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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 19:09

Comme moi, vous n’étiez peut-être pas présent à la Biennale internationale du spectacle de Nantes le 21 janvier dernier.

Vous avez manqué plénières, tables rondes, ateliers, discussions de couloirs, amicales retrouvailles et banquet entre professionnels avisés.

Qu’à cela ne tienne. Une mienne connaissance, fort aimable au demeurant, a bien voulu me communiquer le discours d’ouverture du sénateur Ivan Renar qui, bien entendu, fait écho aux inquiétudes évoquées dans ma précédente note.

Bonne lecture.

Comment ne pas s'interroger à la fois en tant que citoyen et en tant qu'élu face à un projet de réforme des collectivités qui se révèle être une véritable re-centralisation et une régression de la démocratie? C'est 30 ans de décentralisation qui sont balayés. La réforme est complexe et scindée en pas moins de sept projets de loi dont l'examen a déjà démarré avec la loi de finance 2010 et sera étalé jusque cet été. Le gouvernement en fait un véritable puzzle.

Si Sarkozy s'est récemment engagé à ce que les collectivités locales conservent leurs prérogatives en matière de culture, ne baissons pas la garde :

-  la mobilisation du monde culturel, des élus et de l'opinion publique reste indispensable,

- impossible de revenir sur cette clause de compétence générale sauf à anéantir tout le paysage culturel français patiemment construit ces dernières décennies.

- la complémentarité des co-financements a démontré toute sa pertinence en terme de gage d'autonomie et de liberté des projets culturels et artistiques.

- la culture n'est pas une compétence comme une autre. Comme pour les droits de l'homme, elle est de la responsabilité de tous et chacun. C'est le partage même de cette responsabilité qui a permis le succès de la décentralisation culturelle et la vitalité impressionnante de la vie culturelle de notre pays.

Si le Président de la République a annoncé le dégel du budget de la culture et le maintien de la clause de compétence dans le domaine culturel, les problèmes subsistent avec la diminution des moyens humains et financiers et la redéfinition de la fiscalité locale avec pour conséquence une triple régression :

- régression financière avec la suppression de la taxe professionnelle, le désengagement de l'État, et le transfert de charges budgétivores (RSA),

- régression institutionnelle qui organise une re-centralisation,

- régression démocratique du fait du nouveau mode de scrutin.

Les marges de manœuvres des collectivités territoriales qui jonglent avec des budgets de plus en plus contraints sont réduites : on leur retire le droit et aussi les moyens de s'administrer librement. A quoi va servir la clause de compétence générale dans le domaine culturel, si les collectivités n'ont plus les moyens de financer leurs politiques?

Les arbitrages sont d'autant plus difficiles en cette période de crise financière, économique et sociale et c'est trop souvent le budget de la culture qu'on sacrifie. 

Alors que l'on vient de fêter ses 50 ans, le Ministère de la culture est fragilisé. Après la refonte de l'intermittence qui précarise les artistes, maintenant la RGPP s'attaque aux établissements nationaux, avec la volonté de supprimer 1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite. On instaure la gratuité pour les jeunes dans les musées, mais les conditions d'accueil, d'accompagnement et de médiation sont rognées, voire supprimées.

« On pousse à de bien maigres économies pour de bien grands dégâts,!» comme le disait Victor Hugo.

La culture n’est ni un luxe, ni un superflu, elle est de première nécessité. Elle est aussi nécessaire à l’homme que le travail, la nourriture, le logement, la santé. C'est pourquoi elle est une dimension capitale de l’intervention publique à tous les niveaux. Elle est un droit essentiel car elle apporte les outils critiques indispensables à la construction de la citoyenneté et au libre arbitre. Elle est un élément déterminant pour humaniser la mondialisation qui uniformise l'imaginaire, abolit les singularités, standardise la pensée.

Le partage des connaissances, l'éducation, l'investissement dans la matière grise n'ont jamais été aussi maltraités; les intellectuels, les artistes, les professionnels de la culture, les intermittents autant méprisés.

Reconnaître le rôle de la culture dans la société reste bien un combat! A ceux qui déclarent qu’il y a trop de théâtres, d'orchestres, de musées, etc,... pour trop peu de public, je réponds : imagine t-on quelqu’un trouvant qu’il y a trop de suffrage universel parce qu’il y aurait trop d’abstentions?

Et comment s’étonner de la persistance des inégalités culturelles quand les inégalités sociales et économiques ne font que s’accentuer? Le non partage de l’art, c’est comme une bombe «anti-personnelle», ça fait des mutilations terribles !

Et si les collectivités locales se sont fortement impliquées dans la vie culturelle, elles n’en réclament pour autant pas moins d’État. En tant que parlementaire, je le constate : si l’état hésite, on voit vite les collectivités bégayer. Les soustractions d’en haut encouragent les soustractions d’en bas. Il y a besoin d'un État assurant la solidarité, garant du maintien d’un développement culturel équilibré sur l’ensemble du territoire national.

 L’art et la culture se portent donc bien à condition qu’on les sauve !

Appuyons nous résolument sur le rapport de Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, qui montre avec sa commission, combien la seule prise en compte du Produit intérieur brut, de la productivité, le culte de l'argent, du chiffre et de la performance n'ont pas beaucoup de sens pour évaluer la richesse et le bien-être d'un pays. Par contre les services publics, le niveau d'éducation, les critères sociaux et environnementaux, la culture et le lien social qu'elle génère, constituent de véritables richesses, essentielles à la qualité de la vie et du vivre ensemble! Voilà qui donne des perspectives même si ce rapport risque bien d'être abandonné à la critique rongeuse des souris.

Ce serait si simple de remplacer le B de PIB par un B comme Bonheur, un bonheur qui reste bien une idée neuve!

               Conclusion

Si certains experts et comptables arrogants et glacés nous parlent toujours du coût de la culture, on ne répétera jamais assez que ce n’est pas la culture qui coûte cher mais bien l’absence de culture.

Miser sur la culture, c'est miser sur l'homme, ses potentialités, sur l'Intelligence agissante.

Je repense à PASCAL, « l’homme est fait pour penser, c’est toute sa dignité ». Et l’Intelligence est la première ressource de notre pays qui l'oublie peut-être trop souvent.

Vous, les professionnels qui intervenez de façon remarquable dans le champ de la musique, du théâtre, de la danse ou des arts plastiques, vous savez bien que l'art et la culture sont des armes de construction massive!

Le mot « désespoir » n'est pas politique et le mot « respect » n'a pas à connaître la pénurie.

En attendant, merci à vous de faire entendre pendant trois jours le murmure culturel dans le vacarme marchand!

* * * *

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 20:17

24 941 c’est le nombre de signatures recueillies à l’heure où  j’écris ces lignes, par l’appel « La culture en danger » lancé à l’initiative du président du Conseil général de Seine-Saint-Denis. Au-delà de ce chiffre, le texte mis en débat le 19 décembre 2009 à la Maison de la Culture de Bobigny a très vite pris une dimension nationale. A tel point qu’un mois plus tard, le ministre de la Culture a été prié de prendre position sur le débat lancé par une collectivité territoriale. Cela se passait sur un autre territoire, tout aussi dynamique en matière culturelle, lors de la Folle journée de Nantes.

Sur Territorial.fr, François Deschamps raconte et commente l’épisode.

Vendredi 29 janvier, en direct de la Folle Journée de Nantes sur France Inter, Nicolas Demorand accueille à 8h20 le Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Celui-ci se dit fier de pouvoir disposer en 2010 d'un budget en légère augmentation (+ 5%), de l'obtention du dégel de la partie traditionnellement bloquée par Bercy (sans commentaire aucun, par contre, sur la répartition de ce budget qui privilégie toujours autant les équipements parisiens et la musique classique), et enfin se félicite de l'efficacité de son administration réorganisée en quatre grandes directions au lieu d'une dizaine.

Et la politique culturelle des collectivités territoriales ? Le ministre n'en parle que lorsque Nicolas Demorand l'interroge sur le sentiment d'inquiétude lié à la peur que le financement local de la culture, suite à la Réforme territoriale en cours, fasse les frais des « dépenses obligatoires ».

(…)

Les bras m'en sont tombés, j'ai cru que j'étais mal réveillé ! Nous autres directeurs d'affaires culturelles, notamment dans les Départements, qui nous battons depuis des mois pour tenter, aux côtés de nos élus, de défendre pied à pied nos budgets culturels 2010, dans des collectivités qui sont à majorité de gauche comme de droite, nous savons que la vérité, c'est la réalité de la baisse des crédits culturels qui vont être votés d'ici le 15 avril, du fait de l'effet cumulatif des transferts de compétences mal compenséeset de la crise (baisse des droits de mutation, réticences à augmenter les impôts, etc.), entraînant le repli, préventif et parfois frileux en effet, sur les seules compétences rendues obligatoires par la loi.

Autre expression de ces nouveaux appels à la vigilance et à la résistance (auxquels notre Président aurait répondu de manière à calmer le jeu lors de ses vœux au monde de la culture ???), passé un peu plus innapercu que l’initiative de Claude Bartolone.

Constitution du  C.R.A.C.C.  Ile-de-France

(Comité régional d’action pour la culture et la connaissance en Ile-de-France)

A l’issue d’une réunion « constituante », les acteurs culturels de la région Ile-de-France ont créé un comité régional d’action pour la culture et la connaissance le 27 novembre 2009.

Ce comité est formé d’organisations professionnelles et syndicales, de réseaux et de collectifs qui agissent et travaillent en Ile-de-France dans les secteurs du spectacle vivant et de la création, de la lecture publique, des arts plastiques, des musées, des structures ou associations patrimoniales, du cinéma et de l’audiovisuel, de l’administration culturelle et du secteur de la recherche et de l’université…

Ce comité, par la diversité de ses membres, représente l’ensemble des métiers de l’art, de la culture et de la connaissance : artistes, techniciens, personnels administratifs, cadres territoriaux etc…

Ce comité revendique l’application d’un droit fondamental de la Constitution et de la Charte de l’UNESCO sur la diversité culturelle: l’accès pour tous les citoyens à l’éducation, à l’art, à la culture et à la connaissance !

Ce comité constate que :

-                    le fossé se creuse entre le dessein initial des politiques publiques de la culture et la régression des moyens alloués ;

-                    la décentralisation culturelle a été un formidable levier de développement culturel et artistique qui a suscité un besoin et un désir croissants de culture et de connaissance ;

-                    grâce à un travail quotidien et constant sur le terrain, le public est toujours plus nombreux à fréquenter les théâtres, les opéras, les salles de concerts, les salles de musiques actuelles, les festivals, les spectacles de rue, les cinémas, les musées, les bibliothèques, les conservatoires, les universités populaires, …cette dynamique prouve la nécessité d’un soutien accru à de multiples initiatives sur les territoires, en direction des populations socialement et culturellement exclues ;

-                    créatrice de richesses immatérielles de « bien être » et de lien social, la culture est aussi un levier de développement économique, comme l’a démontré l’annulation des festivals en 2003 ;

-                    la culture, comme la recherche, sont des secteurs porteurs d’avenir innovants, y compris en matière sociale.

Mais, aujourd’hui, le comité régional d’action pour la culture et la connaissance en Ile-de-France affirme qu’il y a urgence !

Ø     Urgence à dénoncer la destruction organisée du service public par des réformes rétrogrades, dont la révision générale des politiques publiques, qui n’ont d’autre but que de laisser toute la place aux secteurs privés et marchands.

Ø     Urgence à mettre un frein à la paupérisation et à la précarisation grandissante des artistes, des techniciens, des chercheurs et de tous les autres personnels de ces secteurs, dans un contexte de fragilisation généralisée.

Ø     Urgence à interpeller les élus et les responsables politiques sur la réforme des Collectivités Territoriales, dont les conséquences pourraient s’avérer désastreuses pour la création artistique, les projets et actions culturels et éducatifs, l’emploi, les services sociaux, et tout ce qui développe et favorise le lien social et l’émancipation des personnes !

Ø     Urgence à obtenir le respect des droits sociaux, à stopper le démantèlement de l’assurance chômage et des régimes spécifiques aux secteurs de l’art, de la culture et de la connaissance et à imposer que toute négociation ait lieu avec l‘ensemble des concernés !

Ø     Urgence à obtenir une loi d’orientation et de programmation pour inscrire la place de l’art, de la culture et de la connaissance dans notre société !

Ø     Urgence à respecter la liberté d’expression, de recherche et de création de plus en plus menacée !

Le comité régional d’action pour la culture et la connaissance en Ile-de-France va rédiger un cahier de doléances et constituer une plateforme revendicative commune à tous ses membres. En associant les publics, il engagera des actions pour la faire aboutir.

Dans les semaines à venir, et notamment à l’occasion de la campagne pour les élections régionales, ce comité interpellera les mouvements et partis politiques, les parlementaires, les représentants en région des ministères de la Culture et de la communication, du Travail et de l’Emploi, de l’Education Nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche sur la mise en place d’une véritable concertation et d’une réflexion à long terme, pour l’avenir de l’art, de la culture et de la connaissance.

LES SIGNATAIRES :

Ø     Actes – If

Ø     Association des Bibliothécaires de France - ABF-GIF

Ø     Association de Directeurs des Affaires Culturelles d’Ile-de-France - ASDAC Ile de France

Ø     Confédération générale du travail - CGT Culture

Ø     Coordination des intermittents et précaires d’Ile de France – CIP-IDF

Ø     Fédération de la Culture Communication Spectacle CFE-CGC et les syndicats CFE-CGC : SNACOPVA (artistes et Chefs d’orchestre de variétés et Arrangeurs), SNAPS (artistes et professions du Spectacle), SNELD (Editions et Culture), SNCAMTC ( cinématographie), syndicat CFE-CGC France Télécom Orange

Ø     Fédération des Arts de la Rue

Ø     Fédération des professionnels du secteur de l’art contemporain - CIPAC

Ø     Fédération MEDIAS 2000 CFE-CGC (Médias et Audiovisuel)

Ø     Fédération nationale des écomusées et des musées de société – FEMS

Ø     RIF - IdF

Ø     Sauvons la Recherche

Ø     Sauvons l’Université

Ø     Syndicat du Cirque de Création - SCC

Ø     Syndicat français des artistes interprètes - SFA

Ø     Syndicat national des artistes musiciens de France - SNAM- CGT

Ø     Syndicat national des arts vivants - SYNAVI

Ø     Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles - SYNDEAC

Ø     Syndicat national des musiciens - SNM- FO

Ø     Syndicat national des petites et moyennes structures non lucratives de musiques actuelles - SMA

Ø     Syndicat national des scènes publiques – SNSP

Ø     Syndicat des Producteurs indépendants - SPI

Ø     Union fédérale d’intervention des structures culturelles - UFISC

 

° ° ° ° ° ° ° ° ° °

Ce qui compte le plus ? Le texte lui-même (de facture assez classique) ou l’impressionnante liste des signataires qui prendrait (enfin) la forme d’une front dépassant les clivages catégoriels qui minent le champ des professionnels de la profession ? A suivre…, donc.


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:09

Question orale sans débat

Première séance du jeudi 28 janvier 2010

Conséquences de la réforme des collectivités territoriales

sur le financement de la culture et du spectacle vivant

Marie-Hélène Amiable (députée des Hauts de Seine) :

Ma question s’adresse à M. le ministre de la culture et de la communication. « La région et le département exercent, en principe exclusivement, les compétences qui leur sont attribuées par la loi » : par cet article 35 du projet de loi de réforme des collectivités territoriales, le Gouvernement entend supprimer la clause de compétence générale des régions et départements qui leur permet actuellement de régler, par leurs délibérations, toutes les affaires qui touchent à leur intérêt territorial.

Même si, selon les propos tenus par le chef de l’État à Saint-Dizier le 20 octobre dernier, la culture ne devrait pas faire partie de ces compétences exclusives, l’article 35 expose clairement que : « la pratique des financements croisés entre les collectivités territoriales [devra] être limitée aux projets dont l’envergure le justifie ou répondre à des motifs de solidarité ou d’aménagement du territoire ».

Si, avec les parlementaires communistes, républicains et du parti de gauche, je suis favorable à une réelle clarification des compétences de l’État et des collectivités locales – d’autant que la Cour des comptes a récemment souligné devant la commission des finances de notre assemblée « la complexité, la fragmentation et simultanément la rigidité d’un dispositif de soutien à la création élaboré par strates successives depuis un demi-siècle » –, je crois que cette clarification devra se fonder sur l’objectif de mieux répondre aux attentes et aux besoins de notre population, et surtout assurer les solidarités nécessaires au respect de l’égalité de tous les citoyens sur le territoire national.

Ce n’est évidemment pas la voie que vous semblez prendre. Ainsi, en matière de spectacle vivant, on note le soutien croissant des collectivités territoriales, les financements accordés par ces dernières étant dix fois supérieurs aux crédits que l’État y consacre. Le projet de loi de finances pour 2010 ne renversera pas cette tendance, puisque vous y avez défendu le gel de 56 millions d’euros pour le spectacle vivant. Ces coupes claires nous paraissent inacceptables et, dans ces conditions, on ne s’étonne pas que la Cour des comptes considère : « L’efficacité propre de l’intervention de l’État dans le cadre des aides accordées au spectacle vivant n’est pas avérée. »

Dans mon département des Hauts-de-Seine, les deux centres dramatiques nationaux, le théâtre de Gennevilliers et celui des Amandiers à Nanterre, mais aussi la scène nationale du théâtre de Malakoff, correspondent-ils à la définition d’envergure donnée par la nouvelle loi ? Pourront-ils continuer à être financés conjointement par l’État et les collectivités locales ?

En Île-de-France, la région consacre 20 millions d’euros en moyenne chaque année dans le financement croisé d’équipements culturels, dont 6 à 7 millions d’euros pour des médiathèques. Des conventions ont permis d’aider plus de 200 compagnies ou lieux de création en finançant jusqu’à 60 % du coût de projets dans le domaine du théâtre, de la danse, des cultures urbaines, du cirque et des arts de la rue. Qu’en sera-t-il demain ? Quel nouveau modèle proposez-vous pour le soutien à la création culturelle ?

Réponse de Pierre Lellouche, secrétaire d’État chargé des affaires européennes :

Vous avez raison de souligner que l’article 35 du projet de loi sur la réforme des collectivités territoriales propose de préciser la répartition des compétences des régions et des départements, ainsi que les règles d’encadrement des cofinancements. Cependant, j’appelle votre attention sur le fait que cette répartition des compétences ne sera fixée, comme le précise d’ailleurs le projet de loi et compte tenu de la complexité et des enjeux de ce sujet, que dans un délai de douze mois à compter de la promulgation de la loi. Rien n’est donc encore fixé de façon définitive.

Par ailleurs, le projet de texte, tel qu’il est rédigé actuellement, laisse ouverte la possibilité, à titre exceptionnel, de compétences partagées entre les collectivités. Or la culture, sans présumer bien sûr ce que sera le texte de loi qui définira la répartition des compétences, rassemble suffisamment de spécificités pour entrer précisément dans le champ de cette exception.

De ce point de vue, le souhait du Président de la République, qu’il a exprimé lors de ses vœux au monde de la culture le 7 janvier dernier, est très clair : « Toutes les collectivités, des communes aux régions en passant par les intercommunalités et les départements, continueront à exercer leur compétence culturelle après le vote de la loi réformant les responsabilités des collectivités ».

La participation de tous les échelons de collectivités à l’élaboration et au financement des politiques et des projets culturels permet d’en assurer la vitalité, la diversité et la diffusion sur l’ensemble de notre territoire, et nous ne souhaitons pas y renoncer.

Pour répondre à votre deuxième question sur l’avenir du financement de la culture et du spectacle vivant, je vous rappelle que l’État maintient globalement ses financements pour la culture en 2010, et que la levée totale de la mise en réserve pesant sur les crédits culturels a été annoncée récemment. Ce secteur entre cependant dans une période d’évolution, de réforme, qui aura vocation à consolider les acquis et les réussites, et passera notamment par une refonte des liens entre les collectivités territoriales et l’État.

Je tiens à rappeler très clairement que l’État doit conserver un rôle important et une capacité d’initiative et de rassemblement dans ce domaine. Il doit également faire évoluer ses aides à la création, afin qu’elles soient mieux attribuées selon des critères d’excellence artistique des projets, leur vertu pédagogique, la qualité de leur gestion et leur contribution à la diversité artistique et culturelle.

Marie-Hélène Amiable :

Monsieur le secrétaire d’État, j’entends votre réponse comme un engagement du Gouvernement à ce que la culture ne soit pas amputée de ses crédits à la suite de la réforme des collectivités territoriales. Nous serons extrêmement vigilants sur la question de l’exception culturelle, que vous avez évoquée, et veillerons à ce que les engagements de l’État soient tenus.

 

 

 

 

 

 

Encore un peu plus de « Voix de son maître »?

Sur le Kiosque du porte parole du gouvernement « Clés Actu » Les chantiers de la culture en 2010 : six grands chantiers axés sur l'audace et l'innovation.

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 21:37

Photo-Ma-Nuit-chez-Maud-1969-1

Ou: Qui n’entend qu’un son n’entend qu’une cloche (compte moral).

Le rapport de Marc Tessier sur la numérisation du patrimoine écrit a donné l’occasion à l’actuel titulaire des bureaux de la rue de Valois de s’en prendre à Google et à la ville de Lyon

Au sujet des accords passés avec Google, il considère comme «une erreur» l'engagement pris par la bibliothèque de Lyon, mais il ajoute: «Nous ne sommes pas des anti-Américains primaires. La question, ce n'est pas Google, Microsoft ou Yahoo!, mais la façon dont la France doit s'y prendre, avec des partenaires privés, dans la constitution de la plus grande librairie virtuelle au monde à partir de nos collections».

«Je n'ai pas envie de me passer de Google. Mais il existe d'autres opérateurs privés potentiels. Et nous ferons monter en puissance le portail Gallica de la BNF.»

D'après le ministre, qui a rencontré en décembre le vice-président de l'entreprise, David Drummond, la firme « s'est faite moins conquérante et confiante dans sa communication ».

 

Ca tombe bien, Patrice Beghain, l’ancien adjoint à la culture de Lyon tient un blog et, dans une note du 12 janvier dernier, il revient sur l’affaire.

La remise du rapport Tessier fournit à nouveau l'occasion à certains de critiquer l'accord passé entre la Ville de Lyon et Google, que je suis fier d'avoir initié en 2007 avec Patrick Bazin, le directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon, grâce au soutien de Gérard Collomb. Il convient donc à nouveau de dénoncer quelques contre-vérités. L'accord ne concerne que les documents antérieurs à 1900, donc la question du droit d'auteur ne se pose pas. L'accord spécifie que Google remet une copie des documents numérisés à la BM de Lyon, qui peut les utiliser sur son propre site; Google vient même d'accepter que la BM puisse partager ces fichiers avec d'autres sites publics, ce qui rend caduque la polémique sur l'exclusivité et sa durée, qui ne concerne que d'autres opérateurs privés, qui n'avaient qu'à se porter candidats à l'appel d'offres. Enfin l'accord n'engage aucun centime d'argent public,tandis qu'il faudra quand même régler les intérêts des 750 millions obtenus, dans le cadre du "grand" emprunt, par le ministère de la culture, qui semble au reste ne les destiner qu'à ses propres institutions, sans prendre en compte l'apport spécifique des fonds patrimoniaux des collectivités territoriales.

On en profitera aussi pour réviser ses fondamentaux, sur En pleine culture, le blog de Françoise Benhamou.

 

Du copyright anglo-saxon et du droit d’auteur à la française .

Le copyright américain est fondé sur un principe constitutionnel. Pourtant, sa philosophie est utilitariste. A l'inverse, le droit d'auteur relève d'une philosophie de la création, même si ses incidences économiques sont considérables.

(…)

Un autre élément joue un rôle fondamental dans la distinction entre droit d'auteur et copyright, c'est le droit moral, central dans le cas du droit d'auteur et quasiment absent du copyright.

Lire la suite …

Pompougnac 12     

 

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 21:32

Dans sa dernière note (qui date quand même de l’an dernier) Gaël Bouron présente «le  passionnant rapport présenté par le député socialiste Marcel Rogemont sur le budget 2010 du ministère de la Culture ».

La première partie apporte assez classiquement des précisions sur la répartition de ce budget qui affiche comme toujours une hausse globale mais des disparités assez remarquables dans le détail des programmes. On peut ainsi constater à travers de nombreux tableaux très précis une hausse importante des ressources pour le programme Patrimoine et une quasi stagnation des ressources pour les programmes Création et Transmission des savoirs. On apprend par exemple au détour de ces pages une baisse de 39% entre 2009 et 2010 des crédits consacrés aux pratiques amateurs et une baisse de 8% des crédits consacrés à la diversité culturelle. Crédits pourtant déjà très faibles....Le rapport consacre par ailleurs plusieurs pages très sévères au Conseil de la création artistique : "le rapporteur pour avis dénonce vigoureusement la création et l'objet même de cette structure ad hoc, comme s'il fallait compenser l'indigence des crédits alloués à la démocratisation culturelle par des initiatives complètement déconnectées de l'action menée sur le terrain". Il démonte un à un les 10 "projets" déjà présentés par le Conseil et prouve que les crédits de cette structure ont bien été pris sur le budget du ministère de la Culture et que des projets ont été bloqués du fait de sommes destinées à ce Conseil et mis en réserve.

 Lire la suite.

Il signale aussi l'étude menée par l'Observatoire des politiques culturelles sur les pratiques culturelles des Grenoblois, citée dans le même rapport, et extrêmement éclairante.

En dehors de la dualité Paris / Province existe dans chaque ville une dualité Centre / Périphérie et une dualité publics des institutions culturelles / non-publics de ces institutions. Existent par ailleurs des pratiques amateurs qui peuvent être complètement dissociées de pratiques de fréquentation. Ainsi, pour être efficace, une politique culturelle devrait s'appuyer davantage sur les structures de proximité non spécifiquement dédiées à la culture (écoles, centres sociaux, MJC...) conçues comme des espaces transitionnels d'accès à la culture. Je reviendrai peut-être sur cette passionnante étude dont on peut trouver des éléments ici : http://sites.google.com/site/bozonnet2/sociologiedespratiquesculturelles. En attendant, l'analyse du budget actuel du Ministère permet de dire qu'on ne se dirige pas vers un tel chemin... Pour paraphraser un ancien premier ministre : non seulement la pente est forte mais la route n'est pas droite !

Elément qui vient s’ajouter au précédent : un nouveau rapport parlementaire sur le spectacle vivant vient de sortir, celui du député Richard Dell’Agnola

Le soutien de l’État au spectacle vivant a fait l’objet d’une mission d’audit de modernisation en 2007, qui portait plus particulièrement sur les modalités d’attribution des crédits d’intervention .

La mission avait souligné la très forte progression des crédits attribués au spectacle vivant au cours de la période 2000-2005, ainsi que des disparités notables entre réseaux et entre disciplines. Elle décrivait aussi l’accompagnement par l’État de l’effort consenti par les collectivités territoriales, accompagnement qui selon les cas, compense la faiblesse de leur apport ou se repose sur leur engagement lorsque celui-ci est important. La part du financement régional, variable, peut en effet atteindre 80 % du montant affecté au spectacle vivant pour une région donnée.

De façon générale, les analyses consacrées à ce domaine font apparaître une multiplication des structures et une complexité du dispositif de soutien, les premières comme le second s’étant constitués par « empilement historique ». Il en ressort une politique peu lisible, notamment dans sa présentation budgétaire, et qui se prête mal au contrôle de l’amélioration de la performance.

Afin de disposer du point de vue de la Cour des comptes sur ce dispositif et sur les moyens de préserver les acquis, tout en améliorant l’efficacité de l’ensemble des financements publics, la commission des Finances a demandé à la Cour, le 4 décembre 2008, de procéder à une enquête sur les dépenses d’intervention du budget de l’État en faveur du spectacle vivant, en application des dispositions du 2° de l’article 58 de la loi organique relative aux lois de finances.

En réponse à cette demande, après une réunion d’orientation avec le Rapporteur spécial, la Cour a adressé une communication dressant un état approfondi des modalités du soutien de l’État au spectacle vivant. Elle constate tout d’abord que l’objectif de soutien à la création et au spectacle vivant, apparu dans les années 1960 et constamment réaffirmé depuis, a été largement atteint : l’offre de spectacle vivant est en effet riche et variée sur tout le territoire, des disparités de moyens persistant cependant mais tendant à correspondre à celles des populations. Le Rapporteur spécial se félicite de cette situation, qui profite largement aux citoyens. Toutefois, la Cour constate ensuite qu’en dépit de ce constat favorable, les prochaines années devront être consacrées à réformer et réorganiser les modalités du soutien public.

TREIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 13 janvier 2010.

RAPPORT D’INFORMATION

DÉPOSÉ PAR LA COMMISSION DES FINANCES, DE L’ÉCONOMIE GÉNÉRALE
ET DU CONTRÔLE BUDGÉTAIRE sur la politique du spectacle vivant

ET PRÉSENTÉ par M. Richard DELL’AGNOLA, Député

C’EST ICI.

 

 

  

 

  

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 10:57

Culture_epcc_h98
 

Depuis plusieurs années, vous avez été nombreux à solliciter le Comité national de liaison des EPCC sur de très nombreuses questions relatives aux projets et au fonctionnement de ces établissements publics. Le Comité national de liaison réaffirme sa volonté d'être un des carrefours de circulation des informations et de capitalisation des expériences. Aussi nous vous remercions de vos sollicitations qui ont permis de mieux comprendre les questions qui se posent dans la mise en place de telles structures.

Nous souhaitions vous informer que le Secrétariat Général du comité de liaison sera assuré, à compter du 1er janvier 2010, par l'EPCC ARCADI - ACTION REGIONALE POUR LA CREATION ARTISTIQUE ET LA DIFFUSION EN ILE-DE-FRANCE. Ce changement n’affecte en rien la poursuite de nos activités et nous continueront bien évidemment à répondre, dans la mesure de nos possibilités, aux questions que vous vous posez. Nous vous remercions de bien vouloir noter la nouvelle adresse du Secrétariat Général :

EPCC ARCADI
Comité National de Liaison des EPCC
51, rue du faubourg Saint-Denis
CS 10106 - 75468 Paris Cedex 10
Tél. 01 55 79 00 00 - Fax 01 55 79 97 79
Mel : contact@culture-epcc.fr

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 17:43

Tous mes voeux pour 2010.


Orson Welles

The hearts of age (1934)

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 11:13

Jeanmichellucas

Dans mon précédent billet, j'évoquais les dernières contributions de Jean-Michel Lucas.

Elles sont disponibles en ligne :

sur le site de l'Irma pour son intervention du 1er décembre aux Entretiens Jacques Cartier qui interroge les notions d'échec et de réussite dans le domaine de la médiation culturelle

sur Cultural engineering group weblog pour Les collectivités territoriales face aux grands enjeux culturels.

Attention : âmes sensibles et dames patronnesses de la culture certains séquences sont susceptibles de vous choquer.



 

* * * *

Pompougnac 12     

 

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 18:12

Dès potron-minet, au moment même où les premiers flocons dansaient dans le ciel encore aussi gris qu’un mariage du même nom sur la banlieue aux identités parfois douteuses aux yeux de certains,  ce matin donc j’entreprenais une longue traversée de la dite banlieue de Sud en Ouest pour aller donner un cours sur la diversité culturelle, l’Agenda 21 pour la culture et le développement culturel durable. Malgré le froid et le retard des RER, je me réjouissais d’aller enseigner aux jeunes générations qu’il n’y a pas que Malraux et Lang dans la vie et que la démocratisation de la culture n’est un horizon indépassable que pour le « monde la culture » hexagonal  et qu’on a bien le droit de penser de travers.

 

Bref, j’étais en forme et j’avais bien relu le dernier texte de Jean-Michel Lucas/Dr Kasimir Bisou qui avait accentué ma juvénile allégresse de sexagénaire en train de compter et recompter ses points de retraite.

Je m’emparai d’un quotidien gratuit, aussi direct que matutinal, et je découvris deux informations de nature à accroître ma joie de vivre et mon intérêt pour la diversité culturelle.

La première (page 4 ) montre que les collectivités territoriales savent souvent faire  bon usage de la clause  de compétence générale :

*

 

ÉDUCATION

Les clichés sexistes dans le collimateur.

 

La Mairie de Paris veut en finir avec les clichés

sexistes dès l’enfance. C’est la raison pour laquelle elle

finance actuellement une campagne baptisée «Cassons les

clichés filles-garçons» qui s’adresse aux jeunes Parisiens,

de la maternelle au collège. L’objectif est de dispenser dans

les écoles, collèges et centres de loisirs des ateliers d’écriture,

de lecture, de théâtre qui permettront aux enfants de

s’interroger sur les stéréotypes liés au genre. Comme celui

de croire par exemple que les garçons sont plus forts en

maths et les filles en français. Les préjugés sexistes concernant

les matières, les tâches ménagères, les jouets, les

métiers… sont fréquents dans les écoles. Pour l’adjointe

chargée de la vie scolaire et de la réussite éducative, Colombe

Brossel, il s’agit d’«éduquer les enfants le plus tôt possible

pour éviter plus tard des inégalités et d’éventuelles déviances».

Surtout, «il ne faut pas coller une identité sexuée trop forte

trop jeune. Après tout, il n’y a pas que les petites filles qui

peuvent jouer à la poupée», précise Noëlla Germain, de la

Ligue de l’enseignement de Paris, à l’initiative de la campagne.

*

 

 

 

Et, je découvre un peu plus loin, page 8 exactement, la photo d’une chanteuse d’origine italienne qui doit tourner dans le prochain film de Woody Allen (je dis ça... rapport à la diversité culturelle) , sur fond de sapin de Noël richement décoré, tenant dans ses bras un volumineux paquet cadeau, sous laquelle figure la légende suivante :

*

 

 

Carla Bruni-Sarkozy a mené hier la traditionnelle distribution de cadeaux du Noël de l’Elysée. La première dame a accueilli quelque 900 enfants de 6 à 9 ans venus de toute la France. Ceux-ci ont reçu circuits de voitures électriques ou pyramides de Playmobil pour les garçons, cuisines de fée ou coffrets de création artistique pour les filles. Copenhague oblige, tous sont repartis avec un petit livret sur le développement durable.

*

 

 

 

J’espère au moins que les coffrets de création artistique réservés aux filles sont fabriqués par une entreprise française (à la différence des Playmobil ) sinon je cafte la première dame de France au Syndeac !

 

A part ça dans un registre voisin, j’ai reçu hier le numéro 24 (déjà !!!) de  l’excellente lettre d’information d’Arcadi (le mec qu’a eu l’idée de créer cette lettre d’infos électronique est un génie et mériterait qu’on augmente sa pension de retraite en conséquence mais ne rêvons pas !!!)

*

 

 

Pour lutter contre les discriminations et les inégalités entre les hommes et les femmes dans les milieux de l'art et de la culture et, en particulier, dans le secteur du spectacle vivant, et pour faire évoluer rapidement et concrètement nos métiers vers l’égalité réelle et la parité, vient d’être créée l'association H/F Île-de-France.

Savez-vous que, malgré l’existence d’un nombre très important d’artistes femmes en France, 84% des théâtres cofinancés par l’État sont dirigés par des hommes, 97% des musiques que nous entendons dans nos institutions ont été composées par des hommes, 85% des textes que nous entendons ont été écrits par des hommes, 78% des spectacles que nous voyons ont été mis en scène par des hommes…
Ces chiffres sont tirés des rapports de Reine Prat (2006 et 2009) pour l’égal accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité, aux lieux de décision, à la maîtrise de la représentation, aux moyens de production, aux réseaux de diffusion, à la visibilité médiatique.

L’association H/F Île-de-France a pour but le repérage des inégalités entre les hommes et les femmes dans les milieux de l'art et de la culture et, en particulier, dans le secteur du spectacle vivant ; la mobilisation contre les discriminations observées ; l’évolution vers l’égalité réelle et la parité.
Pour ce faire elle se donne les moyens suivants : l'observation et la collecte de données, en son nom et avec l'aide de personnes physiques ou morales ; l'analyse des données, leur mise en perspective, l'organisation de temps d'échanges et de réflexion ; la transmission par la publication ou l'organisation d'évènements ; l’interpellation de tous les acteurs de la vie culturelle et artistique, des instances publiques et politiques.

 

Contact : hfparis@gmail.com

*

 

C’est bien, je trouve sauf peut-être l’égal accès à la visibilité médiatique… si c’est la même que celle de la chanteuse ci-dessus ou de son homme, je dis bof !

 

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Pompougnac 12     

 

 

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 14:40

A l’attention du ministre chargé d’orchestrer le débat sur « l’identité nationale » : merci de bien vouloir tenir compte des enjeux de la politique culturelle de l’Etat et des missions confiées au ministère chargé de les mettre en œuvre.

Vous trouverez dans un  document on ne peut plus officiel émanant de ce ministère...

(Histoire administrative du ministère de la culture : Téléchargement Chronologie ministere-culture[1])

... un rappel qui ne manquera certainement pas de vous conduire à prendre en compte comme il se doit la reconnaissance, par notre pays, des principes internationaux relatifs à la diversité culturelle.

En 1982, le ministère se vit fixer de nouvelles missions :

« Le ministère chargé de la culture a pour mission :

 

de permettre à tous les Français de cultiver leur capacité d’inventer et de créer, d’exprimer librement leurs talents et de recevoir la formation artistique de leur choix ;

 

de préserver le patrimoine culturel national, régional ou des divers groupes sociaux pour le profit commun de la collectivité tout entière ;


de favoriser la création des œuvres de l’art et de l’esprit et de leur donner la plus vaste audience ;

 

de contribuer au rayonnement de la culture et de l’art français dans le libre dialogue des cultures du monde

 

(Décret du 10 mai 1982)

Un note en bas de page commente : deux remarques s’imposent : en premier lieu, les décrets de 1959 et de 1982 parlent des missions du ministère ; à partir de 1993, les textes décrivent les missions du ministre. En second lieu, on notera que le décret du 10 mai 1982 est toujours en vigueur (il est la référence en matière d’organisation du ministère lieu, on notera que le décret du 10 mai 1982 est toujours en vigueur (il est la référence en matière d’organisation du ministère). Il existe donc deux textes définissant les missions culturelles assignées à l’État.

* * * *

Pompougnac 12     

 

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Présentation

  • : La Cité des sens. Culture et politique.
  • La Cité des sens. Culture et politique.
  • : Les politiques culturelles aujourd'hui et leur histoire. Culture et politique, ressources, documents, analyses et débats par Jean-Claude Pompougnac .
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Profil

  • Jean-Claude Pompougnac
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu  DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.
  • Responsable du service de la recherche à la BPI (Centre Pompidou) puis conseiller au cabinet du Ministre de la culture (Jack Lang), j'ai dirigé ensuite la Délégation au développement et aux formations de ce même ministère. A l’issue d’une alternance politique, très élégamment remercié par Jacques Toubon arrivé rue de Valois je me suis vu offrir le poste de directeur de l'Institut français de Barcelone. Quatre ans après, le ministère des affaires étrangères a jugé mes compétences insuffisamment diplomatiques. En conséquence, à partir de 1999, j'ai dirigé la DRAC Centre à Orléans. Remercié par la Droite,. j'ai ensuite crée l'un des premiers EPCC, ARCADI en Île-de-France. Remercié par la Gauche je suis devenu DAC de la ville de BONDY (93). Aujourd'hui consultant. Membre de l'Institut de coopération pour la culture et correspondant du Comité d'histoire du MCC où j'ai contribué à la conception de séminaires et de journées d'études.

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