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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 15:36

Georges_pompidou

 

La beigne

par Lucien Marest, Maire-Adjoint délégué à la Culture d'Aubervilliers (1995-2008)

Tribune publiée dans L'Humanité du 21 juin 2009

Les rêveurs de la culture pour tous ont-ils échoué ?

Curieuse manière de célébrer le 50e anniversaire de la création du ministère des Affaires culturelles par le général de Gaulle que de n’en rien dire ou presque ! Dommage, ça nous aurait fait rire un peu de découvrir que cette idée d’un ministère de plein exercice, séparé du ministère de l'instruction publique et de l’Académie des beaux-arts, était en réalité une suggestion de Pompidou, alors directeur de cabinet du Général, lequel devait brillamment résumer la chose en recevant Michel Debré, son premier ministre : « Vous devriez faire de Malraux un ministre des Affaires culturelles, cela donnerait du relief à votre gouvernement. »

Va pour le relief, car en ce qui concerne les moyens, il faudra attendre l’irruption de la gauche, en 1981, pour constater un authentique effort budgétaire de l’État. En réalité, les premiers fondateurs de l’action publique pour la création artistique, sans remonter à la Révolution française, ne sont ni Malraux ni Lang, mais les artistes eux-mêmes, singulièrement ceux du théâtre, associés à des municipalités souvent à direction communiste, notamment en région parisienne. Un mouvement artistique ancré autour de la décentralisation théâtrale, de l’implantation de bibliothèques, puis de conservatoires de musique.

Mais aussi un mouvement social dont l’essor doit beaucoup à la prise en gestion directe des oeuvres sociales des comités d’entreprise par les élus des syndicats, notamment après 1968. Enfin, troisième mouvement, indissociable des deux précédents, la montée en puissance et en espérance du mouvement politique de rassemblement à gauche autour d’un programme de gouvernement pour enfin sortir la droite au pouvoir, presque sans interruption, depuis la Libération. Aujourd’hui, de toutes parts, on nous dit le malaise né d’un divorce croissant entre les artistes et le ministère de la Culture, mais, plus grave encore, on souligne, pour s’en plaindre, une indifférence ignorante de la gauche à l’égard de la création, de la culture, des artistes.

C’est peu de dire que tout le mouvement artistique se trouve menacé si cette situation devait pourrir en perdurant. La droite d’inspiration autoritaire qui gouverne l’a compris : c’est un premier danger. « De fait, écrit le porte-plume du président de la République à sa ministre de la Culture, notre politique culturelle est l’une des moins redistributives de notre pays. Financée par l’argent de tous, elle ne bénéficie qu’à un tout petit nombre. » Évidemment, le 1er août 2007, Sarkozy ne pouvait pas savoir qu’un tel argument se retournerait comme une beigne lorsqu’il dispenserait à fonds perdus des milliards d’argent public pour renflouer les banques, toutes plongées dans les « eaux sales et glacées » du « calcul égoïste ».

Mais enfin, l’attaque est ciblée. Les rêveurs de « la culture pour tous » ont échoué, il est temps de les sanctionner et d’amorcer un processus de régression de leurs financements. Telle est bien l’orientation annoncée de la politique culturelle en 2009. Dans ces conditions, ceux qui veulent à juste titre redonner de l’ambition au ministère de la Culture ne devraient pas apporter leur pierre à ceux qui veulent le détruire.

Le deuxième danger, c’est l’état du mouvement social. Ce n’est pas ici qu’on sous-estimera ce qu’il montre de combativité depuis le début de l’année. Mais impossible non plus de ne pas voir ses limites professionnelles et politiques.

Le troisième danger pour le mouvement artistique, c’est vraiment la nature de l’espoir social et politique en cette fin d’année scolaire. Juste après le verdict abstentionniste ultramajoritaire des élections européennes, il reste un peu plus qu’un frémissement grâce à la mobilisation réussie du Front de gauche. Les formations qui le composent ont reçu le soutien d’intellectuels, d’écrivains, d’artistes, de scientifiques qu’on a pu remarquer. Il faut que cela réveille en nous ce vieux fond révolutionnaire qui, dans notre pays, associe les intellectuels, les artistes et le mouvement populaire. Sans cette alliance, qui ne ressemblera pas à ce qu’elle était dans les années 1980, le monde de la culture n’est plus suspendu qu’à un fil.

Sans ce retour moderne vers tous les lieux de pensée, syndicaux, associatifs, politiques, artistiques, il n’y a pas plus d’avenir pour la culture en général, qu’il n’y en a pour changer la société.

¤ ¤ ¤ ¤ ¤

Remarques :

  1. pour le plaisir de publier une photo de quelqu'un qui a, sans complexe, la cigarette au bec. Par les temps qui courent, ça soulage.

  2. Une erreur quasi freudienne s'est insinuée dans une citation du Manifeste du parti communiste par l'auteur de cette tribune. Saurez-vous la retrouver?


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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 15:56

Après Quimper, Niort et Brest, dont on a déjà parlé ici (voir catégorie Les politiques culturelles en débat) retour sur la Ville rose.

De juin à décembre 2008 se sont tenues à Toulouse les « Assises de la culture », nombreuses rencontres et réunions associant le plus largement possible tous les acteurs concernés par la vie culturelle. Il s’agissait, pour la municipalité récemment élue, de faire à la fois un diagnostic de la vie culturelle dans la ville et de formuler, le plus précisément possible, ce que pourrait être le projet pour les années à venir.

On trouve ce projet sur l'incontournable blog de l'Oizeau rare.



Or j'ai reçu, le 25 mai dernier, cette information diffusée par Eric Fourreau (Les éditions de l'Attribut) :

Chers amis bonjour, Vous trouverez ci-joint l'analyse de l'universitaire
qui fera une intervention en fin de semaine à Grenoble
pour relater l'expérience des Assises de la Culture et de la rédaction du projet culturel. Amicalement
 
Eric Fourreau


Les Assises de la culture à Toulouse. 
Pour une approche renouvelée de l'action culturelle locale?

Mariette SIBERTIN-BLANC

Samuel BALTI



Dans le contexte de l’action publique profondément marqué par la décentralisation, les communes s’affirment depuis le milieu des années 1990 comme l’échelon territorial privilégié de l’action culturelle. Le rapprochement des centres de décision vers le citoyen est justifié par une meilleure prise en compte des besoins et des réalités identifiés sur les territoires. Dans le même temps, la métropolisation agit plus fortement qu’hier sur les transformations urbaines. Remise en question des frontières traditionnelles de la ville, ouverture des territoires à l’international et accroissement des inégalités sociales : le citadin vit aujourd’hui dans un environnement urbain qui perd de sa lisibilité. En réponse à ces processus, l’habitant s’investit de plus en plus dans la recherche de nouvelles médiations d’appartenance collective et territoriale. Aussi la participation citoyenne s’affirme-t-elle comme une nouvelle composante dans les processus de décision et se traduit par une reconnaissance de la diversité des groupes sociaux urbains, en témoigne l’intérêt croissant des grandes villes européennes pour l’Agenda 21 de la culture, qui pose la participation des habitants comme l’un des principes fondateurs (BLOUËT, 2008). L’expérience de Toulouse, métropole régionale, est à ce titre éclairant.





L’objectif de cette communication est de revenir sur cette expérience qui, pour la ville de Toulouse comme pour son espace métropolitain en cours de structuration, est une réelle innovation en termes de gouvernance. S’il est trop tôt pour évaluer l’impact sur l’aspect opérationnel de la politique culturelle, il s’agit d’appréhender ces Assises comme une scène révélatrice des enjeux et des défis liés au renouvellement de l’action culturelle locale. En particulier, l’analyse porte sur les logiques et positionnements des différents protagonistes de cette scène de débats et sur les termes mêmes de ces débats.



Télécharger le document : Téléchargement Communication_Colloque_Grenoble































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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 22:06

Juste une anecdote avant les choses sérieuses.

La scène se passe au Printemps de Bourges, il y a quelques années. La ministre de la culture de l'époque fait un tour sur les lieux, flanquée d'une consistante escorte : le Préfet, le Maire (de droite), des élus (de gauche), les agents de sécurité et le DRAC (moi-même, himself).

La foule est dense et majoritairement juvénile.

Soudain un jeune à casquette interpelle le DRAC à cravatte :

- C'est qui celle là?

- Celle là? Mais jeune homme, c'est la ministre de la culture, Madame Catherine Tasca.

Illico, le jeune fend l'escorte :

-C'est vrai alors? C'est toi la soeur de Laetitia Casta?


J'ai miraculeusement évité d'éclater de rire.


Les choses sérieuses, maintenant ; le 24 mars dernier, Catherine Tasca était invitée par le fédération P.S. des Yvelines, à Trappes, pour intervenir sur la politique culturelle.




La Culture, une réponse possible à la crise ?



Pour nous, gens de gauche, faire un lien entre la culture et la réponse à la crise, c'est évoquer la place de la culture dans la cité et la responsabilité politique dans le domaine culturel.

Sans accès à la culture, qui est l'élément fondamental de l'égalité des chances, de la justice, de la capacité à faire des choix, le citoyen est démuni, et plus particulièrement dans les périodes de difficulté.

Il faut faire un peu d'Histoire.



C'est le Front Populaire qui, le premier, et en temps de crise, met la culture au cœur de son projet politique. Cette certitude de la place première de la culture dans la vie et la formation du citoyen, a habité la gauche pendant cette période effroyable qu'a été la deuxième guerre mondiale.

Le choc provoqué par cette guerre a fait comprendre que l'accès de tous à la culture était indispensable. Nos politiques culturelles sont aujourd'hui les héritières de la pensée de la Résistance .



De l'après-guerre à la fin des années 50.



C'est après la deuxième guerre mondiale que se créent les associations d'éducation populaire.

Et c'est cette idéologie de l'Education populaire selon laquelle, dans une démocratie, les citoyens ont besoin, non seulement d'avoir de quoi vivre, d'avoir une formation, un travail, mais aussi de partager la culture, qui va inspirer les pionniers de la politique culturelle : « la culture pour tous »

Se met alors en place un débat sur la décentralisation culturelle au travers de tournées en province d'expositions et de troupes théâtrales, souvent à l'invitation d'associations de spectateurs.Ce sont aussi les militants des associations populaires, éducateurs, animateurs des mouvements de jeunesse qui introduisent les Arts dans leurs pratiques.

La vie culturelle est alors portée par des militants de la culture (La culture, c'est le patrimoine, mais aussi la création vivante, la relation aux artistes et la pratique amateur).

Est alors conçu le premier projet d'implantation de lieux artistiques dans toute la France (Jeanne Laurent). C'est la rencontre avec l'Art, le croisement des publics et des œuvres.

Tout cela suscite des débats, car la culture pour tous, ce n'était pas un projet porté par les libéraux.



(à suivre...)

C'est ici, avec la vidéo intégrale.

 


So long.

 


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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 18:21

Les chercheurs en sciences sociales et la légitimation du jugement esthétique


« La fonction d'expertise conférée par l'Etat culturel français à l'enquête sociologique a favorisé la conversion contemporaine de la sociologie en une ressource de justification culturelle d'une action. La sociologie n'apporte pas aux acteurs culturels contemporains que des connaissances (sur les publics existants, l'état des marchés, les différents types d'enjeux) utiles à l'ajustement pratique de leur action à un contexte déterminé. Elle leur fournit en même temps des arguments intellectuels de la justesse de cette action, et du soutien moral et financier qu'elle mérite. Mais ce n'est encore là qu'un aspect superficiel de l'engagement du savoir sociologique dans la construction professionnelle d'une action culturelle. Comme le montre la lecture des enquêtes sociologiques produites à la demande des pouvoirs publics, le sociologue est aujourd'hui professionnellement impliqué dans cette construction, en soutenant publiquement par ses travaux l'existence de mondes de l'art, et en contribuant à la valorisation sociale de l'action de ses membres. » (JM. Leveratto,
La mesure de l'art, Sociologie de la qualité artistique, La Dispute, 2000, pp. 176-177)


Vers « une conception non élitiste de l'expertise culturelle »


« On réduit souvent l'expertise de l'oeuvre d'art à l'identification par des spécialistes des objets qui sont véritablement dignes de l'admiration collective et qui mérite, à ce titre, d'être conservés dans les musées pour l'enseignement des générations futures. C'est oublier une autre dimension de l'expertise : la mesure que nous opérons couramment de la valeur artistique des objets (disque, livre, film, tableau, pièce de théâtre, concert, musée) qui nous servent à occuper notre loisir, sur la base de la satisfaction esthétique qu'ils nous procurent. Reconnaître cette capacité d'expertise culturelle des usagers s'impose aujourd'hui à tous les professionnels de la culture soucieux d'assurer la qualité des services qu'ils proposent, comme à tous les citoyens désireux de mieux comprendre l'évolution contemporaine de l'art. » (JM. Leveratto,
La mesure de l'art, Sociologie de la qualité artistique, La Dispute, 2000, p. 7-8)
« De ce point de vue, considérer l'activité artistique comme un loisir et reconnaître le corps comme un instrument de mesure sont deux moyens précieux pour promouvoir une conception non élitiste de l'expertise culturelle. » (JM. Leveratto,
La mesure de l'art, Sociologie de la qualité artistique, La Dispute, 2000, p. 400)


La construction du jugement esthétique chez l'individu ordinaire

« Apprécier la valeur artistique d'une action n'est pas une compétence réservée à des professionnels, qu'ils s'agissent des critiques ou des artistes. On ne pourrait comprendre, sinon, la possibilité de l'innovation artistique et de sa reconnaissance sociale. Adopter le point de vue du spectateur pour analyser les situations d'évaluation artistiques est donc la caractéristique fondamentale de la sociologie de la qualité artistique. Ceci impose au sociologue de s'inscrire dans le cadre du loisir quotidien et de reconnaître l'épreuve qu'il constitue pour tous les individus, qu'il s'agisse des producteurs ou des consommateurs, de la justesse de la qualification artistique des objets qui servent à enrichir ce loisir. Une telle perspective offre l'intérêt de ne pas réduire l'incertitude inhérente à toute création artistique, au nom de la capacité de l'acteur - l'artiste ou le public- de garantir la qualité artistique d'un objet indépendamment de l'action du spectateur. Elle nous propose d'étudier la manière dont les spectateurs ordinaires déterminent, au cas par cas, la qualité artistique de l'action à laquelle ils participent, en mettant leur corps à la disposition de cette action. » (JM. Leveratto, La mesure de l'art, Sociologie de la qualité artistique, La Dispute, 2000, pp. 13-14)


Une critique du modèle bourdieusien

La mesure de l'art, Sociologie de la qualité artistique, La Dispute, 2000, pp. 9-10)


« Il importe donc de rompre avec une vision trop déterministe du jugement esthétique, qui le définit comme un équipement incorporé une fois pour toutes par l'individu et indépendant de l'action des objets qu'il rencontre pendant son loisir. S'il est vrai qu'il existe des différences significatives, en matière de consommation culturelle, entre les groupes sociaux, il est faux que les individus soient définitivement condamnés, du fait de leur origine sociale, à rester prisonniers du goût qui leur a été inculqué et à demeurer insensible à l'efficacité esthétique des objets qui ne correspondent pas à ce goût. Il faut tenir compte de notre capacité à modifier nos choix de consommation sous l'effet de l'expérience, et à nous passionner pour des choses ou des personnes qui nous paraissent, avant d'entrer en contact avec elles, totalement étrangères à notre goût. C'est cette possibilité d'auto formation des individus que mésestiment les analyses sociologiques déterministes du jugement esthétique. D'une part, elles valorisent encore très fortement l'action de la famille et de l'école sur la formation de la personnalité de l'individu, et l'inégalité qu'elle entraîne en termes d'exercice de ce jugement. D'autre part, elles dévalorisent corrélativement l'action de l'industrie culturelle, qu'elles considèrent comme un vecteur de dépersonnalisation du jugement esthétique, qui renforce les effets du manque d'éducation artistique. Elles opèrent, de la sorte, une double réduction, qui entraîne une mésestimation de la compétence intellectuelle des gens ordinaires. Elles n'appréhendent les médias que comme des moyens de captation de l'attention du spectateur, dont ils exploitent l'ignorance artistique, et auquel ils imposent une fausse image de l'art. » (JM. Leveratto,



Leveratto Jean-Marc

Professeur de sociologie. Enseignant-chercheur à l'université Paul Verlaine - Metz.

Directeur de l'Equipe de Recherche d'Anthropologie et de Sociologie de l'Expertise (ERASE)

Jean-Marc Leveratto travaille depuis quelques années sur la sociologie de l'art, de la culture et des pratiques culturelles des français.



Visionner la conférence


 


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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 21:24

Petite excursion hors de ma profession de DAC cet après-midi.

A l'Université de Nanterre, dans une UFR encore en grève et à l'invitation d'étudiants de l'Institut d'études théâtrales.

Très intéressante intervention d'une doctorante qui prépare une thèse sous la direction d'Emmanauel Wallon sur la critique de gauche et d'extrême gauche de la politique culturelle et théâtrale dans les années 1960-1970.

J'ai répondu à quelques questions relatives au fonctionnement de l'État, à son désengagement dans le financement du spectacle vivant, à la LOLF, la RGPP, j'ai évoqué le rapport de la "commission Balladur", la déclaration de l'UNESCO sur la diversité culturelle et l'Agenda 21 pour la culture.

Car pendant le voyage entre Bondy et Nanterre j'ai pris connaissance de la dernière contribution de l'excellent Jean-Michel Lucas sur l'impensé aussi politique que culturel qui fonde les préconisations de la  dite "commisson Balladur".


 

Le Comité pour la réforme des collectivités locales, présidé par Monsieur Balladur, a rendu son rapport au Président de la République en date du 5 mars 2009.

Les propositions de ce Comité ont été largement commentées, surtout à propos du « redécoupage » des régions, du « Grand Paris », des « métropoles » ou de la suppression de la compétence générale de certaines collectivités.

Le milieu culturel, quant à lui, a accordé un regard distrait à ces propositions, à juste raison d'ailleurs puisque aucune formulation ne semble modifier profondément l'ordre acquis de la politique culturelle des collectivités.

Toutefois, l'interrogation ne manque pas de surgir lorsque le premier regard croise des mots dont le sens est curieusement erroné ou indéterminé. Il devient alors manifeste que pour le Comité Balladur, de haute compétence par ailleurs, la politique publique de la culture est « invisible » dans les enjeux qu'elle porte. Le regard du lecteur devient nécessairement critique et oblige l'ensemble des acteurs culturels à s'interroger sur la part qu'ils doivent prendre pour que la République décentralisée ré-écrive autrement cette mauvaise copie sur les compétences publiques en matièred'arts et de cultures.


Ca me servira aussi vendredi matin où j'interviens devant le Groupe national d'action culturelle de la Ligue de l'enseignement qui portera justement sur la RGPP et la redistribution des cartes et des territoires de l'éducation et de la culture.

Je fais bref pour que vous preniez le temps de lire la très fine analyse du Dr Kasimir Bisou :  Téléchargement Doc KBanalyse_rapport_Balladur




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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 14:07

Suite de la notre précédente

Les instruments de mesure des inégalités culturelles


« Agir pour modifier la mauvaise image culturelle que donnent d'eux-mêmes, par leur mode d'occupation du loisir, les individus à faible revenu et faible éducation artistique est ainsi faire oeuvre d'utilité publique. Et l'enrichissement personnel qu'entraîne, pour les membres de publics défavorisés, la fréquentation d'objet culturel les plus estimés contribue également à corriger l'inégalité sociale que représente leur manque d'éducation, lequel explique leur faible degré de considération sociale.
La vulgate industrielle rencontre cependant les limites inhérentes au caractère grossier de la mesure de la qualité artistique d'un objet par l'image sociale de son public. Certains produits destinés à un public populaire peuvent satisfaire un public éduqué, et certains produits conçus pour un public éduqué peuvent acquérir une grande popularité (…) C'est dire que la mesure de la qualité artistique d'un objet culturel par son public est très relative, puisqu'elle ne prend pas en compte l'usage différent que les individus peuvent faire d'un même loisir. » (JM. Leveratto, La mesure de l'art, Sociologie de la qualité artistique, La Dispute, 2000, p. 91)




Leveratto Jean-Marc

Professeur de sociologie. Enseignant-chercheur à l'université Paul Verlaine - Metz.

Directeur de l'Equipe de Recherche d'Anthropologie et de Sociologie de l'Expertise (ERASE)

Jean-Marc Leveratto travaille depuis quelques années sur la sociologie de l'art, de la culture et des pratiques culturelles des français.


A SUIVRE...



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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 23:01

 

A coup sûr, vous connaissez déjà Canal-U, la vidéothèque numérique de l'enseignement supérieur.


On y trouve tout, comme dans une vraie université.

Et par exemple, une intéressante intervention sur la question des inégalités culturelles que je livre ici en complément à mon cours sur les politiques culturelles.

La question sociologique du public



« Le public est un acteur collectif indispensable à la réalisation de toute activité artistique, mais son rôle est difficile à établir, parce qu'il dépend de la manière dont nous l'identifions.
La sociologie française a largement contribué à la construction d'outils d'identification du public de la culture, au sens de l'ensemble des consommateurs effectifs des produits et services culturels proposés par les entreprises culturelles. Cette sociologie vise à apporter aux décideurs politiques et aux citoyens une meilleure compréhension des obstacles à la consommation de certains produits et services culturels considérés comme des d'intérêts publics dont les pouvoirs publics se doivent d'assurer une répartition équitable. Mais la reconnaissance et la diffusion intellectuelle de la sociologie des publics ont contribué en même temps à la valorisation du public, au sens de groupe de consommateurs qu'une entreprise culturelle vise à satisfaire; cette possibilité de convertir le public national, c'est à dire l'audience potentielle formée par l'ensemble des citoyens français, en un argument de la qualité artistique d'une action culturelle explique la complexité actuelle des débats publics sur la culture. Acceptable dans un contexte sociocognitif qui reconnaît l'impossibilité pour certains citoyens d'accéder à certains genres d'art, dont ils n'ont pas l'expérience, et la nécessité d'agir pour faire respecter leur droit à bénéficier de cette expérience, il ne l'est pas dans un contexte qui reconnaît aux individus la capacité à déterminer par eux-mêmes le loisir qui leur convient, et leur droit de choisir le genre d'art qui les intéresse. » (JM. Leveratto, La mesure de l'art, Sociologie de la qualité artistique, La Dispute, 2000, pp. 231-232)


Leveratto Jean-Marc

Professeur de sociologie. Enseignant-chercheur à l'université Paul Verlaine - Metz.

Directeur de l'Equipe de Recherche d'Anthropologie et de Sociologie de l'Expertise (ERASE)

Jean-Marc Leveratto travaille depuis quelques années sur la sociologie de l'art, de la culture et des pratiques culturelles des français.


Visionner la conférence


A SUIVRE...


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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 21:46

Les villes, de plus en plus, songent à consulter les citoyens sur leur politique culturelle.

Après Quimper, Niort et Brest, dont on a déjà parlé ici (voir catégorie Les politiques culturelles en débat) ou l'initiative des CEMEA, on revient sur les assises culturelles de Toulouse qui se sont déroulées l'an dernier.


De juin à décembre 2008 se sont tenues à Toulouse les « Assises de la culture », nombreuses rencontres et réunions associant le plus largement possible tous les acteurs concernés par la vie culturelle. Il s’agissait, pour la municipalité récemment élue, de faire à la fois un diagnostic de la vie culturelle dans la ville et de formuler, le plus précisément possible, ce que pourrait être le projet pour les années à venir. Euréka ! Voici le projet rédigé et publié.


On le trouve sur l'incontournable blog de l'Oizeau rare.



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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 18:52

Les villes, de plus en plus, songent à consulter les citoyens sur leur politique culturelle.

Après Toulouse, Quimper et Niort, dont on a parlé ICI et ICI ou l'initiative des CEMEA, voici que la ville de Brest lance une grande consultation autour de sa politique culturelle.

Gaëlle Abily, Adjointe au Maire déléguée à la Culture et Conseillère communautaire invite tous les brestois :

Madame, Monsieur,

J’ai souhaité engager cette année une réflexion sur les objectifs de la politique culturelle de la collectivité, ses enjeux et le contexte dans lequel elle s’établit. Il m’a semblé important que cette démarche s’inscrive dans le cadre d’un dialogue avec les acteurs du secteur culturel local et, plus largement, de la population, afin d’écouter les attentes, besoins et propositions de nos interlocuteurs.

Cette concertation sera ponctuée par 5 rencontres : une première dans le but d’ouvrir la démarche et cerner les enjeux, les trois suivantes thématiques (culture et jeune public, culture et éducation populaire, culture et quartiers) et la dernière destinée à la restitution des débats et à la présentation du projet politique de la collectivité.

J’ai le plaisir de vous inviter à la première de ces rencontres :

le samedi 28 Février de 9 h 30 à 12 h 00

au centre d’art Passerelle,

41 bis rue Charles Berthelot

avec la participation de Jack RALITE, Sénateur, Maire honoraire d’Aubervilliers (une invitation par courrier vous parviendra par ailleurs ces prochains jours).

Afin d’alimenter les réflexion, nous pouvons regarder le spectacle Incultures de Franck Lepage sur la culture et l’éducation populaire ! C’est très instructif sur l’histoire de l’éducation populaire et l’histoire de l’organisation de la culture en France du point de vue politique.

Indispensable !

2 heures de spectacle impertinent, critique, sans langue de bois qui devrait remuer et questionner les acteurs de la culture, de l’éducation populaire et bien sûr, les citoyens ! Il ne s’agit nullement de le proposer comme base de réflexion mais comme une pièce (de théâtre) à verser au débat parmi d’autres sources d’informations et de réflexions !

http://tvbruits.org/spip.php?article981

En cliquant sur cette image vous irez sur le site de Tv Bruits(1) qui présente le spectacle en vidéo visible directement sur leur site.

Après un parcours dans la CULture, Franck Lepage poursuit aujourd’hui sa trajectoire dans l’éducation populaire à la SCOP "Le Pavé" : http://www.scoplepave.org/

(1)Tv Bruits est une télévision locale indépendante à vocation régionale en Midi-pyrénée, associative et non commerciale composée d’individus et d’associations. http://tvbruits.org/

L’adresse originale de cet article est http://www.lespetitsdebrouillardsbretagne.org /Etats-generaux-de-la-culture-a.html



Information trouvée sur Territorial.fr, l'actu des réseaux culture tenue à jour par François Deschamps qui, à son tour (après P. Gimet sur CEG déjà cité ici), s'interroge sur les possibles conséquences des éventuelles suites des propositions de la Commission Balladur sur les politiques culturelles des collectivités territoriales.


C'est à lire.

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 21:26

Droite_gauche_2

La Lettre de Jaurès, tel est le nom du site de la section du Parti Socialiste de Gauchy.

Gauchy est située en Picardie (non, même pas en Poitou-Charentes!).

Ce site publie donc la vidéo d'un magazine de France 3 Picardie, La Voix est libre, consacrée la nouvelle politique culturelle en Picardie avec comme intervenants :

Alain Reuter, Vice Président du Conseil régional de Picardie chargé de la Culture, Paul-Jacques Hulot, Directeur de la scène conventionnée « La Faïencerie » à Creil et Nicolas Derieux, Directeur artistique de la Cie « La Soufflerie ».

Une nouvelle politique culturelle gauchie ? (désolé, j'ai pas pu m'en empêcher!!!).

C'est à voir ICI.

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YAKINO audience en temps réel real time audience measurement

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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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Profil

  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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