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9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 09:06

Masc_fm

L’objet de cette série de notes est de s’interroger sur la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines. Et de conduire cette enquête en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel. De dégager la chose artistique de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.)

 

Résumé des chapitres précédents

Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote (Stendhal).

voir la note

 

Il existe en langue italienne une forme de tutoiement qui n’est pas intime : c’est un simple tutoiement entre les compagnons d’une même profession, analogue au tutoiement banal qu’utilisent entre eux, souvent, en langue française, les gens de spectacle : les gens de la chanson, les gens du cinéma, les musiciens (Jean-Patrick Manchette).

voir la note

La gauche devrait remettre en cause cette organisation de la culture et prendre ses distances avec des pièges idéologiques tels que l’acriticisme du créateur individu, ou l’illusion que le soutien financier de l’État à quelques barons du théâtre, serait un combat contre l’uniformisation américaine. (Franck Lepage)

 

 

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Aujourd’hui, ma modeste contribution aux gender  studies.

 

Tout commence en 1981.

Ce gouvernement compte non pas un mais quarante-quatre ministres de la Culture. Chacun de leurs actes a valeur d’acte de civilisation. Culturelle, l’abolition de la peine de mort ! Culturelle, la réduction du temps de travail ! Culturel, le respect du tiers-monde ! Culturelle, la reconnaissance du droit des travailleurs ! Culturelle, l’affirmation des droits de la femme !

Jack Lang, discours à l’Assemblée nationale (17 novembre 1981), publié dans Cultutre publique Opus 1, page 40 et cité par Mathilde Priolet « Les pratiques culturelles et l’éclipse du politique », La Scène, n° 43, décembre 2006.

L’envolée lyrique était justifiée. Nous passions de l’ombre à la lumière, rien de moins. 15 ans après le caractère éminemment culturel de l’affirmation des droits de la femme bute sur le droit des femmes à exercer des responsabilités dans le domaine de l’art et de la culture, comme le montre le rapport remis par Reine Prat à la DMDTS à l’automne dernier. Rapport dont le nouveau président du Syndeac rappelle l’essentiel, avec une grande pertinence, dans son éditorial de Des mots & Débats n° 22 - décembre 2006 (publié sur le site du Syndeac).

 

 

Masculin - Féminin

 

Les études ont souvent pour destin les étagères du service des archives. Il serait bien que le sort de celle dont nous allons ici parler y échappe. Ou alors après avoir marqué les esprits et suscité interrogations et remises en cause. Si ces quelques lignes peuvent y aider, cet éditorial n'aura pas été inutile. Il est donc un rapport* rédigé par Reine Prat qui analyse la place des femmes dans nos professions. Dire d'abord qu'il est suffisamment bien écrit pour que l'on s'y plonge, suffisamment court pour être lu de bout en bout, suffisamment clair pour être compris, suffisamment chiffré pour être édifiant, suffisamment réaliste pour que ses propositions et pistes de réflexion soient suivies. De son contenu, nous retiendrons cette simple information: 27% des officiers de l'armée française sont des femmes. Pour une femme, il est donc plus facile de diriger un corps d'armée que de diriger un théâtre institutionnel (8%) ou un orchestre (6% des concerts programmés dans nos institutions). L'armée est moins misogyne et ségrégative que le monde artistique. De quoi perturber plus d'un rétif à l'uniforme. Évidemment, ça rend modeste. Claire Lasne**, citée dans ce rapport, le dit à sa façon. "Nous vivons dans un petit monde, construit sur des lois artificielles, et qui ne correspond en rien à la population à qui nous sommes censés nous adresser". Le propos peut paraître entier et par trop exagéré. Ce n'est pas le constat implacable mis en évidence par ce rapport qui va lui donner tort. La femme est peut-être l'avenir de l'homme. Manifestement, pour le spectacle vivant, il y faudra un peu de temps et beaucoup de volonté.

Francis Peduzzi

*Il est intitulé Mission EgalitéS, Pour une plus grande et une meilleure visibilité des diverses composantes de la population française dans le secteur du spectacle vivant, Pour l'égal accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité, aux lieux de décision, à la maîtrise de la représentation. Le titre est long mais a l'avantage de bien expliciter son sujet. Ce rapport est le téléchargeable en marge.

** directrice du centre dramatique régional de Poitou-Charentes, lettre du 14 décembre 2005, extrait

 

 

 

 

Alors ? Exagéré le propos de Claire Lasne ? « … un petit monde, construit sur des lois artificielles » n’est-ce pas une autre manière de parler des us et coutumes, de l’habitus du monde artistique, un signe en direction de la chose artistique?

Mais il y a plus concret encore.

Dans sa livraison de septembre 2006, La Scène a justement publié un dossier « La Culture au masculin » à partir de ce même rapport de Reine Prat

A l’appui de l’analyse d’Anne Quentin, en encadré, un témoignage « malheureusement anonyme car il est impossible de dénoncer encore aujourd’hui les auteurs de telles pratiques qui bien entendu ne se laissent jamais aller à de tels propos publiquement ».

Lors d’une fête de fin de saison en Ile-de-France, réunissant directeurs de lieux, compagnies et acteurs culturels, tous un verre à la main, l’occasion de se rencontrer, de prendre des contacts, de discuter. Je me retrouve nez à nez avec le directeur d’un CDN dans lequel j’ai travaillé deux mois auparavant. On se salue. Je lui fait part de mon intention de l’appeler à  la rentrée, pour prendre rendez-vous afin de lui parler de mon projet en cours (une piève à moi que je veux monter). Il recule, gêné, me dit qu’il a beaucoup de dossiers à gérer. J’insiste un peu en lui disant que tout cela je le sais, mais que venant de travailler dans le lieu qu’il dirige (un lieu public) il me semble logique et légitime de lui demander ne serait-ce qu’un rendez-vous. La réponse arrive : "Je sais que tu as un beau cul mais je ne connais pas ton travail ». Ce qui s’est passé dans ma tête, dans mon corps, dans mon cœur à ce moment-là est difficile à décrire. Un coup de poignard. La honte aussi. Honte d’avoir été déshabillée sans l’avoir choisi, de voir mon cul, ni, posé sur la table, comme dit Genet – oui, les mots ont ce pouvoir-là, de faire exister les choses. Il y a la colère aussi et le chagrin. Je me souviens que mes mâchoires se sont serrées. J’ai répondu sèchement, une pauvre réponse raisonnable : "Eh bien justement, tu peux lire.Il y a une pièce et un dossier ? Au moins tu connaîtras mon travail ».

Choquée, je suis aussitôt allée voir les copains. Je leur raconte la scène, à chaud, de plus en plus outrée. Au-delà de ma blessure de femme, je répète : « C’est un directeur de lieu public qui parle comme cela à une artiste défendant son travail ». Les copains compatissent, sans plus. Beaucoup me disent : « ben oui, c’est bien connu dans le métier, on sait qu’il est comme ça, un peu libidineux ». Et la fête continue.

 

 

 

L’occasion rêvée de conclure comme Alexandre Vialatte « Et c’est ainsi qu’Allah est grand » !

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 08:02

Parc_2

Résumé des chapitres précédents :

Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote (Stendhal).

 

Il existe en langue italienne une forme de tutoiement qui n’est pas intime : c’est un simple tutoiement entre les compagnons d’une même profession, analogue au tutoiement banal qu’utilisent entre eux, souvent, en langue française, les gens de spectacle : les gens de la chanson, les gens du cinéma, les musiciens (Jean-Patrick Manchette).

L’objet de cette série de notes est de s’interroger sur la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines. Et de conduire cette enquête en s’intéressant aux choses simples et banales comme l’habitus des acteurs du monde culturel. De dégager la chose artistique de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tout ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, etc.)

Soit une approche radicale de la question :

Le « créateur », ce nouveau héros de la gauche, est devenu un véhicule idéologique du capitalisme, et de ses maîtres mots : innovation, liberté, pouvoir et valeur

Aujourd’hui, le PS et le PCF sont englués dans la « défense de la création contemporaine », qui met fin à toute véritable réflexion sur la question culturelle, et nous infantilise en nous positionnant comme simples « réceptacles béats » des lumières de créateurs tout-puissants.

Ces formules sans appel sont dues à Franck Lepage

En savoir plus sur Franck Lepage su Wikipedia

 

Invité, lors de l’université d’été de la LCR, pour présenter son spectacle, « Incultures », Franck Lepage, militant de l’éducation populaire, analyse ici le rendez-vous manqué de la gauche et de la politique culturelle.

Paru dans Rouge n° 2174 du 28 septembre 2006, sous le titre Culture et capitalisme. LEPAGE Franck Propos recueillis par Ivan Guimbert.

 

 

Et aujourd’hui, à gauche, quels sont les rapports avec la culture ?

F. Lepage. À gauche, la culture a colonisé le champ du politique au point de s’y substituer. Depuis 1981 et Jack Lang, la figure qui rassemble à gauche n’est plus celle de « l’ouvrier » qui s’organise collectivement et dispose d’un métier ou d’un savoir-faire (années 1970), mais celle de « l’artiste » (années 1980), qui crée individuellement et dispose d’un savoir être. être de gauche ne veut plus dire mobiliser les travailleurs vers un rapport de force fondé sur une explication des causes collectives des inégalités, mais défendre la liberté d’un individu porté aux nues : l’artiste créateur, nouveau héros substitué à la figure de l’ouvrier. Ce basculement idéologique correspond aux exigences du « nouveau management » qui vise à casser les solidarités syndicales et le sens du métier pour mettre en place une forme de travail individualisée fondée sur la notion de projet et où la « compétence » remplace la « qualification ». C’est une bataille des mots que nous sommes en train de perdre. Marcuse nous avait prévenus : nous ne pourrons bientôt plus critiquer « efficacement » le capitalisme, parce que nous n’aurons plus de mots pour le désigner négativement - les défavorisés ont remplacé les exploités, le lien social a remplacé l’ordre, la culture a remplacé le politique.

En réduisant la culture aux Beaux-Arts, la Ve République a piégé durablement la gauche dans la défense des créateurs. Exit la culture ouvrière ou paysanne, toutes les formes possibles et imaginables de culture populaire, en commençant par le combat politique et le combat syndical, qui se trouvent reléguées hors du champ « culturel ». Véritable élimination du politique, comme le dira Malraux : « Nous allons enfin savoir ce qui peut être autre que le politique dans l’ordre de l’esprit humain. »

Dans cette optique, quelle est la place des artistes ?

F. Lepage - Le « créateur », ce nouveau héros de la gauche, est devenu un véhicule idéologique du capitalisme, et de ses maîtres mots : innovation, liberté, pouvoir et valeur. Innovation, par exemple, quand l’art « contemporain » glorifie une nécessité de renouvellement constant et immédiat qui correspond à l’impératif de renouvellement permanent du stock de la marchandise culturelle. Ce qui est passé est dépassé, ringard et dévalué. Le ministère de la Culture finance de la « nouveauté », à l’exclusion de toute autre considération.

Liberté, quand l’art fait croire à la démocratie, à travers une fausse liberté d’expression, sans enjeux, sans objets, sans risque, et qui ne remet en cause aucun pouvoir ni aucune institution. Petites provocations gratuites et décadentes, non-événements absolus, quand les acteurs de Jan Fabre urinent « pour de vrai » dans la cour d’honneur du palais des Papes au Festival d’Avignon. Ce summum de « courage artistique » fait trembler le patronat sur ses bases ! Il s’agit, sans doute, d’une manifestation de la démocratie, d’une culture officielle, qui consiste à valoriser en permanence la liberté d’expression sans objet, et à éliminer le politique. Pouvoir, au travers de la souveraineté absolue du créateur, qui a tous les droits et dont il faut exaucer tous les caprices au nom de sa liberté d’initiative, réplique de la souveraineté du patron sur son entreprise. Aucune critique ne peut leur être adressée, ils sont « propriétaires » de leur production.

Valeur enfin, quand l’art réalise le rêve du capitalisme : fabriquer de la valeur sans fabriquer de la richesse et en éliminant totalement le travail humain. Les petits morceaux de nappes en papiers déchirés par un artiste contemporain lors de ses différents petits-déjeuners, exposés à la foire d’art contemporain de New York, puis vendus plusieurs millions d’euros avant de rejoindre la spéculation sur le « marché de l’art », sont une manifestation éclatante de la possibilité de fabriquer de la valeur sans s’embarrasser du travail, de dématérialiser la production.

Quelle solution proposer ?

Lire F. Lepage - La gauche devrait remettre en cause cette organisation de la culture et prendre ses distances avec des pièges idéologiques tels que l’acriticisme du créateur individu, ou l’illusion que le soutien financier de l’État à quelques barons du théâtre, serait un combat contre l’uniformisation américaine. Le problème n’est pas artistique, il est culturel. Il consiste à faire à nouveau rentrer la politique dans la culture. Aujourd’hui, le PS et le PCF sont englués dans la « défense de la création contemporaine », qui met fin à toute véritable réflexion sur la question culturelle, et nous infantilise en nous positionnant comme simples « réceptacles béats » des lumières de créateurs tout-puissants. Reprenons la question culturelle là où Malraux l’a laissée. Construisons une culture qui soit l’expression des individus et des groupes sur leurs conditions de vie, ainsi qu’un axe de transformation sociale !

Lire l'article.

Je ne parviens pas à partager complètement cette analyse (j’y reviendrais peut-être en montrant que cette manière d’écrire l’histoire des politiques culturelles me paraît un peu schématique) mais je retiens cette hypothèse que la chose artistique est acritique voire apolitique.

 

 

 

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 07:30

« Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote ».

Voilà résumée toute la sociologie de la culture. Il ne s’agit pas d’une citation de Pierre Bourdieu mais d’une phrase de Stendhal, dans le Rouge et le Noir (Livre I, chapitre 26).

Habitus : une certaine manière de se comporter et d’apparaître aux autres, acquise par répétition et qui devient comme une seconde nature. Une posture, une façon de se poser qui signifie une singularité et  la participation à un collectif, une classe, une communauté.

La chose artistique résulte de ce que les artistes  (et leurs « partenaires » : politiques, fonctionnaires, conseillers, médiateurs..) ont en partage. Un fond commun insu, oublié tant cela va de soi, banal. C’est l’implicite de la complicité, une connivence qui les place quelque part dans le champ social, dans les relations de solidarité et les rapports de force (la lutte des classes) qui font société.

[Tentation de la polémique et de la formule facile à l’emporte pièce : les travailleurs à la chaîne prennent une pause, les artistes prennent la pose. Renoncer à la tentation].

Un autre romancier nous fait saisir cela, plus proche de nous que Stendhal, sans être toutefois notre contemporain puisqu’il est décédé prématurément.

Manchette_1  Dans Iris Kulturkampf, un projet inabouti situé entre La position du tireur couché et La princesse du sang (qui reprend les thèmes et personnages d’Iris) Jean-Patrick  Manchette campe le personnage d’un certain Maurer, comédien assez médiocre qui est recruté à cause de sa ressemblance avec un certain Victor Bester.

Dans ce coup tordu, il se trouve associé à une chanteuse italienne à la carrière incertaine Alba Joy Black. 

Tandis qu’ils attendent le moment de passer à l’action, c'est-à-dire d’incarner Victor Bester et sa supposée petite amie du moment, une relation trouble se noue entre eux.

Manchette note ceci :

Plus tard, alors qu’il avait perdu à jamais la possibilité d’éclaircir la chose, d’en avoir le cœur net, l’homme devait se demander quelquefois si Alba Joy Black l’avait réellement tutoyé dans cet instant-ci ; si elle l’avait tutoyé d’une manière intime. En effet elle était italienne; et il existe en langue italienne une forme de tutoiement qui n’est pas intime : c’est un simple tutoiement entre les compagnons d’une même profession, analogue au tutoiement banal qu’utilisent entre eux, souvent, en langue française, les gens de spectacle : les gens de la chanson, les gens du cinéma, les musiciens.

Le tutoiement des gens du spectacle participe de ce que j’entends par chose artistique.

[Note de méthode : rester superficiel. Il y a beaucoup d’esprits pénétrants. Des ouvrages aux analyses pénétrantes, ma bibliothèque en est pleine. S’efforcer d’être profondément superficiel c’est interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion.

S’abstenir de faire preuve de pénétration pour laisser les choses en l’état : «un roman, c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin ». Stendhal, encore]

*

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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 10:06

Au moment de publier cette première note de l'année, je m'interroge. Dois-je la ranger dans la rubrique Humeurs ou dans Débats et réflexions ? L'avenir nous le dira peut-être.

 

Les mois qui viennent risquent d’être difficiles. Déjà quelques tribunes libres, quelques « Rebonds », un ou deux appels ont stigmatisé l’absence des enjeux artistiques et culturels dans le débat présidentiel.

Et quand ils sont abordés, l’indigence n’est pas loin.

Mais la compétition va s’aiguiser et viendra fatalement le temps des promesses.

Il est toutefois à craindre qu’entre les appels des uns et les engagements des autres, on s’épargne l’effort de l’indispensable diagnostic.

Et qui convoquera-t-on pour un droit d’inventaire ? Jack et Maryvonne comme le propose le numéro 142 (novembre décembre 2006) de la revue Le Débat ?

Debat142_1 La politique culturelle a eu son heure de gloire sous les deux septennats de François Mitterrand. Sous l'impulsion de Jack Lang, elle a acquis une forte légitimité et remporté de beaux succès. Depuis, elle peine à trouver sa voie ; elle est dans l'embarras, si ce n'est dans l'impasse, ne sachant plus ni avancer ni reculer, alors que la culture et la société, elles, évoluent à grande vitesse.
  N'est-il pas temps de la reconsidérer dans ses principes ? C'est ce que soutient Nathalie Heinich. Ne convient-il pas, demande-t-elle, de revoir les objectifs et de donner un autre cadre à l'intervention publique, compte tenu des conditions d'aujourd'hui ? Nous remercions Marc Fumaroli, Jack Lang, Maryvonne de Saint Pulgent et Philippe Urfalino d'avoir bien voulu nous confier leur avis sur son analyse et ses propositions.

Beau débat, en effet.

Cette impuissance des experts, des professionnels de la profession et des politiques à faire de l’art et de la culture un vrai enjeu de débat public, une vraie question citoyenne est en elle-même un diagnostic.

Mais ce serait quoi le démocratie participative en matière artistique?

L’oligarchie artistique et culturelle a beau jeu de répondre à l’avance : la pente glissante vers la démagogie.

Le discours est solidement établi et bien connu : le théâtre et la démocratie sont frère et sœur jumeaux nés dans la Grèce antique. L’agora et la tragédie sont les vrais fondements de la chose publique.

Certes Platon condamnait les artistes et voulait des rois philosophes. On n’en est plus là. Nos modernes et flamboyants artistes et ministres ont l’élitisme honteux puisque leurs discours respectifs (pour les uns la défense de leurs intérêts professionnels et de leur géniale singularité, pour les autres leur pouvoir de nomination dans les places enviées, d’attribution de la médaille des Arts et Lettres et –salut l’artiste !- de communiqués nécrologiques) partagent cette même figure de style : l’excellence artistique peut et doit être démocratisée.

Plus que jamais, ces discours de convenance m’ennuient et me fatiguent. Il m’arrive d’en produire, de participer à des débats, des colloques… à la vérité, je n’en suis pas particulièrement fier.

Je voudrais essayer de  parler d’autre chose, de la chose artistique.

Mais qu’entendez-vous par chose artistique ?

Et bien justement, je n’en sais rien encore ou si peu. Je voudrais avancer patiemment vers l’identification  de cette chose là. Une chose. Pas un poème ni une œuvre, ni un plaidoyer en faveur de l’art et des artistes. Mais ce qui reste quand on a poussé assez loin l’analyse et la critique de cette célébration consensuelle de l’artistique.
Duchamp Dirais-je que cette chose serait, au bout du chemin à parcourir, comme un objet trivial. Un banal urinoir qui resterait là, opaque dans sa facticité d’ustensile, après qu’on aurait dissoute la révolution fondatrice de Marcel Duchamp. Non. Fausse piste, trop facile.

Dirais-je encore que le travail à accomplir pour circonscrire la chose artistique est une entreprise de désacralisation du discours mystique à la Malraux, une profanation délibérée de l’art conçu comme la poursuite des frissons sacrés de l’extase relieuse par d’autres moyens ? Non, fausse piste là encore, trop générale. Trop de hauteur de vue, c’est à dire trop superficiellement profond comme le bavardage des faux prophètes du contemporain et de la post-modernité.

Plus simplement, je me contenterais volontiers d’être profondément superficiel.

Une seule chose me semble un peu acquise, l’enquête sur la chose artistique se situera dans le champ de la sociologie de la culture. La référence ne doit pas effrayer : il s’agit d’une discipline intellectuelle très salutaire mais bien plus simple que ne le laissent à penser ses modernes théoriciens. Cette sociologie de l’habitus peut, en effet, se résumer en une seule phrase :

« Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote ».

*

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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 18:15

Un J’évoquais hier la Lettre aux amis, aux spectateurs, aux professionnels, aux experts, aux tutelles... publiée par Jean-Marc Bourg que je ne connais pas.

François Deschamps, lui, connaît son travail et on trouvera sur Territorail.fr une longue note qui permet de mieux comprendre la situation. Par exemple :

L'insuffisance de l'engagement des partenaires publics (mais aussi de responsables de théâtre qui jouent chacun leur carte et ne jouent plus leur rôle de producteurs, d'après Jean-Marc Bourg), ainsi que la difficulté de certaines collectivités à privilégier " l'exigence artistique " sur " l'appartenance régionale ", n'ont pas permis d'assurer la viabilité du projet…

Ou encore :

Enfin, Jean-Marc Bourg a une éthique qui l'a conduit à rémunérer de façon juste ses comédiens et ses administratifs, ceux-ci n'étant pas intermittents mais salariés sur la base de la convention collective.

Lire l’ensemble de la note sur Territorial.fr

*

Deux Lundi dernier, je participais à l’une des tables rondes organisées par les Editions de l’Attribut au Théâtre de l’Est parisien.

Je n’ai pas eu le courage de tenter ici d’en rendre compte.

L’oiseau rare l’a fait.
Merci Jean-Gabriel.

Lire la note sur le blog loizorare

*

Trois Ma bonne action du week-end : je suis allé sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia pour compléter l’article consacré aux EPPC et y ajouter la liste des établissements existants.

J’ai pu vérifier qu’on publiait dans Wikipedia comme dans un moulin. J’espère qu’ils font une régulation a posteriori.

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16 décembre 2006 6 16 /12 /décembre /2006 18:44

Jean_claude_pompougnac_46

Dans un texte sobrement intitulé Lettre aux amis, aux spectateurs, aux professionnels, aux experts, aux tutelles..  Jean-Marc Bourg tente d’élucider les raisons qui l’ont conduit à mettre un terme aux activités de sa compagnie (Labyrinthes en Languedoc-Roussillon).

Une sorte d'état des lieux de la création théâtrale en France, mère des arts.

Au mois de septembre, j’ai décidé de mettre un terme aux activités de la compagnieLabyrinthes. En période de création alors, j’ai tenu cette décision secrète pendantquelques semaines, n’en informant que nos principaux partenaires : le Théâtre d’O à Montpellier et le Conseiller pour le Théâtre de la DRAC Languedoc-Roussillon.

Puis la nouvelle a circulé, de manière informelle ; je ne pense pas qu’aujourd’hui beaucoup de monde l’ignore ; mais il me reste à l’expliquer ; je le dois à beaucoup d’entre vous.

Diriger une compagnie signifie la plupart du temps construire sa vie autour d’un outil par soi-même forgé, faire de sa vie et de cet outil en quelque sorte une seule et même chose. Ranger cet outil n’est donc pas une décision légère à prendre. J’aimerais que ni l’idée d’une saute d’humeur, ni celle d’un passage dépressif, ne constituent uneexplication suffisante pour personne.

Fermer Labyrinthes représente, objectivement, un échec. Mais échec de quoi ? de qui ? Il faut, si l’on pense que cela peut avoir un intérêt, pour soi, pour d’autres, creuser, fouiller dans la mémoire, comprendre ce qu’on a fait, bien ou mal. Ce que les autres ont fait, ou pas.

Je ne suis pas sûr de parvenir en quelques lignes à tout dire des raisons qui me poussent, encore moins à bien les dire. Depuis près de trois mois que ma décision est prise, il m’a fallu du temps pour la comprendre, la formuler, et d’abord à moi-même. Les raisons se sont succédées, parfois contradictoires ; j’ai tenté de ne pas accuser le monde entier de tous les maux ; j’ai surtout au bout du compte par les raisons que je me donnais, voulu me donner le maximum de chance de me tourner vers ce qui adviendra demain, sachant pertinemment que l’abandon de la compagnie signifie d’abord et avant tout le risque de perdre très rapidement le seul métier que je sache faire.

Ci dessous : 

Téléchargement lettre_aux_amis14_061.pdf

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15 décembre 2006 5 15 /12 /décembre /2006 07:49

Aspres_2

Il y a quelques jours, j’ai reçu un message du directeur d’un EPCC (EPIC) qui ne figurait pas sur la liste que j’ai publiée dans mon post du 9 novembre dernier.

Il s’agit de l’EPCC Le Chevalet : Air lumière, science et tourisme (Aspres-sur-Buech Provence-Alpes-Côte d’Azur). C’est, à ma connaissance, le premier EPCC consacré à la culture scientifique et technique.

Ses missions :

            - Mise en oeuvre du projet Quasar (tourisme et culture scientifique) sur le site du Chevalet (Aspres sur Buech) : gestion, animation, commercialisation

            - Gestion, exploitation, commercialisation du site touristique du Chevalet (pôles animation, restauration, hébergements)

            - Développement et commercialisation de nouveaux produits et services sur les thématiques de l’air et de la lumière en synergie avec les acteurs locaux

L’EPCC et le projet Quasar :

L’EPCC a été créé afin d’être la structure porteuse du projet de tourisme et de culture scientifique initié par l’association Quasar dans la vallée du Buëch. Il s’agit d’un projet de développement durable du territoire par la création d’un parc à thèmes sur la lumière décliné en différents sujets : physique fondamentale (mécanique quantique et relativité), astronomie, astrophysique, cosmologie, applications industrielles (éclairage, énergie solaire, laser, holographie …), la lumière et le vivant, lumière et médecine, l’art et la lumière (vitraux …), la lumière et les civilisations (incas, égyptiens, celtes …).

En janvier 2005, le Comité de pilotage réuni sous la présidence du Préfet des Hautes-Alpes décide de lancer la réalisation de la phase 1 du Projet sur le site du Chevalet sur des financements État/Région/Département.

Le Conseil Général des Hautes-Alpes porte la maîtrise d’ouvrage du Projet. Le projet global s’inscrit dans la politique de diversification de l’offre touristique du département en redynamisant un site existant (l’aérodrome du chevalet) sur la double thématique, à la fois culturelle et ludique, emblématique pour notre territoire : l’air et la lumière.

Le site du Chevalet sera ouvert en 2006 du 1er avril au 30 octobre et proposera des expositions scientifiques (E=mc², les deux infinis, Soleil notre bonne étoile), des expositions artistiques (vitraux, hologrammes), des ateliers pédagogiques, des animations de plein air principalement en été (dispositif de détection des rayons cosmiques, un avion comment ça vole, conférences, projections, diners-débats, etc) tout cela dans un cadre naturel merveilleux.

Voici donc une nouvelle liste actualisée avec en bonus les projets dont j’ai connaissance.

Les EPCC crées à ce jour:

Abbaye de Saint Savin sur Gartempe et vallée des fresques (Poitou-Charentes)

Arcadi (Ile-de-France)

Arc’Antique (Nantes)

Arteca(Lorraine)

Art 276 (ex-Octobre en Normandie)

Centre des arts du cirque de Basse Normandie (Cherbourg)

Centre Images, Agence régionale du Centre pour le cinéma et l’audiovisuel (ex-APCVL Région Centre)

Château de la Roche-Guyon (Ile-de-France)

Chemins du patrimoine en Finistère

CITIA, Cité de l’image en mouvement (Annecy Rhône-Alpes)

Commission du film d’Ile-de-France

Cirque-théâtre d’Elbeuf

EPCC d’Issoudun (Centre)

EPCC de la Nièvre (Bourgogne)

EPCC du Pont du Gard (Languedoc-Roussillon)

Espace des Arts de Châlon-sur-Saône(Bourgogne)

La Condition publique (Roubaix. Nord-Pas-de-Calais)

La Coupole, Centre d’histoire et de mémoire du Nord-Pas-de-Calais.

Le Chevalet : Air lumière,science et tourisme (Aspres-sur-Buech Provence-Alpes-Côte d’Azur)

Maison de la Culture d’Amiens (Picardie)

"MC2", Maison de la Culture de Grenoble (Rhône-Alpes)

Mémorial national de la France d’Outre-Mer (Marseille)

Musée d’art moderne de Céret (Languedoc-Rousssillon)

Onyx/La Carrière (Scène conventionnée de Saint-Herblain. Pays de la Loire)

Opéra de Rouen Haute-Normandie

Pôle culturel La Mégisserie. EPCC Vienne Glane

Théâtre de Bourg-en-Bresse (Rhône-Alpes)

Théâtre Le Quai d’Angers (Pays de la Loire)

Parmi les projets plus ou moins avancés dont j’ai connaissance :

Abbaye de Clairvaux (Champagne-Ardenne)

Abbaye de Fontevraud Centre culturel de l’Ouest (Pays de la Loire)

Arc’Antique. Laboratoire de restauration et de recherche sur les objets d’art (Nantes. Pays de la Loire)

Centre culturel départemental de l’Atrium et CMAC, scène nationale (Martinique)

Centre culturel de rencontres de Noirlac (Centre)

Centre européen de recherches historiques de Tautavel (Languedoc-Roussillon)

Centre national du costume de scène et de la scénographie (Moulins. Auvergne)

Centre Régional du Livre (Bretagne)

Cité des arts de la rue (Marseille)

Ecole municipale des Beaux-Arts, (Marseille)

Ecole municipale des Beaux-Arts (Perpignan)

EPCC consacré au spectacle vivant (Bretagne)

La Rose des vents, scène nationale de Lille Métropole (Villeneuve d'Ascq. Nord-Pas-de-Calais)

Mandelieu-La Napoule Le Canet (Provence-Alpes-Côte d’Azur)

Mémoire de pierre : mégalithes en Morbihan (Carnac. Bretagne)

Mémorial national de la France d’Outre-Mer (Marseille Provence-Alpes-Côte d’Azur)

Office de la langue bretonne

Opéra Toulon-Provence-Méditérranée (Provence-Alpes-Côte d’Azur)

Saint Laurent du Maroni, EPCC gérant les projets culturels de la ville (Guyanne)

Scène nationale de Bayonne et du Sud Aquitain

Site archéologique de Bibracte.

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13 décembre 2006 3 13 /12 /décembre /2006 21:47

Epcc_8_1

L'EPCC vu de Bretagne, c'est pas simple et ça pose de bonnes questions...

Lire mes notes précedentes (25 août 2006 et 29 octobre 2006).

Dépêche du 12 décembre de l'Agence Bretagne Presse

Pour le Conseil Economique et Social Régional, l'EPCC n'est pas la réponse universelle
Session de décembre 2006

Commission Qualité de vie, culture et solidarités
Rapporteurs : M. Alain MONNIER et Mme Colette PERRODO

CREATION D'ETABLISSEMENT PUBLIC DE COOPERATION CULTURELLE DEDIE A LA GESTION D'UN CENTRE DE RESSOURCES REGIONAL SUR LE LIVRE ET LA LECTURE PUBLIQUE
1. Rappel des propositions du Président du Conseil régional
La Région a mis en place un dispositif d'aide à l'édition qui a permis la publication de 144 ouvrages en 2005. En outre, 18 manifestations consacrées au livre et à la lecture ont bénéficié du soutien de la Région à hauteur de 225.000 euros. Elle apporte enfin son appui aux deux principales structures régionales existantes dans le domaine du livre et de la lecture publique que sont l'Agence de Coopération des Bibliothèques et des Centres de Documentation de Bretagne (COBB) et le Centre Régional du Livre (CRL).
Le Président du Conseil régional propose, en partenariat avec l'Etat, les Départements et les autres collectivités volontaires de créer un Centre de ressources régional sous la forme d'un Etablissement Public de Coopération Culturelle (EPCC).
2. Observations sur les propositions du Président du Conseil régional
Après une mise en place difficile, le CRL s'est constitué comme élément fédérateur des professionnels du livre et connaît des résultats divers. Une assemblée générale, tenue fin octobre, a donné un avis sur des domaines précis qui ne sont pas repris dans le document du Président. A ce stade, le projet semble peu avancé et le descriptif peu détaillé.
Dans ce contexte, le CESR peut-il s'engager ? Au-delà des enjeux immédiats, des questions se posent :
- Quels seront les liens maintenus avec les acteurs associatifs ?
- Jusqu'où peut aller l'engagement, la prise en charge publique, voire le contrôle du politique sur la culture ?
3. Avis sur les propositions du Président du Conseil régional
AVIS RÉSERVÉ à l'unanimité

Lire la suite

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9 décembre 2006 6 09 /12 /décembre /2006 16:29

Comptoir referencement google

Hier matin, j'étais très en avance pour le rendez-vous avec ma psy.

Plutôt que de piétiner dans le froid ou de croiser une autre âme tourmentée dans la salle d'attente, je suis allé prendre un café.

Au comptoir, un type qui en était déjà au blanc sec adressait cette remarquable pensée à un autre type qui finissait son demi :

"Ils ont chaque jour plus nombreux. T'es d'accord, t'es pas d'accord, mais des cons il y en a de plus en plus. Tu veux que je te dises? J'ai même l'impression que ceux de l'année prochaine sont déjà arrivés".

Du coup ma séance s'est mieux passé que d'habitude.

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8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 09:16

Thtre_1

Aimzon travaille dans un théâtre et rédige le blog CultureCom

Et puis je vais au théâtre, j’applaudis, je m’ennuie, j’use des fauteuils et je finis par rester dans une salle : suave mari magno… je reçois un salaire en regardant d’un œil aiguisé les autres transpirer. En échange je scribouille des articles, donne des conseils par ci par là, papote pas mal, organise des trucs, promotionne des artistes, enseigne sporadiquement et avec mauvaise humeur la communication culturelle. J’ai une belle vie, au fil de la rumeur. Alors, toujours au hasard, je cherche. Quoi ? Une éthique qui viendrait des arts. Hips, ça s’arrose !

Ce qui donne ce genre de chronique, véritable plongée dans le réel artistique et politique.

Entendu ce matin pendant un rendez-vous avec un adjoint aux affaires culturelles d’une ville de 20 000 habitants.

"Bon je vous le dis tout de suite: j'ai pas de budget. Le maire préfère investir dans le sport."

" Je voudrais plutôt des spectacles qui s’adressent à des élèves de quatrième et de troisième. On a pour les petits la marionnette, pour les grands le café-théâtre, l’impro, mais on n’a rien pour les quatrième troisième. "
" Ce spectacle là par exemple, je le prendrais pas : " un homme et une femme se déchirent". C’est trop noir. J’avais vu un drame qui mettait en scène des enfants au sein d’un divorce, c’est quand même pas bien pour les jeunes. "

" Il faut sortir les jeunes de leur collège et de leur lycée aussi, pas tout leur amener dans leurs salles de classe: il faut qu'ils sortent, sinon ils sont passifs, ils consomment."
" Si si, j'ai bien aimé ce spectacle, je trouve qu'il a vraiment une grande résonnance pour le théâtre actuel. Mais il y a des passages qui, je crois, pourraient choquer mon public. Moi ça m'a plu, mais je ne le programmerais pas dans ma ville: JE PENSE QUE CE N'EST PAS POUR MON PUBLIC. Moi je suis assez ouvert(e) sur le théâtre qui comme ça développe des idées, mais ma (mon) compagne (conjoint) n’a pas du tout aimé : elle/ lui préfère les spectacles un peu plus… enfin je me souviens plus vraiment pourquoi il/elle n’a pas aimé. "
" Le monde est trop violent : à la maison, à la télé, sans parler des affaires internationales… Je ne veux pas donner à voir aux jeunes des spectacles où il est question de divorce, de guerre, de… problèmes. Moi je veux une programmation qui puisse donner des valeurs positives, faire rêver un peu les jeunes. J’ai adoré Fauteuil d’orchestre parce que c’est un film qui véhicule des images positives, et on a besoin de ça quand même. J’ai pas du tout aimé Palais royal parce que, déjà c’est un très mauvais film, et en plus c’est très sombre. Le monde est trop violent, il faut qu’au théâtre on sorte un peu de notre quotidien. Il faut un peu de magie pour les jeunes. "

"Bon alors maintenant les dates: faut que ça rentre entre les moules frites du foot et le séminaire bidule. Il faut tout le temps que je me batte pour faire de cette salle un lieu culturel, mais le maire m'y colle toutes les manifestations de la ville. Si je refuse, il me dit que je suis coincé(e). Je suis coincé(e)."

"Vous pouvez vous occuper de la billetterie? Non parce que nous on doit imprimer les billets à la préfecture et ici les appels téléphoniques risquent de se perdre. En même temps il faudrait que les habitants repèrent bien que c'est de leur ville qu'il s'agit, que c'est leur ville qui organise, et que c'est dans leur ville que ça se passe."

CultureCom

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Présentation

  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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Profil

  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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