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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 14:32

Suite de mon post précédent, en vidéo, cette fois-ci.

sur l'excellent, et tout nouveau site de l' INA François Mitterrand, Le verbe en images.

Éclairages

Lors d'un colloque organisé à la Sorbonne par l'association "France Libertés" présidée par Danielle Mitterrand, François Mitterrand intervient devant un public composé d'étudiants français et étrangers. Il livre avec ironie et légèreté une conception de l'identité française ouverte sur le monde, s'enrichissant de l'apport d'autres cultures. Après un trait d'humour sur "nos ancêtres les Gaulois", il brosse le tableau des mouvements migratoires successifs qui ont scandé l'histoire de France, particulièrement au XXe siècle : Italiens, Espagnols, Polonais, Portugais, puis Arabes. 
Car ce discours s'inscrit plus généralement dans le contexte de la montée en puissance du parti d'extrême droite Front National (FN) et de la création, en réaction à cette montée du racisme, de collectifs et d'associations anti-racistes.

Ainsi, après la marche pour l'Égalité et Contre le Racisme à l'automne 1983, SOS Racisme est fondée le 15 octobre 1984, jour du premier anniversaire du départ de la Marche. 

Dans le même temps, le Front National de Jean-Marie Le Pen enregistre ses premiers succès électoraux significatifs. Après une première percée lors des élections cantonales de mars 1982, où il atteint des scores entre 10 et 20 % à Grande Synthe (Nord) ou à Dreux (Eure-et-Loir), le FN confirme celle-ci sur le plan national en réunissant 10,95% des voix aux élections européennes de juin 1984. Enfin, à la faveur de l'introduction d'une dose de proportionnelle pour le scrutin législatif de mars 1986, le FN fait son entrée à l'Assemblée Nationale en obtenant 35 députés.

 

© INA Vincent Duchaussoy

 

 

Sur la question de l’identité quelques autres textes à étudier.

François Jullien : «Une culture n’a pas d’identité car elle ne cesse de se transformer»

Dans son dernier ouvrage, le philosophe et sinologue s’oppose au concept figé d’«identité» et défend celui de «ressources culturelles» telles que les langues mortes et vivantes. Des outils à disposition de tous, mais menacés par la mondialisation et le communautarisme.

Accéder au texte.

Michel Serres dans Libération du 19 novembre 2009

Confondre l’identité et l’appartenance est une faute de logique, réglée par les mathématiciens. Ou vous dites a est a, je suis je, et voilà l’identité ; ou vous dites a appartient à telle collection, et voilà l’appartenance. Cette erreur expose à dire n’importe quoi. Mais elle se double d’un crime politique : le racisme. Dire, en effet, de tel ou tel qu’il est noir ou juif ou femme est une phrase raciste parce qu’elle confond l’appartenance et l’identité. Je ne suis pas français ou gascon, mais j’appartiens aux groupes de ceux qui portent dans leur poche une carte rédigée dans la même langue que la mienne et de ceux qui, parfois, rêvent en occitan. Réduire quelqu’un à une seule de ses appartenances peut le condamner à la persécution. Or cette erreur, or cette injure nous les commettons quand nous disons : identité religieuse, culturelle, nationale… Non, il s’agit d’appartenances. 

Accéder au texte.

 

Michel Serres : Corps et identité, mais qui sommes-nous ?

 

Grand entretien avec Michel Serres à propos de l’identité. La différence entre identité et appartenance est fondamentale. La confusion quotidienne conduit au racisme. Une fois rétablie la notion d’identité, Michel Serres revient sur l’hominescence, une évolution de la conception de l’homme apparue dès les années 1950. Il évoque aussi le rapport à notre corps, à notre mort -pour lui, il existe trois sortes de mort- et aux autres.

 

Accéder au contenu sur Canal Académie.

 

Et sur ce blog

Identité culturelle, identité nationale 

Analyse fouillée et éclairante proposée par Étienne Balibar à partir des réflexions présentées à la Table ronde sur "Identité et Culture" organisée à l'UNESCO les 14 et 15 décembre 1989 par la Division de Philosophie et des Sciences Humaines. Le début de ce texte, reproduit ici est une invitation à le (re) découvrir.



 



 

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Publication : [Fresnes] : [Cité des sens], 2006-

Note(s) : Blogue. - Notice rédigée d'après la consultation de la ressource, 2013-11-14
Titre provenant de l'écran-titre

Périodicité : Mise à jour en continu
Indice(s) Dewey : 020.5 (22e éd.) ; 301.094 4 (22e éd.)
ISSN et titre clé : ISSN 2270-3586 = La Cité des sens
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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 08:48

Nous sommes français, nos ancêtres les gaulois, un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un petit peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais, et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes ? Je reconnais que voici une phrase imprudente. C'est celle-là qui sera épinglée. 

François Mitterrand; 1987.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du colloque sur "la pluralité des cultures" organisé par la Fondation "France-Libertés" à La Sorbonne, Paris, lundi 18 mai 1987.

Je vous remercie de la manière précisément dont vous avez réservé votre hospitalité au Président de la République. Je n'ai pas le sentiment qu'il s'agissait d'un accueil spécifiquement révérenciel, mais d'une sorte de relation qui s'est créée à travers le temps, par les combats et les prises de position que la rigueur des temps oblige, surtout lorsque l'on parle du sujet qui vous occupe : culture, race, ethnie, origine, langage, avec tout ce que le mot culture évoque, la façon d'avancer, de comprendre et de sentir d'une société donnée. Qui pourrait croire un instant que je ne suis pas, au moins autant que quiconque, attaché aux valeurs dites traditionnelles qui ont fait la France ?

 

Mais je constate, pour commencer, que parmi ces valeurs traditionnelles, il y a toujours eu l'ouverture. La France est un pays qui a été fait à travers le temps et dès le premier jour par l'apport de cultures, cet apport de cultures étant représenté par des peuples en mouvement, un certain nombre d'invasions, de conquêtes, qui se sont imbriquées avec le fond même de notre population, avant la conquête romaine et les entrées massives venues de Germanie. Tout cela s'est fondu. Une sorte de langue commune a fini par s'édifier, une sorte de bas latin, mélangé de celte et de mots germaniques. Le français, vaille que vaille, est sorti de là, pour former une langue assez pure pour qu'elle apparaisse aujourd'hui comme l'un des grands rameaux capables d'exprimer la pensée de l'humanité.
Alors cela, naturellement, nous y tenons, j'y tiens. 

(...)

Les cultures - vous dites "plurielles" c'est le mot à la mode, voilà un mot que je n'avais pas mis dans mon vocabulaire habituellement, je savais bien ce que c'était que le "pluriel", je l'avais appris dans ma grammaire, les cultures plurielles cela fait partie de ces mots, de ces expressions qui traversent tout d'un coup, puis ensuite deviennent quelque chose d'inscrit dans les modes de langage constant.

Les cultures plurielles sont différentes, elles ont parfois quelque peine à communiquer. On croit parfois qu'elles ne pourront pas communiquer. Que de fois ai-je entendu dire l'émigration italienne, portugaise, espagnole, c'est facile, c'est le même rameau. Ce n'était pas si facile que cela lorsqu'ils sont arrivés : les parents de Zola ou ceux de Gambetta étaient considérés comme des gêneurs qui venaient prendre la place des paysans ou des commerçants français. Cela aurait été dommage de les renvoyer.
Puis on a dit que ce serait beaucoup plus difficile avec des Slaves. Parce que les Slaves, naturellement, écrivent d'une façon bizarre, là-bas, du côté de Byzance. Enfin, ce n'est pas tout à fait du voisinage. Ensuite, qui pense aujourd'hui que les Polonais de France n'ont pas été - je vous le disais pour commencer - un enrichissement de tous ordres : ethnique, industriel, commercial, linguistique, culturel pour la France ?
Alors, on entend dire quand même, c'est beaucoup plus difficile maintenant avec les Arabes, avec la langue arabe, avec la culture et une religion différentes. Ce n'est pas tellement sûr que les religions des pays que je viens de citer eussent été si semblables qu'elles apparaissent. Mais enfin, celle là, c'est différent, c'est peut-être le même Dieu, mais ce n'est peut-être pas pareil et c'est une culture différente. Il y a eu des conflits, il y a eu des combats, il y a eu des luttes pour la possession du sud de l'Europe, des côtes méditerranéennes. Les religions ont inspiré des luttes parfois fanatiques.
Il y a eu des haines que l'on croyait puisées dans le sang et puis finalement, si l'on écrivait la contre-histoire de tout cela, on s'apercevrait que l'interpénétration dans chacune des zones terrestres où la civilisation islamique et la civilisation chrétienne se sont rencontrées, où les langues romanes ont rencontré la langue arabe, que cette interpénétration a produit des richesses culturelles considérables, remarquables et durables. Et que cela peut être parfaitement assimilé par les uns et par les autres. Regardez de quelle façon la France, à dominante catholique pendant si longtemps, fut impressionnée par la culture biblique, à quel point tout ce qui vient de la civilisation juive, fait partie finalement presque de nos réflexes. Sans doute parce qu'une tradition s'est établie par les rites religieux, par les explications dogmatiques.
Nous sommes français, nos ancêtres les gaulois, un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un petit peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais, et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes ? Je reconnais que voici une phrase imprudente. C'est celle-là qui sera épinglée. Et qui incitera à dire vous voyez bien, c'est le Président de la République qui l'a dit. Ils me la répéteront peut-être sans mettre exactement le même sens aux propos que je tiens.
Je voudrais vous faire comprendre pour terminer, que je suis l'un de ces Français de province, d'une toute petite province, qui ont beau rechercher leurs origines, - c'est un goût que l'on prend à mesure que l'on vieillit - venu du centre de la France, et qui n'arrive pas à trouver l'un de ses ancêtres.

(...)

 

Je dis cela simplement pour vous montrer que l'expérience de ma vie, et la connaissance de l'histoire du pays qui est le nôtre m'ont conduit à recevoir tout ce qui venait de l'autre, dès lors qu'il était reçu dans la volonté de préserver l'essentiel de soi-même, sa propre continuité, sa propre identité, dès lors que l'on n'opposait pas sa propre faiblesse à la force d'expansion des autres, dès lors que l'on avait le sentiment qu'en fin de compte, rien n'avait de sens qui ne serait universel.
Ayant compris cela, je suis sorti de ma province et je souhaite qu'à travers les générations, les Français qui viendront après moi, fiers quand même de ce qu'ont été ceux d'avant, considèrent que ceux d'après, ceux du siècle prochain seront plus forts, seront plus riches de culture, seront des Français plus proches de l'universel et donc de la compréhension des affaires du monde, s'ils savent admettre et comprendre les autres cultures pour en faire aussi leur propre culture. Cela se lie à des choix politiques en certaines circonstances. Je voudrais bien que ces choix politiques n'altèrent pas ce type de débat, et que puissent siéger dans des assemblées comme celle-ci, des femmes et des hommes dont les conceptions de politique intérieure sont diverses, mais qui sauraient s'allier pour refuser tous les appels de l'inconscient ou de je ne sais quel subconscient mal réglé ou mal dirigé. Qui seraient capables de choisir l'unité de la France à construire plutôt que le regret vain, parfois inintelligent, le refus de vivre dans son temps, ou le rêve de je ne sais quel âge d'or qui n'a jamais existé. Savoir que si âge d'or il y a jamais, c'est celui que nous construirons, celui que vous saurez construire, vous qui vous appliquez à la définition de cultures - plurielles -. Celui que nous construirons, avec les autres et par les autres, pour être davantage encore ce que nous sommes.

Merci.


Lire l’intégralité du discours.

 


 

Chapitres précédents

φ

Droits culturels : continuons le débat.

 

Le mérite des contributions évoquées dans cette note est de constituer un appel à la vigilance : la récente inclusion des droits culturels dans l’article 103 de la loi NOTRe, désormais une loi de notre République, ne saurait en aucune manière clore le débat.

 

Droits culturels : une longue histoire

 

Il est peut-être utile de situer le débat récent sur l’inscription ou non dans la législation française du concept de droits culturels dans un horizon historique plus large que celui de la signature par la France, dans les années 2000, de conventions internationales portant sur la nécessité de reconnaître, protéger et promouvoir la diversité culturelle.

 

Des droits culturels (1968) aux droits culturels (2015)

 

Je voudrais continuer le parcours engagé dans ces notes précédentes, de façon à attirer l’attention sur l’histoire des notions successives ou sédimentées qui ont fondé et légitimé l’intervention publique dans les affaires culturelles.Toutefois, je ne suis en aucune manière historien. Il ne s’agit donc que « d’arrêts sur image »...

 

Droits culturels : débat public ou théâtre d'ombres ?

 

"Le défi lancé est tout autre : penser, ensemble, la différence par laquelle toutes les sociétés (en des modalités variables) ont séparé et séparent du quotidien ordinaire, un domaine particulier de l'activité humaine, et les dépendances qui inscrivent (de diverses manières) l'invention esthétique et intellectuelle dans ses conditions de possibilité et d'intelligibilité".

(Roger Chartier, 1991).

 

Droits culturels et développement durable.

 Le paradigme du développement culturel, orienté par les valeurs de la démocratie culturelle, est entré en relation avec l’attention internationale accrue portée aux conditions d’un développement durable, depuis le rapport Brundtland (1987) jusqu’aux Déclarations de l’Unesco sur la diversité culturelle (2001, 2005), la fondation de l’Union des Cités et Gouvernements Locaux pour le développement culturel (Agenda 21 de la culture) et la Déclaration de Fribourg sur les Droits Culturels (2007).

 

 

φ


 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 08:50

Car, selon tous les historiens, autant par conviction personnelle que par stratégie institutionnelle, Malraux aurait délibérément choisi d’écarter l’éducation comme champ d’action de son ministère. Mais comment une telle position peut-elle s’accorder avec l’importance qu’il attribue à l’art et à la culture dans la société ? Une telle ambition est-elle compatible avec l’absence de toute transmission ? Malraux rejetait-il l’éducation en tant que telle, ou plutôt l’orientation que donnait à celle-ci le système scolaire de son temps ?

Jean-Miguel Pire

Il devrait être de bonne et salutaire pratique de rappeler, à temps et à contretemps, en quoi le travail historique problématise, éclaire, approfondit, complexifie les récits communément acceptés et les idées reçues. Il ne s'agit pas de substituer une nouvelle version plus juste ou plus officielle aux chroniques antérieures mais de laisser ouvert le débat public, le partage des savoirs et la confrontation des idées.

Il faut donc lire attentivement la contribution suivante judicieusement portée à connaissance sur le Carnet de recherches du Comité d'histoire du Ministère de la culture.


 Malraux contre l’éducation ou contre l’Éducation nationale ?  

Brève généalogie d’une occasion manquée, par Jean-Miguel Piredirecteur-adjoint de HISTARA (EPHE)

Communication prononcée lors du colloque « Malraux, l’art, le sacré. Actualités du Musée imaginaire » à l’INHA, les 31 mars et 1er avril 2016

Quelle est la part stratégique des raisons avancées par Malraux quand il insiste sur la profonde différence qu’il y aurait entre son ministère et l’Éducation nationale ? Identifier la part stratégique, c’est-à-dire pointer les excès éventuels de ce discours par rapport à la pensée du ministre. Sa théorie du choc esthétique est connue. Elle repose sur l’idée que l’art détient un message seulement accessible par le dialogue direct, la rencontre, la « présence » avec l’œuvre. Cette théorie semble donc postuler que la connaissance sur l’art n’est pas nécessaire et qu’elle peut même faire écran à l’expérience esthétique en sa radicalité. Dans la geste malrucienne, la création d’un ministère dédié permettait donc de concentrer l’effort de l’État pour favoriser cette relation directe du public avec les œuvres. C’est ainsi que le nouveau ministère se voit dédié à l’amour de l’art et se distingue d’un ministère consacré au savoir sur l’art. Le mot le plus explicite de Malraux dans ce registre est, à juste titre, universellement célèbre, tant il est inédit dans l’histoire politique et administrative, surtout prononcé à l’Assemblée nationale : « la connaissance est à l’école et à l’université, et l’amour est à nous ». Mais s’agit-il ici d’une simple répartition des tâches ? Cela reviendrait à dire que l’amour et la connaissance sont deux ordres absolument distincts. Pourtant, est-ce que l’amour ne peut susciter le désir de connaître ? 2
L’excès d’un tel partage ne laisse pas d’interroger. Comment s’empêcher de penser qu’il a pu être motivé par des considérations relevant d’une stratégie politico-administrative bien comprise ? L’analyse du contexte historique permet de le penser. Les circonstances de l’invention du ministère sont connues. Il s’agissait surtout d’offrir à Malraux un poste sur mesure. Hors de cela, la création d’une administration dédiée à la culture ne semblait guère une priorité. Les bases politiques en étaient donc assez fragiles et, d’emblée, il fallait s’employer à justifier la nécessité d’une telle création. A cet égard, la première priorité était sans aucun doute de se distinguer de l’Éducation nationale : un ministère massif, légitime, ancien, intrinsèquement lié à la fondation de la République et à sa mission civilisatrice. Malraux éprouve d’autant moins de difficulté à opérer cette distinction que l’Éducation nationale, ses méthodes et son univers, lui sont profondément étrangers. Autodidacte lui-même, il n’a que peu d’expérience personnelle des mondes scolaires et universitaires. Sur le plan politique, il nourrit même à leur égard une vive méfiance.

(...)

Malraux a donc renoncé à agir dans le champ scolaire. Sans doute le respect de son périmètre ministériel lui enjoignait-il la prudence. Non seulement, il s’est interdit d’investir ce territoire, mais il a préféré ériger ce renoncement en choix délibéré, quitte à ne pas être compris. Il a préféré déployer une dialectique sans doute exaltante, mais mal perçue par le monde politico-administratif. Sans doute pour cette raison, son discours s’est révélé contre-productif au regard des ambitions affichées par le nouveau ministère. Une certaine fascination pour un verbe brillant mais toujours plus difficile à faire résonner avec l’inscription dans la réalité administrative, a contribué à isoler la Rue de Valois quand il aurait fallu valoriser la transversalité de sa mission sociétale vis-à-vis de l’art. Placer la culture au cœur de la vie supposait de la situer aussi au cœur de l’action publique, en dépassant les frontières ministérielles et administratives. Dans son rapport sur la refondation de la politique culturelle en 1997, Jacques Rigaud évoque la nécessité de faire de la politique culturelle moins un « secteur » qu’une « dimension » de l’État. À tout le moins est-elle assurément une dimension de l’éducation. L’ignorance de cette nécessité a causé de l’un des grands rendez-vous manqué de Malraux. En 1959, le moment était pourtant venu de rompre avec la relégation de l’art par l’Éducation nationale, avec la vision étouffante et figée des œuvres. Le nouveau ministère de la Culture constituait un formidable véhicule pour faire progresser, au cœur de l’État, un discours neuf sur la transmission de l’art, discours qui aurait si bien vibré avec la quête malrucienne. Cette prise de distance de Malraux avec l’Éducation nationale devait avoir des effets redoutables, puisqu’elle a été perçue comme une dévalorisation de l’éducation artistique. Érigée en une étrange « théorie », ce rejet a été naturellement mis au débit de Malraux et volontiers caricaturée, notamment par Marc Fumaroli, qui, dans son État culturel, dresse le portrait douteux d’un Malraux ennemi de tout savoir.

Texte intégral disponible sur le Carnet de recherches du Comité d'histoire du Ministère de la culture et de la communication.

 

On peut aussi consulter quelques une des notes consacrées par La Cité des sens à l'histoire des politiques culturelles :

Histoire des politiques de la culture.

Politiques culturelles : images d'archives

Aux oubliettes de l'histoire.

Les riches heures de la démocratisation culturelle.

Livre, lecture et politiques de démocratisation culturelle.

De la démocratisation de la culture.

 

Voir aussi :

 Les pages du Comité d'histoire du Ministère de la culture.

Le site de l'Association pour le développement de l'histoire culturelle (ADHC).


 

 

 

 

 

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 08:24
Une histoire sociale et culturelle des arts.

« Ce qui entend le plus de bêtises au monde est peut-être un tableau de musée. »

Journal des Goncourt, 1887.

Depuis quelques décennies, les « arts » font l’objet de recherches qui relèvent de différentes disciplines des sciences sociales : historiens, anthropologues ou sociologues ont, plus particulièrement, fait entrer dans le champ de leurs observations et de leurs analyses les artistes, leur statut et leur carrière, leurs œuvres et leurs pratiques, leurs institutions, de même que la réception de leurs productions et les phénomènes d’appropriation ou d’acculturation dont celles-ci ont été l’objet. Par-delà la question récurrente de l’interdisciplinarité, cette configuration témoigne que les « arts », échappant pour partie à une conception positiviste de l’histoire de l’art canonique – celle d’une connaissance des vies d’artistes et d’une science de l’attribution –, ne sont pas en situation de totale autonomie par rapport à l’ensemble de l’histoire des sociétés et peuvent, voire doivent, être appréhendés par des disciplines diverses, souvent proches et aux apports complémentaires, qui, si elles possèdent chacune leur histoire, leurs outils et leur forme d’écriture, s’enrichissent aussi de croisements et de dialogues méthodologiques. Ce volume collectif, dirigé par un historien et un historien de l’art qui travaillent dans le même laboratoire de recherche en sciences humaines et sociales, souhaite rendre compte de cette diversité disciplinaire et ouvrir des rapprochements. Des historiens, des historiens de l’art, du cinéma, de la littérature, de la musique, de la danse ou du théâtre et une sociologue de l’art et de la culture ont accepté de relever ce défi intellectuel dans un projet éditorial commun. En réalité, ces découpages académiques, issus de la plus ou moins longue histoire de ces disciplines et de leurs bifurcations ou ramifications parfois très récentes, que façonnent aussi parfois des rivalités institutionnelles, ne sont plus des obstacles à l’heure où les convergences entre les sciences historiques semblent se multiplier et au moment où les questions de l’histoire de l’art, du goût et de l’esthétique sont aussi prises en charge par les sciences cognitives, comme le montrent les expérimentations du robot humanoïde Berenson conduites depuis 2012, par l’anthropologue Denis Vidal et le roboticien Philippe Gaussier, dans le cadre des collections du musée du quai Branly . On pourra objecter que le propos est large, puisqu’il s’agit de couvrir pas moins de cinq siècles de l’histoire des arts – de la Renaissance à aujourd’hui – et dans tous les domaines de la création artistique : non seulement la peinture, la sculpture, l’architecture, mais aussi les arts décoratifs, la musique, la danse et le cinéma. En outre, le champ d’étude déborde amplement le périmètre traditionnel de l’histoire de l’art – celui des objets visuels –, et participe plus largement, sans exclusive, des problématiques de l’histoire culturelle, pour intégrer d’autres objets ou pratiques tels que l’urbanisme ou la propagande, le spectacle vivant, la littérature ou la musique .

Mais l’ambition de ce travail collectif est surtout de croiser les approches et les corpus, les notions et les échelles, les périodes et les formes, les ères et les aires, pour définir les conditions et les opérations de création, de diffusion et de réception qui qualifient et légitiment les œuvres d’art en tant que telles. C’est donc, à ce titre, croire dans la possibilité de construire une histoire sociale et culturelle des arts qui a désormais de nombreux partisans, mais dont les opposants sont encore légion, forts d’une conception esthétisante et élitiste de l’art où affleure encore la vieille théorie romantique de « l’art pour l’art ».

Ce parti pris d’une histoire culturelle et sociale des arts se reflète dans le titre choisi qui, préférant l’usage du pluriel à celui du singulier, propose une « histoire des arts », c’est-à-dire – au-delà de l’intitulé adopté en 2005 pour les programmes scolaires des cycles de l’école primaire et de la formation secondaire – une histoire des formes de l’expression artistique, dans ses dimensions matérielles ou immatérielles, pérennes ou éphémères. La forme adoptée pour cet ouvrage se situe à la charnière de l’essai et du manuel, offrant non pas un panorama complet de la création sur cinq siècles, mais des éclairages thématiques, qui traitent dans la longue durée de questions problématisées. Dans la première partie, en une vingtaine de chapitres, le lecteur pourra aborder des notions telles que l’histoire des « -ismes », la critique d’art, le statut de l’artiste, le rôle des institutions artistiques, les phénomènes d’utilité ou de patrimonialisation, l’art enrôlé par la propagande ou encore l’urbanisme. L’appareil critique, sous forme de notes de bas de page, est volontairement réduit aux sources; une orientation bibliographique accompagne chaque contribution, susceptible d’enrichir la réflexion du lecteur. La démonstration s’appuie sur une iconographie variée, qui se veut représentative. Dans une perspective didactique, les chapitres peuvent comporter de surcroît des encadrés susceptibles de décliner des analyses d’œuvres ou des mises au point, comme ils offrent la possibilité de présenter des artistes ou des objets sous la forme de focus. Dans une deuxième partie intitulée « Aperçus », sont proposés des dossiers de trois à quatre documents, de nature diverse (œuvres, archives, textes, photographies, etc.), référencés, mis en perspective, analysés et commentés. Chaque dossier permet de traiter des questions particulières, afin de conforter ou préciser les thèmes abordés dans la première partie de l’ouvrage : du mécénat princier à la vie d’artiste sous la Révolution ; de l’art utile sous le Front populaire aux musiques populaires du xxe  siècle; de la marchandisation du patrimoine à la géopolitique au cœur des pratiques et des réceptions artistiques. L’enjeu scientifique et pédagogique de ce projet éditorial est multiple : fournir un guide susceptible d’être mobilisé autant par les étudiants que par les enseignants du secondaire; proposer une vision de l’histoire des arts au travers de morceaux choisis, qui puisse renforcer la culture générale des lecteurs. Il s’agit aussi de rendre plus facilement accessibles des recherches récentes, trop souvent connues des seuls spécialistes; conviction partagée, déjà expérimentée sous d’autres formes . Aussi, l’ouvrage vise un large lectorat, du grand public cultivé aux étudiants, en passant par les enseignants du secondaire, particulièrement ceux qui sont chargés des enseignements d’« histoire des arts », au collège et au lycée, dans une perspective interdisciplinaire articulant les approches artistique, littéraire, historique et sociologique.


 

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 08:35

Les États Généraux de la Culture se créèrent en 1987 suite à la venue en France de la 5, chaîne de Berlusconi, et contre la vente de TF1 au groupe Bouygues. Ils se déployèrent en quatre étapes aux salles pleines : Théâtre de l’Est Parisien (9 février), Tour de France en 16 villes (printemps), Théâtre de Paris (17 juin) et un Zénith comble (16 novembre).

L’élaboration d’une Déclaration des droits de la culture,en procède,traduite depuis en 14 langues, véritable sursaut éthique de tout le monde des arts et lettres, sans rivage,et proclameront six obligations : audace de la création, obligation de production, élan du pluralisme, volonté de maîtrise nationale de la distribution, atout d’un large public, besoin de coopération internationale.

Pendant 20 ans, en France, notamment à Cannes et en Avignon, en Afrique (7 pays), au Chili et en Colombie, à Berlin, à Prague, en Italie et en Suisse, en URSS, aux États-Unis et au Canada, au Conseil de l’Europe, les réflexions et les actions se multiplièrent gardant à l’esprit qu’un peuple qui abandonne son imaginaire culturel à l’affairisme se condamne à des libertés précaires.

C’est ainsi qu’avec d’autres, nous avons conquis « l’exception culturelle », fait rejeter l’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement), fait échouer la conférence de l’OMC à Seattle, fait en sorte de ne pas appliquer la convergence à la conférence de Birmingham, nous avons aussi réfléchi sur les nouvelles technologies et la culture, défendu le droit d’auteur, particulièrement le droit moral, et bien d’autres choses. Ces actions et d’autres ont fait que les États Généraux (ni association, ni syndicat, ni parti) ont constitué l’un des plus grands mouvements culturels que la France ait connu après la Seconde Guerre mondiale. Ce fut un chant général culturel, riche de ses diversités nationales, sans étatisme plébiscitaire, ni affairisme publicitaire, qui a toujours sa raison d’être, notamment depuis la reprise de l’AMI sous une forme encore plus pernicieuse, celle du TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement, en français Accord commercial transatlantique).

Jack Ralite


 

© INA. Ministère de la Culture et de la Communication, sur le site En Scènes, le spectacle vivant en vidéo. 

à noter : Le mercredi 12 octobre 2016

Les États généraux de la culture.

Rencontre avec Jack Ralite,

entouré de Dominique Blanc, Jean-Paul Dekiss, Nedim Gürsel,

Claudine Joseph, Abdelatif Laabi, Daniel Mesguich, Pierre Musso,

Jean-Claude Petit, Serge Regourd, Pierre Santini

Débat animé par Laurent Fleury,

professeur de sociologie à l’Université Paris Diderot

avec Bernard Faivre d’Arcier,

membre du Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication

Le mercredi 12 octobre 2016

de 14h30 à 17h30

à l’amphithéâtre Buffon

Université Paris Diderot

15, rue Hélène Brion

75 013 Paris

Entrée gratuite sur inscription obligatoire

à : comitehistoire@culture.gouv.fr ou 01 40 15 79 71

Cette rencontre inaugure les Journées Diderot « Culture et Politique » du Master « Politiques culturelles » et est organisée par l’axe « Art, culture et politique » du Laboratoire du Changement Social et Politique ainsi que par le Comité d’histoire du Ministère de la Culture et de la Communication.

 

Voir aussi :

États généraux de la culture. notice de Vincent Dubois pour le Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959, CNR,  Larousse, p. 259-260, 2001.

Texte de la Déclaration des droits de la Culture

Adoptée par les Etats Généraux de la culture le 17 juin 1987 au Théâtre de Paris et proclamée le 16 novembre 1987 au Zénith à Paris

 


 

 

 

 

 

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 09:15

Création sociale et innovations culturelles.

 

Sont proposés dans cette rubrique quelques sites, ressources, répertoires sur les expériences que mènent, hélas trop souvent loin des micros et des caméras, ceux qui persistent à croire aux rôles fondateurs de l'action artistique, du partage des savoirs, de la transmission culturelle et de la délibération démocratique en vue de contribuer à  l'émancipation des individus et la construction du vivre ensemble.

   

 

17. Chantiers ouverts au public : remixer l'action publique


 


 

Chantiers ouverts au public. Design des politiques publiques, Pauline Scherer (coord.), La 27e Région, La Documentation française, Paris, 2015, 498 p., ISBN : 978-2-11-009932-7, 29 €.

Comment redonner du sens à l’action publique et la rendre à nouveau désirable ? Cette problématique est au centre du travail de la 27e Région depuis 2008. Avec l’ouvrage collectif Chantiers ouverts au public l’association semble être arrivée à une étape de bilan, qu’elle partage dans un livre-objet qui nous invite à voyager entre corpus théorique, contributions critiques, défis lancés à l’action publique, boîte à outils et retours d’expériences documentés.

© Sylvia Andriantsimahavandy dans la Revue de l'Observatoire des politiques culturelles.

 

En savoir plus.

 

Voir la page : Création sociale et innovations culturelles.

 

 

 
 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 09:56

 

En juin dernier, j'avais signalé ici-même que le Festival d’Avignon, le Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication, la FNCC et l’Observatoire des politiques culturelles avaient décidé de se saisir de son 70ème anniversaire pour revisiter l’histoire du festival et son influence sur la construction des politiques publiques afin de proposer une réflexion partagée sur conditions d’une nouvelle ambition pour la culture. Entre rétrospectives et prospectives, la journée devait s’articuler autour de dialogues croisant les regards de chercheurs, d’acteurs culturels, d’élus et d’artistes.

Dans une note du 12 septembre dernier, sur son Carnet de recherches, le Comité d'histoire met à disposition la transcription de ces échanges :

Le 15 juillet dernier, à l’initiative de l’Observatoire des politiques culturelles, le Festival d’Avignon, la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC) et le Comité d’histoire devaient se retrouver au cœur de la Cité des Papes pour débattre de l’influence du Festival sur la construction des politiques culturelles et leurs perspectives actuelles.

Cependant, au lendemain de l’attentat de Nice, l’histoire a montré une nouvelle fois que l’actualité politique et internationale s’imposait au Festival d'Avignon.

Nous publions aujourd’hui les propos des intervenants qui ont interrogé le rapport entre l’art et le politique, ainsi que le rôle des artistes, et plus globalement celui de la culture, face à la barbarie.

Intervenants :
– Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon
– Florian Salazar-Martin, président de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture
– Jean-Pierre Saez, directeur de l’Observatoire des politiques culturelles
– Bernard Faivre d’Arcier, ancien directeur du théâtre et des spectacles, ancien directeur du Festival d’Avignon
– Maryvonne de Saint Pulgent, présidente du Comité d’histoire
– Pascal Ory, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris I
– Emmanuel Wallon, professeur de sociologie politique à l’université de Nanterre.


Accéder au carnet de recherches du CHMCC Politiques de la culture

 

La Cité des sens propose donc une première série d'extraits pour donner envie de lire la longue mais très précieuse transcription de ces échanges portant sur

Les Rencontres d’Avignon, les politiques culturelles et le tragique dans le spectacle et dans l'Histoire.

 

Olivier Py

(…) Vilar disait : « Donnez-moi une autre société, je vous donnerai un autre théâtre. » La société dans laquelle nous vivons aujourd’hui est une société malade, souffrante, angoissée et violente. Quel théâtre répond à cela ? Nous avons essayé, pendant ce festival, avec les artistes, de trouver des moyens de réponse ou, tout au moins, des manières de formuler notre inquiétude ou notre angoisse. Que ce soit Les Damnés, un spectacle assez noir, voire très pessimiste, ou la même histoire racontée par Anne-Cécile Vandalem dans Tristesses sous la forme d’une farce ou par Maëlle Poésy sous la forme d’une parabole, nous n’étions pas loin du sujet. Horatio dit à Hamlet : « Suspends ta douleur un instant pour raconter mon histoire. ». Si vous le voulez bien, aujourd’hui, nous allons suspendre notre douleur pour parler ensemble et raconter notre histoire.

 

 

Bernard Faivre d’Arcier

 

L’exercice n’est pas facile, mais il ne faut pas être surpris. Dans l’histoire du Festival – nous avons regardé les colloques et débats depuis l’époque de Jean Vilar pour préparer ce colloque –, l’actualité politique s’est imposée au Festival lui-même. Il a toujours été une caisse de résonance de l’actualité politique internationale, avec plus ou moins d’effets immédiats. 
Je me souviens très bien de grands débats à propos des artistes algériens qui avaient été systématiquement assassinés durant les années 1990. Nous avions d’ailleurs présenté les textes et parfois les pièces de théâtre de ces auteurs. Cette forme de terrorisme qui avait cours en Algérie était déjà, à cette époque, une grande inquiétude. Il faut s’en souvenir. Srebrenica fut un autre grand moment, qu’Olivier Py a bien connu. Au moment du massacre de Srebrenica, qui a eu lieu au mois de juillet, tous les artistes s’étaient tout de suite mobilisés, en plein Festival, alors qu’ils étaient débordés par la préparation de leurs spectacles. Ariane Mnouchkine, François Verret, Olivier Py et bien d’autres, s’étaient constitués pour rédiger une « déclaration d’Avignon » à propos de cette actualité et de la défense de Sarajevo. J’avais d’ailleurs moi-même été missionné pour négocier la capacité de déclarer Sarajevo Capitale européenne de la culture, entre Anvers et Lisbonne. Nous essayions, les uns et les autres, plus ou moins adroitement, de mobiliser les esprits. Je crois d’ailleurs que les milieux du théâtre ont été les premiers en France à s’être aussi bien mobilisés sur l’explosion de l’ex-Yougoslavie. Après cela, nous avons fait des sit-in, nous avons même engagé une grève de la faim qui s’est prolongée à la Cartoucherie de Vincennes. Cela veut dire qu’une fois le Festival terminé, ce groupe d’artistes et de professionnels de la culture s’est installé à la Cartoucherie de Vincennes, au mois d’août, c’est-à-dire dans un certain désert médiatique, pour mener cette grève de la faim, pour continuer notre action. Cela m’a d’ailleurs valu, à la mi-août, de recevoir de Jacques Chirac, à l’époque président de la République, et de Jean-David Levitte, son conseiller diplomatique, des messages à propos de l’intervention anglo-française en Serbie qui se préparait dans le cadre de l’OTAN et qui a mis fin à cette période. 

Nous avons toujours été très engagés dans l’actualité politique internationale. C’est tant mieux et c’est normal puisque coller aux questions sociales est le mouvement quasi naturel des artistes. Vous aurez évidemment noté mille correspondances entre la programmation de cette année, préparée par Olivier Py, et cette actualité internationale qui s’impose à nous.
Enterrer les morts et réparer les vivants est ce à quoi nous allons tous être confrontés. (…)


Pascal Ory

Étant historien, je vais me permettre de compliquer les choses. Le théâtre peut tout, l’art peut tout, la culture peut tout, mais cela veut dire que, face à ce qui peut être interprété comme haine, comme violence – ce mot paraît presque faible par rapport à ce qu’on vit aujourd’hui, et en même temps il faut le prendre très au sérieux, notre société démocratique libérale est très sensible à la violence, par exemple au viol, à la pédophilie, etc. –, il faut se poser la question de la foi qui fait tuer. C’est une vieille tradition de la foi. Pas que la foi religieuse, toutes les fois. C’est une première pierre dans le verger d’Urbain V. 


Et puisque que le théâtre, l’art et la culture peuvent tout, ils peuvent aussi entretenir la haine. Je suis peut-être le seul dans cette enceinte à le penser profondément et c’est peut-être ma déformation tragique d’historien – je pense que si un historien n’est pas tragique, il fait mal son métier.

Je vois sans arrêt des exemples où l’art et la culture poussent à la haine, à la violence. La scène des autodafés nazis nous rassemble facilement : tout le monde est d’accord pour dire que c’est une horreur. Goebbels, qui avait mis en scène, mis en scène, les autodafés, s’est rendu compte qu’il avait fait fausse route, que c’était contre-productif, dirait-on aujourd’hui. Mais la mise en scène a été faite, elle est passée dans toutes les salles d’actualité en 1933, salles françaises, surtout anglaises, américaines, etc. Nous sommes tous d’accord pour dire « quelle horreur, quelle barbarie ». Or je me suis rendu compte assez récemment que dans la mise en scène, c’était le savoir qui organisait officiellement l’autodafé : les unions d’étudiants, les universitaires présidaient l’autodafé. C’est un premier point. Je suis universitaire et balaye donc devant ma porte. Il y a eu des milliers d’universitaires, d’intellectuels, d’artistes nazis. À mon avis, les artistes nazis étaient plus nombreux que les non-nazis, mais c’est une autre affaire. Deuxièmement, j’ai appris cela il y a deux-trois ans, une prise de parole par un poète nazi justifiait l’autodafé au début de la cérémonie. C’est une autre petite pierre dans le jardin d’Urbain V : l’art et la culture, c’est aussi cela. Cela m’agace un peu d’entendre toujours dire que l’art, la culture luttent, que nous luttons contre la barbarie. Non, ou alors il faut définir barbarie. Depuis la nuit des temps, l’art et la culture contribuent à la barbarie. Je suis peut-être le seul à le penser et vais peut-être me faire lyncher… De toute façon, le théâtre a inventé la tragédie pour parler de cela. 
À la lumière noire de cette nuit, trois éléments qui rejoignent peu à peu la problématique prévue ce matin me reviennent en esprit.
Premièrement, il y a un rapport complexe de l’art à la jouissance. Il y a une guerre contre certaines formes de jouissance. Je n’invente rien, ce n’est pas de la sur-interprétation lacanienne ou je ne sais quoi, c’est dans le communiqué de Daech du 13 novembre. Je l’ai fait travailler à mes étudiants. Clairement, on attaque Babylone, et les terrasses de café sont justifiées comme cibles. Ce rapport d’hostilité à des formes de jouissance interroge. Évidemment, pour le théâtre, l’art, on pourrait utiliser d’autres termes que jouissance, mais c’est celui qui me vient dans la précipitation de ce matin.
Deuxièmement, le rapport que l’art, et particulièrement le théâtre, entretient avec le religieux. Que je sache, on tue des gens à Nice ou ailleurs au nom de la religion – on pourra discuter de ce qu’on met dans le terme « religion ». Le théâtre a depuis toujours un rapport très étroit avec le religieux, y compris dans des métaphores parfois un peu douteuses comme « communion »… Il faudrait interroger cela. Je rappelle – petite pierre dans le jardin – une discussion entre linguistes, semble-t-il réglée, sur l’étymologie de religio : malheureusement, il semble que ce ne soit pas le fait de « relier » qui prédominerait, mais le fait de « relire », c’est-à-dire « le rituel ». La religion, c’est le rituel. On répète des gestes. C’est très étroitement lié à des performances. J’ai été extrêmement impressionné par les vidéos de Daech, que nous ne voyons généralement pas in extenso. L’année dernière, il a été possible d’en voir dans leur intégralité au Banquet du livre de Lagrasse, dans les Corbières : les gens sortaient pratiquement pour vomir. Des caméras montrent comment les victimes meurent, y compris sous l’eau quand elles se noient. Il y a donc une mise en scène. Ce qui s’est passé sur le théâtre antique de Palmyre est aussi extraordinaire. Vous avez sans doute tous vu cet extrait. Sur les gradins, des gens qui avaient lu Aristote et la catharsis étaient là, convoqués par Daech pour assister à l’exécution de soldats de Damas. Était-ce un faux-semblant ? Les a-t-on vraiment tués ? Il y a un montage. Mais ils assistaient à cette exécution, sur la scène du théâtre de Palmyre. Très impressionnant. Un romancier qui aurait inventé cela se serait vu reprocher d’aller trop loin.
Ma troisième et dernière remarque porte sur la question de l’individu face au collectif. La rencontre, le débat ont explosé au Festival d’Avignon… Au début du Festival, il y a avait une unité : Vilar : on était sérieux, il y avait la FNCC : on prenait des notes… Maintenant, c’est l’éclatement complet, qui va de pair avec l’éclatement individualiste. Aujourd’hui, nous faisons du collectif avec de l’individu. Le chauffeur du camion blanc – c’est très théâtral, très impressionnant, c’est une extraordinaire mise en scène cet énorme camion blanc qui écrase 100 personnes ou plus sur la promenade des Anglais, on est dans la tradition du film du « camion méchant » du cinéma américain – est un individu. On sait bien maintenant que la force de Daech est de ne pas être centralisé, de susciter des vocations, et chacun va mettre en scène son assassinat. On est trader individualiste ou on est djihadiste individualiste. En même temps, les individus peuvent faire du collectif. Par exemple, 4 millions de personnes descendent dans la rue en janvier et font des manifestations de masse d’individualistes. Beaucoup d’entre vous devaient y être. Ce sont des individus qui se retrouvaient ensemble. On peut donc faire du collectif avec des individus. Je trouve que pour les gens de théâtre, pour les artistes, cela interpelle.

Emmanuel Wallon

Il y a des professeurs à la tribune et dans la salle. Les études de fréquentation du Festival d’Avignon conduites par notre collègue Emmanuel Ethis ou Jean-Louis Fabiani montrent qu’ils représentent une très forte proportion non seulement de ceux qui vont aux spectacles, IN et OFF confondus, mais aussi de ceux, et celles, encore plus nombreuses, qui fréquentent les colloques. C’est un gage de succès pour un orateur de souligner les mérites et les bienfaits de l’éducation. Au-delà de la boutade, celle-ci est-elle un éternel recommencement ? Je me permets de m’inscrire un peu en faux, parce qu’il y a institutionnalisation. Il y a des politiques, des programmes, des espaces, cela s’inscrit dans le corps de la cité. La pénétration de ces lieux par l’art est un processus encore bien inachevé.

Comme quelques autres, je suis persuadé que penser au prisme de l’éducation l’ensemble des politiques culturelles est un bon moyen de les remettre en question, de les renouveler et de mieux accomplir une partie de leur programme. Cela dit, il s’en faudrait de beaucoup pour qu’une politique culturelle et éducative, et même sociale, parvienne à accomplir toutes les promesses du mot « fraternité ».

Dans la devise républicaine, plus encore que l’égalité qui est présente dans l’Évangile, ce mot est l’héritage non avoué du christianisme. On pourrait le critiquer en disant qu’il nous renvoie à une vision de la Nation liée à la naissance, au sang, à la famille. Observons néanmoins que, dans le vocabulaire d’aujourd’hui, qui est peut-être en avance dans l’humanisation, dire « mon frère » est un moyen d’établir la sympathie dans une discussion de bistrot, devant un écran diffusant une compétition de foot. Ce peut être aussi une façon d’interpeller : bref, la notion de fraternité est présente dans la conscience collective. La faire vivre ne peut pas être une affaire de morale civique et laïque, de leçon de choses civiques et morales autour de citations de quelques philosophes, même s’ils sont chers à un ancien ministre de l’Éducation nationale. Cela doit être vécu, dans cet aller-retour entre l’expérience, l’exemple et la réflexion. La littérature, l’art peuvent y aider, c’est absolument certain, mais si l’exemple n’est pas donné, si tout dans la pratique dément ce message de communion – j’emploie exprès un élément du vocabulaire évangélique –, alors il se produit ces phénomènes de frustration et de rejet dont on identifie toujours plus ou moins un aspect dans les dérives individuelles qui conduisent aux pires excès qu’on connaît aujourd’hui. J’enseigne à l’université de Nanterre, qui a la chance d’accueillir les enfants de Neuilly aussi bien que de Gennevilliers ou d’Aubervilliers : très souvent, mes étudiants en sciences politiques, qui sont vraiment assez représentatifs de la diversité de la société française, me renvoient à la figure, quand je deviens lyrique sur les questions d’égalité ou d’universalisme, la réalité de l’homogénéité du public des institutions culturelles, malgré tous les efforts courageusement faits par les responsables et les personnels de ces institutions. Le travail à faire de ce point de vue est encore énorme. De même pour que, un jour, ceux qui peuplent nos scènes et nos écrans soient vraiment à l’image de la société française. Pas de façon idéalisée et enjolivée comme dans Plus belle la vie. Non, y compris avec un théâtre de crise, avec un théâtre qui pose des questions abruptes.
 
 

Accéder à l'intégralité de la transcription.

 

 

Voir aussi, sur ce blog : La barbarie au pluriel

 

Et, sur les Rencontres d'Avignon

La Provence, terre de festivals, le Festival d’Avignon, terre de colloques.

par Bernard Faivre d’Arcier,
ancien directeur du théâtre et des spectacles, ancien directeur du Festival d’Avignon,
membre du Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication

 

 


 

 

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 08:30

Plateforme des projets de la communauté professionnelle des bibliothècaires.


 

L'Enssib, avec le soutien de l'Association des bibliothécaires de France, a ouvert une plateforme des projets permettant à chaque établissement de type bibliothèque ou centre de documentation français de déposer un projet, quels qu’en soient la portée, les objectifs, les moyens mis en œuvre, la thématique concernée.
Ce dispositif offrira une visibilité sous forme de cartographie des projets en cours ou déjà réalisés, facilitant ainsi les échanges directs entre professionnels autour de projets convergents. L’Enssib fournira également un appui documentaire pour les projets en cours.


 

Un exemple : BM/BMVR de Lyon

Thème(s) du projet : 

Action culturelle

Objectifs du projet : Démocratie - Rêver, penser, agir ensemble.

A l’orée d’une élection présidentielle évidemment sous tension, la Bibliothèque de Lyon a choisi de montrer qu’au-delà ou à cause de cette crise démocratique, de multiples formes d’actions politiques émergent, ressurgissent, que des hommes et des femmes réfléchissent, s’engagent, agissent afin de favoriser pour le plus grand nombre, le sentiment d’appartenance à une communauté politique. Des voies se sont ouvertes pour reconnecter l’idéal démocratique au concret de notre quotidien. Nombreuses sont les initiatives, les collectifs, les démarches citoyennes qui visent à redonner le pouvoir et l’envie d’agir à toutes et tous, à tous les niveaux.

Si la bibliothèque est un forum dans la cité, un espace ouvert, alors elle se doit de faire réfléchir aux manières actuelles d’organiser, de transformer nos démocraties ; et de le faire avec un indispensable recul critique.

À l’ensemble des lyonnais.e.s, la Bibliothèque de Lyon proposera ainsi de novembre à mars, tout un programme de découvertes, d’échanges, d’ateliers, d’expérimentations et de moments de réflexions collectives autour de notre pouvoir d’agir et des nouvelles manières de mettre et de gérer en commun des ressources, des idées, des espaces… Ce programme se clôturera par un forum dans la ville, temps fort d’activités variées, de débats et rencontres du 9 au 12 mars 2011.

Dès l’automne, nous attendons le public pour redonner du sens au mot politique et du souffle à la démocratie.

Accéder à la plateforme


 

 

Création sociale et innovations culturelles.

 

On trouve dans cette rubrique quelques sites, ressources, répertoires sur les expériences que mènent, hélas trop souvent loin des micros et des caméras, ceux qui persistent à croire aux rôles fondateurs de l'action artistique, du partage des savoirs, de la transmission culturelle et de la délibération démocratique en vue de contribuer à l'émancipation des individus et la construction du vivre ensemble.

 

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 15:42

La carte des alternatives en Ile-de-France

 

Des nouvelles technologies libres et partagées, des trocs de fruits et légumes bio, des zones de gratuité, des ateliers de recyclage, des commerces accessibles aux pauvres, des entreprises d’insertion, des villes lentes, du sport engagé, de l’éducation populaire... Tout cela existe bel et bien en Ile-de-France. Basta !, en partenariat avec l’association Attac, vous invite à découvrir le champ des possibles en région francilienne, à travers la coproduction d’une carte recensant 104 alternatives. Cette carte vous donne accès à des articles et reportages réalisés par des médias indépendants sur ces expérimentations qui dessinent les contours d’une autre société.

Elles aident à ne pas sombrer dans un déprimant pessimisme, à lever le regard et à s’engager pleinement pour reprendre notre avenir en main. Des initiatives, locales ou régionales, portées par une pluralité d’acteurs – individus, collectifs, salariés, élus, associations, coopératives, municipalités – essaiment partout sur le territoire. En partenariat avec l’association Attac, nous publions une carte recensant 104 expérimentations alternatives en Ile-de-France. Cette carte est réalisée en creative commons afin de faciliter son partage et sa diffusion [1]. Certaines sont éphémères, d’autres construisent durablement les contours d’un autre monde possible.

 

http://www.bastamag.net/La-carte-des-alternatives-en-Ile-de-France

 

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 08:50

 

Trois textes déjà signalés ici (ou sur Scoop'It) pour vos révisions sur la plage, à la montagne, à la campagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VERS LA DÉMOCRATIE CULTURELLE.

Une nouvelle saisine de la section des affaires européennes et internationales du Conseil économique, social et environnemental.

Depuis la création du Ministère de la Culture à la fin des années 1950, la politique culturelle française -initiée par André Malraux- a été fondée sur trois piliers : soutenir la création, préserver le patrimoine, démocratiser la culture. 

La finalité de ce dernier volet était simple : donner à tou.te.s un accès à la culture –et plus tardivement à son sens, à son esthétique, à son histoire–, en mettant l’accent sur la valeur civilisatrice et éducative des arts. Mais cet axe induisait également, dans sa conception, la définition et la mise en application d’une politique publique par un seul type d’acteur – la puissance publique – suivant une logique verticale descendante ainsi qu’un choix a priori des œuvres culturelles qu’il fallait connaître et aimer. Le mérite de cette politique est d’avoir posé les fondations d’un grand programme d’action publique, d’y avoir insufflé une forte ambition de progrès social pour notre pays et d’avoir permis une vraie dynamique de création artistique. Cependant, force est de constater que cette politique a produit des résultats mitigés en matière d’accès de tous à la culture.

Au fil des décennies, cette vision et cette méthode ont été remises en question. Idéologiquement, la critique de la « démocratisation culturelle » a porté sur son parti pris élitiste d’homogénéisation « du haut vers le bas » et sur la minoration voire la négation d’une culture plurielle.

 

Lire la suite.

 

REFONDER LES POLITIQUES CULTURELLES PUBLIQUES

JEAN-LOUIS SAGOT-DUVAUROUX

Une grosse fatigue s’est abattue sur l’appareil culturel public français, si prometteur à ses débuts, si abondant. Par quelle alchimie un système pensé et financé pour répandre les joies de l’esprit dans toutes les classes de la société s’éloigne-t-il si opiniâtrement de son objectif originel ? A moins qu’il soit devenu récif et que l’histoire, les histoires s’en soient allées ailleurs. Des politiques culturelles accordées aux mondes qui naissent ? Des outils propices à la rencontre des imaginaires plutôt qu’à la célébration nostalgique du vieil art ? Les réseaux remplaçant les podiums ? Le bouleversement est souhaitable. Le naufrage est possible.  
 
 
LIRE LA SUITE
 


 

LES CHEMINS DE LA TRANSITION.

Actions alternatives, changement systémique, raisons de vivre et d’agir : 

trois chemins de la transition nécessaires et complémentaires

 

Au printemps dernier, le Collectif des associations citoyennes a entrepris une réflexion sur les chemins de la transition. Un séminaire a rassemblé le 19 mars 2016 une cinquantaine de participants, parmi lesquels un certain nombre de représentants de réseaux se situant dans la construction d’alternatives la logique dominante : Alternatiba, Cap ou pas Cap, Villes et territoires en transition, Mouvement des communs, mouvements d’éducation populaire, etc.

En effet, face à une situation de plus en plus critique, les prises de conscience et les actions se multiplient. Certains multiplient des alternatives, d’autres misent sur le changement de système, d’autres enfin sur la révolution des consciences et le bien vivre.

Ces 3 dimensions sont nécessaires et complémentaires. Pour mettre en synergie la multiplicité des actions, il faut approfondir leur fondement commun, préciser ce que l’on entend par transition, par alternatives, et organiser la convergence des actions, seule à même de parvenir à un changement de système.

La synthèse de cette réflexion, qu’on trouvera ci-dessous, prend aujourd’hui encore plus d’actualité dans le contexte d’une radicalisation du système néolibéral et de la nécessité de repenser la totalité du cadre politique, économique et éthique de l’action collective.

 

Une situation inacceptable et mortifère

Le monde est aujourd’hui dominé par des puissances économiques et financières pour lesquelles l’obtention d’un profit privé par tous les moyens est devenue l’objectif principal et la mesure de tout succès. L’Europe, la plupart des États et des collectivités publiques se sont progressivement soumis à cette logique et adoptent une construction juridique dans laquelle le droit de la concurrence prime sur les droits fondamentaux. La stimulation de la consommation sans limite est liée à une philosophie qui continue de penser que les ressources sur terre sont illimitées, que le pouvoir de chacun est également sans autre limite que des rapports de forces ou de propriété, que chacun est à lui-même sa propre référence. Tous ces éléments sont aujourd’hui en interaction et se renforcent l’un l’autre. En ce sens, ils constituent bien un système.

L’aggravation de la crise climatique et écologique ajoute cependant une dimension supplémentaire. Elle fait courir à brève échéance un risque mortel à l’ensemble de l’humanité et de la planète. L’absence de décisions réelles conduit un basculement incontrôlable et irréversible, qui peut conduire à la disparition de l’humanité d’ici 2 ou 3 générations. Mais pour rendre la terre, notre maison commune, habitable par tous ses habitants, on ne peut pas préserver l’environnement sans réduire les inégalités, abandonner la logique de croissance et d’accumulation qui domine aujourd’hui le monde, respecter les droits fondamentaux et la diversité des cultures, restaurer une éthique dans la conduite des affaires publiques et plus de démocratie participative, promouvoir d’autres raisons d’agir et de vivre ensemble. Tout est lié.

 

 

Accéder au TEXTE complet EN PDF ICI

 


 

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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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    Recension de cet ouvrage collectif, tiré de la thèse de Sébastien Charbonnier : « Quand y a-t-il philosophie ? Apprendre la pratique d'un art de penser » publiée sous le titre : Que peut la philosophie ? , Éd. du Seuil, 2013 Si cet ouvrage figure dans...
  • Équipements culturels, centres d’intelligibilité du monde ?
    Suite de la note précédente consacrée aux politiques de développement de la lecture et à un retour sur la journée d'études Livre, lecture et politiques de démocratisation culturelle organisée par l’ENSSIB, la BPI et le Comité d’histoire du ministère de...
  • L'école et la démocratisation de la lecture.
    J’avais déjà signalé ici même la Journée d’études Livre, lecture et politiques de démocratisation culturelle organisée par l’ENSSIB, la BPI et le Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication, il y a un peu plus d'un an. Cette journée...
  • Gauche, fin et suite : les visionnaires de 1992
    Au printemps 1992, au moment où je participais à ce collectif et figurais parmi les premiers signataires de l'appel ci-dessous, Emmanuel Macron avait tout juste 15 ans, Benoît Hamon, 25 ans était assistant parlementaire d'un député PS avant de devenir...