible. En effet, il s'agit semble-t-il de dangereux révolutionnaires, comme le prouve la fonction d'Amazon "les clients ayant acheté cet article ont également acheté..." (fonction présente également sur la Fnac et autres marchands de livres en ligne).

Ainsi, les acheteurs de L'insurrection qui vient connaissent leurs classiques (la page du livre sur Amazon) : ils ont également acheté du Karl Marx (Manifeste du parti communiste), du Foucault (Surveiller et punir), du Bakounine (Dieu et l'Etat) ou du Le Bon (Psychologie des foules) voire du Morin (Introduction à la pensée complexe). Ca c'est la base commune. Les références indispensables. Mais attention, cela ne s'arrête pas là.

Lire (absolument) la suite...

* * * *

YAKINO audience en temps réel real time audience measurement

= = = = = = Découvrez BlogMemes

= = = = = = blogmemes"

Jeanclaude_pompougnac_2009

Repost 0
Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Actualité
commenter cet article
12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 07:52

La bonne réponse à la question d'hier

 

« La culture, un bien commun de l’humanité »

Entretien . Alain Hayot, vice-président de la région PACA, devient délégué national à la culture au Parti communiste.

En janvier, le président de la République s’est exprimé deux fois sur la politique culturelle : lors de ses voeux au monde de la culture, et à l’occasion de la mise en place du Conseil de la création artistique. La ministre de la Culture a pour sa part rendu publiques les conclusions des Entretiens de Valois. Cela marque-t-il une « rupture » de forme ou de fond ?

Alain Hayot. Un tournant et une prise de conscience de l’effet dévastateur de la lettre de mission que Nicolas Sarkozy avait adressée à Christine Albanel : brutale, simplificatrice, cette lettre ne faisait pas le compte et dévoilait le projet sarkozyen. À Nîmes, il réaffirme l’utilité d’un ministère de la Culture alors qu’il a été le premier à s’interroger sur sa pertinence ; il réaffirme son soutien au régime de l’intermittence après avoir soutenu une réforme désastreuse qui s’est soldée, entre autres, par l’exclusion de près de 30 000 intermittents. Le discours de Nîmes tente de structurer une vision politique qui dépasse la simple politique culturelle. Il instrumentalise la culture pour en faire un vecteur de cohésion politique et sociale autour de lui, au nom de la construction d’une identité nationale aux accents populistes ; il porte un projet de marchandisation quand il se réfère au soutien aux industries culturelles ; il parle d’élitisme et d’excellence : les fonds publics d’État devraient aller à l’excellence et à une création d’élite synonyme de rayonnement (rentable ?) de la France. Au ministère les crédits pour de grands événements et de grandes structures. Aux collectivités territoriales de s’occuper du reste - ce qu’elles font, d’ailleurs, sans aucune compétence légale ni moyens supplémentaires. Avec, à très court terme, le projet d’une culture à deux vitesses, selon que l’on dépend du ministère ou des collectivités territoriales.

La semaine dernière, la mise en place du Conseil de la création artistique a éclipsé le cinquantenaire du ministère de la Culture. Hasard ou coïncidence ?

Alain Hayot. Souhaitons que ce Conseil de la création - présidé par Sarkozy, ce qui en accentue le côté soviétique avec le risque d’art officiel - ne soit pas un cheval de Troie qui porte en son sein une restructuration du ministère de la Culture. Mais tout porte à croire que c’est sa chose, qu’il va en user et abuser afin d’intervenir directement depuis l’Élysée, et qu’il sera un vecteur du démantèlement du ministère.

Dans un monde en crise - « morale », « identitaire » selon ses mots -, Sarkozy dit que la culture seule peut redonner du sens et permettre de retrouver des valeurs. Que vous inspirent ces paroles ?

Alain Hayot. Nous traversons une phase critique pour les politiques culturelles publiques et, plutôt que de les réaffirmer, de les refonder, de dire qu’elles doivent être portées par la société tout entière avec des compétences partagées de l’État et des collectivités territoriales, il est dans un discours idéologique, très charpenté et finalement cohérent avec l’ensemble de sa politique. Oui, la culture donne le sens à l’action publique, et il serait temps pour la gauche d’affirmer une véritable ambition culturelle pour la France et l’Europe, qui ne peut se réduire à la construction hypothétique d’une identité nationale à partir d’un musée d’histoire (officielle ?) de la France. Une ambition culturelle doit être tournée vers l’avenir. Elle ne peut s’inscrire que dans une volonté transformatrice. Une ambition culturelle relève d’une ambition politique qui permet d’agir pour une société débarrassée des dogmes de l’argent et de toutes les formes de domination, une société de liberté, d’émancipation humaine et de développement durable. Cette ambition doit être portée par l’État et les collectivités territoriales, garants d’un service public de la culture. Il faut la refonder par la loi - une grande loi d’orientation et de programmation - qui permettrait de garantir et de pérenniser les moyens de l’existence de ces politiques publiques et qui donnerait le sens de l’ambition culturelle.

Christine Albanel parle de passer « d’un État prescripteur à un État partenaire ». D’accord ou pas avec cet axe ?

Alain Hayot. Il fait savoir que les collectivités territoriales financent à 80 % le spectacle vivant ; qu’elles investissent de manière conséquente dans la politique patrimoniale et qu’elles soutiennent la politique du livre, le cinéma… Il serait temps de le reconnaître ; l’État doit maintenir ses efforts pour le patrimoine, la création et l’innovation. Il est le garant de l’égalité territoriale face aux enjeux culturels, avec des compétences partagées avec les collectivités territoriales. C’est cela une vision moderne de l’exception culturelle.

Quelles sont vos pistes de travail et de réflexion ?

Alain Hayot. Je pense à trois chantiers prioritaires. D’abord, celui de la création. Sarkozy l’aborde uniquement pour stigmatiser la lourdeur d’un ministère et avancer cette notion d’élitisme. Le chantier de la création suppose que celle-ci dispose des moyens nécessaires pour faire vivre l’exigence artistique et aller au plus profond des territoires afin de s’adresser à l’ensemble de la population. Il s’agit de reconstituer des rapports organiques entre les créateurs et ceux qui ont la charge de diffuser la culture. Cela implique de revenir sur la rupture qui s’est opérée entre art et culture, création et éducation populaire. À l’heure où le ministère propose de resserrer la voilure autour de quelques grands établissements de prestige, il serait bon d’irriguer l’ensemble du territoire pour soutenir les artistes partout et accueillir et diffuser les spectacles, les oeuvres d’art. Cela suppose une responsabilité publique et nationale forte accompagnée d’une forme de décentralisation plus audacieuse.

Ensuite, celui de la démocratisation culturelle. On ne parle que de son échec. Il faut repenser la démocratisation culturelle non plus en termes d’accès du plus grand nombre à une culture avec un grand C mais en termes d’appropriation populaire et citoyenne des oeuvres de la création et des pratiques culturelles et artistiques.

Enfin, il serait temps de dépasser une vision ethnocentrée de la culture. Nous vivons dans un monde mondialisé où la circulation des hommes, des idées et des oeuvres, l’altérité sont des données essentielles, où le monde n’est pas qu’ailleurs mais aussi chez nous. C’est un vrai combat contre toute forme de domination, de marchandisation, d’uniformisation pour faire de la culture dans sa diversité et ses métissages, un bien commun de l’humanité, du local au global.

Entretien réalisé par Marie-José Sirach

Un grand bravo au gagnant (qui est une gagnante) J'auaris le plaisir de lui offrir son lot (une merguez frites à la fête de l'Huma et une photo dédicacée du nouveau délégué national du parti aux relations extérieures) à moins qu'on boive un coup avant. Bises.

* * * *

YAKINO audience en temps réel real time audience measurement

= = = = = = Découvrez BlogMemes

= = = = = = blogmemes"

Jeanclaude_pompougnac_2009

Repost 0
Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Actualité
commenter cet article
11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 09:23

Blog_jeanclaude_pompougnac_11_02 Personne n'a trouvé la réponse à ma question Qui a dit  du 8 février dernier.

Ca prouve au moins une chose : c'est que vous ne lisez pas Le Figaro Magazine (pas de gros lot mais un bon point quand même).

Lire l'entretien

Attention il y a un petit piège dans le Qui a dit d'ajourd'hui, trouvé dans un quotidien que vous ne lisez sûrement pas non plus (un indice pour vous aider : ce n'est pas La Croix).

Bonnes recherches.

Souhaitons que ce Conseil de la création - présidé par Sarkozy, ce qui en accentue le côté soviétique avec le risque d’art officiel - ne soit pas un cheval de Troie qui porte en son sein une restructuration du ministère de la Culture. Mais tout porte à croire que c’est sa chose, qu’il va en user et abuser afin d’intervenir directement depuis l’Élysée, et qu’il sera un vecteur du démantèlement du ministère.

= = = = =

* * * *

YAKINO audience en temps réel real time audience measurement

= = = = = = Découvrez BlogMemes

= = = = = = blogmemes"

Jeanclaude_pompougnac_2009

Repost 0
Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Actualité
commenter cet article
8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 18:25

Blog_jeanclaude_pompougnac_08_02 referencement google

que le ministère de la Culture était le palais des labels au bois dormant?

 

Lorsqu'on demandait à Emmanuel Berl ce que faisait son ami André Malraux rue de Valois, il répondait plaisamment : «Il met du désordre dans un ministère qui n'existe pas.» C'est dire si, dès l'origine, on avait des doutes. Il faut une politique de la culture, c'est clair. Pour autant, je crains que ceux qui réclament la suppression du ministère ne se trompent de combat, parce qu'il est d'ores et déjà une coquille vide, ou en voie de l'être. Quelle que soit leur appartenance politique, les ministres de la Culture me font songer à ces vers de L'Enéide cités par Charles Perrault où l'un des personnages dit : «On revoyait là le cocher Tydacus qui, avec l'ombre d'une brosse, nettoyait l'ombre d'un carrosse.» (…) La Journée de la musique n'a fait avancer en rien l'enseignement ni la pratique de cet art. Qu'il y ait eu depuis cette première invention, ici des Nuits blanches, ailleurs des Nuits noires, elles ne seront pas plus belles que nos jours. Ce sont des actes d'hyperconsommation, pas de la culture. A force d'être fasciné par le contemporain, tout en se demandant s'il sera toujours en retard d'une mode, le ministère finit par devenir l'imprésario d'événements, et non l'organisateur d'un accès aux œuvres d'art, dans tous les domaines, dans toutes les disciplines. Encore une fois, la politique de la culture est celle du temps long, qui n'a rien à voir avec le temps court qui nous agite et nous tyrannise. On fait de l'événement en croyant que le verbe « communiquer » est intransitif. Or on communique quelque chose et de préférence à quelqu'un.

* * * *

YAKINO audience en temps réel real time audience measurement

= = = = = = Découvrez BlogMemes

= = = = = = blogmemes"

Jeanclaude_pompougnac_2009

Repost 0
Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Divergences
commenter cet article
5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 07:35

Gouverner l'art par décret (suite).

Un nouveau blog sur Mediapart, celui de Gaël Bouron (ex Opale qui, à ce titre, a largement contribué aux excellentes consultations des compagnies dramatiques et chorégraphiques lancées par l'excellent Relais information et conseil d'Arcadi -clin d'oeil à mon informatrice pour cette note).

Ca y est ouf. La France et sa Culture sont sauvées! Face à la crise, on vient d'installer un Conseil de la création artistique. On n'a pas bien compris à quoi cela pouvait bien servir mais le responsable de ce Conseil, Marin Karmitz, vient d'annoncer sa composition (amené à s'étoffer par la suite). 11 membres. Dont un médecin (Henri Atlan). La culture serait donc malade ? En même temps selon Wikipédia "Henri Atlan est l'un des pionniers des théories de la complexité et de l'auto-organisation du vivant", ça peut servir pour comprendre la politique culturelle française... Un sociologue du cinéma également dont on se demande bien ce qu'il ait venu faire dans cette galère (Emmanuel Ethis, par ailleurs Président de l'Université d'Avignon, dont j'ai eu la chance de suivre les cours très denses et inspirés de sociologie de la réception). Une seule femme, là où le rapport hommes/femmes dans les cercles du pouvoir culturel pourrait être l'un des éléments forts dont pourrait s'emparer ce haut conseil (voir le rapport Reine Prat).

Connaissance fine du milieu, liberté de ton et insolence, finesse dans l'analyse... à coller sans tarder, dans vos favoris ou vos flux... il est dans ma colonne de gauche avec Emmanuel Ethis et Damien Malinas.

* * * *

YAKINO audience en temps réel real time audience measurement

= = = = = = Découvrez BlogMemes

= = = = = = blogmemes"

Jeanclaude_pompougnac_2009

Repost 0
Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Actualité
commenter cet article
25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 21:26

Droite_gauche_2

La Lettre de Jaurès, tel est le nom du site de la section du Parti Socialiste de Gauchy.

Gauchy est située en Picardie (non, même pas en Poitou-Charentes!).

Ce site publie donc la vidéo d'un magazine de France 3 Picardie, La Voix est libre, consacrée la nouvelle politique culturelle en Picardie avec comme intervenants :

Alain Reuter, Vice Président du Conseil régional de Picardie chargé de la Culture, Paul-Jacques Hulot, Directeur de la scène conventionnée « La Faïencerie » à Creil et Nicolas Derieux, Directeur artistique de la Cie « La Soufflerie ».

Une nouvelle politique culturelle gauchie ? (désolé, j'ai pas pu m'en empêcher!!!).

C'est à voir ICI.

* * * *

YAKINO audience en temps réel real time audience measurement

Repost 0
Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
commenter cet article
23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 19:04

Jeanclaude_pompougnac_23_01

L'information n'est pas de toute première fraîcheur mais je ne me souviens pas l'avoir trouvée sur aucun des autres blogs ou sites qui se préoccupent de démocratie culturelle.

Il s'agit des Assises de la culture qui se sont tenues à Niort (en Région Poitou-Charentes, bien sûr) le 4 octobre 2008.

Nous savons tous la nécessité, l’urgence d’une politique de “culture pour tous”. Nous savons aussi la difficulté de cette ambition. La lutte pour l’accès de tous à la culture est une bataille que nous ne renonçons pas à gagner. C’est à cela que vous invitent les assises de la culture. Redonnons à Niort, ensemble, une culture… de la culture…

Geneviève GAILLARD

Ainsi se conclut le texte de présentation de la députée-maire (PS) de Niort.

Sur le site de la ville on trouvera l'intégralité des échanges qui se sont tenus lors de ces assises

240 Niortais ont assisté le 4 octobre 2008 au premier rendez-vous des Assises de la Culture organisé au Petit Théâtre Jean-Richard.

Voici la retranscription des interventions et des échanges :

* * *

= = = = = =

YAKINO audience en temps réel real time audience measurement

= = = = = = Découvrez BlogMemes

= = = = = = blogmemes"

Jeanclaude_pompougnac_2009

Repost 0
Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
commenter cet article

Présentation

  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
  • Contact

Profil

  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

Recherche

Articles Récents

  • Les politiques culturelles en débat : questions de sens.
    Bien rares sont les commentaires publiés sur ce blog consacré aux rapports entre culture et politique ! Et qui plus est, compte tenu de l'ergonomie de cette plate-forme, ils ne sont pas très visibles. Ma note précédent ( Mettre l'artiste au cœur de la...
  • Mettre l'artiste au cœur de la cité ?
    UNE ARCHIVE... Je fouille, je range, je classe... ces dernières semaines, comme vous, j'ai compris de nouveau que le pire n'est pas toujours certain. Mais quand même! Grosse fatigue ! J'essaie de mettre de l'ordre, à défaut de pouvoir le faire dans mes...
  • Institution et formation
    Recension de cet ouvrage collectif, tiré de la thèse de Sébastien Charbonnier : « Quand y a-t-il philosophie ? Apprendre la pratique d'un art de penser » publiée sous le titre : Que peut la philosophie ? , Éd. du Seuil, 2013 Si cet ouvrage figure dans...
  • Équipements culturels, centres d’intelligibilité du monde ?
    Suite de la note précédente consacrée aux politiques de développement de la lecture et à un retour sur la journée d'études Livre, lecture et politiques de démocratisation culturelle organisée par l’ENSSIB, la BPI et le Comité d’histoire du ministère de...
  • L'école et la démocratisation de la lecture.
    J’avais déjà signalé ici même la Journée d’études Livre, lecture et politiques de démocratisation culturelle organisée par l’ENSSIB, la BPI et le Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication, il y a un peu plus d'un an. Cette journée...
  • Gauche, fin et suite : les visionnaires de 1992
    Au printemps 1992, au moment où je participais à ce collectif et figurais parmi les premiers signataires de l'appel ci-dessous, Emmanuel Macron avait tout juste 15 ans, Benoît Hamon, 25 ans était assistant parlementaire d'un député PS avant de devenir...