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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 08:01

Jeanclaue_pompougnac_463

1. Demandez le programme

Le texte suivant date d’octobre 2006 ; Jacques Bertin déjà se préoccupait de « la culture dans la campagne »

On va rire de moi. Il m'est venu l'idée d'écrire sur le programme culturel d'un éventuel candidat à la Présidence. On ne se refait pas, quoiqu'on soit souvent refait…

De gauche, le candidat, ou de droite ? Oh, ça n'a pas d'importance. Les politiques menées depuis longtemps se ressemblent tant ! (...)

Il défendra "la Création". A gauche aussi, on vous dira qu'on veut "défendre la Création". Cela signifie : subventionner. Qui ? Pourquoi ? On ne sait pas ; on ne saura pas. Aborder le problème des critères et des valeurs serait suicidaire. Le candidat défendra donc "les professionnels", abusivement confondus avec la culture. Depuis vingt cinq ans, elle a été mise sous tutelle par les intérêts catégoriels. On gère la pléthore, comme chacun sait, mais on a perdu la grille des valeurs.

On nous parlera - gauche et droite - de la "démocratisation de la culture". Ce terme avait jadis un sens : accès pour tous à la culture la plus exigeante, celle qui élève l'âme. Il signifie actuellement : consommation massive à pas cher et/ou présentation au grand nombre des créations d'individualités géniales sorties de groupes influents.

Le candidat pourrait parler de "démocratie culturelle". Affirmer que le peuple est le but, la source, le contenu, le sens même de la culture. Qu'il n'est pas là pour seulement applaudir. Que la culture doit fournir de la raison de vivre individuellement et collectivement, et des valeurs pour un humanisme qui, et ça urge, est indispensable. Je crains que le candidat ne se lance pas dans un discours si populiste.

Bon, mais quel programme ?

Le premier axe pourrait être pour notre téméraire de réagir contre la fausse idée qui a consisté à faire du Ministère la maison des artistes, et de la fabrication d'œuvres l'unique but de toute la manœuvre.

(Lassé de la vie politique, il annoncerait ensuite vouloir remettre les industries à leur place ; tant il est vrai que l'alliance entre la culture et les industries culturelles ne devrait jamais aller de soi. Je veux dire : sans confrontation armée.)

Et le malheureux candidat poursuivrait. A d'autres époques, j'aurais dit : relance de l'éducation populaire. Volonté de lui redonner son sens, celui d'une libération, sa place au centre de la politique culturelle. Mais je ne crois pas qu'il y ait actuellement dans ce pays assez de foi dans l'émancipation par la culture pour remplir un congrès. Qui pense encore qu'il faille un peuple pour faire un pays. Il faut des capitaux et des entrepreneurs (dynamiques), non ?

La réhabilitation de la pratique amateur ? Ah, vous prétendez que la professionnalisation n'est pas la fin de tout acte culturel ? Comme vous y allez ! Le candidat se tait, se terre. Il est mort.

Lire en intégral

2. Du rôle des intellectuels en politique.

Sur le blog de loizorare, à propos de l'éducation artistique :

La chose est entendue ! La campagne pour l’élection présidentielle 2007  marquera l’histoire de l’éducation artistique et culturelle dans notre pays. De la gauche à la droite, voire à l’extrême droite, tous les programmes des candidats en matière de politique culturelle reprennent peu ou prou cette problématique (…)

Que des élus de tous bords conviennent enfin qu’il s’agit-là d’une urgente nécessité, que notre système scolaire est hémiplégique et retardataire par rapport à d’autres pays, que les politiques culturelles ne se développeront plus sans un effort considérable de formation des publics potentiels... tout cela est une satisfaction pour les militants que nous sommes. Ainsi n’aurons-nous pas travaillé, expérimenté, formé, écrit et colloqué pour rien. Les mentalités évoluent. Tant mieux !
Mais dans le même temps, un vertige nous saisit. Que cache cette apparente unanimité ? Quels non-dits, malentendus ou contradictions ? Parle-t-on vraiment de la même chose ? Les politiques sont-ils (elles) vraiment convaincu(e)s ou sont-ils seulement sensibles à l’air du temps, aux revendications du moment ? Perçoivent-ils réellement les enjeux et les complexités qui se dissimulent derrière ces propositions ? N’est-il pas temps d’entrer dans le détail des choses et de nous interroger sur la réalité des politiques affirmées ? J’aime cette réflexion d’Umberto Ecco, expliquant le rôle des intellectuels en politique : « Les intellectuels doivent dire aux politiques ce qu’ils doivent faire. Mais quand les politiques font effectivement ce qu’ils ont dit, c’est souvent la catastrophe. Alors les intellectuels doivent revenir pour préciser que ce n’était pas exactement ce qu’ils avaient proposé... » Nous en sommes-là. Voici venu le temps de quelques précisions.

Lire en intégral

3. Sociologie de la culture : une leçon de choses.

Lu sur le socioblog d’Emmanuel Ethis.

LE POMPISTE, un petit conflit de classes cultivées...

Un théâtre en provence, samedi 3 mars, 20h15. Avant que ne commence Les illusions comiques d'Olivier Py, un homme et une femme attirent mon attention. Ils sont à l'extrême gauche du bar. Je m'approche d'eux et tente d'attraper quelques bribes de leur conversation, mais ne parviens à saisir que ce que dit l'homme, visiblement très agité : "Mais qu'est-ce que ce type peut bien fabriquer ici ? Dans le même théâtre que moi ? Pour écouter quoi ? Voir quoi ? La même pièce que moi !

Lire en intégral

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 10:49

 

 

referencement google 

La chose artistique (8)

Hier encore, j'ai reçu un message qui m’interpellait 
sur la grande absente de la campagne, la culture
Voilà le discours de Pascale Ferran aux Césars 2007 à propos de la lutte des Intermittents 
et plus largement de l'évolution du cinéma et de la politique culturelle 
bien absente du débat en ce moment....!
 C'est synthétique, intelligent et juste.
 

 

Voila deux mois que j’entends cette litanie sur la présence/absence de la culture dans le débat présidentiel.

Selon loizorare, la campagne accélère et il cite un certain nombre de rendez-vous et de rencontres à venir. Peut-être que l’un ou l’autre des candidats se retient et attend le moment opportun pour frapper les esprits en mettant la question au cœur de son projet, de son contrat ou de son pacte. On peut rêver, non ?

Mais que veut dire Pascale Ferran lorsque pendant la grande fête annuelle de la belle famille du cinéma (les professionnels de la profession, selon Godard), elle déclare en conclusion :

C’est aussi une question de volonté politique : elle est, aujourd’hui, désespérément muette. Il reste cinquante-cinq jours aux candidats aux élections présidentielles pour oser prononcer le mot culture.

Certes, mais ça dépend comment on le prononce et dans quel contexte J’ai ironisé ici même sur la rencontre organisée au Sénat par le candidat qui murmure à l’oreille des chevaux (en béarnais) parce qu’il l’avait intitulée : Rencontre avec les acteurs du monde de la culture.

Et bien, je demande pardon au candidat démocrate chrétien. En effet, le dossier consacré le 20 février dernier par le journal l’Humanité emprunte le même vocabulaire.
Par exemple, dans son éditorial Pierre Laurent écrit :

Lancé à l’automne par la revue Cassandre pour tirer la sonnette d’alarme sur la faiblesse du débat culturel dans l’élection présidentielle, un appel aux candidats s’est couvert en quelques semaines de plus de 1200 signatures de personnalités du monde de la culture.

 

 

 

Quant à M.J.S. (1)., il (ou elle) rend compte des rencontres organisées au théâtre d’Aubervilliers (2) en ces termes :

Quand les acteurs de la culture s’interrogent

Rencontre à Aubervilliers entre artistes et hommes politiques. La grande salle du théâtre de la commune d’Aubervilliers est pleine à craquer. Ce soir-là, il s’agit d’évoquer « quelle politique pour la création artistique en France ». Étaient conviés des artistes et, bien sûr, des hommes politiques

Toujours ces «acteurs de la culture . Ca veut dire quoi, au juste ?

On peut en avoir une petite idée en consultant la liste des  signataires de l’appel aux candidats lancé par Cassandre.

 

NOUS INTERPELLONS AUJOURD'HUI CHAQUE CANDIDAT POTENTIEL AUX ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES FRANÇAISES SUR SA TRÈS GRANDE RESPONSABILITÉ EN CE MOMENT HISTORIQUE

Nous sommes particulièrement inquiets de l’absence de véritable projet culturel dans les différents programmes des candidats aux élections françaises. La France est le pays du monde occidental où, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, un certain nombre de combats menés par des acteurs de toutes sensibilités politiques, ont permis à un service public de la culture assez exemplaire de se développer.

Lire l’appel et la liste des signataires.

 

 

 

Ces acteurs de la culture sont pour l’essentiel des artistes, des professionnels de l’action culturelle, quelques responsables d’institutions, des intellectuels ou des citoyens

 

Et jeudi dernier, coup de théâtre, l’hebdomadaire social traître Le Nouvel Observateur publie un texte signé par 150 intellectuels invitant à voter pour la candidate socialiste dès le premier tour. L’affaire avait été préparée par un Rebond de Jacques Julliard dans Libération (tout aussi social traître, mais en plus quotidien) où il expliquait en substance que ses collègues, les intellectuels compliquaient très inutilement les choses et que le seul choix pour battre Nicolas c’était Ségolène. (2).

Considérons la liste des 150 intellectuels. On y trouve Jacques Audiard (un collègue de Pascale Ferran), Samuel Benchetrit, Dominique Besnehard, Didier Bezace, Patrice Chéreau, Bernard Faivre d’Arcier, Anouk Grinberg, François Marthouret, Arianne Mnouchkine, Bernard Murat, Jean-Paul Scarpitta…

De deux choses l’une : ou je ne sais plus compter jusqu’à 150, ou je ne sais pas ce que c’est qu’un intellectuel (déjà que je ne savais pas ce que c’est que ce monde de la culture)

Ce que je sais c’est que ces 150 noms ne viennent pas du seul carnet d’adresse de l’intellectuel tendance « deuxième gauche »chroniqueur au Nouvel Observateur. Il a été aidé c’est sûr. Les plus perspicaces chercheront le nom de la personnalité du « monde de la culture » absente de liste (c’est le contraire de La lettre volée, d’Edgar Poe).

 

Avant de comparer la liste des 1637 personnalités du monde de la culture qui ont signé l’appel de la Revue Cassandre avec celle de nos 150 artistes-intellectuels, d’importantes précautions linguistiques, épistémologiques et historiques s’imposent.

 

Il s’agit de deux exercices démocratiques obligés différents : dans le premier cas, une interpellation lancée par un « monde », (un secteur de la société, un groupe de pression, une corporation, un front, un forum, un comité de salut public ???) à des candidats à l’exercice du pouvoir. Dans l’autre un groupe de « personnalités » (qui a choisi, en l'occurence, de se présenter sous l’étiquette d’intellectuels afin de rendre public son soutien à l’un des candidats. Cette démarche est supposée lui rendre service en mobilisant un capital de notoriété, de compétence, de conviction et d’engagement.

 

D’où une perplexité possible sur l’usage des mots et des mondes sociaux qu’il tentent de désigner.

S’agissant des intellectuels la place manque ici pour rappeler comment cette catégorie est constitutive d’une exception française liée à une histoire qui commence, bien avant l’affaire Dreyfuss par les origines culturelles de la Révolution française (voir le livre de Roger Chartier qui porte ce titre) et la construction d’une opinion publique.

Pour le monde de la culture, tel qu’on le désigne selon les conventions linguistiques en usage, c’est beaucoup plus récent, moins enraciné et relève pour l’essentiel, de la généalogie du divorce entre l’éducation populaire et les « affaires culturelles » initié par André Malraux (artiste et intellectuel mais pas de gauche).

Mais, pour en revenir au texte des 150 en faveur de la candidate du PS , Ariane Mnouchkine avec Jean-Pierre Azéma (historien), Anouk Grinberg avec Maurice Godelier (anthroplogue), Sarah Moon avec Julia Kristéva (universitaire-psychanalyste), Helène Cixous avec Thomas Piketty (économiste), ça rappelle quand même de bons souvenirs.

Et un passé peut-être révolu.

Celui où le Parti communiste français avait ses intellectuels et ses artistes solidaires et compagnons de route : Picasso et Henri Wallon , Aragon et Paul Langevin, Yves Montand et Jean-Paul Sartre.

Cela aussi appartient à notre histoire même si, comme l’écrivait Simone Signoret (très bienvenue en ce point de la démonstration) la nostalgie n’est plus ce qu’elle était.

Pour l'instant, je ne veux retenir qu’une chose : la fidélité critique à notre histoire (nécessairement conflictuelle donc, pourquoi pas à nos histoires respectives) nous autorise à être impitoyables avec les routines sociales et langagières. Elles seules rendent possible le vain « dialogue » entre la grandiloquence des politiques et le pathos des artistes qui assigne les citoyens à la position de spectateurs.

 

*** *** ***

 

(1)     Désolé, je ne connais pas le nom de tous (toutes) les journalistes de l’Humanité et, pour la deuxième fois je demande pardon.

(2) J’ai bien  écrit Ségolène et pas Pimprenelle : encore un indice !

(3) Cette même rencontre qui a donné lieu à un post très irrespectueux envers « les cultureux ».

 

 

 

 

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Arcadi_77_35

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans La chose artistique
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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 08:10

Pompougnac_463

Le blog CultureCOM figure dans mes favoris (colonne de gauche).
Sa rédactrice met son grain de sel. Sous le titre Les politiques et la culture elle commente avec la distance ironique requise le dernier dossier de Téléram

Les politiques et la culture

Très intéressant article dans Télérama : les candidats à la présidentielle s'expriment (enfin) sur la culture. Cela nous apprendra-t-il à mieux définir ce qu'est la "politique culturelle" de chacun des candidats ? Pas si sûr. Tous explorent plus ou moins les grandes problématiques d'une politique culturelle : un petit peu plus ou un petit peu moins d’Etat ; un petit peu plus ou un petit peu moins de création. Tous semblent s'accorder sur la nécessité de l'éducation artistique à l’école (même si pour l'un c'est la chorale, l'autre l'excellence, et les autres les classiques...). Parfois on a quand même un peu de mal à définir la "ligne" de chacun des candidats tant les mots de "démocratisation", "éducation" ou même "création" sont RELIGIEUSEMENT évoqués, comme si un journaliste avait délivré les mots clefs à ne surtout pas omettre si on veut être crédible (ce qui est peut-être le cas d'ailleurs, même si Télérama ne fait pas référence à une grille d'interview). Concernant les moyens à mettre en oeuvre par contre (la politique, c'est du concret), j'ai l'impression que peu de politiques quittent le flou... artistique.

Voici quelques perles, et un petit jeu : il s'agit de retrouver de qui sont les citations...

Jouer..

Elle est aussi tombée (avec un peu de retard) sur le rapport de Reine Prat relatif à l’inégalité entre hommes et femmes dans le spectacle vivant qui attise sa verve. C’est à lire.

Nous les femmes…

Je suis tombée dernièrement sur un dossier intitulé "Pour une plus grande et une meilleure visibilité des diverses composantes de la population française dans le secteur du spectacle vivant", composé par Reine Prat dans le cadre de la DMDTS. Avec ce sous-titre : "Pour l'égal accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité, aux lieux de décision, à la maîtrise de la représentation". Car les chiffres sont disons... peu avantageux (euphéminisme !!) concernant la place des femmes dans les postes à responsabilité dans le spectacle vivant. Et c'est vrai qu'on voit peu de directrices de Théâtres nationaux...

La suite…

Post scriptum : SIGNEZ LA PETITION

Arcadi_77_34

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat
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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 22:01

Epcc_93_1

Voila une loi que j’avais à peine vu passer.

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Loi n°2006-586 du 23 mai 2006

Loi relative au volontariat associatif et à l'engagement éducatif

Article 20

Les associations dont le budget annuel est supérieur à 150 000 Euros et recevant une ou plusieurs subventions de l'État ou d'une collectivité territoriale dont le montant est supérieur à 50 000 Euros doivent publier chaque année dans le compte financier les rémunérations des trois plus hauts cadres dirigeants bénévoles et salariés ainsi que leurs avantages en nature.

D’où cette question écrite dont la réponse a été publiée au JO le 02/01/2007 (page : 155)

M. Pascal Terrasse (député PS de l’Ardèche) souhaite attirer l'attention de M. le ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur l'article 20 de la loi n° 2005-586 du 23 mai 2006 relative au volontariat. Cet article dispose que « les associations dont le budget annuel est supérieur à 150 000 euros et recevant une ou plusieurs subventions de l'État ou d'une collectivité territoriale dont le montant est supérieur à 50 000 euros doivent publier chaque année dans le compte financier les rémunérations des trois plus hauts cadres dirigeants bénévoles et salariés ainsi que leurs avantages en nature ». Ce seuil de 50 000 euros semble se prêter à diverses interprétations. Certaines associations se demandent si ce seuil doit s'apprécier par année civile et s'il est calculé en faisant la somme de toutes les subventions de l'État et des collectivités territoriales versées à une seule et même association. Si le calcul ne porte que sur les subventions de l'État pour une seule association, il semble nécessaire de préciser si l'on cumule les subventions versées par un même et seul ordonnateur ou toutes les subventions de l'État, quel qu'en soit l'ordonnateur. De la même manière, s'agissant des collectivités territoriales, il faut préciser si le seuil se calcule en faisant la somme des subventions versées par toutes collectivités territoriales ou en cumulant les subventions d'une même et seule collectivité. En conséquence, il lui demande de bien vouloir apporter des précisions concernant ces différentes interrogations.

La réponse est claire

L'honorable parlementaire appelle l'attention sur les conditions d'application de l'article 20 de la loi n° 2006-586 du 23 mai 2006 relative au volontariat associatif et à l'engagement éducatif. Selon cet article « les associations dont le budget annuel est supérieur à 150 000 euros et recevant une ou plusieurs subventions de l'État ou d'une collectivité territoriale dont le montant est supérieur à 50 000 euros doivent publier chaque année dans le compte financier les rémunérations des trois plus hauts cadres dirigeants bénévoles et salariés ainsi que leurs avantages en nature ». L'objectif du législateur, pour reprendre l'exposé des motifs de l'amendement parlementaire à l'origine de cette disposition, est de renforcer « la transparence de la gestion des fonds publics ». Une disposition analogue oblige, d'ores et déjà, les associations qui décident de verser une rémunération à leurs dirigeants, dans les conditions prévues au d du 1° du 7 de l'article 261 du code général des impôts, d'inscrire le montant des rémunérations versées à chacun des dirigeants concernés « dans une annexe aux comptes de l'organisme ». L'article 20 de la loi n° 2006-586 du 23 mai 2006 concerne exclusivement, d'une part, l'État et les collectivités territoriales et d'autre part, les associations du régime de la loi du 1er juillet 1901 ou celles (dont le siège se trouve en Alsace et Moselle) qui relèvent du code civil local, qui remplissent un double critère fondé d'une part sur le montant de leur budget annuel et d'autre part sur le montant de la ou des subventions versées. Ces subventions s'entendent comme des contributions financières directes sous forme monétaire de personnes publiques à des opérations justifiées par l'intérêt général, mais qui sont initiées et menées par des tiers. Ce texte n'a pas pour objet d'opérer une distinction fondée sur l'origine de la ou des subventions versées, qu'il s'agisse de l'État ou d'une autre collectivité publique. Si l'on considère, comme l'a fait le législateur, que le respect de l'exigence de transparence des fonds publics justifie que soit donnée une publicité aux rémunérations des dirigeants d'association, il serait peu cohérent, et surtout source de rupture d'égalité devant la loi, de considérer que l'obligation serait fonction de la qualité ou de la nature de la personne publique ayant versé la subvention, alors que, quelle que soit la collectivité à l'origine de la subvention, ces subventions ont le même caractère. Le critère tiré de la nature de la personne publique à l'origine de la subvention est en réalité sans pertinence au regard de l'objectif recherché. Concernant le calcul du montant de la ou des subventions, une lecture attentive du texte de l'article 20 précité doit conduire à écarter d'emblée une interprétation selon laquelle l'appréciation de ce seuil pourrait s'effectuer subvention par subvention. Ainsi, pour l'application de ce texte, il convient de considérer qu'une association doit publier, dans une annexe de ses comptes, « les rémunérations des trois plus hauts cadres dirigeants bénévoles et salariés ainsi que leurs avantages en nature », dès lors qu'elle dispose d'un budget annuel supérieur à 150 000 euros et bénéficie, de la part d'une ou plusieurs collectivités publiques, d'une subvention ou de plusieurs subventions dont le montant cumulé est supérieur à 50 000 euros. S'agissant, enfin, de la détermination de l'année de référence visée à l'article 20 de la loi précitée, il convient de prendre en compte l'exercice au cours duquel le versement de la ou des subventions a été effectué.

Quant on sait que nombre de structures et institutions du spectacle vivant (ou autre, d’ailleurs) qui bénéficient de subventions publiques supérieures à 50 000 euros sont des associations loi de 1901, donc relevant de cette loi récente, on est en droit de se demander si ça va turbuler dans la transparence ? On prend les paris ?

***

D’ailleurs, au même moment, le blog L’Etat, le droit (et moi)… de Cacambo, (voir colonne de gauche Liens à ne pas manquer) nous livre une lecture au vitriol d’une littérature grise que presque personne ne lit.

Je rompts mon silence actuel pour vous faire partager un grand moment de bonheur ce matin (on a les bonheurs que l'on peut) : la lecture (presque) attentive du rapport annuel (pour 2006) de la cour de discipline budgétaire et financière (CDBF), que chacun peut consulter ici.

Sans entrer dans le détail (je vous renvoie aux articles L311-1 et suivants du code des juridictions financières), on rappellera en tant que de besoin que cette juridiction financière, distincte de la cour des comptes, est une juridiction dont la fonction est de sanctionner les atteintes aux règles budgétaires et financières commises (essentiellement) par les ordonnateurs (c'est-à-dire ceux qui donnent les instructions d'engagement des dépenses). Cette juridiction est placée sous la présidence du Premier Président de la Cour des Comptes le procureur général près ladite cour en assure le ministère public) et est composée à parité de magistrats de la Cour et du Conseil d'Etat. Cette juridiction peut prononcer des sanctions pécuniaires d'un montant variable, plafonnées en fonction du traitement ou du salaire de la personne sanctionnée (1 ou 2 fois le traitement annuel selon les cas). Bien qu'ayant ainsi une vocation répressive ("disciplinaire" au sens strict), il s'agit bien d'une juridiction relevant de l'ordre administratif et qui statue sous contrôle (en cassation) du conseil d'Etat, sans préjudice d'éventuelles (autres) sanctions pénales.

En gros, la cour de dsicipline prend son  temps et ses décisions sont mesurées. On peut donc rassurer ceux qui s’inquiéteraient pour les ordonnateurs de la dépense publique (au rang desquels il faut compter les directeurs d’EPCC) et du risque réel de subir les foudres de la cour de discipline budgétaire de la République.

La conclusion impitoyable de Cacambo justifie par l’absurde que si la haute fonction publique se refuse à faire la discipline dans ses rangs, il ne faut s’étonner que certains se retrouvent au pénal.

***

Arcadi_77_33

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Notes de 2007
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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 08:13

L’objet de ces notes est d’éclairer la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel. Et de décrire la chose artistique en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, d’interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion. Comme un roman est un miroir qu’on promène le long d’un chemin, je m’oblige à porter une attention oblique et distraite au monde et au quotidien.

 

 

 

Résumé des chapitres précédents

La chose artistique (1)

La chose artistique (2)

La chose artistique (3)

La chose artistique (4)

La chose artistique (5)

La chose artistique (6)

 

Trouvé sur le blog Betapolitique

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

Les cultureux

Pierre Bastogne

Théâtre de la Commune, Aubervilliers, 12 février 2007

Ce qui est fatigant avec les cultureux, c’est qu’ils pensent que parler de culture c’est parler d’eux : les professionnels de la profession. Leur raisonnement, quand il est caricatural, devient tautologique : il faut défendre et protéger les cultureux au nom de la diversité culturelle… des cultureux. Puis il y a les artistes. Les artistes ne sont pas nécessairement des cultureux. Mais il y a des artistes cultureux. Ce ne sont pas nécessairement de mauvais artistes. Ce ne sont pas nécessairement non plus de bons artistes. Ce sont dans tous les cas des artistes légitimes, légitimés par la bureaucratie culturelle.

Le cultureux est le plus souvent un bureaucrate culturel, dans un bureau ou sur la scène ou dans un théâtre, une association, une maison de production. Le cultureux, outre ses tâches parfois utiles de bureaucratie culturelle, a pour principale mission de contrôler. Il contrôle que les activités de la Nation sont bien conformes au dogme cultureux.

Quand on n’est pas d’accord avec le cultureux bureaucrate, il se fâche, hausse le ton et en appelle aux ancêtres : Malraux, Vilar, Vitez. Ce recours aux ancêtres prend alors un faux air de malédiction. Le contradicteur, qui n’est d’ailleurs parfois que potentiel, est renvoyé aux affres du vulgaire et de l’avilissement du peuple. On manie la menace, on s’adresse à ceux qui voudraient abandonner le culte, ils sont excommuniés. Ça ne dérange pas grand monde. Ceux qui voudraient abandonner le culte sont rarement dans la salle ou s’exprime le bureaucrate cultureux.

Et pendant ce temps il y avait la banlieue grise de la chanson de Piaf citée par une artiste, et pendant ce temps il y avait la ville et puis le monde et tout cela changeait, vivait, espérait, chaque jour plus indifférent aux activités de ce qui avait été un temps porteur de changement, de vie, d’espoir. Pendant ce temps… ailleurs, la vie, le présent, l’avenir.

Arcadi_77_25

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans La chose artistique
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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 19:33

 

 

 

Lemondefr_grd

 

 

Résumé des chapitres précédents.

L’objet de ces notes est d’éclairer la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel. Et de décrire la chose artistique en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, d’interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion. Comme un roman est un miroir qu’on promène le long d’un chemin, je m’oblige à porter une attention oblique et distraite au monde et au quotidien.

Transition super fastoche (la honte !) : il ne s’agit aujourd’hui de rien de plus que de lire le grand quotidien du soir dans son édition datée du vendredi 16 février.

Chapitre 6.

Comme tout les jeudis, il y a un supplément Le Monde des livres et en page 2 de ce supplément une lettre de Danièle Sallenave écrivain et membre du jury Femina.

Elle n’est pas contente parce que dans un débat, elle s’est fait traiter de « réactionnaire » et que Le Monde s’en est fait l’écho. Elle tient à s’expliquer.

 

Qu’avais-je dit en préambule ? (…) Qu’il me paraissait hasardeux et peut-être inutile de débattre du roman sans questionner la dérive qui a fait sombrer « l’art » dans « la culture » et « la culture » dans « l’animation culturelle ». (..) j’évoquais la difficulté où se trouve chacun (et pas seulement l’ « écrivain ») à conserver l’ombre d’une singularité, et l’espace nécessaire à une pensée libre, lorsqu’on est à toute heure soumis au bavardage généralisé de la société de divertissement, qui gave, menace, punit, récompense et console dans une même sollicitude étouffante de « mère mortifère », et qu’on se voit livré au règne et à la domination de ses pulsions dans un devenir où toute sublimation devient impossible, qu’elle soit artistique ou politique.

 

Page 27 du même Le Monde, dans la rubrique Culture un article de Fabienne Darge, consacré au spectacle « Cap au pire » qui se donne au Théâtre de l’Atelier commence ainsi :

 

Depuis plusieurs années, Sami Frey poursuit une oeuvre un peu particulière : celle d’un lecteur d’exception. Tout amoureux de la littérature, dans le secret de sa chambre, compose une œuvre intime et étrange –car, oui, la lecture est un art- qui se rapproche à bien des titres de celle du comédien.

© Le Monde.fr

 

La page d’avant, page 26, sous le titre “Candidats,  exprimez vous! ” est ainsi surtitrée :

Pétition, débats, appels. Le monde de l’art s’inquiète du silence des politiques avant l’élection présidentielle.

 

Vérifiez en cliquant ci-dessous qui appartient et qui n'appartient pas au monde de l’art.

 

 

 

Candidats, exprimez-vous !
LE MONDE | 15.02.07
***

A la fin de l’article principal de ce dossier, on nous explique que le nouveau président du Syndeac observe une souffrance chez les artistes.

Si j’ai bien lu ce dossier, les citoyens n'ont pas l'air de faire partie du monde de l’art contrairement aux amoureux de littérature qui ressemblent à Sami Frey. Et je ne parviens pas à comprendre s’ils souffrent de la même souffrance que celle analysée par Madame Sallenave, d’être livré au règne et à la domination de ses pulsions dans un devenir où toute sublimation devient impossible, qu’elle soit artistique ou politique.

Sur la différence ou non entre les citoyens ordinaires et moins ordinaires et dans les pages Débats, pages 19 et 20 du même numéro, M. Eric Debarieux, sociologue à l’Université de Bordeaux II et M. Yves Sintomer, professeur de sociologie à l’Université de Paris VIII ne sont pas d’accord, mais alors  pas du tout.

Pour le premier (Peuple « d’en bas » contre intellos d’en haut) : l’éviction des chercheurs des débats électoraux est stupide et humiliante. Pour le seconrd (Tordre le cou aux contrevérités) : Non, la « démocratie participative » n’est pas qu’un slogan électoral. L’histoire de cette notion remonte aux années 1960., 

Qui a raison ?  Qui a gagné?

Paris 8 ;  Bordeaux 2,  y a pas photo même si l’arbitre a sifflé un penalty litigieux. Non ?

 

Arcadi_77_27
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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 08:10

Pompougnac_4608 referencement google

Je rencontre encore des gens qui se plaignent que les questions culturelles soient le parent pauvre de la campagne électorale.

Ce serait quoi au juste un prise en compte de la culture dans la campagne ? Toujours plus de la même chose ? La perpétuation de la crise et des contradictions masquées par un consensus de façade ?

Ou bien un nouveau souffle iconoclaste et radical ?

De nouvelles approches commencent à se faire entendre, me semble-t-il (à condition de tendre un peu l’oreille) : je m’en suis fait l’écho ici même.

Note du 12 janvier

Note du 30janvier

Note du 31 janvier

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La nouvelle du jour est une nouvelle pétition. La forme est certes classique mais le contenu passablement décoiffant.

Elle est apparue hier sur le blog de Laurent Grandguillaume.

Le blog de qui ?

Laurent Grandguillaume est secrétaire de la section de Dijon du Parti socialiste et membre de sa commission nationale.

* ========================= *

Extrait de Pour une nouvelle politique culturelle : je signe !

Nous devons en finir avec le «logiciel des années 80’». Cette façon de procéder secteur par secteur (lobbies par lobbies), sur la défensive, a pour effet d’empêcher la co-construction d’une nouvelle politique culturelle en phase avec les mutations en cours qu’elles soient d’ordre, sociales, économiques ou technologiques et urbaines.

Et encore :

On dit beaucoup que nous arrivons au bout d’un système, celui issu des pionniers de la décentralisation dramatique, de Malraux et de Lang. Une grande part des objectifs de la démocratisation ne pourront jamais être atteints. Les publics culturels sont toujours les mêmes. Si cette fracture n’a pu être réduite par cinquante ans de politiques culturelles, il convient de les transformer radicalement. Il est indispensable de repenser les modalités d’action et la nature des moyens mis en œuvre.

Et surtout :

Il est nécessaire de proposer de nouveaux modèles d’accompagnement des initiatives, de l’amateur au professionnel pour la création et la diffusion, qui permettent une co-construction entre les acteurs culturels et les pouvoirs publics de nouvelles politiques. Il ne suffit pas de faire appel au droit commun pour soutenir les initiatives de démocratie culturelle, mais de le revisiter.

Lire le texte complet de la pétition.

Arcadi_77_26 

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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 18:09

Lors d’un certain nombre de débats ou rencontres auxquels j’ai participé ces derniers temps, j’ai entendu à plusieurs reprises des voix s’élever pour qu’on cesse d’entretenir la confusion entre l’artistique et le culturel.

Je crois comprendre à peu près l’inquiétude qu’elles manifestent devant les problématisations approximatives qui marquent aujourd’hui le débat sur les politiques culturelles et le soutien à la création.

N’empêche, je reste très perplexe. Je ne suis pas sûr que cette tension entre art et culture puisse ou doive être dépassée. Ou pour le dire autrement, je crois que je n’aimerais pas vivre dans une démocratie ou quelqu’un (qu’il soit universitaire, critique d’art, philosophe, ministre ou fonctionnaire) pourrait s’arroger le droit d’imposer une distinction entre artistique et culturel.

Cette tension et l’incertitude qui en découle ont partie liée avec la question de la démocratie (ni mécénat monarchiste, colbertiste ou jacobin, ni réalisme socialiste).

 

Mais c’est d’abord pour des raisons sémantiques et historiques que le désir de protéger la pureté de l’artistique contre la contagion du culturel relève plus de la nostalgie que du projet.

 

Rey Alain Rey, lexicologue distingué conclut ainsi l’entrée Artiste de son Dictionnaire culture en langue française :

Ainsi, à partir des notions d’ « artisan supérieur » ou de « créateur esthétique » (milieu du XVIIIè siècle à 1810-1820), jusqu’à la puissance quasi-emblématique du mot à l’époque romantique, de celle-ci aux modulations de la modernité créatrice (en France, Baudelaire,  ensuite Huysmans ou Villiers de l’Isle-Adam), puis aux révolutions esthétiques et conceptuelles du XXè siècle, le signe artiste –avec ses équivalents en d’autres langues- a résisté  mais a perdu une part de ses prestiges. Toutefois, les pouvoirs d’un mot sont fondés sur les habitudes et les fantasmes qui se nourrissent d’ambiguïtés. Aujourd’hui que des créateurs proclament que l’art est partout, que le moindre déchet urbain est un objet de l’art, quand les philosophes voient (après Valéry) l’art dans le savoir, lorsque savoir et argent envahissent l’art, où est l’« artiste » ?

Les réponses sont nombreuses, contradictoires, toutes contestables. Les suggestions les plus justes sont peut-être celles qui viennent des artistes eux-m^mes, tel ce projet de l’architecte Robert Filliou pour les toilettes du musée d’Etat de Müchengladbach (1969), qui réjouira sans doute les lacaniens par les trois portes déplaçant la barre du signifiant » : men, women, artists.

 

Arcadi_77_30

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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 19:00

Comme chacun sait, l’éducation artistique est une cause nationale, une priorité absolue, à gauche comme à droite.

Carrefour dangereux, attention école!

Attnt_cole

Les ministères concernés ont mêmê organisé, le 23 janvier dernier un séminaire de mobilisation des cadres (sic).

Et c’est bien nécessaire de les mobiliser puisqu’ils ont des crédits plus que conséquents à consacrer à la chose si l’on en croit une partie de l’allocution de ministre chargé de la culture :

L’engagement budgétaire de l’Etat en faveur de l’éducation artistique et culturelle En 2007, l’État s’engage de nouveau fortement en faveur de l’éducation artistique et culturelle, puisque le Ministère de la Culture et de la Communication consacrera, à lui seul, 40 millions d'euros à cette politique. - Hors personnel, les crédits de l’action « Soutien à l’éducation artistique et culturelle » du programme de la mission culture « Transmission des savoirs et démocratisation de la culture » seront augmentés de 500 000 euros en 2007. Cette progression sera essentiellement consacrée à conforter les moyens alloués aux structures artistiques et culturelles subventionnées, afin qu’elles puissent développer leurs projets d’action éducative en 2007. - Au-delà de ces crédits spécifiques, il convient de prendre en compte les crédits consacrés à l’éducation artistique et culturelle qui sont déjà inclus dans les subventions versées à des opérateurs, dans le cadre des programmes « Patrimoine » et « Création ». Ils concernent les services éducatifs des archives, des musées et des ensembles patrimoniaux, ainsi que ceux des bibliothèques, des médiathèques, et des structures relatives au spectacle vivant et aux arts contemporains. - Il faut également prendre en compte les crédits consacrés, sur leur budget de fonctionnement, par les établissements publics et les structures artistiques et culturelles subventionnées par le ministère. - Le total des crédits d'interventions, hors fonctionnement, consacrés à des actions concrètes d’éducation artistique et culturelle peut donc être estimé à 40 millions d’euros en 2007.

On trouvera un compte rendu très circonstancié de cette réunion, par François Deschamps sur le site territorial.fr.

40 millions : le chiffre est répété deux fois aux cadres de l’éducation nationale et aux DRAC, priés de bien vouloir se mobiliser. Ce budget m’interroge.

Comment se fait-il que ces derniers temps, de partout, remonte la complainte des artistes et des enseignants sur la diminution des moyens, le désengagement de l’Etat, les ateliers qui ferment… ?

Y aurait-il des fuites ? Des doubles comptabilités ? Des DRAC où les arbitrages sont défavorables à l’ardente obligation ? Des structures subventionnées oubliant certains articles de leur contrat d’objectif ?

Il va falloir te mettre au boulot, lire la LOLF 2007 et la rapport annuel de performance 2006 me suis-je dit avec un enthousiasme mesuré.

Et, là-dessus, hasard objectif inespéré, un mail du Dr Kasimir Bisou qui lui, l’a déjà étudiée la LOLF, et sur cette question justement ! Certes, pas avec les même lunettes que celles que j’aurais chaussées si j’avais eu du courage (débusquer les comptes fantastiques et truqués alors que la LOLF, en théorie, est justement faite pour que s'exerce correctement le contrôle de la représentation nationale sur le budget de l'Etat).

Mais pertinent, intéressant et caustique à souhait. Le bon Docteur creuse son sillon.

Voir mes précedentes notes qui relaient ses contributions au débat :

Docteur Kasimi Bisou

Kasimir Bisou, le retour

Sale temps pour la diversité culturelle

Et je suis heureux d’accueillir ici à nouveau sa prose que vous pouvez télécharger à loisir : 

Téléchargement lolf_pour_la_cofac_janvier_2007.doc

***

Après le séminaire la circulaire :

La Gazette des communes.

Les petites phrases des chargés de comm du minsitre de Robien :

"S'ils se contentent de la musique et du dessin, les enfants ratent quelque chose, il leur faut une approche du théâtre, de la danse", a estimé le ministère, qui a assuré avoir jusqu'ici "constaté un saupoudrage des actions sans que pour l'enfant ça ait un sens global".

Penser à en finir avec la saupoudritude.

Arcadi_77_20

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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 22:30

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Ceux qui n’ont pas eu la chance de l’écouter accompagner ou improviser ne comprendront probablement pas ma grande tristesse.

Article paru dans le Midi Libre :

Siegfried Kessler, l'imprévisible dernière note

Au bout du ponton F, « F comme fa dièse », aimait-il à dire. Depuis plus de vingt ans, Siegfried Kessler, pianiste de jazz hors norme, s'était installé, là, à La Grande-Motte. A bord d'un ancien bateau de course transformé en appartement.

Ce « fou du grand large, tempétueux, ne naviguant que par grand vent » a été retrouvé inanimé par un passant, lundi dans la nuit, dans l'eau glaciale du port grand-mottois. Quand les secours sont arrivés sur place, il était trop tard. La mort remontait déjà à plusieurs heures. Selon les premières constatations de la gendarmerie, l'alcool pourrait être la cause de cet accident. Siegfried Kessler avait 71 ans.

De sa longue carrière, on retient surtout son goût immodéré pour les improvisations. En quelques accords, ce jazzman des cimes était capable d'emmener l'auditeur au bord de l'asphyxie comme dans les plus profondes respirations de l'introspection. « Il ne faut jamais perdre le goût de l'esthétique, une certaine élégance et la liberté », confiait-il il y a trois ans. Juste avant un mémorable concert donné au Jam, en compagnie du saxophoniste Archie Shepp. Son complice, son double, l'une de ses « stimulations » comme pouvaient l'être, pour lui, Thelonious Monk, Walter Bishop ou encore John Coltrane.

Les deux hommes se sont rencontrés à la fin des années 60. Le musicien américain est en tournée en Europe. Dans un club parisien, un pianiste l'accueille en jouant les accords de sa mythique composition, Le matin des Noirs. Ce pianiste, c'est Siegfried Kessler. En quarante ans, leur complicité ne sera jamais démentie. Comme l'atteste leur performance, en 2003, Live in Jam, concert enregistré pour la postérité.

Entre deux bords, le pianiste aimait à fréquenter cette salle ou à y jouer. « J'adore, car il y a l'odeur du jazz. C'est un lieu qui marche à la passion, pas pour le fric. » Le public ne pouvait pas rester insensible à sa silhouette de corsaire des mers du Sud.

A l'inverse de Novecento, le personnage pianiste de théâtre d'Alessandro Barrico ayant toujours vécu sur un paquebot, « la terre, c'est un bateau trop grand pour moi. C'est un trop long voyage . Pardonnez-moi. Mais je ne descendrai pas. » Siegfried Kessler s'en est allé après y avoir goûté. A pleines dents.


Christophe GAYRAUD

C’est l’occasion de surveiller le site du ministère de la culture sur lequel les ministres successifs égrènent les communiqués nécrologiques afin de voir si l’un des plus grands pianistes de jazz ayant exercé dans notre douce France aura ou non les honneurs des gardiens du temple de l’excellence artistique.

(En vérité, je m’en fous).

Arcadi_77_19

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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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