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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 20:52

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Il faut parfois faire confiance aux rapprochements que nous offrent les hasards de la vie, des déplacements ou de l’actualité.

Je participais, il y a quelques jours aux Estivales 2012 de l’ENSSIB, marquées d’une pierre blanche pour cause de 20ème anniversaire de l’Ecole.

Plus précisément à une rencontre scientifique dont le thème était La bibliothèque : faire société.

A cette occasion, tous les participants se sont vu remettre un exemplaire de la toute fraîche publication de l’Ecole :

 

Nous avons le plaisir de vous annoncer la publication d'un texte de Christian Jacob et Annette Wieviorka, édité à l'occasion des 20 ans de l'enssib.

La sollicitation à laquelle ont répondu spontanément et généreusement Annette Wieviorka et Christian Jacob avait pour objet le lien que les chercheurs ont avec les bibliothèques.
Annette Wieviorka a choisi de traiter des bibliothèques des hommes politiques, et, particulièrement, de celle de Maurice Thorez et de Jeannette Thorez-Veermeersch.
Christian Jacob s’est attelé à un exercice quasi oulipien : un abécédaire des bibliothèques, incomplet, forcément incomplet. Les deux textes présentés ici se renvoient l’un l’autre, comme en miroir : l’abécédaire pourrait être une sorte de viatique pour tout être doué de raison, et l’histoire de ces bibliothèques si particulières pourrait faire l’objet d’une série d’entrées presque à l’infini.

Consulter la fiche détaillée de l'ouvrage

Ce livre est la deuxième des quatre publications imaginées à l’occasion de l'anniversaire de l'École, pour fêter les bibliothèques et leurs passagers.

Les lecteurs de la Cité des sens seront sûrement intéressés par cet opus ou par la consultation du site http://www.fonds-thorez.ivry94.fr/thorez

 

Quoi qu’il en soit, je retiens la conclusion du texte d’Annette Wievorka que je me permets de reproduire ici :

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Quelques jours plus tard, hier samedi, je tombe dans le Libé de fin de semaine sur une tribune de Marcela Jacub, intitulée Changement de partenaire.

Consacrée à la compatibilité du métier de journaliste pour une épouse d’homme politique exerçant le pouvoir, elle décrypte  ce qui sous tend l’idée selon laquelle la compagne de François Hollande pourrait, malgré tout, publier de temps à autre des articles consacrés à « la culture ».

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(note 1.) François Hollande président, livre de photos légendées par Valérie Trierweiler, éd Le Cherche-Midi.

 

Sur la question de la dimension culturelle de la politique je renvoie aussi à une profonde réflexion déjà livrée ici :

 Nous sommes dans un pays qui a commencé son action culturelle par la conservation,  la protection des monuments, des institutions. Mais nous avons été très vite empêtres dans l’ambiguïté du mot culture. Durkheim définissait la culture comme les valeurs et les coutumes qui lient un groupe. Il faut rajouter à ce sens, comme Finkielkraut l’y invite, la transformation de l’héritage par la connaissance ou l’éducation. Lukacs a défini la culture comme « l’humanité de l’humain », propos terrible si l’on repense au moment où il a été écrit. A partir de ces définitions, je conçois la culture comme ce processus d’autocréation de l’homme par la culture, et j’essaie de travailler sur ce que cela signifie pour la démocratie. Il ne peut pas y avoir de projet de démocratie réelle s’il n’y a pas de place pour la culture et la création. L’Europe est une idée, non pas un territoire, c’est une véritable création qui doit, à mes yeux, se fonder sur ce que dit Lukacs.

Dans nos débats politiques, il faut que nous nous sentions obligés à un devoir d’humanité. La question est donc : quel statut donner à la création, et qu’entend-t-on par culture ? Après viennent les questions techniques de l’organisation du financement.

 

C Trautmann : Lumière sur l’Europe, in Culture publique, Opus 3, Sens et Tonka éd., 2005

 

 

Sur cette même page du 24 septembre 2011 de La Cité des sens, L’enjeu culturel de l’action politique, une interview en vidéo de Catherine Trautman sur la culture et la construction européenne.

 


 

 

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Lire la synthèse : Sept points clés pour le changement.


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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 08:40

sept

Suite et fin… de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici…

 


Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

 

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

 

Jean-Michel Lucas : D'une certaine façon, il est un peu triste qu'il faille attendre que des indignés se manifestent pour s'intéresser aux enjeux de dignité des personnes. Car ce sont bien des enjeux qui s'imposent à tous puisqu'ils apparaissent dès l'article 1 des Droits de l'Homme, (Déclaration Universelle de 1948). Reconnaître chaque personne dans sa dignité et donc la respecter dans son identité culturelle est un impératif collectif, auquel nul ne peut se soustraire, pas même les autorités politiques.

L'enjeu culturel n'est plus alors une affaire de secteur spécialisé mais l'affaire de tous et de chacun puisque nul ne peut  revendiquer sa liberté culturelle (ou artistique), condition de sa pleine dignité, s'il porte préjudice à la dignité d'autres personnes humaines. Or, dans la  société de liberté à laquelle nous tenons,  cette exigence de l'égale dignité réciproque n'est jamais acquise d'avance ; les libres paroles des uns blessent les autres, les musiques d'ailleurs insupportent les habitués des musiques d'ici et ceux que l'on appelle les artistes poussent le bouchon  au delà des normes de dignité admises ... L'exigence de dignité réciproque est donc synonyme de  discussions, de polémiques, de "débats" permanents sur le sens et les valeurs acceptables. C'est là l'autre volet qui m'intéresse dans l'impératif de la dignité culturelle : le volet du dissensus nécessaire et accepté qui demande que  les autorités publiques favorisent par l'espace public la confrontation des différentes et multiples manières d'oeuvrer pour  sa liberté culturelle, sa liberté artistique mais néanmoins pour faire humanité ensemble !

J'ai voulu montrer que la politique culturelle devrait en priorité organiser les espaces et temps de "palabres" sur la diversité des valeurs des arts et des cultures. Cette priorité, il est vrai, n'est pas largement partagée et, aujourd'hui, les élus et le ministère préfèrent compter la quantité de publics de l'offre artistique et doser leur soutien en fonction de l'attractivité et du rayonnement des produits culturels de leur territoire, plutôt qu'en fonction du mieux faire humanité ensemble dans la diversité de nos libertés culturelles. D'ailleurs, il suffit de lire Olivier Poivre d'Arvor pour voir la caricature de  cette approche de la culture par le service après vente du rayonnement culturel. ( '"Allant de pair avec une ouverture exceptionnelle aux créateurs et savants du monde entier sur le sol américain, cette nouvelle donne contribuera de manière décisive à construire l'hyperpuissance américaine dans les trois domaines que sont les industries culturelles, l'ingénierie intellectuelle et scientifique et le marché de l'art. On connaît le résultat : après avoir inventé et contrôlé Internet, dont ils captent près d'un tiers des revenus mondiaux, les Américains disposent de ces puissants monopoles financiers que sont Google, Facebook, Twitter, YouTube, Apple, Amazon, iTunes, Yahoo... Il serait plus que temps, en France comme en Europe, d'inventer  d'intelligentes ripostes et d'investir  dans les industries numériques", dans Le Monde du 2 février 2012).

Il est vraiment urgent d'éviter cette dérive de la culture vue uniquement comme "secteur d'activités" où s'affrontent les plus forts contre les plus faibles. De ce point de vue, je suis persuadé que l'enjeu culturel public aurait une légitimité moins boiteuse si les acteurs culturels et les élus acceptaient de prendre comme référence  première de leur politique culturelle la nécessité de respecter le principe de l'égale dignité des personnes ("Tous les êtres humains  naissent libres et égaux en dignité et en droits" : article 1 de la déclaration Universelle des droits de l'homme de 1948). Au moins, le bien fondé de cette politique culturelle  ne pourrait être niée que par ceux qui refusent toute portée universelle à l'éthique des droits humains !

 

Ces réflexions sont extraites de l’entretien accordé à Mondomix par Jean-Michel Lucas, sous le titre : Sommes-nous condamnés à être des épiciers culturels ?

Propos recueillis par François Mauger, publié le 20/02/2012

Lire l’intégrale de l’entretien sur Mondomix.com

 

Cette problématique a un autre mérite : celui de nous rappeler que le questionnement politique des politiques culturelles s’inscrit dans une histoire… La recherche du sens est une tâche interminable, toujours à reprendre, ce qui ne nous exonère pas de porter attention à la manière dont ceux qui nous ont précédés ont formulé ces mêmes interrogations.

Grâce à l’appel et au site Devoir de culture , on peut relire aujourd’hui ce qu’écrivait en 1968 Francis Jeanson (oui, celui là même qui inventa le non-public !) sous le titre Les droits culturels en tant que droits de l’homme.

 

Je pense, alors, que si la culture peut avoir un sens, c’est bien dans la mesure où elle remet les hommes, de plus en plus et de mieux en mieux, en mesure de se sentir efficaces, de se sentir responsables là où ils sont, en fonction d’une information qui demeure nécessaire mais qui doit être elle-même reconsidérée entièrement. Pour moi, la culture commence à la lecture du journal ; quand nos contemporains sauront lire leur journal quotidien sans en être complètement mystifiés ou sans partir de l’idée que tout ce qu’ils vont lire sera des mensonges, il y aura quelque chose de changé. Il y aura également quelque chose de changé quand ils seront en mesure de maîtriser le langage qui passe à travers eux. Je me demande comment il faut faire pour arriver à cela. Je crois qu’il faut se le demander.

Je crois beaucoup que la notion de « droit » doit recevoir le plus rapidement possible un contenu d’action. Il y a deux actions possibles concernant les droits culturels : il y a un type d’action qui consiste à essayer de faire enregistrer des droits théoriques et celui qui consiste à essayer de faire entrer ces droits dans la réalité, peut-être avant même qu’ils aient été enregistrés dans des textes officiels. Je dis que si les deux types d’action ne sont pas au moins simultanés, il risque bien de ne rien se passer. Je parlerais plus volontiers, pour ma part, de culture en termes d’action culturelle, parce que, dans ce contexte, il y a une signification pratique ; mais je voudrais dire aussi que cela suppose évidemment une conception de la culture qui n’est peut-être pas tout à fait celle qui est jusqu’ici la plus répandue.

Autrement dit, on peut considérer la culture comme un ensemble d’œuvres existantes ou de formes de pensées existantes, ou bien on peut considérer que la culture se passe tous les jours, se produit sans cesse, se fait et se défait quotidiennement au simple niveau des rapports concrets entre les hommes. Il y a de la culture qui est en train de se faire à tout moment, partout – et aussi en train de se défaire, bien entendu. Je veux dire, par là, que la culture doit être l’invention quotidienne, permanente, de l’homme par l’homme ; autrement, c’est l’échec de cette invention. La culture est la création permanente des valeurs qui ne naissent que pour être dépassées. Un acte culturel est, en dernier ressort, un choix, une décision responsable et même risquée, où la personne s’engage totalement. La culture est un choix qui signifie le refus d’admettre que l’homme est le produit des produits de l’homme. Il me semble que c’est ce choix qu’il faut favoriser par tous les moyens possibles. Là, on tombe sur une immense question, celle des moyens d’une action culturelle, et c’est dans ce sens, et à ce niveau très réaliste, qu’il faut travailler.

J’ajouterai qu’il s’agit là d’une entreprise, dans le meilleur sens possible du mot, dépolitisation radicale des consciences. Je ne veux pas dire qu’il s’agit de proposer à des consciences un quelconque message politique – surtout pas ; mais il faut fournir aux gens le moyen de se politiser, c’est-à-dire de se choisir, de se situer de plus en plus consciemment, dans un monde qui n’est pas le leur mais qui doit le plus rapidement possible le devenir, si nous voulons, nous, qu’il devienne le nôtre. Il faudra que ce soit notre monde, à eux et à nous en même temps. Là, je crois que la culture – ou ce que j’appelle l’action culturelle – est une entreprise qui repose sur un refus : le refus d’une certaine coupure, d’une certaine exclusion. Cela ne signifie en aucun cas qu’il pourrait s’agir de camoufler les causes économiques de cette coupure, qui restent le domaine des luttes politiques et syndicales. Mais il me semble qu’il y a tout un travail spécifiquement culturel, qui vise non pas à masquer la situation de coupure économique, mais à mettre les hommes de part et d’autre en mesure de penser cette situation, de se choisir par rapport à elle. Bien que les situations dans nos pays ne me semblent pas être jusqu’ici des situations révolutionnaires, il faut néanmoins se préoccuper de révolution, parce que si un jour elles le devenaient, au niveau des structures et des processus objectifs, il n’est pas sûr qu’il y aurait alors un nombre suffisant de consciences pour les prendre en charge. À vrai dire il me semble que nous allons tous, tant que nous sommes, vers des situations explosives, vers des situations révolutionnaires ; et qu’il serait urgent que nous nous y préparions, que nous nous demandions ce qu’il conviendra d’en faire. Il ne faut pas que nous soyons seulement une toute petite minorité à avoir les moyens de nous préoccuper de ce problème ; il faut que ces moyens soient à la portée de tous le plus rapidement possible. Naturellement, cela ne peut se faire que peu à peu, c’est-à-dire de proche en proche, de relais en relais, parce que les moyens ne sont pas encore suffisants pour aller vite ; et cependant, nous sommes dans cette contradiction qu’il faut aller vite.

Pour terminer, il me semble que si l’on parle des droits à la culture, il faut insister beaucoup sur le travail que représente ce refus de la coupure : travail qui n’est en aucune manière exclusif d’une lutte : mais si lutte il y a, un travail de dialogue doit se poursuivre parallèlement. C’est cela l’exigence culturelle, il me semble.

 

Le texte intégral de cette communication peut être téléchargé à cette adresse.


      Retour à la page et au sommaire des 7 principes.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 08:45

sept

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps…

°

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

Principe n°6 : créer, à la fois, les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose qui affecte trop souvent le « monde de l’art » et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

 

Sur le second objectif, voir, par exemple, le manifeste  Devoir de culture   (signé par Jean Caune, Jacques-Olivier Durand, Jean-Louis Fabiani, Michel Huvet, Damien Malinas, Alain Manac'h, Arlette Masson, Marcel Masson, Isabelle Mathieu,  Philippe Meirieu, Claude Patriat, Francis Peduzzi, Jean-Paul Rathier, Jacques Rigaud, Olga Yardin)

 


Devoir de culture ( février 2012)

L’objectif du texte ci-dessous est d’interpeller les politiques à l’occasion des prochaines échéances électorales présidentielles et législatives. Il nous semble en effet urgent de susciter réflexion et débat sur la place de l’art et de culture dans le projet politique. L’enfermement de celle-ci dans une catégorie administrative spécifique a encouragé sa banalisation et son instrumentalisation. « Si on me parle de culture, j’exhibe mon territoire ! » Il s’ensuit un insupportable rétrécissement de l’action culturelle publique, d’autant plus desséchant que les politiques, tétanisés par la crise, renvoient au superflu l’intervention dans un secteur qui cesse d’être perçu comme essentiel. A l’heure où l’on parle de refonder le pacte républicain, où l’on revisite les fondamentaux, voilà qu’on réserve à l’École la mission d’éducation citoyenne. Or, si l’exception culturelle française avait un sens, c’était bien celui de placer la culture au cœur du projet politique républicain.

Ce texte est proposé à la signature des acteurs culturels qui ne se résignent ni à la langue de bois des formules convenues, ni aux simples approches corporatistes. Conçu comme une introduction au débat, il peut et doit être prolongé par vos contributions (sous forme de commentaire ou via le lien de messagerie ci-contre). L'ensemble pourra, dans un deuxième temps, être édité sous une forme papier.

 

Lire le manifeste


Sur les responsabilités de l’artiste…

 

(...)

“Le vrai devoir de l’artiste c’est celui de sauvegarder le rêve”, nous  dit Modigliani. Et le rêve, dans un monde devenu marchandise, se rend lui-même mercantile. Rêve de consommation, d’un avoir en tant  que synonyme de bonheur. Bien loin du rêve préconisé par Modigliani. Rêve d’artiste, d’un art qui entraîne le dévoilement d’un monde  et la création d’un autre, comme le souhaitait Octavio Paz. C’est bien dans ce monde de plus en plus disproportionné, rempli d’inégalités  et dépourvu de charmes, que l’artiste se doit de relever le défi de  son réenchantement. Ce qui veut dire tout mettre en œuvre afin de  transformer la société par le truchement de l’art, en cherchant à faire  marcher ensemble Don Quichotte et Sancho Pança: un rêve bien ancré  sur le réel. L’art c’est le lieu par excellence de la subjectivité et de la  création, en procurant la possibilité à tous ceux qui s’en approchent de  changer leur vision du monde.

Serait-il possible de rêver d’un monde poétiquement habitable? Un  monde qui ne serait plus aride? Un monde dégagé de la violence et des  fondamentalismes, où les hommes s’entre-tuent? Un monde qui ne se  laisse pas faire par l’âpreté du gain, du profit, et où la liberté et la paix soient le patrimoine le plus prisé de la vie? Un monde qui ne rende pas le prochain, ni soi-même, une “chose”?  

Nous indiquons les chemins,  mais nous n’avons pas de réponses toutes faites.

(...)

Nous savons que l’art fait partie intégrante de la société, en  trouvant son cadre, finalement, dans l’éthique d’une vie reliée au  paradigme-terre, au paradigme-rêve, au paradigme-émerveillement.

Peut-être, pourrions-nous nous acheminer vers cette direction afin  d’essayer d’obtenir des réponses aux questions que nous venons de  poser ci-dessus (...)

 

CHARTE DES RESPONSABILITÉS DE L’ARTISTE  AU SEIN DE NOTRE HUMANITÉ, préconisée par l’Alliance pour un monde responsable,  pluriel et solidaire.

 

 Retour à la page et au sommaire des 7 principes.

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 10:24

sept

 

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps... 

°

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

 

 

Principe n° 5 : Promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

 

Chaire "développement humain durable & territoires" (Hélène Combes).

 

Les thèmes de recherche-action prioritaires (extrait de la note de juillet 2011)

La Chaire "développement humain durable & territoires" a pour vocation d'offrir aux partenaires qui la composent un espace d'échanges, d'expérimentation et de capitalisation pour avancer ensemble dans le sens de la mise en oeuvre d'un nouveau modèle de développement.

Dans ce contexte, la Chaire inscrit ses chantiers dans une approche résolument humaine du développement durable, considérant que l'enjeu des transformations sociétales à opérer repose sur une ré-interrogation de nos représentations du monde et des autres, de nos activités et de nos comportements individuels et collectifs.

C'est, en effet, dans ce cadre que nous pourrons investir chacun(e) et ensemble les différentes dimensions clefs du développement durable, à savoir, notamment :

- La responsabilité (être conscient des actes que l'on pose, des impacts qu'ils ont (pour nous, pour les autres, pour notre territoire et pour le monde) et faire des choix en conscience)

- La solidarité (au sens littéral, en Latin "en solido" = en entièreté) qui nous rappelle que l'équilibre du développement ne peut reposer que sur le bien-être de tous et sur une répartition des richesses plus juste)

- La préservation de nos biens communs de base (eau, biodiversité, mais aussi diversité culturelle, éducation, …)

- La prise en compte des incertitudes et des vulnérabilités (économiques, environnementales, sociales, démocratiques, …)

- Un nouveau rapport à l'expertise (reconnaissance à valeur égale et articulation des savoirs académiques et des savoirs issus du vécu et de l'expérience)

- L'apprentissage collectif d'un nouveau rapport au temps et à la prospective (la projection dans le temps ne repose plus sur des modèles stabilisés et implique la définition des valeurs communes, la lisibilité des décisions, une souplesse dans le pilotage, la mise en oeuvre d'actions de transition pour aller dans le sens d'une transformation de fond)

- L'urgence d'une démocratie collaborative - ou "contributive" (cf. Brest Métropole Océane) impliquant la négociation d'un projet commun entre acteurs aux intérêts potentiellement divergents, et la répartition des engagements dans les actions à mettre en oeuvre par les organisations et les individus (au niveau de la sphère publique et de la sphère privée).

Les travaux de la Chaire seront principalement centrés sur deux grands domaines de recherche-action, complémentaires et intimement liés, à savoir l'éthique de l'économie territorialisée et la mobilisation de territoires solidaires, la question de l'évaluation en développement durable intervenant en filigrane.

Ces différents volets seront traités en privilégiant une approche "Grand Ouest" en termes d'ancrage territorial, et une vision résolument axée sur l'ouverture au monde, c'est-à-dire tenant compte des interdépendances et des interactions existantes et potentielles.

Conformément au principe de la recherche-action, les travaux seront conduits en optant pour le postulat selon lequel l'expérimentation en développement durable servira de base à la conceptualisation, voire à la modélisation et à la théorisation "open source".

(extrait « Chaire développement humain durable et territoires » de 2 Juillet 2011)

 

Voir aussi sur le site le point d’étape décembre 2011.

 

Culture et développement durable : il est temps d’organiser la palabre, par Jean-Michel Lucas, Irma éd, 2012.

Dans une rencontre organisée le 30 avril dernier, par l'IRMA et le réseau MAP (réseau des musiques actuelles à Paris), en partenariat avec la Bellevilloise, Jean-Michel Lucas, présentait cet ouvrage. Ce débat du 30 avril capté par Demain TV est disponible ici.

 

François Deschamps l’a suivi avec la plus grande attention et livre une très claire synthèse des échanges dont voici un bref extrait :

 

Jean-Michel Lucas (…) soutient que la culture ne doit pas être une contribution (comme « secteur » culturel)  au développement durable, mais une condition de celui-ci.

Après une critique de la Directive « services » de l'Europe, en ce qu'elle ne nomme même pas le secteur artistique et culturel mais uniquement les échanges concurrentiels (sans parler de la notion « d'exception » culturelle qui l'énerve), il explique quel est selon lui  l'enjeu politique, à savoir tenter de créer une unité avec les identités culturelles différentes mais qui  pourtant doivent réussir à vivre ensemble. Ainsi fait-on acte d'humanité en allant vers plus de dignité et d'émancipation des personnes. L'éthique de la rentabilité ne devrait pas supplanter l'éthique de la responsabilité, de la dignité.

L'animateur de la réunion, François-Xavier Ruan, pose alors la question qui me vient souvent après avoir écouté Jean-Michel Lucas (au risque de passer pour un affreux pragmatique) : Quelles sont les pistes de travail que cette réflexion peut engager ? Concrètement, qu'est ce qu'on fait quand on rentre chez soi ?

Ferdinand Richard (AMI, Friche de la Belle de mai, expert aurprès du FIDC, fonds international pour la diversité culturelle de l'Unesco) traduit le propos de JM Lucas en expliquant qu'il s'agit de remplacer le mouvement consistant à « aller du haut vers le bas » pour « aller du bas vers le haut ». C'est un changement de paradigme, un mouvement irréversible pour lui  en Europe, qui ne se fait pas sans douleur, lié aux évolutions politiques mais aussi à d'autres facteurs comme les nouveaux medias. Les Etat-nation tendent à perdre leur contrôle depuis 30-40 ans, au fur et à mesure que le projet européen se construit, en faveur des autorités locales. Le propos du CGLU (le plus gros réseau de collectivités locales au monde) sur l'Agenda 21 de la culture est un projet de division du pouvoir des Etats-nation vers les autorités locales (avec aussi les dangers que peut représenter l'arrivée de potentats locaux). 
Notant que Jean-Michel Lucas remet souvent en cause les acteurs culturels, et que son discours est très anti-global et anticapitaliste, impliquant donc des changements de société, il se demande ce qu'on peut en faire quand on est opérateur culturel dans la société actuelle. Le système marginalise en effet ceux qui tentent de sortir de la logique dominante (recherche de rentabilité).

Seuls les politiques peuvent faire évoluer les choses. JM Lucas voit les choses ainsi :  quand une collectivité veut créer un équipement ou un projet culturel, et bien il serait nécessaire que la politique publique introduise dans l'action  le temps de l'avant, le temps du milieu et le temps de l'après ; c'est-à-dire des temps de discussion pour se demander si cette action a une valeur pour construire l'humanité, en quoi elle va donner à ceux qui y participent plus de liberté (d'opinion, de réflexion, de choix), plus de capacité à faire ce qu'ils ont envie de faire, et plus de responsabilité, de relation pacifiée avec les autres.

Philippe Berthelot (UFISC) : Comment ces acteurs culturels qui en prennent « plein leur grade » par JM Lucas peuvent-ils  arriver à encaisser ses colères -certes bénéfiques- ?  Ce n'est pas simple, du jour au lendemain, après des décennies de construction collective, de constater que des articles de textes aussi fondamentaux tels que ceux cités par JM Lucas ont pu se perdre au fil du temps, ou du moins n'ont pas été mis en œuvre. « C'est bien - dit-il à JM Lucas- de renvoyer la faute au secteur culturel, de se flageller, mais la question est de savoir comment on arrive à redresser ce mouvement, qui ne concerne pas seulement la culture (cf. la désespérance des gens qui œuvrent dans le domaine de la santé, comment ils se sont fait piéger dans les mécanismes de cloisonnement, de corporation, d'intérêt individuel, de représentation...) ». 
Ph. Berthelot se prononce pour une méthode d'apprentissage collectif : se réinterroger sur comment les choses se fabriquent, faire de la recherche-développement , essayer de partager, et puis sortir de nos propres problématiques d'enfermement, de construction de départ, chercher à s' arracher du passé.

(…)

Faute de suivre le débat télévisé dans son intégralité, il faut tout lire de la synthèse qu’en propose François Deschamps.

 

On la trouve sur la lettre d’infos dont il est responsable.

 

Voir aussi dans la même perspective le principe n° 7 (à venir).

 

Retour à la page et au sommaire des 7 principes 

 



 

 

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 06:26

sept

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps...

°

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose (quand il n’est pas cynique) qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

°

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

C’est ce qu’éclaire cette tribune du Comité national de liaison des EPCC

 

Poursuivre les débats sur la décentralisation

À la veille d’échéances électorales, la question de l’organisation publique territoriale est une nouvelle fois posée. Dans le secteur culturel, elle est récurrente malgré les innombrables tentatives de concertation mises en place depuis plusieurs années : Entretiens de Valois, réforme des collectivités territoriales et de l’État, réforme fiscale, conférences régionales, schémas territoriaux. La Loi sur la réforme des collectivités territoriales initiée par le gouvernement actuel n’a pas réellement apporté de réponse claire : la culture reste, comme le sport et le tourisme, sur une exception de compétence partagée.

En fait la loi reconnaît le caractère pluriel de la culture et renvoie la responsabilité à chaque échelon territorial et à l’État éventuellement. Dans une période de restriction des fonds publics, le risque est grand de placer le modèle du « qui paye décide » comme seule référence des politiques culturelles publiques. Cette logique conduira inévitablement les collectivités territoriales (et l’État) à se recentrer sur leurs grands équipements, soit parce qu’elles sont directement en responsabilité d’employeur, soit parce que les projets répondront alors à une stratégie de marketing territorial. Économie créative et communication deviendront alors les maîtres mots d’une politique culturelle uniformisée qui devrait pourtant recouvrir une plus grande diversité de réalités.

Mais quelle collectivité publique peut assumer, de manière isolée, une vraie politique culturelle ambitieuse capable tout aussi bien de répondre aux exigences de citoyenneté, de solidarité, d’éducation, de développement, d’innovations culturelles et créatrices ? Dans cette compétition territoriale, souvent métropolitaine, n’y a-t-il pas un risque de privilégier les projets dits structurants au détriment d’une réponse publique aux projets initiés par les territoires ? Un phénomène de concentration des moyens financiers n’est-il pas à craindre, qui risque de laisser des microprojets seuls face à la réalité du marché ?

Plus qu’une compétence, une politique de la culture se traduit par des services financés et soutenus par la puissance publique dont il faut redéfinir plus correctement les périmètres : entre les projets patrimoniaux et les projets de recherche artistique, les enjeux ne sont pas les mêmes ; entre les projets d’industries culturelles et le soutien à des groupes d’artistes implantés sur un territoire, les échelles ne sont pas les mêmes.

La politique culturelle est décentralisée et partagée mais est-elle aussi coopérative que ses protagonistes le revendiquent ? Sur la base des expériences engagées depuis trente ans, quels projets collectifs s’agit-il d’initier pour demain ? Avec quelles responsabilités ? Comment reconnaître la diversité des politiques publiques locales ? Comment intégrer la multitude des segments du terme culture ? Quelles sont les représentations portées au sein d’instances délibératives ? Où sont les évaluations de ces espaces politiques partagés ? Les questions aujourd’hui posées renvoient à une réflexion intrinsèquement politique.

Les politiques publiques en faveur de la culture constituent aujourd’hui un édifice pluriel particulièrement fragile dont l’avenir est plus que jamais lié à l’urgence d’une réflexion politique, y compris à l’échelon européen. Nous n’échapperons sûrement pas à la nécessité de dresser un inventaire critique et prospectif. Il nous faut éviter de plaquer une même règle sur l’ensemble des segments culturels existants et en devenir. Il s’agit peut-être de nous doter d’un nouveau référentiel repérant les multiples dimensions du secteur.

Cette responsabilité incombe aux acteurs publics, collectivités territoriales et État, comme des établissements publics dédiés au côté des professionnels et des citoyens. Quel que soit le mode d’organisation retenu dans quelques mois par les législateurs, nous pensons que les processus de coopération sont seuls aptes à structurer une action pérenne, à mener des expérimentations, à innover dans les interventions et à ajuster en permanence les projets en fonction de choix stratégiques.

Nous vivons tous dans des temps différents qui obligent à doter les organisations de nouvelles ingénieries. La coopération peut permettre le développement de projets publics répondant à la diversité des enjeux économiques, sociaux, culturels, éducatifs. De nouveaux « mandats » sont à confier par la puissance publique à des équipements capables d’assurer une fonction de redistribution, de solidarité et de développement au plan local et régional, national et européen, international.

En confortant cette dimension collective, cela doit concrétiser tout à la fois une exigence collective au plan artistique ou scientifique, une exigence à considérer les citoyens comme contributeur de biens culturels communs et une exigence de gestion de l’argent public. C’est une question de choix et de définition des priorités ! Si la France a ratifié la Déclaration Universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle, une politique d’investissement sur et par l’humain est nécessaire, au côté d’investissements plus économiques.

La question de savoir s’il faut plus ou moins de décentralisation (administrative) dans le secteur culturel ne trouvera sa pertinence que si elle ne se traduit pas seulement dans un principe de gestion, comme le simple transfert des subventions de l’État aux collectivités territoriales. La réponse s’inscrit nécessairement dans une approche plus globale en termes d’enjeux et d’articulations entre les différentes échelles de territoires, de discernement des logiques industrielles et/ou sociétales, et de responsabilités partagées entre les acteurs en présence.

C’est un chantier ambitieux sur lequel s’est engagé le comité national de liaison des EPCC avec la volonté de montrer que la coopération ne se décrète pas et qu’elle nécessite une attention particulière. C’est un apprentissage mutuel et collectif pour une coopération politique.

Avril 2012

Voir le site.

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 06:44

 

 sept

 

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps, autour d’une question lancinante : est-il possible de sortir les politiques culturelles des formes de routinisation gestionnaire qui les affectent depuis un certain temps ? Et, inversement, comment en finir avec la vaine grandiloquence en usage lorsqu’il s’agit d’art et de culture ?


Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : certes, il faut soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe numéro 4 : la culture dans la décentralisation, c’est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe 6 : créer à la fois les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose (quand il n’est pas cynique) qui affecte le monde de l’art et les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l’impératif dans le cadre de la construction européenne.

Prise de position CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire); SEP-UNSA Education (Syndicat de l’Education Populaire); UNSA (Union nationale des Syndicats Autonomes) 16 décembre 2011.

 

La Commission européenne actualise depuis plusieurs mois des règlements concernant les règles de la concurrence. Ces textes sont dénommés «Paquet Almunia», du nom du Commissaire en charge de la concurrence. Ce paquet, présenté le 20 décembre prochain, vise à clarifier et simplifier la situation des services publics locaux. Il s’agit de la révision du paquet Monti-Kroes de 2005, qui arrive à échéance. L’objectif de la Commission est de simplifier la décision tout en construisant un nouveau système de contrôle proportionné à l’impact des services d’intérêt général sur le marché intérieur. La Commission admet désormais que certains services d’intérêt économique général n’ont aucun impact sur le marché. Ainsi, le nouveau règlement exempte, sous certaines conditions les Services Sociaux d’Intérêt Général des règles de mise en concurrence. La France s’est positionnée en faveur de cette règle sur le secteur de la culture.

Nous demandons que les secteurs de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Culture puissent bénéficier des mêmes exemptions et sortir du champ de la concurrence. Historiquement, ces secteurs vivent et se développent grâce à un fort engagement d'associations. Cet ancrage associatif constitue une spécificité culturelle et sociale, identitaire pour la France. Il n'est pas imaginable que les associations œuvrant dans les secteurs de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la culture puissent être mises en concurrence les unes contre les autres et puissent relever d'un cadre commercial. La France avait choisit sur les transpositions précédentes de mettre ces secteurs en concurrence. Le gouvernement français doit aujourd'hui se positionner clairement sur cette question. Enfin nous constatons que l’exemple du modèle Allemand est régulièrement mis en avant. Il faut ainsi rappeler que l’Allemagne avait décidé de sortir du champ de la concurrence le secteur de la petite enfance contrairement à la France dans les transpositions précédentes.

C’est pourquoi, nous appelons les citoyens, les associations, les syndicats, les partis politiques, et toutes les instances à se mobiliser pour que l’État français et la Commission européenne se positionnent sur l’exemption de ces secteurs du champ de la concurrence et des règles qui s'y appliquent.

 
Le 16 décembre 2011. Le CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire), le SEP-UNSA Education (Syndicat de l’Education Populaire), l’UNSA (Union nationale des Syndicats Autonomes).

Voir le site.


Il importe aussi de signaler une série de notes publiées sur cette même question d’urgence par l’excellent Cultural Engineering Group Weblog animé par Philippe GIMET

Le 1er mai 2012, dernier il signalait que le groupe de travail sur l’influence du droit communautaire sur le financement des services culturels par les collectivités territoriales a rendu ses conclusions au Sénat au début du mois d’avril (lire ici la communication du groupe de travail.).

Le communiqué de presse qui nous est parvenu avec la synthèse du rapport du président du groupe de travail Monsieur Vincent Eblé témoigne de la complexité et de l’importance du sujet.

En effet, le droit communautaire évolue. Le paquet Monti-Kroes, datant de juillet 2005, a été remplacé par le paquet Almunia, adopté par la Commission européenne le 20 décembre 2011 et applicable en France depuis le 1er février 2012. S’adressant à l’ensemble des pouvoirs publics, nationaux et locaux, il émet un principe général d’interdiction des aides d’État, tout en autorisant certaines compensations notamment pour la fourniture de « services d’intérêt économique général » (SIEG). Au-delà d’un certain seuil de subvention, le seuil de minimis, qui devrait prochainement être fixé à 500 000 euros sur trois ans, toute compensation fait l’objet d’une notification.

Ceci est lourd de conséquences pour la culture et plus généralement pour l’écosystème culturel. Des mutations profondes s’annoncent. Plusieurs de nos membres sont très mobilisés sur cette question et nous aurons l’occasion d’y revenir très prochainement en détail.

Après avoir publié le premier la lettre de Jean-Michel Lucas au sénateur Eblé (voir ci-dessous), il revient plus longuement sur la question.

Nous en avons déjà fait mention plusieurs fois ces derniers jours car le sujet ne fait aucune vague ou presque, en tout cas dans les médias, et il faut absolument en parler car ce quasi silence radio donne la fausse impression qu’on se résigne à laisser nos politiques, certains d’entre eux en tout cas à gauche comme à droite, louvoyer non sans opportunisme et porter sans conviction des visions qui trahissent un aveux d’impuissance criant.

Nous nous serions résignés à subir ce qui nous nous est présenté par ces mêmes politiques comme inévitable et qui est posé d’emblée comme une guerre de tranchées entre droit communautaire et droit souverain.

Dans tous les secteurs, le rôle des acteurs des territoires est d’éclairer le politique, de lui confier leur expertise. Les acteurs sont les premiers à pouvoir témoigner de l’impact des actions et des projets qu’ils mènent dans un éco-système où le politique cherche à traduire et porter une volonté, des valeurs, des visions. Cet éco-système est d’ailleurs très largement régi par la répartition des compétences entre Etat et Collectivités territoriales qui doivent s’exercer en étroite collaboration. Les acteurs territoriaux, dont certains reçoivent des financements publics pour mettre en œuvre une part de ces compétences selon des objectifs ciblés, sont au contact du terrain et exercent, appelons en chat un chat, un part de la mission de service public.

Ils contribuent ensemble à animer, valoriser, renforcer et enrichir la qualité du cadre de vie de nos territoires.

Cette gouvernance public-privé, disons-le tout net, ne peut tout réussir ni tout résoudre mais il est clair que l’architecture de notre contrat social repose en grande partie sur cette coopération étroite. Or cette coopération étroite évolue au gré des réformes, s’adapte au fil des grands changements sociétaux mais n’a jamais été bouleversée en profondeur depuis les premières lois de décentralisation.

Or la construction européenne, que certains accusent à tort, par crainte ou par ignorance, de tous les maux, modifie la donne acquise depuis des générations, elle amène à considérer non pas qu’il convient d’uniformiser nos espaces souverains et nos cultures mais de les harmoniser (ce qui est bien plus qu’une nuance), de placer le vivre ensemble souverain dans une dimension communautaire. En d’autres termes, l’Europe en marche est l’Europe qui fixe un minimum de règles communes et de principes partagés. Cela signifie qu’il convient d’instituer ces règles et ces principes, au travers du droit communautaire, capable de s’appliquer à tous pour que chacun puisse participer à construire l’identité européenne à partir de sa propre culture et de ce qu’il en tire pour sa propre culture.

De ce point de vue, transposer une directive européenne en droit souverain appelle nécessairement des adaptations d’une part et des dérogations de l’autre, ceci étant nécessairement l’objet de négociations plus ou moins âpres. C’est le lot quotidien du politique que d’assurer que l’intérêt général puisse prévaloir à chaque instant dans ces transpositions qui sont bien plus que du juridique ou du langage technocrate comme disent les eurosceptiques.

La responsabilité est donc grande, ce qui oblige à ce que le dialogue soit fort entre le niveau local, national et européen.

(…)

Il est désormais vital que politiques, techniciens et acteurs culturels prennent collectivement leurs responsabilités car, comme dit le proverbe chinois, c’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur. Nous y sommes.

 

LIRE L’INTEGRALE DE LA NOTE de Philippe GIMET

Dans la même perspective, on lira avec intérêt la réponse du Comité national de liaison des EPCC au Sénateur Vincent EBLE sur l’influence du droit communautaire sur les financements des services culturels

Monsieur le Président,

Nous avons lu avec beaucoup d’attention votre communication sur « l’influence du droit communautaire sur le financement des services culturels ». Nous vous rejoignons dans votre volonté « de faire évoluer le cadre juridique de manière pragmatique ». La lecture de votre communication du mercredi 4 avril 2012 nous suggère plusieurs remarques. Nous savons la situation complexe au regard de la diversité des réalités du secteur culturel et son relative atomisation dans un grand nombre de segments. Les réponses à construire face à cette évolution des cadres réglementaires ne sont donc pas aisées.

Pour aller directement au sujet qui nous intéresse ici, rappelons simplement que le législateur a souhaité en 2002 la création d’un statut juridique dédié pour assurer la pérennité d’un service culturel public : l’Etablissement Public de Coopération Culturelle (EPCC)

Lire la suite

 

 En effet, les honorables sénateurs s’étant saisis des inquiétudes que ne manque pas de susciter une telle remise en question de notre conception des rapports entre culture et service public  Monsieur Vincent Eblé a rapporté sur le sujet  lire ici la communication du groupe de travail.  

Fort de ses convictions affirmées et de son travail approfondi sur ces questions Jean-Michel Lucas s’est donc fendu d’une lettre qui commence et finit ainsi

 

A l'attention de Monsieur Eblé, Sénateur,

Président du groupe de travail sur l'influence du droit communautaire sur le financement des services culturels par les collectivités territoriales

Monsieur Le Président,

J'ai lu avec attention le rapport sur « l'influence du droit communautaire sur le financement des services culturels » que vous avez présenté au Sénat le 2 avril dernier devant la Commission de la culture, de l'éducation et de la communication.

Je dois avouer que j'ai été particulièrement surpris par l'analyse que vous avez faite de cette question si déterminante pour l'avenir des politiques culturelles dans notre société de liberté. Je voudrais, en conséquence, vous faire part de mes réactions en espérant qu'elles puissent influer sur la rédaction finale du document que vous demandez au Sénat de diffuser largement auprès des autorités publiques et de la société civile.

Mon étonnement tient surtout à l'angle d'approche que vous avez choisi et qui se réduit à une lecture juridique – réglementaire - des dispositifs de soutien aux acteurs culturels. Sur un tel sujet, j'estime qu'une réflexion plus proche des responsabilités d'intérêt général – disons éthiques et politiques – de votre assemblée d'élus du peuple aurait permis de mieux éclairer l'opinion

 

(…)

 

Ne serait-il pas nécessaire de refuser cette explication injustifiée et de réclamer que les SIG (non économiques) reposent plus solidement sur les valeurs fondamentales du Traité ? Et, bien entendu, sur des activités dont la finalité est de permettre aux personnes d'être plus en dignité, vis à vis d'elles-mêmes, vis à vis des autres. Il faut ainsi profiter du flou des justifications de la Commission pour refonder les services d'intérêt général (non économiques) sur la défense des droits humains.

Je suis persuadé que beaucoup d'acteurs culturels pourraient se reconnaître dans cette exigence éthique. Pas tous, certes, car nombre d'entre eux sont plutôt des vendeurs de produits à des publics satisfaits de leurs consommations de spectacles, de films ou de livres... Pour eux, le marché concurrentiel restera la norme et, à titre d'exception, les SIEG suffiront bien à la peine. Les informations juridiques que vous avez données leur seront parfaitement adaptées.

Mais, d'autres acteurs culturels privilégient la relation de « reconnaissance » entre les personnes. Les obligations de réciprocité ne se limitent pas au paiement d'un billet ou d'un salaire.

L'enjeu est que les personnes progressent sur le chemin de l'émancipation. La culture est alors comprise comme construction d'une humanité ensemble faite de plus de libertés, plus de capabilités, plus de responsabilités vis à vis des autres, pour reprendre les exigences des approches du développement humain, si bien défendues par Amartya Sen, prix Nobel d' économie.

De tels projets acceptent, bien sur, les échanges marchands mais ne s'y réduisent pas car ils nécessitent la confrontation des personnes et de leurs libertés culturelles ( et artistiques) pour mieux favoriser les interactions entre les mondes sensibles ( ce que j'ai qualifié ailleurs de « palabre »  et qui ne peut s'épuiser dans l'offre de marchandises !)

Cet enjeu culturel mérite bien un dispositif réglementaire identifié. Les services de dignité comme SIG non économiques devraient lui être ouverts, même si les critères pour y entrer seront sans doute plus contraignants que ceux qu'impose la logique marchande aux SIEG. Ils seront, en tout cas,

beaucoup plus valorisants pour ceux qui estiment comme Perez de Cuellar que « nous avons tout lieu d’espérer qu’à mesure que chacun ira défrichant un peu mieux sa propre singularité, il y découvrira au plus profond l’indéniable empreinte de notre humanité commune. »

Je m'autorise à reprendre pour cet enjeu culturel les mots de Mendes France :

« Alors que le progrès consiste à reconnaître à chacun plus de droits, d’indépendance, de dignité non seulement dans la gestion de sa vie personnelle mais aussi dans celle de la communauté à laquelle il appartient, je ne peux croire que ce peuple se désintéresse de son propre progrès. » (« La république Moderne » Edit Gallimard,1966)

En ce sens, je forme le voeu qu'avec votre soutien, l'Union saisisse la nécessité de faire évoluer ses directives pour donner force réglementaire à l'enjeu culturel premier qui reste de mieux construire notre humanité commune, ensemble.

 

Je vous remercie de votre attention.

Bien respectueusement à vous

Jean Michel Lucas.

 

 

Télécharger l'intégralité de la lettre de Jean-Michel Lucas à Vincent Eblé


Pour ceux qui contrairement à moi n’ont pas eu la chance d’assister à la présentation de son ouvrage à la Bellevilloise le 30 avril dernier, grâce à l’Irma et à Demain TV, la captation intégrale de l’événement est disponible ici. Voir aussi la synthèse écrite qu’en a réalisé François Deschamps pour Territorial.fr

 

Retour à la page et au sommaire des 7 principes

 

 

 


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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 08:35

sept

Suite de la tentative de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps, autour d’une question lancinante : est-il possible de sortir les politiques culturelles des formes de routinisation gestionnaire qui les affectent depuis un certain temps. Ou encore, face brillante de la même triste médaille, comment en finir avec la vaine grandiloquence au sujet de ce que l’on appelle communément la culture?

On est ici attentif aux pas de côté, aux tentatives de redonner un sens à l’action publique, aux initiatives de la société civile, bref aux vigiles insolents et aux guetteurs intempestifs.


Principe n° 2 : certes, il faut « défendre » la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

 

C’est ce que rappelle le texte de Robin Renucci Pour une autre politique de l’art, publié dans Le Monde pendant l’été 2011 et relayé par L’Oizeau rare.

 

(...)

L'éducation artistique et culturelle est un enjeu central de notre temps. La " société de la connaissance " ne se construira pas sans une exigence de pratique. Former les enseignants et non pas fermer les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), impliquer les artistes et les institutions culturelles dans des formations croisées. Enseigner l'histoire de l'art ne répond pas aux exigences du " partage du sensible ", selon l'expression du philosophe Jacques Rancière. L'histoire de la natation apprend-elle à nager ?

L'historien Roger Chartier écrivait ici même il y a vingt ans : " Il y a quelque chose de pathétique à vouloir dresser une digue étanche, infranchissable, entre les études et les oeuvres dont se délectent "les amateurs habituels des choses de l'esprit" et les "pratiques culturelles" du plus grand nombre, alimentées par le marché des loisirs. Le lien qui les unit (...) réside dans la trajectoire même qui donne leur sens aux oeuvres les plus puissantes " (" Pas d'oeuvre sans pratique ", Le Monde du 26 septembre 1991).

(...)

 © Le Monde

Je rappelle que ce texte de Roger Chartier, introuvable sur la toile, semble-t-il, a été remis en circulation par La Cité des sens.

Télécharger " Pas d'oeuvre sans pratique "

 

J’ajoute que si ce s’il est convenu d’appeler l’éducation artistique est une priorité du nouveau gouvernement, ce dont on ne saurait trop se réjouir, cela ne saurait justifier une réduction du métier d’enseigner à la seule transmission des connaissances faire oublier que la transmission culturelle  doit rester (et, s’il le faut, redevenir) la mission fondamentale de l’école.

 

Sur cette question voir Transmission d’hier et d’aujourd’hui, chapitre V de La bataille de l’imaginaire (recueil de contributions édité par les Rencontres d’Archimède), sous la direction de Cécil Guitart, Editions de l’attribut, 2009

 Voir aussi le site du Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire.

Et, pour mémoire, l’ouvrage de Jean-Gabriel Carasso : Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture ?

Et sur son blog : L'art, la culture et l'école, c'est maintenant.

 

D e fait, l’affaire d’ailleurs est plus complexe et profonde que les propos un peu convenus sur les bienheureuses rencontres entre artistes et enfants que l’expérience artistique sauverait de l’échec scolaire.

On peut se reporter aux fécondes réflexions d’Alain Kerlan.

 

 

Retour à la page et au sommaire des 7 principes...

 

 

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 09:23

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Un blog, c’est comme ça, on n’y peut pas grand-chose, c’est du genre au jour le jour, une note chasse l’autre et ainsi de suite.

Essayons donc de récapituler et, si possible, de mettre un peu d’ordre dans quelques réflexions et références relayées ici, ces derniers temps, autour d’une question lancinante : est-il possible de sortir les politiques culturelles des formes de routinisation gestionnaire qui les affectent depuis un certain temps?. Ou encore, face brillante de la même triste médaille, comment en finir avec la vaine grandiloquence qui fait de ce que l’on appelle communément la culture une espèce d’albatros que ses ailes de géant empêchent de marcher.

On est ici attentif aux pas de côté, aux tentatives de redonner un sens à l’action publique, à la nécessaire attention aux initiatives de la société civile, bref aux vigiles insolents et aux guetteurs intempestifs.

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

Principe n° 2 : il faut certes soutenir la création mais la question de la transmission est non moins fondamentale.

Principe n° 3 : si l’on veut que le service public soit non seulement « défendu » mais développé, il faut en conforter l'impératif dans le cadre de la construction européenne.

Principe n° 4 : la culture dans la décentralisation, c'est la coopération.

Principe n° 5 : promouvoir le développement culturel durable c’est mettre la responsabilité, la démocratie et la solidarité au poste de commandement.

Principe n° 6 : créer les conditions politiques qui mettent fin au désenchantement morose (quand il n’est pas cynique) qui affecte le monde de l’artet les conditions culturelles qui redonnent sens à l‘action politique.

Principe n° 7 : le principe de l’égale dignité des personnes doit être le fondement légitime de toute politique culturelle.

 

Principe n° 1 : remettre politiquement en question l’approche sectorielle de la culture

 Pour un grand service public de la recherche, de l'enseignement, de la culture et de l'éducation populaire par Christian Maurel

 

Point de vue | LEMONDE.FR | 23.11.11 | 

Le débat de la prochaine campagne présidentielle peut-il et doit-il se réduire à une dispute sur la création de 60 000 postes d'enseignants ? Certainement pas. La question des moyens budgétaires est déterminante mais elle ne saurait constituer l'alpha et l'oméga d'une réflexion politique qui entendrait concerner l'ensemble des citoyens sur ce thème central qu'est l'éducation.

Nous plaidons en faveur d'un grand service public – le premier de la nation par ses missions et ses moyens – de la recherche, de l'enseignement, de la culture et de l'éducation populaire. Pour répondre de quels enjeux et pour remplir quelles missions ?

(…)

 Il s'agit, bien plus, de promouvoir une intelligente articulation de la démocratie culturelle donnant "droit de cité" aux différentes cultures et une démocratisation (Paul Vaillant-Couturier parlait de "popularisation") des grandes œuvres de l'Humanité, de ne plus opposer pratiques amateurs et pratiques professionnelles, de considérer, comme le revendique le comédien Robin Renucci (Le Monde du 8/9/2011), que "le rapport à l'art, la construction culturelle de soi passent par la pratique, par une relation sensible, développée et valorisée dès le plus jeune âge". Ainsi conçue, l'action culturelle ne se limite plus à un accès aux œuvres mais fait en sorte que "les œuvres œuvrent" selon la belle formule de Bernard Stiegler reprise par le même Robin Renucci qui en fait tous les ans l'expérience en Corse dans le cadre des rencontres de l'ARIA (...).

© Le Monde

Lire la suite : 

Point de vue | LEMONDE.FR | 23.11.11 | 

Christian Maurel sociologue, cofondateur du collectif national Education populaire et transformations sociale, délégué régional des Maisons des jeunes et de la culture et professeur associé à l'université Aix-Marseille-I.

Il est l'auteur de l'ouvrage Education populaire et puissance d'agir. Les processus culturels de l'émancipation (Editions L'Harmattan, Paris 2010) et du roman Le châtaignier aux sabots ou les longs hivers (Editions de l'Officine, Paris 2010).


N.B. : à propos d’école et d’enseignement, voir Démocratisation-scolaire.fr, site très intéressant.

 

On peut, on doit sortir de la seule logique du « secteur » de la culture… c’est aussi ce qu’affirment les auteurs de l’appel L’Art est public.

 

L'avenir est lié à la nécessité d'une réflexion politique, notamment sur ce qui fonde l'action publique et sa légitimité : l'intérêt général, c'est-à-dire ce qui fait sens collectif dans nos sociétés.

La mobilisation « l'art est public » affirme que l'art et la culture ne s'arrêtent pas à ceux qui les pratiquent mais que l'art est l'affaire de tous, qu'il est affaire publique. Cette dynamique participative au long cours questionne et met en débat le rapport entre pratique artistique et culturelle et enjeux démocratiques et sociétaux.

Porté depuis plusieurs mois par les organisations membres de l'Ufisc, le mouvement a commencé à s'élargir à d'autres acteurs de l'économie et de l'éducation populaire. Il reçoit le soutien d'élu(e)s sur l'ensemble du territoire - 450 à ce jour - et plus largement des citoyens.

« L'art est public » affirme également que la culture est indissociable aux autres domaines fondamentaux de la vie que sont la santé, l'éducation, la recherche, l'environnement, l'urbanisme, le logement, l'alimentation, l'énergie ...

Ce temps de forum de « l'art est public » doit ainsi permettre de nourrir un dialogue et une réflexion ouverte entre acteurs de différents secteurs qui partagent les mêmes constats quant à la mise à mal de l'intérêt général et du bien commun.

Nous vous invitons donc à participer à un temps de convergence et de construction collective !

Education, recherche, santé, tourisme, culture, agriculture, parce que nous pensons que nos destins sont solidaires, nous proposons de réinterroger ce qui fonde l'intérêt général dans la société toute entière et d'élaborer ensemble des résistances partagées.

Nous ne voulons pas être complices d'un monde catégorisé, de politiques cloisonnées, nous devons chercher à créer des convergences d'analyse et d'action.

 

Les fondements de la mobilisation « l’art est public » - pour une politique culturelle réinventée 
Cette dynamique collective a pour objectif de mettre en débat les fondements de l’intervention publique en matière d’art et de culture. Elle est un appel à ce que se construisent de manière partagée et démocratique des politiques publiques ambitieuses, fondées sur la diversité, l'équité et la considération des droits culturels, pour consolidation des initiatives d’intérêt général face à la marchandisation de la culture. L’art est l’affaire de tous, c’est un enjeu de société !

La mobilisation se construit sur la base de premières convictions communes portées dans l’appel à mobilisation à retrouver ici

 

Voir le site

 

Retour à la page et au sommaire des 7 principes

 

 

 

Voir aussi

 Rencontres sur les politiques culturelles.

Culture(s) sans frontières

Un nouveau paradigme pour les politiques publiques de la culture.

L'art en partage ou "la démocratie quel chantier".

Mettre un frein à l'immobilisme

Organiser la palabre

Ouvrir les possibles

Vigiles insolents et guetteurs intempestifs

Politiques culturelles : un pas de côté

Urgence de la transmission

Droits culturels, démarches artistiques partagées et démocratie


 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 14:05

JF
 

Dans son discours en hommage à Jules Ferry, le nouveau président de la République a confirmé son engagement de rétablir une véritable formation des enseignants. Il a cité un discours de Jules Ferry qui avançait qu’il ne suffit pas de savoir pour savoir transmettre et qu’enseigner était un métier qui, comme tous les métiers, devait s’apprendre.

Occasion de rappeler au monde de la culture  combien la haute idée qu’il se fait de lui-même doit à une condescendance toujours renouvelée pour le métier d’enseigner.

En ce sens, Malraux qui affirma vouloir faire pour « la culture » ce que Ferry avait fait pour l’éducation, fut bien un enfant d’Edouard plus que l’héritier de Jules

 

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Extrait d’un vieil et mien article sur la culture scolaire.

Voir aussi, du même auteur,  « Institution et formation » in Le métier d’instruire, sous la direction de Laurence Cornu, 1992

 

 

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 13:24

 

w i p 2

° ° ° ° °

La période étant propice aux appels, manifestes et tribunes (souvent très convenus) sur « la » culture publiés dans le contexte des prochaines élections La Cité des sens poursuit sans relâche son exploration des points de vue divergents, latéraux, sortant des sentiers battus, intempestifs autant qu'inactuels en ces temps pervertis par le présentisme

 

Résumé de quelques chapitres précédents :

Mettre un frein à l'immobilisme

Organiser la palabre

Ouvrir les possibles

Vigiles insolents et guetteurs intempestifs

Politiques culturelles : un pas de côté

Urgence de la transmission

Droits culturels, démarches artistiques partagées et démocratie

 

L'action du jour alternative autant qu'exemplaire a été publiée sur le site mouvement.net 

Recherche-action

L’art en partage

A Marseille, plusieurs lieux, artistes, chercheurs et « acteurs culturels » poursuivent un double objectif : construire un savoir partagé tout en renouvelant la pratique des acteurs. Du 28 mars au 6 avril, première démonstration, spectacles et rencontres à l’appui.

Depuis 2011, douze  espaces-projets artistiques du territoire de Marseille-Provence développent un dispositif de recherche-action afin d’interroger la pertinence des démarches qui cherchent à inventer de nouvelles formes de démocratie artistique. L’ambition : construire une expertise partagée, mais non consensuelle, puis d’élaborer des propositions visant à repenser les politiques culturelles. Premier moment de «concentré» d’observation entre le 28 mars et le 6 avril.

Dix jours presque comme les autres
Le programme proposé, du 28 mars et le 6 avril, dans le cadre de L’art en partage ne procède absolument pas d’une approche festivalière. Les opérateurs culturels et les artistes (1) qui participent à cette initiative défendent l’idée que 
« l’exceptionnel en art doit relever d’une pratique commune et quotidienne ». Ces maisons de production ouvriront donc, comme elles en ont l’habitude, leurs portes aux populations. Certaines programment des spectacles, d’autres proposent des rencontres plus informelles et donnent plutôt à voir des chantiers, ou des travaux en cours. Parmi les propositions : une performance de près de 24 heures de la compagnie Demesten Tipi au 3 bis f ; la présentation de la dernière création de la compagnie l’Art de Vivre au Théâtre Massalia ; un spectacle de Thierry Bédard dans des écoles primaires ; une étape de travail de Mathilde Monfreux en résidence au Citron Jaune (Centre national des arts de la rue situé à Port-Saint-Louis-du-Rhône) ; une immersion du paysagiste-poète Jean-Luc Brisson à la Gare Franche ; une « rencontre sur le terrain » et dans une Cité avec Les Pas Perdus et leurs excentricités artistiques ; la « livraison » d’un travail mené par Jacques Rebotier avec les publics du Théâtre de la Minoterie ; une sortie d’atelier du chorégraphe Thierry Mabon au Studio 164 ; un retour sur une psychanalyse urbaine en miroir entre Marseille et Alger réalisée par Laurent Petit, à l’initiative des Bancs Publics ; un coup de projecteur sur la Biennale des écritures du réel du Théâtre de la Cité ; une conférence du philosophe Jean-Paul Curnier… Tous ces actes, tous ces éclairages, seront la matière même de la réflexion. Ce mouvement de pensée qui se veut « joyeux et parfois même ludique », associera des membres du réseau ARTfactories/Autre(s)pARTs et un certain nombre de chercheurs complices (2). Avec, en clôture, un atelier de réflexion pour envisager les autres étapes de la recherche-action.

Un chantier permanent
Ce dispositif (3), porté au niveau national par l’association ARTfactories/Autre(s)pARTs, entend apporter une connaissance à la fois sensible et rationnelle des mutations de l’action artistique et culturelle. Cette démarche s’inscrit notamment en rupture avec les principes de la démocratisation culturelle et ce pour explorer les voies d’une relation véritablement démocratique avec l’art.

 Ce n’est pas un hasard si l’aire métropolitaine marseillaise accueille un tel chantier. Ce territoire compte en effet un nombre très significatif d’espaces-projets développant des pratiques artistiques innovantes et audacieuses sur des principes de co-production et de co-construction avec les habitants. Ici, peut-être plus qu’ailleurs et face à une défaillance du pouvoir politique, des projets naissent en dehors de toute volonté institutionnelle. Dans un environnement ou le « mauvais goût » et la « sous-culture » participent de l’affirmation identitaire, il n’est sans doute pas étonnant que des  artistes se jouent des frontières entre arts savants et arts populaires ou qu’ils décident d’investir sans complexe des pratiques qui possèdent un très faible degré de légitimité artistique : la cuisine, le bricolage, le jardinage, le bal populaire, la fanfare…

Dans cette recherche-action, deux modes d'existence et d'engagement se côtoient : celles d'artistes et celles d'opérateurs culturels. Le fonctionnement cherche à être véritablement collégial.  Pour une fois,  la puissance économique ne dicte pas sa loi et les artistes ne sont pas dépossédés de leur pouvoir de décision. Il n’y a pas non plus, comme c’est souvent le cas, de « chef de file ».  Les approches esthétiques sont très diverses, les stratégies politiques ne sont pas, 
a priori, compatibles. Et pourtant, il faut bien faire société, travailler, sans pour autant nier les divergences, sur les préoccupations communes et les complémentarités… Il convient surtout d’adopter de nouvelles postures afin de rendre l’art véritablement populaire. Cette recherche-action participe d’un vaste mouvement de renouvellement de l’action artistique, interpellant tour à tour les logiques économiques et sociales, les enjeux urbains, patrimoniaux et écologiques, ainsi que les politiques publiques de la culture.

Pourtant, ce travail ne bénéficie, pour l’instant, d’aucun financement public. Déjà, il ne s’intègre pas dans l’approche nécessairement événementielle de Marseille Provence 2013. C’est un processus sur le long terme qui n’a pas pour vocation première d’attirer des publics. Quant aux collectivités territoriales, non seulement elles focalisent leurs financements sur la Capitale Européenne de la Culture, mais surtout, elles sont de moins en moins attentives aux initiatives qui ne sont pas directement connectées à des enjeux de diffusion. De plus, malgré les discours, les politiques publiques restent fortement orientées sur les pratiques et les formes relevant de l’excellence artistique.  

Le savoir partagé
Sans moyens financiers, difficile de mobiliser sur le long terme des chercheurs. Il a  donc fallu s’adapter et inventer un cadre de travail suffisamment souple pour qu’un collège de chercheurs « à géométrie variable » puisse s’agréger à la démarche et la nourrir. L’implication économique et logistique d’ARTfactories/Autre(s)pARTs a également été déterminante. Douze chercheurs ont porté leur regard sur le dispositif. Au fil des échanges un certain nombre de problématiques ont été identifiées : qu’est ce qu’une œuvre populaire ? pourquoi l’art relève-t-il du régime de la singularité et de la rareté et non pas du régime du commun et de la conformité ? comment « capitaliser » et articuler les différentes valeurs de l’art (financières, symboliques, sociales, politiques, éducatives, urbaines, environnementales...) ? comment le champ de la création participative est-il en train d’évoluer, d’innover ? Cette démarche poursuit ainsi un double objectif : construire un savoir partagé tout en renouvelant la pratique des acteurs.

Après les dix jours de « concentré » d’observation, la recherche-action va poursuivre son cheminement pendant encore un an, alternant travail souterrain et moment de visibilité (une rencontre internationale est programmée en octobre 2012). Toute cette matière sera ensuite décryptée. Elle donnera lieu à une production éditoriale et à différentes restitutions publiques (notamment dans le cadre de la rencontre internationale prévue, à la Friche la Belle de Mai, en novembre 2013, pour les trente ans du réseau Trans Europe Halles). 
« Nous apporterons dans le débat politique le fruit de ce travail, le mettrons en partage et en discussion. Nous n’avons pas la prétention de croire que nous atteindrons du premier coup l’objectif que nous nous sommes fixés. L’ambition est immense et les obstacles nombreux. Mais nous avons la certitude que dans le contexte de crise permanente que traversent nos sociétés, nous avançons dans le bon sens. Nous envisageons notre démarche comme un ouvrage permanent qui, comme la démocratie, doit être constamment remis en chantier. » 


1. Les coproducteurs de la recherche action l’Art en partage sont : Le 3bisf ; Alphabetville ; L’Art de Vivre ; Les Bancs Publics ; La Cité, Maison de Théâtre et Compagnie ; Le Citron Jaune ; La Gare Franche ; Les Pas Perdus ; Système Friche Théâtre ; Théâtre Massalia ; La compagnie Geneviève Sorin ; Le Théâtre de  la Minoterie ; Pensons le Matin.

2. Les chercheurs associés au « concentré » d’observation du 28 mars au 6 avril : 
Philippe Henry (Maître de conférences, HDR au département Théâtre de l’Université Paris 8 – Saint-Denis. Jean-Stéphane Borja – Thèse de Sociologie. École doctorale Espace, Cultures et Sociétés, Université de Provence. Claire Bullen - Bourse de UACES (Groupe universitaire pour la promotion des études européennes contemporaines) pour une enquête de trois mois sur les processus de l’évaluation de MP2013. Christophe Apprill, sociologue et danseur, chercheur au Centre Norbert Elias (EHESS) et à l’Observatoire des Publics, des Professionnels et des Institutions de la Culture (OPPIC).Jean-Marc N’guyen – Membre du LISRA (Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche- Action)

3. La recherche-action est une démarche relevant d’une dialectique de la connaissance et de l’action. Elle poursuit un double objectif : « 
transformer la réalité et produire des connaissances concernant ces transformations »(Hugon et Seibel).

L’art en partage, du 28 mars au 6 avril à Marseille.
Informations et renseignements : Artfactories/Autre(s)pARTs Tél. 06 78 26 56 76.

  (Lire sur notre site : http://www.mouvement.net/index.php?idStarter=221181)

Artiste(s) : 
Thierry BEDARD Metteur en scène
Laurent Petit artiste
Francis Lanan rédacteur

Agenda : 
du 28/03/2012 00:00 au 06/04/2012 00:00
13001 Marseille

Publié le 27/03/2012 00:00


Copyrightle 27/03/2012 00:00

Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)



 

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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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