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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 09:30
L'éditeur, le diffuseur et le libraire.

Ce pourrait être le titre d'une fable. Mais c'est une histoire vraie (hélas, serais-je tenté de dire) qui s'est déroulée en moins de 48 heures chrono. Qu'en en juge par cet échange de courriels.

En le publiant, La Cité des sens reste fidèle à sa vocation d'édifier les jeunes générations ou les «non-professionnels » peu au fait des complexités et des difficultés à concilier les intérêts des uns et des autres dans le « monde de la culture » qu'il serait fallacieux de considérer comme un long fleuve tranquille.

 

 

 

le 28/01

message reçu par Jean-Claude Pompougnac

Bonjour,

 

Vous souhaitiez commander l’ouvrage [titre de l'ouvrage] . J’ai eu l’éditeur au téléphone ce jour.

Ce dernier n’étant pas en région parisienne, il faudra compter 3 euros de frais de port pour obtenir ce livre.

Souhaitez-vous maintenir votre commande ?

Merci de nous recontacter par mail ou par téléphone.

 

Librairie [Nom de la librairie]}

 

 

Suite à la réception de ce message, je me rends sur le site de l'éditeur où je constate que je peux lui commander directement l’ouvrage et le recevoir moyennant 1 € de fais d'envoi.

Je lui téléphone afin de comprendre pourquoi mon libraire devrait payer 3 €. Il me semble perplexe et me communique les coordonnées de son diffuseur. Je consulte le site de ce dernier et constate que les particuliers peuvent lui commander l'ouvrage moyennant 3,5 € de frais d'envoi  (que les libraires peuvent égalemnt commander en ligne mais je n'ai pas accès à cet onglet) Il diffuse dans un certain nombre de librairies en France, à Paris mais pas dans ma banlieue.

 

29/01

de Jean-Claude Pompougnac à [nom de l'éditeur]

 

Les pratiques commerciales de votre diffuseur me semblent très discutables !

 

[Liens vers le site du diffuseur]

 

 

29/01

De [nom de l'édteur] à Jean-Claude Pompougnac.

 

Merci pour votre mail… Je vais en discuter avec lui…

 

Bien cordialement,

 

29/01

de [nom du diffuseur]à Jean-Claude Pompougnac

 

Bonjour Monsieur,

Je viens de recevoir un mail de [nom de l'éditeur] des éditions [nom de la maison d'édition]où vous contestiez nos pratiques commerciales...
Est-il possible de connaître plus précisément vos griefs sur notre structure ?
Il s'agit avant tout de pouvoir améliorer notre travail
cordialement
[Nom du diffuseur]

 

29/01 vers 20 h

de Jean-Claude Pompougnac

 

Bonsoir,

 

J'ai écrit "discutables" et merci de poursuivre la discussion.

J'ai commandé dans ma librairie de banlieue parisienne un ouvrage édité par [nom de la maison d'édition] et j'ai reçu la réponse suivante. :

Vous souhaitiez commander l’ouvrage [...]. J’ai eu l’éditeur au téléphone ce jour.

Ce dernier n’étant pas en région parisienne, il faudra compter 3 euros de frais de port pour obtenir ce livre.

Souhaitez-vous maintenir votre commande ?

Merci de nous recontacter par mail ou par téléphone.

J'ai consulté le site de l'éditeur qui propose d'envoyer l’ouvrage à son prix public (et unique : loi sur le prix unique du livre) avec des frais d'envoi de 1 euro.

 

Je lui ai téléphoné  en lui expliquant que, fervent défenseur des librairies, je ne souhaitait pas commander directement à l’éditeur (pas plus qu'à FNAC ou Amazon) et je lui ai demandé qui diffusait sa production.

 

Je suis allé sur votre site et j'ai constaté que vos frais d'envoi aux particuliers étaient de 3,5 euros. 

 

J'ai également compris que votre diffusion était assurée dans un certain nombre de librairies (à Paris, pour ce qui me concerne) et j'ai supposé que vous facturiez des frais d'envoi aux autres.

Je sais que les libraires paient des coursiers lorsque le diffuseur n'est pas situé trop loin. Je suppose donc que vous êtes situé loin de Paris et que vous souhaitez récupérer les frais d'envoi... je ne comprends pas la différence entre ceux de l'éditeur et les vôtres.

 

Bien cordialement.

 

 

Le 29 janv. 2015 à 22:18,

[Nom du diffuseur] a écrit :

 

Bonjour,

Effectivement, Je dois reconnaître que la situation peu sembler ubuesque...
Une situation qui révèle également les difficultés que nous rencontrons, petites structures indépendantes, dans ce vaste marché du livre !
L'association  [nom de la structure de diffusion] a vocation de rendre accessible au plus grand nombre, les inventions et les expérimentations issues de ce laboratoire qu’est la micro édition. 
Elle soutient la création et la réflexion des éditeurs dits « de taille restreinte » (à la différences des gros éditeurs, car on peut être petit et grand dans l’édition) en leur donnant accès à leur lectorat. 

[Titre de l'ouvragede [Nom de l'auteur] a été tiré à moins de 1000 exemplaires. Nous sommes loin des chiffres d'un Merci pour ce moment (sic)

Etant basé à [nom d'une ville située en région], notre structure ne bénéficie pas du service de coursier et devons envoyer par La Poste, les ouvrages commandés par les libraires.
En raison du coût, pour toute commande d'un ouvrage, nous facturons les frais de port au libraire mais sachez qu'à partir du deuxième ouvrage commandé (tout titre confondu), les frais ne sont plus que de un euro par commande !
Un libraire avisé et respectueux de notre travail trouvera facilement un ouvrage pour compléter sa commande. Ne serait-ce que de prendre un deuxième exemplaire de la commande client.
Un libraire avisé et respectueux de ses clients trouvera facilement, pour cette commande unique, dans sa marge (35%) de quoi assumer les frais de port et ainsi fidéliser le lecteur.
Il est tout de même surprenant que certains libraires tout en revendiquant haut et fort leur indépendance, s'abaissent (pour un profit à court terme) à favoriser ce qu'ils condamnent en particulier AMAZON.

Malheureusement, de nombreux libraires ne peuvent pas ou ne veulent pas prendre le temps de découvrir notre travail et faire l'effort (il est vrai, s'en est un) de s'informer sur les lisières de la création contemporaine.
Mais comment pouvons nous avoir le même fonctionnement que Le Seuil ? Comment rémunérer des commerciaux avec des tirages de 500 parfois 1000 exemplaires d'une publication...
Malgré ce constat au goût amer, nous défendons nous aussi la librairie indépendante. Toute commande sur notre site est majorée de 3,5 euros. Ne pouvant adapter le frais postaux réels en fonction du poids de chaque commande, nous avons pris le coût moyen... L'éditeur a choisi 1 euros. Tout en respectant la librairie, puisque là aussi l'achat est moins avantageux que chez un libraire (avisé et respectueux...), il est heureux, qu'une petite structure éditrice puisse ainsi constituer une fragile  trésorerie.

En espérant avoir répondu à votre question,
je vous souhaite une excellente année 2015

Cordialement
[nom du diffuseur]

 

le 30/01 à 8 h 53

De l'éditeur à Jean-Claude Pompougnac

Bonjour et merci à [prénom du diffuseur] pour sa réponse très argumentée.

 

Pour ma part, je sais que je n'existerais pas sans les libraires mais ils ne sont pas tous aussi à plaindre qu'ils le disent… Les libraires avec lesquels je travaille en direct dans ma ville [nom d'une ville située en région] gagnent beaucoup mieux leur vie que moi (il suffit de comparer leurs appartements au mien) et pourtant ils ne me font pas de cadeau même s'ils savent à quel point mon activité est fragile (je dépose des livres chez eux en direct, ils exigent 40% de remise et mettent au minimum 6 mois à me régler…).

 

Bref, je me dis que votre libraire pourrait peut-être comprendre que les conditions de vente sont un peu moins intéressantes pour lui quand il commande un livre d'un petit éditeur en passant par un petit diffuseur… Même s'il gagne un peu moins d'argent, il en gagne un peu quand même et il vous fidélise…

 

Bonne journée,

[nom de l'éditeur]

 

 

le 30/01 à 10 h 17

de Jean-Claude Pompougnac à [nom de la librairie]

Bonjour,

Suite à ma commande et à votre réponse :

Vous souhaitiez commander l’ouvrage  [...]. J’ai eu l’éditeur au téléphone ce jour.

Ce dernier n’étant pas en région parisienne, il faudra compter 3 euros de frais de port pour obtenir ce livre.

Souhaitez-vous maintenir votre commande ?

Merci de nous recontacter par mail ou par téléphone.

 

j'ai pris contact avec l'éditeur et le distributeur. Je crois utile de vous faire part de leurs éclaircissements.

 

[suivent copies des messages ci-dessus]

 

Jean-Claude Pompougnac

 

à 10 h 30

de [nom de la libraire]


 

Bonjour Monsieur Pompougnac

 

Je trouve indigne ce que vous répond cet éditeur.

Les frais de port en l’occurrence représentent 20% du prix du livre soit plus de la moitié de notre marge ;

La marge nette d’un libraire après paiement de toutes les charges qui lui incombent est dans

Le meilleur des cas 1.5% (moyenne nationale et au bout de 12 ans d’activité je n’ai toujours pas atteint cette marge).

Par ailleurs, j’ai en librairie 120000 euros de stock, ce qui est très lourd pour une structure comme la mienne ;

Je défends autant que faire ce peut la création mais comment voulez-vous qu’à chaque demande d’un client,

je commande un exemplaire supplémentaire pour faire plaisir à l’éditeur ?

Vous  pouvez lui faire suivre ma réponse si vous le souhaitez, et merci de nous préciser si vous maintenez ou non votre commande.

Bien cordialement

 

[nom de lé gérante]

 

30/01 à 10 h 38

de Jean-Claude Pompougnac

 

Bonjour,

Merci de votre réponse.
Par chance, je connais un peu les complexités de ce que l'on appelle parfois la "chaîne du livre" (qui n'est pas franchement marquée par un grand élan de solidarité) pour m'abstenir de porter un jugement sur tel ou tel de ses acteurs.

C'est le second "petit" éditeur qui me suggère implicitement de commander directement après de lui puisque ses 1 € de frais d'envoi sont nettement inférieurs aux 3,5 € de son distributeur pour un particulier (c'est ubuesque) et 3 € pour un libraire.
Pour mémoire 2,99 € de frais d'envoi chez Amazon.

Bien entendu je maintiens ma commande (17 + 3 €)

Bien cordialement

 
Jean-Claude Pompougnac

 

 

Voir aussi sur ce blog : Actualités des politiques culturelles

 

 

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 ISSN : 2270-3586

 

 

  

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 17:13

Il a peu, le Sénat a adopté un amendement à la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République)

AMENDEMENT

présenté par

Mmes BLANDIN et BOUCHOUX, M. DANTEC

et les membres du Groupe écologiste

Avant l’article 28

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Sur chaque territoire, les droits culturels des citoyens sont garantis par l’exercice conjoint de la compétence en matière de culture, par l’État et les collectivités territoriales.

Objet

Si l’article 28 de la présente loi fait de la culture une compétence partagée entre les différents échelons des collectivités, pour les écologistes il est important de rappeler que la culture est et doit rester une responsabilité partagée entre l’Etat et les collectivités.

Les droits culturels font en effet partie d’un socle de droits fondamentaux, sur lesquels prennent appui la reconnaissance et l’expression de l’égale dignité des êtres humains. Ils vont de pair avec la reconnaissance et la défense de la diversité culturelle.

Aux termes de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 les droits culturels font partie des « droits indispensables à la dignité et au libre développement de la personnalité ».

Les droits culturels s’inscrivent dans ces fondamentaux et se retrouvent dans la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité Culturelle du 2 novembre 2001 qui mentionne quant à elle que « la défense de la diversité culturelle est un impératif éthique, inséparable du respect de la dignité de la personne humaine » et dans la convention qui la décline


 

L'objet de cet amendement est donc double: réaffirmer la responsabilité de l'Etat dans les politiques publiques de la culture mais clarifier le socle commun de principes sur lequel doit s'appuyer la coopération entre collectivités publiques : la notion de droits culturels (plutôt ignorée des « professionnels de la profession » et du Ministère de la culture et de la communication.

 

En savoir plus sur la loi NOTRe sur le site du Sénat

Sur l’ensemble des réformes territoriales sur le site de La Gazette des communes.

 

 

Dans une note publiée le 29 janvier sur le site de l'IRMA, Jean-Michel Lucas (qui n'est peut-être pas tout à fait pour rien dans la gestation de cet amendement) écrit :

 

Je note d'abord que le gouvernement n'a posé aucune doctrine, aucun corpus de valeurs publiques qui pourrait orienter les débats concernant l'enjeu culturel public sur les territoires. C'est le vide complet. Il suffit de se rappeler que la loi sur les métropoles reprend les mêmes mots que dans la loi Chevénement de 1999 pour se rendre compte que l'enjeu culturel est impensé.

 

 

Lire Pour l'amendement sur la garantie des droits culturels des citoyens par Jean-Michel Lucas.

 

Pour nous qui avons le privilège de disposer d'une politique culturelle que le monde entier nous envie, le bon moyen d'approfondir le référentiel des droits culturels est de se tourner vers nos voisins belges.

Et , par exemple, de prendre connaissance (si ce n'est déjà fait, bien sûr) du rapport du séminaire organisé par Culture et Démocratie le 6 décembre 2013 à Bruxelles.

Premier temps fort du programme des 20 ans de Culture & Démocratie, ce séminaire avait pour ambition d’identifier la nature, les enjeux, les limites et les opportunités de la refondation des politiques culturelles par la prise en compte et le respect du droit de participer à la vie culturelle.

Accéder au rapport et aux vidéos des interventions.

 

 

Voir aussi sur ce blog : Actualités des politiques culturelles

 

 

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 10:44

Note publiée le 2 juin 2014.

De quoi sommes nous contemporains ?

Entretien avec Jacques Revel

La globalisation est une transformation dont il serait absurde de méconnaître l’importance. Il ne serait pas moins absurde de croire qu’elle va imposer un modèle unique. Tout au contraire, à travers les confrontations qu’elle rend possibles, à travers les nouveaux rapports de force qu’elle rend visibles, elle produit un autre répertoire de différences. À cet égard, le problème me paraît moins être celui de sauvegarder ces différences comme traces du passé, que de comprendre ce que les protagonistes, anciens et nouveaux, vont faire d’elles.

 

1

Extrait d'un entretien avec Jacques Revel, Historien par Caroline Gaudriault

 © Zig-Zag Blog.com

 

 

Notre contemporanéité est par définition en cours, c’est-à-dire que nous ne savons pas vers où elle nous conduit. Elle a pourtant des traits reconnaissables. Elle est brutale et elle est largement partagée. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit unifiée, tant s’en faut. Elle est mondiale, ou, plus exactement, elle s’est de proche en proche mondialisée. Cela ne signifie en rien qu’elle soit unifiée, comme le prétend le discours sur la mondialisation. Tout au contraire : elle confronte des situations, des histoires, des attentes, profondément différentes. Là où avait longtemps prévalu une lecture unifiée du devenir du monde, essentiellement occidentale, il existe désormais une multiplicité de lectures qui ne s’accordent pas nécessairement. La globalisation est une transformation dont il serait absurde de méconnaître l’importance. Il ne serait pas moins absurde de croire qu’elle va imposer un modèle unique. Tout au contraire, à travers les confrontations qu’elle rend possibles, à travers les nouveaux rapports de force qu’elle rend visibles, elle produit un autre répertoire de différences. À cet égard, le problème me paraît moins être celui de sauvegarder ces différences comme traces du passé, que de comprendre ce que les protagonistes, anciens et nouveaux, vont faire d’elles.
Mais cela suppose peut-être que nous – j’entends : les sociétés occidentales, qui se sont longtemps réservé le privilège du déchiffrement et de l’interprétation de l’histoire – commencions par reconnaître que ce privilège est désormais partagé. La prophétie d’une catastrophe civilisationnelle, que l’on entend parfois annoncer, pourrait bien n’être qu’une manière de dire que nous ne sommes plus les seuls maîtres du jeu. Il y a là un réajustement qui est sans nul doute difficile mais qui pourrait, à terme, être salutaire – et qui, de toute façon, ne nous laisse guère de choix. C’est sans doute de là qu’il faut repartir.

 

 

Extrait de Le passé est devenu une valeur refuge

 

Conversation avec Jacques Revel, Historien par Caroline Gaudriault

 

© Zig-Zag Blog.com

 

Zig-Zag part du principe que la pensée ne va pas d’un point A à un point B en ligne droite, mais évolue en spirale. Partisan de fuir le consensus, il respecte les contradicteurs. La vérité étant multiple et souvent remise en question, notre réflexion est en droit de zig-zaguer, comme le fait notre époque qui se cherche.
Avec la participation du photographe Gérard Rancinan et d’intellectuels, Zig-Zag invite à témoigner, à ouvrir des perspectives et converser d’une opinion à l’autre…
Zig-Zag veut échapper aux préjugés, affectionne particulièrement le libre arbitre et n’a pas peur de la nostalgie. Ce que Zig-Zag aime plus que tout c’est son époque, moderne. Et l’impertinence n’étant jamais très loin de son trait de caractère, il regarde avec ironie et sens critique les contradictions de notre société pour mieux en appréhender les contours et s’ouvrir sur des perspectives nouvelles.

 

Accéder à la version intégrale de l'entretien.

 

 

Voir aussi sur ce blog, la page  : Actualités des politiques culturelles

 

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 10:27

Comment les loisirs culturels contribuent-ils à la construction identitaire des filles et femmes, ainsi que des garçons et hommes.?

le blog de Jean-Claude Pompougnac

°

Vient de paraître

 

Questions de genre, questions de culture

 

Regarder des séries télévisées, jouer aux jeux vidéo ou lire des livres, fréquenter la Cité des sciences ou s’adonner à une pratique artistique en amateur sont autant d'activités où la différence des profils sexués des publics ne cesse de s’affirmer. Pourtant, supposés librement choisis, les loisirs culturels peuvent passer pour l'expression des intérêts, des goûts, des passions des individus voire de leur personnalité.
C’est que l’écheveau subtil des incitations et des interdictions de l’entourage, –.de l’enfance à l’âge adulte.–, des stéréotypes de sexe, qui attribuent de manière exclusive certaines qualités aux femmes et d’autres aux hommes, et des stéréotypes concernant les pratiques culturelles, dont certaines sont considérées comme féminines et d’autres comme masculines, réduit la liberté de choix en dessinant des voies balisées et en suggérant des hiérarchies entre les itinéraires.
Comment les loisirs culturels contribuent-ils à la construction identitaire des filles et femmes, ainsi que des garçons et hommes.? Comment les usages, pratiques et consommations culturels et les représentations qui en découlent participent-ils à façonner le genre.? Les différenciations de genre présentes dans le champ des loisirs culturels sont-elles le terreau d’inégalités, d’autant plus cachées qu’elles sont renvoyées au goût, naturel et électif.?
Telles sont les questions que soulève le présent ouvrage, à travers différentes perspectives, selon l’âge des individus, les goûts et pratiques (pratiques musicales en amateur, consommations médiatiques, culture scientifique et technique). Les cinq contributions réunies ici détissent l’écheveau du genre et interrogent sa construction sociale, étroitement imbriquée à celle de l’âge, de la position sociale et de la race. Ce faisant, elles démontrent, s’il en était besoin, que les loisirs culturels sont aussi une affaire de genre.

 

Viviane Albenga, Nathalie Almar, Marie Buscatto, Roger Cantacuzène, Christine Détrez, Reguina Hatzipetrou-Andronikou, Nadine Lefaucheur, Éric Macé, Catherine Marry, Claire Piluso, Ionela Roharik et Sandrine Rui 

ont contribué à cet ouvrage.

Sylvie OCTOBRE (sous la dir. de)
À paraître le 3 décembre 2014
Diffusion la Documentation française
152 p.
ISBN 978-2-11-128156-1
12 €

 

Voir aussi sur ce blog, les notes de la catégorie Le genre et la culture.

 

Par exemple :

 

Classes, genres et lecture publique.

 

Bovary bat Quichotte par KO debout.

 

La différence des sexes est-elle soluble dans l'alcool ?

 

 

Télécharger l'étude La féminisation des pratiques culturelles

Olivier Donnat

(Juin 2005)

 

 

 

 

Voir aussi sur ce blog : Actualités des politiques culturelles

 

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 09:45

Comment définir la vie d’artiste ? Peut-on vivre de son art ? À quoi servent les créateurs en régime démocratique ? Comment évoluent les professions artistiques et culturelles ?

L’artiste se tient à l’écoute du monde et ne cesse de convoquer notre capacité d’étonnement. Pour autant, est-il un travailleur comme un autre ?

 

L’Observatoire, la revue des politiques culturelles.

N°44 été 2014

 

Vies et statuts de l'artiste  

 

L’artiste n’est plus cet individu hors du monde social, figure issue d’une vision réductrice du romantisme, mais il est souvent un travailleur précaire. Pour s’en sortir ou pour créer, il se démultiplie, devient hybride, parfois inclassable, jonglant avec de multiples activités et savoir-faire. L’artiste se tient à l’écoute du monde et ne cesse de convoquer notre capacité d’étonnement. Pour autant, est-il un travailleur comme un autre ?

C’est à cette question qu’est consacré ce dossier qui rassemble les propos d’artistes, de chercheurs et d’acteurs culturels autour des problématiques qui se posent aujourd’hui : comment définir la vie d’artiste ? Peut-on vivre de son art ? À quoi servent les créateurs en régime démocratique ? Comment évoluent les professions artistiques et culturelles ? Quelle place y occupent les artistes femmes ? La figure de l’artiste-entrepreneur dessine-t-elle un nouveau statut de l’artiste ? Quels sont les dispositifs d’accompagnement proposés par les collectivités ? etc.

 

Deux articles rédigés par des auteurs reconnus ( et par ailleurs, tous deux membres du Comité d'histoire du ministère de la culture et de la communication) ouvrent ce dossier :

 

L’expansion des professions artistiques et culturelles. Catégorisations et mécanismes

 

Pierre-Michel Menger

Les effectifs d’actifs classés dans les professions artistiques et culturelles ont connu, dans tous les pays développés, une croissance importante. En France, les professionnels des métiers artistiques sont deux fois plus nombreux en 2009 qu’au début des années 1990. Mesurer une croissance des effectifs suppose de stabiliser le contenu de la nomenclature des professions concernées, ici celle des « métiers artistiques », et de procéder à des mesures répétées de l’évolution des effectifs à l’aide de cette nomenclature stabilisée. La remarque est moins banale qu’il n’y paraît, en raison de la multiplication des définitions et des mesures du poids économique du secteur artistique et culturel et de son contenu en emploi.


 

À quoi servent les créateurs en régime démocratique ?

Nathalie Heinich

La société française post-révolutionnaire se trouve partagée entre des valeurs contradictoires : entre reconnaissance de l’excellence et exaltation de l’égalité, « orgueil aristocratique » et « envie démocratique ». Car l’héritage révolutionnaire ne se mesure pas qu’à un nouveau mode d’exercice du pouvoir, incarné dans la République, mais aussi à un nouveau système de valeurs, instituant liberté et égalité comme conditions natives de tout humain.


 

Sociologie de l'art.

 

Amoureux fervents et savants austères (Charles Baudelaire, Les chats, les Fleurs du mal), les lecteurs de ce blog souhaiteront peut-être prolonger cette actualité éditoriale par un « dialogue » plus ancien entre les deux sociologues, dialogue qui illustre, s'il en est besoin, le caractère potentiellement polémique des approches scientifiques de la chose artistique.

.

 

Sur le site La vie des idées, en juillet 2009, Nathalie Heinich avait rendu compte du considérable travail de Pierre-Michel Menger Le Travail créateur. S’accomplir dans l’incertain, Paris, Hautes Études - Gallimard/Seuil, 2009

La dame n'était guère tendre avec son collègue.

Extraits

 

À quelles conditions l’art, la création, le génie sont-ils justiciables de l’analyse sociologique et économique ? La notion d’incertitude, selon Pierre-Michel Menger, est à même de fonder leur statut en raison. Un travail d’une haute densité théorique, mais qui reste parfois à la marge de son sujet spécifique, estime Nathalie Heinich, faute de donner toute sa place au point de vue des acteurs et, notamment, à la question de la reconnaissance.

(...)

Aussi cette approche strictement hypothético-déductive désoriente-t-elle par sa propension à aligner théories sur théories tout en laissant dans l’ombre les caractéristiques les plus spécifiques du monde de l’art. Parmi celles-ci, la question de la singularité – non pas au sens faible de spécificité, mais au sens fort d’originalité, unicité, incommensurabilité – aurait peut-être permis à l’auteur de donner plus d’ampleur à son modèle de l’incertitude, dans la mesure où celle-ci n’en est, à l’évidence, que l’une des conséquences : dès lors que l’originalité, l’innovation, l’irréductibilité aux canons, sont devenus les réquisits de principe de la qualité artistique, comme c’est le cas depuis un siècle et demi environ, l’incertitude du créateur sur son propre talent comme sur ses chances d’être reconnu devient constitutive de son statut, ce qui n’était pas le cas du temps où l’activité artistique s’exerçait dans le régime du métier ou dans celui de la profession. La prise en compte de cette problématique de la singularité aurait aussi permis à Menger de compléter son analyse en y introduisant la construction de l’insubstituabilité, par laquelle les mondes artistiques – tant pour les créateurs que pour les interprètes – offrent aux sciences sociales un terrain d’investigation particulièrement riche.

 

Lire le compte rendu de Nathalie Heinich

 

Et, sous le titre La création comme un travail, celui qui devait devenir pau après titulaire de la chaire de Sociologie du travail créateur au Collège de France, n'avait pas manqué de lui répondre.

 

Cet article est une réponse au compte rendu par Nathalie Heinich du livre de Pierre-Michel Menger, Le Travail créateur. S’accomplir dans l’incertain, Paris, Hautes Études - Gallimard/Seuil, 2009, paru dans  La Vie des idées

 

Extraits :

 

Dans la lecture que Nathalie Heinich propose de mon livre, une dimension est à peu près absente, alors que j’en ai fait le centre de mon livre, la question du travail, et la qualification des actes de création comme des actes de travail. C’est donc par là que je voudrais commencer, en rappelant l’argumentation générale du livre, ce qui me permettra ensuite de répondre à quelques-unes des questions et des objections que m’adresse ma collègue. Le titre que j’ai choisi, Le travail créateur, juxtapose deux lexiques qui semblent s’opposer ordinairement. La création est, depuis longtemps, conçue comme une activité dont les résultats les plus admirés incarnent l’émergence du nouveau, mais d’un nouveau significatif, exemplaire. Kant définissait le génie comme une aptitude à produire sans règle déterminée, sauf celle de l’originalité, mais aussi comme la capacité à produire des œuvres qui soient en mesure de constituer des modèles. Et comment caractériser la beauté des œuvres, telle qu’elle résulte d’un jugement de goût ? L’argument kantien bien connu tient dans cette formule énigmatique : « La beauté est la forme de la finalité d’un objet, en tant qu’elle est perçue dans cet objet sans représentation d’une fin ». L’argument peut être déplacé vers l’activité productrice elle-même, comme je le rappelle après Hintikka .

 

(…)

Au fond, qu’est-ce qui distingue une sociologie analytique du travail comme celle que je propose d’une sociologie compréhensive de l’art, qui met l’accent sur la « singularité » des artistes et la « problématique de la reconnaissance » ? C’est la volonté d’examiner comment agit la compétition dans des mondes de travail où les qualités d’invention sont difficilement détectables et où les gratifications de l’autonomie dans le travail, et l’estime accordée à ceux qui retiennent l’attention, attirent un grand nombre de candidats à la carrière. Un créateur souscrit à une conception expressive du travail en se laissant guider par la motivation pour l’activité plutôt que pour les gains (par la valeur absolue plutôt que relative de son engagement), mais doit apprendre progressivement comment traiter les informations que lui fournit les mises en comparaison de son travail avec celui d’autres, alors que la règle de l’originalité créatrice interdit normalement de définir des standards simples de comparaison. En rester à la notion de singularité, c’est risquer d’être paralysé par l’argument de l’incommensurabilité.

 

Lire la réponse de Pierre-Michel Menger

 

 

La Cité des sens : à propos de la « chose artistique ».

 

J'ai tenté d'articuler quelques propositions sur ce que je nomme la chose artistique à savoir la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines, en m’intéressant aux situations concrètes, simples voire banales que produit l’habitus des acteurs du "monde culturel".

Il s'agissait de décrire cette chose en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense et mystique clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, c'est à dire d’interroger la surface des propos et des gestes de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion, une incertitude quant au sens communément admis des catégories logiques, sociales, esthétiques, politiques à l'aide desquelles nous décrivons ordinairement et commentons quotidiennement ce qu'il est convenu de considérer comme « la réalité ».

 

 

 

La chose artistique (un)

 

La chose artistique (deux)

 

La chose artistique (trois)

 

La chose artistique (quatre)

 

La chose artistique (cinq)

 

La chose artistique (six)

 

La chose artistique et le spectacle vivant

 

Veni creator (la chose artistique – suite)

 

Travail et création artistique

 

Le spectacle de l'intermittence.

 

 

Voir aussi sur ce blog : Actualités des politiques culturelles

 

 

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 09:23

°

J'évoquais ici même, il y a quelques jours le table-ronde de présentation de l'ouvrage :

 

Quelle politique pour la culture ?

Florilège des débats 1955-2014

Philippe Poirrier

La Documentation Française.

 

Les débats suscités tout au long du dernier demi-siècle par les politiques culturelles mises en œuvre depuis la création d'un ministère de la Culture au début des années 1960, méritaient d'être mieux connus. La sélection des quarante-cinq textes, présentés ici, permet de bien saisir l'évolution des argumentaires qui ont peu à peu fondé la légitimité d'une politique publique de la culture en les replaçant dans une perspective chronologique.
 

Il s'agit en fait de la réédition actualisée d'une précédente anthologie  qui s'achevait sur un discours d'Aurélie Filipetti prononcé en 2012.

 

A examiner la table des matières de cette anthologie devenue florilège pour la période la plus récente, on trouve le choix de textes suivants :

 

  • Olivier Henrard - « Vers un ministère de l’Economie et des Industries culturelles ? » 2010.

  • Frédéric Mitterrand - «  La Maison de l’histoire de France est une chance pour la recherche», 2010.

  • Pierre Nora - « Lettre ouverte à Frédéric Mitterrand sur la Maison de l’histoire de France», 2010.

  • Philippe Chantepie – Prospective de politiques culturelles : « un ministère nouvelle génér@tion», 2011.

  • Guillaume Cerutti - « Cinq propositions pour le ministère de la Culture », 2011.

  • Jean-Pierre Rioux - Projet de la Maison de l’histoire de France, 2012.

  • Olivier Poivre d’Arvor - « Culture d’Etat ou culture dans tous les états », 2012.

  • David Kessler - « Les enjeux d’une politique culturelle à l’orée du XXIe siècle », 2012.

  • Bernard Faivre d’Arcier - « Les publics devraient être la priorité », 2012.

  • Aurélie Filippetti  - « Notre politique culturelle »? 2012;

  • Aurélie Filippetti  - Discours d’ouverture du « Forum de Chaillot – Avenir de la Culture de l’Europe, 2014.

     

Si pour la période Frédéric Mitterrand on note bien la présence de trois textes sur la Maison de l'histoire de France, force est de constater une absence qui laisse supposer que l'épisode « culture pour chacun » n'est pas franchement digne d'intérêt.

 

 

Tel ne fut pas l'avis, en 2013, de la revue philosophique Cités.

 

Cités est une revue trimestrielle qui se propose d’interroger d’un point de vue philosophique les grandes transformations des sociétés actuelles. L’ambition intellectuelle de cette revue vise à associer le retour au réel et l’ouverture au possible. Par le retour au réel, on s’efforce de décrire et d’analyser les faits sociaux, politiques ou économiques dans toute leur épaisseur. Le travail de réflexion est donc risqué dans des domaines en général peu fréquentés par les philosophes. Par l’ouverture au possible, on fait intervenir une dimension critique, en creusant, par l’analyse et l’évaluation, des brèches dans la rigidité du réel qui sont aussi des accès à des figures du possible.

 

Cités, n° 54, 2013/2 a, en effet, consacré tout un dossier à La culture, après Malraux

dossier ainsi présenté par Christian Godin.

Rien ne rend mieux compte de l’opposition entre l’esprit démocratique et l’esprit républicain que l’infléchissement de la politique culturelle en France, de Malraux à Filipetti.

 

Ce dossier comporte un texte de Jean Caune intitulé Un héritage sans testament,

 

La plupart des formes culturelles du xxe siècle se sont confrontées à la question de leurs réceptions et de leurs usages. La diffusion et l’appropriation des productions symboliques et des œuvres de l’esprit ne relèvent pas seulement de l’élargissement sociologique des publics, elles sont de l’ordre du politique.

 

Et un article L’héritage de Malraux dans l’orientation des politiques culturelles : « Culture pour chacun » (2010) entre captation, détournement et ambivalence

Signé de Martial Poirson

 

 

 

C’est dans le contexte d’un assourdissant silence qu’ont été célébrés en sourdine, depuis quelques années, les commémorations officielles des soixante ans de la politique de décentralisation théâtrale (2006), des soixante ans du festival dAvignon (2007) et des cinquante ans du ministère de la culture (2009), rendant sensible une certaine mauvaise conscience collective quant au devenir des institutions culturelles nées à la faveur des utopies de l’après la Seconde Guerre mondiale... Dans le même temps se sont multipliés les constats d’échec en ce qui concerne la démocratisation culturelle, avec une mention spéciale pour le spectacle vivant, dont la crise de conscience a été exacerbée par l’annulation du festival dAvignon en 2003 et par la polémique autour de sa programmation en 2005. Désormais, il est devenu d’usage courant d’évoquer une démocratisation culturelle « en panne » ou « à bout de souffle »sous l’effet d’un « système fatigué », dont l’état de « crise » inciterait à établir l’« anatomie d’un échec ».

 

Dans cet article, l'auteur analyse longuement et de manière fort critique le rapport Guillaume Pfister et Francis Lacloche (diffusé ici même en son temps) : « Culture pour chacun. Programme d’actions et prospectives », Ministère de la culture et de la Communication, septembre 2010.

 

Extrait :

Définition purement instrumentale de la culture considérée comme un « outil politique du lien social », une telle posture conjugue démagogie et relativisme : elle pose la « diversité culturelle » comme équivalent fonctionnel, voire substitut légitime à « démocratie culturelle », dans la droite ligne des dérives libérales.

Au passage, la vision dialectique d’une culture considérée comme un dispositif délibératif, voire comme un espace public oppositionnel, propice au dissensus et à l’affrontement symbolique, est éclipsée au profit d’une vision consensuelle et lénifiante de la « culture partagée » et de son « nécessaire consensus ». Pour ce faire, les auteurs procèdent par glissement et raccourci au sein de la vulgate sociologique : reprenant curieusement à leur compte le modèle bourdieusien de la reproduction des élites et de la domination culturelle, ils en renversent la vocation critique : ce qui se joue à l’intérieur des processus d’inculcation culturelle, c’est moins, selon eux, un rapport d’émulation et d’imitation, produit de la « bonne volonté » des classes populaires et de leur intériorisation des catégories dominantes, qu’un rapport d’« intimidation sociale », dont les auteurs du rapport ont pour ambition d’« inverser le phénomène »

Prônant la « réappropriation » au lieu de l’inculcation culturelle, ils en appellent à la « force vive de la population », en s’inscrivant dans la tradition d’un certain populisme, s’exprimant au nom de « cette frange de la population éloignée de la culture car oubliée des politiques culturelles en l’absence d’adéquation à aucun critère objectif ». Ce faisant, ils placent résolument la culture dite légitime dans l’ère du soupçon en arborant un obstacle ontologique à sa diffusion.

Cités, n° 54, 2013/2 page 138


 

Que le bref épisode « CPC » de 2010 mérite une attention soutenue ce fut aussi l'avis de Michaël Guggenbuhl lorsqu'il s'est agit de choisir le sujet de son mémoire pour le Diplôme de conservateur des bibliothèques, sous la direction d'Anne-Marie Bertrand, directrice de l'ENSSIB (et historienne). J'ai déjà évoqué ce travail ici même.

 

À lheure où le minisre de la Culture semble faire évoluer un de ses paradigmes fondamentaux - la démocratisation culturelle -, comment comprendre lirruption de la formule « culture pour chacun » ? Innovation sémantique ou signe dune réorientation stragique de la politique culturelle ? Une analyse des positions, principaux textes et discours émanant du minisre de la Culture jusqu’à 2011 s’efforcera d’éclairer cette évolution, que les acteurs d’aujourdhui considèrent tantôt comme un abandon, tantôt comme la prise en compte de nouveaux modèles sociaux et l’expérimentation de nouvelles modalis dintervention publique en matière culturelle.

 

 

 

Télécharger Culture pour tous, culture pour chacun de Michaël Guggenbuhl

 

 

A noter que , contrairement à Martial Poisson qui centre son analyse sur le rapport de Guillaume Pfister et Francis Lacloche, Michaël Guggenbuhl cite aussi un autre rapport :

LONGUET, Elise : Culture pour chacun. Étude et propositions dactions en faveur de laccès de chacun à la culture, et principalement de trois populations qui en sont éloignées, les jeunes, les habitants des banlieues défavorisées, et les habitants de lespace rural, Rapport remis à M. Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, 15 mars 2010, qu'il comment ainsi :

 

Mais dès lors, à quoi peut bien correspondre, au niveau national, une politique de la demande, voire de la satisfaction de la demande de chacun dans le domaine de la culture, sauf à encourager des phénomènes de consommation culturelle qui feraient courir le danger, qu’évoque par ailleurs le ministre, d’une « éclipse du citoyen formé et éduqué à l’art par la figure du consommateur», et à renforcer l’individualisation des pratiques? C’est pourtant nettement dans ce sens que va le Rapport, remis au ministre par Élise Longuet en mars 2010, en faveur de l’accès de chacun à la culture, lequel propose pour l’essentiel un ensemble de mesures pour faciliter l'achat de produits culturels,au moyen notamment de cartes et de chèques culture.

 

 

J'observe, à cet égard qu'il y a des oubliettes plus profondes et plus obscures que d'autres puisque dans la bibliographie de son diplôme, le jeune auteur fournit l'adresse suivante pour accéder au rapport Longuet :

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/94/59/36/Rapport-Elise-Longuet---Culture-pour-chacun---Etude-et-prop. pd f

 

Et cette adresse, c'est celle de... La Cité des sens !. Recherche faite (y compris sur le site du ministère) le rapport attribué à la fille de Gérard Longuet a totalement disparu des écrans radars.

 

Je me fais un plaisir de le rendre accessible de nouveau.

 

 

 

Et puisque je suis en verve sur cette période de notre histoire culturelle, je vous livre un autre document fâcheusement méconnu. Il semble avoir été rédigé par le conseiller technique du président Sarkozy qui a quitté ses fonctions en 2010 et s'intitule

°

La Politique culturelle de Nicolas Sarkozy 2007-2010.

 

Encore une modeste contribution de La Cité des sens à l’instruction civique des jeunes générations.

 

 

 

 

Voir aussi sur ce blog Actualités des politiques culturelles


 

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 10:58

Après, les classes populaires, les classes moyennes.

 

 

Le 15 octobre dernier, sur son « socioBlog », le sociologue Emmanuel Ethis a publié un entretien inclus dans un dossier consacré à la culture et aux classes moyennes par le magazine Muze n°77 octobre/novembre/décembre 2014

 

LE CULTE DE LA CULTURE : les classes moyennes et la culture

 

Extrait :

 

On parle souvent des Trente Glorieuses comme l’âge d’or des classes moyennes. C’est également la période où la culture de masse se développe avec l’apparition du transistor, du Livre de Poche, l’émergence de grands festivals populaires. Voyez-vous une corrélation entre les deux ?

Effectivement, les Trente Glorieuses vont affirmer et confirmer ce qu’on pouvait attendre de cette « culture de masse ». Malraux en a été un des ingénieurs avec la fondation de Maisons de la Culture ou la création du label « Art et essai » pour le cinéma. Mais le mouvement avait débuté en amont. Avec les congés payés de 1936 se pose la question de l’occupation du temps libre. Et comment utiliser ce temps pour l’éducation populaire. Ce à quoi le sociologue Joffre Dumazedier répondait par les « 3 D » : il montrait que ce temps disponible n’était pas qu’une simple récupération sur le temps de travail mais qu’il permettait délassement, divertissement et développement. Ce n’est pas un hasard si Jean Vilar installe son Festival à Avignon, une ville qui se trouve sur la route des vacances… Attention toutefois: Les Trente Glorieuses impulsent un mouvement mais des différences subsistent. « Mon oncle » de Jacques Tati le montre bien. Dans cette France des années 50, se téléscopent l’ancienne classe moyenne, celle incarnée par Tati lui-même, celle des fortif’ ou de la proche banlieue. Et la nouvelle classe moyenne avide de progrès et représentée par la sœur dans le film. Ces deux-là vont finalement se rassembler pour regarder la télévision.

 

 Lire l'intégralité de l'entretien

 

Emmanuel Ethis est un fin observateur des rapports pluriels et parfois imprévisibles qu’entretiennent des individus singuliers bien qu'assignables à des catégories sociales.

 

Tels ces deux récit publiés sur le même blog quelques jours auparavant, l'un concernant une sorte de clochard érudit et l'autre un chauffeur de taxi philosophe.

 

L’UNIVERSITÉ DE LA RUE : Le père Lacloche, le «Plastifieur» et le «Taximan bachelardien»

 

En sortant de la Sorbonne ce vendredi 17 octobre, après une cérémonie d'installation des nouveaux lauréats de l'Institut Universitaire de France, je tombe dans une petite rue transversale à la rue des Écoles sur un SDF affairé à plastifier dans la rue des articles découpés et tous issus de la revue Sciences et Vie. Dans une sacoche, je peux constater que le clochard n'a pas chômé car ce sont plusieurs centaines d'articles qu'il trimbale. Volontairement discret et oeuvrant à l'abri des regards, il semble habité par une sorte d'urgence existentielle. Je le vois classer et reclasser ses petits articles plastifiés. Intrigué, je décide de l'interrompre dans sa tâche pour lui demander ce qu'il fait exactement. Il regarde, il me sourit : "vous ne pouvez pas comprendre"...

(…)

Je décidais alors de rapporter cette courte entrevue sur ma page Facebook car elle me semblait digne d’intérêt tout comme je l’avais déjà fait la veille car j’avais déjà été un peu chamboulé dans mon confort conceptuel de chercheur par une drôle de confrontation avec un chauffeur de taxi particulièrement docte. L’homme était d'origine marocaine. Il était venu en France quelques années plus tôt pour faire une thèse de philosophie et préférait désormais conduire une voiture... "La liberté, l'indépendance"... La philosophie lui servait - disait-il - à vivre tellement mieux que tous ses collègues. L'homme aimait parler

(...)

Lire la note dans son intégralité.

 

 

 

J’ajoute qu'on ne doit manquer sous aucun prétexte un post plus ancien du socioBlog d'Emmanuel Ethis (9 février 2010).

 

LE POMPISTE, un petit conflit de classes cultivées... qui commence ainsi :

 

Un théâtre en Provence, samedi 3 mars, 20h15. Avant que ne commence Les illusions comiques d'Olivier Py, un homme et une femme attirent mon attention. Ils sont à l'extrême gauche du bar. Je m'approche d'eux et tente d'attraper quelques bribes de leur conversation, mais ne parviens à saisir que ce que dit l'homme, visiblement très agité : "Mais qu'est-ce que ce type peut bien fabriquer ici ? Dans le même théâtre que moi ? Pour écouter quoi ? Voir quoi ? La même pièce que moi ! Au même moment que moi ! Mais c'est d'une offensive quasi-territoriale qu'il s'agit là ! Tu ne comprends pas ce que je dis ? Mais c'est pourtant simple ; je suis en train de me triturer la tête pour me demander comment faire pour vivre "Les illusions comiques" sans avoir l'insupportable sensation de partager ce moment avec ce type. Pourquoi ca me dérange ? Mais tu ne sais pas qui c'est ? Tu ne le reconnais pas ? C'est ce jeune con de pompiste chez qui l'on a pris de l'essence ce matin, tu sais dans ce bled près de Rognonnas ; ce type avec qui je me suis jeté parce qu'il voulait pas que je me serve moi-même. On croit rêver. En 2007, une station où on vous sert, tu vois le genre, pas vraiment évolué. Alors, tu comprends bien que je me demande ce que ce pompiste de campagne vient foutre ici, et que secundo, j'ai pas vraiment envie de le croiser après ce que je lui ai balancé ce matin..." Sur le moment, j'avoue que c'est surtout la surprise que m'inspirèrent ces paroles que me poussa à les retranscrire. 

 

Lire la suite...

 

 

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 08:48

Le terme de « classes populaires » agite régulièrement les débats politiques, alors que la légitimité de cette notion est contestée.

° ° °

 

J'ai déjà évoqué ici même le remarquable travail de Denis Merklen Pourquoi brûle-t-on des bibliothèques ?

 

Culture et classes populaires

 

 

Il était hier sur France Culture.

 

70 bibliothèques ont été incendiées en France entre 1996 et 2013. Denis Merklen, sociologue, a enquêté durant cinq ans pour tenter d’en comprendre les raisons, esquisser quelques réflexions. L’objectif n’est pas seulement de donner à voir un phénomène passé inaperçu. Il s’agit aussi d’abandonner l’idée selon laquelle ce type d’événement relève de conduites insensées, voire nihilistes. Et pour cela, le premier pas consiste à sortir les élus, les bibliothécaires et les journalistes de leur état de perplexité dès lors qu’une bibliothèque est prise pour cible : nulle recette, donc, simplement des descriptions et des analyses pertinentes sur des conflits dont la nature et la signification ne sont pas évidentes.

 

Podcast de l'émission

 

Faute d'écouter cette émission ou mieux de lire le livre, on peut aussi consulter sur La Vie des Idées, un article (antérieur à la publication de l'ouvrage par les Presses de l'enssib) consacré à cette même enquête.

 

Les récents épisodes de révolte en banlieue ont confirmé que les bibliothèques étaient une cible privilégiée lors des émeutes. Les sociologues Denis Merklen et Numa Murard ont mené l’enquête sur la relation conflictuelle que certains jeunes entretiennent avec la culture de l’écrit. Ils nous livrent leurs premiers résultats dans un article inédit.

 

Télécharger cet article

 

Pour aller encore plus loin.

 

Le terme de « classes populaires » agite régulièrement les débats politiques, alors que la légitimité de cette notion est contestée. Au terme d’un examen historique et sociologique, Olivier Schwartz en défend l’usage pour décrire une partie de la société française contemporaine, à condition de comprendre les nouvelles formes de domination auxquelles ces catégories sont soumises.

 

Télécharger l'article.

 

 

 

 

Pied 26 juin 2014
 

Actualités des politiques culturelles

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 10:18
Je ne connais pas Benoît Lambert, directeur du théâtre Dijon Bourgogne (CDN) et je n'ai donc aucune raison particulière de lui en vouloir, à lui, en tant que personne.
N'empêche, son dernier éditorial, daté de juillet 2014, dans la plaquette de la prestigieuse institution qu'il a le privilège de diriger constitue un remarquable concentré de la novlangue du « monde de la culture » et dans ce monde du continent « spectacle vivant ». Ou pour oser un bon mot (dont je reconnais bien volontiers qu'il est un peu « facile ») un énoncé qui laisse craindre que les discours du spectacle vivant relèvent de plus en plus de la langue morte.
 
S’il y a bien une chose frappante dans la crise profonde que traverse le secteur culturel depuis l’hiver dernier, c’est l’irruption d’un discours de justification économique au sein même des mondes de l’art. Les artistes, les professionnels du secteur, les salariés et les employeurs, le ministère de la Culture, et jusqu’au premier ministre, tous ont employé des arguments de nature économique pour défendre l’importance du secteur de l’art vivant, et du secteur culturel en général. Contribution au PIB, volume d’emploi, valeur ajoutée… : la culture « rapporte », contrairement aux idées reçues. On peut bien sûr se réjouir que cette réalité, mieux connue depuis les annulations de festivals en 2003, fasse progressivement son chemin dans les esprits. La culture a trop longtemps souffert d’être considérée comme un monde à part, sans lien avec les enjeux « sérieux » - c’est-à-dire économiques et marchands - du « vrai » monde. Affirmer aujourd’hui que l’activité artistique s’invente et se déploie dans un lien solidaire avec les autres secteurs de l’économie, qu’elle dépend d’eux comme eux dépendent d’elles, qu’elle participe au même titre qu’eux à la création de la richesse, permettra peut-être d’éviter à l’avenir les attaques virulentes de ceux qui continuent à considérer l’art et la culture comme des centres de coûts qu’il faut savoir réduire en période de vaches maigres. Cela permettra peut-être de faire taire les discours démagogiques qui tentent de faire passer les acteurs de la culture pour des parasites et des irresponsables, gavés d’aides sociales et de subventions publiques. Cela permettra peut-être aux intermittents, dont les conditions de vie n’ont cessé de se dégrader ces dix dernières années, d’obtenir enfin la réforme juste et pérenne dont leur régime a besoin. On peut du moins l’espérer. 

Mais dans le même temps, n’y a t-il pas dans le déploiement de cette rhétorique économique quelque chose d’assez désolant ? En sommes-nous venus à douter à ce point des vertus de l’art et de la culture, de l’intérêt qu’il y a à les défendre et à les promouvoir pour l’ensemble de la société, qu’il faille ainsi faire valoir leur rendement
Lire le texte intégral de cet éditorial
 

 

Argumentaire style le beurre et l'argent du beurre :

 

a) cette réalité, mieux connue depuis les annulations de festivals en 2003 soit pas de festival d'Avignon et toute l'économie du Vaucluse et de PACA s'en est trouvée sinistrée.

 

b) les vertus de l'art et de culture sont sacrées au regard du monde profane de la marchandise au sens du Manifeste de Marx et Engels :  « La bourgeoise a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque […] dans les eaux glacées du calcul égoïste »

 

le secteur culturel...les mondes de l’art....les artistes, les professionnels du secteur...du secteur de l’art vivant, et du secteur culturel en général... les vertus de l’art et de la culture...
 

Si l'on veut redonner sens aux politiques « de la culture » il faut déconstruire ces discours figés et piégés... c'est pourquoi on a souvent cité sur ce blog celui que l'on pourrait à bon droit surnommer le Derrida de « la philosophie » du « monde de la culture » s'il n’avait déjà un pseudo : Dr Kasimir Bisou (alias Jean-Micel Lucas).

 
Par exemple :
Jean-Michel Lucas : droits culturels et dignité humaine.
 
Repenser les enjeux des politiques culturelles publiques

 

 

 

Au fil du temps, s'est figée une rhétorique propre au « monde de la culture » qui ressemble un peu trop aux propos du Café du Commerce, aux formules convenues qui font que la langue que nous parlons semble contaminée par le registre de la pensée économiste, libérale, conservatrice, réactionnaire...

 

Genre : « un grand capitaine d’industrie » pour le regretté PDG de Total ou « L'ADN a parlé » pour les faits divers en voie d'élucidation, « un loup solitaire » pour les terroristes qui agissent seuls ou encore « ma famille politique » (qui va comme un gant à une certaine droite) mais comme je le notais sur un célèbre réseau social, le lundi 6 octobre dernier :

 

Benoit Hamon, ce matin sur France Inter :"Ma famille politique est en situation d’échec". On ne saurait mieux dire.
"Famille politique" vient en droite ligne de la parlure de la droite et, de plus loin, de la "France" de Vichy et de la longue tradition traditionaliste et anti-républicaine. 
La chose publique et l'engagement politique n'ont rien à faire avec la famille
Au lendemain de la manif pour tous, cette contagion des "éléments de langage" de la droite réac chez un héros de la gauche de la gauche ça fout le cafard pour la semaine.

 

Je ne dénie pas à l'ancien ministre d'Hollande et Valls, le droit de se poser aujourd'hui en défenseur de la République, menacée par ces socio-traîtres mais qu'il m'explique pourquoi il parle cette langue engluée et glauque...

 

 

Dans une veine analogue, on pouvait lire sur le site d'Europe 1, le 19 juin dernier :

 

Le directeur du Théâtre du Rond-Point revient sur le dossier explosif des intermittents. 

Au cœur de la grogne des intermittents du spectacle : la réforme de leur régime d’assurance chômage (…) C'est dans ce contexte très tendu que Jean-Michel Ribes, le directeur du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, s'est exprimé sur Europe 1 sur cette épineuse question. :

 "Il faut qu'ils sachent, quand on entend les gens dire "oh tous ces emmerdeurs, ces privilégiés etc", que ce n'est pas vrai", tient à rappeler Jean-Michel Ribes. Si Paris attire plus de touristes que Londres, c'est "parce qu'il y a une offre culturelle extraordinaire". Sans cette offre, explique-t-il, "il y a 29 millions de personnes qui ne vont plus venir. La culture fait partie de notre ADN. C'est peut être la seule chose qu'il nous reste de fort et de vivant en France. Notre pétrole, c'est la culture."

 

 

 

Et on peut lire ce titre sur le site du Parisien, en date du 20 octobre dernier :

 

Laurent Le Bon : « Notre pétrole, c'est la culture »

 

 

Président du musée Picasso, ancien directeur artistique de la Nuit blanche à Paris, concepteur de l'exposition Jeff Koons qui avait fait scandale à Versailles en 2008, Laurent Le Bon, 45 ans, conservateur parmi les plus brillants de sa génération, a dirigé avec succès le Centre Louvre Lens...

 

Bon, je ne peux pas citer le contexte de cette originale affirmation que le futur patron du Musée Picasso a piquée au directeur du Théâtre du Rond Point, vu que la lecture des articles du dit Parisien est réservée aux abonnés, ce que je ne suis pas.

 

Mais je signale néanmoins au passage que la Mère supérieur du fort sérieux magazine culturel Télérama, Fabienne Pascaud, joue un petit rôle (très drôle au demeurant) dans Brèves de comptoir, le dernier film de Jean-Michel Ribes. A quand, je vous le demande un peu, un bon film bien de chez nous qui donnera aussi une place à Armelle Héliot, qu'on rigole un bon coup ?

 

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 16:43

Effectuer une évaluation de l'offre culturelle proposée par la collectivité, relativement aux ressources mobilisées et proposer des pistes d'économies.

Nom et adresse officiels de l'organisme acheteur : C.A. de Saint-Quentin-en-Yvelines.

 

Objet du marché : audit des politiques culturelles de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-En Yvelines (Casqy).


Caractéristiques principales : 
L'objectif de la présente étude est d'effectuer une évaluation de l'offre culturelle, proposée par la CASQY, relativement aux ressources mobilisées et de proposer des pistes d'économies.


Cette étude s'articulera en deux modules.


1er module : Évaluation des bénéfices habitants générés par l'offre culturelle, rapportés à leurs coûts.


2e module : Propositions de pistes d'économies.

(sic)


Une partie du marché est forfaitaire. Les prestations prévues au forfait sont décrites au Cctp.
Une autre partie du marché est à bons de commande, pour les prestations non prévues au forfait et payées par application de prix unitaires.
Cette partie est sans montant minimum et avec un montant maximum de
20 000 EUR (H.T.) pour la durée du marché
Quantités (fournitures et services), nature et étendue (travaux) : le présent marché est conclu pour une durée allant de la notification du marché, jusqu'à la réception des prestations, au sens de l'article 27 du ccag pi.
A titre indicatif, la notification est envisagée pour fin novembre 2014.
Le début d'exécution des prestations commencera le 1er décembre 2014.
Le dernier livrable devra être rendu, au plus tard, le 23 février 2015.
Refus des variantes.

Critères d'attributions : Les modalités de mise en oeuvre de ces critères sont précisées dans le règlement de la consultation.
Le nom du chef de projet et de ses principaux consultants est indiqué dans le mémoire technique du candidat (pièce contractuelle du marché).
L'équipe devra être composée d'au moins deux consultants séniors, dont l'un au moins disposera d'une expérience significative des politiques publiques culturelles. Les deux consultants seront impérativement présents lors de l'audition préalable à l'attribution du marché. Des consultants juniors pourront compléter cette équipe. Les cv seront joints au mémoire technique.
Le prestataire devra être capable de mobiliser plusieurs consultants aptes à couvrir tout le champ du projet et en capacité de se rendre disponibles pour assurer une présence et une réactivité suffisantes.
Les candidatures qui ne sont pas recevables en application des articles 43 et 45 du Code des Marchés Publics, qui ne sont pas accompagnées des pièces mentionnées à l'article 5.1.1 du règlement de la consultation, sous réserve des dispositions du 1er alinéa de l'article 52 du c. M. P., qui ne présentent pas des garanties professionnelles et financières suffisantes ou dont les compétences présentées sont jugées insuffisantes, ne sont pas admises.

 

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 Titre : La Cité des sens

 ISSN : 2270-3586

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Actualité Divergences
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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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Profil

  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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