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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 15:42

La carte des alternatives en Ile-de-France

 

Des nouvelles technologies libres et partagées, des trocs de fruits et légumes bio, des zones de gratuité, des ateliers de recyclage, des commerces accessibles aux pauvres, des entreprises d’insertion, des villes lentes, du sport engagé, de l’éducation populaire... Tout cela existe bel et bien en Ile-de-France. Basta !, en partenariat avec l’association Attac, vous invite à découvrir le champ des possibles en région francilienne, à travers la coproduction d’une carte recensant 104 alternatives. Cette carte vous donne accès à des articles et reportages réalisés par des médias indépendants sur ces expérimentations qui dessinent les contours d’une autre société.

Elles aident à ne pas sombrer dans un déprimant pessimisme, à lever le regard et à s’engager pleinement pour reprendre notre avenir en main. Des initiatives, locales ou régionales, portées par une pluralité d’acteurs – individus, collectifs, salariés, élus, associations, coopératives, municipalités – essaiment partout sur le territoire. En partenariat avec l’association Attac, nous publions une carte recensant 104 expérimentations alternatives en Ile-de-France. Cette carte est réalisée en creative commons afin de faciliter son partage et sa diffusion [1]. Certaines sont éphémères, d’autres construisent durablement les contours d’un autre monde possible.

 

http://www.bastamag.net/La-carte-des-alternatives-en-Ile-de-France

 

Création sociale et innovations culturelles.

 

On trouve dans cette rubrique quelques sites, ressources, répertoires sur les expériences que mènent, hélas trop souvent loin des micros et des caméras, ceux qui persistent à croire aux rôles fondateurs de l'action artistique, du partage des savoirs, de la transmission culturelle et de la délibération démocratique en vue de contribuer à l'émancipation des individus et la construction du vivre ensemble.

 

Votre blog a donné lieu à une création de notice bibliographique dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de France.

Il lui a été attribué un numéro international normalisé

ISSN : 2270-3586

Type : document électronique, publication en série
Auteur(s) : Pompougnac, Jean-Claude (1946-.... ). Auteur du texte
Titre clé : La Cité des sens

Titre(s) : La Cité des sens [Ressource électronique] : le blog de Jean-Claude Pompougnac
Type de ressource électronique : Données textuelles et iconographiques en ligne
Publication : [Fresnes] : [Cité des sens], 2006-

Note(s) : Blogue. - Notice rédigée d'après la consultation de la ressource, 2013-11-14
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URL : http://cite.over-blog.com/. - Format(s) de diffusion : HTML. - Accès libre et intégral. - Consulté le 2013-11-14

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 08:50

 

Trois textes déjà signalés ici (ou sur Scoop'It) pour vos révisions sur la plage, à la montagne, à la campagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VERS LA DÉMOCRATIE CULTURELLE.

Une nouvelle saisine de la section des affaires européennes et internationales du Conseil économique, social et environnemental.

Depuis la création du Ministère de la Culture à la fin des années 1950, la politique culturelle française -initiée par André Malraux- a été fondée sur trois piliers : soutenir la création, préserver le patrimoine, démocratiser la culture. 

La finalité de ce dernier volet était simple : donner à tou.te.s un accès à la culture –et plus tardivement à son sens, à son esthétique, à son histoire–, en mettant l’accent sur la valeur civilisatrice et éducative des arts. Mais cet axe induisait également, dans sa conception, la définition et la mise en application d’une politique publique par un seul type d’acteur – la puissance publique – suivant une logique verticale descendante ainsi qu’un choix a priori des œuvres culturelles qu’il fallait connaître et aimer. Le mérite de cette politique est d’avoir posé les fondations d’un grand programme d’action publique, d’y avoir insufflé une forte ambition de progrès social pour notre pays et d’avoir permis une vraie dynamique de création artistique. Cependant, force est de constater que cette politique a produit des résultats mitigés en matière d’accès de tous à la culture.

Au fil des décennies, cette vision et cette méthode ont été remises en question. Idéologiquement, la critique de la « démocratisation culturelle » a porté sur son parti pris élitiste d’homogénéisation « du haut vers le bas » et sur la minoration voire la négation d’une culture plurielle.

 

Lire la suite.

 

REFONDER LES POLITIQUES CULTURELLES PUBLIQUES

JEAN-LOUIS SAGOT-DUVAUROUX

Une grosse fatigue s’est abattue sur l’appareil culturel public français, si prometteur à ses débuts, si abondant. Par quelle alchimie un système pensé et financé pour répandre les joies de l’esprit dans toutes les classes de la société s’éloigne-t-il si opiniâtrement de son objectif originel ? A moins qu’il soit devenu récif et que l’histoire, les histoires s’en soient allées ailleurs. Des politiques culturelles accordées aux mondes qui naissent ? Des outils propices à la rencontre des imaginaires plutôt qu’à la célébration nostalgique du vieil art ? Les réseaux remplaçant les podiums ? Le bouleversement est souhaitable. Le naufrage est possible.  
 
 
LIRE LA SUITE
 


 

LES CHEMINS DE LA TRANSITION.

Actions alternatives, changement systémique, raisons de vivre et d’agir : 

trois chemins de la transition nécessaires et complémentaires

 

Au printemps dernier, le Collectif des associations citoyennes a entrepris une réflexion sur les chemins de la transition. Un séminaire a rassemblé le 19 mars 2016 une cinquantaine de participants, parmi lesquels un certain nombre de représentants de réseaux se situant dans la construction d’alternatives la logique dominante : Alternatiba, Cap ou pas Cap, Villes et territoires en transition, Mouvement des communs, mouvements d’éducation populaire, etc.

En effet, face à une situation de plus en plus critique, les prises de conscience et les actions se multiplient. Certains multiplient des alternatives, d’autres misent sur le changement de système, d’autres enfin sur la révolution des consciences et le bien vivre.

Ces 3 dimensions sont nécessaires et complémentaires. Pour mettre en synergie la multiplicité des actions, il faut approfondir leur fondement commun, préciser ce que l’on entend par transition, par alternatives, et organiser la convergence des actions, seule à même de parvenir à un changement de système.

La synthèse de cette réflexion, qu’on trouvera ci-dessous, prend aujourd’hui encore plus d’actualité dans le contexte d’une radicalisation du système néolibéral et de la nécessité de repenser la totalité du cadre politique, économique et éthique de l’action collective.

 

Une situation inacceptable et mortifère

Le monde est aujourd’hui dominé par des puissances économiques et financières pour lesquelles l’obtention d’un profit privé par tous les moyens est devenue l’objectif principal et la mesure de tout succès. L’Europe, la plupart des États et des collectivités publiques se sont progressivement soumis à cette logique et adoptent une construction juridique dans laquelle le droit de la concurrence prime sur les droits fondamentaux. La stimulation de la consommation sans limite est liée à une philosophie qui continue de penser que les ressources sur terre sont illimitées, que le pouvoir de chacun est également sans autre limite que des rapports de forces ou de propriété, que chacun est à lui-même sa propre référence. Tous ces éléments sont aujourd’hui en interaction et se renforcent l’un l’autre. En ce sens, ils constituent bien un système.

L’aggravation de la crise climatique et écologique ajoute cependant une dimension supplémentaire. Elle fait courir à brève échéance un risque mortel à l’ensemble de l’humanité et de la planète. L’absence de décisions réelles conduit un basculement incontrôlable et irréversible, qui peut conduire à la disparition de l’humanité d’ici 2 ou 3 générations. Mais pour rendre la terre, notre maison commune, habitable par tous ses habitants, on ne peut pas préserver l’environnement sans réduire les inégalités, abandonner la logique de croissance et d’accumulation qui domine aujourd’hui le monde, respecter les droits fondamentaux et la diversité des cultures, restaurer une éthique dans la conduite des affaires publiques et plus de démocratie participative, promouvoir d’autres raisons d’agir et de vivre ensemble. Tout est lié.

 

 

Accéder au TEXTE complet EN PDF ICI

 


 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 09:58
Mieux faire culture, ensemble #2

¤

On a annoncé, ici même, la rencontre qui s'est déroulée hier à la Maison Jean Vilar, à Avignon.

Comme il l'avait indiqué, l’Institut de coopération pour la culture à mis en ligne la version complète du fruit des travaux qu'il a conduit depuis 2012.

 


 

Mieux faire culture, ensemble.

Une perspective en vue de refonder l’intervention publique en faveur des pratiques artistiques et culturelles


 

Face à la mutation productive et sociale contemporaine, une reconfiguration globale du système d’intervention publique en faveur des pratiques artistiques et culturelles s’avère nécessaire. Sur quels principes politiques et fonctionnels la fonder ? Il devient en effet chaque jour plus évident que les dispositifs politiques, juridiques et administratifs de l’action publique en faveur de la culture, qui se sont ajoutés les uns aux autres au fil du temps, sont désormais de moins en moins pertinents. De nouvelles approches sont à inventer qui permettraient à la puissance publique de prendre plus clairement ses responsabilités en étant mieux attentive aux dynamiques artistiques, culturelles et citoyennes contemporaines.


 

Cette contribution très dense de 23 pages, fruit de quatre années de travail collectif identifie

dix enjeux auxquels tant la puissance publique que la société civile sont désormais confrontées.

Elle détaille ensuite de contenu de sept chantiers concernant un projet politique pour demain.


 

1 – L’accompagnement des parcours d’identité culturelle du plus grand nombre

2 – L’entrepreneuriat et les logiques économiques dans le domaine artistique et culturel

3 – Les compétences artistiques et culturelles et la professionnalisation

4 – Les équipements artistiques et culturels

5 – La prise en compte des processus artistiques et culturels élémentaires

6 – Le soutien public aux structures et aux projets artistiques et culturels

7 – La dynamique des responsabilités publiques dans le domaine artistique et culturel .


 

Télécharger la contribution de l'I.C.C.

 


 

L'Institut de coopération pour la culture sur La Cité des sens.


 

Institut de coopération pour la culture.

 

Oser d'autres possibles dans les politiques culturelles.

 

Quel (s) référentiel (s) pour les politiques culturelles ?

 

Institut de coopération pour la culture #5

 

De la clarté des principes à l'incertitude des réformes.

 

Politiques culturelles : éloge de la complexité.

 

L'économie des biens symboliques.

 

Scène nationale et droits culturels.

 

L'Institut de coopération pour la culture à Avignon.

 

Mieux faire culture, ensemble.

 

 

 


 


 


 


 


 


 


 


 

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 08:50

La médiation culturelle, comme le rappelle la Charte déontologique rédigée par l'association éponyme, se trouve «au milieu» des «tissages et circulations» entre les «trois pôles symboliques» que constituent les «personnes», les «structures culturelles» et les «objets matériels ou immatériels».

Depuis 2005, dans l'agglomération lyonnaise, une fédération d'éducation populaire, les Francas du Rhône, anime un réseau associant, dans la réflexion comme dans l'action, des médiateurs œuvrant au sein des principales institutions culturelles de la métropole et des animateurs socio-éducatifs issus de ce même territoire.



Conçu par ce réseau, l'ouvrage Au beau milieu : médiateurs culturels, animateurs socio-éducatifs : comment agir ensemble ? revient sur certains des projets menés en commun et rassemble les réflexions qu'ils ont inspirées à leurs protagonistes.

Structuré à partir des trois notions-clés de territoire, d'expérience et d'alliance, il témoigne de l'obsolescence de la vieille scission entre culture et éducation populaire, et souligne la fécondité d'une telle coopération, si atypique au pays d'André Malraux.


Au moment où les politiques culturelles - avec la territorialisation croissante de l'action publique et l'essor de la notion de droits culturels - connaissent une mutation historique, il montre aussi que la mise en œuvre d'une démarche transversale et interprofessionnelle constitue, pour un territoire, un atout certain autant qu'un enjeu démocratique.


 

Extraits de l’avant propos de Thierry Renard et Michel Kneubuhler .


Un enjeu démocratique

«Un projet politique qui prend au sérieux l'art et la culture doit dépasser la séparation culture / éducation populaire et les articuler dans une démarche conjointe et transversale».



Certains termes gagnent à être analysés au prisme de leur étymologie. Ainsi de médiation ou de médiateur : ils sont issus, nous dit Alain Rey, du verbe latin mediare, «être au milieu». De fait, la médiation culturelle, comme le rappelle la Charte déontologique rédigée par l'association éponyme, se trouve «au milieu» des «tissages et circulations» entre les «trois pôles symboliques» que constituent les «personnes», les «structures culturelles» et les «objets matériels ou immatériels». Mais cette même médiation culturelle se trouve également au coeur - «au beau milieu» - des changements de paradigme qui affectent de nos jours les politiques culturelles... d'où l'inscription du présent ouvrage dans cette collection «Politiques culturelles et territoires».

(…)

«Au beau milieu» des enjeux contemporains
Dans ce contexte, la médiation culturelle - entendue comme «l'ensemble des initiatives et démarches visant à faciliter l'accès à la culture, la rencontre des créateurs, l'appropriation des œuvres et la participation à la vie culturelle par tous les individus et les groupes» - en vient à occuper une place centrale et les médiateurs se retrouvent investis de missions éminentes : «faciliter dans l'espace public la circulation du sens entre toutes [l]es identités culturelles [...] permettre aux personnes d'être un peu plus acteurs de leur propre culture dans leurs relations avec les autres»].


En savoir plus

 

Rappel

 

Deux communication faites lors du séminaire La démocratisation culturelle au fil de l'histoire contemporaine. (décembre 2012)

 


 

Voir aussi sur La Cité des sens.

De la médiation culturelle.

Catherine Bertho-Lavenir.

Deux ou trois choses que je sais d'elle... sur la médiation culturelle

Jean Caune, EmmanuelWallon, Médiation culturelle association, Jean-Michel Lucas, Isabelle Mathieu, Crhistian Ruby.

 


 


 

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 08:35

 

Dans une note du 28 septembre dernier, Démocratisation culturelle, le retour ?,

je portais à la connaissance des lecteurs de ce blog une initiative du Secrétariat général pour la modernisation publique , installé auprès du Premier ministre.

Ce dernier écrivait à celle qui occupait alors les bureaux de la rue de Valois :

Madame Ia ministre,

Le gouvernement s'est fixé une ambition forte pour une action publique plus efficace, plus économe et plus juste.

 (…)

J'ai décidé de retenir votre proposition d'engager une évaluation de Ia politique de démocratisation culturelleVous en assurerez la maîtrise d'ouvrage dans le cadre et selon les modalités que vous avez précisées dans la fiche ci-jointe...

 

On attend les conclusion de cette mission dans les plus brefs délais (c'est à dire avec un certain retard voire un retard certain).

Entre temps, la Fondation Jean Jaurès publiait : LA CULTURE POUR TOUS. DES SOLUTIONS POUR LA DÉMOCRATISATION, étude réalisée par Jean-Michel Tobelem

 

A-t-on vraiment tout tenté pour accueillir un public plus diversifié dans des institutions culturelles encore réservées à des privilégiés ? Jean-Michel Tobelem répond en formulant des propositions concrètes et nouvelles. Oui, une plus grande démocratisation culturelle est possible !

 

On peut télécharger le rapport à cette adresse.

 

Or, le 27 juin dernier, le Conseil économique, social et environnemental, publiait sur son site le texte d'une nouvelle saisine, intitulée : Vers la démocratie culturelle.

 

 

Argumentaire :

Depuis la création du Ministère de la Culture à la fin des années 1950, la politique culturelle française -initiée par André Malraux- a été fondée sur trois piliers : soutenir la création, préserver le patrimoine, démocratiser la culture. 

La finalité de ce dernier volet était simple : donner à tou.te.s un accès à la culture –et plus tardivement à son sens, à son esthétique, à son histoire–, en mettant l’accent sur la valeur civilisatrice et éducative des arts. Mais cet axe induisait également, dans sa conception, la définition et la mise en application d’une politique publique par un seul type d’acteur – la puissance publique – suivant une logique verticale descendante ainsi qu’un choix a priori des œuvres culturelles qu’il fallait connaître et aimer. (...) Cependant, force est de constater que cette politique a produit des résultats mitigés en matière d’accès de tous à la culture.

Au fil des décennies, cette vision et cette méthode ont été remises en question. Idéologiquement, la critique de la « démocratisation culturelle » a porté sur son parti pris élitiste d’homogénéisation « du haut vers le bas » et sur la minoration voire la négation d’une culture plurielle. D’autres évolutions d’ordre politique, sociétal, économique et technologique sont venues s’ajouter avec le temps : le pouvoir, les connaissances et l’influence ont été disséminés entre des acteurs multiples et hétérogènes (la société civile a pris une place inédite, la mondialisation s’est accélérée, l’Etat s’est décentralisé) ; incorporée dans la consommation de masse, la culture est devenue un bien marchand ; la capacité d’action et le budget de l’Etat alloué à la culture se sont amoindris alors que, dans le même temps, le concours financier des collectivités territoriales s’est accru et que de nouvelles sources de financement (mécénat, sponsoring, financement participatif) ont émergé ; les structures culturelles publiques se sont parfois « rigidifiées » ; les pratiques culturelles et les publics se sont diversifiés et enrichis ; la participation du public à la création et à la diffusion des œuvres s’est démultipliée avec l’avènement du numérique ; les droits culturels ont été reconnus au plan international ; enfin, la démocratie participative a connu un regain d’intérêt avec l’apparition de structures de co-construction politique. Pour toutes ces raisons, il est devenu difficile pour la puissance publique d’assumer à elle seule toutes les fonctions qu’elle remplissait jusqu’alors.

(...)

Poursuivant toujours l’objectif de rendre la culture accessible à chacun, mais déployant un potentiel d’action plus important, la démocratie culturelle participe à l’émancipation des citoyens et au renforcement de la cohésion sociale. En invitant chacun à prendre part à la construction d’un projet local ou d’une politique publique nationale, elle transforme et élargit le sens même de la culture : perçue initialement à travers un rapport principalement individuel entre l’œuvre et la personne (créateur ou spectateur / auditeur / lecteur, etc.), la culture, une fois co-construite devient support de lien social et d’inclusion. Ainsi, elle donne à tous un accès au patrimoine et à la possibilité de participer à la vie de la cité.

(...)

Ce faisant, la démocratie culturelle présente un cadre d’action propice à l’intégration et à la coexistence de toutes les cultures ; elle offre ainsi la possibilité pour chacun d’être acteur de sa propre culture, autrement dit de forger son humanité, en réalisant la synthèse d’une histoire à la fois individuelle et collective, dans une logique de continuité temporelle entre passé, présent et avenir. De ce fait, la démocratie culturelle établit un pont entre les deux principales acceptions de la culture : de l’accès aux œuvres « artistiques » (au sens large), jusqu’à notre système de valeurs et de représentations, et donc notre façon d’appréhender le monde.

(…)

Sans déposséder l'élu de sa parole politique ou de son pouvoir décisionnaire, comment impliquer les citoyens à la vie de la cité ? Quelles articulations imaginer entre tous les acteurs ? Comment assurer un processus de concertation équitable et continu, tout en garantissant la prise en compte de l’intérêt général ? Par quels moyens et de quelle manière offrir aux citoyens ce qu'ils attendent en termes de culture, mais aussi ce qu'ils n'attendent pas ? Comment garantir l’absence de toute dérive communautariste (par laquelle la participation de quelques-uns pourrait déboucher sur l’exclusion des autres) ? Voici pour partie les interrogations qui animeront l’élaboration de cette saisine.

(…)

En savoir plus

 

On notera avec intérêt qu'alors qu'il existe au C.E.S.E. une section de l'éducation, de la culture et de la communication, cette saisine Vers la démocratie culturelle émane de la section des affaires européennes et internationales.

Dans le même esprit d'ouverture européenne et internationale, les lecteurs avisés auront remarqué que le titre du présent billet invite à découvrir (ou mieux connaître) l'excellent travail de nos amis belges au sein de Culture et démocratie.

Sur la pertinence de cette opposition démocratisation/démocratie, sur la réelle difficulté d'un débat de fond qui ne fasse pas fi de la complexité de l'histoire des politiques culturelles « à la française - et qui ne soit pas dupe du présentisme dominant - il est vivement conseillé de se reporter aux documents réunis sur le site du Comité d'histoire du ministère de la culture, et en particulier aux très consistantes contributions de Pierre Moulinier.

En particulier à l'ensemble de textes réunis sous le titre Écrits sur la démocratisation culturelle, téléchargeable à cette adresse.

 

Extrait :

Un animateur culturel suisse, Jean-Marie Moekli, explicite le rapport démocratisation/démocratie dans un document de travail destiné à une réunion d’experts sur « le développement des politiques culturelles en Europe » qui se tient en décembre 1980 à Helsinki (Moekli, 1980). Selon lui, la politique de démocratisation culturelle a pour objectif de « garantir au plus grand nombre l’accès à la “culture d’héritage”, à la culture “d’élite”. Une politique de démocratisation consiste donc à veiller que le patrimoine culturel et la création en train de se faire ne soient pas le seul apanage d’un cercle restreint d’initiés, que les investissements publics consentis ne profitent pas à une seule minorité favorisée ». (...)

La conférence définit ainsi la démocratie culturelle :

« Constatant que la culture n’est plus seulement une accumulation d’œuvres et de connaissances qu’une élite produit, recueille et conserve pour les mettre à la portée de tous, ou qu’un peuple riche en passé et en patrimoine offre à d’autres comme un modèle dont leur histoire les aurait privés ; que la culture ne se limite pas à l’accès aux œuvres d’art et aux humanités, mais est tout à la fois acquisition de connaissances, exigence d’un mode de vie, besoin de communication ; qu’elle n’est pas un territoire à conquérir ou à posséder, mais une façon de se comporter avec soi-même, ses semblables, la nature ; qu’elle n’est pas seulement un domaine qu’il convient de démocratiser, mais qu’elle est devenue une démocratie à mettre en marche ».

(...)

on retrouve ici la notion Unesco de « dimension culturelle du développement », car le développement ne saurait être seulement économique, et la notion d’ « identité culturelle », qui « suppose la pluralité des cultures à l’intérieur d’une même société ». Dans les années 1980, une politique de démocratie culturelle doit être attentive aux besoins suivants : la relation au TiersMonde, le « développement global », c’est-à-dire « un type de développement où l’économique n’est qu’une composante à côté d’autres (l’éducatif, le culturel, l’environnement, etc.) » mené par « l’engagement conscient, voulu, actif, lucide, d’une population dans son développement, résultat que seule une politique démocratique peut obtenir », la priorité à la vie quotidienne, les potentiels d’imagination à exploiter, le besoin de créativité, la qualité de la vie dans la relation sociale quotidienne, le développement endogène « porté par les cellules de base », la décentralisation, c’est-à-dire « l’encouragement à l’autonomie des groupes et des personnes », la culture comme communication, c’est-à-dire la maîtrise par chacun de sa communication avec autrui. Dans un numéro de Futuribles (Prospective, 1978) sur la « prospective du développement culturel », Jean-François Collinet plaide pour « la mobilisation des consciences qui permettrait progressivement l’accession à une civilisation de la qualité, de la participation et de la libre formation, autant de conditions nécessaires si l’on veut que le changement ne soit pas vécu comme un traumatisme collectif conduisant à la passivité mais comme un phénomène pris en charge par l’ensemble des acteurs de la vie sociale. Il faut susciter le développement d’une culture qui permette le passage d’une société de la majorité silencieuse à une société de la majorité de la prise de parole, d’une société du pouvoir abstrait et subi à une société du pouvoir vécu et compris » (p. 525). Dans La culture des autres (de Varine,1976), Hugues de Varine s’élève contre l’impérialisme culturel, la culture des riches, « le monopole de quelques-uns », et prône « une politique de libération et de conscientisation, non d’intégration », sur le modèle de Paolo Freire : il demande « la suppression de toute institution culturelle d’Etat et la remise des responsabilités culturelles (avec les moyens de financement correspondants) aux collectivités locales et à l’initiative privée collective, le contrôle étant remis à des organismes coopératifs susceptibles d’apprécier et de réprimer les menaces à la liberté collective et les tentatives d’oppression ».

(...)

 

Écrits sur la démocratisation culturelle

 

L'affaire n'est donc pas nouvelle, comme on l'a déjà expliqué ici même.

 

Opposer démocratisation de la culture à démocratie culturelle sans interroger la notion même de démocratie (et les pratiques politiques qui s'en réclament à plus ou moins bon droit) c'est se condamner à un interminable ressassement.

Ce que signalait déjà Emmanuel Wallon en 2009, en ouverture de son article La Démocratisation culturelle, un horizon d'action (CAHIERS FRANÇAIS, N° 348, LA DOCUMENTATION FRANÇAISE, PARIS, JANVIER-FÉVRIER 2009).

 

Le terme de “démocratisation” a pris une telle résonance dans les controverses sur les politiques culturelles au cours des années 90 que l’on ne prend plus la peine de s’accorder sur une définition qui prête à équivoque. Les lexicographes lui attribuent une double signification : “A) Action de rendre démocratique au point de vue politique, institutionnel ; son résultat. B) Action de mettre un bien à la portée de toutes les classes de la société ; son résultat. ” Cette dualité est bien soulignée par les exemples tirés de la neuvième édition du Dictionnaire de l’auguste Académie française : “La démocratisation d’un régime autoritaire. La démocratisation de l’enseignement. ”

 

Cet article est disponible sur son site.

 

Pour boucler cette note en revenant à la question initiale de l’évaluation des politiques publiques dans le domaine culturel (mais ,pas que...) je me dois de renvoyer à l’excellent dossier documentaire réalisé par ARCADI

C'est ICI

 

 

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 08:45

Le maire a, en effet, un petit souci avec «le logiciel de pensée Malraux-Lang» (comme il dit) des gens de la culture en général et du monde des arts vivants en particulier, synonyme de politique dispendieuse et élitiste. (…) Voilà ce que je retiens de cette politique qui se vante d’en être une et d’avoir de l’ambition. C’est un cocktail, un bazar, un agglomérat de pièces hétéroclites, foutras idéologiques...
(…)
Un tout finalement compliqué, contradictoire et paradoxal, mâtiné de suffisance et d’arrogance, de naïveté, à la Bouvard et Pécuchet, qui fait honte à ce parti dont je me sentais un proche et un sympathisant. Une politique culturelle qui a cette particularité de se rapprocher tristement de toutes les politiques en vigueur dans notre pays, celles déjà en action, et celles qui aspirent à prendre le pouvoir.

°

Lire la tribune de Joël Pommerat

°

-DEUX-

La réaction de François Deschamps sur Facebook (qui aurait pu être la mienne...)

°

Waouh !... c'est une charge violente assénée par Joël Pommerat, de passage une semaine à Grenoble, contre la politique culturelle actuelle de la ville. 
Sans vouloir m'insérer ni prendre parti dans une situation locale que je ne connais pas assez, le lecteur que je suis aurait aimé que la situation exposée soit mise en perspective avec le fait que les baisses de dotation de l'État touchent toutes les collectivités, qui doivent s'en dépatouiller (avec des choix qu'elles savent justifier...ou non, là est aussi le problème ; et félicitons bien sûr au passage celles qui décident courageusement de ne pas baisser leur budget culturel, ce qui est, au passage, le cas dans ma collectivité) ; avec aussi, dans le cas grenoblois, la problématique d'un nombre important d'équipements culturels structurants dont la charge est encore portée aujourd'hui par la ville-centre (162 780 hab) et non par la Métropole (450 494 h). 
Qu'il faille faire évoluer le modèle culturel actuel est une chose, c'en est une autre que le fait de ne pas savoir comment s'y prendre, savoir l'expliquer, voire laisser à penser que la solution est de jeter le bébé avec l'eau du bain... En tout cas c'est cela qu'a ressenti Pommerat : il voit bien ce qui est remis en cause, sans rien comprendre à ce qui est proposé et au discours qui l'entoure. Et sûrement un certain nombre de grenoblois sont aussi dans l'expectative.
Comme c'est une "tribune" dans la presse, on peut penser que le trait est peut-être un peu poussé, qu'il y a par exemple une marge entre défendre une place pour les amateurs dans la cité sans pour autant les opposer aux professionnels voire laisser penser que tout le monde est artiste ( il devrait y avoir de la place et des locaux pour tout le monde, leurs besoins respectifs ne sont pas les mêmes et ne sont pas comparables). J'attends avec impatience la réponse qui sera faite (je le souhaite) par les élus de la ville.
Cela faisait longtemps en tout cas qu'il n'y avait plus eu de débat sur les politiques culturelles territoriales dans l'espace public, cet article a le mérite de mettre les pieds dans le plat et de le relancer !

FD

-TROIS-

Écho aux paroles de Pommerat L’art et de la culture dans les politiques publiques.

 Sur le blog de Jean Caune qui lui, au contraire, connaît bien Grenoble. 

 


 

La déclaration de Pommerat examine ce qui, dans cet ensemble de décisions, en constitue la  signification profonde. Les mots qu’ils utilisent sont autant de jugements de pensée : populisme, pensée libérale, approximations, fatras idéologiques… Le maire de Grenoble s’étonne de les entendre. Ils avaient pourtant été évoqués lors de la dernière réunion des Chantiers de la culture, organisés par l’adjointe aux cultures en septembre 2015 dans une déclaration d’acteurs culturels ... Ces “chantiers”, morts-nés, faute d’avoir été construits avec les acteurs, témoignaient d’une curieuse conception de la démocratie citoyenne.
(...)
Il y a un populisme de droite qui feint de défendre le peuple contre les élites ; il y a un populisme de gauche qui manie l’invective et prétend parler au nom du peuple et de ses besoins. Il y a maintenant un écologie politique populiste qui distingue et oppose des spectacles élitaires destinés à cultiver l’entre soi des artistes et des intellectuels et des spectacles populaires qui ont pour fonction d’animer l’espace urbain, voyez La fête des Tuiles.

L’enjeu politique est que chacun soit reconnu dans sa dignité et son humanité et puisse exprimer ses pratiques et appartenances culturelles, que la liberté d’expression et de création artistique soit assurée, que des espaces de fabrication et d’échange s’inventent.
L’enjeu politique est aussi de s’atteler ensemble à construire du sens dans une société en profond questionnement. Pour cela, les espaces publics sont indispensables. La culture est un formidable espace public. Pour cela, les artistes sont indispensables.

°

Perplexité.

Les termes de ce «débat » sont (ou devraient être) complexes.

L'artiste Pommerat est dans son rôle et son argumentation auréolée de la splendeur lumineuse de La chose artistique (1).

Les édiles politiques « alternatifs » qui ont ravi la ville aux sociaux-démocrates du PS semblent vouloir démontrer (sans doute malgré eux) que la recherche d'un nouveau référentiel pour les politiques de la culture et le recours aux grands principes ne suffisent pas à fonder une pragmatique de l'action publique qui fasse effectivement bouger les lignes comme c'est le cas dans d'autres contrées (dont il n'est évidement jamais question dans ce genre de polémique compte tenu de l’excellence du modèle français).

 

(1) 

J'ai tenté d'articuler quelques propositions sur ce que je nomme la chose artistique à savoir la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines, en m’intéressant aux situations concrètes, simples voire banales que produit l’habitus des acteurs du "monde culturel".

Il s'agissait de décrire cette chose en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense et mystique clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, c'est à dire d’interroger la surface des propos et des gestes de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion, une incertitude quant au sens communément admis des catégories logiques, sociales, esthétiques, politiques à l'aide desquelles nous décrivons ordinairement et commentons quotidiennement ce qu'il est convenu de considérer comme « la réalité ».

°

-CINQ-

°

Mais la ville de Grenoble qu'ils dirigent a bien de la chance.

°

Forum des lucioles n°5

°

Devoir de Culture : Diversité culturelle, Droits culturels

 Culture, éducation populaire : les politiques publiques face aux droits culturels

Avec

Luc Carton

Philosophe, inspecteur au Ministère de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Jean-Michel Lucas

économiste, universitaire, acteur critique des politiques culturelles

Patrice Meyer-Bisch

Coordonnateur de l’Institut interdisciplinaire d’éthique et des droits de l’Homme (IIEDH)

 

Rencontre avec trois des principaux acteurs de la pensée des droits culturels dans une confrontation unique.

Les droits culturels sont désormais inscrits dans la loi. Comment vont-ils s’appliquer ? Quelles responsabilités devons-nous partager ? Quelles conséquences sur les politiques publiques ?

 Ce 5ème forum se veut un point d’étape, de réflexion et de propositions, qui prolonge les précédents. Il s’inscrit dans une perspective d’action citoyenne et de co-construction des politiques publiques.

Nous avons choisi de faire appel à trois témoins de référence qui ont nourri et orienté  la démarche du Forum des lucioles.

 

 

Je ne manquerai pas de clouer le bec au premier gros malin qui s’amusera à déclarer que les droits culturels ont désormais leur Sainte trinité!, à la militante qui nous fera le coup de H/F ou au "décolonisateur des arts" qui trouvera que nos trois principaux acteurs sont des visages pâles.  

Non. Mais  l’essentiel est ailleurs.

 

Le Forum des lucioles est une structure implantée dans cette « bonne » ville de Grenoble qui a une longue et belle histoire en matière d'action culturelle. Si vous ne l'avez jamais fait, attardez vous un moment sur leur site.

Prenez connaissance de leur appel :

La nécessaire intervention des pouvoirs publics dans le domaine de la culture ne peut se faire sans la participation des acteurs culturels, des artistes, des citoyens. La dimension culturelle doit porter l’action politique. Les mutations de notre société lors de ces trente dernières années nécessitent de conjuguer transformation sociale et innovation culturelle. C’est pourquoi un changement de conception des politiques culturelles s’impose aujourd’hui. Celles-ci doivent nécessairement prendre en compte la personne et sa capacité d’expression, d’action et de décision. En ce qui concerne la vie dans la Cité, il s’agit d’un devoir de culture.

 L’action culturelle* doit redonner à l’art sa dimension relationnelle. Il appartient aux pouvoirs publics et aux institutions de construire les conditions de rencontres et d’échanges entre les équipes artistiques et les populations. L’enjeu est de permettre à chacun de se construire et de se reconnaître, individuellement et collectivement, dans une relation sensible et active au sein de l’espace public*, c’est à dire là où les hommes et les femmes peuvent agir en tant que citoyen-nes.

 

Lire la suite.

 

Prenez aussi connaissance  de leur glossaire.

 

Exemple : 

Espace public, notion de philosophie politique, construite par le philosophe allemand J. Habermas, dans sa thèse, L’espace public. Archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise, est fondée sur la distinction entre privé et public.
L’espace public se constitue comme médiation entre l’État et la société sous la forme d’une opinion publique susceptible de s’opposer à la pratique du secret du pouvoir absolu.

Pour Habermas, la publicité — le fait de rendre public — constitutive de l’État moderne, s’est transformée en processus de formatage de l’opinion et désamorçage de ses fonctions critiques. L’espace public s’est fractionné en de multiples espaces : espace public politique, espace public culturel, espace public scientifique, etc.

La notion d’espace ne peut évidemment pas se limiter à sa dimension d’espace territorial et doit se rapporter au processus de débat raisonné et argumenté.

 

 

Tout cela est de la belle ouvrage.

 

 

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 10:21

Sans doute, cet intitulé des responsabilités [des politiques publiques municipales] a l'air aujourd'hui un peu naïf mais c’est lui qui a « élancé » beaucoup de villes, lui qui n'est pas encore partout mis en œuvre. Il mérite bien sûr d’être actualisé car il a perdu de sa « sensibilité fraîche » comme dit Augustin Girard.

Jack Ralite. 1997

70 ans de festival, 70 ans de politiques culturelles. Et maintenant ?

Lieu : Salle des colloques, cloître Saint-Louis, Avignon

 

Le festival d’Avignon s’inscrit dans le paysage artistique avec une particularité, celle d’être aussi un espace de mise en débat des politiques culturelles. Dans un contexte en pleine mutation, tant d’un point de vue de l’organisation territoriale que de la construction des politiques publiques, il est nécessaire de rassembler artistes, professionnels, élus, publics et société civile pour partager et construire une nouvelle pensée.



Le festival d’Avignon, le Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication, la FNCC et l’Observatoire des politiques culturelles se saisissent de ce 70ème anniversaire pour revisiter l’histoire du festival et son influence sur la construction des politiques publiques et élaborer une réflexion partagée sur conditions d’une nouvelle ambition pour la culture.
Entre rétrospectives et prospectives, la journée s’articulera autour de dialogues croisant les regards de chercheurs, d’acteurs culturels, d’élus et d’artistes.

Pré-programme 

 

Matinée (de 10h à 12h30) - Histoire du festival, histoire des politiques culturelles

  • dialogue avec Maryvonne de Saint Pulgent, présidente du Comité d'histoire et Pascal Ory, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris 1

  • dialogue avec Emmanuel Wallon, professeur de sociologie politique à l'Université de Paris-Ouest Nanterre et Bernard Faivre d'Arcier, ancien directeur du théâtre et des spectacles, ancien directeur du festival d'Avignon

Après-midi (de 14h à 17h30) : Refaire un rêve pour et par la culture


 

À cette occasion, le Comité d’histoire réédite en version numérique La naissance des politiques culturelles et les rencontres d’Avignon sous la présidence de Jean Vilar (1964-1970) présentée par Philippe Poirrier

En savoir plus sur le site du Comité d'histoire



C'est au cours des années 1960 qu'est née la notion de politique publique de la culture en France, au niveau national comme au niveau local. Certes la vision de Malraux ainsi que la dynamique de la planification ont alors fait avancer la réflexion sur les politiques culturelles et leur mise en route. Mais de façon concomitante, en Avignon, Jean Vilar organisait durant chaque festival, de 1964 à 1970, des « Rencontres » où il invitait une quarantaine de personnalités - artistes, professionnels, élus, administrateurs et chercheurs - pour repérer les questions de fond qu'il fallait poser pour construire des politiques cohérentes: « Culture et État » en 1964, « Culture et École » en 1965, « Culture et Région » en 1966, « Culture et Ville » de 1967 à 1970.

La large introduction de Philippe Poirrier (50 p.) nous permet de mieux comprendre le caractère fondateur des Rencontres d'Avignon pour l'histoire des politiques culturelles tant au niveau de l’État que des collectivités locales.

Philippe Poirrier souligne que l'idée de ces Rencontres revient incontestablement à Jean Vilar qui souhaitait en faire un lieu « pour y confronter des expériences et des visions d'avenir ».

 

SOMMAIRE

Préface

par Catherine Trautmann,

ministre de la culture et de la communication . . . . . . . . . . . . . . . . 9

Avertissement

par Augustin Girard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

Présentation – Un combat pour une égale répartition des biens de culture

par Philippe Poirrier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

Un « complot » dans l'air du temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

Passants et assidus à la Chambre des notaires . . . . . . . . . . . 29

Expériences en débat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

LES RENCONTRES D’AVIGNON 1964-1970

Le développement culturel

Premières Rencontres (Avignon 20-31 juillet 1964) . . . . . . . . . . 53

L'école, institution culturelle ?

Deuxièmes Rencontres (Avignon 21-26 juillet 1965) . . . . . . . . . 115

Le développement culturel régional

Troisièmes Rencontres (Avignon 30 juillet-4 août 1966) . . . . . . 161

La politique culturelle des villes

Quatrièmes Rencontres (Avignon 29 juillet-3 août 1967) . . . . . . 233

La politique culturelle de sept villes françaises

Cinquièmes Rencontres (Grenoble 28-30 mars 1969) . . . . . . . . . 297

Le développement culturel dans les collectivités locales en Europe

Sixièmes Rencontres (Avignon 20-24 juillet 1970) . . . . . . . . . . . 395

Liste des participants (1964-1970) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 481

Trente ans après

Témoignages par Michel Debeauvais, Sonia Debeauvais,

Pierre Jacquier, Bernard Gilman, Paul Puaux, Jack Ralite,

Jean Verpraet, Maurice Imbert, Joffre Dumazedier,

Jean Hurstel, Gabriel Monnet, Augustin Girard . . . . . . . . . . . . . . 487

Index des participants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 561

Index thématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 565

Table des sigles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 569


 


 

Il est possible d'acquérir cette réédition sous forme électronique à la Documentation française, mais le Comité d'histoire a eut l'heureuse idée de mettre en ligne sur son site un extrait de l'ouvrage, en l'occurrence, le témoignage de Jack Ralite.


 

Extraits :

Spectacle vivant et politiques publiques de la culture.

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Spectacle vivant et politiques publiques de la culture.

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Spectacle vivant et politiques publiques de la culture.

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Spectacle vivant et politiques publiques de la culture.

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 08:45

Cinq expériences de démocratie 2.0

 

Des initiatives de démocratie participative à l'œuvre sur tous les continents. Ou comment le net pourrait renforcer le pouvoir de la société civile.

L'article est un peu ancien (2013), certains sites ne fonctionnent plus ou ne sont plus actualisés, le reste ne manque pas d'intérêt.

©Anne-Sophie Novel (journaliste).  Le Monde 25 novembre 2013

EN SAVOIR PLUS.

 

 

Exemple,

La plate forme Parlement et citoyens

 

Participez à l'élaboration de la loi : Parlement & Citoyens permet aux citoyens et aux parlementaires de rechercher ensemble les solutions aux problèmes de notre pays

Claudie Lebreton l'a utilisé pour préparer son rapport (833 particpations, 422 contributions)

"En juin dernier, le Premier Ministre Manuel Valls m’a chargé d’une mission de réflexion sur « l’aménagement du territoire en France : refonder les relations entre l’Etat et les collectivités territoriales ».

Dans le cadre du rapport que je dois rendre fin mars, je suis amené à faire des propositions sur les composantes de la politique d’aménagement du territoire, et notamment sur la manière dont il peut permettre de revivifier la vie démocratique à tous les niveaux de gouvernance (Etat et collectivités locales).

En effet, depuis plusieurs années, la crise de la démocratie et celle de l’engagement citoyen ont été constatées et la situation s’aggrave. Les symptômes sont nombreux : les citoyens se désengagent des formes de représentation traditionnelles que sont les partis politiques et les syndicats, l’abstentionnisme bat des records aux élections locales et les personnalités politiques sont régulièrement décriées".

(Un rapport après la bataille ? On se demande au passage quelle sera l'utilité de ce travail pour un exécutif qui, dans la conduite des travaux sur la loi NOTRe, n'a tenu aucun compte de la lettre de Michel Dinet à François Hollande de janvier 2013 )

 

Sur le même site, Marion Maréchal-Nous-Voilà-Le Pen consulte quant à elle sur Initiative citoyenne en faveur d’une modification de la Constitution... passons !

 

Voir aussi :

Le site Questionnez vous élus.

Le site Démocratie ouverte.

Le site Regards citoyens.

Diffusion et partage de l'information politiques

Le collectif Regards Citoyens est une association constituée de citoyens de tous âges et régions, tous bénévoles, qui se sont rencontrés sur Internet dans un désir commun de proposer un accès simplifié au fonctionnement de nos institutions démocratiques à partir des informations publiques.

 

À l’étranger, l'article de Anne-Sophie Novel évoque aussi  : L'Irlande, Porto Alegre, les Etats-Unis, la Finlande...

 

Voir aussi :

A vos réseaux, e-citoyens !

Une expérience pionnière de démocratie numérique à Taîwan.

En Afrique, les «budgets citoyens» sont un outil parfait contre la corruption

 

 

 

 

 

 
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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 16:48

Les débats furieux engagés entre la défense d’une culture crispée sûre de ses tris et les enthousiasmes confus qui posent l’équivalence de toutes les créations et de toutes les pratiques ne sont peut-être qu’un théâtre d’ombres.

Roger Chartier Le Monde, septembre 1991

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Chapitres précédents.

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Droits culturels : continuons le débat.

 

Le mérite des contributions évoquées dans cette note est de constituer un appel à la vigilance : la récente inclusion des droits culturels dans l’article 103 de la loi NOTRe, désormais une loi de notre République, ne saurait en aucune manière clore le débat.

 

Droits culturels : une longue histoire

 

Il est peut-être utile de situer le débat récent sur l’inscription ou non dans la législation française du concept de droits culturels dans un horizon historique plus large que celui de la signature par la France, dans les années 2000, de conventions internationales portant sur la nécessité de reconnaître, protéger et promouvoir la diversité culturelle.

 

Des droits culturels (1968) aux droits culturels (2015)

 

Je voudrais continuer le parcours engagé dans ces notes précédentes, de façon à attirer l’attention sur l’histoire des notions successives ou sédimentées qui ont fondé et légitimé l’intervention publique dans les affaires culturelles.

Toutefois, je ne suis en aucune manière historien. Il ne s’agit que « d’arrêts sur image » et, pour des approches mieux fondées et documentées, il conviendrait, par exemple, de se reporter aux travaux de Pascal Ory et Laurent Martin.

 

L’Entre-deux-mai : Histoire culturelle de la France (mai 1968-mai 1981), Paris, Le Seuil,? 1983, Pasccal Ory

L’Enjeu culturel. La réflexion internationale sur les politiques culturelles, Paris, La Documentation française, 2013. Laurent Martin.

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Le site Réseau Culture 21 vient de mettre en ligne un entretien avec la Sénatrice Marie-Christine Blandin à propos de l'article 103 de la Loi NOTRe (ajouté le 18 mai 2016).

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Sommaire de l'entretien.


Pourquoi les droits culturels ? 

Comment s'est faite l'inscription de la notion de droits culturels dans la Loi NOTRe ?
Quels ont été les points de résistance ?
 
Les débats autour de la loi sur la liberté de création ont fait émerger d'autres arguments s'opposant à l'inscription des droits culturels dans cette loi...

Comment les droits culturels permettent d'aller plus loin dans la reconnaissance de la diversité des personnes et d'enrichir le modèle républicain ? 

Pourquoi l'article 103 de la loi NOTRe fait-il référence à la Convention sur la diversité des expressions culturelles de 2005 de l'UNESCO ? 
Quels impacts constatez-vous suite à l'adoption de cet amendement sur les droits culturels dans le Loi NOTRe ?

 

Accéder à la vidéo en ligne.

 

 

Comme déjà suggéré ici, il n'est pas certain que les termes du débat, du dissensus soient toujours vraiment explicités.

 

Voici ce que disait déjà la sénatrice au moment du Festival d'Avignon 2013 :

A partir d’un texte qui définit les droits culturels de la personne, la FNCC propose de redéfinir les politiques culturelles des collectivités. L’idée est audacieuse et créée des réticences. Il s’agit de droits « de »… Et non pas de droits « à »…des notions comme la gratuité ne sont pas l’objet du débat. Ce qui est à combattre ce sont toutes les formes de discrimination qui tiennent des personnes â l’écart.

(…)

Mais on sent que le consensus n’est pas encore acquis. Certains expriment leur exigence que la politique publique soit « la même pour tous ».

Des suggestions pertinentes sont apparues : parler aussi de l’espace public, ou de la condition sociale des artistes et donc de l’intermittence.

Je considère que ces freins sont de deux ordres: ceux qui craignent des injustices, et brandissent le service public, ou ceux qui sentent confusément que ce renversement démocratique, qui introduit les publics dans le débat, va amener à poser la question du sens: voulons nous une culture « compétitive » ou « coopérative »?

Petit retour en arrière (ancienne note de ce blog) sur l'un des motifs de désaccord, lié à la place faite à l'art, aux œuvres et aux démarches de création dans les orientions politiques.

 

 

Pour une autre politique de l’art, Robin Renucci, Le Monde, 6 août 2011.

 

Ce que nous avons entendu et lu ces dernières semaines nous laisse nombreux sur notre faim. La dimension budgétaire est déterminante, mais elle ne saurait être le pivot de nos raisonnements. Elle ne répond pas aux questions posées par l'art et la culture aujourd'hui.

Oui, il faut des moyens nouveaux, mais ils ne prendront sens que si nous engageons une réforme ambitieuse de nos objectifs et de nos actions. Le sens, là est la question majeure.

Y répondre impose un changement radical de logique. On ne rejette pas André Malraux en disant que "rendre accessibles au plus grand nombre (...) les œuvres capitales de l'humanité" ne peut plus être le paradigme des politiques publiques de la culture en ce début de XXIe siècle.

(…)

Il ne s'agit plus d'"accès" aux œuvres. Il faut faire en sorte que "les œuvres œuvrent" comme le dit joliment le philosophe Bernard Stiegler. Parlons de création partagée, d'appréhension individuelle et collective, de contribution populaire. Sortons des oppositions bien peu innocentes entre une culture "populaire" et une autre qui ne le serait pas. Refusons l'opposition caricaturale entre professionnels et amateurs.

 

On notera au passage que la question de ces oppositions est, entre autres, au cœur de la vive controverse qui a opposé Nicolas Roméas (L’art, la culture et la gauche) d’une part et Michel Simonot et Diane Scott, d’autre part, (Résister au « populisme culturel : pour un argumentaire renouvelé de la culture,) ; échange passablement virulent suivi de Résister aux intégristes de l’art, réplique de Nicolas Roméas et Valérie de Saint-Do,), à l’interminable et vaseuse dissertation (sic)  de Simonot et Scott.

 

 

L’excellent blog L’Oizeau rare (Jean-Gabriel Carasso) s’est fait l’écho de ce « débat » ce qui me dispense, pour le moment,  de commenter de vives diatribes donc j’avoue ne complètement saisir pas l’enjeu.

 

Revenons aux propos du nouveau directeur des Tréteaux de France :

 

L'historien Roger Chartier écrivait ici même il y a vingt ans : "Il y a quelque chose de pathétique à vouloir dresser une digue étanche, infranchissable, entre les études et les œuvres dont se délectent "les amateurs habituels des choses de l'esprit" et les "pratiques culturelles" du plus grand nombre, alimentées par le marché des loisirs. Le lien qui les unit (...) réside dans la trajectoire même qui donne leur sens aux œuvres les plus puissantes" ("Pas d'oeuvre sans pratique", Le Monde du 26 septembre 1991).

 

Peut-être comme moi, avez-vous cherché le texte intégral de cette tribune de Roger Chartier sur le web ?… je ne l’ai pas trouvé, du moins en accès gratuit.

Fidèle à la vocation de La Cité des sens (dont je ne sais si elle est « artistique » plutôt que « culturelle » mais assurément pédagogique) qui est de permettre à ses lecteurs d’accéder aux textes eux-mêmes je livre donc ici cette brève et remarquable mise au point de l’historien de la lecture et des pratiques culturelles (écrite à l’époque, en réponse au livre de Marc Fumarolli, L’Etat culturel).

 

Tribune de Roger Chartier, Le Monde 26 septembre 1991.

 

 

Pour éclairer ce que pourrait être le débat entre l'artistique et les droits culturels et le légitime fondement des politiques publiques de la culture, je poursuis la citation du texte de l'historien là où Renucci s'était arrêté :

 

"Le défi lancé est tout autre : penser, ensemble, la différence par laquelle toutes les sociétés (en des modalités variables) ont séparé et séparent du quotidien ordinaire, un domaine particulier de l'activité humaine, et les dépendances qui inscrivent (de diverses manières) l'invention esthétique et intellectuelle dans ses conditions de possibilité et d'intelligibilité".

 

 

 

 
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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 08:45

Non ce n'est pas l'un des prochains sujets de philo du bac !

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Mais la question de savoir à quelles conditions cette formule "écosystème culturel" peut prendre sens au-delà de la simple métaphore est abordée dans deux contributions publiées sur la toile... et, comme on sait, le rôle de La Cité des sens, est de développer un espace propice aux échanges et au débat public
 

 

 

 

« Un écosystème est un ensemble vivant formé par un groupement de différentes espèces en interrelations (nutrition, reproduction, prédation…), entre elles et avec leur environnement (minéraux, air, eau), sur une échelle spatiale donnée. L’écosystème regroupe des conditions particulières et permet le maintien de la vie. Et réciproquement, cette vie constitue et maintient l’écosystème.
Par leurs interactions entre elles et avec l’environnement, les espèces modèlent l’écosystème qui de ce fait évolue dans le temps. Il ne s’agit donc pas d’un élément figé, mais d’un système issu de la coévolution entre les différents êtres vivants et leurs habitats. De plus, il est très difficile de délimiter un écosystème – et on le fait souvent de manière arbitraire – car il ne possède pas toujours de frontières physiques.
A partir de cette définition, il devient possible de déterminer une quantité infinie d’écosystèmes. »

Source CNRS

C'est dans la défunte Lettre du réseau culture du groupe Territorial.fr qu'une définition de cette notion d’écosystème dans le champ des arts et de la culture (employée par certains groupes et collectifs depuis quelques années) est proposée par Vincent Lalanne (dans son édito du 11 octobre 2015, encore consultable en ligne).

 

 

Qu'est- ce qu'un écosystème culturel ?


Depuis quelques temps je lis et j'entends souvent l'expression « d'écosystème culturel ». Cette formulation, qui me semble être une métaphore du secteur culturel, me paraît être une expression tout à la fois pleine de sens, de bon sens, et de complexité.

On ne peut pas limiter l'écosystème naturel au principe herbe-gazelle-lion qui renvoie au système de chaîne écologique limitée à la prédation. Rapporté à l'écosystème culturel, nous pourrions chercher qui est le prédateur suprême ? le marché, les industries culturelles, les politiques culturelles, la subvention publique ???

(...)

Ce qui me paraît important à retenir dans cette définition c'est la dimension de « réseau d'échange d'énergie et de matière permettant le maintien et le développement de la vie », de la vie culturelle, pour nous.
Ainsi, selon Guillaume du Boisbaudry (Directeur de l'Institut des Hautes Etudes en Arts Plastiques) :

« La réflexion s'articule autour de l'idée de considérer les activités culturelles - au sens large du terme - comme un écosystème, où les différents acteurs ne sont pas isolés dans un univers cloisonné, mais en interaction permanente, se nourrissant mutuellement. Un système où l'on pense la naissance et la croissance des initiatives, leurs moyens matériels et leur économie, dans une logique qui n'est plus verticale, mais horizontale. En gros, nous travaillons sur le même objet, et partageons le même territoire, il est nécessaire de considérer l'ensemble du tissu culturel avec un même niveau d'importance, chacun étant nécessaire à l'autre. Une écologie, donc. »

 

Lire la contribution de Vincent Lalanne en intégralité

 

De son côté, Philippe Gimet, animateur du Cultural Engineering Group sur Linkedin vient de publier une note intitulée Ecosystèmes de la culture et du divertissement : préserver et assumer leur diversité.

 

Extraits :

Dans ce monde futur, tout sera marchandise au profit de l’individu consommateur, y compris le temps libre et si on observe attentivement les écosystèmes d’affaires en marche aujourd’hui, cela se caractérise très concrètement par la montée en puissance de deux grands domaines d’activités qui élèvent et transforment la « matière première » (le capital humain) à un niveau industriel et transhumain.

Le premier domaine est constitué par les banques, les assurances et les agrégateurs de données, que Jacques Attali qualifie de « maîtres de demain ». Il est clair qu’ils ont façonné le nouvel ordre économique mondial en marche, et cela est très largement lié au fait qu’ils ont su évoluer et engager leur mue au changement de siècle et de millénaire. Ils sont maîtres de leur destinée, prescripteurs des usages de demain et se situent tout en haut de la chaîne alimentaire des écosystèmes.

Il n’est pas question de nier, d’excuser ou de minimiser le fait que ces « maîtres de demain » façonnent un monde multifacettes et de plus en plus complexe, qui est aussi celui d’un capitalisme prédateur et destructeur de nature et d’humanité. Mais cela serait trop manichéen et loin de décrire avec objectivité la réalité, car ils contribuent aussi (parfois malgré eux) à la création des conditions qui favorisent le développement de ce qu’on appelle l’économie positive, capable de libérer des moyens et des énergies considérables pour une construction positive et responsable de l’avenir où l’intelligence collective joue un rôle essentiel.

(...)

Le second domaine qui ne cesse de monter en puissance est celui de l’ « entertainment », autrement dit en français au sens très large du terme, le divertissement. Il faut en effet prendre au sens le plus large possible ce terme car il recouvre en réalité de nombreuses activités qui produisent et participent à une économie (formelle et informelle) très dynamique, où la demande est toujours en forte croissance car elle se fonde sur la combinaison de l’expression d’aspirations humaines on ne peut plus naturelles avec des missions (publiques ou privées) ou des services (marchands ou non) supposés être le plus adéquation possible avec ces aspirations, ou mieux encore, en les anticipant.

Dans tous les cas, Il s’agit d’une chaîne de métiers à forte valeur ajoutée, symbolique, polémique et économique, qui au fil du temps a fini par recouvrir l’avant, le pendant et l’après de « l’expérience » en question.

(…)

Il s’agit d’un secteur d’avenir à l’échelle globale et mondiale qui est constamment en mouvement. Il a toujours connu la croissance, même en période de crise, et il nécessite en théorie des écosystèmes capables de combiner de la façon la plus harmonieuse possible des « lois naturelles » fondées sur les tensions entre initiative publique et initiative privée, dimensions individuelle et collective, le symbolique et l’anecdotique, le matériel et l’immatériel, le marchand et le non-marchand.

On retrouve dans ce grand « magma » : la culture, le tourisme, le sport, les loisirs, l’événementiel, etc. Impossible de boucler la liste tant ces écosystèmes s’adaptent et évoluent en quasi temps réel. 

(…)

Mais la dichotomie qui oppose une certaine noblesse supposée peu rentable à une économie très performante et profitable est devenue la caricature du cycle actuel qui est entré dans une nouvelle phase de transformation, d’adaptation et de préparation d’un nouveau cycle.

(…)

Qu’adviendra-t-il des écosystèmes et des leurs opérateurs économiques privés et publics à l’ère du ici et maintenant ? L’accélération de ces dernières années a peu à peu instauré une dictature du présent, de l’immédiateté et du court termisme. Il est grand temps de retrouver un minimum de vision prospective qui ne se contente pas de se situer par rapport à la notion de rupture, pour que les acteurs des écosystèmes renouvellent leur vision et trouvent les bons leviers pour leur développement.

Pour cela, il est donc essentiel de préserver et d’assumer la diversité des écosystèmes d’affaires par une régulation qui intègre parfaitement les dynamiques en jeu.

Ceci constituerait une première étape pour permettre une dynamique capable d’enclencher un nouveau cycle avec une sérénité envers l’avenir enfin retrouvée. La pleine et entière compréhension par tous de ce qu’est un écosystème en est le préalable nécessaire.

 

Lire l'intégralité de la contribution de Philippe Gimet

 

Comme on peut le voir (et mieux encore si on lit ces deux contributions dans leur intégralité), le recours au vocabulaire écologique et à la syntaxe systémique laisse entières, au-delà de l’intérêt de l’analyse, la question des valeurs à promouvoir et des objectifs à assigner à l'action publique comme aux initiatives de la société civile.

Ainsi, par exemple, on observera que dans l'une comme dans l'autre contribution, les domaines de l'instruction, de l'éducation et de la formation semblent « hors système », ce qui, selon moi, mérite une sérieuse discussion.

 

Quitte à sembler un peu obsessionnel, je rappelle qu'une des premières interrogations un peu construites sur ces questions est formulée dans la Déclaration d'Arc et Senans (1972) « Prospective du développement culturel » qui promouvait ce nouveau référentiel en le mettant explicitement en rapport, même si l’expression n’était pas encore employée, avec la question du développement durable.

La preuve :

 

 

Le futur a déjà commencé, mais, dans un système industriel fragmenté en éléments hétérogènes et contradictoires, on refuse de le reconnaître.

Dans leur disparité, ces éléments ne doivent cependant pas être regardés isolément, car ils sont concomitants et interdépendants. Leurs répercussions sur les conditions mêmes de la vie humaine constituent un tout menaçant.

Il est dès lors impossible d’accepter que se poursuive le jeu irresponsable qui consiste pour les gouvernements à laisser les techniques développer le cours illimité de leurs possibilités, au lieu de reconnaître les besoins indispensables et de donner la priorité à ceux-ci sur des besoins artificiels engendrés par la mécanique du profit.

(...)

S’il ne peut être question d’arrêter la croissance économique (ne serait-ce qu’en raison de la situation du tiers monde), il est indispensable qu’un sursaut -de nature culturelle- conduise à transformer une croissance quantitative en amélioration qualitative du niveau de la vie.

(…)

Parler aujourd’hui de culture signifie parler des systèmes scolaires, des grands moyens de communication de masse, des industries culturelles (du journal au livre, du disque à la vidéo-cassettes, du cinéma, de la publicité, de l’habitat, de la mode). On ne peut donc s’en tenir à une démocratisation de la culture qui vise à étendre à tous la diffusion et la consommation des beaux-arts.

Le système scolaire est en crise, il ne correspond plus aux besoins de nos sociétés ni aux aspirations des individus. Aussi bien l’accélération du renouvellement de la connaissance que les innovations technologiques exigent la transformation urgente du système actuel en un système d’éducation permanente dont les impératifs comportent une « déscolarisation » des programmes et des institutions scolaires.

 

 

Il faut aussi signaler, plus proche de nous et du référentiel des droits culturels. (pas si récent que ça, comme je l'ai montré ici), l'ouvrage de Jean-Michel Lucas :

CULTURE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE.

IL EST TEMPS D’ORGANISER LA PALABRE...

 

Présentation de l'ouvrage

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Débat avec Jean-Michel Lucas sur ses thèses (mai 2012), compte rendu de François Deschamps..

 

 

 

A suivre, bien sûr...

 

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  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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