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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 13:52

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Deux sociologues, Serge Paugam et Camila Giorgetti, publient les résultats d’une enquête féconde menée à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou. Un espace démocratique où se côtoient populations les plus fragiles et élites intellectuelles. A lire absolument.

(…)

Leur enquête commence par une énigme qu’ils explorent dans un livre publié aux Puf. Elle concerne un espace qui porte aujourd’hui encore la marque d’une histoire spécifique. La BPI du Centre Pompidou ne se distingue des bibliothèques universitaires parisiennes ni par sa taille (généreuse), ni par sa géographie (prestigieuse), ni par son fonds (abondant et divers). Mais plutôt par la philosophie qui est la sienne. Le fait est qu’elle fut pensée, en 1977, comme un espace démocratique. Jusque dans sa conception architecturale. Des étudiants y côtoient des personnes en situation de pauvreté, « voire d’extrême pauvreté »

 

Lire la suite sur Regards.fr

 

Ce ne sont pas seulement des catégories sociales qui se côtoient, s’évitent, se rencontrent, se rapprochent dans cet espace public paradoxal qu’est la bibliothèque mais aussi des genres et des sexes…

 

J’évoquais ici même, il y a peu des travaux d’étudiants de l’ENSSIB qui constituent un passionnant filon pour l’étude des politiques publiques mais aussi des pratiques « culturelles ».

Tel ce mémoire :  

Fais pas ci, fais pas ça : les interdits en  bibliothèque

Adèle Spieser sous la direction de Christine Détrez (Sociologue, Maitre de conférence à l’ENS Lettres et Sciences Humaines Lyon 2).

On trouve, écrivais-je, dans la bibliographie d’Adèle Spieser un bel aperçu d’une pratique culturelle fort cultivée parait-il dans les lieux organisés en faveur du développement de la lecture publique et du travail universitaire, à savoir, la drague.

Lire ou relire ce post

Dans un registre moins académique, le site streetpress propose une investigation du sujet dont l’objectif semble plus pressé de « conclure » comme disait un personnage campé par Michel Blanc

 

CRASH-TEST Les techniques, les meilleurs spots, le dress-code : Elodie s’est faite belle pour aller émoustiller du sorbonnard. La jeune célibataire passe 5 bibliothèques au crash-test pour trouver un mec. And the winner is…

 

J’imagine que les doctes lecteurs de la Cité des sens ne manqueront pas de chercher à en savoir plus

 

 Rappel.

C’était hier…

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Voir aussi les pages :

Sept points clés pour le changement

Création sociale et innovation culturelle

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Le genre et la culture. Lecture et biblis
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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 12:47

 

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Louis, 14 ans: Chez moi, dans le couloir, il y a une grande bibliothèque. Je peux prendre le temps de chercher le bon livre. Il y a quelques jours, j’ai pris l’Etranger de Camus. Je viens de le commencer, et je n’ai pas encore rencontré l’étranger.

Camus est souvent étudié pendant la scolarité. Un prof vous l’a conseillé ?

Louis. : Je n’aurais jamais pu le lire si un prof me l’avait conseillé. C’est mon livre. C’est mon parcours. Je n’aime pas qu’on s’octroie le droit de porter un jugement sur ma lecture.

Alors pourquoi Camus ?

Louis. : J’adore la couverture du Folio : une peinture sur fond jaune et le titre qui n’a rien à voir. Ça m’a intéressé.

Fanny, 20 ans. : J’aime bien griffonner mes livres, et ensuite, je fais beaucoup de recherches, je vais chercher quels auteurs sont admirés par l’écrivain, de qui il est l’interprète, quels sont ses autres livres. Je vais les lire. Je me renseigne sur sa vie…

Louis. : Ce que je ne fais jamais. Je lis Camus, je n’ai pas envie de savoir qui il est. Sa vie privée ne me regarde pas. J’ai besoin d’avoir un accès direct au texte. Déjà, forcément, il y a un rapport entre ce qu’il écrit et ce qu’il est, et j’arrive un peu à cerner sa personnalité. C’est suffisant.

 

Extrait de la remarquable série de portraits de lecteurs publiée par Anne Diatkine dans Libération cet été... c’était le premier article Ecrire la vérité c’est possible.

 

A découvrir aussi Un Robert m’a sauvé la vie (témoignage d’un prisonnier) et Des appels d’air dans ma rumination (propos d’un patient interné en hôpital psychiatrique).

 

Quant aux propos de Louis 14 ans, ils font écho à cette vision radicale de la lecture formulée jadis par Margueritte Duras.

 

Il ne faut pas intervenir, il ne faut pas se mêler des problèmes que chacun a avec la lecture. Il ne faut pas souffrir pour les enfants qui ne lisent pas, perdre patience. Il s’agit de la découverte du continent de la lecture. Personne ne doit encourager ni inciter personne à aller voir ce qu’il en est. Il y a déjà beaucoup trop d’informations dans le monde sur la culture. On doit partir seul vers le continent. Découvrir seul. Opérer cette naissance seul. Par exemple, de Baudelaire, on doit être le premier à découvrir la splendeur. Et on est le premier. Et si on n’est pas le premier, on ne sera jamais un lecteur de Baudelaire. Tous les chefs-d’œuvre du monde devraient avoir été trouvés par les enfants dans des décharges publiques et lus en cachette à l’insu des parents et des maîtres.

Extrait d’un texte publié à l’origine dans le New York Times le 23 juin 1985. et fort heureusement en grande partie mis en ligne par François Bon sur son excellent site/magazine Le Tiers Livre(Ne pas manquer de lire aussi les commentaires).


 Et, justement, puisque Marguerite D. s’interrogeait, dans le même article :

On se demande par quelle aberration les grandes bibliothèques publiques sont fermées la nuit.

je me dois de signaler la mise en ligne  (captation vidéo) des contributions à la rencontre La bibliothèque : faire société (25 et 26 juin 2012)

 

La bibliothèque : faire société  

Rencontre organisée à l'enssib les 25 et 26 juin 2012 dans le cadre des Estivales.
Auteurs : Berthiaume, Guy,  Bertrand, Anne-Marie,  Bret, Jean-Paul,  Charle, Christophe,  Damien, Robert,  Doueihi, Milad,  Kambouchner, Denis,  Melot, Michel,  Pompougnac, Jean-Claude,  Racine, Bruno,  Roubaud, Jacques

 

Thématiques du 25 juin : Bibliothèque, création et mémoire
Thématiques du 26 juin : Bibliothèque, éducation et politique

Comme l’école, après l’école, la bibliothèque peut être un instrument de connaissance du passé, d’analyse du présent et de construction de l’avenir. Qu’est-ce qui rend ce projet possible, légitime, nécessaire ? En quoi la bibliothèque et, plus généralement, les instances de partage du savoir et les institutions culturelles permettent d’être « parmi les hommes » ? Comment, inscrites dans l’épaisseur du temps, elles se nourrissent nécessairement de mémoire et d’histoire ? En quoi elles peuvent/doivent contribuer à la reconstruction d’un espace public, d’un débat public ? Quelle ambition politique, quel projet démocratique peuvent trouver un ancrage une assise, dans ces institutions et fonder leur raison d’être ?

A travers ce colloque et ses intervenants, l’Enssib a souhaité interroger quelques-unes de ses convictions et de ses exigences : la curiosité intellectuelle, la liberté de l’esprit, la mémoire partagée, la passion de la chose publique, le rôle politique de la bibliothèque.
Une éthique de la bibliothèque.

 

 

à C’EST ICI

 

Et, bien sûr, sublime, forcément sublimeProust, Sur la lecture note déjà publiée en ces pages…

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Divergences Lecture et biblis
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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 09:00

J’évoquais dans ma précédente note le récent travail d'Annette Wieviorka publié par les presses de l’ENSSIB

Annette Wieviorka a choisi de traiter des bibliothèques des hommes politiques, et, particulièrement, de celle de Maurice Thorez et de Jeannette Thorez-Veermeersch.

Je viens de retrouver dans mes archives un témoignage d’une époque précédente des relations entre culture et politique déjà publié ici...

entre le Manifeste de  Villeurbanne (mai 1968)et la déclaration finale du Colloque d’Arc et Senans ; 1972) 

Redonner une dimension politique à l’action culturelle

Alain Berestetsky

Article paru dans la revue Recherche sociale,

n° 187 (2008)

propos recueillis par Sylvie Malsan.

 

Homme de théâtre puis directeur des affaires culturelles de la ville de Bagnolet, Alain Berestetsky a dirigé jusqu’en 2008 la Fondation 93, une association loi 1901 qu’il a créée en 1982 pour participer au développement de la culture scientifique et technique (1). Au cours de cet entretien, nous revenons avec lui sur les origines de la séparation entre les mondes de la création artistique et de l’éducation populaire pour tenter ensuite de redéfinir les formes que l’action culturelle pourrait prendre aujourd’hui.

 

Recherche sociale : Au cours d’une rencontre organisée par Profession banlieue (2), vous avez évoqué le comité du PCF en 1966 sur la question des idéologies et de la culture qui, tout en reconnaissant la liberté artistique, a conforté une scission entre le mouvement social et les artistes. Est-ce que vous pouvez préciser ?

 

Alain Berestetsky : Il faut revenir un peu en arrière. Dans les années 1950, le PCF, comme le reste de la société, vit une vraie crise de modernité. Il est resté très inféodé à l’URSS, mais de plus en plus de militants issus du monde intellectuel, qui s’étaient rassemblés autour du Parti après-guerre, contestent ses positions radicales.

Il continue à apparaître pour beaucoup comme totalitaire. Il convient de modifier en profondeur cette image.

C’est la tâche que se donne son comité central d’Argenteuil du 13 mars 1966.

Il a pour objet de traiter des « problèmes idéologiques et culturels ». Au-delà d’une série de questions d’influence interne entre notamment Aragon, Althusser, Garaudy… Ce comité central permettra d’adopter une résolution affirmant le principe de l’indépendance des artistes vis-à-vis du mouvement social et politique.

Désormais, les créateurs ne seront plus inféodés à une culture ouvrière de référence. Cette ouverture du PCF signifie pour les intellectuels et les artistes qu’ils peuvent enfin lui faire confiance, qu’ils peuvent y rester ou y entrer sans risque de se faire absorber ou exclure. Les maires des villes de la banlieue parisienne seront les plus dynamiques à défendre et animer les idées de ce comité central. Ils ouvriront leurs portes aux créateurs, notamment à Saint-Denis, Malakoff, Aubervilliers, Nanterre…

Dans le même temps, de nombreuses collectivités territoriales entrent dans un mouvement de défense de la culture, pour le coup dédouané d’une image partisane.

Certains élus se rassemblent autour de la revendication d’« un maire adjoint à la culture dans chaque ville de plus de 10 000 habitants » ainsi que du fameux « un pour cent » du budget de l’Etat pour la culture (3). La culture trouve enfin des interlocuteurs de terrain pour une véritable décentralisation.

 

RS : Ce mouvement va donc dans le sens du projet de Malraux ?

 

AB : L’émergence de la culture comme domaine séparé est déjà en place depuis la création en 1959 du ministère des affaires culturelles dirigé par André Malraux. Le projet d’origine, soutenu par le premier directeur des Arts et des Lettres, et ami de Malraux : Gaëtan Picon, prennait en compte les forces de l’éducation populaire. Mais les revendications de la Jeunesse et des Sports, en séparant les associations du champs culturel, vont creuser l’écart entre éducation populaire et monde artistique. Les artistes revendiquent des territoires d’intervention bien à eux.

De leur côté, les associations d’éducation populaire, plus aussi innovantes par rapport à l’Education nationale dont les méthodes ont évolué, s’investissent dans le socioculturel de loisir. Pour avoir travaillé comme homme de théâtre à Malakoff, ville de Léo Figuères (4), un des participants majeurs du Comité central du PC, je peux attester, qu’à l’époque, la troupe de théâtre dont je fais partie est en guerre contre nombre d’associations d’éducation populaire qui affirment que ce que l’on fait est trop élitiste pour le peuple.

En fait, si les uns et les autres visent un même objectif d’émancipation populaire par la culture, chacun finit par se laisser enfermer dans ses propres truismes. Les artistes affirment que l’art est transformateur par essence alors que, pour les associations d’éducation populaire, c’est la pratique qui conduit nécessairement à une ouverture d’esprit. L’art radicalise son propos et les associations, en essayant de répondre à une demande croissante d’animation et d’accompagnement social de la crise, deviennent souvent de simples prestataires et perdent de vue leur objectif de transformation sociale. Pour les deux parties, au bout du compte, s’il y a professionnalisation, il y a perte de sens.

 

RS : Oui, mais est-ce que le nouveau gouvernement socialiste, dans les années 1980, n’a pas donné à la culture la place qui était attendue ?

 

AB : L’arrivée de la gauche au pouvoir a au contraire augmenté ce clivage.

Les artistes revendiquent, et obtiennent sans mal de Jack Lang, leur propre ministère, un ministère qui s’il reste de la culture devient de fait des arts et du patrimoine. L’éducation populaire s’éloigne un peu plus de l’exigence culturelle et ne s’en sort pas trop mal pendant un temps. Elle trouve auprès des collectivités un soutien financier rendu possible par les lois de la décentralisation fiscale. Le problème, c’est que parallèlement la population est en train d’être conquise par l’industrie culturelle. Car le secteur concurrentiel a compris que la culture pouvait être un secteur rentable à part entière. Il en fait l’un de ses marchés préférentiel en produisant des moyens de divertissement de masse s’appuyant sur les grands médias irradiants. Du coup, si dans les années 1960 il était encore possible de convaincre les gens de sortir de chez eux, vingt ans plus tard, la plupart des foyers sont équipés de téléviseurs et voient de moins en moins l’utilité « d’aller à la culture ». De ce mouvement naît peu à peu une crise aussi bien pour le secteur artistique que pour celui de l’éducation populaire et il devient aujourd’hui urgent que les deux partenaires de jadis remettent l’ouvrage sur le métier et réfléchissent ensemble à des solutions qui ne peuvent être que collaboratives.

 

RS : Vous n’êtes pas le seul aujourd’hui à prôner le rapprochement de ces deux « pôles ». Mais pensez-vous que cela soit suffisant pour résoudre cette « perte de la dimension culturelle de l’être humain » que vous diagnostiquez chez l’Homme occidental, et par contamination de ses modes de vie chez tous les autres ?

 

AB : Il est vrai que l’Être Humain peine aujourd’hui à « faire culture » de ses découvertes et de ses modes de vie. « Faire culture », qui n’est pas pour moi le propre de l’Homme, consiste à rechercher une harmonie entre l’interprétation et l’imagination du monde. Mettre en place une action culturelle publique cohérente consiste donc à associer l’éducation, nationale ou populaire, et l’action artistique dans cette tentative d’interprétation et d’imagination du monde, non pas en les inféodant l’une à l’autre mais en les harmonisant.

C’est l’un des grands enjeux auquel nous devons faire face. On ne peut rester ni sur le pur explicatif ni sur le pur imaginaire. C’est du moins ce que j’ai compris en passant de l’action artistique à l’action scientifique, qui ont représenté chacune la moitié de ma vie professionnelle. Dans un monde dont plus personne ne peut ignorer la complexité, pour éviter une implosion liée à la peur de cette complexité révélée, dans les quartiers comme partout ailleurs, il faut développer une action culturelle et éducative prenant en compte l’interprétation et la représentation imaginaire. Il faut passer à une nouvelle ontologie en aidant les deux pôles à se réconcilier, à se régénérer l’un l’autre. On a besoin des artistes et de l’éducation populaire pour des expériences de mise en scène et de mise en sens, sur des plans à long terme. Il faut, d’une certaine façon, avoir une action culturelle à visée éducative et une action éducative à visée culturelle. Et que toute deux oeuvrent en partenariat, face à cette injustice sociale qui prive le plus grand nombre d’une authentique culture de découverte, alors que les industries culturelles les cantonnent dans une pratique culturelle de rabâchage des formes et des genres.

 

RS : Mais n’est-ce pas un peu utopique de considérer qu’il soit possible d’agir sur ces quartiers au travers de l’action culturelle, après toutes les expériences qui ont été tentées ?

 

AB : Les quartiers n’ont pas le choix. Ils ne peuvent se reposer sur aucun équilibre sociologique naturel. Ils se doivent de vivre en permanence des expériences et d’être dans une utopie transformatrice, pour avoir l’espoir que leur environnement se modifie un jour, que leur vie soit moins injuste. C’est pourquoi des formes culturelles innovantes émergent chaque jour dans les quartiers. On peut alors

se raccrocher à quelque chose, aller au-devant des gens en leur montrant qu’ils ont des ressources. Mais pour cela, il faut, au sens propre, les animer et s’appuyer sur des protocoles de rencontre, des projets d’action culturelle, qui fassent appel à des événements et à des gens exceptionnels, des gens issus notamment du monde artistique, de la recherche, mais aussi de l’ensemble des secteurs socio professionnels innovants. Et plus nous avons affaire à des populations en difficulté, plus nous devons avoir des projets ambitieux. Par exemple, s’il s’agit de jeunes, il faut les amener à entrer dans un véritable questionnement, puis à organiser un parcours de rencontre confrontant ce questionnement à des lieux et des personnes représentatifs de cette culture de découverte. Leur permettre ensuite d’organiser une restitution devant un vrai public comme une tentative de franchissement d’un point de non-retour. À ce moment, une sortie pour un spectacle artistiquement exigeant trouve naturellement sa place et n’intervient plus comme une sorte d’Olympe de fin de parcours d’animation plus ou moins inatteignable. S’il s’agit par exemple de femmes immigrées parlant mal le Français ; Comment les amener à découvrir qu’elles peuvent s’exprimer avant de leur faire découvrir que des auteurs se sont déjà exprimés sur les mêmes sujets ? En fait, il faut aider les gens à aller vers la création ou la recherche avec curiosité, détruire leurs à priori. Qu’ils puissent devenir

des individus mieux armés pour faire face à cette complexité inexorablement révélée et nécessairement un peu angoissante du monde.

Pour les acteurs culturels et éducatifs, cela signifie qu’il faut réfléchir à leurs pratiques, prendre du recul et, après avoir établi des postures communes, mettre en pratique une méthodologie complémentaire. Par exemple, savoir dimensionner l’ambition culturelle pour une « population défavorisée », c’est une posture. Bâtir un projet sur le questionnement, c’est une méthodologie. Ensuite, il faut modifier notre appréhension des partenariats, ne pas demander à l’une des parties d’être la supplétive de l’autre. Les actions doivent être conçues en commun et non pas soustraitées à l’un des acteurs ni envisagées comme des prestations. Enfin, il faut que les collectivités s’emparent politiquement de l’enjeu et ne visent pas seulement à mettre en place de l’« occupationnel » porté par l’espoir d’une paix sociale. Parce que avant tout l’enjeu de tout ça est la démocratie, le « vivre ensemble » entre individus issus

de plus en plus des quatre coins de la planète. Une démocratie qui ne soit pas uniquement délégataire ou uniquement participative, mais interactive entre les deux formes. Il s’agit finalement toujours de redonner une dimension politique à l’action culturelle.

 

Notes :

1 La Fondation 93 est un Centre de culture scientifique technique et industrielle. Les CCSTI sont nés il

y vingt-cinq ans dans le sillon des mouvements d’action culturelle et d’éducation populaire : leur

mission est de faire découvrir la science et ses enjeux à tous les publics.

2 Colloque « La banlieue, une ressource », 4 décembre 2007, Paris.

3 C’est à l’issue de leur congrès fondateur organisé à Saint-Etienne les 14 et 15 mai 1960 que

cinquante et une municipalités créent la Fédération nationale des centres culturels communaux

(FNCCC), rebaptisée depuis FNCC ou Fédération nationales des collectivités pour la culture.

4 Léopold Figuères, né en 1918, a été l'un des dirigeants nationaux des Jeunesses communistes. Il a été également maire de Malakoff de1965 à 1995.

 

© Recherche sociale 2008

Télécharger le texte au format .pdf

J’ai trouvé ce document sur le site de Philippe Meirieu (rubrique Forum) une vraie mine pour les esprits ouverts, les curieux, les chercheurs et les étudiants…

 

 

Post-scriptum (plutôt d’actualité)

 

Publié le 3 juillet par Laurent Eyraud-Chaume sur Mediapart

Repris d’une chronique parue le Jeudi 28 juin dans le journal l'Humanité, rubrique l'invité de la semaine.

 

Madame la Ministre de la culture, bienvenue.

Nous sommes très heureux de vous inviter à sortir de l'autoroute des luttes de places et des lieux à sigles. Bienvenue à la découverte de ce qui ne buzz pas, ce qui ne se quantifie pas en part de marché. Vous qui venez d'une famille populaire, comme la plus part des 99% que nous sommes, venez admirer ce qu'osent des comités d'entreprises, des syndicats pour mettre de l'art dans leurs entreprises. Venez comprendre comment s'invente une permanence artistique, déjà là, avec des bouts de ficelles. Venez découvrir l'autre chanson, les arts du récits, le théâtre forain et les soirées slams. Venez goûter les mots qui s'inventent dans les ateliers amateurs, les milliers de pratiquants du dimanche qui mettent de la création dans leurs vies. Venez lire les médias alternatifs et locaux, les livres des centaines de maisons d'éditions indépendantes. Venez parler avec les milliers de militants d'une culture du partage qui font vivre des lieux improbables, des cinémas d'arts et d'essais, des réseaux d'une culture numérique libre, des festivals immenses et minuscules.

 

Lire le texte (ça vaut le détour).

 

 

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Les politiques culturelles en débat Lecture et biblis
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 16:42

 

Pour ce début d’année, une jolie moisson de nouveautés, parues ou à paraître en janvier (et même des publications antérieures mais qui font écho aux centres d’intérêt de ce blog). J’imagine que nul ne m’en voudra de ne pas surfer sur la vague du mainstream et de ne pas alimenter le buzz organisé par l’auteur lui-même autour du « sarkozysme culturel ».

 

 

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Commençons donc par les choses sérieuses, le ministère de la culture lui-même. Ou plutôt le (futur) ministre :

 

Comment parler simplement des enjeux de la culture, de l’indispensable utopie qui guide nos projets comme des contradictions qui nous assaillent ? Jean-Gabriel Carasso emprunte, avec humour et perspicacité, le fauteuil du ministre de la Culture pour imaginer les principales interventions qu’il aurait à faire : au Conseil des ministres, à l’Assemblée nationale, dans la presse, devant les élus, face aux professionnels...

Quarante textes, discours et communiqués, totalement imaginaires et pourtant si vraisemblables, tracent un portrait singulier de notre époque. L’auteur propose, en plus d’une analyse et d’une vision sur la politique culturelle, des initiatives, des idées et des pistes de travail pour tous ceux qui agissent dans le domaine culturel : élus, artistes, enseignants, professionnels... Partagez les pensées d’un ministre de la culture volontariste et visionnaire, tel que vous en rêvez.

Jean-Gabriel Carasso imagine les principales interventions qu’il aurait à faire s’il était ministre de la Culture ? Quarante textes, discours et communiqués, écrits en situation, par un ministre de la Culture plus visionnaire que gestionnaire de la crise. Avec le style toujours inspiré de Jean-Gabriel Carasso, alliant sagacité et impertinence.

 

Editions de l’Attribut.

 

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CULTURE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE 

La culture : un droit à développer durablement

 

Dans cet ouvrage, l’auteur interroge le secteur culturel sur les incohérences liées au fait de se soumettre aux lois du marché au risque de devenir « épiciers culturels ». Il alerte sur les écueils de la démocratisation de la culture et propose d’autres pistes de réflexion et de perspective politique sur la « volonté collective de déterminer les bonnes attitudes culturelles nécessaires pour construire un avenir commun à l’humanité durable ». Alors, la culture doit-elle contribuer au développement durable humain ou en être une condition ? Jean-Michel Lucas pousse son analyse jusqu’à proposer une nouvelle écriture de l’Agenda 21 de la culture qui assumerait des dispositifs de débats « libres, ouverts et documentés », en lien avec des dispositifs d’action publique notamment au niveau européen.

Avec l’approfondissement de la crise économique, la « culture » a changé de rôle : elle est devenue espoir d’un futur meilleur, au point d’être considérée comme le quatrième pilier du développement durable pour l’Agenda 21. Certes, sous le chapeau des industries culturelles et créatives, l’illusion semble parfaite puisque la culture génèrerait plus de 600 milliards d’euros et représenterait 14 millions d’emplois dans l’union européenne. Mais, face à ce constat, Jean-Michel Lucas pointe la perte de sens de ce nouveau rôle attribué au secteur culturel. Après avoir analysée la place qui lui est accordée dans les textes fondateurs du développent durable humain (de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement de Rio en 1992 jusqu’à l’Agenda 21 de la culture), il montre l’impasse dans laquelle se trouvent actuellement les professionnels de la culture qui n’ont plus qu’une position de « fournisseurs de services » et troquent leur public fidèle contre de bons clients. L’auteur s’emploie à démontrer qu’une autre perspective politique, ouverte initialement par Jon Hawkes, est nécessaire et possible ; elle prend acte des accords internationaux sur la diversité culturelle et affirme la primauté des enjeux de reconnaissance de la dignité des personnes dans leur identité culturelle toujours mouvante. La culture, dans l’esprit de la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels, n’est plus un chiffre d’affaires de champions nationaux, mais une éthique, pour faire ensemble société, ou mieux encore, faire humanité commune et durable. L’auteur préconise de réécrire, en ce sens, l’Agenda 21 en estimant qu’il est vraiment temps d’organiser la palabre !

L’auteur, Jean Michel Lucas, universitaire, est engagé de longue date dans l’action culturelle et particulièrement la valorisation des musiques actuelles. Il a occupé des fonctions de responsabilité dans l’administration culturelle (Drac et conseiller de Jack Lang). Ses travaux de recherche portent sur la critique des politiques culturelles et, sous le pseudonyme du Doc Kasimir Bisou, il plaide pour la prise en compte des enjeux éthiques dans la conduite des politiques de la culture.

Éditeur : Irma, collection ®evolutic • Édition : Janvier 2012 •

Format : 15 x 20 cm • Pagination : 128 pages •

 

Sur le thème Culture et développement durable, lire aussi l’article de Romain Bigay sur le site de l’Irma.

 

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Sylvain Barone (dir.), Les politiques régionales en France, Paris, La Découverte, coll. « Recherches », 2011, 324 p., ISBN : 978-2-7071-7063-7.

L'ouvrage Les politiques régionales en France sous la direction de Sylvain Barone rassemble une série de contributions qui interrogent la place occupée par les régions dans l'évolution de l'action publique. Ces contributions s'inscrivent dans une perspective comparative, à l'échelle nationale et européenne. Jean-Pierre Gaudin résume ainsi l'ouvrage : « peut-on dire que les régions existent véritablement comme acteurs politiques, alors que leur statut reste toujours incertain et que leur lisibilité démocratique apparaît précaire, au moment où l'on veut fusionner leurs élus avec ceux des départements ? » (p.279). Les régions françaises sont-elles devenues des lieux politiques du point de vue des représentations et des attachements identitaires locaux ?

(…)

La seconde partie aborde les compétences régionales développées en marge dans les secteurs de l'enseignement supérieur (Jérôme Aust, Cécile Crespy, Audrey Vézian), de la culture (Emmanuel Négrier et Philippe Teillet) et de l'aménagement du territoire (Anne-Cécile Douillet). La première contribution met en avant la progression des formes régionales de pilotage des politiques universitaires. Les auteurs montrent comment les régions, l'État et l'Europe s'opposent et se coordonnent pour construire des politiques publiques en matière de recherche. Ils analysent également les rôles des élus dans la construction de ce domaine de compétence qui peut apparaître comme un moyen pour renforcer une identité régionale. Dans le domaine culturel, Emmanuel Négrier et Philippe Teillet expliquent que « par-delà leurs objectifs affichés (accès du plus grand nombre aux œuvres et pratiques culturelles, régulation des industries culturelles, soutien à la création, conservation du patrimoine, préservation de la diversité culturelle, etc), il s'agit aussi de favoriser l'intégration d'individus et de groupes sociaux, d'entretenir et de développer des sentiments d'appartenance, de légitimer des autorités politiques et d'entretenir la croyance en l'effectivité de leurs « pouvoirs », de nourrir certains réseaux clientélaires ou de faire exister des espaces de production de politiques publiques ». Anne-Cécile Douillet replace le développement des contrats territoriaux dans le mouvement de territorialisation de l'action publique. Les régions n'élaborent pas les mêmes stratégies puisqu'elles tendent à répondre aux demandes du territoire.

 

Extraits de Joachim Benet, « Sylvain Barone (dir.), Les politiques régionales en France », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2011, mis en ligne le 28 décembre 2011, consulté le 03 janvier 2012. URL : http://lectures.revues.org/7098

 

  

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POUR UNE AUTRE POLITIQUE CULTURELLE Institution et développement Georges Bertin, Danielle Rauzy
chez L'Harmattan collection Educations et Sociétés, 234 p

L'ouvrage s'ouvre sur un manifeste utopien conçu au sein de la section Utopia 49 et propose, après état circonstancié des lieux, dans sa troisième partie, une alternative utopienne aux politiques actuelles, il prend notamment en compte, pour partie, les réflexions de notre Mouvement (i.e. le mouvement Utopia).

Alors que les pouvoirs centraux politiques et économiques tendent à assujettir les citoyens réduits au rang de consommateurs ou d'agents parfaitement passifs devant la puissance publique, cette réflexion débouche sur ce que pourrait être une politique culturelle alternative. Ceci n'est pas sans poser la question de la relation de la culture à l'éducation, prise dans son sens large.

Les auteurs :
Danielle Rauzy, professeur de lettres, ex directrice du pôle d’activités animation et développement territorial au CNAM/IFORIS d’Angers, a enseigné dans divers établissements de formation et à l’Université d’Angers, elle est aussi secrétaire de UTOPIA 49 et membre du Cercle d’Etudes Nouvelle d’Anthropologie (CENA).
Georges Bertin, docteur HDR en sciences sociales a dirigé nombre d’organismes culturels puis universitaires à divers niveaux, du local à l’international. Coordinateur de la recherche en sciences sociales au CNAM des Pays de la Loire, il est aussi directeur exécutif de la revue en ligne « Esprit Critique », membre du CRI, co-président de l’AFIRSE, délégué UTOPIA 49.

 

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Façons de lire, manières d'être
Marielle Macé
éd. Gallimard, « NRF Essais », 268 

 

Vous appréhendez la lecture comme une expérience mais aussi comme une conduite. Qu’entendez-vous par là ?

La lecture est en effet une expérience : c’est quelque chose qui arrive à un individu, qui le transforme. En parler en termes de «conduite», c’est y voir en outre un certain genre d’activité, une pratique qui prend sens auprès d’autres pratiques, d’autres gestes de la vie. On s’intéresse alors à la façon dont les lecteurs se conduisent «dans» les livres, cheminent dans des formes de langage, se laissent déplacer par elles ; mais surtout à la façon dont ils se conduisent ensuite «avec» les livres dans la vie, à la façon dont ils en font usage, dont ils rapatrient ce qu’ils ont lu dans leur propre existence, dont ils se réapproprient ces formes de langage. La lecture n’est pas un moment totalement à part, elle nous saisit au cœur de notre quotidien, avec nos questions, nos attentes, et les livres attendent eux aussi que nous leur répondions, que nous fassions quelque chose avec eux.

 

Lire l’entretien de Marielle Macé avec Sylvain Bourmeau, Libération 22 décembre 2011

 


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Entre public et privé, vers un nouveau secteur social.

Tony Andréani 

 

Est-il possible d’envisager, dans un pays capitaliste développé comme la France un secteur « socialisé », c’est-à-dire reposant sur l’association des travailleurs, avec un financement appuyé sur l’épargne des ménages et totalement déconnecté, au moins directement, des marchés financiers ?

C’est la conviction de Tony Andréani, qui en propose ici l’architecture, les objectifs, les relations avec le secteur capitaliste et l’intersection avec l’économie solidaire.

Quand, de presque tous les côtés, citoyens et salariés sont priés de se plier aux dogmes et aux exigences des marchés financiers, réputés « indépassables » le travail, de Tony Andréani invite au contraire à la réflexion pour leur opposer des alternatives neuves et crédibles.

Les propositions qu’il développe dans cette note de la fondation Gabriel Péri sont donc soumises au débat, dans un moment – crise financière, crise politique, crise de la dette et de la construction européenne – où le besoin de perspectives pour en sortir ne cesse de grandir.

Tony Andréani est professeur émérite de Sciences politiques à l’université de Paris VIII. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le socialisme, notamment Le socialisme est (a)venir (2 volumes, 2001 et 2004, Éditions Syllepse).

60 pages - ISBN 2-916374-39-6

Prix : 4.00 €

Notes de la Fondation Gabriel Péri.

 

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Published by J.C. POmpougnac Jean-Claude Pompougnac - dans Actualité Lecture et biblis
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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 07:00

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En cette rentrée, La Cité des sens se propose de revenir sur quelques déclarations, textes ou contributions signalés à notre attention pendant la saison des festivals et d’y faire suite en balisant le(s) terrain(s) du débat sur ce que l’on nomme communément la culture et les formes que prend l’action publique qui affirme s’en soucier.

 

Dans quelques temps, tout cela sera devenu totalement anecdotique, mais, comme chacun sait, les danseurs et danseuses au bal des prétendants de la primaire du P.S. parmi lesquel(le)s  figure le (la) futur(e) candidat(e) de « la gauche » se sont cru obligés de parler de « culture ».

 

Honneur au « junior » soit la tribune de Manuel Valls dans les Inrocks (23 août 2011) Sortir de la dépression culturelle.  

Notre pays traverse une sorte de “dépression culturelle”. Après l’élan des années Lang, aucun des gouvernements successifs n’est parvenu à redonner du souffle à notre politique culturelle.

 

Ainsi s’exprime Valls qui nous renseigne sur l’origine de ses convictions en la matière :

 

Parce que j’ai grandi auprès d’un père artiste-peintre et que je partage la vie d’une violoniste, que la littérature et la musique ont forgé mon imaginaire d’enfant et d’adolescent, je sais l’importance de l’art et de la culture dans la construction de l’individu et du citoyen.

 

Certes, comme toujours lorsque le propos se situe à un certain niveau de généralité, on peut s’interroger sur la signification donnée aux termes d’art et de culture (j’y reviendrai, encore et toujours…).

Chacun entendra comme il lui plaira les fortes affirmations du maire d’Evry, il n’en reste pas moins que le rapprochement des mots dépression et culture peut faire sens.

Et donner envie de relire le texte majeur que Marcel Proust écrivit en préface à sa traduction de l’ouvrage de l’anglais John Ruskinsame et les Lys, Des Trésors des Rois, préface que l’on trouve aujourd’hui publié sous le titre Sur la lecture.

ou en  fichier .pdf, à cette adresse, par exemple

 

 

Ce qu’écrit Proust dans ce texte majeur (dont les premières pages consacrées à l’évocation des lectures d’enfance sont une merveilleuse miniature d’A la recherche du temps perdu) s’applique, me semble-t-il, à la culture (en un sens, il est vrai,  qui n’est peut-être pas le sens communément admis).

 

Pour nous, qui ne voulons ici que discuter en elle-même, et sans nous occuper de ses origines historiques, la thèse de Ruskin, nous pouvons la résumer assez exactement par ces mots de Descartes, que « la lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs.

 

En réalité, Proust  récuse cette analogie un peu convenue entre la lecture et la conversation :

 

Mais si je crois que la lecture, dans son essence originale, dans ce miracle fécond d'une communication au sein de la solitude, est quelque chose de plus, quelque chose d'autre que ce qu'a dit Ruskin, je ne crois pas malgré cela qu'on puisse lui reconnaître dans notre vie spirituelle le rôle prépondérant qu'il semble lui assigner.

 

Malgré de nouvelles excursions vers les lectures d’enfance, Proust tient solidement le fil qui unit selon lui lecture (culture, dirions nous) et vie spirituelle.


Et c'est là en effet un des grands et merveilleux caractères des beaux livres (et qui nous fera comprendre le rôle à la fois essentiel et limité que la lecture peut jouer dans notre vie spirituelle) que pour l'auteur ils pourraient s'appeler « Conclusions » et pour le lecteur « Incitations ». Nous sentons très bien que notre sagesse commence où celle de l'auteur finit, et nous voudrions qu'il nous donnât des réponses, quand tout ce qu'il peut faire est de nous donner des désirs. (…) Tel est le prix de la lecture et telle est aussi son insuffisance. C'est donner un trop grand rôle à ce qui n'est qu'une initiation d'en faire une discipline. La lecture est au seuil de la vie spirituelle; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas.

 

Pour asseoir cette conviction, Proust fait état de son intérêt pour la psychologie et Les maladies de la volonté (il cite en note cet ouvrage de Théodule Ribot).

Il est cependant certains cas, certains cas pathologiques pour ainsi dire, de dépression spirituelle, où la lecture peut devenir une sorte de discipline curative et être chargée par des incitations répétées de réintroduire perpétuellement un esprit paresseux dans la vie de l'esprit. Les livres jouent alors auprès de lui un rôle analogue à celui des psychothérapeutes auprès de certains neurasthéniques.

On sait que, dans certaines affections du système nerveux, le malade, sans qu'aucun de ses organes soit lui-même atteint, est enlisé dans une sorte d'impossibilité de vouloir, comme dans une ornière profonde d'où il ne peut se tirer seul, et où il finirait par dépérir, si une main puissante et secourable ne lui était tendue. Son cerveau, ses jambes, ses poumons, son estomac, sont intacts. Il n'a aucune incapacité réelle de travailler, de marcher, de s'exposer au froid, de manger. Mais ces différents actes, qu'il serait très capable d'accomplir, il est incapable de les vouloir. Et une déchéance organique qui finirait par devenir l'équivalent des maladies qu'il n'a pas serait la conséquence irrémédiable de l'inertie de sa volonté, si l'impulsion qu'il ne peut trouver en lui-même ne lui venait de dehors, d'un médecin qui voudra pour lui, jusqu'à ce qu’il ait peu à peu rééduqué ses divers vouloirs organiques. Or, il existe certains esprits qu'on pourrait comparer à ces malades et qu'une sorte de paresse (5) ou de frivolité empêche de descendre spontanément dans les régions profondes de soi-même où commence la véritable vie de l'esprit. Ce n'est pas qu'une fois qu'on les y a conduits ils ne soient capables d'y découvrir et d'y exploiter de véritables richesses, mais, sans cette intervention étrangère, ils vivent à la surface dans un perpétuel oubli d'eux-mêmes, dans une sorte de passivité qui les rend le jouet de tous les plaisirs, les diminue à la taille de ceux qui les entourent et les agitent, et, pareils à ce gentilhomme qui, partageant depuis son enfance la vie des voleurs de grand chemin, avait, pour avoir depuis trop longtemps cessé de le porter, oublié jusqu’à son nom, ils finiraient par abolir en eux tout sentiment et tout souvenir de leur noblesse spirituelle, si une impulsion extérieure ne venait les réintroduire en quelque sorte de force dans la vie de l'esprit, où ils retrouvent subitement la puissance de penser par eux-mêmes et de créer. Or cette impulsion que l'esprit paresseux ne peut trouver en lui-même et qui doit lui venir d'autrui, il est clair qu'il doit la recevoir au sein de la solitude hors de laquelle, nous l'avons vu, ne peut se produire cette activité créatrice qu'il s'agit précisément de ressusciter en lui. De la pure solitude l'esprit paresseux ne pourrait rien tirer, puisqu'il est incapable de mettre de lui-même en branle son activité créatrice. Mais la conversation la plus élevée, les conseils les plus pressants ne lui serviraient non plus à rien, puisque cette activité originale ils ne peuvent la produire directement. Ce qu'il faut donc, c'est une intervention qui, tout en venant d'un autre, se produise au fond de nous-mêmes, c'est bien l'impulsion d'un autre esprit, mais reçue au sein de la solitude. Or nous avons vu que c'était précisément là la définition de la lecture, et qu'à la lecture seule elle convenait. La seule discipline qui puisse exercer une influence favorable sur de tels esprits, c'est donc la lecture : ce qu'il fallait démontrer, comme disent les géomètres.

 

Souhaitons donc que, si tous les petits français ne deviennent pas violoniste ou artiste-peintre (sic), ils se voient au moins offrir de nombreuses occasions de contracter le goût de la lecture.

 

 

 

 

 

 

 

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  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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