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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 09:00

Pour revenir sur ma précédente contribution sur le contemporain je me permets de publier de nouveau une ancienne note de ce blog 

 

De la diversité culturelle (ou : de quoi sommes nous contemporains ?)

Notre contemporanéité est par définition en cours, c’est-à-dire que nous ne savons pas vers où elle nous conduit. Elle a pourtant des traits reconnaissables. Elle est brutale et elle est largement partagée. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit unifiée, tant s’en faut. Elle est mondiale, ou, plus exactement, elle s’est de proche en proche mondialisée. Cela ne signifie en rien qu’elle soit unifiée, comme le prétend le discours sur la mondialisation. Tout au contraire : elle confronte des situations, des histoires, des attentes, profondément différentes. Là où avait longtemps prévalu une lecture unifiée du devenir du monde, essentiellement occidentale, il existe désormais une multiplicité de lectures qui ne s’accordent pas nécessairement. La globalisation est une transformation dont il serait absurde de méconnaître l’importance. Il ne serait pas moins absurde de croire qu’elle va imposer un modèle unique. Tout au contraire, à travers les confrontations qu’elle rend possibles, à travers les nouveaux rapports de force qu’elle rend visibles, elle produit un autre répertoire de différences. À cet égard, le problème me paraît moins être celui de sauvegarder ces différences comme traces du passé, que de comprendre ce que les protagonistes, anciens et nouveaux, vont faire d’elles.
Mais cela suppose peut-être que nous – j’entends : les sociétés occidentales, qui se sont longtemps réservé le privilège du déchiffrement et de l’interprétation de l’histoire – commencions par reconnaître que ce privilège est désormais partagé. La prophétie d’une catastrophe civilisationnelle, que l’on entend parfois annoncer, pourrait bien n’être qu’une manière de dire que nous ne sommes plus les seuls maîtres du jeu. Il y a là un réajustement qui est sans nul doute difficile mais qui pourrait, à terme, être salutaire – et qui, de toute façon, ne nous laisse guère de choix. C’est sans doute de là qu’il faut repartir.

 

 

Extrait de Le passé est devenu une valeur refuge

 

Conversation avec Jacques Revel, Historien par Caroline Gaudriault

 

 

© Zig-Zag Blog.com

 

 

Dans un registre, il est vrai, un peu différent, avez vous vu passer le long entretien accordé récemment à La Tribune par Edgar Morin ?

 

La mémoire est, en réalité, toujours à sens unique et ne constitue nullement un rempart à la reproduction du mal. Le seul véritable antidote à la tentation barbare, qu’elle soit individuelle et collective, a pour nom humanisme. Ce principe fondamental doit être enraciné en soi, chevillé au fond de soi, car grâce à lui on reconnaît la qualité humaine chez autrui quel qu’il soit, on reconnaît tout autre comme être humain. Sans cette reconnaissance d’autrui chère à Hegel, sans ce sens de l’autre que Montaigne a si bien exprimé en affirmant « voir en tout homme un compatriote », nous sommes tous de potentiels barbares.

 

Lire : Le temps est venu de changer de civilisation, Edgar Morin.

 

 

© Denis Lafay | La Tribune

 

 

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Publication : [Fresnes] : [Cité des sens], 2006-

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 09:00
Courte note sur la théorie sociologique de l'habitus.

Cette pénétrante et définitive observation de Stendhal est citée dans une mienne contribution relative à ce que le contemporain fait à la culture.

 

(…) J'ai toujours été saisi par cette formule du Manifeste du Parti Communiste, dans lequel Marx et Engels écrivent à propos d'une période précise de l'histoire : « La bourgeoisie a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse dans les eaux glacées du calcul égoïste. » Cette phrase m'arrête toujours quand je lis ce passage, car on quitte le texte théorique pour entrer dans une formulation poétique : il y a un travail sur la langue qui fait que l'on sent dans sa chair, dans sa peau, à la fois un vague souvenir des frissons sacrés d'hier et cette douche froide du calcul égoïste de la bourgeoisie. Sauf que le marxisme devient bien l'horizon indépassable de notre temps parce que la bourgeoisie n'en finit pas de nous noyer d'eau glacée et de mettre à mort notre tendance à rechercher des frissons sacrés d'extase, qu'elle soit religieuse ou non, j'y reviendrai. Dans la même veine, quand je lis dans Le Rouge et le Noir, alors que Julien Sorel est au séminaire, « Au séminaire, il est une manière de manger son œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote », j'ai le sentiment que Stendhal a résumé en une phrase, la moitié de ma bibliothèque de sociologie, que toute la théorie de l'habitus — qui vient d'Aristote, il est vrai, donc avant Stendhal — est  contenue dans cette phrase et que s'il s'agissait de donner un exemple de ce qu'est l'habitus — concept bourdieusien — il suffirait de prendre celui de Julien Sorel mangeant son œuf avec toute cette onction et cette componction qui traduisent dans l'extérieur de ses postures ses progrès dans la vie dévote.

 

Contribution que l'on peut télécharger ici même.
 

 

 

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 08:45

misrahi 111

Voilà pourquoi la tâche de la démocratie est de diffuser la culture. Il est clair que tout individu humain peut évidemment accomplir ce travail réflexif… Il n’empêche que suivant la culture reçue, les individus seront plus ou moins aptes à réorganiser leur vie, à repenser leurs désirs, à restructurer les valeurs et l’organisation du monde.

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Extrait de  Entre désir et renoncement - dialogues avec Julia Kristeva, Sylvie Germain, Robert Misrahi, Dagpo Rimpoché par  Marie de Solemne

Albin Michel, éd.

 

 

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 08:41

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Il serait vain de se détourner du passé pour ne penser qu’à l’avenir. C’est une illusion dangereuse de croire qu’il y ait même là une possibilité. L’opposition entre l’avenir et le passé est absurde. L’avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien ; c’est nous qui pour le construire devons tout lui donner, lui donner notre vie elle-même. Mais pour donner il faut posséder, et nous ne possédons d’autre vie, d’autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés par nous. De tous les besoins de l’âme humaine, il n’y en a pas de plus vital que le passé.

 

L’amour du passé n’a rien à voir avec une orientation politique réactionnaire. Comme toutes les activités humaines, la révolution puise toute sa sève dans une tradition. Marx l’a si bien senti qu’il a tenu à faire remonter cette tradition aux âges les plus lointains en faisant de la lutte des classes l’unique principe d’explication historique. Au début de ce siècle encore, peu de choses en Europe étaient plus près du Moyen Âge que le syndicalisme français, unique reflet chez nous de l’esprit des corporations. Les faibles restes de ce syndicalisme sont au nombre des étincelles sur lesquelles il est le plus urgent de souffler.

 

Depuis plusieurs siècles, les hommes de race blanche ont détruit du passé partout, stupidement, aveuglément, chez eux et hors de chez eux. Si à certains égards il y a eu néanmoins progrès véritable au cours de cette période, ce n’est pas à cause de cette rage, mais malgré elle, sous l’impulsion du peu de passé demeuré vivant.

Le passé détruit ne revient jamais plus. La destruction du passé est peut-être le plus grand crime. Aujourd’hui, la conservation du peu qui reste devrait devenir presque une idée fixe. Il faut arrêter le déracinement terrible que produisent toujours les méthodes coloniales des Européens, même sous leurs formes les moins cruelles. 


 

Simone Weil, L’Enracinent (1943)

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« J’ai essayé de passer ma vie à comprendre pourquoi la haute culture n’a pas pu enrayer la barbarie, pourquoi elle en a été souvent l’alliée, le décor, le choeur au sens du choeur d’une tragédie grecque. »

George Steiner
Ce qui me hante, entretien avec G. Steiner,

Antoine Spire, Editions Bord de l’eau, 1999.

Façonner la sensibilité et l’intellect entraîne naturellement l’individu et, par conséquent, la société dans laquelle il s’insère, à adopter une conduite rationnelle et bénéfique. Qu’il revienne à l’éducation d’assurer le progrès moral et politique, tel était bien le dogme laïc : l’instruction publique par l’entremise des lycées, bibliothèques municipales et cours du soir se substituait aux illuminations intérieures, aux élans vers la perfection morale, jusque là sanctionnés, pour une poignée d’élus, par la religion. .... Là ou florissait la culture, la barbarie était par définition un cauchemar du passé.

(…)

Nous savons maintenant qu’il n’en était pas ainsi… Nous comprenons maintenant que les sommets de l’hystérie collective et de la sauvagerie peuvent aller de pair avec le maintien et même le renforcement des institutions, de l’appareil et de l’éthique de la haute culture. En d’autres termes, les bibliothèques, musées, théâtres universités et centres de recherche, qui perpétuent la vie des humanités et de la science, peuvent très bien prospérer à l’ombre des camps de concentration …. Nous savons aussi – et cette fois-ci les preuves sont solides, bien que la raison s’obstine à les ignorer - que des qualités évidentes de finesse littéraire et de sens esthétique peuvent voisiner chez le même individu, avec des attitudes barbares, délibérément sadiques. Des hommes comme Hans Franck, qui avait la haute main sur la « solution finale » en Europe de l’Est, étaient des connaisseurs exigeants, et parfois même de bons interprètes, de Bach et Mozart. On compte parmi les ronds de cuir de la torture ou de la chambre à gaz des admirateurs de Goethe ou des amoureux de Rilke.

Georges Steiner Le Chateau de Barbe bleue

Cité par Jean-Michel Lucas dans Réponse à l’article de Michel Guérin On ne cultive que les riches

 

 

 

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Deux types de barbarie coexistent et parfois se combattent. Le premier est cette barbarie de masse aujourd’hui de Daech, hier du nazisme, du stalinisme ou du maoïsme. Cette barbarie, récurrente dans l’histoire, renaît à chaque conflit, et chaque conflit la fait renaître. On s’en offusque en 2016 en découvrant les images ou les témoignages dans l’État islamique, mais les millions de morts des camps nazis, des goulags soviétiques, de la révolution culturelle chinoise comme du génocide perpétré par les Khmers rouges rappellent, s’il en était besoin, que l’abomination barbare n’est pas propre au XXIe siècle ni à l’Islam ! Ce qui distingue la première des quatre autres qui l’ont précédée dans l’histoire, c’est simplement la racine du fanatisme religieux.

Le second type de barbarie, de plus en plus hégémonique dans la civilisation contemporaine, est celui du calcul et du chiffre. Non seulement tout est calcul et chiffre (profit, bénéfices, PIB, croissance, chômage, sondages…), non seulement même les volets humains de la société sont calcul et chiffre, mais désormais tout ce qui est économie est circonscrit au calcul et au chiffre. Au point que tous les maux de la société semblent avoir pour origine l’économique, comme c’est la conviction du ministre de l’Économie Emmanuel Macron. Cette vision unilatérale et réductrice favorise la tyrannie du profit, de la spéculation internationale, de la concurrence sauvage. Au nom de la compétitivité, tous les coups sont permis et même encouragés ou exigés, jusqu’à instaurer des organisations du travail déshumanisantes comme en atteste le phénomène exponentiel de burn-out. Déshumanisantes, mais aussi contre efficientes à l’heure où la rentabilité des entreprises est davantage conditionnée à la qualité de l’immatériel (coopération, prise d’initiatives, sens de la responsabilité, créativité, hybridation des services et des métiers, intégration, management, etc.) qu’à la quantité du matériel (ratios financiers, fonds propres, cours de bourse, etc.). Ainsi la compétitivité est sa propre ennemie. Cette situation est liée au refus d’aborder les réalités du monde, de la société, et de l’individu dans leur complexité.

Edgar Morin : « Le temps est venu de changer de civilisation »

© : Denis Lafay | La Tribune


 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 09:00

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être avez entendu lundi matin sur France Inter le géographe Jacques Lévy analyser le succès de la démarche d'Emmanuel Macron au lendemain du 1er tour des élections législatives en évoquant le couteau taoïste 

"C'est Lao-Tseu qui nous a donné la clé", explique Jacques Lévy. "Emmanuel Macron a découpé la viande sur sa bonne connaissance de l'anatomie", c'est-à-dire qu'il a réussi "à découper à l'intérieur d'un univers qui semblait inoxydable (...) parce qu'il a su écouter les lignes de clivage que les Français, d'accord ou pas avec lui, avaient envie de voir émerger".

Comme Jacques fut en son temps l'un des principaux artisans du manifeste Gauche, fin et suite, rendu public à la veille de la déroute de la gauche socialiste de 1993, je publie de nouveau mon post du 1er février dernier.


 

 

 

 

 

 

 

 

Au printemps 1992, au moment où je participais à ce collectif et figurais parmi les premiers signataires de l'appel ci-dessous, Emmanuel Macron avait tout juste 15 ans, Benoît Hamon, 25 ans était assistant parlementaire d'un député PS avant de devenir président du Mouvement des Jeunes Socialistes et Jean-Luc Mélanchon était déjà sénateur PS du département de l'Essonne, après avoir été auparavant comme Lionel Jospin, Jean-Christophe Cambadélis et quelques autres, militant de l'OCI (groupe trotskiste lambertiste).

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A l'usage des jeunes générations, ce qui constitue, on le sait, l'une des vocations essentielles de ce blog, je publie donc ce texte en laissant à chacun le soin de mesurer sur quels points il aurait pu prendre des rides.

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L'urgence absolue, c'est de lancer le débat d'idées, sous peine de renoncer à tout espoir de redonner une crédibilité politique à la gauche et de transformer la défaite électorale en déroute.
La gauche refondée sera morale ou ne sera ps. Les citoyens n'accepteront de se réconcilier avec la politique que si l'éthique et la raison en forment les valeurs indépassables.
La gauche existe, inventons là. Travaillions à une utopie moderne et modeste , qui n'oppose plus l'individu et la société, mais esquisse un devenir : rendre possible, d'un même geste, plus d'individu et plus de société.

Gauche, fin et suite. 1992

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Nota Bene : La mention manuscrite (stylo plume, encre bleue), avait pour auteur l'actuel directeur de l'Institut du Monde Arabe.

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Télécharger l'appel Gauche, fin et suite.

Pour celles ou ceux qui ont encore un peu de loisir, une certaine curiosité pour le passé -même récent- et le goût du débat d'idées, la version longue (29 pages plus la liste des signataires).

Sommaire

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Télécharger Gauche, fin et suite, l'argumentaire.

 

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Gauche, fin et suite, première partie

Gauche, fin et suite, deuxième partie.

Gauche, fin et suite, troisième partie

Signataires manifeste Gauche, fin et suite, mai-juin 1992

 

 

 

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 08:35

La maîtrise du temps, liée à des logiques économiques et libérales, a imprégné le champ artistique et culturel, asservissant le travail culturel et artistique à des temps non-artistiques. Qu’il s’agisse de l’action culturelle passée de la longue durée à la courte durée ; de l’émergence qui n’offre qu’un état de visibilité momentanée pour les artistes ; ou du rapport aux territoires calqué sur le découpage territorial politique, tout est désormais soumis au temps politique. Le temps est l’un des éléments centraux d’infiltration de l’imaginaire et de la pensée de l’art, mais il est aussi un moyen d’asservir les consciences et l’inconscient. Il y a désormais une culpabilité à prendre du temps et les artistes sont soit dans une urgence soit dans une échéance, toujours contraignantes. Après, il n’y a pas eu d’âge d’or non plus… Néanmoins une bascule s’est faite, il s’est produit une incorporation des logiques économiques.

Michel Simonot.

A propos de l'ouvrage de Michel Simonot  La Langue retournée de la culture 

Entretien par Caroline Châtelet | 17 mars 2017

Revue Regards

 


Qu’est-ce que le néolibéralisme et sa "rationalisation" font à la culture et aux politiques culturelles ? Dans un ouvrage concis et clair, le sociologue Michel Simonot analyse des changements qui commencent avec la contamination du langage.

 

Listant et analysant les transformations sémantiques à l’œuvre dans le champ culturel, La Langue retournée de la culture énonce en creux un changement de paradigme. Entre la disparition de certains termes, l’évolution d’autres, la substitution d’un mot par un autre, c’est à une absence totale de pensée des politiques de l’art et de la culture, au profit de la mise en œuvre de logiques managériales, qui s’énonce. Une contamination par le néolibéralisme qui produit, selon le mot de Michel Simonot, un « retournement de la langue » et la naturalisation d’une idéologie. Rencontre avec Michel Simonot
 

* * *

Regards. Qu’est-ce qui, en tant que sociologue et auteur dramatique, vous a amené à ce projet de livre ?

Michel Simonot. 

(…) Je travaille sur l’usage de la langue et des mots dans les domaines des politiques culturelles et du social depuis longtemps. Constatant que nous sommes aujourd’hui arrivés dans le champ de la culture à de tels contresens, à un tel retournement idéologique, je suis revenu à ce projet. Nous avons une histoire politique institutionnelle, et il me semblait important de rappeler d’où viennent les mots, quel est leur origine, leur sens. J’ai choisi les termes en fonction des enjeux politiques, sélectionnant ceux qui sont essentiels dans le contexte actuel.

(…)

© Caroline Châtelet | 17 mars 2017

Lire l'entretien.

 


 

Comme on peut le noter à la lecture du sommaire, le terme de culture se trouve à la fin de ce dictionnaire critique et intempestif. Il en fournit l'envoi. Ni l'art, ni toute autre forme de mise en question un tant soi peu radicale, ne sont solubles dans un sens commun, dans un récit national ou communautaire. Délibération, confrontation, conflits... il faut sans cesse  redonner sens aux mots de la tribu démocratique.

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Michel Simonot écrit :

«  (…) le politique est dans la quête obsessionnelle d'une culture et d'un art (et surtout d'artistes) qui -outre la politique sécuritaire- résoudraient le problème des différences, des affrontements, qu'il ne parvient pas lui-même à gérer »

(...)

(...)


 

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A SUIVRE, cela va de soi...

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 09:45

Arcadi_36

UNE ARCHIVE...

Je fouille, je range, je classe... ces dernières semaines, comme vous, j'ai compris de nouveau que le pire n'est pas toujours certain. Mais quand même!

Grosse fatigue !

J'essaie de mettre de l'ordre, à défaut de pouvoir le faire dans mes idées, au moins dans mes archives... et je retrouve cette chronique de Jacques Bertin, (Policultures, septembre 2006), déjà signalée ici.

Mais comme je suis loin d'avoir son talent, je fais tourner de nouveau.

 

« Oui, il faut mettre "l'artiste au cœur de la cité". Et traiter comme il le mérite le salaud qui dans l'assistance a glissé qu'on ferait bien, aussi, de mettre la cité au coeur de l'artiste. C'est la porte ouverte à la censure et la tyrannie. Je serre la main de l'adjoint au maire, et je me casse »

Jacques Bertin, « Tous marranes », Policultures, n° 109, septembre 2006.

Jacques Bertin écrivait et ça n'a pas pris une ride :

« C'est décidé : je serai un marrane.

Un marrane ?

Les marranes étaient des Juifs espagnols et portugais qui, convertis de force au XVe siècle, continuèrent secrètement à pratiquer leur religion. Ils étaient catholiques dans la rue, à l'église ; chez eux, ils redevenaient libres.

Et donc, pauvres amis, mes chers amis, voilà la nouvelle, triste et gaie, que je vous annonce : ne pouvant plus, dans la société d'aujourd'hui, dire mes opinions simplement, justes ou erronées, astucieuses ou solennelles, étant épuisé de faire lever au premier mot le sourcil dur et le regard tueur, reculant devant la suspicion quotidienne d'être dans quelque dérive fascisante, ne trouvant plus l'écho de mes idées dans les médias qui furent quarante ans miens, j'ai décidé d'assumer pleinement ce silence obligé : je serai un marrane.

Pauvres idées… Elles finissent par n'avoir plus droit de cité qu'en moi. Ma tête est un pays où je circule seul. J'y suis libre, tant que je me tiens à l'écart des villes, des médias, de ce qu'il faut en penser

(...)

Il y a pire. Je crois dans le peuple. Son intelligence, son courage, sa dignité. Le peuple en général, et le français, en particulier. Je déteste les élites actuelles. Là, je sens bien votre interrogation angoissée : cet homme est-il - ayant gardé son secret quarante ans - un Nazi ? Oh, je suis seulement très fatigué. Si je parle de morale, on m'accuse de puritanisme ; si, quoique non-croyant, je défends l'Eglise catholique, me voilà un croisé au siège de Béziers ; si je corrige une bêtise sur les gentils Indiens écologistes, je suis un massacreur à Wounded Knee ; mon attachement à la laïcité me fait anti-arabe ; ma critique du gouvernement algérien m'enrôle à l'OAS ; si j'explique à un jeune que Le Pen n'est pas un fasciste, c'est que je le suis moi-même ; si je dis que toutes les cultures, non, ne se valent pas ; si je dis qu'on ne doit pas juger les sociétés passées, sous peine d'être un clown intellectuel ; si… si… si…

Et je m'adresse aujourd'hui à tous ceux qui partagent ma lassitude. Tous des marranes, mes amis ! Nous nous reconnaîtrons par l'obséquiosité exagérée avec laquelle nous approuverons ce qui se dit, ce qu'on en pense et ce qu'il faut en dire. Oui, ceux qui critiquent les élites sont des poujadistes ! Oui, les faux poètes émargeant au CNL sont des authentiques poètes, et la novation est sacrée. Oui, Untel est un authentique rebelle (révolté par l'injustice). Sa remise en question du ministère, dans sa dernière œuvre, montre combien est radicale sa rupture. Le ministre a bien fait de le décorer et d'augmenter sa subvention. Oui, il faut mettre "l'artiste au cœur de la cité". Et traiter comme il le mérite le salaud qui dans l'assistance a glissé qu'on ferait bien, aussi, de mettre la cité au cœur de l'artiste. C'est la porte ouverte à la censure et la tyrannie. Je serre la main de l'adjoint au maire, et je me casse".

(…)

Lire la chronique de Jacques Bertin.


 

 


 

 

 

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 17:36

J'ai commencé à rendre compte, ici même, du colloque Les droits culturels sont dans la loi... et après ?  organisé par les sénatrices Marie Blandin et Sylvie Robert le lundi 14 novembre dernier

Elles viennent de communiquer à ce sujet :

Nous souhaitons vivement que ce colloque ne soit qu'une première étape  dans la réflexion pour une mise en oeuvre concrète des droits culturels  aujourd'hui consacrés par la loi ; qu'ils deviennent réalité, grâce à la  volonté, à la créativité de toutes celles et de tous ceux qui croient en  leur pouvoir de transformation.

 

Vous trouverez le colloque dans son intégralité sur les liens suivants :


http://sylvie-robert.fr/colloque-droits-culturels-loi-apres/ 

http://www.dailymotion.com/mcblandin.

 

Je m'autorise à en publier un extrait, la communication d’Emmanuel Wallon qui analyse pourquoi et comment, au delà de des mots et des phrases, la route est encore longue...

 

Pour éviter (ou tenter de le faire) toute interprétation erronée de cette assez claire mise au point, il importe de rappeler que le sociologue fut signataire en févier 2015 de l'appel Qui a peur des droits culturels ? publié par le quotidien L'Humanité (-fondé par Jean Jaurès- je dis ça, je dis rien... ), en compagnie de Marie-Christine Blandin, Robin Renucci, Jack Ralite, Catherine Tasca, Sylvie Robert, Brigitte Gonthier-Maurin, Barbara Pompili, Florian Salazar-Martin, Jean-Michel Lucas, Jean-Pierre Saez, Valérie de Saint-Do, Nicolas Roméas 
et Jean-Michel Le Boulanger.

Malgré les nombreux engagements internationaux ratifiés par la France en faveur des droits culturels (déclaration de l’Unesco sur la diversité culturelle, convention Unesco sur le patrimoine immatériel ou même la Déclaration universelle des droits de l’homme) qui les portent comme des « droits indispensables à la dignité et au libre développement de la personnalité », l’Assemblée nationale menace une disposition introduite par le Sénat dans le cadre du projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (dite loi « Notre »). Nombre d’acteurs culturels impliqués sur le terrain, auprès des publics dits « empêchés », dans des secteurs géographiques peu favorisés, ou encore dans de vraies actions de démocratie culturelle, sont dans l’incompréhension. Cet amendement du Sénat, très attentif aux territoires, proposait d’inscrire les droits culturels comme principes fondamentaux pour des politiques partagées entre l’État et les collectivités territoriales. Il est passé sous les fourches caudines des commissions de l’Assemblée. La reconnaissance des droits culturels a pour unique ambition de placer les publics, dans leur ensemble, au cœur des politiques culturelles, et ce, sur l’ensemble de nos territoires, qu’ils soient urbains, ruraux ou périphériques. La lecture des débats des députés en commission révèle des frilosités injustifiées et une vraie méconnaissance de ce que sont ces « droits culturels ». Certains ont craint un nouveau droit opposable, à l’heure de budgets en tension. L’idée d’opposabilité n’est pas vraiment dans le référentiel des droits humains, surtout sur le volet des droits culturels. D’ailleurs, tous ces textes se donnent pour des références éthiques, ouvrant sur les discussions publiques et des compromis entre forces aux intérêts divergents : la personne « doit pouvoir », disent l’article 5 de la déclaration universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle, en citant les articles 13 et 15 du pacte 
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, et l’article 27 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. D’autres ont mis en perspective un risque pour la liberté de programmation, au motif que certains activistes censeurs se seraient revendiqués des droits culturels. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Quand des leaders extrémistes emploient et dévoient le mot démocratie, ce sont eux que nous combattons, pas la démocratie. Les droits culturels, loin de porter atteinte à la liberté des créateurs et des diffuseurs, ancrent dans le quotidien de l’action publique un travail collectif sur le sens : liberté d’expression, épanouissement et émancipation de chacun. Les droits culturels sont les droits de chacun, à être reconnu dans son égale dignité, au travers de politiques inclusives, co-construites et attentives. Ces principes sont un guide pour faire humanité ensemble, et utiliser au mieux l’argent public. Non, la culture n’est pas un arrangement étroit et bourgeois entre personnes bien-pensantes, financeurs et financés. Les droits culturels embrassent des pratiques et des œuvres d’une grande diversité, ils vont de l’éducation artistique au café sciences, des fanfares à Bertolt Brecht, du lyrique aux musées, de l’éducation populaire à la Fondation Louis-Vuitton, du slam à la photographie, du fest-noz à la calligraphie, du Mucem à une lecture de contes dans la salle des fêtes d’un village de Savoie… Rien n’est encore perdu, l’espoir réside désormais dans le vote des députés qui ont la possibilité, comme le gouvernement, de réintroduire cette disposition. Ce signe humaniste honorerait notre pays et serait une digne réponse face aux extrémismes, replis communautaristes et toutes tentatives de nier les autres en assimilant diversité et risque.


 

Comme je l'ai déjà fait ici même , je ne m'interdis pas de revenir sur certains aspects de la scénographie de cette journée sénatoriale...


 

 

 

 

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 11:33

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sous le beau titre Les droits culturels sont dans la loi... et après ?, les sénatrices Marie Blandin et Sylvie Robert ont organisé ce lundi 14 novembre un colloque de haute tenue suivi par un public fourni..

​​​​​​​J’ai tout bien écouté, comme il faut... je crois.

Les happy few qui me suivent sur les réseaux sociaux ont eu droit à trois post successifs :

 

-un-

Sénat, colloque sur les Droits culturels. 
Je dis ça, je dis rien mais ça serait peut-être bien de repolitiser et re-historiciser l'inscription de ces droits dans les instances internationales, l'Etat de droit et la République française :


1. les génocides et l'émergence de la notion de crime contre l'humanité.
2. la critique du totalitarisme
3. la décolonisation
4. l'affaiblissement des idéaux comme la laïcité et l'éducation populaire.


Je dis rien.

-deux-

Sénat. Colloque sur les Droits culturels. Excellente observation d'une élue de Lyon : les droits des personnes de participer à la vie culturelle s'arrêtent là où commence l'urbanisme.

-trois-

Sénat, Droits culturels. Emmanuel Wallon propose d'ajouter un codicille à la Déclaration de Fribourg : le droit de laisser ouverte l'interprétation du sens de la notion de Droits culturels.


 

L'intervention du sociologue fut particulièrement pertinente (comme à l'accoutumée) et j'y reviendrai (comme je reviendrai sur la question de l'urbanisme)

En attendant, il est urgent de lire Les enfants de Cassandre, le très beau texte qu'il vient de publier à propos de l'aventure de la revue Casssandre/Horschamp.

 

Une synthèse de cette journée de réflexion au Sénat devrait voir le jour nous promettent les sénatrices qui se sont démenées pour la cause des droits culturels.

En attendant, le président de la commission culture de l'Assemblée nationale, le député parisien Patrick Bloche (très enthousiaste partisan de l'inscription de la référence aux droits culturels dans la loi NOTRe... on s'en souvient) a tiré le premier et publié le texte de son intervention en fin de colloque sur son blog.

Citation :

L’intitulé de cette dernière table ronde pose la question de l’avenir des droits culturels : il n’est bien entendu pas question de s’en tenir là et de nous reposer sur nos lauriers.

La politique est un art, je vous dit.


 

 

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 11:26

Vous vous demandez peut-être à quoi sert le Ministère de la culture et de la communication ?

C’est assurément une bonne question.

Deux éléments de réponse recueillis ce jour, sur le Bulletin officiel des marchés publics (BOAMP) d’une part, et (grâce à François Deschamps via FB) sur La Gazette des communes, d’autre part.

-UN-

Étude relative au développement d'équipements touristiques marchands au sein des sites patrimoniaux en France.

L’essentiel du marché

Nom et adresse officiels de l'organisme acheteur :

Ministère économie finances industrie

Objet du marché :

réalisation d'une étude de faisabilité relative au développement d'équipements touristiques marchands au sein des sites patrimoniaux en France.

Lieu d'exécution des travaux, de livraison fournitures ou de prestation des services :

France métropolitaine

Caractéristiques principales :

Marché d'étude à prix forfaitaire passé par un groupement de commande constitué du ministère de l'économie et des finances représenté par la direction générale des entreprises (DGE), du ministère de la culture et de la communication représenté par la direction générale des patrimoines (DG patrimoines) et de la Caisse des dépôts et consignations (CDC)

Date limite de réception des offres :

01/12/2016 à 00h00

Délai minimum de validité des offres :

90 jours

Critères d'attribution :

Offre économiquement la plus avantageuse appréciée en fonction des critères énoncés dans le cahier des charges (règlement de la consultation, lettre d'invitation ou document descriptif).

Références complètes :

 

Avis n°16-161787

- DEUX-

Les éditeurs mettent la pression sur les collectivités.

© La Gazettte des communes. Par 

 

De semaine en semaine, les responsables d’équipements de lecture publique sont de plus en plus nombreux à voir arriver sur leur bureau des courriers transmis par le DG de leur collectivité. Ces lettres émanent de la Société civile des éditeurs de langue française(SCELF).

Cette société de perception et de répartition des droits d’auteurs représente quelque 300 éditeurs. Elle est mandatée par ces derniers pour percevoir les droits d’auteurs générés les adaptations des œuvres.
Or, tout au long de l’année, les bibliothèques organisent des animations littéraires, des « lectures publiques » d’extraits ou d’œuvres intégrales.

Sollicitée par ses adhérents, l’Association des bibliothécaires de France (ABF) doit rencontrer les représentants de la SCELF le 14 novembre 2016. « Dans un contexte de baisse budgétaire, nous défendrons les bibliothèques comme lieu de promotion et d’accès à la lecture, plaide Xavier Galaup, président de l’ABF. Une éventuelle taxation risquerait de se faire au détriment des animations en bibliothèque. Nous espérons avoir une marge de discussion. Car, des acquisitions d’ouvrages aux animations, les bibliothèques contribuent pleinement à promouvoir la littérature et l’édition. » De son côté, la SCELF, à ce stade, n’a pas souhaité expliquer sa démarche à la Gazette.

Les bibliothèques ne sont pas les premières à qui la SCELF demande le versement de droits d’auteurs. Théâtres, radios, télévisions y sont déjà soumis de longue date. « La grande différence, c’est que les bibliothèques ne font pas payer l’accès aux animations qui proposent des lectures publiques, fait valoir Xavier Galaup. Elles ne sont pas des structures qui réalisent des bénéfices à l’occasion de manifestations culturelles. » Pour l’heure, la balle est donc dans le camp de la SCELF.

 

Voila.

Soyons raisonnables, le Ministère fait bien d’autres choses passionnantes.

Vous pouvez néanmoins accéder ci-dessous aux commentaires !!!

 

 

 

 

 

 

 

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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
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  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
  • Contact

Profil

  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
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