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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 09:45

Arcadi_36

UNE ARCHIVE...

Je fouille, je range, je classe... ces dernières semaines, comme vous, j'ai compris de nouveau que le pire n'est pas toujours certain. Mais quand même!

Grosse fatigue !

J'essaie de mettre de l'ordre, à défaut de pouvoir le faire dans mes idées, au moins dans mes archives... et je retrouve cette chronique de Jacques Bertin, (Policultures, septembre 2006), déjà signalée ici.

Mais comme je suis loin d'avoir son talent, je fais tourner de nouveau.

 

« Oui, il faut mettre "l'artiste au cœur de la cité". Et traiter comme il le mérite le salaud qui dans l'assistance a glissé qu'on ferait bien, aussi, de mettre la cité au coeur de l'artiste. C'est la porte ouverte à la censure et la tyrannie. Je serre la main de l'adjoint au maire, et je me casse »

Jacques Bertin, « Tous marranes », Policultures, n° 109, septembre 2006.

Jacques Bertin écrivait et ça n'a pas pris une ride :

« C'est décidé : je serai un marrane.

Un marrane ?

Les marranes étaient des Juifs espagnols et portugais qui, convertis de force au XVe siècle, continuèrent secrètement à pratiquer leur religion. Ils étaient catholiques dans la rue, à l'église ; chez eux, ils redevenaient libres.

Et donc, pauvres amis, mes chers amis, voilà la nouvelle, triste et gaie, que je vous annonce : ne pouvant plus, dans la société d'aujourd'hui, dire mes opinions simplement, justes ou erronées, astucieuses ou solennelles, étant épuisé de faire lever au premier mot le sourcil dur et le regard tueur, reculant devant la suspicion quotidienne d'être dans quelque dérive fascisante, ne trouvant plus l'écho de mes idées dans les médias qui furent quarante ans miens, j'ai décidé d'assumer pleinement ce silence obligé : je serai un marrane.

Pauvres idées… Elles finissent par n'avoir plus droit de cité qu'en moi. Ma tête est un pays où je circule seul. J'y suis libre, tant que je me tiens à l'écart des villes, des médias, de ce qu'il faut en penser

(...)

Il y a pire. Je crois dans le peuple. Son intelligence, son courage, sa dignité. Le peuple en général, et le français, en particulier. Je déteste les élites actuelles. Là, je sens bien votre interrogation angoissée : cet homme est-il - ayant gardé son secret quarante ans - un Nazi ? Oh, je suis seulement très fatigué. Si je parle de morale, on m'accuse de puritanisme ; si, quoique non-croyant, je défends l'Eglise catholique, me voilà un croisé au siège de Béziers ; si je corrige une bêtise sur les gentils Indiens écologistes, je suis un massacreur à Wounded Knee ; mon attachement à la laïcité me fait anti-arabe ; ma critique du gouvernement algérien m'enrôle à l'OAS ; si j'explique à un jeune que Le Pen n'est pas un fasciste, c'est que je le suis moi-même ; si je dis que toutes les cultures, non, ne se valent pas ; si je dis qu'on ne doit pas juger les sociétés passées, sous peine d'être un clown intellectuel ; si… si… si…

Et je m'adresse aujourd'hui à tous ceux qui partagent ma lassitude. Tous des marranes, mes amis ! Nous nous reconnaîtrons par l'obséquiosité exagérée avec laquelle nous approuverons ce qui se dit, ce qu'on en pense et ce qu'il faut en dire. Oui, ceux qui critiquent les élites sont des poujadistes ! Oui, les faux poètes émargeant au CNL sont des authentiques poètes, et la novation est sacrée. Oui, Untel est un authentique rebelle (révolté par l'injustice). Sa remise en question du ministère, dans sa dernière œuvre, montre combien est radicale sa rupture. Le ministre a bien fait de le décorer et d'augmenter sa subvention. Oui, il faut mettre "l'artiste au cœur de la cité". Et traiter comme il le mérite le salaud qui dans l'assistance a glissé qu'on ferait bien, aussi, de mettre la cité au cœur de l'artiste. C'est la porte ouverte à la censure et la tyrannie. Je serre la main de l'adjoint au maire, et je me casse".

(…)

Lire la chronique de Jacques Bertin.


 

 


 

 

 

 

Consultez aussi ces pages sur La Cité des sens.

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Lecture et bibliothèques.

Actualités des politiques culturelles.

Politiques culturelles (mon fil d’actualités sur Scoop'IT)

Création sociale et innovations culturelles

Politiques culturelles : ressources et documents

Textes et contributions de Jean-Claude Pompougnac

 


 

 

 


 

 

 

Votre blog a donné lieu à une création de notice bibliographique dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de France.

Il lui a été attribué un numéro international normalisé

ISSN : 2270-3586

Type : document électronique, publication en série
Auteur(s) : Pompougnac, Jean-Claude (1946-.... ). Auteur du texte
Titre clé : La Cité des sens

Titre(s) : La Cité des sens [Ressource électronique] : le blog de Jean-Claude Pompougnac
Type de ressource électronique : Données textuelles et iconographiques en ligne
Publication : [Fresnes] : [Cité des sens], 2006-

Note(s) : Blogue. - Notice rédigée d'après la consultation de la ressource, 2013-11-14
Titre provenant de l'écran-titre

Périodicité : Mise à jour en continu
Indice(s) Dewey : 020.5 (22e éd.) ; 301.094 4 (22e éd.)
ISSN et titre clé : ISSN 2270-3586 = La Cité des sens
ISSN-L 2270-3586

URL : http://cite.over-blog.com/. - Format(s) de diffusion : HTML. - Accès libre et intégral. - Consulté le 2013-11-14

Notice n° : FRBNF43711075

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb43711075f/PUBLIC


 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 09:36

 

1gainsbourg3.jpg

°°°

Je vous prie de m'excuser au cas où vous vous seriez levé ce matin avec un moral d'acier... ou bien décidés à vous recueillir en mémoire du grand Serge, mais je viens de trouver ce qui suit et qui plombe grave l'ambiance!

°°°

 

 

 

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 10:34

dictionnaire.jpg

Bernard Tomasini, préfet de Poitou-Charente, auprès de Ségolène et le mot « tour »

Leçon du jour : une acception du mot « tour » spécifique au monde du théâtre :

tour de faveur, décision du comité des comédiens qui fait passer la représentation d'une pièce avant celle d'autres ouvrages qui la précèdent dans l'ordre du tableau de réception. Sa pièce eut un tour de faveur. Il a obtenu un tour de faveur.

 

Voici donc la relation d’ un bon tour dont j’ai eu connaissance grâce à l’excellent fil d’actualité (voir le lien au bas de chacune de mes notes)

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je disais donc à l’excellent fil d’actualités de formART  

La nomination du nouveau directeur du Centre dramatique Poitou- Charentes crée la polémique. Yves Beaunesne a été imposé par l'État à une commission consultative qui avait préféré deux autres candidats.
En soi, il n'y a pas entorse à la réglementation, puisque l'État est souverain pour le choix définitif du candidat (lire ci-contre les précisions du préfet Bernard Tomasini), mais aller à l'encontre de la consultation est plutôt inhabituel.

Lire l’article de Marion Valière Loudiyi dans la Nouvelle République

Ca fait tellement mauvais genre cette nomination imposée par la rue de Valois que le représentant de l’Etat en Région a du se fendre d’un communiqué. J’ai bien connu M. Tomasini à l’époque où il était préfet du Cher (nous avons fermé de concert la cathédrale de Bouges au public : des morceaux de nef tombaient sur les prie-dieu). Plus tard, et sans moi,  il a prononcé la fermeture administrative de bars gay en centre ville. Chacun ses ouailles. 

Aurait-il changé au point que ça devient hyper trop facile de causer français plus mieux que lui ou que celui – ou celle- qui lui écrit des communiqués qu’il ne prend pas la peine de relire ?

Interrogé à propos d'une éventuelle entorse à la réglementation concernant la nomination du directeur du Centre dramatique Poitou-Charentes, le préfet de région Bernard Tomasini, explique : « Le 24 novembre dernier, la commission technique chargée d'examiner les candidatures pour ce recrutement s'est réunie à la Direction régionale des affaires culturelles. Cette commission, composée de 5 représentants de l'État, de 3 représentants du conseil régional et de 2 de la ville de Poitiers, a audité les 6 candidats sélectionnés parmi les 43 candidatures reçues. Cette commission technique consultative ne constituant pas un jury, aucun vote n'a été exprimé. A l'issue de cette commission, une concertation a été engagée par l'État auprès des partenaires afin de proposer un nouveau directeur au ministre de la Culture. Cette concertation a conduit à la désignation par le ministre de la Culture et de la Communication de M. Yves Beaunesne le 6 décembre 2010. »

 

Dans la France de Tomasini, Mitterrand (Frédéric) et Sarkozy on n’auditionne pas des candidats présentant un projet artistique et culturel. Non. On les audite. Tout est dit, non ?

Les bonnes places pour les amis du prince, la culture pour chacun et le contrôle comptable pour tous.

  * * * * * *  

 

 


 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 16:57

Dans un éditorial publié le 11 novembre dernier sur La Lettre du cadre.fr, sous le titre : La « culture pour chacun », ou comment lutter contre "l'intimidation sociale" ? François Deschamps donne son point de vue sur des textes déjà évoqués ICI MEME  qui alimentent la nouvelle frontière de la politique culturelle de l’Etat : la culture pour chacun.

 

Le 15 mars dernier, Elise Longuet (1) remettait un Rapport au Ministre de la culture pour étudier et proposer des actions en faveur de l'accès de chacun à la culture, et principalement des populations qui en sont éloignées (jeunes, habitants des banlieues  défavorisées, habitants de l'espace rural). Ce Rapport mettait notamment en avant une politique de soutien à la demande notamment par la création d'une carte culture nationale et d'un chèque cadeau culture pour les jeunes. Elle proposait aussi des stages culture pour les jeunes (des quartiers prioritaires et des zones rurales) dans les établissements culturels. Elle prônait l'introduction d'un volet culture dans le livret de compétences de l'élève (passerelle avec les activités culturelles extrascolaires). La suite de ce Rapport concerne une meilleure présence des arts et de la culture dans l'espace public (numérique et physique), ainsi que la participation des populations à certains « temps » publics. Un chapitre est enfin consacré au mécénat (des projets labellisés culture pour chacun seraient éligibles à un mécénat bonifié) et à la création de mesures d'incitation à l'attention des PME/TPE et des particuliers.

En septembre, Francis Lacloche, un proche du Ministre, Conseiller pour le mécénat, la photographie et le programme Culture pour chacun, remettait  une note au Ministre de la culture pour lui proposer un programme et des perspectives  autour de la notion, mise au goût du jour, de « la culture pour chacun » (André Malraux l'avait déjà  mise en avant lors de la présentation du budget de la culture à l'Assemblée nationale  le 27 octobre 1966, cf. ici son discours).

Je crois avoir contribué à l’information sur ces (passionnantes) questions en publiant ici même la note du cabinet au Ministre (avant Télérama !).

Je continue donc…

Le  ministre,  a décidé de mettre la culture pour chacun, ce nouveau paradigme de l’action publique (de l’Etat, s’entend… celui de la RGPP et de la réforme des collectivités territoriales) en tête de la DNO (directive nationale d’orientation) adressée aux Préfets de Région et aux DRAC pour la période 2011-2013.

 

En voici donc le texte intégral (si ça ne vous donne pas envie d’être DRAC, c’est à désespérer…) : Note aux DRAC Note aux DRAC

 

Mais il y a mieux encore pour comprendre (ou tenter de le faire) la logique de « management des services déconcentrés », (c’est comme ça qu’on dit)…

 

Par note du 20 mai 2010, le directeur du cabinet a demandé à l'inspection générale des affaires culturelles (IGAC) que l'évaluation  qu'elle mène annuellement auprès de l'ensemble des directions régionales des affaires culturelles (DRAC) porte spécifiquement en 2010 sur les débuts de la mise en oeuvre de la priorité que le Ministre entend donner à l'action du ministère à « la culture pour chacun ».

 

Il était demandé d'examiner cette mise en oeuvre dans le cadre de deux thèmes de la directive nationale d'orientation (DNO) pour 2010 qui pouvaient être considérés comme une déclinaison au moins partielle de cet objectif, « la promotion de la culture sociale » et « le défi de la transmission ».

 

Par ailleurs, il convenait d'analyser les perspectives du déploiement de cet objectif dans l'action des DRAC, notamment dans sa déclinaison régionale au regard des besoins des territoires, des efforts éventuellement déjà consentis par les collectivités territoriales, de l'évolution des leurs finances  et des partenariats envisageables avec elles.

 

En préambule de la présente synthèse, il paraît indispensable de signaler une difficulté intrinsèque à cette évaluation demandée à l'ensemble de l'IGAC. Le concept de « culture pour chacun » n'avait, jusqu'à récemment,  pas fait l'objet d'un document de la part du Cabinet ou du Secrétariat général visant à en préciser l'acception, qui aurait été adressé aux DRAC. Le projet de plan stratégique que le cabinet a diffusé le 16 septembre dernier constitue, à cet égard, un document de première importance.

 

 

Ceux qui ricanent prennent la porte (pour moi, merci, c’est déjà fait, merci).

 

Les autres (ceux qui ont le cuir tanné et qui gardent le moral dans l’adversité) pourront prendre connaissance de la prose de l’Inspection générale.  

SYNTHESE DES ÉVALUATIONS

PAR L'INPECTION GÉNÉRALE DES AFFAIRES CULTURELLE

DE LA MISE EN OEUVRE

PAR LES DIRECTIONS RÉGIONALES DES AFFAIRES CULTURELLES

DE LA PRIORITÉ « LA CULTURE POUR CHACUN »

EN 2010

 

 

 

Post scriptum : voir également les (pertinentes) rféflexions de Jean-Gabriel Carasso sur son blog L'Oizeau rare.

 

 

 

   

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 14:30

*** * * * ***

Le Monde d'hier, sous la plume de Nathaniel Herzberg, ressortait la belle invention de notre bon ministre la culture pour chacun de l'injuste oubli où elle sommeillait.

 

Rappel des chapitres précédents sur ce blog :

 le 14 septembre   le 16 septembre  

 

 

 

Toujour soucieux d'offrir à ceux qui lui font l'honneur de cliquer au bon endroit, La Cité des Sens leur offre (gratuitement, comme on dit en ce moment même au Forum d'Avignon, la cité des papes de la finance culturelle) la version intégrale de la note rédigée par le cabinet de Frédéric Mittérrand dont Le Monde ne donnait que quelques extraits coupés de leur contexte.

Ils retrouvent ici toute leur saveur d'origine...   chacun en jugera.

Télécharger la note

 

 

En prime, le rapport commandé il y a un an (déjà!) à (une certaine ?) Elise Longuet

 _______

Culture pour chacun : Étude et propositions d’actions

en faveur de l’accès de chacun à la culture,

et principalement de trois populations qui en sont

éloignées, les jeunes, les habitants des banlieues

défavorisées, et les habitants de l’espace rural.

 

 

* * * *

 

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 18:24

 

 

312_retro_1.jpg

 

Message reçu hier de mon ami (et ex-collègue au cab de Jack L. ou en DRAC) Jean-Michel Lucas. Comme d'hab, c'est du solide!



Puisque dix pages, c'est toujours trop long à lire, le Doc Kasimir Bisou tente la formule « Twitter améliorée » en 78 lignes sur le PAP2011 coté culture :

Certains d'entre vous se rappellent peut être que dans mes articles sur la LOLF et le PAP de la mission culture,( notamment sur irma.fr)  j'avais forcément ironisé sur cet indicateur stupide qui voulait que la BNF soit évaluée par le taux de satisfaction des 1500 passants à qui on demandait s'ils étaient "satisfaits" de la noble institution. L'ironie s'imposait car légitimer 507 000 euros d'argent public par jour par la simple "satisfaction" du premier venu avait un coté "j’m'enfoutiste" qui aurait dû choquer même les rédacteurs les plus obtus des PAP de la LOLF !

(j'en connais encore qui ne savent pas ce qu'est le PAP, projet annuel de performances, qui reste le document nécessaire pour que le ministère de la culture obtienne des crédits du Parlement, ce qui n'est quand même pas négligeable dans une démocratie dont la force vient aussi de son formalisme.)

En lisant le PAP 2011, j'ai constaté  que je n'aurai malheureusement plus le plaisir d'ironiser !! Car, enfin, c'est fait  : cet indicateur (de la stupidité évaluative) a disparu.

Vous pensez peut être que je tire un peu de fierté de cette disparition aussi définitive que discrète !! Loin  de moi cette pensée car  dans le PAP 2011, la situation éthique de la BNF est encore pire que ce que je pouvais imaginer !

En effet, la Bibliothèque Nationale de France a changé de mission publique : elle a disparu de la mission "Patrimoine" ! En tout cas, elle n'est pas revendiquée par l'Etat comme le lieu protecteur du  patrimoine écrit universel pour l'Humanité, dont les vertus émancipatrices mériteraient à la Malraux un apport d'argent public permettant de couvrir un cout  atteignant maintenant 514 000 euros par jour !!). Aucune chance d'imaginer cet argument ! Non, pour ce prix là, il faut être sérieux et faire dans le lourd : la BNF est donc maintenant intégrée à la mission 'médias livre et industries culturelles" qui n'a qu'une vérité : faire face à la compétition marchande des cultures !

Les premières lignes du PAP 2011 pour cette mission (programme 180) ne mentent pas : la vérité publique n'est plus dans l'œuvre à valeur universelle, elle est dans la concurrence :


"Dans un environnement de plus en plus concurrentiel et marqué par d’importants bouleversements technologiques, les défis auxquels les médias, le livre et les industries culturelles doivent faire face sont nombreux. Le passage au numérique, la modification des modes de consommation, la concurrence internationale accrue et les besoins nouveaux
de l’audiovisuel public sont autant de gageures auxquelles les différents bénéficiaires des crédits de la mission « Médias, livre et industries culturelles » auront à répondre dans les trois prochaines années."

page 8, signé François Fillon et Frédéric Mitterrand, excusez du peu !
 
Je le sais déjà : les lecteurs de
Frédéric Martel et de ses amis politiques me diront, eux aussi, que c'est la voie du réalisme : la culture, ses acteurs comme ses objets, doivent rapidement s'affronter à la compétition culturelle imposée par tous les marchands du monde. et quand  on lit ces vérités sur la puissance du marché pour l'avenir de la culture, on se croirait effectivement ( private joke pour les "personnes"  habitant la communauté urbaine bordelaise) dans un colloque sur la "Ville Créative" dont même plusieurs villes de gauche sont friandes!

Sans doute, peut-on considérer qu'il est pragmatique de se concentrer sur la vente des services culturels pour qu'ils deviennent  des armes de l'attractivité du territoire, c'est à dire rien moins que des munitions de la guerre culturelle de tous contre tous ! C'est une éthique comme une autre, mais est ce bien raisonnable pour les autorités politiques de réduire leur ambition culturelle à cet exercice de vendeurs, agressifs quoique artistiquement rayonnants, de services culturels compétitifs, comme si l'enjeu culturel n'était qu'un enjeu de secteur économique ?

On aurait préféré que les  rédacteurs du PAP  soumettent cette "éthique du rentable" à l'impératif culturel premier pour la responsabilité politique, à savoir la construction du  vivre ensemble de cultures à facettes multiples, nécessairement solidaires les unes des autres en tant que contribuant chacune à la construction de l'Humanité...  Sans se contenter d'inverser la donne en mettant le marché en premier et, à la traine, les valeurs culturelles. On comprendrait mieux si les députés rappelaient que la construction de l'Humanité, avec  l'extraordinaire hétérogénéité des libertés ( Amartya SEN) qui l'enrichit, ne pouvait se réduire à transformer la BNF en concurrent de Google ! Car j'ai  bien lu page 9 du programme 180 :

 

"Le budget de la Bibliothèque Nationale de France sera recentré sur ses missions stratégiques et notamment la mise en place d'une bibliothèque numérique de référence".

Pour penser le futur  du monde dans ses complexités interculturelles, il  n'y aurait rien eu d'indécent à considérer que l'enjeu culturel national relevait d'abord de la nécessité de revendiquer le "respect de droits culturels" des personnes, comme premier des droits humains, pour mieux élaborer, à chaque échelle de territoire, la part de culture commune qui rend la vie ensemble vivable.

C'est manqué, c'est cruel car cette éviction de l'éthique culturelle humaniste se lit dans un texte où l'exécutif soumet ses intentions politiques aux élus de la nation, donc dans un texte qui devrait faire honneur à la démocratie dans son formalisme salvateur.

A vrai dire, tout ceci n'a pas d'importance car le PAP qui engage la république n'est lu par personne. Trop long et trop copieux et moins rigolo que le
"Mainstream" de Martel qui sait, lui, nous distraire en nous donnant même la couleur des triporteurs de Mumbai ( jaune et noir page 237).

Pourtant quand le PAP 2011 se vante de développer une "nouvelle politique de la lecture publique" pour annoncer que l'Etat y consacre 31,5  millions d'euros ( en cherchant bien)  alors que la vérité du texte est de recycler la BNF  en concurrente de Google bis pour une somme totale de 206 millions d'euros, on se dit que le rédacteur s'est un peu perdu dans la hiérarchie des arguments !!

Mais comme on n'a pas le temps de tout lire, me disait récemment un député d'opposition, le PAP ne prend guère de risque à manier la langue de bois. Tant pis pour le débat public, tant pis pour la démocratie, tant pis pour l'éthique de la politique culturelle.

 


Quant au genre Twitter, ce n'est pas encore pour aujourd'hui, mille excuses,
 
A la prochaine fois, peut être aux "Métallos" le lundi 11 octobre, avec une rencontre sur "la bataille de l'imaginaire" et un rappel des enjeux de l'éthique de la dignité comme fondement pour reconstruire une politique de la culture en société de liberté.

Bien respectueusement pour ceux qui ont été jusqu'au bout
le doc KB et Jean Michel Lucas
.

 

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 18:42

 Affiche_Romanes_1.jpg

Mais dans quel pays vivons-nous?

 

Je recopie ci-dessous le message reçu ce matin de François Deschamps (Culture et départements; Territorial.fr).

 

 

Chers amis,

Lié aux récents événements concernant la présence dans notre pays d'européens - qui ont le culot d'être Roms et plutôt pauvres-, le cirque tzigane Romanès  se voit menacé car on refuse des permis de travail aux musiciens qui participent à ce spectacle. Un spectacle de cirque poétique, festif et chaleureux qui tourne dans toute l'Europe !

Je ne suis pas un inconditionnel des pétitions, mais il me semble qu'il faut réagir à cette situation pour faire en sorte que notre pays retrouve un peu de sa dignité !

Cordialement,
François Deschamps



- Lire l'article du Nouvel Obs : Alexandre Romanes : "Ils veulent nous mettre dans l'avion"

- Mon édito sur la Lettre d'info du Réseau Culture du 1er septembre.

Voir une petite vidéo du Cirque Romanès : ici ou

Pétition de soutien au Cirque Romanes :

 

 

Dans un autre registre et après l'adoption en deuxième lecture par l'Assemblée de la « réforme » (sic) des collectivités territoriales cette histoire on ne peut plus édifiante sur les mœurs de l'État et de certains milieux « culturels »

 


 

Tout est parti d'une remarque de Daniel Dewalle (PC), hier, en plein débat sur la participation du conseil général aux frais de fonctionnement du Louvre-Lens. ... « J'étais à l'époque au conseil régional, et les élus n'avaient pas choisi le cabinet Sanaa. Il était même arrivé troisième. » C'est pourtant ce cabinet d'architectes que le président Daniel Percheron a présenté lors d'un vote plus que serré à la Région. Sa voix avait permis aux partisans du projet de l'emporter.

 Une affirmation aussitôt confirmée par Dominique Dupilet. « Les élus n'avaient pas choisi ce projet-là, mais les spécialistes du Louvre ont estimé que le choix des élus n'était pas assez artistique. C'était eux les Parisiens, nous des habitants du Pas-de-Calais. Ils voulaient, avec la construction, créer un événement architectural. C'était soit le cabinet Sanaa, soit ils ne venaient pas à Lens ! » Les élus, selon Daniel Dewalle, avaient été effrayés par la structure même du futur musée.

 « Au départ, on prévoyait même sept structures de verre finalement regroupées en une seule pour créer un cheminement. On voulait des surfaces vitrées de 6,5 m de haut, mais aucune entreprise au monde ne voulait s'aventurer dans leur construction. Nous sommes maintenant loin du projet initial et quels seront les coûts au final ? » Les élus communistes craignent surtout que les frais de fonctionnement n'explosent.

Fonctionnement : entre 12 et 15 ME par an

Les conseillers généraux devaient, hier, se prononcer sur la constitution d'un établissement public de coopération culturelle (EPCC). La structure qui portera le musée. Dans cette convention le Département apportera chaque année 10 % des frais de fonctionnement estimés à ce jour entre 12 et 15 M E. Soit à la charge de l'assemblée départementale entre 1,2 et 1,5 ME par an. Si dans l'hémicycle on ne trouve personne pour critiquer l'arrivée du Louvre-Lens, dans les rangs communistes (et chez certains socialistes) on se demande si dans l'état actuel de la réforme territoriale et sans garanties pour les financements futurs, il n'est pas suicidaire de s'engager sur un pourcentage plutôt que sur une somme maximale. Les élus communistes s'apprêtent à s'abstenir, quand le président Dupilet fait une proposition : «  Si vous en êtes d'accord, nous pourrions ajouter un paragraphe disant que nous nous engageons à payer notre part du fonctionnement dans la mesure de nos finances et selon l'évolution de la réforme des collectivités. Ainsi, si nous ne pouvons plus payer, nous pourrons nous retirer. » Les communistes, qui demandent une suspension de séance, ne trouvent finalement plus rien à redire. La convention est adoptée à l'unanimité. Dominique Dupilet glisse quand même qu'il trouve « la Région courageuse de s'engager dans une telle dépense sans avoir de recettes si ce n'est les dotations de l'État. Mais Daniel Percheron s'est engagé à négocier avec l'État sa participation financière en 2012 ». Soit après la présidentielle ! Dans ce futur EPCC, le financement du Louvre-Lens sera assuré par la Région pour 8/10e, le Département pour 1/10e, autant que l'agglo Lens-Liévin. L'État apporte les oeuvres du Louvre. •

EMMANUEL CRÉPELLE



Publié sur le site La Voix du Nord mardi 21.09.2010, 

 

Pour achever de vous miner le moral en ce premier jour de l'automne, cette brève déprimante relevée sur le site Scèneweb :

 

 

Le théâtre Paris Villette n’ouvrira pas ses portes comme tous les ans depuis 25 ans cet automne. Son directeur, Patrick Gufflet ne proposera qu’une demi-saison à partir de janvier 2011. Subventionné par la Ville de Paris, la DRAC, la Région Ile de France, le Paris Villette souffre plus encore que d’autres structures des réductions de budgets dans la culture et de la frilosité des collectivités locales à continuer d’investir dans les politiques culturelles. Alors en réduisant de manière drastique sa saison Patrick Gufflet lance un véritable cri d’alarme sur le site du théâtre : « Je ne doute pas et pourtant je suis dans cette hésitation, celle de continuer aveuglément ou bien celle de tout arrêter et de mettre fin à notre histoire scénique. Notre mission est bien celle d’accompagner cette relation entre les artistes et leurs publics, en saisissant, en produisant, et en diffusant les œuvres, et ceci au service de la pensée pour une culture possible, c’est-à-dire réelle. Mais de quelle manière pouvons-nous ensemble partager cette « amitié artistique » dans la situation actuelle ? Puisque, sans oublier les difficultés que rencontrent nombre de personnes à l’heure d’aujourd’hui, et donc sans hiérarchiser, je voudrais questionner les politiques locaux et nationaux à propos des moyens notoirement insuffisants qui nous sont octroyés. Je leur pose la question : « que représente pour vous un théâtre comme le Paris-Villette, qui va bientôt fêter ses 25 ans d’existence ? Quel avenir lui prêtez-vous ? »

 

 

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 17:20

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Le modèle des politiques culturelles est aujourd’hui à la fin d’un cycle. Cette situation se caractérise notamment par l’essoufflement des méthodes et dispositifs classiques d’intervention publique dans un contexte de complexité croissante du jeu des acteurs et une tendance au reflux des financements publics. Conséquence ou évolution sociétale, l’intérêt général autrefois assumé symboliquement par l’État et relayé par les collectivités territoriales s’ouvre aujourd’hui à la société civile et plus particulièrement aux différents intervenants du champ artistique et culturel.

 

Ce n’est pas moi qui le dit mais l’Observatoire des politiques culturelles et le Réseau Culture 21 dans le texte de présentation d’un séminaire national de formation (de trois fois trois jours de janvier à mars 2011) qu’ils co-organisent Renouveler l’action publique : comment travailler ensemble autrement ?VOIR ICI.

  

 De mon point de vue, cet essoufflement ne date pas d’hier mail il explique pourquoi l’actuel locataire de la rue de Valois a besoin d’un nouvel oriflamme, d’un nouveau leitmotiv.

Il y a quelques mois déjà, il avait lancé l’expression « la culture pour chacun » et je n’y avais pas trop prêté attention estimant un peu vite que ça sentait la formule creuse et sans lendemain, lancée par un courtisan à court d’idées ou un conseiller un peu fatigué.

Erreur… il  y revient l’obstiné, par exemple lors de da rencontre avec les Préfets de Région que j’ai déjà évoquée ici même.


Je souhaite maintenant aborder les enjeux culturels prioritaires pour les territoires, au premier rang desquels se situe l’ambition de la « Culture pour chacun ». La crise économique et sociale que nous traversons pose à nouveaux frais la question du « faire société ensemble » alors même que s’accentue l’individualisation des pratiques, y compris les pratiques culturelles. Face à ce constat, la « Culture pour chacun » se veut une mobilisation des acteurs non seulement pour l’élargissement des publics mais aussi pour une adaptation de l’offre aux évolutions de notre société et au numérique. Je veux diriger résolument les efforts du ministère vers une culture partagée et diversifiée qui ne laisse à l’écart aucun territoire, aucun groupe social, aucune classe d’âge. Il ne peut y avoir de démocratisation culturelle sans créer les conditions pour une appropriation des oeuvres par le public.


Au-delà d’actions fortes réalisées depuis plusieurs années, - l’éducation artistique et culturelle ou la gratuité pour les jeunes dans les musées - j’entends mener un travail de fond. Vous êtes au coeur de cette ambition, car vous êtes les chefs d’orchestre sur le territoire de l’ensemble des politiques de l’Etat. La culture doit être reconnue comme un facteur essentiel du développement local, comme l’a rappelé le Président de la République à Metz récemment. C’est grâce à vous que les expériences les plus novatrices pourront être valorisées.
Un Forum national de la culture pour chacun sera organisé en début d’année prochaine, dont le contenu sera nourri des forums régionaux que je souhaite voir organisés en région cet automne. Je vous remercie par avance de l’appui que vous apporterez à leur réalisation, qui permettra de reconnaître et de mettre en réseau ceux qui font de la culture un horizon partagée et une ambition collective.
J’ajoute qu’un plan d’action pour le monde rural est en cours de réalisation dans le cadre du Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel que je préside.

 

En réalité, cette ambition de la « culture pur chacun », d’une originalité stupéfiante (il ne peut y avoir de démocratisation culturelle sans créer les conditions pour une appropriation des oeuvres par le public -SIC) c’est du lourd à tel point que comme me le signalait au début de l’été, un ami qui  travaille toujours au ministère, la cabinet de Frédéric Mitterrand a lancé la chasse aux références théoriques et aux argumentaires qui viendraient appuyer cette lumineuse intuition qui entend substituer la « culture pour chacun » à la « culture pour tous ».

Le même ami aurait d’ailleurs suscité des sentiments assez mitigés au sein dudit cabinet en en fournissant une,  de référence,  à la « culture pour tous »… et pas des moindres. Je cite :

 

La maison de la culture est en train de devenir – la religion en moins – la cathédrale, c'est-à-dire le lieu où les gens se rencontrent pour rencontrer ce qu'il y a de meilleur en eux.

Comprenons bien que chaque fois que nous faisons dans une ville moyenne, une maison de la culture, nous changeons quelque chose d'absolument capital en France.

Alors, je sais que tout ce que nous faisons ne dépend pas que de vous, mais comme nous serons amenés à le faire ensemble, il est bon que vous le sachiez.

Vous aurez, nous dit-on, quatre, cinq ou six maisons de la culture avec le Ve Plan. Mais il ne s'agit pas du tout d'avoir quatre, cinq ou six maisons de la culture. Il ne s'agit pas d'avoir une jolie maison à Amiens où nous mettons des Fragonard. Il s'agit de faire ce que la IIIe Républi­que avait réalisé, dans sa volonté républicaine, pour l'enseignement ; il s'agit de faire en sorte que chaque enfant de France puisse avoir droit aux tableaux, au théâtre, au cinéma, etc., comme il a droit à l'alphabet.

Tout cela doit être conçu fortement ! Il y a deux façons de concevoir la culture : l'une, en gros, que j'appellerai « soviétique », l'autre « démocratique », mais je ne tiens pas du tout à ces mots. Ce qui est clair, c'est qu'il y a la culture pour tous et qu'il y a la culture pour chacun.

Dans l'un des cas, il s'agit, en aidant tout le monde, de faire que tout le monde aille dans le même sens - dans l'autre cas, il s'agit que tous ceux qui veulent une chose à laquelle ils ont droit puissent l'obtenir.

Je le dis clairement : nous tentons la culture pour chacun.  

André Malraux : Présentation du budget de la culture à l’Assemblée nationale  (27 octobre 1966).

 

 

A suivre ...

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 09:41

manif-24-06.JPG

 

Nous sommes plus de cent mille marcheurs de la Saint Jean a avoir vu ce jeune homme pratiquer sa retraite spirituelle sur un trottoir le long duquel passait la (très) longue manifestation pour la défense des retraites.

 

Mobilisation qui a inspiré au minsitre du travail (le mari de madame j'ai rien fait de mal mais je démissionne quand même) ce commentaire :

"En 2009, il y a eu 1,2 million de personnes dans la rue, qui était le chiffre de la police, 3 millions selon les syndicats", a poursuivi le ministre, estimant qu'on "est dans une logique culturelle et sociale un peu de la France".

 

 

Une logique culturelle? Faut-il demander une explication de texte au titulaire de la rue de Valois?

Ou y voir un indice des saines lectures de ceux qui nous gouvernent?

 

Fredric Jameson
Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif

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La traduction de cet ouvrage majeur du théoricien américain Fredric Jameson vient combler une lacune considérable en mettant à disposition des lecteurs francophones un texte fondateur de l'analyse du postmodernisme. L'auteur étudie le passage du modernisme à cette nouvelle logique culturelle dominante, propre au capitalisme tardif, à partir d'exemples concrets empruntés à tous les domaines artistiques, comme la peinture (Van Gogh, Warhol), l'architecture (maison de Franck Gehry à Santa Monica, Hotel Bonaventure de Portman à Los Angeles), la littérature (
Ragtime
de E.L. Doctorow, Les corps conducteurs de Claude Simon, Alain Robbe Grillet, J.G. Ballard, Philippe K.Dick), sans oublier la photographie, le cinéma ou la vidéo, etc.

Appuyé sur une érudition sans faille, l'auteur postmarxiste dégage les caractéristiques de cette dominante culturelle qui correspond à un stade entièrement nouveau du capitalisme devenu multinational et en dissèque les implications aussi bien théoriques, politiques, économiques et sociales qu'individuelles et personnelles dans une perspective historique. L'auteur donne également des pistes, y compris par son style, pour parvenir à se situer dans ce nouvel espace mondial et trouver de nouvelles voies d'actions.

Ce livre, qui s'inscrit dans la tradition des
cultural studies anglo-saxonnes, est une référence indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à l'évolution de l'analyse de la pensée.

Fredric Jameson, né en 1934, est professeur à l'université de Duke. Considéré comme le plus grand théoricien marxiste américain vivant, il est connu pour ses analyses du postmodernisme et de la colonisation de la sphère culturelle par le capitalisme.

Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif

Fredric Jameson

Source : Paris Art

 

  

 

 

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 19:31

Lecture

J'ai reçu ça... et ça me gave grave...


 

Bonjour,

Dans la semaine du 14 juin 2010, le service SFRBlog sera arrêté. SFR assurera la bascule de votre service de blog vers un autre service tout aussi gratuit : OverBlog , 1ère plateforme de Blogs en France.

Pour assurer la qualité de votre blog, SFR met tout en œuvre afin que les informations et notes que vous avez publiées soient automatiquement migrées chez Overblog.

L'adresse de votre blog sera changée de ep2c.blog.sfr.fr vers une nouvelle URL de votre choix, SFR assurera gracieusement la redirection du trafic entre ces 2 adresses pendant 6 mois afin de préserver au mieux votre audience ainsi que votre référencement.

Vous pourrez choisir votre url dès réception d’un e-mail de confirmation de la bascule le 17 ou 18 Juin. Nous vous invitons cependant à avertir votre lectorat de ce changement prochain dès à présent.

Un nouvel espace d’administration ainsi que de nouvelles interfaces graphiques vous seront alors proposés. Dans les prochaines semaines, vous recevrez d'autres emails sur le sujet pour vous informer de l'avancée de la migration.

Un forum d’aide SFR est à votre disposition si vous avez des questions.

Nous vous remercions de l'attention que vous porterez à ce message,

Cordialement,

* * * *

Pompougnac 12     

 

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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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