La chose artistique (6)

Publié le par Jean-Claude Pompougnac

 

 

 

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Résumé des chapitres précédents.

L’objet de ces notes est d’éclairer la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel. Et de décrire la chose artistique en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, d’interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion. Comme un roman est un miroir qu’on promène le long d’un chemin, je m’oblige à porter une attention oblique et distraite au monde et au quotidien.

Transition super fastoche (la honte !) : il ne s’agit aujourd’hui de rien de plus que de lire le grand quotidien du soir dans son édition datée du vendredi 16 février.

Chapitre 6.

Comme tout les jeudis, il y a un supplément Le Monde des livres et en page 2 de ce supplément une lettre de Danièle Sallenave écrivain et membre du jury Femina.

Elle n’est pas contente parce que dans un débat, elle s’est fait traiter de « réactionnaire » et que Le Monde s’en est fait l’écho. Elle tient à s’expliquer.

 

Qu’avais-je dit en préambule ? (…) Qu’il me paraissait hasardeux et peut-être inutile de débattre du roman sans questionner la dérive qui a fait sombrer « l’art » dans « la culture » et « la culture » dans « l’animation culturelle ». (..) j’évoquais la difficulté où se trouve chacun (et pas seulement l’ « écrivain ») à conserver l’ombre d’une singularité, et l’espace nécessaire à une pensée libre, lorsqu’on est à toute heure soumis au bavardage généralisé de la société de divertissement, qui gave, menace, punit, récompense et console dans une même sollicitude étouffante de « mère mortifère », et qu’on se voit livré au règne et à la domination de ses pulsions dans un devenir où toute sublimation devient impossible, qu’elle soit artistique ou politique.

 

Page 27 du même Le Monde, dans la rubrique Culture un article de Fabienne Darge, consacré au spectacle « Cap au pire » qui se donne au Théâtre de l’Atelier commence ainsi :

 

Depuis plusieurs années, Sami Frey poursuit une oeuvre un peu particulière : celle d’un lecteur d’exception. Tout amoureux de la littérature, dans le secret de sa chambre, compose une œuvre intime et étrange –car, oui, la lecture est un art- qui se rapproche à bien des titres de celle du comédien.

© Le Monde.fr

 

La page d’avant, page 26, sous le titre “Candidats,  exprimez vous! ” est ainsi surtitrée :

Pétition, débats, appels. Le monde de l’art s’inquiète du silence des politiques avant l’élection présidentielle.

 

Vérifiez en cliquant ci-dessous qui appartient et qui n'appartient pas au monde de l’art.

 

 

 

Candidats, exprimez-vous !
LE MONDE | 15.02.07
***

A la fin de l’article principal de ce dossier, on nous explique que le nouveau président du Syndeac observe une souffrance chez les artistes.

Si j’ai bien lu ce dossier, les citoyens n'ont pas l'air de faire partie du monde de l’art contrairement aux amoureux de littérature qui ressemblent à Sami Frey. Et je ne parviens pas à comprendre s’ils souffrent de la même souffrance que celle analysée par Madame Sallenave, d’être livré au règne et à la domination de ses pulsions dans un devenir où toute sublimation devient impossible, qu’elle soit artistique ou politique.

Sur la différence ou non entre les citoyens ordinaires et moins ordinaires et dans les pages Débats, pages 19 et 20 du même numéro, M. Eric Debarieux, sociologue à l’Université de Bordeaux II et M. Yves Sintomer, professeur de sociologie à l’Université de Paris VIII ne sont pas d’accord, mais alors  pas du tout.

Pour le premier (Peuple « d’en bas » contre intellos d’en haut) : l’éviction des chercheurs des débats électoraux est stupide et humiliante. Pour le seconrd (Tordre le cou aux contrevérités) : Non, la « démocratie participative » n’est pas qu’un slogan électoral. L’histoire de cette notion remonte aux années 1960., 

Qui a raison ?  Qui a gagné?

Paris 8 ;  Bordeaux 2,  y a pas photo même si l’arbitre a sifflé un penalty litigieux. Non ?

 

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©

 

Publié dans La chose artistique

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