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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 15:13
Politiques culturelles  : un nouveau fil d'actualités

 

J'ajoute (en bas de chaque nouveau post de ce blog) le lien vers un nouveau fil d'actualités.

 

Le Bulletin des Bibliothèques de France est une revue trimestrielle consacrée au monde des bibliothèques, du livre, des sciences de l'information et de la culture. Il joue un rôle majeur dans la formation et l'information des professionnels.

 

Un exemple de ce qu'on pouvait y trouver ces derniers jours :

 

14.10.2014

« A UN FLASH D’UNE BONNE HISTOIRE »

 

Jusqu’à la fin du mois de novembre, l’attente des voyageurs parisiens pourra être agrémentée par un dispositif de lecture sur smartphone.
En partenariat avec la société Premier chapitre, la RATP et la Ville de Paris viennent d’installer un service de lecture numérique dans les abribus situés aux abords de la gare de Lyon. Ainsi, un simple scan des QR codes affichés sur place permet d’accéder aux premiers chapitres des livres sélectionnés par les bibliothécaires de la médiathèque Hélène Berr.
Voulant donner aux passagers l’envie de découvrir la suite des ouvrages et de se rendre en bibliothèque, la sélection des titres disponibles s’enrichira toutes les deux semaines.

BBF

Actualités des politiques culturelles

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Politiques culturelles,  mon fil d’actualités sur Scoop'It

 

 

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 08:15

Changer de vie ici et maintenant, sans attendre des lendemains qui tardent à chanter : telle est la boussole des citoyens d’une autre France, étonnamment méconnue.

Éric Dupin Les Défricheurs, Voyage dans la France qui innove vraiment

La Découverte, septembre 2014

 

 

Bien plus de Français qu’on ne l’imagine vivent déjà selon une échelle des valeurs différente de celle qu’impose la société actuelle. Plus ou moins radicalement, ils se sont détachés du modèle productiviste et consumériste qui nous étouffe. Guidés par un idéal lesté de pragmatisme, ces défricheurs d’un monde nouveau expérimentent et innovent dans des champs fort divers. Certains, en rupture franche avec la société, vivent dans des yourtes ou dans des « habitats légers ». D’autres, à l’opposé, sont des « alterentrepreneurs » qui se fraient un chemin exigeant, socialement et écologiquement, dans l’économie de marché. Et le champ des expérimentations est vaste : agriculture paysanne et circuits de proximité, écovillages et habitats partagés, renouveau coopératif et solidarité inventive, éducation populaire et écoles alternatives.

C’est cette richesse et cette diversité que révèle ce livre, fruit d’une vaste enquête qui s’est déroulée pendant près de deux ans dans une dizaine de régions. L’auteur a recueilli de très nombreux témoignages et réflexions des acteurs de ce mouvement social invisible, souvent surprenants, toujours passionnants. L’ouvrage s’interroge enfin sur le sens de ce fourmillement d’initiatives. De très nombreux défricheurs rencontrés rejettent la politique, mais l’utopie concrète qu’ils vivent a bel et bien un sens politique. Pour autant, le changement social peut-il naître de l’essaimage d’alternatives locales ? Et, au-delà de la convergence vers des valeurs écologiques et sociales qui caractérise cette mouvance, comment définir la postmodernité à laquelle de plus en plus de gens aspirent ?

 

Éric Dupin, journaliste et essayiste, collabore actuellement au Monde diplomatique et à Slate.fr. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrage, dontVoyages en France (Seuil, 2011).

 

Table des matières

Introduction. Un continent méconnu 
L'univers bigarré d'une autre France
Enquête de terrain
Un mouvement invisible


I / La galaxie des expérimentateurs
1. Les nouveaux dissidents 
La « Nef des fous » des Alpes-de-Haute-Provence
Une ferme autogérée dans les Alpes-Maritimes
Charpentiers indépendantistes en Dordogne
Le peuple des yourtes
Le paradis perdu des « yourteurs » de Terre du Cinoble
Choisi ou subi ?
De la communauté à la coopérative : l'expérience de Longo Maï

2. Les îlots verts 
Éourres (Hautes-Alpes) : un vrai village
Un moulin collectif en Haute-Vienne
L'écohameau chrétien de La Bussière-sur-Ouche (Côte-d'Or)
L'Oasis de Lentiourel, un lieu de paix en Aveyron
Écologie et collectif : Écolectif en Haute-Garonne
Réalisme et utopie à la ferme des Amanins (Drôme)
Le village coopératif du Viel Audon (Ardèche)
La pédagogie en actes de l'Écocentre du Périgord
Réalisations personnelles : quand des vies basculent...
Élitisme et rayonnement des expériences alternatives

3. Les écomilitants 
Habitations atypiques
Militants de l'énergie
Laboureurs de terrain, dans le Tarn, le Var ou à Paris
L'étonnante pléiade des militants du local
Colibris engagés dans la transition
Écocentrismes, dans le Gers ou en Corrèze
Enracinement dans le territoire et convivialité

4. Les alterentrepreneurs
Les promoteurs d'innovations
Equiphoria, le cheval pour surmonter son handicap
Plantes aromatiques dans la Drôme, vin bio dans le Bordelais
Habitats écologiques
Biovallée (Drôme) et Écossolies (Nantes), pour stimuler la société civile
Créer son propre emploi
Idéalisme et sérieux


II / Le bouquet des innovations
5. Les nouveaux paysans 
Conversions bio
Reconversions agricoles
Fermes écologiques, de la Drôme à l'Hérault
Difficultés agricoles
Biodynamie et agroforesterie
La guerre de la semence : le combat de Kokopelli

6. La solidarité inventive
Libres échanges et monnaies locales
Rebond par recyclage
Isère, Savoie, Drôme : solidarités militantes
Des jardins conviviaux, de l'Île-de-France au Var et à l'Isère
Les limites de l'économie de la débrouille

7. Les cohabitations choisies
Lieux partagés
Du Château partagé à la Maison mosaïque : épreuves endurées
Risques d'usure, de la Viorne (Isère) aux Mûriers (Rhône)
Projets naissants en Rhône-Alpes
Projets en devenir
Militants de l'habitat

8. Apprendre autrement
Les pédagogies alternatives des écoles Montessori et Steiner
Écoles aux champs, en Ardèche et en Savoie
Innovations rurales : le Petit Monde et La Marelle
Les héritages difficiles de l'« éducation populaire »
Alternatives culturelles dans le Gers
Enjeu global, risque de l'élitisme

9. Les espoirs de la social-économie
Succès autogérés : des tondeurs de moutons d'Ardelaine (Ardèche)...
...aux scieurs de bois d'Ambiance Bois (Creuse)
Acome et Scopelec, des coopératives d'envergure
Mateloc et Ceralep : l'entreprise reprise par ses salariés
L'essor discret des coopératives d'entrepreneurs
Argent solidaire : financements alternatifs et monnaies locales
Dynamisme coopératif : les promesses de l'économie sociale et solidaire

10. Changer sa vie 
La conscience du ventre
La saga des AMAP
Épicerie bio et auto-alimentation
Consommation responsable et collaborative
Prendre soin de soi
Thérapies alternatives


III / L'utopie concrète
11. La vraie postmodernité
L'humilité intellectuelle de Pierre Rabhi
Montrer l'exemple avant l'écroulement du système
Séduction de la décroissance
Entre le fondamentalisme et la récupération

12. Le changement par les îlots 
Limites de l'écologisme politique
Écologisme radical
La transition amorcée ? L'exemple des Colibris
Expérimentation de la sociocratie et de l'holacratie
Construire un débat, écrire une Constitution


Conclusion. Un mouvement en gestation
L'émergence des « révolutions tranquilles »
Un mouvement social inconscient
Une nouvelle élite
Demain, deux mondes parallèles ?
Radicalité et pragmatisme : les défis de la « transition citoyenne »
Vers un mouvement convivialiste.

 

Le blog d'Eric Dupin.

 

 

 

 

Voir sur La Cité des sens, la page Création sociale et innovations culturelles.

 

 

 

Actualités des politiques culturelles

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 08:20

La culture relève d’une définition double et contradictoire puisque qu’elle désigne à la fois le particula-risme de chaque individu mais aussi ce qui nous élève au-dessus de nous-mêmes, de nos origines, nous permet de transcender l’appartenance culturelle au profit de l’inappartenance intellectuelle.
La culture a ceci d’indispensable qu’elle n’est pas utile mais possède, au contraire, la vertu d’apprendre aux hommes ce qu’il n’est pas nécessaire de savoir pour vivre. Elle ouvre sur une connaissance qui n’est pas seulement dictée par l’adaptation du monde à nos besoins. C’est d’abord en cela qu’elle nous «dérange». Car l’inculture est confortable, comme l’est le dogmatisme, le monolinguisme et l’enfermement dans la sphère étroite des aspirations individuelles, qui fabriquent des troupeaux de moutons perclus d’individualisme. La culture est un luxe, un désir naturel et non-nécessaire, un superflu qui donne au sujet le goût de l’autre et de l’intérêt pour la « liberté du monde » (Arendt).
Il ne faut pas croire que la culture est une garantie d’intelligence.
Peut-être peut-on penser la création indépendamment de la culture. Le fait qu’il existe des écrivains de génie qui n’ont pas de grande culture littéraire. En revanche, il me semble que seule la culture – au sens agricole et historique de « cultiver son jardin » – permet l’émergence de la nouveauté. Car il n’existe pas plus de nouveauté radicale qu’il n’y a de couleurs inédites. Le monde est un puzzle dont le réarrangement des pièces produit des figures nouvelles. Plus on a de pièces, plus il y a de combinaisons. La culture n’est pas une affaire de passé mais d’avenir.
(…)
Telle Janus… La culture possède deux visages, celui de l’ancrage et celui de l’arrachement, le visage typé, tellurique, incarné, singularisant d’une tradition, et le visage magnifique (mais abstrait) d’une transcendance qui nous «déprend de nous-mêmes» (Foucault), et nous invite à penser le monde séparément du lieu qu’on y habite.
Raphaël Enthoven

© Journal des grandes écoles,

http://journaldesgrandesecoles.com/la-culture-selon-raphael-enthoven/

Nous sommes dans un pays qui a commencé son action culturelle par la conservation, la protection des monuments, des institutions. Mais nous avons été très vite empêtres dans l’ambiguïté du mot culture. Durkheim définissait la culture comme les valeurs et les coutumes qui lient un groupe. Il faut rajouter à ce sens, comme Finkielkraut l’y invite, la transformation de l’héritage par la connaissance ou l’éducation. Lukacs a défini la culture comme « l’humanité de l’humain », propos terrible si l’on repense au moment où il a été écrit. A partir de ces définitions, je conçois la culture comme ce processus d’autocréation de l’homme par la culture, et j’essaie de travailler sur ce que cela signifie pour la démocratie. Il ne peut pas y avoir de projet de démocratie réelle s’il n’y a pas de place pour la culture et la création. L’Europe est une idée, non pas un territoire, c’est une véritable création qui doit, à mes yeux, se fonder sur ce que dit Lukacs.

Dans nos débats politiques, il faut que nous nous sentions obligés à un devoir d’humanité. La question est donc : quel statut donner à la création, et qu’entend-t-on par culture ? Après viennent les questions techniques de l’organisation du financement.

Catherine Trautmann

Lumière sur l’Europe, in Culture publique, Opus 3, Sens et Tonka éd., 2005

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 09:44

Où il est question de culture (comme on dit), d'histoire, de politique, de l'histoire des politiques publiques de la culture, de la démocratisation culturelle et des débats qu'elle a suscité et aussi de l'histoire du ministère de la culture.

 

 

Comme je le signalais ici même, il y a quelques mois, le Comité d’histoire du Ministère de la Culture a crée le carnet de recherches “Politiques de la culture qui diffuse des comptes-rendus et des communications données à l’occasion de séminaires ou de tables-rondes qu’il organise.

Il propose également des informations et des ressources documentaires produites à l’occasion de ces événements. Selon l’usage, les opinions exprimées par les auteurs n’engagent qu’eux-mêmes et ne représentant pas l’opinion du Comité d’histoire. Le Comité a, en effet, pour mission générale de rassembler et publier – pour les mettre à la disposition des chercheurs de disciplines diverses – des matériaux encore dispersés et provisoires (ou même des témoignages), le plus rapidement possible sans attendre nécessairement qu’ils soient cimentés dans des œuvres définitivement construites.

S'agissant du séminaire La démocratisation culturelle au fil de l’histoire contemporaine, les publications sont régulières et en voici le sommaire à ce jour

 

Philippe POIRRIER, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne, vice-président du Comité d’histoire du Ministère de la Culture

Relire l'histoire de la démocratisation culturelle.

 

Isabelle MATHIEU, Ingénieur de recherche, Université de Bourgogne

De l'action culturelle comme processus de fraternisation

 

Brigitte GILARDET, Doctorante en histoire de l'art contemporain, Université de Picardie

L'action originale de François Mathey en faveur de la démocratisation culturelle dans le

domaine des musées (1953-1985)

 

Marion DENIZOT, Maître de conférences en études théâtrales, Université Rennes 2

Retour sur l'histoire du théâtre populaire : une « démocratisation culturelle » pensée à

l'aune de la nation (XIXe-XXe siècles

 

Hervé GLEVAREC, Directeur de recherche au CNRS

L'épistémé de l'enquête sur les pratiques culturelles des Français : référentiel de

l'accession, indicateurs de fréquentation et définition de la culture

 

Sylvie PFLIEGER, Maître de conférences en économie, Université Paris Descartes

Essai de mesure des effets multiplicateurs des déterminants sociaux des pratiques culturelles

 

Claude PATRIAT, Professeur de science politique, Président du FRAC Bourgogne

Art en apogée – Culture en périgée ? : quand l'échec de la décentralisation culturelle nourrit l'échec de la démocratisation culturelle.

Nathalie MONTOYA, Maître de conférences, Université Paris Diderot

Les médiateurs culturels et la démocratisation de la culture à l'ère du soupçon.

Pierre MOULINIER, Comité d'histoire

La dimension territoriale de la démocratisation culturelle

 

Sandrine DUBOUILH, Architecte DPLG, Professeur des Universités, Université Bordeaux 3

Les maisons de la Culture, machines « vertueuses » de la mise en œuvre du projet de

démocratisation culturelle, 1959-1968

 

François GASNAULT, Conservateur général du patrimoine, chercheur associé au Lahic

Les rapports entre la direction de la musique et les associations de musiques et danses

traditionnelles : un processus de légitimation inabouti (années 1970 – années 1990)

 

Patrick GERMAIN-THOMAS, Chargé de cours, politique culturelle et médiation, CELSA Paris-Sorbonne

Le soutien public à la danse contemporaine en France : vers une démocratisation de l'exigence

artistique (1975-2010)

 

Cécile RABOT, Docteure en littérature, Agrégée de lettres classiques détachée comme ATER en sciences de l'information et

de la communication, Université Paris Ouest-Nanterre

La démocratisation culturelle par les bibliothèques de lecture publique, une préoccupation

d'hier ?

 

Mathilde SEMPE, ATER en science politique, Université Paris Ouest-Nanterre

Socio genèse d'une politique culturelle en Bretagne : retour sur le processus d'imposition de la catégorie de « démocratisation culturelle » (1950-1982)

 

Marine CORDIER, Sociologue, Maître de conférences en STAPS, Université Paris Ouest-Nanterre

Acteurs et enjeux de la démocratisation culturelle : le cas du cirque (1970-2010).

 

 

Marion VIOLLET, Docteure en arts plastiques, chargée de médiation espace d'art contemporain à Toulouse

Entre démocratisation culturelle et préservation d'une exigence de l’œuvre : construire une médiation de l'art contemporain.

 

Accéder au Carnet de recherches Politiques de la culture.

 

On trouvera d'autres documents relatifs au chantier de recherche sur les politiques de démocratisation culturelle sur le site du ministère :

  • Chronologie, bibliographie, sélection d'écrits sur la démocratisation culturelle (réalisés par Pierre Mouliner) ;

  • un numéro de Culture et Recherche (2005) consacré à cette question et divers documents du DEPS...

C’est ici.

Par ailleurs des pages spécifiques sont consacrées à l'histoire du ministère lui même et à l'action des ministres successifs depuis André Marlraux : C'est par là.

 

 

 

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 08:00

Notre contemporanéité est par définition en cours, c’est-à-dire que nous ne savons pas vers où elle nous conduit. Elle a pourtant des traits reconnaissables. Elle est brutale et elle est largement partagée. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit unifiée, tant s’en faut. Elle est mondiale, ou, plus exactement, elle s’est de proche en proche mondialisée. Cela ne signifie en rien qu’elle soit unifiée, comme le prétend le discours sur la mondialisation. Tout au contraire : elle confronte des situations, des histoires, des attentes, profondément différentes. Là où avait longtemps prévalu une lecture unifiée du devenir du monde, essentiellement occidentale, il existe désormais une multiplicité de lectures qui ne s’accordent pas nécessairement. La globalisation est une transformation dont il serait absurde de méconnaître l’importance. Il ne serait pas moins absurde de croire qu’elle va imposer un modèle unique. Tout au contraire, à travers les confrontations qu’elle rend possibles, à travers les nouveaux rapports de force qu’elle rend visibles, elle produit un autre répertoire de différences. À cet égard, le problème me paraît moins être celui de sauvegarder ces différences comme traces du passé, que de comprendre ce que les protagonistes, anciens et nouveaux, vont faire d’elles.
Mais cela suppose peut-être que nous – j’entends : les sociétés occidentales, qui se sont longtemps réservé le privilège du déchiffrement et de l’interprétation de l’histoire – commencions par reconnaître que ce privilège est désormais partagé. La prophétie d’une catastrophe civilisationnelle, que l’on entend parfois annoncer, pourrait bien n’être qu’une manière de dire que nous ne sommes plus les seuls maîtres du jeu. Il y a là un réajustement qui est sans nul doute difficile mais qui pourrait, à terme, être salutaire – et qui, de toute façon, ne nous laisse guère de choix. C’est sans doute de là qu’il faut repartir.

* * * * * * * * *

Extrait de Le passé est devenu une valeur refuge

 

1

Conversation avec Jacques Revel, Historien par Caroline Gaudriault

 

© Zig-Zag Blog.com

 

Zig-Zag part du principe que la pensée ne va pas d’un point A à un point B en ligne droite, mais évolue en spirale. Partisan de fuir le consensus, il respecte les contradicteurs. La vérité étant multiple et souvent remise en question, notre réflexion est en droit de zig-zaguer, comme le fait notre époque qui se cherche.
Avec la participation du photographe Gérard Rancinan et d’intellectuels, Zig-Zag invite à témoigner, à ouvrir des perspectives et converser d’une opinion à l’autre…
Zig-Zag veut échapper aux préjugés, affectionne particulièrement le libre arbitre et n’a pas peur de la nostalgie. Ce que Zig-Zag aime plus que tout c’est son époque, moderne. Et l’impertinence n’étant jamais très loin de son trait de caractère, il regarde avec ironie et sens critique les contradictions de notre société pour mieux en appréhender les contours et s’ouvrir sur des perspectives nouvelles.

 

Accéder à la version intégrale de l'entretien.

 

 

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 16:39

Comment évaluer le rôle joué aujourd'hui par la notion d'identité culturelle (je serais tenté de dire : le rôle joué dans la culture par la notion d'identité culturelle) ?
A l'occasion de multiples problèmes envisagés dans leur aspect théorique comme dans leurs implications politiques -tels ceux des "droits culturels" des individus et des peuples ; de la "démocratie culturelle" ; du "développement culturel" et des rapports entre "culture et développement" ; de la "promotion des langues nationales" ; du "rapport entre "conservation du patrimoine culturel" et "création" ou "innovation" ; de la "communication interculturelle" dans ses rapports avec la liberté d'expression ou avec le renforcement de la paix, etc. - les formulations qui nous sont proposées sont au fond sous-tendues par quatre grandes polarités catégorielles.

Ainsi débute l'analyse fouillée et éclairante proposée par Étienne Balibar à partir des réflexions présentées à la Table ronde sur "Identité et Culture" organisée à l'UNESCO les 14 et 15 décembre 1989 par la Division de Philosophie et des Sciences Humaines. Le début de ce texte, reproduit ici est une invitation à le (re) découvrir.


 

(…) les formulations qui nous sont proposées sont au fond sous-tendues par quatre grandes polarités catégorielles :

1. L'objectif et le subjectif

L'identité culturelle apparaît comme un ensemble de structures objectives (comme telles spontanément pensées dans la dimension du collectif, du social, de l'historique) et comme un principe ou un processus de subjectivation (spontanément pensé dans la dimension du "vécu", de l'individualité "consciente" ou "inconsciente"). Entre ces deux pôles il y aurait normalement correspondance ou réciprocité, suivant les schèmes de l'extériorisation et de l'intériorisation ; mais aussi, le cas échéant, conflit.

(…)

2. L'universel et le singulier

L'identité culturelle serait l'expression même de la singularité des "groupes", peuples ou sociétés, elle serait ce qui interdit de les confondre dans une uniformité de pensée et de pratique, ou d'effacer purement et simplement les "frontières" qui les séparent et qui traduisent la corrélation au moins tendancielle entre faits de langue, faits de religion, faits de parenté, faits esthétiques au sens large (car il y a des styles de vie comme il y a des styles

musicaux ou littéraires), et faits poli tiques. Mais en même temps elle poserait immédiatement le problème de l'universalité ou de l'universalisation.

 

(…)

3. Elite et masses (ou : le savant et le populaire)

Cette troisième polarité est omniprésente mais elle trouve différentes expressions, entre lesquelles règne un rapport d'analogie. Elle est d'abord

une façon de formaliser la distinction classique depuis le XIXe siècle au moins entre la culture (scientifique,technique, littéraire) et les cultures expressives des groupes sociaux (ou mieux de l'appartenance des individus à des groupes), et en ce sens elle ne fait que projeter dans le champ historico-sociologique la "dialectique" précédente de l'universel et du singulier.

 

(...)

4. Le permanent et l'évolutif

Ici la notion d'identité culturelle se réfléchit en quelque sorte sur elle-même dans la dimension privilégiée du temps. Avec ou sans référence explicite au " progrès", avec ou sans critique de la pertinence et des limites de celui ci, ainsi que des modes de la temporalité historique présupposés par toute

thèse qui porte sur l'historicité de la culture, il semble bien qu'on puisse reconnaître le postulat suivant, en forme d'unité des contraires : l'identité culturelle résiste au temps du simple changement, elle est identique à elle-même comme l'invariant de toute transformation (c'est pourquoi elle autorise la reconnaissance, la nomination "propre" des sujets collectifs) et ce pendant elle n'existe que par son incessante transformation (qu'on appellera création, vie, développement, mais qui finalement apparaîtra comme un réquisit de la notion même de "culture »)

 

(…)

© Etienne Balibar

Accéder au document sur le site Persée

 

# Voir aussi l'Entretien avec Etienne Balibar. réalisé par Laurent Etre et publié dans L'Humanité du 25 novembre 2011 à la suite de la parution de Citoyen sujet et autres essais d’anthropologie philosophique, d’Étienne Balibar. PUF, 2011, 536 pages

 

 

# Pour se convaincre de la permanence de réflexions politiques alternatives on peut aussi relire :

Les droits culturels en tant que droits de l'homme

par Francis Jeanson

Intervention lors de la réunion d'experts à l'Unesco sur le thème « Les droits culturels en tant que droits de l'homme », Paris, juillet 1968.

De larges extraits de ce texte et un lien vers sa version intégrale ont été publiés sur le blog

Devoir de culture.

 

# Sur La Cité des sens :La Diversité culturelle #3 (référence à un article de Jean-Michel Lucas).

 

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 06:48

Pour résister à l’entreprise coloniale de spoliation et d’anéantissement, les atouts du peuple Kanak auront été, d’une part, l’autonomie des chefferies entre elles, ce qui leur a permis d’éviter une guerre coloniale frontale et, d’autre part, la capacité de la Civilisation Kanak à s’adapter en s’appuyant sur des valeurs sociétales sûres. Ces valeurs qui fondent encore aujourd’hui l’organisation sociale Kanak, sont l’hospitalité, la générosité, le respect à tous les niveaux, la dignité, le travail, encadrées par la force des relations et de l’organisation sociale de la chefferie. Elles ont porté une dynamique interne forte, laquelle a permis de s’adapter et d’intégrer les nouveaux arrivants.

* * *

* * *

Ces quelques lignes sont tirées d'un texte que m'a fait parvenir une amie (qu'elle en soit ici vivement remerciée), il y a un peu plus d'une semaine.

Pure coincidence, le lendemain j'étais invité à participer à la présentation de l'ouvrage d’Agneline Escaflé-Dublet : Immigration et politiques culturelles

 

La France est un pays d'immigration ancien, mais la reconnaissance des composantes culturelles issues de l'immigration a été tardive, notamment parce que l'État a longtemps considéré les populations immigrées et leurs cultures uniquement sous l'angle des politiques sociales. Cette dominante sociale va perdurer pour appréhender les cultures d'origine, puis pour soutenir les émergences culturelles des générations suivantes, malgré une évolution certaine des représentations que les milieux artistiques et culturels ont de l'immigration, des publics immigrés et des créations nées des brassages culturels.

Angéline Escafré-DubletImmigration et politiques culturelles, La documentation française, Collection "Le point sur", 2014, 72 pages - 11 cm x 18 cm, 8 €

Ce passionnant travail permet de rappeler la simultanéité entre la création d'un ministère des affaires culturelles et l'entreprise de décolonisation, conduites sous l'autorité de Charles de Gaulle.

Les anciens administrateurs d’outre Mer rejoignent alors les rangs du tout jeune ministère.

« Faites ce que vous avez fait en Afrique », aurait dit André Malraux à Emile Biasini, rappelle Angéline Escafré-Dublet.

 

Et lorsque qu'André Malraux déclare à l'Assemblée, le 9 novembre 1967 : « Il faut bien admettre qu'un jour on aura fait pour la culture ce que Jules Ferry a fait pour l'instruction : la culture sera gratuite », on est en droit de ses souvenir que le fondateur de l'école laïque et républicaine fut aussi l'un des artisans historiques de l'entreprise française de colonisation.

 

Revenons au texte cité plus haut :

Charte du Peuple Kanak.

Socle Commun des Valeurs et Principes de la Civilisation Kanak

adoptée par le Sénat Coutumier le 14 avril dernier.

 

Ce très long texte qui s'ouvre par un mémoire et se conclut par un Message solennel comporte 3 chapitres :

 

  • Valeurs fondamentales de la civilisation Kanak

  • Principes généraux de la civilisation Kanak

  • Exercice du droit à l'autodétermination du peuple Kanak

  •  

C'est dans le deuxième de ces chapitres que se trouve la section consacrée à la culture et à l'éducation.

 

  1. Les autorités coutumières se mobilisent pour que les familles et les clans mettent en œuvre le socle commun des valeurs Kanak.

  2. Les langues et la culture sont les vecteurs et l’expression de la Civilisation Kanak, de sa philosophie et de sa Coutume. La diversité des langues traduit la richesse de cette culture. C’est un patrimoine unique qui ne peut disparaître et les membres de chaque clan dépositaire de cet héritage ainsi que le Peuple Kanak dans son entier en sont les garants.

  3. Toutes les langues Kanak doivent être sauvegardées et promues. La pratique de la langue doit être effective dans les tribus et dans les chefferies. L’apprentissage de la langue et de la culture Kanak doit être assumé par les parents.

  4. Il est nécessaire de créer en tribu des lieux d’apprentissage de la vie coutumière et de la langue pour les enfants.

  5. Le Droit de l’Enfant autochtone doit être pris en compte et servir de support à l’éducation publique, notamment civique, en particulier dans les écoles maternelles et primaires. La reconnaissance des langues Kanak doit se traduire par un enseignement effectif en milieu scolaire.

 

Mais, pour comprendre, en grandeur réelle, ce que diversité et droits culturels veulent dire,  il faut lire ces quelques principes dans leur contexte riche et complexe où il est question de la vision philosophique , de l'occupation de l'espace, des structures coutumières de l'individu, de la parole, du cycle de la vie et de la personne, de la souveraineté sur la nature et les ressources, des savoirs traditionnels...

 

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Pour mémoire : Préambule de l'accord de Nouméa, 5 mai 1998

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 08:10

Le texte qui introduit sans doute le mieux à la construction du concept de pratiques culturelles et, surtout, des enquêtes et des études sociologiques qui lui ont peu à peu donné "consistance" et "crédibilité"  est du à l'un des artisans principaux de ces travaux, Olivier Donnat, et publié dans un recueil en hommage au créateur et chef du service des études et de la recherche du ministère, Augustin Girard.

Il figure dans l'ouvrage :

Le fil de l'esprit

Augustin Girard, un parcours entre recherche et action, Paris, Comité d'histoire du MCC,  2011.

 

On peut le télécharger : CLIQUER ICI.  

 

Une approche plus historienne de la notion est proposée par Philippe Poirrier : 

Les pratiques culturelles au cours des années 1960 et 1970 

in J.-C. GROHENS et J.-F. SIRINELLI (Dir.), Culture et action chez Georges Pompidou, Paris, 

Presses universitaires de France, 2000, p. 123-138.

 

On trouve ce texte sur le web  : CLIQUER ICI 

 

Cette seconde contribution évoque, à juste titre l'apport de Michel de Certeau, plus anthropologique ou philosophique que sociologique, à l'accréditation de ce concept. Parmi de nombreux articles consacrés à cet auteur,on peut signaler :

Les trois héritages de Michel de Certeau. Un projet éclaté d'analyse de la modernité  

par  Éric Maigret 

 

également accessible sur le web : CLIQUER ICI. 

 

L'oeuvre de Michel de Certeau est abondante, plurielle et compexe.

Il se trouve qu'une des meilleures synthèses en mesure d'articuler les dimensions théologiques, anthropologiques, historiennes et philosophiques des travaux du chercheur jésuite est due au philosophe marxiste Pierre Macherey. 

Je crois utile de le citer longuement.

 

"(...) il est possible de comprendre les enjeux véritables de l’ouvrage que de Certeau a consacré à « L’invention du quotidien », et qui représente un aboutissement de ce que nous venons d’appeler sa mystique du quotidien. Cet ouvrage, publié en 1980, présente le bilan d’une recherche collective entreprise en 1974 sur commande de la DGRST, dans la lancée d’un colloque international tenu à Arc-et-Senans en 1972, dont il avait été le rapporteur, qui avait eu pour objet de définir une politique européenne de la culture (cf. à ce sujet les textes réunis par de Certeau dans La culture au pluriel, éd. 10/18, 1974, repris en 1993 dans la collection Points/Essais des éditions du Seuil).

Lorsqu’il aborde la thématique générale de la culture, de Certeau est surtout préoccupé par le clivage qui la traverse en profondeur :

« D’un côté, elle est ce qui « permane » ; de l’autre, ce qui s’invente. Il y a d’une part les lenteurs, les latences, les retards qui s’empilent dans l’épaisseur des mentalités, des évidences et des ritualisations sociales, vie opaque, têtue, enfouie dans les gestes quotidiens, à la fois les plus actuels et millénaires. D’autre part, les irruptions, les déviances, toutes ces marges d’une inventivité d’où des générations futures extrairont successivement leur « culture cultivée ». La culture est une nuit incertaine où dorment les révolutions d’hier, invisibles, repliées dans les pratiques – mais des lucioles, et quelquefois de grands oiseaux nocturnes, la traversent, surgissements et créations qui tracent la chance d’un autre jour. » (La culture au pluriel, éd. 1993, p. 211)

De Certeau reprend donc à son compte l’idée de la réification de la culture et par la culture, qui avait été développée par Adorno et Horkheimer dans leur Dialectique de la raison : la culture, davantage encore que le travail industriel, est la forme par excellence de l’assujettissement des masses auxquelles elle communique en uniformisant leurs comportements sa prétendue rationalité, dans le cadre de ce que Debord, reprenant les prémisses de cette analyse, a appelé « société du spectacle ». Mais il assortit dialectiquement cette idée de sa contrepartie : la culture est aussi, dans le silence discret de ses pratiques, de ses « arts de faire », de ses « usages », qui ne sont pas fatalement conformes, du moins pas tous, un champ d’innovation qu’il serait criminel de laisser en friche, alors qu’il est porteur, en dépit des pesanteurs et des contraintes dont il est le siège, de l’avenir de la société : là pullulent en effet ce que, dans le langage aujourd’hui à la mode, on appelle des pratiques émergentes, qui ont dû revêtir au départ le caractère de pratiques déviantes. Le champ dans lequel une politique de la culture a à intervenir est ainsi polarisé par ce double jeu entre un régime de passivité, où s’accumulent des pesanteurs et des retards, et un régime d’activité, où, dans un certain désordre, s’esquissent des avancées. Cette idée se trouvait déjà chez Lefebvre, qui écrivait, dans l’Introduction de sa Critique de la vie quotidienne :

« La substance de la vie quotidienne, l’humble et riche « matière humaine », traverse toute aliénation et fonde la désaliénation. »(Critique de la vie quotidienne, t. I (Introduction), éd. de L’Arche, 1958, p. 109)

Donc, pas d’aliénation sans que ne s’ouvre la possibilité d’un mouvement de sens inverse, allant dans le sens d’une désaliénation, et prenant la forme d’une résistance à la domination, résistance qui est la réponse des dominés à l’agression qu’ils subissent.

De Certeau, à l’exemple de Lefebvre, est ainsi conduit à dépasser l’opposition traditionnelle entre production et consommation, ce qu’il fait en soutenant que la consommation, et en particulier la consommation culturelle, est aussi à sa manière une production, obéissant à une autre logique que celle qui commande la production proprement dite :

« A une production rationalisée, expansionniste autant que centralisée, bruyante et spectaculaire, correspond une autre production, qualifiée de « consommation » : celle-ci est rusée, elle est dispersée, mais elle s’insinue partout, silencieuse et quasi invisible, puisqu’elle ne se signale pas avec des produits propres mais en manières d’employer les produits imposés par un ordre économique dominant. » (L’invention du quotidien, I- Arts de faire, Introduction générale, éd. Gallimard/Folio, 2002, p. XXXVII)

Alors que la production de biens de consommations, qui sont des marchandises, est soumise à un effort d’organisation rationnelle centralisateur dans son principe, la seconde production, qui concerne, non des produits matériels mais la manière de les employer, opère discrètement sur un autre plan, immatériel, culturel, où ses interventions sont dispersées, insinuantes, rusées : elles prennent la forme de pratiques de contournement, qui opèrent en contrebande, non sur le plan des macro-structures, mais sur celui des minuscules préoccupations qui définissent proprement le quotidien, lieu, non d’une consommation unilatérale de la culture, mais de son appropriation par ceux qui la transforment en en faisant usage concrètement ; et ceci hors de tout contrôle, car si des procédures de marketing peuvent susciter artificiellement l’envie d’acquérir des biens de consommation dont on n’a en réalité nul besoin, elles ne peuvent se substituer à ceux qui, ayant cédé à cet appel, doivent trouver par eux-mêmes, à leurs frais et sous leur entière responsabilité, la manière de s’en servir, voire éventuellement de ne pas s’en servir."

 

¤ ¤ ¤ ¤ ¤

 

LIRE LE TEXTE INTEGRAL (Copyright Pierre Macherey)

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 18:21

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© Sonorama, n°8, mai 1959

 

 

 

 

 

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 18:12

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La page Création sociale et innovation culturelle qui recense quelques sites, ressources, répertoires sur  les expériences que mènent, loin des caméras et des micros, ceux qui croient encore à l'idéal universaliste des Lumières, selon l'heureuse formule de Gérard Noiriel est de nouveau actualisée  avec l’ajout d’une rubrique renvoyant au site de l’association Hors Les Murs.

 

 

12. Banque d’expériences de Hors Les Murs

 

Dans le cadre de son chantier "Politique de la ville, & Culture", HorsLesMurs souhaite identifier et valoriser les projets rue et cirque menés dans le cadre de la Politique de la ville et/ou de ses thématiques.

 

Cette Banque d’expériences en ligne présente plus de 110 fiches-projets selon

Elle a vocation à s’enrichir au fur et à mesure de la collecte des fiches d’expériences. Elle est désormais relayée par une publicationIn Situ In Cité, projets participatifs dans l’espace public, mise en ligne (téléchargement pdf, livre numérique) en décembre 2012. 

Pour les arts de la rue, ce travail est mené en collaboration avec la Fédération nationale des arts de la rue.

Pour les arts du cirque, ce travail est mené en collaboration avec le Syndicat du cirque de création.

 

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Présentation

  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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Profil

  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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