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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 19:33

 

 

 

Lemondefr_grd

 

 

Résumé des chapitres précédents.

L’objet de ces notes est d’éclairer la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel. Et de décrire la chose artistique en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, d’interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion. Comme un roman est un miroir qu’on promène le long d’un chemin, je m’oblige à porter une attention oblique et distraite au monde et au quotidien.

Transition super fastoche (la honte !) : il ne s’agit aujourd’hui de rien de plus que de lire le grand quotidien du soir dans son édition datée du vendredi 16 février.

Chapitre 6.

Comme tout les jeudis, il y a un supplément Le Monde des livres et en page 2 de ce supplément une lettre de Danièle Sallenave écrivain et membre du jury Femina.

Elle n’est pas contente parce que dans un débat, elle s’est fait traiter de « réactionnaire » et que Le Monde s’en est fait l’écho. Elle tient à s’expliquer.

 

Qu’avais-je dit en préambule ? (…) Qu’il me paraissait hasardeux et peut-être inutile de débattre du roman sans questionner la dérive qui a fait sombrer « l’art » dans « la culture » et « la culture » dans « l’animation culturelle ». (..) j’évoquais la difficulté où se trouve chacun (et pas seulement l’ « écrivain ») à conserver l’ombre d’une singularité, et l’espace nécessaire à une pensée libre, lorsqu’on est à toute heure soumis au bavardage généralisé de la société de divertissement, qui gave, menace, punit, récompense et console dans une même sollicitude étouffante de « mère mortifère », et qu’on se voit livré au règne et à la domination de ses pulsions dans un devenir où toute sublimation devient impossible, qu’elle soit artistique ou politique.

 

Page 27 du même Le Monde, dans la rubrique Culture un article de Fabienne Darge, consacré au spectacle « Cap au pire » qui se donne au Théâtre de l’Atelier commence ainsi :

 

Depuis plusieurs années, Sami Frey poursuit une oeuvre un peu particulière : celle d’un lecteur d’exception. Tout amoureux de la littérature, dans le secret de sa chambre, compose une œuvre intime et étrange –car, oui, la lecture est un art- qui se rapproche à bien des titres de celle du comédien.

© Le Monde.fr

 

La page d’avant, page 26, sous le titre “Candidats,  exprimez vous! ” est ainsi surtitrée :

Pétition, débats, appels. Le monde de l’art s’inquiète du silence des politiques avant l’élection présidentielle.

 

Vérifiez en cliquant ci-dessous qui appartient et qui n'appartient pas au monde de l’art.

 

 

 

Candidats, exprimez-vous !
LE MONDE | 15.02.07
***

A la fin de l’article principal de ce dossier, on nous explique que le nouveau président du Syndeac observe une souffrance chez les artistes.

Si j’ai bien lu ce dossier, les citoyens n'ont pas l'air de faire partie du monde de l’art contrairement aux amoureux de littérature qui ressemblent à Sami Frey. Et je ne parviens pas à comprendre s’ils souffrent de la même souffrance que celle analysée par Madame Sallenave, d’être livré au règne et à la domination de ses pulsions dans un devenir où toute sublimation devient impossible, qu’elle soit artistique ou politique.

Sur la différence ou non entre les citoyens ordinaires et moins ordinaires et dans les pages Débats, pages 19 et 20 du même numéro, M. Eric Debarieux, sociologue à l’Université de Bordeaux II et M. Yves Sintomer, professeur de sociologie à l’Université de Paris VIII ne sont pas d’accord, mais alors  pas du tout.

Pour le premier (Peuple « d’en bas » contre intellos d’en haut) : l’éviction des chercheurs des débats électoraux est stupide et humiliante. Pour le seconrd (Tordre le cou aux contrevérités) : Non, la « démocratie participative » n’est pas qu’un slogan électoral. L’histoire de cette notion remonte aux années 1960., 

Qui a raison ?  Qui a gagné?

Paris 8 ;  Bordeaux 2,  y a pas photo même si l’arbitre a sifflé un penalty litigieux. Non ?

 

Arcadi_77_27
©

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Notes archivées 2008
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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 18:09

Lors d’un certain nombre de débats ou rencontres auxquels j’ai participé ces derniers temps, j’ai entendu à plusieurs reprises des voix s’élever pour qu’on cesse d’entretenir la confusion entre l’artistique et le culturel.

Je crois comprendre à peu près l’inquiétude qu’elles manifestent devant les problématisations approximatives qui marquent aujourd’hui le débat sur les politiques culturelles et le soutien à la création.

N’empêche, je reste très perplexe. Je ne suis pas sûr que cette tension entre art et culture puisse ou doive être dépassée. Ou pour le dire autrement, je crois que je n’aimerais pas vivre dans une démocratie ou quelqu’un (qu’il soit universitaire, critique d’art, philosophe, ministre ou fonctionnaire) pourrait s’arroger le droit d’imposer une distinction entre artistique et culturel.

Cette tension et l’incertitude qui en découle ont partie liée avec la question de la démocratie (ni mécénat monarchiste, colbertiste ou jacobin, ni réalisme socialiste).

 

Mais c’est d’abord pour des raisons sémantiques et historiques que le désir de protéger la pureté de l’artistique contre la contagion du culturel relève plus de la nostalgie que du projet.

 

Rey Alain Rey, lexicologue distingué conclut ainsi l’entrée Artiste de son Dictionnaire culture en langue française :

Ainsi, à partir des notions d’ « artisan supérieur » ou de « créateur esthétique » (milieu du XVIIIè siècle à 1810-1820), jusqu’à la puissance quasi-emblématique du mot à l’époque romantique, de celle-ci aux modulations de la modernité créatrice (en France, Baudelaire,  ensuite Huysmans ou Villiers de l’Isle-Adam), puis aux révolutions esthétiques et conceptuelles du XXè siècle, le signe artiste –avec ses équivalents en d’autres langues- a résisté  mais a perdu une part de ses prestiges. Toutefois, les pouvoirs d’un mot sont fondés sur les habitudes et les fantasmes qui se nourrissent d’ambiguïtés. Aujourd’hui que des créateurs proclament que l’art est partout, que le moindre déchet urbain est un objet de l’art, quand les philosophes voient (après Valéry) l’art dans le savoir, lorsque savoir et argent envahissent l’art, où est l’« artiste » ?

Les réponses sont nombreuses, contradictoires, toutes contestables. Les suggestions les plus justes sont peut-être celles qui viennent des artistes eux-m^mes, tel ce projet de l’architecte Robert Filliou pour les toilettes du musée d’Etat de Müchengladbach (1969), qui réjouira sans doute les lacaniens par les trois portes déplaçant la barre du signifiant » : men, women, artists.

 

Arcadi_77_30

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9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 09:06

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L’objet de cette série de notes est de s’interroger sur la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines. Et de conduire cette enquête en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel. De dégager la chose artistique de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.)

 

Résumé des chapitres précédents

Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote (Stendhal).

voir la note

 

Il existe en langue italienne une forme de tutoiement qui n’est pas intime : c’est un simple tutoiement entre les compagnons d’une même profession, analogue au tutoiement banal qu’utilisent entre eux, souvent, en langue française, les gens de spectacle : les gens de la chanson, les gens du cinéma, les musiciens (Jean-Patrick Manchette).

voir la note

La gauche devrait remettre en cause cette organisation de la culture et prendre ses distances avec des pièges idéologiques tels que l’acriticisme du créateur individu, ou l’illusion que le soutien financier de l’État à quelques barons du théâtre, serait un combat contre l’uniformisation américaine. (Franck Lepage)

 

 

voir la note

 

 

 

Aujourd’hui, ma modeste contribution aux gender  studies.

 

Tout commence en 1981.

Ce gouvernement compte non pas un mais quarante-quatre ministres de la Culture. Chacun de leurs actes a valeur d’acte de civilisation. Culturelle, l’abolition de la peine de mort ! Culturelle, la réduction du temps de travail ! Culturel, le respect du tiers-monde ! Culturelle, la reconnaissance du droit des travailleurs ! Culturelle, l’affirmation des droits de la femme !

Jack Lang, discours à l’Assemblée nationale (17 novembre 1981), publié dans Cultutre publique Opus 1, page 40 et cité par Mathilde Priolet « Les pratiques culturelles et l’éclipse du politique », La Scène, n° 43, décembre 2006.

L’envolée lyrique était justifiée. Nous passions de l’ombre à la lumière, rien de moins. 15 ans après le caractère éminemment culturel de l’affirmation des droits de la femme bute sur le droit des femmes à exercer des responsabilités dans le domaine de l’art et de la culture, comme le montre le rapport remis par Reine Prat à la DMDTS à l’automne dernier. Rapport dont le nouveau président du Syndeac rappelle l’essentiel, avec une grande pertinence, dans son éditorial de Des mots & Débats n° 22 - décembre 2006 (publié sur le site du Syndeac).

 

 

Masculin - Féminin

 

Les études ont souvent pour destin les étagères du service des archives. Il serait bien que le sort de celle dont nous allons ici parler y échappe. Ou alors après avoir marqué les esprits et suscité interrogations et remises en cause. Si ces quelques lignes peuvent y aider, cet éditorial n'aura pas été inutile. Il est donc un rapport* rédigé par Reine Prat qui analyse la place des femmes dans nos professions. Dire d'abord qu'il est suffisamment bien écrit pour que l'on s'y plonge, suffisamment court pour être lu de bout en bout, suffisamment clair pour être compris, suffisamment chiffré pour être édifiant, suffisamment réaliste pour que ses propositions et pistes de réflexion soient suivies. De son contenu, nous retiendrons cette simple information: 27% des officiers de l'armée française sont des femmes. Pour une femme, il est donc plus facile de diriger un corps d'armée que de diriger un théâtre institutionnel (8%) ou un orchestre (6% des concerts programmés dans nos institutions). L'armée est moins misogyne et ségrégative que le monde artistique. De quoi perturber plus d'un rétif à l'uniforme. Évidemment, ça rend modeste. Claire Lasne**, citée dans ce rapport, le dit à sa façon. "Nous vivons dans un petit monde, construit sur des lois artificielles, et qui ne correspond en rien à la population à qui nous sommes censés nous adresser". Le propos peut paraître entier et par trop exagéré. Ce n'est pas le constat implacable mis en évidence par ce rapport qui va lui donner tort. La femme est peut-être l'avenir de l'homme. Manifestement, pour le spectacle vivant, il y faudra un peu de temps et beaucoup de volonté.

Francis Peduzzi

*Il est intitulé Mission EgalitéS, Pour une plus grande et une meilleure visibilité des diverses composantes de la population française dans le secteur du spectacle vivant, Pour l'égal accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité, aux lieux de décision, à la maîtrise de la représentation. Le titre est long mais a l'avantage de bien expliciter son sujet. Ce rapport est le téléchargeable en marge.

** directrice du centre dramatique régional de Poitou-Charentes, lettre du 14 décembre 2005, extrait

 

 

 

 

Alors ? Exagéré le propos de Claire Lasne ? « … un petit monde, construit sur des lois artificielles » n’est-ce pas une autre manière de parler des us et coutumes, de l’habitus du monde artistique, un signe en direction de la chose artistique?

Mais il y a plus concret encore.

Dans sa livraison de septembre 2006, La Scène a justement publié un dossier « La Culture au masculin » à partir de ce même rapport de Reine Prat

A l’appui de l’analyse d’Anne Quentin, en encadré, un témoignage « malheureusement anonyme car il est impossible de dénoncer encore aujourd’hui les auteurs de telles pratiques qui bien entendu ne se laissent jamais aller à de tels propos publiquement ».

Lors d’une fête de fin de saison en Ile-de-France, réunissant directeurs de lieux, compagnies et acteurs culturels, tous un verre à la main, l’occasion de se rencontrer, de prendre des contacts, de discuter. Je me retrouve nez à nez avec le directeur d’un CDN dans lequel j’ai travaillé deux mois auparavant. On se salue. Je lui fait part de mon intention de l’appeler à  la rentrée, pour prendre rendez-vous afin de lui parler de mon projet en cours (une piève à moi que je veux monter). Il recule, gêné, me dit qu’il a beaucoup de dossiers à gérer. J’insiste un peu en lui disant que tout cela je le sais, mais que venant de travailler dans le lieu qu’il dirige (un lieu public) il me semble logique et légitime de lui demander ne serait-ce qu’un rendez-vous. La réponse arrive : "Je sais que tu as un beau cul mais je ne connais pas ton travail ». Ce qui s’est passé dans ma tête, dans mon corps, dans mon cœur à ce moment-là est difficile à décrire. Un coup de poignard. La honte aussi. Honte d’avoir été déshabillée sans l’avoir choisi, de voir mon cul, ni, posé sur la table, comme dit Genet – oui, les mots ont ce pouvoir-là, de faire exister les choses. Il y a la colère aussi et le chagrin. Je me souviens que mes mâchoires se sont serrées. J’ai répondu sèchement, une pauvre réponse raisonnable : "Eh bien justement, tu peux lire.Il y a une pièce et un dossier ? Au moins tu connaîtras mon travail ».

Choquée, je suis aussitôt allée voir les copains. Je leur raconte la scène, à chaud, de plus en plus outrée. Au-delà de ma blessure de femme, je répète : « C’est un directeur de lieu public qui parle comme cela à une artiste défendant son travail ». Les copains compatissent, sans plus. Beaucoup me disent : « ben oui, c’est bien connu dans le métier, on sait qu’il est comme ça, un peu libidineux ». Et la fête continue.

 

 

 

L’occasion rêvée de conclure comme Alexandre Vialatte « Et c’est ainsi qu’Allah est grand » !

Arcadi_77_15

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Notes archivées 2008
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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 08:02

Parc_2

Résumé des chapitres précédents :

Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote (Stendhal).

 

Il existe en langue italienne une forme de tutoiement qui n’est pas intime : c’est un simple tutoiement entre les compagnons d’une même profession, analogue au tutoiement banal qu’utilisent entre eux, souvent, en langue française, les gens de spectacle : les gens de la chanson, les gens du cinéma, les musiciens (Jean-Patrick Manchette).

L’objet de cette série de notes est de s’interroger sur la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines. Et de conduire cette enquête en s’intéressant aux choses simples et banales comme l’habitus des acteurs du monde culturel. De dégager la chose artistique de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tout ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, etc.)

Soit une approche radicale de la question :

Le « créateur », ce nouveau héros de la gauche, est devenu un véhicule idéologique du capitalisme, et de ses maîtres mots : innovation, liberté, pouvoir et valeur

Aujourd’hui, le PS et le PCF sont englués dans la « défense de la création contemporaine », qui met fin à toute véritable réflexion sur la question culturelle, et nous infantilise en nous positionnant comme simples « réceptacles béats » des lumières de créateurs tout-puissants.

Ces formules sans appel sont dues à Franck Lepage

En savoir plus sur Franck Lepage su Wikipedia

 

Invité, lors de l’université d’été de la LCR, pour présenter son spectacle, « Incultures », Franck Lepage, militant de l’éducation populaire, analyse ici le rendez-vous manqué de la gauche et de la politique culturelle.

Paru dans Rouge n° 2174 du 28 septembre 2006, sous le titre Culture et capitalisme. LEPAGE Franck Propos recueillis par Ivan Guimbert.

 

 

Et aujourd’hui, à gauche, quels sont les rapports avec la culture ?

F. Lepage. À gauche, la culture a colonisé le champ du politique au point de s’y substituer. Depuis 1981 et Jack Lang, la figure qui rassemble à gauche n’est plus celle de « l’ouvrier » qui s’organise collectivement et dispose d’un métier ou d’un savoir-faire (années 1970), mais celle de « l’artiste » (années 1980), qui crée individuellement et dispose d’un savoir être. être de gauche ne veut plus dire mobiliser les travailleurs vers un rapport de force fondé sur une explication des causes collectives des inégalités, mais défendre la liberté d’un individu porté aux nues : l’artiste créateur, nouveau héros substitué à la figure de l’ouvrier. Ce basculement idéologique correspond aux exigences du « nouveau management » qui vise à casser les solidarités syndicales et le sens du métier pour mettre en place une forme de travail individualisée fondée sur la notion de projet et où la « compétence » remplace la « qualification ». C’est une bataille des mots que nous sommes en train de perdre. Marcuse nous avait prévenus : nous ne pourrons bientôt plus critiquer « efficacement » le capitalisme, parce que nous n’aurons plus de mots pour le désigner négativement - les défavorisés ont remplacé les exploités, le lien social a remplacé l’ordre, la culture a remplacé le politique.

En réduisant la culture aux Beaux-Arts, la Ve République a piégé durablement la gauche dans la défense des créateurs. Exit la culture ouvrière ou paysanne, toutes les formes possibles et imaginables de culture populaire, en commençant par le combat politique et le combat syndical, qui se trouvent reléguées hors du champ « culturel ». Véritable élimination du politique, comme le dira Malraux : « Nous allons enfin savoir ce qui peut être autre que le politique dans l’ordre de l’esprit humain. »

Dans cette optique, quelle est la place des artistes ?

F. Lepage - Le « créateur », ce nouveau héros de la gauche, est devenu un véhicule idéologique du capitalisme, et de ses maîtres mots : innovation, liberté, pouvoir et valeur. Innovation, par exemple, quand l’art « contemporain » glorifie une nécessité de renouvellement constant et immédiat qui correspond à l’impératif de renouvellement permanent du stock de la marchandise culturelle. Ce qui est passé est dépassé, ringard et dévalué. Le ministère de la Culture finance de la « nouveauté », à l’exclusion de toute autre considération.

Liberté, quand l’art fait croire à la démocratie, à travers une fausse liberté d’expression, sans enjeux, sans objets, sans risque, et qui ne remet en cause aucun pouvoir ni aucune institution. Petites provocations gratuites et décadentes, non-événements absolus, quand les acteurs de Jan Fabre urinent « pour de vrai » dans la cour d’honneur du palais des Papes au Festival d’Avignon. Ce summum de « courage artistique » fait trembler le patronat sur ses bases ! Il s’agit, sans doute, d’une manifestation de la démocratie, d’une culture officielle, qui consiste à valoriser en permanence la liberté d’expression sans objet, et à éliminer le politique. Pouvoir, au travers de la souveraineté absolue du créateur, qui a tous les droits et dont il faut exaucer tous les caprices au nom de sa liberté d’initiative, réplique de la souveraineté du patron sur son entreprise. Aucune critique ne peut leur être adressée, ils sont « propriétaires » de leur production.

Valeur enfin, quand l’art réalise le rêve du capitalisme : fabriquer de la valeur sans fabriquer de la richesse et en éliminant totalement le travail humain. Les petits morceaux de nappes en papiers déchirés par un artiste contemporain lors de ses différents petits-déjeuners, exposés à la foire d’art contemporain de New York, puis vendus plusieurs millions d’euros avant de rejoindre la spéculation sur le « marché de l’art », sont une manifestation éclatante de la possibilité de fabriquer de la valeur sans s’embarrasser du travail, de dématérialiser la production.

Quelle solution proposer ?

Lire F. Lepage - La gauche devrait remettre en cause cette organisation de la culture et prendre ses distances avec des pièges idéologiques tels que l’acriticisme du créateur individu, ou l’illusion que le soutien financier de l’État à quelques barons du théâtre, serait un combat contre l’uniformisation américaine. Le problème n’est pas artistique, il est culturel. Il consiste à faire à nouveau rentrer la politique dans la culture. Aujourd’hui, le PS et le PCF sont englués dans la « défense de la création contemporaine », qui met fin à toute véritable réflexion sur la question culturelle, et nous infantilise en nous positionnant comme simples « réceptacles béats » des lumières de créateurs tout-puissants. Reprenons la question culturelle là où Malraux l’a laissée. Construisons une culture qui soit l’expression des individus et des groupes sur leurs conditions de vie, ainsi qu’un axe de transformation sociale !

Lire l'article.

Je ne parviens pas à partager complètement cette analyse (j’y reviendrais peut-être en montrant que cette manière d’écrire l’histoire des politiques culturelles me paraît un peu schématique) mais je retiens cette hypothèse que la chose artistique est acritique voire apolitique.

 

 

 

Arcadi_77_13

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 07:30

« Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote ».

Voilà résumée toute la sociologie de la culture. Il ne s’agit pas d’une citation de Pierre Bourdieu mais d’une phrase de Stendhal, dans le Rouge et le Noir (Livre I, chapitre 26).

Habitus : une certaine manière de se comporter et d’apparaître aux autres, acquise par répétition et qui devient comme une seconde nature. Une posture, une façon de se poser qui signifie une singularité et  la participation à un collectif, une classe, une communauté.

La chose artistique résulte de ce que les artistes  (et leurs « partenaires » : politiques, fonctionnaires, conseillers, médiateurs..) ont en partage. Un fond commun insu, oublié tant cela va de soi, banal. C’est l’implicite de la complicité, une connivence qui les place quelque part dans le champ social, dans les relations de solidarité et les rapports de force (la lutte des classes) qui font société.

[Tentation de la polémique et de la formule facile à l’emporte pièce : les travailleurs à la chaîne prennent une pause, les artistes prennent la pose. Renoncer à la tentation].

Un autre romancier nous fait saisir cela, plus proche de nous que Stendhal, sans être toutefois notre contemporain puisqu’il est décédé prématurément.

Manchette_1  Dans Iris Kulturkampf, un projet inabouti situé entre La position du tireur couché et La princesse du sang (qui reprend les thèmes et personnages d’Iris) Jean-Patrick  Manchette campe le personnage d’un certain Maurer, comédien assez médiocre qui est recruté à cause de sa ressemblance avec un certain Victor Bester.

Dans ce coup tordu, il se trouve associé à une chanteuse italienne à la carrière incertaine Alba Joy Black. 

Tandis qu’ils attendent le moment de passer à l’action, c'est-à-dire d’incarner Victor Bester et sa supposée petite amie du moment, une relation trouble se noue entre eux.

Manchette note ceci :

Plus tard, alors qu’il avait perdu à jamais la possibilité d’éclaircir la chose, d’en avoir le cœur net, l’homme devait se demander quelquefois si Alba Joy Black l’avait réellement tutoyé dans cet instant-ci ; si elle l’avait tutoyé d’une manière intime. En effet elle était italienne; et il existe en langue italienne une forme de tutoiement qui n’est pas intime : c’est un simple tutoiement entre les compagnons d’une même profession, analogue au tutoiement banal qu’utilisent entre eux, souvent, en langue française, les gens de spectacle : les gens de la chanson, les gens du cinéma, les musiciens.

Le tutoiement des gens du spectacle participe de ce que j’entends par chose artistique.

[Note de méthode : rester superficiel. Il y a beaucoup d’esprits pénétrants. Des ouvrages aux analyses pénétrantes, ma bibliothèque en est pleine. S’efforcer d’être profondément superficiel c’est interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion.

S’abstenir de faire preuve de pénétration pour laisser les choses en l’état : «un roman, c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin ». Stendhal, encore]

*

Arcadi_77_11

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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 10:06

Au moment de publier cette première note de l'année, je m'interroge. Dois-je la ranger dans la rubrique Humeurs ou dans Débats et réflexions ? L'avenir nous le dira peut-être.

 

Les mois qui viennent risquent d’être difficiles. Déjà quelques tribunes libres, quelques « Rebonds », un ou deux appels ont stigmatisé l’absence des enjeux artistiques et culturels dans le débat présidentiel.

Et quand ils sont abordés, l’indigence n’est pas loin.

Mais la compétition va s’aiguiser et viendra fatalement le temps des promesses.

Il est toutefois à craindre qu’entre les appels des uns et les engagements des autres, on s’épargne l’effort de l’indispensable diagnostic.

Et qui convoquera-t-on pour un droit d’inventaire ? Jack et Maryvonne comme le propose le numéro 142 (novembre décembre 2006) de la revue Le Débat ?

Debat142_1 La politique culturelle a eu son heure de gloire sous les deux septennats de François Mitterrand. Sous l'impulsion de Jack Lang, elle a acquis une forte légitimité et remporté de beaux succès. Depuis, elle peine à trouver sa voie ; elle est dans l'embarras, si ce n'est dans l'impasse, ne sachant plus ni avancer ni reculer, alors que la culture et la société, elles, évoluent à grande vitesse.
  N'est-il pas temps de la reconsidérer dans ses principes ? C'est ce que soutient Nathalie Heinich. Ne convient-il pas, demande-t-elle, de revoir les objectifs et de donner un autre cadre à l'intervention publique, compte tenu des conditions d'aujourd'hui ? Nous remercions Marc Fumaroli, Jack Lang, Maryvonne de Saint Pulgent et Philippe Urfalino d'avoir bien voulu nous confier leur avis sur son analyse et ses propositions.

Beau débat, en effet.

Cette impuissance des experts, des professionnels de la profession et des politiques à faire de l’art et de la culture un vrai enjeu de débat public, une vraie question citoyenne est en elle-même un diagnostic.

Mais ce serait quoi le démocratie participative en matière artistique?

L’oligarchie artistique et culturelle a beau jeu de répondre à l’avance : la pente glissante vers la démagogie.

Le discours est solidement établi et bien connu : le théâtre et la démocratie sont frère et sœur jumeaux nés dans la Grèce antique. L’agora et la tragédie sont les vrais fondements de la chose publique.

Certes Platon condamnait les artistes et voulait des rois philosophes. On n’en est plus là. Nos modernes et flamboyants artistes et ministres ont l’élitisme honteux puisque leurs discours respectifs (pour les uns la défense de leurs intérêts professionnels et de leur géniale singularité, pour les autres leur pouvoir de nomination dans les places enviées, d’attribution de la médaille des Arts et Lettres et –salut l’artiste !- de communiqués nécrologiques) partagent cette même figure de style : l’excellence artistique peut et doit être démocratisée.

Plus que jamais, ces discours de convenance m’ennuient et me fatiguent. Il m’arrive d’en produire, de participer à des débats, des colloques… à la vérité, je n’en suis pas particulièrement fier.

Je voudrais essayer de  parler d’autre chose, de la chose artistique.

Mais qu’entendez-vous par chose artistique ?

Et bien justement, je n’en sais rien encore ou si peu. Je voudrais avancer patiemment vers l’identification  de cette chose là. Une chose. Pas un poème ni une œuvre, ni un plaidoyer en faveur de l’art et des artistes. Mais ce qui reste quand on a poussé assez loin l’analyse et la critique de cette célébration consensuelle de l’artistique.
Duchamp Dirais-je que cette chose serait, au bout du chemin à parcourir, comme un objet trivial. Un banal urinoir qui resterait là, opaque dans sa facticité d’ustensile, après qu’on aurait dissoute la révolution fondatrice de Marcel Duchamp. Non. Fausse piste, trop facile.

Dirais-je encore que le travail à accomplir pour circonscrire la chose artistique est une entreprise de désacralisation du discours mystique à la Malraux, une profanation délibérée de l’art conçu comme la poursuite des frissons sacrés de l’extase relieuse par d’autres moyens ? Non, fausse piste là encore, trop générale. Trop de hauteur de vue, c’est à dire trop superficiellement profond comme le bavardage des faux prophètes du contemporain et de la post-modernité.

Plus simplement, je me contenterais volontiers d’être profondément superficiel.

Une seule chose me semble un peu acquise, l’enquête sur la chose artistique se situera dans le champ de la sociologie de la culture. La référence ne doit pas effrayer : il s’agit d’une discipline intellectuelle très salutaire mais bien plus simple que ne le laissent à penser ses modernes théoriciens. Cette sociologie de l’habitus peut, en effet, se résumer en une seule phrase :

« Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote ».

*

Arcadi_77_10

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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 21:02

Sur le site du Théâtre 71 (Malakoff, Hauts de Seine), on peut  lire ce billet d'humeur signé de son directeur, Pierre Ascaride.

J’AI SERRÉ LA MAIN
DE CHRISTINE ANGOT



Avignon, un pince-fesses chic sous des platanes séculaires pendant le Festival.
Une amie qui me veut vraiment du bien :
- « Christine, je vous présente Pierre Ascaride »
L’autre me regarde comme si j’étais un étron ; style :
« qui est ce ringard ? mais faut-il tous les connaître ?
Moi, Christine, je dois serrer tout ça ? »

J’attrape à contre-cœur la main qu’elle me tend. Froide, sèche, regard dur et méprisant, un physique de prof de fac dirigeant un DESS de management culturel (c’est comme ça que je les imagine).

Après le gros Bébert me dit :
- « Alors, tu lui as serré la main qu’elle a touché la queue du comédien E*** ? Qu’avec, elle s’est homosexualisée avec Madame Marie-Christine et que avec son père, tu m’as compris ?
- Mais, Bébert, tu es bien con, elle se lave ! Je te serre pas la main quand tu as dormi chez Janine ?
- Eh oui, comme toujours, tu as raison, je suis con ! »

Et je m’en vais en me disant : Pourquoi mon père ne m’a t-il jamais sodomisé ? Avec le petit brin de plume que j’ai, j’aurais pu être sélectionné pour le Goncourt…
En fait, je ne me dis pas ça : même si la douleur doit être infinie, se faire un fonds de commerce littéraire glauque avec l’inceste, ça me débecte.

Ah ! Je l’ai dit… ça va mieux !



Pierre Ascaride
lundi 25 septembre 2006

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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 06:56

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Pompougnac_26_2 "Les actrices tournant une scène de mariage devront au préalable divorcer de leur conjoint. A l'issue du film, elles divorceront ensuite de l'acteur épousé à l'écran, pour se remarier avec leur ex. Telle est la teneur du projet de loi concocté par un groupe de parlementaires egyptiens. Les unions cinématographiques proclamées solennellement sous le regard des caméras entretiennent une dangereuse confusion entre réalité et fiction, estiment ces députés".

Asharq Al-Awsat, Londres (juin 2001)

Cité dans "Spécial insolite" hors série du Courrier International (juin-juillet-août 2006)

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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 09:41

"Qu'est-ce que le théâtre? L'oubli momentanné de nos misérables querelles".

Jules Michelet, L'Etudiant, 1848.

cité par Réné Solis dans Libération de ce lundi.

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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 06:49

"La meilleure façon de tuer un artiste est sûrement de lui donner tout ce dont il a besoin"

Henri Miller

A propos...du même auteur on lira avec profit, si ce n'est déjà fait : "Lire aux cabinets.

C' est un petit livre pour les grands lecteurs. Pour nous qui ne pouvons pas vivre une journée sans bouquin, il est agréable de voir que nous ne sommes pas seuls."

En  savoir plus sur le blog Ile déserte

http://iledeserte.blogspirit.com/

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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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